- il y a 6 mois
Rachida Dati a des ennuis judiciaires. Elle, ainsi que l'ancien patron de Renault, Carlos Ghosn, sont menacés d'un procès pour corruption et trafic d'influence. La date du procès en correctionnelle sera fixée fin septembre 2025. La ministre de la Culture, candidate à la mairie de Paris, est soupçonnée d'avoir perçu 900 000 euros entre 2010 et 2012 pour des prestations de conseil pour une filiale de Renault-Nissan, sans avoir réellement travaillé alors qu'elle était avocate et députée européenne. C'est ce que pensent les instructeurs. Il y a aussi un soupçon, peut-être de lobbying, puisqu'elle pouvait finalement transformer son activité en activité de lobbying au Parlement européen pour Renault, alors que c'est interdit pour une députée européenne. On en parle avec : Vincent Vantighem, grand reporter police-justice BFMTV. Béatrice Guillemont, docteure en droit, administratrice de l'Observatoire de l'éthique publique. ARthur Delaporte, député "Socialistes et apparentés" du Calvados. Benjamin Cuq, journlaiste, auteur de "Autopsie d'un désastre". Christophe Barbier, éditorialiste politique BFMTV.
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00:00Rachida Thier a des ennuis judiciaires. Elle est poursuivie, en tout cas, elle était poursuivie et maintenant, elle est menacée d'un procès,
00:06renvoyée en procès pour corruption et trafic d'influence, ainsi que l'ancien patron de Renault, Carlos Ghosn.
00:12La date du procès en correctionnel sera fixée fin septembre. La ministre de la Culture est candidate à l'émirée de Paris et soupçonnée d'avoir aperçu 900 000 euros
00:20entre 2010 et 2012 pour des prestations de conseil pour une filiale de Renault-Nissan, sans avoir, c'est ce que pensent les instructeurs,
00:28réellement travailler, alors qu'elle était avocate et députée européenne. Il y a aussi un soupçon, peut-être, de lobbying,
00:35puisqu'elle pouvait, finalement, transformer son activité en activité de lobbying au Parlement européen pour Renault,
00:41alors que c'est interdit pour une députée européenne. Alors, bien sûr, beaucoup de réactions politiques,
00:47et notamment les adversaires à Paris de Rachida Dati. Regardez, par exemple, Pierre-Yves Bournazel,
00:52qui est le candidat déclaré à Paris pour Horizon. Voilà ce qu'il écrit.
00:57Oui, Mme Dati a le droit à la présomption d'innocence jusqu'à une éventuelle condamnation définitive.
01:02Mais, parce qu'il y a un mais, dans l'attente du procès afin de protéger l'ensemble du gouvernement
01:07et la fonction de ministre de la Culture, je considère que Mme Dati devrait démissionner.
01:13En revanche, il continue quand sa candidature à la mairie de Paris, cela relève de sa conscience
01:19et de son éthique personnelle. De toute façon, ce sont les Parisiennes et les Parisiens qui décideront.
01:23L'entourage d'Emmanuel Macron a réagi également pour faire savoir que Rachida Dati
01:28poursuivait son travail au gouvernement. Un renvoi n'étant pas une condamnation
01:34à la présomption d'innocence pour Rachida Dati, qui reste donc ministre de la Culture.
01:39On va en parler avec mes invités, mais Vincent Van Tigen, il faut peut-être rappeler précisément
01:44ce qu'on reproche dans cette affaire à la ministre de la Culture.
01:47Vous l'avez dit, elle est renvoyée pour des faits de corruption et trafic d'influence,
01:51c'est-à-dire que la justice la soupçonne d'avoir noué un pacte de corruption avec Carlos Ghosn,
01:55l'ancien tout-puissant patron de Renault, à la fin des années 2000, dirons-nous, 2009-2010,
02:02avec une convention d'honoraires qui porte sur trois ans, 2010-2011-2012,
02:06sanctionnée par une rémunération de 300 000 euros par an.
02:09Reste à savoir à quoi a servi cette rémunération.
02:11Est-ce que ça a servi, finalement, à Rachida Dati d'effectuer une réelle mission,
02:16de développer les activités de Renault au Maghreb et au Moyen-Orient ?
02:19C'était ce qui était prévu par cette fameuse convention d'honoraires.
02:22Ou au contraire, est-ce que ça a dissimulé une activité de lobby au sein du Parlement européen ?
02:27Parce qu'elle était députée européenne, elle n'avait donc pas le droit d'effectuer du lobbying
02:32pour l'industrie automobile et notamment Renault.
02:34Or, on le sait, elle a posé notamment deux questions sur l'industrie automobile
02:37alors qu'elle était députée européenne.
02:39Voilà, finalement, toute la question qui va se poser.
02:41Est-ce qu'elle a effectué un réel travail ?
02:43Et celui-ci était-il vraiment de favoriser le développement de Renault au Moyen-Orient,
02:47au Maghreb, le pays où elle a beaucoup d'appui, beaucoup d'attaches ?
02:51La justice a estimé, en tout cas dans cette ordonnance qui a été signée aujourd'hui,
02:55qu'il y avait vraiment peu de traces de ce travail.
02:58Le procès, quand aura-t-il lieu ?
03:00C'est la question, tout le monde aimerait avoir cette réponse aujourd'hui.
03:03Ce qu'on peut dire, c'est qu'il y a une première audience, le 29 septembre maintenant,
03:06c'est une audience de fixation, de mise en état pénale, ce qu'on appelle,
03:09où on va réunir tous les avocats, afin de déterminer à quelle date on peut juger Rachida Dati.
03:14On parle d'une échéance après les municipales.
03:16Mais finalement, le 29 septembre, ça va être la première des batailles,
03:20parce que ce que je suis en mesure de vous dire aujourd'hui,
03:23selon une source proche du dossier, c'est que Rachida Dati envisage déjà de changer d'avocat,
03:28de changer les avocats qu'elle avait jusqu'à présent, d'en mandater d'autres.
03:31On parle notamment d'une nouvelle équipe de défense constituée autour de Franck Berton et de Basil Adair,
03:35deux grands pénalistes reconnus, qui ont eux aussi leur agenda, leur propre agenda,
03:40avec déjà des procès audiencés en 2006, et c'est ce qu'ils mettront en avant le 29 septembre,
03:44en disant qu'elle ne peut pas être jugée aussi vite, parce que nous, on n'est pas disponible.
03:47– Rachida Dati, qui n'a pas encore réagi officiellement,
03:50même si ses adversaires politiques l'ont déjà fait.
03:52Béatrice Guillemont, docteur en droit, administratrice de l'Observatoire de l'éthique publique,
03:57ancienne des jets d'anticorps.
03:59On peut être mise en examen et garder son poste ministériel, selon vous ?
04:05– En tout cas, d'un point de vue légal.
04:06– Mise en examen et renvoyée en correctionnel.
04:08– Oui, en tout cas, légalement, rien ne l'empêche.
04:12– C'est ce qu'on appelle la présomption d'innocence.
04:14– Exactement, et puis après, il y a ce qu'on a appelé,
04:16fut un temps, la jurisprudence Bérégevoix-Baladur,
04:19qui obligeait, d'un point de vue moral ou éthique,
04:22les membres du gouvernement à démissionner de leur fonction
04:28lorsqu'ils étaient mis en cause ou mis en examen, plus gravement encore.
04:32Et cette jurisprudence semble-t-il tomber en désuétude ces dernières années.
04:37L'un des derniers exemples qui s'est soumis à cette exigence morale,
04:41c'était le Premier ministre François Bayrou, et puis…
04:46– Quand il avait été nommé ministre de la Justice
04:48dans le premier gouvernement Macron, en 2017,
04:51il était déjà impliqué dans l'affaire des assistants parlementaires.
04:55– Il a été mis en examen que beaucoup plus tard.
04:56– Oui, mais alors il a démissionné, mais vous voyez, il a démissionné,
04:58puis finalement, il a été relaxé.
05:00– Exactement.
05:01– Donc finalement, il a dû rester ministre.
05:03– Oui, ça a marché dans les deux sens.
05:06– Oui, effectivement, mais généralement, cette jurisprudence,
05:08elle a invoqué pour permettre au ministère de continuer ses affaires.
05:14Et là, en l'occurrence, on considère que quand un ministre
05:16est mis en cause pénalement, ça empêche le ministère
05:19de mener à bien ses dossiers.
05:22– Arthur Delaporte, député socialiste et apparenté du Calvados.
05:25Est-ce que vous demandez la démission de Rachel Adati ?
05:27– Oui, je veux dire, elle devrait le faire,
05:29et c'est surtout le président de la République et le Premier ministre
05:31qui devraient lui demander de partir.
05:34Parce qu'aujourd'hui, on a une ministre de la Justice qui va avoir…
05:37– Pas de ministre de la Justice, c'est de la Culture.
05:39– Elle a été visée, mais elle est ministre de la Culture,
05:41qui va devoir affronter un procès en correctionnel,
05:45alors même qu'elle est membre du gouvernement.
05:47Enfin, c'est quelque chose qui est totalement inédit.
05:50– Oui, alors peut-être qu'elle ne sera plus ministre.
05:52– On ne sait pas totalement inédit, on a eu l'intéressant.
05:54– Peut-être que le gouvernement…
05:55– On a eu même maître Dupont-Moréthie, enfin…
05:58– Oui, il n'était plus avocat.
05:59– Il n'était plus avocat.
05:59– Il était en haut de cour.
06:01– Oui, et puis finalement…
06:01– C'était son action de ministre qui était mis en cause.
06:03– Je crois qu'Olivier Dussopt était ministre quand il était aussi.
06:06– Il était ministre de la Justice.
06:06– Franchement, vous voyez, ça s'est bien passé.
06:08– Non mais franchement, ça s'est bien passé.
06:10Je veux dire, moi je considère, et je l'avais dit d'ailleurs à l'époque,
06:12que cette jurisprudence que vous évoquiez d'une exemplarité du politique,
06:17elle devrait s'imposer à tous et tout le temps.
06:19– Donc quand un député, par exemple, est mis en examen,
06:21il doit démissionner, il doit rendre son mandat.
06:23– Un député, il n'est pas à la tête d'une administration.
06:24En fait, c'est le gouvernement qui est en cause.
06:26Non, non, c'est le gouvernement qui est en cause.
06:28Aujourd'hui, moi je vous le dis, les électeurs peuvent décider
06:31de ne pas réélire un député.
06:33Par contre, un ministre, il est nommé par le gouvernement
06:34et en fait, il a aujourd'hui autorité sur son administration.
06:38Vous imaginez, demain, Rachida Dati,
06:40alterné entre ses audiences de procès
06:42et la négociation du budget de la culture.
06:44Franchement, moi je trouve que…
06:45– Le procès n'a pas commencé.
06:46– C'est pas correct. Je ne sais pas si vous vous souvenez,
06:48mais avant Emmanuel Macron, on avait des ministres
06:50qui démissionnaient dans la seconde,
06:52quand c'était les socialistes au pouvoir,
06:53dès lors qu'ils avaient la moindre…
06:55– C'est ce qu'on appelait la jurisprudence de baladure.
06:56– Voilà. Donc, je me souviens qu'il n'y avait même pas besoin
06:58d'une mise en examen, il suffisait parfois…
07:00– Est-ce que c'était une bonne idée ?
07:01– Parfois, d'accusation. Moi, je pense que oui.
07:02– Ça remet en cause la présence de son innocence.
07:03– Il faut avoir une exemplarité du politique.
07:06– L'argument à l'époque était de dire,
07:08un ministre ne peut pas se retrouver au Conseil des ministres
07:10avec son collègue garde des Sceaux,
07:12alors qu'il est dans une procédure.
07:14– Mais bien sûr.
07:14– Depuis, et notamment grâce à la gauche dans les années 90,
07:17le lien a été coupé entre le garde des Sceaux
07:19et les consignes qu'il pouvait donner à des tribunaux.
07:22Donc, on considère que maintenant,
07:24on peut être à côté du garde des Sceaux,
07:25il ne pourra rien pour vous.
07:25– Cet argument ne tient pas la route.
07:27– C'est un argument d'éthique,
07:28c'est un argument d'exemplarité,
07:30c'est un argument qu'on appelle la théorie des apparences aussi.
07:33Enfin, je veux dire, aujourd'hui…
07:34– Mais quand on n'est pas condamné, on est présumé innocent.
07:36– Quand on n'est pas condamné,
07:36elle reviendra après ce que je fais,
07:40elle pourra revenir si elle n'est pas condamnée au gouvernement.
07:44Mais moi, je considère aujourd'hui
07:45que quand on est un parti comme Les Républicains
07:46qui se proclame le parti des honnêtes gens,
07:48quand on se prépare à investir une candidate
07:51qui a touché 900 000 euros
07:52alors qu'elle était députée européenne,
07:54et ça, elle ne dit pas,
07:55elle cherche des histoires de prescriptions.
07:57Mais je veux dire, aujourd'hui,
07:59il y a quand même un sujet moral et d'exemplarité,
08:02et donc c'est la question qui se pose aujourd'hui.
08:03– Il y a un problème politique aussi,
08:06parce que Rachida Dati, certes ministre de la Culture,
08:08mais elle est candidate à la mairie de Paris,
08:09c'est un secret de police chinelle,
08:11est-ce qu'elle pourra maintenir sa candidature,
08:13sachant que déjà à droite, il y a de la concurrence,
08:16il y a Michel Barnier qui tout d'un coup sort du bois
08:20et qui veut se présenter à la députation
08:21dans une législative partielle.
08:23Vous qui avez écrit sur Rachida Dati,
08:25on sait que c'est une combattante,
08:26qu'elle a l'énergie.
08:27– J'ai écrit sur Carlos Ghosn.
08:28– Et Carlos Ghosn, et donc l'affaire Dati aussi,
08:30est-ce que vous pensez que cette affaire
08:32peut vraiment l'empêcher de continuer sa carrière politique ?
08:34– Je pense que c'est quand même très très embarrassant,
08:37parce que là on la voit à l'écran derrière,
08:40au Parlement européen.
08:41Moi je me souviens d'une conversation en 2009
08:42au Parlement européen,
08:43où elle disait qu'elle s'emmerdait prodigieusement
08:45au Parlement européen.
08:45« Qu'est-ce qu'elle était venue faire dans cette galère ? »
08:47comme dirait Molière dans HCS Capin.
08:51« Qu'est-ce qu'elle est venue faire ? »
08:52« Mais que suis-je venue faire dans cette galère ? »
08:53La réalité, c'est que cette dame a perçu 900 000 euros
08:57de la part de Renault,
08:58de l'argent…
09:00– De prestations de conseil.
09:01– De prestations de conseil.
09:02Visiblement le PNF lui reproche des choses
09:04sur la voiture électrique.
09:05Je n'ai pas l'impression,
09:07ça fait à peu près 30 ans que j'écris sur la voiture,
09:09le nom de Rachida Dati comme experte en voiture électrique
09:12ne revient pas toutes les semaines.
09:14Ces prestations au Maghreb,
09:16ça veut dire quoi ?
09:17C'est de l'identitarisme assez malhonnête,
09:21parce qu'elle est d'origine maghrébine,
09:23elle s'entendrait bien avec les autorités algériennes ou marocaines,
09:27je ne suis pas sûr.
09:28En l'occurrence, les usines Renault ont été lourdement construites
09:31et chèrement construites.
09:32– Donc en fait, il y a un doute sur la réalité du travail effectué ?
09:35– Moi, je pense qu'elle n'a rien foutu pour Renault,
09:37pour bien connaître Renault.
09:39Et d'ailleurs, il y a une chose assez intéressante,
09:41c'est qu'en 2019, quand l'affaire a éclaté,
09:43et qu'elle a été d'abord mise en place de témoins assistés,
09:48Alain Boer était témoins assistés aussi,
09:50le criminologue Alain Boer était témoins assistés.
09:53Il n'est pas dans la procédure, parce que lui…
09:54– Si, il y est, il a bénéficié d'un non-lieu.
09:56– Oui, mais c'est ce que je veux dire,
09:58il peut montrer qu'il a travaillé.
10:00Il y a eu un non-lieu, bah oui, il était consultant en sécurité.
10:04Renault, une grosse entreprise française,
10:07montre qu'elle a besoin d'avoir des consultants en sécurité,
10:09pour sa sécurité, surtout après le scandale des espions.
10:12Il a montré qu'il avait fait 200 000 euros de prestations,
10:14et il les a prouvés.
10:15Elle, son argument, c'est prescrit.
10:17Je veux dire, c'est un peu court comme argument.
10:18– Il n'y a pas que ça comme argument.
10:19Vous parliez de l'affaire des faux espions de Renault,
10:21parce que c'est quelque chose qui a son importance.
10:23En ce sens aussi, Rachida Dati, elle dit pour sa défense,
10:25« Oui, il y a peu de traces de mon travail,
10:26parce que Carlos Ghosn voulait des notes,
10:28et il voulait ensuite qu'on les déchire,
10:30qu'on les fasse disparaître, de peur d'être espionné,
10:32parce qu'il était traumatisé par l'affaire précédente
10:34des faux espions de Renault. »
10:35En tout cas, c'est sa ligne de défense,
10:37parce que vous l'avez dit, le Parti national financier…
10:40– Carlos Ghosn est au Liban,
10:42il y a peu de chances qu'il vienne à son procès.
10:43– Alors lui, sa ligne de défense, sa réponse en tout cas,
10:47c'est de dire, aujourd'hui, si je quitte le Liban,
10:48dans n'importe quel pays au monde où je vais me trouver,
10:51on va me renvoyer au Japon.
10:52– Sauf en France, il est venu en France, il sera tranquille.
10:54– Où il avait été arrêté, on s'en souvient,
10:56et donc c'est vrai qu'il va y avoir un vrai casse-tête juridique
10:58aussi sur l'organisation de ce procès,
11:00parce qu'aujourd'hui, il est assigné en résidence au Liban,
11:03il a des choses à dire sur le dossier, évidemment.
11:06Alors il peut être représenté,
11:07il peut être jugé en son absence,
11:09représenté par ses avocats,
11:10mais ceux-ci ne manqueront pas de souligner
11:12la difficulté de l'exercice.
11:14– Christophe Barbier, je repose la question politiquement,
11:16quelles conséquences pour Achianati ?
11:18– Il y a deux mauvaises nouvelles pour elle dans la semaine,
11:20c'est ce renvoi devant un tribunal,
11:22puis le fait que la candidature de Michel Barnier
11:24dans la législative partielle du mois d'octobre
11:26ait été quasiment confirmée par les LR.
11:28– Même s'il n'est pas candidat à la mairie de Paris pour l'instant ?
11:30– Non, il a dit justement qu'il n'avait aucune ambition municipale,
11:32mais c'est contre la volonté de Achianati
11:34qu'il est venu préempter…
11:35– Est-ce qu'ils avaient anticipé cela du côté de Michel Barnier
11:38et peut-être d'une partie des Républicains ?
11:39– On savait de toute façon que la justice conclurait
11:42et prononcerait un renvoi.
11:43Ce qu'on ne sait pas toujours, c'est la date.
11:45Et en effet, 29 septembre, on saura quelle est la date,
11:48il est peu probable que ça ait lieu avant les municipales,
11:51pour les raisons qu'a exprimées Vincent,
11:53pour le fait aussi que Ghosn n'est pas là
11:54et que comme on attend son retour et qu'il y a un mandat d'arrêt,
11:57si on se donne du temps, on a peut-être un espoir
11:59qu'il vienne en effet du Liban en France,
12:02la France n'extradant pas ses citoyens,
12:04il ne risque pas d'être extradé vers le Japon.
12:06Il se trouve que le Premier ministre du Liban
12:08déjeune avec Emmanuel Macron prochainement.
12:10Donc ça sera peut-être au menu des discussions.
12:13Pour Achian Adati, évidemment, ça va être un boulet
12:14dans la campagne.
12:15On le voit déjà avec la réaction de ses rivaux
12:18comme Pierre-Yves Bournazel,
12:19mais c'est une combattante.
12:20C'est quelqu'un qui a toujours fait des attaques contre elle,
12:23un carburant politique pour rassembler ses partisans.
12:26Elle a un côté Trump de ce côté-là.
12:28Elle surenchérit dans l'invective et dans la menace
12:31quand elle est elle-même agressée
12:32et elle surenchérit dans l'action
12:34quand on pense qu'elle est dans un moment difficile.
12:36Et pour elle, il y a quelque chose
12:37qui est assez primordial à mettre en exergue
12:40et dont on parle peu,
12:41c'est le risque d'une peine d'inéligibilité.
12:43Mais admettons qu'elle...
12:44C'est possible dans ce procès-là ?
12:46C'est complètement possible.
12:47C'est prévu par les taxes.
12:48C'est prévu par les taxes automatiques.
12:50C'est prévu par les taxes.
12:51Si elle est condamnée,
12:52il y aura une peine d'inéligibilité ?
12:53Qui est automatique,
12:55qui peut être assortie de l'exécution provisoire
12:56avec une grande différence.
12:57On en a beaucoup parlé lors de Marine Le Pen.
12:59Mais Marine Le Pen,
13:00elle reste députée
13:02parce que c'est un mandat national.
13:03Mais souvenez-vous de son mandat local
13:05de conseillère départementale dans le Pas-de-Calais.
13:07Elle en a été démissionnée d'office.
13:09Si elle était condamnée,
13:11elle pourrait perdre, par exemple,
13:12son poste de maire du 7e arrondissement.
13:13Est-ce qu'elle est aussi maire du 7e arrondissement ?
13:14Immédiatement.
13:15Voir maire de Paris.
13:16Ce n'est pas qu'elle pourrait.
13:17C'est que c'est automatique.
13:18C'est une vraie.
13:19Même si on fait appel.
13:20Même si on fait appel.
13:21Si c'est assorti d'une exécution provisoire,
13:23c'est une peine qui est prévue.
13:24Avec, d'ici le procès,
13:26la question prioritaire de constitutionnalité
13:28qui va être posée par Marine Le Pen
13:29au Conseil constitutionnel
13:31pour que, justement,
13:32cette exécution provisoire
13:33cesse d'être une épée de Damoclès
13:35au-dessus des élus locaux condamnés.
13:37– Béatrice Guimond,
13:38vous vouliez ajouter quelque chose ?
13:39– Oui, je voulais revenir sur le sujet.
13:41Vous étiez en train de dire
13:42en quoi ça porte préjudice, finalement,
13:43au fonctionnement d'un gouvernement
13:45ou des ministères.
13:46Mais quand on regarde un gouvernement
13:47qui est lui-même phagociné
13:49par un certain nombre d'affaires,
13:50on peut voir le cas du Premier ministre
13:53avec l'affaire Betaram.
13:54On voit bien que ça crée de la lenteur,
13:56que ça crée de la lourdeur.
13:58– Il s'est expliqué devant la commission d'enquête.
14:00– Il n'y a aucune l'hémarge judiciaire.
14:01– Il n'y a aucune l'hémarge judiciaire.
14:02Il n'est pas poursuivi, c'est une question morale.
14:06– Il y a quand même une commission d'enquête
14:08et quand on regarde les médias,
14:09ça occupe beaucoup la place,
14:12beaucoup l'opinion publique.
14:13Et donc finalement, ça porte préjudice
14:14aussi à l'action publique.
14:15– Mais est-ce qu'il suffit de lancer une polémique
14:17pour faire démissionner un gouvernement ?
14:19– Je suis désolé, mais on n'en est pas là.
14:20Rachida Dati, elle quand même…
14:21– Alors là, c'est autre chose.
14:21– Les casseroles, il y a cette histoire,
14:24il y a les histoires aussi de doublis,
14:26de déclarations…
14:26– Dans l'affaire Betaram,
14:27certains de vos collègues de gauche
14:28demandaient à la démission de François Bayrou.
14:30Je comprends dans l'opposition
14:31de la démission de celui qui est poursuivi.
14:33– Je peux vous dire que nous n'avons pas appelé
14:34à la démission de François Bayrou,
14:36nous avons appelé à ce que la lumière soit faite
14:37et que le cas échéant…
14:38– À la France Insoumise, certains ont rappelé à la démission.
14:39– Oui, mais moi je suis au Parti Socialiste
14:40et je parle au nom du Parti Socialiste.
14:42Par contre, ce que je peux vous dire
14:43dans le cadre de Rachida Dati,
14:44c'est que non seulement il y a cette affaire-là,
14:45et il y a toutes les autres qui s'accompagnent derrière…
14:46– Oui, mais ce n'est pas parce que vous êtes coupable
14:48et objectivement, il y a des questions de probité
14:50d'éthique publique qui sont manifestes.
14:53– Mais là, c'est Robespierre,
14:55vous nous faites le discours de Robespierre.
14:56– De quoi parlez-vous là ?
14:59– Le nombre de casseroles qu'elle possède,
15:01elle est mise en examen que pour cette affaire,
15:03j'ai priori jusqu'à présent…
15:04– Non mais moi je vous dis…
15:05– Moi je ne suis pas un fan de Mme Dati.
15:08– Non mais moi je vous redis ce que j'ai dit.
15:10J'ai dit, cette mise en examen et ce renvoi
15:13devrait justifier l'application de la jurisprudence
15:15dont on parlait tout à l'heure sur le fait qu'elle…
15:18– Mais c'est une jurisprudence politique,
15:19ce n'est pas une jurisprudence…
15:19– Du gouvernement, mais oui,
15:20mais c'est une question d'éthique politique
15:21dans tous les pays européens.
15:23Quand vous avez un ministre qui a un scandale judiciaire
15:25dans toutes les démocraties matures,
15:26on se met en retrait du gouvernement
15:28parce qu'on a besoin d'un gouvernement
15:30qui est inattaquable.
15:31– Oui, mais chez les socialistes,
15:33tous les députés et maires mis en examen
15:34n'ont pas démissionné.
15:35– Mais je vous parle du gouvernement…
15:37– Cette règle, vous l'appliquez que quand c'est un ministre
15:38qui n'est pas dans votre camp.
15:39– Attendez, moi je vous parle du gouvernement de la République.
15:41– Et donc ça ne tient pas pour les éthiques ?
15:41– Mais on se l'a appliqué à 100% quand on était au gouvernement.
15:44– D'accord, mais il y a des maires ou des députés socialistes
15:46qui sont mis en examen.
15:46– Non, non, non, alors déjà,
15:47il n'y a pas de députés socialistes mis en examen.
15:49– Il n'y en a jamais eu.
15:50– Aujourd'hui, il n'y a pas de députés socialistes mis en examen.
15:53Et deuxièmement, je le dis,
15:54la question de la démission s'impose
15:56à partir du moment où on est au gouvernement.
15:58– Oui, mais c'est pas pour un édite.
15:59– Mais la question se pose…
16:00– Parce qu'en fait, quand on est au gouvernement,
16:01on est, je vous l'ai dit,
16:11quand on est élu, on est élu…
16:13– Non, non, mais je suis désolé.
16:14– Il trahit ses électeurs, en quelque sorte.
16:15– Vous pouvez mélanger comme vous voulez les choses.
16:16– Non, mais vous faites d'abord à ce que ça vous arrange.
16:17Parce qu'un élu trahit aussi ses électeurs,
16:19s'il se comporte mal.
16:20– Et dans ce cas, ses électeurs le renvoient.
16:21Un ministre, c'est pas pareil.
16:22– Non, parce qu'il a été élu pour un mandat.
16:23– Mais bien sûr que si, franchement.
16:24– Juste pour préciser les choses,
16:25il faut quand même se souvenir que Rachida Dati
16:27a été nommée ministre de la Culture
16:29alors qu'elle était déjà mise en examen.
16:31– C'est déjà choquant.
16:31– À l'Élysée, on soutient toujours Rachida Dati,
16:36on dit qu'elle existe dans son ministre.
16:37– Macron est très ferme de ce côté-là,
16:39notamment parce qu'Emmanuel Macron considère
16:41que la justice, voyant que quand on met en examen
16:43un politique, ça l'oblige à démissionner,
16:45a fait de la politique avec des mises en examen.
16:47C'est ça en fait qui s'est installé depuis…
16:48– Il y a des mises en examen automatiques,
16:50par exemple dans les délits de presse.
16:51– Ce qui va dans le sens contraire de sa campagne,
16:53quand même, en 2017.
16:53– Oui, tout à fait.
16:54– Puisqu'il a battu campagne sur le principe d'exemplarité
16:56et qu'il a tenu à dossier une première loi
16:58le 15 septembre 2017 pour la confiance dans la vie politique
17:01parce qu'Emmanuel Macron disait et constatait justement
17:04qu'il y avait un problème de probité en France
17:05et que justement, à cause de ce manque de probité
17:07et ce nombre d'affaires…
17:08– Il a changé d'avis.
17:09– Eh bien en fait, les Français perdaient confiance
17:11en leurs représentants.
17:12C'était ça l'intérêt de changer d'avis.
17:13– Mais l'histoire lui a donné raison avec Éric Dupond-Moretti
17:15qu'il a maintenu contre Vans et Marais
17:16et qu'il a été relaxé.
17:17– Vous faites de la morale ou vous devez avoir du juridique ?
17:21– Bien sûr.
17:21– Je suis désolé, mais à ce moment-là,
17:22on va reprocher de vous et n'importe quoi.
17:23– Vous pouvez dire ce que vous voulez,
17:24je vais répondre parce que ça fait deux fois
17:26que vous dites que je fais de la morale.
17:28Non, je fais de la politique.
17:29– Si vous parlez d'étude, c'est une sorte de morale.
17:31– Et la politique, c'est aussi rendre des comptes
17:33vis-à-vis des citoyens.
17:33– Alors à ce moment-là, vous êtes exemplaire.
17:34– Excusez-moi, mais les règles…
17:35– Excusez-moi, mais les règles…
17:36– Alors là, ce que vous dites,
17:41c'est scandaleux.
17:41– Non mais c'est du racisme de classe.
17:43– Pardon ?
17:44– Vous ne savez pas d'où je viens.
17:45– Alors dans ce cas-là, vous dites,
17:46elle ne sait pas faire une édition,
17:47elle est une édition internationale.
17:48– Excusez-moi, vous acceptez sur votre plateau
17:50des propos qui disent que Nadia de Vadel-Belkasson
17:52ne sait pas faire une édition ?
17:54– Oui, ben c'est…
17:54– Ben non, non, on ne peut pas c'était ça.
17:56C'est du racisme de classe.
17:57– Certains ont contesté sa militaire.
17:59– Je le dis, je le dis,
18:01elle a passé des entretiens,
18:03il y avait 128 candidats,
18:04il y avait un jury.
18:05Donc à un moment,
18:06on ne va pas revenir sur cette histoire.
18:07On va parler du cas de Mme Dati, s'il vous plaît.
18:10Et Mme Dati, oui,
18:11elle a des problèmes d'exemplarité du politique
18:13comme d'autres personnes dans le gouvernement.
18:14Et oui, aujourd'hui,
18:16un ministre devrait être exemplaire.
18:18Je regrette que ça ne soit pas le cas.
18:19Je regrette que le Premier ministre
18:20ne lui demande pas de démissionner.
18:21Et maintenant, demain,
18:22ce sont les électeurs parisiens
18:22qui se trancheront
18:23si jamais elle n'a pas d'ici là démissionné.
18:25– Ça n'empêche pas pour l'instant
18:26d'être candidate, Vincent,
18:28ça n'empêche pas d'être candidate
18:29à la mairie de Paris.
18:29– Ah non, il n'y a rien
18:30qui l'empêche d'être candidate
18:31et de pouvoir être maintenu
18:33à son poste de ministre
18:34puisque c'est ce que l'Élysée
18:36a fait savoir aujourd'hui.
18:37– Merci à tous.
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