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  • il y a 6 mois
Votre rendez-vous 100% direct, décryptage, débats. Pour tout savoir mais aussi tout comprendre de l’actualité. Aux côtés de Anne Seften : les meilleurs experts et tous les acteurs qui font l’info

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00:00On va revenir à ce qu'il s'est passé en France et on va vous parler des violences à Béziers, un nouveau guetapant la nuit dernière auquel ont été confrontés les policiers.
00:08Une cinquantaine d'individus cagoulés s'en sont pris aux forces de l'ordre hier soir. Bonsoir Laura Cambeau, vous êtes sur place pour nous rappeler les faits.
00:15Vous avez notamment rencontré un témoin, Laura, qui a assisté à la scène.
00:18La nuit dernière, la police a été appelée pour un feu de véhicule et de poubelle dans cette rue.
00:25Quand ils sont arrivés sur place, les policiers de la BAC et les pompiers ont été visés par des tirs de mortier d'artifice,
00:32des tirs lancés par plusieurs dizaines de personnes, entre 30 et 50 individus cagoulés.
00:39Conséquence, un policier a été légèrement blessé à la jambe, mais il y a eu surtout un tir de mortier qui a terminé dans l'appartement
00:46qui se trouve juste au-dessus. Vous pouvez le voir sur ces images de Margot Sèvres.
00:52Conséquence, un chat a été intoxiqué et 9 personnes doivent désormais être relogées.
00:57C'est la mairie qui s'occupe du dossier. Je vous propose d'écouter ce témoignage d'un jeune qui était présent hier soir.
01:02On a vu une famille pleurer, un jet de mortier qui est parti chez eux, qui a tout allumé.
01:08Bon ça va, il n'y a eu aucun blessé, tout ça. La famille, elle était en pleurs, en bas du bâtiment.
01:13Des jeunes sont montés pour essayer de sauver les dernières personnes qui restaient, tout ça.
01:19Les fauteurs de troubles, entre 30 et 50 personnes n'ont pas été interpellées hier.
01:24L'enquête démarre donc pour tenter de les retrouver, tenter de les identifier.
01:29Ils en courent en tout cas jusqu'à 10 ans d'emprisonnement.
01:32Un grand merci à Laura Cambo. On va passer aussi à Limoges, puisqu'à Limoges aussi, il y a des renforts qui ont été déployés, notamment Clémence Renard.
01:41Et c'est vrai qu'on a beaucoup parlé de cette CRS 82 qui est spécialisée dans les violences urbaines, dans le maintien de l'ordre et qui va être encore déployée là ce soir à Limoges.
01:50Oui, c'est ça. Elle a été déployée hier soir. Vous l'avez dit, elle sera de nouveau déployée ce soir.
01:57Il faut dire que le calme est revenu dans le quartier du Val de Laurence depuis hier soir.
02:01Quelques mortiers d'artifices ont été observés dans le ciel hier soir, mais rien de comparable avec la nuit de violence de vendredi à samedi,
02:08nuit durant laquelle une dizaine de policiers ont été légèrement blessés dans le cadre d'affrontements avec une centaine de personnes cagoulées.
02:13Une vingtaine de véhicules ont également été dégradés. Le maire de la ville, le maire de Limoges a qualifié ces événements de guérilla urbaine.
02:23Il s'est tout de même félicité du retour au calme hier soir et les habitants avec lesquels on a pu échanger nous ont dit être soulagés de la présence de la CRS 82,
02:30mais demandent dans le même temps des mesures pérennes pour ne plus avoir à revivre ce type d'événements ici à Limoges.
02:36Je vous propose de les écouter au micro de Milan Argelas et Laurine Vellet.
02:39C'est toujours rassurant de les voir, mais bon, moi, ça me fait un peu sourire quand même,
02:43parce que je trouve que la solution, ils n'interviennent pas.
02:48Moi, je les ai vus hier soir, ils étaient au niveau de la caserne des pompiers.
02:52Et ce qui se passe ici, notamment ici, ça ne les a pas empêchés de vivre.
02:57Je sais que ça a recommencé quand les CRS seront partis, la solution ne sera pas trouvée.
03:01Je préfère quand il passe ou même quand la police municipale fait les tours, fait les rondes dans le quartier.
03:06Je suis plus rassurée pour lui, effectivement, même s'il ne sort pas aux heures où il y a le plus de mouvements.
03:13On a dit, la CRS 82 sera donc de nouveau déployée ce soir.
03:16Elle pourrait également être potentiellement déployée de nouveau lundi soir, s'il y a de nouvelles violences cette nuit.
03:23Clémence Renard en direct de Limoges avec Antoine Corvert.
03:26Bonjour Patrick Stéphanie.
03:27Bonjour.
03:28Merci d'avoir accepté l'invitation de BFM TV.
03:30On va revenir sur cette violence, cette vague de violence qui s'enlise.
03:34Et on avait besoin de vous entendre là-dessus.
03:36Pour m'accompagner, il y a Mathilde Gaudry qui est avec nous, journaliste indépendante spécialisée dans les questions de sécurité.
03:41Vous êtes ancien directeur de campagne de Jacques Chirac ou encore de François Fillon.
03:44Vous êtes aujourd'hui le représentant spécial sur l'immigration du ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau.
03:49Je voulais vous entendre sur ces violences, on le disait, qui s'enlisent.
03:52À Nîmes, où un couvre-feu a été décrété pour les mineurs de moins de 16 ans.
03:55Il sera mis en place demain suite à des fusillades entre bandes rivales sur fonds de narcotrafic,
04:00mais aussi à Limoges, on l'a entendu avec Clémence Renard,
04:03où des renforts de CRS ont été envoyés suite à trois heures d'affrontements.
04:06Ça, c'était dans la nuit de vendredi à samedi ou encore la nuit dernière à Béziers.
04:09Est-ce que vous diriez que c'est l'échec de la politique de Bruno Retailleau,
04:12lui qui, en septembre 2024, quand il succède à Gérald Darmanin à Beauvau, a un axe majeur, rétablir l'ordre ?
04:18Non. Ce qui me frappe, au contraire, dans ce qui s'est passé,
04:22c'est la rapidité de réaction du ministère de l'Intérieur,
04:26le fait qu'en moins de 24 heures, des unités mobiles, dont c'est la fonction,
04:32interviennent en renfort pour sécuriser les quartiers dont il s'agit,
04:37et avec, je crois, beaucoup d'efficacité.
04:40Ce qui me frappe aussi, c'est que le paysage urbain de ces violences est assez diversifié.
04:48On y trouve des villes comme Rennes ou comme Limoges,
04:53qui étaient traditionnellement considérées comme des villes assez calmes.
04:57Certains nous disent même Poitiers, pas trop dans Limoges aussi.
04:59Mais en ce qui concerne Rennes, on sait que malheureusement,
05:03l'image de la ville a beaucoup souffert au cours des dernières années,
05:08et on sait que s'y déroulent des faits de délinquance qui préoccupent beaucoup les populations.
05:14En ce qui concerne Limoges, c'est plus nouveau, c'est une grande métropole,
05:18mais c'est une grande métropole dans une grande zone rurale.
05:21Mais enfin, ce qui me frappe encore une fois, c'est la vitesse de réaction du ministère de l'Intérieur,
05:27avec des unités de forces mobiles.
05:30C'est le rôle de ces unités de forces mobiles.
05:33Bien sûr, les forces mobiles, elles ont pour but de maintenir l'ordre
05:37lorsqu'il y a des grands rassemblements, des grandes manifestations,
05:40mais elles ont aussi pour rôle d'intervenir de manière ponctuelle à la demande du ministre de l'Intérieur.
05:46C'est son cabinet et le cabinet du directeur général de la police nationale
05:50qui gèrent l'emploi des forces mobiles.
05:52Et leur intervention est à chaque fois très efficace,
05:56au point d'ailleurs que cette CRS 82, vous l'avez dit,
06:00commence à être connue par l'ensemble des Français.
06:03Après, on pourra revenir, si vous le voulez, sur les raisons de fond.
06:05Bien sûr, on va y revenir.
06:06Derrière ces violences urbaines, mais la réaction du ministère de l'Intérieur,
06:11elle est à la hauteur, et je note avec intérêt d'ailleurs
06:15qu'une des personnes interviewées se félicitait de ce que le calme
06:20est revenu la nuit dernière à Limoges.
06:24Je voudrais également insister sur un point,
06:26c'est ce que j'appellerais le continuum de sécurité.
06:30Vous savez que Bruno Retailleau, et le ministre qui est placé auprès de Bruno Retailleau,
06:35François-Noël Buffet, porte actuellement un projet de loi sur les polices municipales.
06:42Et on voit bien que la sécurité dans les villes,
06:46bien sûr qu'elle est d'abord du ressort du ministère de l'Intérieur,
06:50de la police nationale,
06:52mais les choses marchent mieux quand les autorités municipales
06:57prennent leurs responsabilités.
06:59Les choses marchent mieux quand les polices,
07:01quand les maires ont choisi de se doter d'une police municipale.
07:05Les choses marchent encore mieux quand les maires ont choisi d'armer cette police municipale.
07:08Ce que j'allais vous dire, police municipale, armée.
07:10Et je suis frappé du fait que tout à l'heure,
07:13dans le petit reportage que vous avez passé,
07:16je crois que c'était à Béziers ou à Limoges,
07:19une des habitantes se félicitait de ce que la police municipale était également intervenue.
07:24Donc notre pays a besoin d'un continuum de sécurité.
07:28Ce continuum, il est assuré par l'action complémentaire sur le terrain de l'État.
07:34L'État, c'est-à-dire la police nationale en zone urbaine,
07:37la gendarmerie en zone rurale et les polices municipales.
07:41Mais est-ce qu'on en fait assez ?
07:41Quand Bruno Retailleau va en mai dernier,
07:44lors d'une opération Place Net à Nîmes,
07:45et qu'il dit qu'il y aura une trentaine de policiers qui vont arriver à l'automne,
07:49certains nous disent qu'il nous les faudrait au plus vite.
07:51Et pour l'instant, il y en a à peine une dizaine.
07:52Madame, on n'en fait jamais assez pour deux raisons.
07:56Pour deux raisons.
07:58La première, et je crois que vous le savez bien, Madame,
08:01c'est que les forces mobiles,
08:03elles sont mobilisées sur des théâtres d'opérations extrêmement divers.
08:08Et que, nous le savons,
08:09mais vos téléspectateurs ont peut-être besoin qu'on le rappelle,
08:13au cours des derniers mois,
08:15un nombre très important d'unités de forces mobiles
08:18a été mobilisées pour assurer l'ordre outre-mer,
08:21et notamment en Nouvelle-Calédonie.
08:23Nous avons compté jusqu'à 35 ou 40 unités de forces mobiles
08:27mobilisées outre-mer.
08:29Et de ce point de vue-là,
08:30je me réjouis d'ailleurs tout particulièrement
08:32de l'accord qui est intervenu,
08:34de l'accord institutionnel
08:35qui est intervenu sur la Nouvelle-Calédonie,
08:37et qui va permettre, je l'espère,
08:39de rétablir définitivement le calme
08:42dans cette île et dans ce territoire,
08:45et de remettre, si j'ose dire,
08:48à disposition du ministre de l'Intérieur,
08:51des unités de forces mobiles.
08:52Et puis la deuxième raison
08:53pour laquelle vous pouvez avoir le sentiment
08:56que les choses ne vont pas assez vite.
09:00La deuxième raison, Madame,
09:01c'est que,
09:04alors qu'en 1965,
09:06les dépenses de sécurité au sens large,
09:10défense, police, gendarmerie, justice,
09:14représentaient 6% du produit intérieur.
09:17Là, ça représente combien ?
09:19À peine 3,1 ou 3,2%.
09:22Donc en l'espace de 60 ans,
09:24on a quasiment diminué par 2 dans notre pays
09:27le montant du produit national brut
09:30qu'on consacre à assurer
09:32la sécurité des Françaises et des Français.
09:34Eh bien ça, ça n'est pas normal.
09:37Bruno Retailleau est décidé
09:39à s'attaquer à cette situation
09:40dans la préparation du budget qui vient.
09:43François Bayreau a dit qu'il gelait
09:44l'enveloppe donnée aux ministères.
09:46Donc comment on va faire ?
09:47Sauf le ministère de la Défense, pardon.
09:50Oui, mais moi je vous dis
09:51que le ministère de l'Intérieur
09:52s'en sortira mieux que d'autres ministères.
09:55Et c'est tout à fait justifié
09:56parce que nos concitoyens aspirent
09:59à être protégés contre les menaces
10:01venues de l'étranger,
10:02contre les menaces de l'extérieur.
10:04Ça, c'est la Défense nationale.
10:06Mais ils aspirent aussi à être protégés
10:08contre les menaces de l'intérieur.
10:10Ça, c'est le ministère de l'Intérieur.
10:11C'est le ministère de la Justice.
10:13C'est la police.
10:15C'est la gendarmerie.
10:15C'est la magistrature.
10:17Et ça mérite une aussi grande priorité
10:19que celle que le président de la République
10:22veut accorder à la Défense nationale.
10:24On aura peut-être l'occasion, évidemment,
10:25de replonger dans ce budget
10:27les orientations de François Bayreau.
10:28J'accueille Pascal Lalle.
10:29Merci d'être avec nous.
10:30Vous êtes l'ancien directeur central
10:31de la sécurité publique en France.
10:33Quelle est l'analyse que vous faites
10:34des événements qui se sont produits,
10:36que ce soit à Nîmes, Limoges ou Béziers ?
10:39C'est vrai qu'il y avait cette dame
10:40dans ce reportage qui se félicitait
10:41justement de la volonté d'arriver
10:44assez vite sur le terrain
10:45de la police municipale.
10:46Patrick Stéphanini le disait aussi.
10:49Mais il y a aussi beaucoup de gens
10:51ou de syndicats de police
10:52qui nous disent,
10:53pour l'instant, on n'est pas à la hauteur.
10:55L'État n'est pas à la hauteur.
10:56Oui, bonsoir.
11:00L'analyse que je peux faire,
11:01c'est que d'abord,
11:01c'est malheureusement un phénomène
11:02qui n'est pas nouveau,
11:03ce phénomène de violence urbaine spontanée.
11:06Je vous rappelle qu'en 2023,
11:07on en avait eu toute une série
11:08sur l'ensemble de la France.
11:10Et le deuxième point d'analyse,
11:12c'est que les constantes,
11:14en termes de réaction,
11:15du ministère de l'Intérieur
11:16dans sa globalité,
11:18sont les mêmes.
11:18C'est-à-dire, sur ce genre de cas,
11:20protéger la population et ses biens,
11:22c'est souvent le cas,
11:23puisque dans les quartiers
11:24où ces violences s'exercent,
11:27les victimes sont souvent
11:28les voisins des auteurs.
11:30Ensuite, reprendre et garder
11:32les espaces libres
11:33à la liberté de circulation
11:35et non pas aux émeutiers.
11:37Et puis, bien évidemment,
11:39neutraliser les auteurs d'infractions,
11:41s'agissant soit de narcotrafic,
11:43soit comme à Limoges,
11:45je dirais, de bandits de grands chemins
11:46qui s'attaquent à des automobilistes
11:49pour les dépouiller.
11:51Et enfin,
11:52rentrer dans une phase judiciaire
11:54pour poursuivre et identifier
11:56les organisateurs,
11:57les leaders et les complices.
11:58Donc, on est sur ce schéma là
12:00et je rejoins un peu près
12:01que Stéphanie Niquan dit
12:02que la capacité de réaction
12:04des services militaires
12:05dans l'Intérieur
12:06est une capacité,
12:08je dirais, intéressante
12:09et plus rapide
12:10que ce que j'ai pu connaître
12:11quand j'étais moi-même
12:12en fonction,
12:13puisqu'on a ces CRS
12:15de nouvelle génération
12:16dont la compétence territoriale
12:20correspond grosso modo
12:21à une zone de défense
12:23et qui sont en capacité
12:24de se projeter
12:2524h sur 24
12:27et 7 jours sur 7
12:28sur n'importe quel point
12:29de la zone de défense
12:30pour venir en appui
12:31des services de police
12:32territorialement compétents.
12:34Restez avec nous, Pascal Lalle.
12:35Patrick Stéphanini,
12:37est-ce qu'on est trop laxisme
12:38d'un point de vue judiciaire ?
12:39Est-ce qu'il faudrait,
12:40par exemple,
12:41des pannes courtes ?
12:41Est-ce qu'il faudrait
12:42des prisons intermédiaires ?
12:43On avait Bruno Pommard
12:44sur ce plateau
12:44qui le demandait en disant
12:45qu'on n'a pas assez
12:46de sanctions en France
12:47concernant notamment
12:48les mineurs.
12:49La réponse ne fait pas
12:50l'ombre d'un doute.
12:52Malheureusement,
12:53elle est difficile
12:54à mettre en œuvre
12:55en l'absence de majorité
12:57claire à l'Assemblée nationale.
12:59Toutes les expériences
13:00étrangères,
13:01toutes les expériences
13:01des pays européens
13:02voisins de la France
13:04prouvent que des peines
13:05de prison courtes
13:07infligées rapidement,
13:09c'est-à-dire dans les jours
13:11ou dans les semaines
13:11qui suivent l'infraction,
13:13non pas après six mois
13:14ou un an après les faits,
13:16donc des peines de prison
13:17courtes infligées rapidement
13:18peuvent être
13:19extraordinairement dissuasives.
13:22Par ailleurs,
13:22nous savons que notre pays
13:24manque de place de prison.
13:25Nous savons que nous avons
13:27à gérer dans de nombreux
13:28établissements pénitentiaires
13:30une surpopulation
13:31carcérale,
13:32donc oui,
13:33il faut construire
13:34de nouvelles places
13:35de prison,
13:36mais alors là,
13:36pour le coup,
13:37vous savez que ça renvoie
13:39à des projets immobiliers,
13:40qui dit projet immobilier
13:41dit le temps long,
13:44mais je réponds oui
13:45à vos deux questions.
13:47Nous avons besoin
13:48de modifier
13:49notre législation pénale
13:51pour y introduire
13:53des peines courtes
13:54et susceptibles
13:55d'être infligées rapidement,
13:56et nous avons besoin
13:57de construire davantage
13:58de peines de prison.
13:59Je voudrais également
14:00rebondir sur un point,
14:02qui est la question
14:03des mineurs,
14:04qui est la question
14:05de la participation
14:06des mineurs
14:07à ces événements.
14:09Parce que,
14:10bon,
14:10moi je crois
14:11que ce sont
14:12des incidents isolés,
14:14nous ne sommes pas...
14:16Vous pensez
14:16que c'est des incidents isolés ?
14:17Parce que tous les acteurs
14:17qu'on a depuis hier
14:18nous parlent vraiment
14:19d'un enlisement
14:19de la violence.
14:20Non,
14:20je pense que ça reste
14:22des incidents isolés.
14:24En revanche,
14:25il y a probablement
14:25un point commun
14:26à ces différents incidents,
14:28c'est le développement
14:30du narcotrafic,
14:31c'est la lèpre
14:33que représente
14:34en France
14:35le trafic
14:37de stupéfiants,
14:39avec tout ce qui va avec,
14:40malheureusement,
14:41avec des phénomènes
14:42de corruption.
14:44Il faut lutter
14:45contre ce narcotrafic
14:46avec beaucoup d'énergie.
14:47Vous savez que Bruno Retailleau,
14:49quand il était président
14:50du groupe
14:51Les Républicains
14:52au Sénat,
14:54a impulsé
14:55un texte,
14:56une proposition de texte,
14:58qui aujourd'hui
14:58a été définitivement adoptée.
15:00Notre pays
15:02s'est doté
15:02d'une nouvelle législation
15:03pour lutter
15:05contre le narcotrafic.
15:06Mais vous savez aussi
15:07que les mineurs
15:10dans notre pays,
15:11les mineurs de 18 ans,
15:13donc les jeunes
15:13qui ont moins de 18 ans,
15:15bénéficient en matière pénale
15:16de ce qu'on appelle
15:16l'excuse de minorité.
15:18Et cette excuse
15:19de minorité,
15:19aujourd'hui...
15:20Il faut l'enlever,
15:20selon vous,
15:21l'excuse de minorité ?
15:22Il faut s'en débarrasser ?
15:23Il faut la moduler.
15:26Il faut la moduler.
15:27Il ne faut pas
15:28qu'elle soit
15:29le principe.
15:31Il faudrait
15:31qu'elle devienne
15:32l'exception.
15:34Il faudrait
15:34que le juge
15:35puisse apprécier
15:36au cas par cas
15:37et décider
15:39au cas par cas
15:39s'il fait bénéficier
15:42le mineur
15:42de cette excuse
15:44de minorité
15:45ou pas.
15:45Actuellement,
15:46ce n'est pas le cas.
15:47Actuellement,
15:48le mineur
15:48bénéficie
15:49à priori
15:50de l'excuse
15:50de minorité.
15:51Et il faut que le juge,
15:53pour l'en privé,
15:55rédige un jugement
15:56dûment motivé.
15:57Ça n'est pas satisfaisant.
16:00La droite...
16:01Enfin,
16:01le LR
16:02a essayé,
16:04avec le parti
16:05de Gabriel Attal,
16:07de modifier les choses.
16:08Vous le savez,
16:09un texte a été voté
16:10au Parlement.
16:12Malheureusement,
16:13ce texte a été censuré
16:14par le Conseil constitutionnel
16:16pour des raisons
16:17que j'ai du mal
16:18à comprendre.
16:19Et en tout cas,
16:20j'en tire une conséquence.
16:21Si on veut lutter
16:22avec efficacité
16:24contre l'implication
16:26des mineurs
16:27dans des faits graves
16:28de délinquance,
16:30il faudra,
16:30compte tenu
16:31de la décision récente
16:32du Conseil constitutionnel,
16:34modifier notre Constitution.
16:35Et pourquoi je le dis ?
16:37Parce que nous savons tous
16:38aujourd'hui,
16:39tous les spécialistes,
16:40tous les experts
16:41savent
16:41que les réseaux
16:44de narcotrafic
16:45se servent des jeunes,
16:47se servent des mineurs.
16:49Ils leur attribuent
16:51différents rôles.
16:52La fonction de getteur,
16:53la fonction de jobber,
16:55enfin, etc.
16:56Parce que les mineurs
16:58échappent à la répression pénale
17:00à cause de cette excuse
17:01de minorité.
17:03Et donc, au fond,
17:03les mineurs sont devenus
17:04aujourd'hui dans notre pays
17:05une proie facile
17:06pour les patrons des gangs,
17:09les patrons des réseaux
17:10de narcotrafic
17:11qui leur disent
17:12vous pouvez vous impliquer
17:14dans ce trafic,
17:15vous allez gagner
17:15beaucoup d'argent,
17:16entre guillemets,
17:17et il n'y aura quasiment
17:18pas de répression pénale.
17:20Eh bien, il faut changer ça,
17:21il faut casser ce raisonnement.
17:22Et Mathilde,
17:22il y a les mineurs,
17:23mais c'est vous qui m'appreniez
17:23aussi tout à l'heure,
17:25ces narcotrafiquants
17:27recrutent aussi
17:28des sans-papiers.
17:29Exactement,
17:29ça c'est un phénomène
17:30que moi j'ai pu observer
17:31en tournage
17:32en Seine-Saint-Denis par exemple.
17:34Vous avez notamment
17:35pour des postes
17:36de guetteurs,
17:37ce qu'on appelle chouf,
17:38des personnes
17:39qui sont sans-papiers
17:40et qui sont en fait
17:43traitées comme
17:44de la chair à canon,
17:45c'est-à-dire
17:45qu'ils se font interpeller,
17:47ils reviendront
17:48chercher du travail
17:49sur d'autres points de deal
17:50et avec ce système
17:52qu'on voit apparaître
17:53de plus en plus
17:53de dettes fictives,
17:54c'est-à-dire que
17:55s'ils perdent une partie
17:56de la marchandise
17:57ou la recette du jour,
18:00eh bien,
18:00ils doivent travailler gratuitement
18:01et de toute manière,
18:02ces personnes
18:03n'ont aucune autre solution
18:04pour se défendre.
18:07Donc,
18:07il y a ce phénomène-là.
18:09Ensuite,
18:09vous avez
18:10ces trafiquants,
18:12en effet,
18:12comme c'était dit,
18:14qui utilisent
18:15des personnes
18:16de plus en plus jeunes,
18:17parfois hors de la cité.
18:19Par exemple,
18:19à titre d'exemple,
18:20un travailleur
18:21sans papier
18:22sur un point de deal
18:22est payé deux fois moins
18:23qu'une personne
18:24issue de la cité.
18:25Donc,
18:25en plus,
18:26vous avez
18:26ce phénomène
18:29et ce sont des personnes
18:30qui, évidemment,
18:31ne vont pas aller parler
18:31à la police
18:32et qui sont très facilement
18:35malléables,
18:36en réalité.
18:37Donc,
18:37ça,
18:37c'est un phénomène.
18:38Après,
18:39il y a autre chose
18:39qui peut paraître inquiétant,
18:41c'est qu'on voit
18:42la rapidité de structure,
18:44notamment dans le cadre
18:45des violences urbaines,
18:46la capacité à récupérer
18:48des mortiers d'artifice,
18:50à faire des cocktails Molotov
18:51et surtout à établir
18:52une stratégie
18:53pour tenter,
18:54en tout cas,
18:55de mettre en joue
18:56les forces de l'ordre.
18:56Par exemple,
18:57moi,
18:57j'étais en tournage
18:58aux côtés des forces de l'ordre
18:59le 13 et le 14 juillet.
19:01On a assisté
19:02à une véritable ingénierie
19:04autour des guet-apens.
19:06Vous avez des cités
19:08qui sont capables
19:09de mettre en feu
19:10une immense barricade
19:11et ensuite
19:12de se placer stratégiquement
19:13à des points hauts
19:14pour viser
19:16les forces de l'ordre.
19:17Et donc,
19:17on peut y mettre l'hypothèse,
19:19notamment dans les cas
19:20qui sont liés
19:20au narcotrafique.
19:22Est-ce que,
19:22finalement,
19:23ces jeunes
19:23ne sont pas
19:24sous la coupe
19:26des trafiquants
19:27qui leur disent
19:27qu'on a eu
19:28des opérations
19:29de police
19:29dernièrement,
19:30de toute manière,
19:31les caisses
19:32et les recharges
19:33de drogue
19:33sont vides.
19:34Donc,
19:34allez-y.
19:35Montrez aux yeux
19:36de tous
19:36que nous n'acceptons
19:39pas la présence policière,
19:40mais surtout,
19:41montrez aux yeux
19:41des autres clans rivaux
19:43que nous sommes
19:44une cité forte,
19:45installée,
19:46et c'est comme ça
19:46qu'on ancre
19:47une guerre de territoire aussi.
19:48Donc,
19:48on voit bien que
19:49ces violences urbaines,
19:50elles sont extrêmement
19:51rapides
19:53et ces fauteurs de troupes
19:55sont capables
19:56de se mettre en place
19:57assez rapidement.
19:58D'autant que,
19:58lorsque vous créez
19:59des violences urbaines
20:00sur un point de stupéfiant,
20:01vous le paralysez.
20:02Donc,
20:02on voit bien
20:03qu'il y a potentiellement
20:04une volonté
20:05de la part
20:05de ces trafiquants
20:06de dire,
20:07ok,
20:08là,
20:08pendant un ou deux jours,
20:09on y va
20:10et on montre notre force.
20:12Mohamed Meshmaj,
20:12vous êtes avec nous,
20:13vous êtes éducateur de rue
20:14et porte-parole
20:15d'asser le feu,
20:17président de la coordination
20:17pas sans nous.
20:19Merci d'être là.
20:19Est-ce que vous avez pu observer
20:20ce que nous décrivait Mathilde,
20:22ce rajeunissement
20:23mais aussi
20:24le fait
20:24qu'on puisse faire appel
20:26aussi à des sans-papiers,
20:28le fait aussi
20:28qu'on soit un peu,
20:29et c'est ce que nous disait
20:30Bruno Pommard
20:31qui était sur ce plateau,
20:32un peu nul
20:32en prévention.
20:35Oui,
20:35bonjour,
20:36merci en tout cas.
20:38Oui,
20:38mais le phénomène
20:38dont décrit
20:39votre journaliste
20:40ne date pas d'aujourd'hui.
20:42Je vais vous rappeler simplement
20:43qu'il y a,
20:44dans pas longtemps,
20:45on va arriver aux 20 ans
20:46après la mort
20:47de Ziyadiebouna
20:48Pénaloram
20:48qui a eu les révoltes sociales
20:50à Clichy-sous-Bois
20:51et que depuis 2005,
20:53on a énormément été
20:55sur des lois répressives
20:57qui n'ont aujourd'hui
20:57pas apporté
20:59tous les résultats
21:00qui devraient être
21:02et on n'a jamais connu
21:03autant de violence
21:03que ce qu'il y a aujourd'hui.
21:05C'est pas faute
21:06d'avoir alerté
21:07et prévenu à l'époque
21:07parce qu'on avait quand même
21:09énormément travaillé
21:10sur ces questions-là,
21:11de dire qu'on arrivait
21:12dans une ponte glissante
21:13et que notre jeunesse
21:14et une partie de la jeunesse
21:16va glisser justement
21:17dans ces formes de violence
21:19et dans la manière
21:21de s'organiser,
21:22notamment dans différents
21:24endroits de France,
21:25pas qu'aujourd'hui
21:26dans des quartiers
21:27qui étaient souvent ciblés
21:28comme quoi il y avait
21:29énormément de trafic de drogue,
21:31même les petites villes
21:32qui étaient censées être tranquilles
21:34sont aujourd'hui touchées
21:35par tous ces événements.
21:38Ce que je voudrais juste rappeler,
21:41c'est que, bien entendu,
21:42ce que disait M. Pomard
21:43avec qui on a énormément
21:45travaillé parce qu'on se connaît
21:45depuis trop longtemps,
21:47on travaille sur ces questions
21:48et sur ces territoires,
21:49c'est qu'il doit y avoir
21:51de la répression,
21:52personne ne le nie.
21:53D'ailleurs, j'étais moi-même
21:54et j'ai travaillé
21:56parce que le gouvernement
21:57m'a confié une mission
21:58sur tout ce qui concerne
21:59la participation des habitants
22:01dans les quartiers populaires.
22:03J'ai rendu un rapport
22:04il y a depuis un an et demi
22:06qui mettait en avant
22:08justement ces questions
22:09dont les familles
22:10ont dénoncé
22:11parce que les premières victimes
22:12ce sont aussi
22:13ces habitants
22:13qui vivent dans ces quartiers
22:14et cette jeunesse
22:15qui vit aussi dans ces quartiers
22:17qui n'est pas
22:17et ne sont pas tous
22:19bien entendu
22:20dans ces dispositifs
22:23mais malheureusement
22:23dans le trafic, bien sûr,
22:26heureusement
22:26et heureusement
22:27que celle-là
22:28essaie de tirer
22:29les autres vers le haut.
22:30Mais malheureusement,
22:31on a aussi
22:32effectivement
22:33des gens
22:34qui ont très bien compris
22:35ce système
22:36et souvent
22:37on a aussi des familles
22:38où il n'y a pas de fratrie
22:40ou des grands frères
22:41qui étaient présents
22:41pour pouvoir stopper
22:43donc il y a des personnes
22:45qui savent
22:45que des familles
22:46avec des jeunes enfants
22:47sont vulnérables
22:48et des fois
22:49sont même menacées
22:51par des plus grands
22:51et ils finissent par
22:53malheureusement
22:54et à leur plein gré
22:55ne pas travailler
22:58sur ces instances-là.
23:00Moi, je voudrais juste
23:01vous dire que...
23:01Mais Mohamed Meshmash,
23:03est-ce que vous,
23:04vous êtes pour
23:05ces sanctions
23:06c'est-à-dire
23:06ces peines courtes
23:07ces prisons intermédiaires
23:08est-ce que vous vous dites
23:09comme Bruno Promard
23:11il y a trop de laxisme
23:12en France ?
23:13Non, oui
23:14mais écoutez
23:14ce que je disais tout à l'heure
23:15quand il faut sanctionner
23:16il faut la sanctionner
23:17moi je parle aussi
23:18de travailler
23:18sur la prévention
23:19vous savez actuellement
23:20où je suis
23:20ça fait des années
23:21que je travaille
23:21sur un projet
23:22qui s'appelle Oxygen
23:23je pars avec des familles
23:25je travaille autour
23:27de la parentalité
23:28je fais partir des familles
23:30dans la globalité
23:31avec le père
23:32et les enfants
23:32je les sors un peu
23:34du quartier
23:34je fais des séjours
23:35de rupture
23:36et pendant ces séjours
23:37je suis accueilli
23:38dans un camping
23:38avec qui j'ai discuté
23:39avec le propriétaire du camping
23:41qui m'a accepté
23:42depuis le début
23:42et je travaille un peu
23:43sur ces questions
23:44de prévention
23:44et j'alerte un petit peu
23:46les familles
23:46les parents
23:47je sensibilise
23:48je travaille avec ces jeunes
23:49qui sont susceptibles
23:50peut-être demain
23:51de tomber
23:51ou de glisser
23:52et on essaie
23:53de travailler différemment
23:54donc il y a aussi
23:56la question de la prévention
23:57qui est importante
23:58et qu'il faut absolument
23:59qu'on reprenne
24:00et qu'on prenne compte
24:00de tout ça
24:01il y a aussi
24:01la question de la présence
24:03humaine
24:03sur les quartiers
24:04je trouve qu'aujourd'hui
24:06on est dans des coupes budgétaires
24:07le tissu associatif
24:08va être affaibli
24:09il y a énormément
24:10d'associations
24:11qui travaillent
24:12dans ces quartiers
24:13il faut de l'humain
24:15il faut qu'on continue
24:16justement
24:16à travailler
24:17la main dans la main
24:18je sais qu'il y a eu
24:20tout un dispositif
24:21sur la place Beauvau
24:22il y a eu
24:23des discussions
24:24mais malheureusement
24:25je trouve qu'il manquait
24:26des actrices
24:27et des acteurs
24:27le tissu associatif
24:29n'a pas été associé
24:30dans ces questions
24:30donc je veux dire
24:32on pourra continuer
24:33à redébattre
24:33de ces questions
24:34constamment
24:35c'est pas la première fois
24:36qu'il existe
24:37effectivement
24:37ce genre de guérilla
24:39avec les formes
24:40de guet-apens
24:41il y en a eu
24:41déjà auparavant
24:42c'est à un moment
24:43un autre
24:43quelle volonté
24:44on a honnêtement
24:46de pouvoir
24:47arriver
24:48à essayer
24:49d'arrêter
24:50cette hémorragie
24:50parce que
24:51franchement
24:53et honnêtement
24:54quand je vois
24:55et que j'ai eu
24:55la chance
24:56de rencontrer
24:56nombre de familles
24:57ou de jeunes
24:58lors du rapport
24:59que j'ai rendu
25:00croyez-moi
25:01qu'il y a de la souffrance
25:02chez ces habitants
25:03et notamment
25:04chez cette jeunesse
25:05Merci Mohamed Meshmash
25:06Patrice Stéphanini
25:07on n'a pas assez
25:08associé
25:09le tissu associatif
25:10a dit Mohamed Meshmash
25:11vous êtes d'accord
25:12avec ça ?
25:12on ne leur a pas assez
25:13donné la parole
25:13je voudrais rendre hommage
25:15à l'action
25:16de ces associations
25:17de terrain
25:17qui sont irremplaçables
25:20parce qu'il faut
25:21maintenir ce lien social
25:22notamment dans les quartiers
25:24qui malheureusement
25:25sont gangrénés
25:26mais c'est de plus en plus difficile
25:27c'est ce qu'ils nous disent aussi
25:28mais c'est de plus en plus difficile
25:29pour une raison
25:30que madame a très bien dite
25:32quand des jeunes
25:34quand des mineurs
25:35en faisant un travail
25:36de guetteur
25:37ou un travail de jobber
25:38gagnent en l'espace
25:40de deux journées
25:41l'équivalent du salaire
25:43de leurs parents
25:44sur un mois
25:45on a un sujet
25:47on a une vraie difficulté
25:48donc on a besoin
25:49de marcher sur deux jambes
25:51on a besoin
25:52de continuer
25:52cette action
25:54de prévention
25:55de la délinquance
25:56dans laquelle
25:57les associations
25:58jouent un rôle
25:58irremplaçable
26:00et je voudrais rappeler
26:01que les préfets
26:02tous les préfets
26:02de la république
26:03tous les mois
26:04préside des comités départementaux
26:07de prévention
26:07de la délinquance
26:08en associant
26:09tout le monde
26:10tout le tissu associatif
26:12toutes les forces vives
26:13les collectivités territoriales
26:14mais à côté de ça
26:15on a besoin
26:16d'une action résolue
26:18contre ce fléau
26:19qui menace maintenant
26:20la cohésion
26:21de la société française
26:23beaucoup plus gravement
26:24qu'il y a 15 ou 20 ans
26:25alors il se trouve
26:26que grâce à Bruno Retailleau
26:27grâce à Gérald Darmanin
26:29on a désormais
26:30un plan
26:31un plan de lutte
26:32contre le narcotrafic
26:33il faut le mettre en oeuvre
26:35avec beaucoup de détermination
26:36et c'est ce que nos concitoyens
26:38attendent
26:39et le procureur de la république
26:40était sur notre antenne
26:43le procureur de la république
26:43de Béziers
26:44et il disait
26:45il faut deux choses
26:45faire la lutte
26:46contre le narcotrafic
26:47une cause nationale
26:48il demandait ça
26:49et il demandait aussi
26:50autre chose
26:50c'est-à-dire qu'on puisse
26:52agir davantage
26:53sur le consommateur
26:53c'est-à-dire que là
26:54il y a des amendes
26:54mais visiblement
26:55parfois elles ne sont pas payées
26:56qu'on puisse aller davantage
26:57sanctionner le consommateur
26:59vous y êtes favorable
26:59certainement aussi ?
27:00Oui
27:00alors j'en profite
27:01pour rectifier une information
27:02qui a été donnée
27:03tout à l'heure sur BFM
27:04et qui n'était pas
27:05complètement exacte
27:07il s'agit des fameuses
27:08amendes forfaitaires
27:09délictuelles
27:10pour consommation
27:11de stupéfiants
27:12je crois que vous avez dit
27:14dans un reportage
27:15que le taux de recouvrement
27:16de ces amendes
27:17était de 15%
27:18en fait le taux de recouvrement
27:20des amendes forfaitaires
27:21délictuelles
27:23en matière de consommation
27:24de stupéfiants
27:25il est actuellement
27:25de 53%
27:27ça n'est pas assez
27:28on a encore des progrès
27:30à faire
27:30mais c'est beaucoup mieux
27:32que 15%
27:33oui naturellement
27:34il faut poursuivre
27:35dans cette voie
27:35et le ministère de l'Intérieur
27:37y est très déterminé
27:38donc vous dites cause nationale
27:39oui
27:40il faudrait la lutte
27:41contre le narcotrafic
27:41en faire une cause nationale
27:42le texte qui a été adopté
27:44grâce à Bruno Retailleau
27:45et grâce à Gérald Darmanin
27:48montre bien
27:49qu'au niveau
27:50des deux principaux
27:51ministères régaliens
27:52que sont le ministère
27:53de l'Intérieur
27:53et le ministère de la Justice
27:54la lutte contre le narcotrafic
27:56s'impose au tout premier rang
27:58des priorités
27:58c'est une grande cause nationale
28:00Pascal Lall était avec nous
28:03je le remercie
28:03ancien directeur central
28:04de la sécurité publique
28:05en France
28:05merci Mohamed Meshmach
28:06juste une dernière question
28:07vous êtes confiant
28:08on y arrivera avant 10-15 ans
28:09Bruno Pomar nous disait
28:11on n'y arrivera pas
28:12à régler tout ce narcotrafic
28:13en 10-15 ans
28:15et je lui citais
28:15l'exemple de ce laboratoire
28:17de méthamphétamine
28:17qui avait été démantelé
28:18dans le Var
28:19on était dans une ville
28:19de luxe
28:20c'était en mai dernier
28:21et je me posais cette question
28:22comment on en est arrivé là
28:23avoir un laboratoire
28:25dans une ville de luxe
28:26sur notre territoire
28:26c'est la pas du gain
28:30c'est la pas du gain
28:32qui corrompt tout
28:33et l'enjeu
28:35il est très clair
28:35c'est que
28:36les français ne veulent pas vivre au Mexique
28:38ils ne veulent pas vivre en Colombie
28:40ils veulent vivre en France
28:42dans le pays des honnêtes gens
28:44et ils attendent donc
28:45des pouvoirs publics
28:46et singulièrement
28:47du ministre de l'Intérieur
28:48et du garde des Sceaux
28:49une action résolue
28:50dans la lutte contre la drogue
28:52moi je ne suis
28:53ni optimiste
28:54ni pessimiste
28:55je fais confiance
28:56à la volonté des acteurs
28:57mais ça peut prendre 10-15 ans
28:58mais ce sera un combat permanent
29:01ce sera un combat permanent
29:03parce qu'encore une fois
29:04les sommes en cause
29:05l'appât du gain
29:06la facilité avec laquelle
29:09des jeunes
29:09qui n'ont pas une vision claire
29:12de ce que peut-être
29:13leur avenir
29:13dans la société française
29:15bascule
29:15progressivement
29:17dans le trafic de stupéfiants
29:18tout ça
29:19ce sera un combat permanent
29:21il est désormais
29:22clairement engagé
29:23ce qui a tardé
29:23ce qui a tardé
29:25c'est la prise de conscience
29:26de la société française
29:27sur le fait
29:28qu'elle était fragile
29:29qu'elle était vulnérable
29:31et on sait par l'exemple
29:33des Pays-Bas
29:34ou de la Belgique
29:35à quel point
29:37les phénomènes
29:38de pénétration
29:39dans la société civile
29:41de ces gangs
29:42de ces réseaux
29:43peuvent être
29:44extraordinairement dangereux
29:45Merci Patrick Stéphanini
29:46merci d'être venu
29:47sur le plateau
29:47de Newsbox ce soir
29:49merci à vous aussi
29:50Mathilde Gautry
29:51pour vos témoignages
29:52à cette mise en situation
29:54cette immersion
29:54dans ce monde là
29:55merci à vous
29:56merci à vous
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