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00:04Nous sommes dans un monde de récits, et quand je parle de récits, je ne parle pas seulement de storytelling
00:09cynique, mais d'histoire que l'on porte.
00:12La culture ouvre des possibles symboliques, et le symbolique est loin d'être anodin.
00:17Quand Angèle fait son clip révolutionnaire, balance-t-on quoi ?
00:21Quand Clara Luciani chante Courage ou Masseur, quand Justine Trier ou Julia Ducourneau reçoivent un César,
00:27quand Marine Alsop remplit la philharmonie, ou qu'une chef d'orchestre se trouve incarnée à l'écran par Cate
00:38Blanchett,
00:39ou quand une comédienne de plus de 50 ans devient l'héroïne d'une série, ou même une révélation d
00:44'une série,
00:45elles deviennent, à travers leur art, des rôles modèles, façonnent et influencent la société.
00:51Et donc, quand on touche des millions de personnes, on ne peut plus dire que ce n'est que de
00:53la culture,
00:54ce sont des récits qui structurent une époque, des générations, etc. Vous avez compris.
00:59Alexia Laroche-Doubert, puisque j'ai commencé un peu fort, je vais revenir avec vous.
01:05Vous dirigez aujourd'hui Banijay France.
01:07Vous venez donc, je l'ai dit, d'un univers très populaire.
01:10On va faire une toute petite parenthèse très courte là-dessus.
01:13Très exposée, vous êtes aujourd'hui à la tête de la première société de production de flux en France.
01:18Le flux, je le dis, c'est les émissions de télévision.
01:21Et je fais de la fiction aussi.
01:22Et de la fiction aussi.
01:25La télévision, est-ce que la télé de divertissement a un rôle à jouer dans ces récits-là ?
01:32Est-ce qu'elle peut être aussi un levier d'émancipation ?
01:35La télévision, elle rentre dans les salons.
01:38Elle rentre dans les chambres.
01:40Et elle rentre maintenant sur les téléphones portables.
01:43Donc évidemment, c'est un levier à la fois d'apprentissage, d'acculturation,
01:49de montrer des femmes puissantes.
01:51Et je pense que tous les programmes que j'ai produits sont soit souvent animés par des femmes.
01:57Par exemple, je pense à Elisabeth Quint qui fait le 28 minutes.
02:00On a beaucoup d'autres programmes, évidemment, Faustine Bollard sur Prodige.
02:06Et en fiction, nous, on met beaucoup en avant les femmes.
02:10Là, vous avez deux succès qui, coup sur coup,
02:13un avec Constance Labbé, Désenchanté, et l'autre avec Odile Villemin.
02:17Donc on met évidemment les femmes au cœur du dispositif créatif,
02:23mais souvent devant.
02:24Il faut être très clair.
02:26C'est-à-dire qu'il y a quelque chose qui est plutôt pas mal,
02:28c'est qu'on s'aperçoit, et ça serait intéressant sur le cinéma que vous me confirmiez ça,
02:33mais par exemple, Disney met beaucoup des femmes en avant.
02:36Nous, on met beaucoup, on a énormément de demandes de diffuseurs
02:39avec des femmes qui sont puissantes,
02:41qui souvent d'ailleurs sont leaders du storytelling.
02:45Donc j'ai même quelquefois l'impression que c'est les mecs qui sont en retrait.
02:49Donc ça, c'est ce qu'on met à voir.
02:51Et donc je pense que c'est très important pour tous les spectatrices qui nous regardent
02:55et toutes les jeunes filles qui nous regardent.
02:57Et même quand je fais Miss France, ça va faire voler tout le monde,
03:00je considère que le principe, c'est que ces femmes ont émis le choix de venir.
03:05Tout le monde sait maintenant ce que c'est, donc elles ne l'ont pas découvert.
03:08Et donc elles veulent vivre quelque chose.
03:10Et c'est une forme d'émancipation aussi de décider de vouloir s'exposer comme ça
03:14et de vivre ça.
03:16Le problème, il est plutôt derrière.
03:18Voilà.
03:19Vous voulez dire dans qui décide ?
03:22Qui décide, qui dirige, qui fait la ligne éditoriale,
03:27à l'exception de France Télévisions qui a une politique vraiment de parité extrêmement puissante
03:32où, par exemple, ils vous demandent d'avoir en général une scénariste femme,
03:35surtout quand il y a justement des rôles lead féminins,
03:38ou une réalisatrice, etc.
03:42Donc là, franchement, ils sont au cœur de cette demande-là.
03:45On a plus de problèmes avec d'autres diffuseurs.
03:50Et puis surtout, il y a peu de femmes dans les arcaines du pouvoir.
03:55On est très, très peu.
03:57J'ai eu la chance de côtoyer Bibiane Godefroy,
03:59qui était une femme incroyable.
04:02Mais elle a été remplacée par un homme.
04:05Moi, je pense que je suis la seule patronne d'un gros groupe.
04:07Les seules qui sont plutôt paritaires, c'est les Américains.
04:11Non, mais je le dis.
04:12C'est qu'à la tête de Disney, c'est une femme.
04:15À la tête de Netflix, c'est une femme.
04:17Donc il y a quand même...
04:20Eux nomment des femmes à des postes stratégiques.
04:23Oui, et pour autant, vous parliez de la représentation des femmes
04:25dans les séries.
04:29Mais c'est souvent...
04:30La question, c'est aussi la façon dont on représente les femmes.
04:32Là, je me tourne vers vous, Iris.
04:35Alexia a raison.
04:36Souvent, ce sont les personnes qui décident,
04:38qui donnent une coloration à ça.
04:41Comment...
04:42Vous vous dites souvent que la série est l'endroit
04:44qui peut être le plus progressiste.
04:46Pourquoi ?
04:47Alors, aux Etats-Unis, je préciserai.
04:50Je précise aussi qu'en France,
04:52il n'y a que 12% de femmes réalisatrices
04:55dans les séries télé et dans le...
04:57Musique, encore moins.
04:5917 ans.
05:00Donc...
05:00Là, ça s'aime.
05:03C'est vraiment...
05:04Il faut avoir ce chiffre en tête
05:05parce que souvent, en France,
05:06on est très fiers de nos réalisatrices femmes
05:08dans le monde du cinéma
05:09parce qu'on les voit beaucoup,
05:11au Festival de Cannes, recevoir des prix.
05:12Et c'est...
05:13Effectivement, on peut s'en réjouir.
05:15Mais il faut savoir qu'en fait,
05:16si on regarde les chiffres,
05:18vraiment depuis 10 ans,
05:19ça ne bouge absolument pas.
05:20Alors que dans toutes les écoles de cinéma en Europe,
05:23il y a 50% de femmes
05:24qui veulent devenir réalisatrices
05:25et qui ont leur diplôme.
05:27Donc ça veut vraiment dire que...
05:28Il y a une information, pardon,
05:29sur les budgets de plus de 15 millions...
05:31Exactement.
05:32Il n'y a pas de femmes.
05:33Donc c'est vraiment...
05:35Enfin, c'est pour ça qu'il faut penser aux représentations.
05:37Mais les représentations,
05:37elles sont très liées à la personne qui est derrière.
05:39Donc soit la chouronneuse dans les séries,
05:41soit la réalisatrice au cinéma
05:43qui va modifier ce qu'on va voir dans nos représentations.
05:48Et c'est vrai que je dis...
05:49Moi, j'ai écrit un premier livre
05:50qui s'appelle Sex and the Series
05:51que j'ai écrit pour la première édition en 2016
05:53où je disais que la révolution des personnages féminins
05:56se passait dans les séries et pas dans le cinéma.
05:58Pourquoi ?
05:59Parce que les séries étaient perçues à cette époque-là
06:02comme moins importantes que le cinéma.
06:04Donc il y avait plus de femmes chouronneuses.
06:06Et en fait, c'est vraiment une femme journaliste
06:08qui a aussi changé la donne aux Etats-Unis.
06:10Une femme qui s'appelle Maureen Ryan
06:11qui, à l'époque, travaillait pour un journal
06:13qui s'appelle Variety,
06:14qui avait décidé en 2015 de compter...
06:17Il faut toujours compter...
06:18De compter le nombre de femmes
06:20qui avaient réalisé des épisodes de séries aux Etats-Unis.
06:23Elle s'est rendue compte
06:24qu'il n'y avait aucune femme racisée,
06:26donc non-blanche,
06:27qui avait réalisé des épisodes
06:29dans la majorité des networks,
06:31sauf ABC,
06:32où il y a Shonda Rhimes,
06:33qui est une femme noire,
06:35qui a créé notamment Grey's Anatomy,
06:37où il y avait des femmes derrière et devant la caméra
06:40qui n'étaient pas non-blanches.
06:42Et ce qui est très intéressant,
06:43et j'adorerais que ça arrive en France,
06:45c'est que le pire élève,
06:47en fait, c'était une chaîne qui s'appelle FX,
06:49où il n'y avait que 5% de femmes réalisatrices.
06:51Et le président de FX, à ce moment-là,
06:54qui est John Landgrave,
06:55se dit, en un an,
06:56je passerai de 5% à 50%.
06:58Et il a réussi de passer de 5% à 50%.
07:02Donc le changement est possible.
07:04Et il dit que deux ans après,
07:06il n'a jamais reçu autant de Emmy Awards de sa vie.
07:09Donc, comme quoi, le changement a du bon.
07:11Et donc, la présence de femmes réalisatrices
07:14montre d'autres personnages féminins,
07:18d'autres façons de les dépeindre,
07:20et développe le temps de parole des femmes.
07:23Et vous parliez de Netflix,
07:26Alexia, en fait, par exemple,
07:28Netflix France ne donne pas
07:29le nombre de réalisatrices françaises
07:32qui réalisent leur...
07:33En fait, c'est un sujet qui n'est pas efficace.
07:36Netflix donne très peu de data, globalement.
07:38Donc, ils sont assez secrets.
07:40Non, je ne sais pas,
07:42parce que déjà, il faut quand même se le dire,
07:43les streamers ne produisent pas tant que ça.
07:46Il y a en moyenne 5-6 productions
07:49globales par streamer.
07:50Donc, ce n'est pas non plus énorme.
07:52C'est pour ça que les premiers
07:55on va dire clients des séries,
07:57c'est quand même le service public
07:58et puis après, les chaînes privées.
08:01Ce qui est difficile, c'est que...
08:03Alors, il y a des écoles,
08:05mais après, il y a toute une histoire
08:06de formation qui est complexe quand même.
08:08Et que c'est vrai que quand on a un gros projet,
08:11ça, je prends ma casquette de producteur,
08:12on a besoin d'être rassuré.
08:14Là, par exemple, j'ai une production
08:15avec France Télévisions
08:15et j'essaie de les convaincre
08:16de mettre une productrice de flux.
08:18Donc, le flux, c'est le divertissement.
08:20À la tête d'une production de fiction.
08:23Donc, ils sont plutôt...
08:24Enfin, eux, au moins,
08:25il n'y a pas de réticence.
08:26C'est-à-dire qu'ils étudient le CV
08:28et sa capacité à se transformer.
08:31Mais, voilà.
08:32Donc, c'est pour ça que je dis
08:33beaucoup de bien-être du service public,
08:34mais je le pense quand même.
08:35En revanche, ce qui est intéressant sur le flux,
08:37je parlais quand même des femmes
08:38qui sont à la tête de boîte.
08:40Un jour, je vais au ministère de la Culture
08:42où tout le monde donnait un peu
08:44son état de sa parité.
08:46Et tout le monde était hyper fier.
08:48Alors, toutes les boîtes,
08:49les diffuseurs, etc.
08:50Et moi, je leur ai dit, écoutez,
08:51comme toujours, je vais être triste,
08:53cire, mais j'ai fait un truc très simple.
08:56J'ai regardé le nombre de sociétés
08:58de production de flux.
08:59Il y en a 147.
09:00Et j'ai regardé le nombre de femmes
09:02à la tête des productions de flux.
09:03Il y en avait 6.
09:04Et je leur ai dit, voilà,
09:05on a encore un petit peu de boulot.
09:07Alors, le flux, le divertissement,
09:09c'est un monde qui n'est pas réglementé,
09:11qui n'est pas protégé.
09:12Donc, c'est un monde extrêmement violent, dur.
09:14Mais néanmoins, il y a très, très peu de femmes.
09:16Et dans les 6, il y avait 3 femmes
09:17qui étaient animatrices,
09:18qui donc ont réussi à obtenir,
09:21parce qu'aussi, elles se mettent à l'antenne,
09:23la possibilité de produire.
09:25Vous parliez du cinéma.
09:27C'est quelque chose qu'on constate aussi.
09:28En fait, est-ce que, finalement,
09:30aujourd'hui, l'incitation,
09:31c'est marrant parce que je ne pensais pas
09:33que le mot allait être autant prononcé
09:35dans la première partie,
09:35mais je l'ai entendu plein de fois,
09:37le mot quota.
09:39On se rend compte qu'il y a une limite
09:42de l'incitation.
09:43Et il y a quelque chose d'extrêmement concret,
09:46Iris, dont vous m'avez parlé,
09:48qui concerne le cinéma,
09:49c'est le bonus parité.
09:52Le bonus parité.
09:53C'est intéressant de voir comment
09:55il est ou non utilisé, enfin, plutôt.
09:58Est-ce que vous pouvez nous dire ce que c'est ?
09:59Oui, j'ai fait partie d'un collectif
10:01qui s'appelle 50-50,
10:02qui se bat pour l'égalité
10:04dans le milieu du cinéma.
10:05Et le 50-50 a créé, avec le CNC,
10:09un bonus parité.
10:10C'est-à-dire que si on est à parité
10:12sur les chefs de poste,
10:13on a plus d'argent pour son film.
10:15Et en fait, c'est vraiment hyper triste.
10:17C'est-à-dire que, oui,
10:18il y a des projets qui ont reçu ce bonus,
10:21mais on se rend compte
10:22que l'incitation à plus d'argent
10:24ne fonctionne absolument pas
10:26quand ce sont des hommes qui réalisent.
10:28Et que le bonus, en fait,
10:29va quasiment systématiquement
10:30à des femmes qui réalisent,
10:32qui ont le réflexe, en fait,
10:34de donner, justement,
10:35des postes de pouvoir à d'autres femmes.
10:37Et donc, c'est vrai que c'est...
10:38Et quand moi, je suis allée voir le CNC,
10:40parce que j'ai aussi écrit et réalisé une série,
10:42je leur ai demandé
10:43est-ce qu'on pourrait faire
10:44un bonus parité pour les séries ?
10:45Ils m'ont rionné en me disant
10:47revenez dans 15 ans.
10:48Donc, bon, peut-être que je reviendrai
10:49vraiment dans 15 ans
10:50parce que je ne lâche pas.
10:51Mais tout ça pour dire
10:52que c'est quand même...
10:53Même quand on a des outils,
10:56en fait, ce dont on se rend compte,
10:57c'est qu'il y a un manque d'empathie
11:00et il y a un manque de considération
11:01pour les expériences
11:03qui sont liées aux femmes et aux féminins.
11:05Et c'est ça qui est vraiment très triste.
11:06C'est-à-dire que quand on propose
11:09des oeuvres qui ont attrait aux femmes,
11:11attrait à leur vie,
11:12à leurs expériences,
11:13les personnes disent
11:15que ça n'est pas intéressant.
11:16Et en fait, c'est toute une chaîne
11:17dont on a beaucoup parlé
11:19de la petite enfance.
11:20Mais en fait, c'est extrêmement important
11:21que dès la petite enfance,
11:23les récits de femmes,
11:24les expériences de femmes,
11:25tout ça soit valorisé
11:27pour que les petits garçons
11:28et les petites filles
11:29trouvent ça intéressant.
11:31Et je pense que le cœur du problème,
11:33il est là,
11:33c'est qu'il y a un flagrant mépris
11:34du féminin dans notre société
11:36et qu'il faut qu'on le regarde en face.
11:38Vous voulez dire que la façon
11:39dont le féminin est montré
11:41est stéréotypée, en fait,
11:42la plupart du temps ?
11:42Mais au-delà,
11:43c'est-à-dire que le corps des femmes
11:45de manière générale,
11:46c'est-à-dire le corps biologique,
11:47voire des femmes qui sont ménopausées,
11:49voire des femmes qui sont enceintes,
11:50voire des femmes qui accouchent,
11:51le corps social,
11:52ça veut dire quoi d'être une femme
11:53dans l'espace public,
11:54de prendre la parole ?
11:55On a eu des super films autour de ça,
11:57que ce soit Saint-Omer
11:58ou que ce soit Anatomie d'une chute,
12:00ça change quelque chose
12:01quand on est une femme
12:04c'est-à-dire le corps de toutes les femmes.
12:07Quand on est femme,
12:08en fait, on ne va pas avoir
12:09la même expérience sociale
12:11que les hommes
12:12et donc réfléchir à ce que c'est
12:13que ce corps collectif.
12:14Donc, c'est toutes ces expériences-là
12:16qui, pour nous,
12:18paraissent intéressantes et quotidiennes
12:20et dès qu'on a de l'empathie
12:21pour d'autres femmes,
12:22doivent être valorisées.
12:24Mais quand on regarde
12:25l'histoire du cinéma
12:26et les récits qui y sont racontés,
12:28on voit qu'il y a en fait
12:29très peu de femmes.
12:30Et il y a ce test de Bechdel
12:32qui vient d'Alison Bechdel
12:33qui dit
12:33est-ce qu'un film
12:34a deux personnages féminins
12:35qui se parlent d'autre chose
12:36que d'un homme ?
12:37Si on regarde
12:38sur les 40 dernières années
12:40des blog posters,
12:41la moitié des films
12:42ne passent pas le test.
12:43Vous vous rendez compte ?
12:45C'est-à-dire qu'il n'y a même pas...
12:47Ça vient d'une BD
12:48qui s'appelle
12:48Des Gouines à suivre
12:49et dans la BD,
12:50les deux filles se parlent
12:51et l'une autre
12:52se dit
12:53le dernier film que j'ai vu
12:55c'était Alien.
12:56Donc moi,
12:57qu'est-ce que j'ai fait ?
12:58Je suis allée regarder Alien
12:59pour voir s'il passait vraiment le test
13:00et j'ai chronométré
13:0115 secondes de dialogue
13:02entre deux femmes
13:04qui se parlent effectivement
13:05pas d'hommes
13:05mais du vaisseau spatial
13:06dans lequel elles sont bloquées.
13:08Ça ne veut pas dire
13:08qu'un film est bon ou mauvais
13:10s'il a des femmes
13:10ou s'il n'a pas de femmes.
13:11C'est juste une prise de conscience
13:13pour se rendre compte
13:14que les femmes
13:14se parlent très peu entre elles
13:16d'autres choses
13:16que des hommes.
13:17Et j'en reviens à Virginia Woolf
13:18parce que c'est la première
13:19à avoir parlé de ça
13:20où elle dit
13:21dans Une chambre à soi
13:22j'ai besoin d'avoir
13:24des personnages féminins
13:25qui ne sont pas rivales
13:26qui se parlent
13:27les unes avec les autres
13:28où sont ces romans
13:29où sont ces oeuvres
13:31et même si on peut se dire
13:32qu'effectivement
13:33il y a un peu de progrès
13:34moi je ne suis pas d'accord
13:35100 ans plus tard
13:36c'est vraiment extrêmement pauvre
13:37et il faut se connaître
13:39les oeuvres
13:39et se les donner
13:41parce qu'elles sont aussi
13:42distribuées
13:42pas de la même manière.
13:43On n'a pas eu le temps
13:44mais Nathalie Azoulay
13:45pense comme vous
13:45qu'il y a des histoires
13:47qui sont portées
13:48notamment par le corps
13:49des femmes etc
13:50qui ne sont pas suffisamment
13:51racontées
13:52ni même portées
13:52par les femmes écrivains
13:53elles-mêmes
13:54qui doivent elles-mêmes
13:54penser que ça n'est pas intéressant.
13:57Et donc pour finir
13:58toutes les deux
13:58avant de passer à l'univers
14:00que j'appellerais musique
14:02je voudrais savoir
14:04parce qu'on est là aussi
14:04pour essayer
14:05d'améliorer les choses
14:07évidemment
14:07et que dans 100 ans
14:08on n'en soit pas là
14:09donc vous Alexia
14:11vous diriez que
14:11en gros
14:12à part faire comme vous
14:14c'est à dire
14:14quand on est à la tête
14:15d'une grosse boîte
14:17comme la vôtre
14:17nommer des femmes
14:18comme je pense à
14:19Catherine Alvarez
14:20que vous avez nommé
14:21à la tête de KM
14:23Florence Fayard
14:24à la tête de B-Production
14:25mettre en avant
14:26des héroïnes féminines
14:27qu'est-ce qu'on fait
14:28donc ça passe quoi
14:30par le quota
14:30quand on n'a pas
14:31quelqu'un comme vous
14:31dans les entreprises privées ?
14:33c'est très difficile
14:34l'histoire du quota
14:36parce qu'on se sent
14:36toujours humilié
14:37de se dire
14:37qu'on fait partie
14:38d'un quota
14:38mais à un moment
14:39je pense qu'il faut
14:40le mettre en place
14:41parce que si on ne le met
14:42pas en place
14:42de toute façon
14:43ils ne penseront pas
14:44eux-mêmes
14:44et donc en effet
14:46on essaie plein de formes
14:48d'incitation
14:48mais l'avantage du quota
14:49c'est simple
14:51c'est mathématique
14:52pour reprendre ça
14:53et donc je pense
14:54qu'il faut l'installer
14:55et tant pis
14:56il y a des mecs
14:57qui sont très mauvais
14:58qui sont adés au poste
14:59il y aura des filles
15:00qui sont très mauvaises
15:01qui seront adés au poste
15:02mais au moins
15:02elles auront accédé
15:03à des hauts postes
15:04et donc il y a un moment
15:05et ça fera
15:05ça permettra
15:07à des petites filles
15:08de dire
15:08je peux être patronne
15:09de ça, ça, ça, ça
15:10et voilà
15:11donc moi je milite
15:12pour des quotas
15:13mais c'est dur pour nous
15:16j'aimerais que les mecs
15:17disent
15:17oui il faut des quotas
15:18je trouve ça chiant
15:19qu'on soit obligé
15:20de défendre nous-mêmes
15:21l'obligation d'avoir des quotas
15:24merci beaucoup
15:25merci
15:25Natacha Kranz
15:26je me tourne vers vous
15:28et Olivier Monté
15:29on arrive
15:29mais on a 100 ans
15:30d'histoire à rattraper
15:31donc tout ça
15:34vous évoluez vous aussi
15:35dans un univers
15:35qui est originellement
15:37assez masculin
15:38mais il se trouve
15:39qu'en France
15:39les artistes
15:40vous le disiez
15:41il y a 17% de femmes
15:42qui sont inscrites
15:43à la SACEM
15:44et pourtant
15:44elles sont très visibles
15:45donc ça nous donne
15:45l'illusion que peut-être
15:46il n'y a pas de problème
15:47comment ça se passe
15:48on en est où dans la musique ?
15:50alors pour les artistes
15:52elles sont très rayonnantes
15:54donc à l'international
15:55comme en France
15:56donc elles sont moins nombreuses
15:57mais on les voit beaucoup
15:58et je pense qu'elles ont
16:00un discours assez engagé
16:01qui finalement les positionne
16:02ça leur donne un contenu
16:04au-delà de ce qu'elles proposent
16:06et ça je pense
16:08qu'on est dans cette époque
16:09où on a besoin
16:10de donner du sens
16:11et je pense qu'elles ont très très bien compris ça
16:13que ce soit pour la santé
16:15les femmes
16:16mais aussi l'écologie
16:18elles ont plein de choses à raconter
16:21après nous on n'est pas dans le BTP
16:22il y a autant de femmes que d'hommes
16:23mais effectivement
16:24comme un peu partout
16:25il n'y a pas beaucoup de femmes
16:26à des postes de pouvoir
16:27parce qu'on va se dire
16:28voilà pour argent
16:29c'est ça le sujet
16:30je pense qu'il y a une prise de conscience
16:32qui a été faite
16:32à peu près
16:33juste un petit peu avant MeToo
16:34d'ailleurs c'est pas pour ça
16:34c'est sûrement pour ça
16:36à dire que MeToo est arrivé
16:36c'est une espèce de truc
16:37qui est comme ça
16:38montait un peu en puissance
16:40et donc ça a été pris comme ça
16:41par toutes nos communautés
16:43c'est-à-dire que ce soit
16:43les autrices, les compositrices
16:45les entrepreneuses
16:46les salariés
16:47il y a donc des programmes
16:49qui se sont mis d'accompagnement
16:51vous avez créé ça vous en 2019 ?
16:53oui on l'a créé
16:54avec le SNEP
16:54avec le syndicat de la musique
16:56All Access Musique
16:57All Access
16:58et donc nous on est sur les salariés
17:01parce que les salariés
17:02on en a besoin
17:02et franchement
17:03qu'est-ce que ça donne
17:04c'est un programme de mentorat ?
17:06oui en fait
17:07il y a plein de manières
17:08d'aider les
17:09alors on est aussi beaucoup
17:10sur l'égalité des chances
17:11parce que ça va évidemment avec
17:12et en fait
17:14il y a plein de manières
17:15d'aborder le sujet
17:15mais nous on a fléché
17:16les jeunes femmes
17:17vraiment les femmes
17:18en première partie de carrière
17:19où elles sont justement
17:21en devenir
17:22toujours un peu une espèce
17:23de croiser des chemins
17:24entre mon perso
17:26le pro etc
17:26avec des angoisses un peu
17:28alors que nous on a besoin
17:29de championnes
17:29parce que
17:30alors elles font tous les métiers
17:32elles viennent de toutes les structures
17:33les grosses majeures
17:34les indés
17:35voilà
17:37les plateformes
17:37les éditeurs ça
17:39donc déjà
17:39elles sont très différentes
17:40on crée un réseau
17:41donc elles ne se seraient jamais rencontrées
17:42ça c'est quasiment sûr
17:43si on n'avait pas créé ça
17:44elles ont le même âge
17:45à peu près
17:46entre 25 et 32
17:47voilà
17:47et nous on les accompagne
17:52pour être vraiment
17:53comme des sportifs de haut niveau
17:55c'est à dire que le jour
17:55elles ont des opportunités de travail
17:57elles seront
17:58mais elles vont tout déboîter
17:59parce qu'on travaille sur
18:00les prises de parole
18:01sur le stress
18:03sur l'estime de soi
18:04sur l'inspiration
18:06voilà
18:06c'est vrai que réussir
18:08c'est pas un CV
18:08c'est vraiment
18:09toute une histoire
18:10et de voir qu'il n'y a pas
18:11un modèle de comportement
18:12pour réussir
18:13et que tout est bon
18:14et que ce qui compte
18:15c'est quand même les rencontres
18:16et les alliés
18:17les gens qui croient en nous
18:19et voilà
18:19c'est le sujet
18:22et ça marche très bien
18:23est-ce que vous
18:24je sais que vous n'avez pas envie
18:25de vous mettre en avant
18:25mais est-ce que vous
18:26vous avez eu besoin de ça
18:27est-ce que vous avez eu des femmes
18:29comme ça
18:29qui vous ont un peu
18:31fait la courte échelle
18:32oui
18:33plus des hommes
18:33je dois dire
18:35mais
18:36ils étaient plus nombreux
18:37non j'ai eu quand même
18:38quelques dragonnes
18:39qui m'ont bien fait chier
18:39donc honnêtement
18:41c'est assez mesuré
18:42mais
18:44en tout cas
18:45j'ai su reconnaître
18:45les femmes
18:46et les hommes
18:47qui voulaient m'aider
18:48qui m'ont éclairé
18:50qui m'ont boosté
18:50et ça change tout
18:52moi j'ai un point
18:53je vais l'attribuer
18:54à la personne qui me l'a dit
18:55c'est Sandrine Roustan
18:56qui est la patronne
18:57de la RTBF
18:58des programmes
18:59qui a dit
18:59il faut pardonner aux femmes
19:01et en fin de compte
19:02c'est vrai que nous ne pardonnons pas aux femmes
19:04je pense que ça a été
19:04extrêmement difficile
19:05d'accéder à certains postes de pouvoir
19:07et donc
19:08on est très dur
19:09on en a déjà parlé
19:11et je pense que c'est
19:12les hommes nous pardonnent plus
19:14bizarrement
19:14mais les femmes sont très dures
19:15et tu parles de dragon
19:16moi aussi j'ai eu des dragons
19:18des dragons
19:19enfin des femmes dragon
19:20et c'est quand même très surprenant ça
19:22voilà
19:22et je pense que c'est un point
19:24c'est un point
19:25où il faut que nous-mêmes
19:26on se dise
19:26mais
19:27ce qu'elle a fait
19:28est-ce que c'est si grave que ça
19:29est-ce que
19:30voilà
19:30elle ne peut pas apprendre
19:31quelque chose de ça
19:32etc etc
19:33il faut qu'on prenne tout le temps
19:35quand même encore
19:37oui mais
19:38ce que l'époque dit aujourd'hui
19:40c'est que
19:41d'abord je crois que c'est plus du tout
19:43à la mode d'être une dragon
19:45et c'est d'assumer son féminin
19:48c'est-à-dire que
19:48si on doit devenir un mec
19:49pour être quelqu'un d'important
19:51ça ne peut pas marcher
19:53en tout cas ça ne peut pas marcher longtemps
19:54et donc là je pense
19:56qu'on apprend tous
19:56à être un peu soi-même
19:57et c'est pour ça que c'est en train
19:59de prendre
20:00Olivier Manteilly
20:01c'est à vous
20:03vous êtes directeur général
20:04de la Philharmonie
20:05bon il faut imaginer
20:05ce que c'est la Philharmonie de Paris
20:07c'est une grosse machine
20:09c'est 450 levées de rideaux par an
20:12la représentation des femmes
20:13elle se mesure à plein d'endroits
20:15on va y venir
20:16mais déjà
20:16puisqu'on a la chance de vous avoir
20:17et que c'est vrai
20:18que la musique classique
20:19est quand même un milieu
20:20qu'on connait un peu moins
20:23est-ce que vous pouvez nous dire
20:24où on en est
20:25dans la musique classique
20:26est-ce qu'on est en retard
20:28aussi
20:29et pourquoi
20:31j'ai peut-être
20:31le plus mauvais chiffre
20:33de la journée
20:35alors c'est bien
20:36c'est
20:37si on prend
20:38les oeuvres musicales
20:40qui sont jouées
20:41actuellement en France
20:42toutes les oeuvres musicales
20:447% sont composées
20:46par les femmes
20:47c'est un très très mauvais chiffre
20:49alors qu'il faut
20:50qu'il faut après
20:51pondérer
20:52selon
20:53un certain nombre
20:54de données
20:55qu'on a
20:56qu'on va chercher
20:56qu'on récolte
20:58et au sein même
21:00de la Philharmonie
21:01on fait un travail
21:02très précis là-dessus
21:04là on le pondère
21:07nous
21:07si on prend
21:08les oeuvres musicales
21:10jouées à la Philharmonie
21:11on passe de 7%
21:13à 18%
21:14si on prend
21:15toute l'histoire
21:16de la musique
21:16donc
21:17on peut changer
21:19le cours de l'histoire
21:19mais on ne peut pas
21:20refaire l'histoire
21:21et donc
21:2318%
21:24dans ce cas-là
21:24c'est une amélioration
21:25mais là où on devient
21:27un peu plus vertueux
21:28c'est que si on prend
21:29les oeuvres contemporaines
21:30c'est-à-dire celles
21:31qui sont vraiment écrites
21:32en ce moment
21:32on est à 44%
21:34c'est-à-dire quasiment
21:36une parité
21:36à la Philharmonie
21:38pour ce qui est
21:38de la musique actuelle
21:40voilà
21:41donc ça c'est
21:42un long processus
21:43un long travail
21:44oui il y a un double
21:45d'après ce que j'ai compris
21:46il y a un double problème
21:47si j'ose dire
21:48c'est au niveau
21:48des compositrices
21:49et au niveau des chefs
21:50d'orchestre aussi
21:51la représentation
21:52des chefs d'orchestre
21:54il y a même
21:54plusieurs problèmes
21:55il y a les chefs d'orchestre
21:56il y a les interprètes
21:57c'est déjà deux choses
21:58différentes
21:58et il y a
22:00les directrices musicales
22:01des institutions françaises
22:03si on compte
22:04à peu près
22:05800
22:08institutions musicales
22:08orchestres
22:09dans le monde
22:10il y a des postes
22:10de directeurs
22:11et de directrices musicales
22:13alors là
22:14en effet
22:15en 2018
22:16je crois
22:17on est à 4%
22:18oui
22:18il y avait 32 femmes
22:20sur 778 orchestres
22:22dans le monde
22:22et on est passé
22:23alors c'est encore trop faible
22:25mais c'est une amélioration
22:26on est passé à 23%
22:27à peu près à 24%
22:28donc ça c'est des chiffres
22:30qui marquent une progression
22:31mais qui restent
22:32bien évidemment
22:33trop faibles
22:34mais c'est dû à quoi ça
22:36le fait qu'il n'y ait pas
22:37de chef d'orchestre
22:37c'est parce qu'en fait
22:38ce sont les
22:40les musiciens
22:40qui choisissent
22:43indépendamment
22:43du retard historique
22:44je dirais
22:45pourquoi aujourd'hui
22:46les orchestres
22:47sont extrêmement hiérarchisés
22:50ça a été une discipline
22:52totalement tenue
22:53par les hommes
22:54depuis toujours
22:55donc ce qu'on a commencé
22:56à faire nous
22:56à l'Orchestre de Paris
22:57puisque la Philharmonie
22:58c'est 450 levées de rideau
23:00mais c'est un musée
23:00des expositions
23:02des orchestres
23:04une maison d'édition
23:06etc
23:06donc il y a beaucoup
23:07d'activités autour
23:07de la musique
23:09ce qu'on a fait
23:10c'est qu'on a changé
23:11les modes de recrutement
23:12des musiciens
23:12on a créé des jurys
23:14paritaires
23:15ce qui bien sûr
23:17change les modes
23:18on a fait des recrutements
23:20à l'aveugle aussi
23:22ça change beaucoup de choses
23:24donc il n'y avait
23:25aucune soliste
23:27à l'Orchestre de Paris
23:27femmes
23:29et aujourd'hui
23:31on en compte 4
23:32ce qui est déjà
23:34une bonne progression
23:35mais surtout
23:37le lead est accordé
23:39au concertmeister
23:42traditionnellement
23:42donc au violon solo
23:43et on a recruté
23:44pour la première fois
23:44une femme à ce poste
23:45Sarah Namtanou
23:46oui en tant qu'établissement public
23:49vous avez des obligations
23:51de la tutelle
23:52en termes de parité
23:52mais vous
23:53quand vous êtes arrivé
23:54à la Philharmonie de Paris
23:55vous avez en plus créé
23:56votre propre poil à gratter
23:58si j'ose dire
23:58en mesurant
23:59vous avez créé
24:00un outil de mesure
24:01parce qu'on disait
24:01tout à l'heure
24:02compter, compter, etc
24:03c'est exactement ce que vous avez fait
24:04avec Sarah Connet
24:05qui est là-bas
24:06qui est discrète
24:07mais qui fait beaucoup
24:09qui est votre
24:11pardon
24:11j'ai oublié son titre
24:12exactement
24:12je vous laisse le dire
24:14il y a beaucoup de choses
24:15votre star
24:16voilà
24:16votre star
24:18en arrivant
24:18on a créé ensemble
24:19une direction RSE
24:21qui n'existait pas
24:23qui existe d'ailleurs
24:23très peu
24:24dans les établissements
24:25culturels
24:26c'est assez marrant
24:26c'est-à-dire que le RSE
24:27est une question importante
24:29dans la mesure
24:30où elle mobilise
24:31elle fédère du mécénat
24:32mais très peu d'institutions
24:35ont l'outil interne
24:38pour une autocritique
24:40en fait
24:40donc on a mis ça sur place
24:43immédiatement
24:44ce qui permet
24:44non pas de faire
24:46d'avoir des postures
24:47ou de faire des coups
24:49en fait
24:50mais qui permet
24:51d'avoir une vision
24:53dans chaque département
24:54constante
24:56pour influer
24:59des actions
25:00continues
25:01sur ces questions-là
25:02et dont bien sûr
25:04les questions paritaires
25:05et l'outil de mesure
25:06donc sur la programmation
25:08la place des femmes
25:08dans la programmation
25:09de la Philharmonie de Paris
25:10au départ
25:10la première année
25:11où vous l'avez mis en place
25:12c'était comment ?
25:13c'était dur ?
25:14c'était oui
25:17moins bien que maintenant
25:19progresser
25:19mais c'est long
25:20c'est très long
25:23sur les compositeurs
25:24et les compositrices
25:25j'explique
25:25on ne refait pas l'histoire
25:26donc si on prend
25:29le 19ème
25:29le 18ème
25:30le 17ème
25:31puisque le problème
25:31naît aussi
25:32de ce que la polyphonie
25:34est née dans des églises
25:35où les femmes
25:35n'étaient pas admises
25:37donc ça commençait mal
25:40et donc il y a toute une tradition
25:42une histoire
25:43qu'il faut inverser
25:46ce qu'on arrive à faire
25:47sur la musique contemporaine
25:49sur les interprètes
25:50c'est moins problématique
25:53même si
25:54il faut être très vigilant
25:55mais on foule les 40%
25:58le vrai sujet
25:59c'est les chefs
26:00oui
26:00c'est ce qu'on disait
26:02c'est les chefs
26:03donc là
26:04on a créé un concours
26:05la Maestra
26:07qui a pour vocation
26:09de disparaître
26:10le plus tôt possible
26:11oui c'est ça
26:12de disparaître
26:13quand la parité sera atteinte
26:14vous visez quoi
26:16comme objectif ?
26:17non mais
26:19c'est donc un concours
26:20qui a lieu tous les deux ans
26:22on a fait ça
26:22avec Claire Gibault
26:23le Paris Mozart Orchestra
26:26ça prend
26:28vraiment une dimension
26:29très importante
26:31il y a une académie
26:32on encadre
26:32on accompagne avant
26:33on accompagne après
26:34on va chercher
26:35les candidatures
26:38ça concerne
26:39les cinq continents
26:42on accompagne après
26:43c'est à dire
26:44qu'on fait en sorte
26:44qu'il y ait des débouchés
26:46qui changent un peu
26:47le paysage
26:49ça porte ses fruits
26:50mais on aura réussi
26:51quand il y aura
26:52un concours de chef
26:53et un seul concours
26:55de chef
26:55ou un concours
26:56de chef masculin
26:56oui c'est ça
26:57il y avait une femme chef
26:58au JO d'ailleurs
27:00comment ?
27:01c'était une femme chef
27:01oui oui
27:02qui a un résident
27:03chez nous aussi
27:04bon alors
27:04l'heure tourne
27:05donc je vais vous demander
27:06à chacun
27:08si vous deviez
27:08en un mot
27:09une formule
27:10résumer ce que
27:12ce que vous devriez faire
27:13alors que vous faites
27:14déjà beaucoup
27:14pour être meilleur
27:16dans le domaine
27:16de l'égalité
27:17de la parité
27:17dans vos domaines respectifs
27:19qu'est-ce que vous diriez ?
27:23moi j'écris
27:24vraiment beaucoup seule
27:25donc le conseil
27:26à moi-même
27:27je dirais
27:28de tenir
27:29voilà
27:30et de pas laisser
27:31la fatigue militante
27:33nous tuer toutes
27:34voilà
27:36moi je
27:37elle est quota
27:38je ne le respecte pas
27:40chez moi
27:41mais j'ai une parité
27:42en revanche
27:43bon il n'y a pas
27:44énormément de postes
27:45non plus
27:45non je dirais aux femmes
27:47ça va hurler
27:49je dirais aux femmes
27:50de choisir un compagnon
27:51ou une compagnonne
27:52qui accepte
27:53en fin de compte
27:54aussi à un moment
27:55de se mettre en retrait
27:56pour qu'elle
27:57puisse vivre pleinement
27:59sa vie professionnelle
28:00c'est quand même un sujet
28:02il ne faut pas se raconter
28:03de conneries
28:04c'est très difficile
28:05de tenir les deux
28:06moi mes enfants
28:07je ne les ai quasiment pas vus
28:08et quand j'ai été
28:10récompensée
28:11enfin récompensée
28:12je ne sais pas comment on dit ça
28:12mais par la Légion d'honneur
28:13j'ai remercié mes nounous
28:14donc je conseillerais aux femmes
28:18et voilà ça
28:19mais voilà
28:22sinon il y a le divorce
28:23et la garde partagée
28:24que moi je prône
28:25ouais mais alors
28:26la garde partagée
28:26j'ai eu ça
28:27mais le mec peut partir
28:28en disant
28:29tiens tu la reprends complètement
28:30donc voilà
28:32Natacha
28:33garde partagée
28:36non mais oui
28:38mais oui je pense
28:39qu'on fait un peu
28:40l'école du cirque
28:41dans nos métiers de culture
28:42et que c'est des métiers
28:43qui nous prend beaucoup
28:44le soir aussi
28:45et le week-end
28:46et qu'il faut arriver
28:48à créer un équilibre
28:49dans tout ça
28:50et en fait embarquer
28:51des jeunes femmes
28:51pour leur dire
28:52ouais c'est super
28:53tu vas y arriver
28:53c'est pas facile
28:54parce qu'on n'est pas toujours
28:55super crédibles
28:56mais en revanche
28:59voilà
29:00devenir qui on veut être
29:01ça en tout cas
29:02c'est notre rôle
29:03de les aider
29:04et ça va être super
29:05après c'est pas facile
29:06pour tout le monde
29:07mais en tout cas
29:08ça vaut le coup
29:10on va lâcher
29:11oui voilà
29:13intensifier
29:13intensifier
29:14tout ce qu'on a mis
29:16en oeuvre
29:17qu'est-ce que je pourrais faire
29:18d'autre
29:19laisser ma place
29:20à une femme
29:21non
29:22on a besoin des hommes
29:25merci
29:25merci
29:26merci beaucoup
29:26merci
29:27à tous les cas
29:28merci
29:30merci
29:31merci
29:34merci
29:36Merci.
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