- il y a 5 mois
Pour cet épisode estival de Chocs du monde, le magazine des crises et de la prospective de TVL, Edouard Chanot reçoit Jean-Robert Raviot, mais aussi trois chroniqueurs français de Russie : Xavier Moreau, Fabrice Sorlin et Alexis Tarrade.
La Russie a toujours regardé la France et sa culture avec admiration. La guerre en Ukraine marque un tournant, tant les incompréhensions mutuelles semblent devenues insurmontables. Cette relation pourra-t-elle être pacifiées ou les rancœurs sont-elles indépassables ?
La Russie a toujours regardé la France et sa culture avec admiration. La guerre en Ukraine marque un tournant, tant les incompréhensions mutuelles semblent devenues insurmontables. Cette relation pourra-t-elle être pacifiées ou les rancœurs sont-elles indépassables ?
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00:00Bonjour à tous et bienvenue dans Choc du Monde, le magazine des crises et de la prospective
00:26internationale de TVL dans Choc du Monde, mais dans son édition estivale, une édition qui vise à confronter les regards d'experts ici à Paris en France et là-bas à Moscou
00:36parce que cette confrontation d'idées nous paraît essentielle aujourd'hui entre Paris et Moscou parce que rien ne va plus depuis la guerre en Ukraine.
00:44Alors vous pourrez retrouver dans quelques instants Xavier Moreau, Fabrice Orlin et Thomas Rodriguez, mais je reçois ici à Paris Romain Bessonnet.
00:50Romain Bessonnet, bonjour. Bonjour. Je rappelle que vous êtes un spécialiste de l'espace post-soviétique, traduqueur des discours de Vladimir Poutine,
00:59le premier volume Poutine par lui-même, la conquête du pouvoir, ensuite le temps des réformes et enfin Russie et Ukraine, deux peuples frères.
01:06Vous avez essayé de comprendre Poutine tel qu'il se comprend lui-même et puis je disais que vous étiez un spécialiste de l'espace post-soviétique.
01:14Première question un peu personnelle, Romain Bessonnet, à quoi vous êtes-vous heurté en France pour expliquer la Russie ?
01:22Je me suis heurté en France en fait à beaucoup d'incompréhensions, notamment au fait que beaucoup, dès qu'ils parlent de la Russie,
01:32commencent à donner des leçons aux Russes sur la façon de diriger leur pays, de voter, de faire de la politique.
01:43Donc il y a une sorte de fossé culturel en fait entre les Russes et les Français et surtout plus que chez les Français dans l'élite française en fait.
01:54L'élite française adore donner des leçons aux Russes, elle adore donner des leçons au monde entier d'ailleurs, sans regarder qu'on a des problèmes à régler dans notre pays
02:08et qu'on ferait mieux de se concentrer là-dessus plutôt que de donner des leçons aux autres.
02:13Ensuite, les Russes nous aiment énormément, beaucoup plus, et les Français je pense, dans leur majorité aussi, aiment beaucoup les Russes.
02:24Je ne me suis jamais heurté à des gens qui me diraient que les Russes sont ceux-ci, sont ceux-là, c'est plus.
02:38Alors bien sûr, il y a toujours des stéréotypes, mais l'idée que le peuple russe serait un peuple mauvais n'est pas vraiment ancrée chez les Français.
02:51Les Français aiment beaucoup les Russes, aiment beaucoup la culture russe de prime abord, alors que les Russes adorent la culture française.
03:00La plupart des Russes ont un livre d'Alexandre Dumas, de Victor Hugo, dans leur bibliothèque.
03:07En matière de littérature étrangère, au collège et au lycée en Russie, la littérature française est très très bien servie.
03:16Mais les Russes n'ont-ils pas idéalisé la France, ce qui expliquerait en partie le nouveau désamour que l'on constate depuis, évidemment, la guerre en Ukraine et trois ans ?
03:25Alors, le désamour a commencé avant la guerre en Ukraine, en fait, c'est que quand les Russes ont commencé à voyager en France,
03:31ils ont vu une France qui n'était pas du tout celle qu'ils avaient rêvé dans leur lecture, dans les films qu'ils avaient vus avec Jean Marais ou Daufinès.
03:46Et donc, c'est là qu'ils sont des acteurs extrêmement populaires en Russie.
03:52Et en fait, ils ont vu que la France avait bien changé.
03:59Et notamment, ils sont en général choqués par ce qu'ils voient dans la rue, en fait.
04:05Surtout quand vous arrivez de l'aéroport, vous passez Porte de la Chapelle.
04:10C'est quand même pas un endroit où c'est la meilleure carte de visite de Paris.
04:17Donc, on va dire ça comme ça.
04:19Et donc, effectivement, il y a eu cette chose que, en France, déjà, on est en état d'insécurité.
04:27Et moi, le nombre de touristes russes que je connais qui se sont fait voler un portefeuille, dépouiller de tous leurs biens, etc., c'est assez impressionnant.
04:40Moi, j'ai été très copain à une époque avec le consul de Biélorussie en France qui me racontait des histoires.
04:50Voilà.
04:51Donc, le niveau d'insécurité en France est quelque chose maintenant qui commence à être très connu.
04:57Donc, et puis, alors qu'en comparaison, justement, en Russie, depuis les années 2000, donc depuis l'arrivée de Poutine au pouvoir, le niveau de sécurité a largement augmenté.
05:09Ça n'a même rien à voir.
05:12Donc, vous avez des gens qui vivent dans une sécurité presque optimale en Russie, qui arrivent dans un état d'insécurité digne de certaines banlieues brésiliennes.
05:24Donc, voilà, ça, c'est un choc, en fait, entre les deux pays.
05:29Et c'est ce qui fait que beaucoup de Russes, en fait, quand ils, après un séjour en France, reviennent et disent, ouais, bon, c'est pas comme je l'avais rêvé.
05:38Et puis, donc, ensuite, il y a le fait qu'effectivement, les Russes ne comprennent pas, en fait, pourquoi les Français ont pris à cœur le conflit en Ukraine.
05:49Ça, ils ne le comprennent pas.
05:51Voilà.
05:51J'ai beaucoup de mal à expliquer à des amis russes pourquoi, par exemple, vous avez des drapeaux ukrainiens sur la quasi-totalité des mairies en France.
06:01Ils me disent, mais qu'est-ce que ça a à voir avec vous, en fait ?
06:06C'est pas un territoire français, l'Ukraine.
06:08Enfin, c'est une brouille entre nous.
06:12Vous n'avez pas à vous en mêler.
06:13Donc, voilà.
06:15Ça aussi, ça fait partie de la grande incompréhension, en fait, qu'ils ont.
06:20Et enfin, oui, les Russes, justement, ils peuvent critiquer le régime.
06:28Ils trouvent toujours la façon de Vladimir Kuchin de les gouverner.
06:33Il y a plein de trucs qui ne vont pas en Russie.
06:35Mais personne ne vous dira que le conflit en Ukraine est complètement illégitime.
06:39Parce que beaucoup de gens l'ont vu arriver.
06:41et les gens vivent vraiment très mal la relation russo-ukrainienne depuis 2014, de toute façon.
06:50Donc, là-dessus, pareil, ils ne comprennent pas, en fait, pourquoi les Français s'occupent de ça.
07:01Parce que, franchement, pour la plupart des Russes, en fait, c'est une brouille de famille qui a mal tourné la guerre en Ukraine.
07:07Depuis le Maïdan, je comprends bien.
07:08Alors, la France, bon, dans ce contexte-là, accuse la Russie d'ingérence, comme on dit, de mener une guerre hybride, informationnelle.
07:15La Russie, elle, accuse l'Occident de vouloir infliger, donc, cette défaite stratégique à la Russie.
07:20Alors, d'une certaine manière, les deux arguments peuvent s'entendre.
07:24Le souci, c'est que ces deux initiatives, ces deux attaques, ces deux agressions s'attaquent à la culture que vous avez évoquée,
07:30qui semblent toujours la seule chose capable de permettre une relation franco-russe de long terme.
07:36Alors, parce qu'elle est menacée, est-ce fini de l'entente franco-russe ?
07:41Du point de vue politique, oui.
07:43Enfin, il faut être clair, l'entente franco-russe, qui est une entente politique sur le long terme,
07:50actuellement, en tout cas, elle est largement au congélateur.
07:57Ensuite, du point de vue de la relation culturelle, je pense que la plupart des Français,
08:02et même la plupart des Français dans les milieux culturels, ça fait la part des choses entre la culture russe
08:08et puis le régime russe, le président qui est au pouvoir à Moscou.
08:13Et donc, on n'a pas, en France, les réactions un peu hystériques qu'on peut avoir,
08:20notamment en Ukraine, où on déboulonne des statues de Pouchkine et ce genre de choses.
08:25Même si, on peut avoir parfois des petites mesquineries, qui d'ailleurs, en général, sont plus le fait.
08:31Des russes blancs, donc, de la première immigration...
08:38Des années 20 en France.
08:39Voilà, qui veulent jouer à être plus Français que les Français,
08:44ou même plus membres de l'élite que membres de l'élite,
08:47et qui, par exemple, décident de débaptiser le conservatoire russe Tchaïkovski
08:52pour le rebaptiser en conservatoire Tchaïkovski, parce que russe, déjà, c'est trop.
08:57Voilà. Mais ça, c'est vraiment... C'est un épiphénomène.
09:05Et puis, on voit aussi que...
09:10Par contre, il y a une sorte de désynchronisation entre la France et la Russie
09:14sur les sujets historiques.
09:16C'est-à-dire qu'en France, vous prenez les programmes d'histoire du secondaire,
09:22le front de l'Est est une sorte d'épiphénomène
09:27dans la grande libération par les États-Unis de l'Europe.
09:32Ça, les Russes le vivent très mal, par exemple.
09:35Voilà.
09:36On a laissé 25 millions de personnes sur le carreau.
09:38Ouais, 27 même.
09:40Donc, voilà.
09:41Quand on a eu 27 millions de morts,
09:42que ça a touché toutes les familles,
09:44et qu'ensuite, on vient leur faire la leçon,
09:49écoutez, voilà.
09:51On a laissé quand même, sur l'hôtel de la victoire,
09:54la plupart des populations.
09:57C'est quand même très difficile à entendre.
10:00Très difficile à entendre.
10:02Eh bien, essayons justement d'entendre les arguments russes.
10:05Rendez-vous maintenant à Moscou
10:07avec nos chroniqueurs Xavier Moreau,
10:10Alexis Tarade et Thomas Rodriguez.
10:12Allo, Moscou, ici Paris.
10:14À vous, les micros.
10:15Bonjour, Édouard.
10:16Bonjour, Paris.
10:17Ici, Moscou.
10:18Les résistants parlent aux patriotes.
10:21Dans cet épisode, on va vous parler de la France,
10:23des Français expatriés en Russie.
10:26Eh bien, que sont-ils venus faire ?
10:28On va en parler justement avec trois expatriés,
10:31moi-même déjà,
10:32et Xavier Moreau, 25 ans de Russie,
10:34et Tomassovitch, 25 ans tout court.
10:37Un peu moins de Russie, du coup.
10:38Et un peu moins de Russie.
10:39Alors, justement, on va commencer par toi, Tomassovitch.
10:42Qu'est-ce qui motive un jeune à venir aujourd'hui vivre en Russie ?
10:49Beaucoup de choses, pour être honnête.
10:51Parce qu'il faut…
10:52Moi, comment je l'ai vu ?
10:53Je suis arrivé il y a quatre ans.
10:56Je devais arriver un peu plus avant,
10:57mais à cause du Covid, ça a été complètement bloqué.
11:00En fait, dès que, par contre, les portes se sont ouvertes,
11:02j'ai pris l'avion le plus rapidement possible
11:04pour arriver à la civilisation, comme j'aime bien le dire.
11:06Mais après, voilà, c'est qu'il y a eu beaucoup de valeurs,
11:08en particulier, qui sont très différentes.
11:11Et aussi, un avenir en France que je ne voyais pas.
11:14Alors que pour autant, je suis arrivé,
11:15beaucoup, comme l'on dit ici,
11:16pendant la pire période en Russie, post-Covid,
11:19le début de l'opération militaire spéciale.
11:21Pour un étranger, pour venir ici à ce moment-là,
11:24c'est extrêmement difficile.
11:25Il faut absolument parler russe, ce qui est tout à fait normal.
11:27Mais les périodes précédentes, c'était plus compliqué.
11:30Mais pour autant, avec toutes ces difficultés
11:32que j'ai pu voir en arrivant,
11:36en fait, je me sentais beaucoup mieux qu'en France.
11:38Et le peu de voyages que j'ai fait retour,
11:40à chaque fois, m'ont fait dire naturellement
11:43à ma famille, en mode, tu peux revenir à la maison.
11:47J'ai dit, mais la maison est ici,
11:49donc en parlant de la Russie.
11:50Parce que voilà, je me sens beaucoup plus à l'aise ici.
11:53La population est très différente.
11:56Et je pense que les mentalités sont tellement...
11:59On a inversé les valeurs en France,
12:01alors qu'ici, les valeurs sont normales.
12:03C'est plutôt même une normalité,
12:04alors que pour autant,
12:05quand on écoute les Français parler des valeurs russes,
12:08c'est presque devenu anormal,
12:11tellement que, comment dirais-je,
12:14tellement que les valeurs ont été perdues en France.
12:16C'est-à-dire qu'un parent 1, un parent 2,
12:19c'est presque devenu une banalité en France,
12:21alors qu'ici, on est sur...
12:22Ça n'existe pas.
12:23Ça n'existe pas.
12:25Un parent 1, un parent 2, ça s'appelle un père et une mère.
12:28Exactement.
12:29Et en plus, au niveau économique,
12:31en France, je ne voyais aucun avenir.
12:34Je sais très bien que, par exemple,
12:35en France, je n'allais jamais avoir de retraite.
12:37Donc, pourquoi cotiser pour un État qui fonctionne tout,
12:41alors que je pourrais vivre dans un pays qui...
12:43Déjà, parce que j'adore la Russie, il faut le dire,
12:45je me suis extrêmement intéressé à ce pays depuis très longtemps,
12:48depuis mes 14 ans à peu près,
12:50donc une bonne dizaine d'années.
12:51Et ici, je me voyais un avenir personnel,
12:56aussi économique, vis-à-vis du travail.
12:59Et en termes de valeurs, j'étais bien plus chez moi,
13:02alors que pour autant, je sais très bien
13:03que je ne serais jamais bilingue, jamais russe complètement,
13:06parce qu'on a toujours des différences.
13:07Mais je me sens bien ici,
13:10contrairement, malheureusement, à la France,
13:12le pays d'où je viens.
13:13Eh bien, on va en parler dans cette émission,
13:15justement, on va parler du volant économique.
13:17On va parler forcément de la question sociétale,
13:20comment la Russie, aujourd'hui,
13:22se structure par rapport à la France.
13:25Xavier Moreau, 25 ans de Russie, un peu plus,
13:28même maintenant.
13:30Est-ce que toi, tu te sens russe ?
13:32C'est la première question que je pourrais te poser.
13:33Ou est-ce que tu es encore un Français en Russie ?
13:37Non, je suis un Français en Russie.
13:38Je suis fier d'être citoyen russe.
13:41Comme je l'avais dit, si j'avais été mobilisé,
13:43mais je suis un peu vieux pour l'être,
13:45j'aurais fait mon devoir.
13:46Mais non, je suis Français.
13:48Je suis même un pur produit du système français.
13:51Je suis passé par la Sorbonne et par Saint-Cyr,
13:53donc il n'y a pas plus Français du point de vue du cursus.
13:57Ça, c'est une première chose.
13:59La différence, c'est que moi, je ne suis pas arrivé en Russie
14:02parce que je fuyais à la France.
14:05Parce que la France que j'ai quittée en 2000,
14:08c'était une France prospère,
14:10malgré...
14:10Parce qu'il faut quand même du temps pour détruire la France.
14:14Ça a pris 50 ans à la gauche française.
14:16Elle a fini par y arriver.
14:18Mais au début des années 2000,
14:20en 2000, c'est encore un pays prospère, exemplaire.
14:24D'ailleurs, à l'époque, les entreprises françaises ont...
14:27Moi, je suis arrivé...
14:28En plus, je travaillais pour Renault, on peut le dire, à l'époque.
14:31Les entreprises françaises avaient pignon sur rue.
14:34Elles étaient estimées.
14:35Oui, elles avaient accrocs.
14:36Donc moi, je n'étais pas du tout dans une des marres.
14:39Simplement, j'ai toujours été fasciné par la Russie,
14:41par la littérature russe, par l'histoire de la Russie.
14:46Également, toute une...
14:47Comment dirais-je ?
14:48Toute une approche, oui, historique, politique.
14:51C'était vraiment le pays qui me faisait rêver.
14:55C'est pour ça que j'y suis allé.
14:56Et je n'ai pas été déçu.
14:57Et même la Russie que j'ai connue il y a 25 ans,
15:00qui était loin d'être celle d'aujourd'hui.
15:02Moscou était une ville beaucoup moins pratique qu'elle est aujourd'hui.
15:06J'ai tout de suite été fasciné par la puissance que dégageait cette ville.
15:09Et puis, il y avait Poutine.
15:10Et Poutine n'est pas rien dans le fait que je sois resté en Russie.
15:14Je me suis bien rendu compte que ce personnage-là
15:16allait rentrer dans l'histoire,
15:18comme il l'est d'ailleurs rentré finalement.
15:20Donc, non, je suis français.
15:23Je suis un français de Russie.
15:24Mais je suis resté français dans ma manière de penser.
15:30Vraiment, je suis français.
15:32Poutine, grand réformateur de la Russie,
15:35on peut le dire très clairement.
15:36C'est quoi aujourd'hui les grandes différences ?
15:39Notamment, on va parler...
15:40On parlera d'économie après,
15:41mais on va parler d'abord de la famille,
15:44des valeurs du quotidien pour les foyers en Russie.
15:48C'est quoi la grande différence avec la France ?
15:50Tout est fait pour la famille.
15:53La France, tout est fait pour l'individu.
15:56En Russie, on considère que la famille est la cellule de base de la société
16:00et que c'est autour d'elle que tout doit s'organiser.
16:07Et ce qui est intéressant aussi, c'est que non seulement c'est la doctrine de l'État,
16:12mais il y a même, vous voyez ça, au sein des entreprises.
16:15Il y a des entreprises, par exemple, qui versent une prime pour les naissances de leurs employés.
16:21Donc, on est dans une configuration complètement à l'inverse.
16:24Par exemple, en Occident, on recommande à un haut potentiel féminin de ne pas avoir d'enfants
16:29pour qu'ils continuent à pousser des wagonnets dans la mine.
16:31Et en Russie, c'est l'inverse.
16:34Une société peut très bien donner, au contraire.
16:36Donc, la mentalité est largement en train d'évoluer par rapport à ça.
16:41Et effectivement, je pense qu'en France, on est au bout d'un cycle qui a démarré avec la lumière, je pense.
16:51C'est-à-dire qu'il prétendait affranchir l'homme de tout ce qui le retenait, en fait.
16:58Donc, ça a d'abord été Dieu, ensuite la patrie, ensuite la famille.
17:02Et là, finalement, c'est sa détermination sexuée.
17:05Et puis, finalement, la possibilité, quand il ne sert plus à rien, de le tuer, en fait.
17:10Et donc, en fait, je pense qu'on est à la fin d'un cycle, en fait, d'un cycle d'une certaine modernité.
17:18Alors qu'en Russie, on est plutôt en train de revenir à, finalement, ce qui a fait la société russe pré-révolutionnaire.
17:26Et aussi, pour les raisons que j'évoque souvent, c'est-à-dire que l'histoire a apporté des nécessités,
17:35comme par exemple les pertes liées à la révolution bolchevique d'abord, au purge ensuite,
17:40et ensuite, à la seconde guerre patriotique, a aussi forcé les soviétiques à être, comment dire, plus...
17:51à soutenir la famille.
17:54Parce qu'il fallait bien des soldats, des ouvriers, etc.
17:57Donc, en fait, encore une fois, les valeurs du communisme ont préservé, paradoxalement,
18:03ont préservé les peuples de l'Est de l'Europe de la révolution sexuelle grotesque,
18:08mais mortifère, qui a dominé en Europe à partir...
18:12En fait, aux États-Unis dès les années 50, les rapports King-Sess et les années 50,
18:16et après qui s'est répandu en Europe.
18:19On voit très bien dans un film que je cite assez souvent,
18:22Les Tricheurs, de Marcel Carnet, on voit...
18:25C'est 1958, donc c'est dix ans avant mai 68.
18:28Donc, en fait, dès les années 50, la société française est morte,
18:32parce que, ça aussi, c'est un aspect qu'on pourrait évoquer,
18:34parce que si on a perdu la guerre, quoi qu'on dise, en 1940, on a perdu la guerre,
18:38c'est une humiliation monstrueuse, plus après la collaboration,
18:43et bien, en fait, les guerres des colonisations, etc.,
18:48etc., tout ça a profondément blessé la société française.
18:52Et derrière, il y a toute une légitimité gauchiste,
18:56notamment des gens comme Sartre, Bernard-Henri Lévy,
18:59qui ont profité pour en rajouter, pour vraiment nous empêcher de redresser la tête.
19:04Et en Russie, on n'a pas ça, parce qu'eux, ils ont gagné la guerre.
19:08Et donc, en fait, la grande guerre patriotique,
19:10dont finalement l'opération militaire spéciale est une...
19:16Comment dirais-je ? Un renouvellement d'un sacrifice, en fait.
19:19C'est presque religieux.
19:20Et bien, quelque chose qui soude la société russe.
19:23Et ça, effectivement, c'est ce que nous, nous n'avons pas en France.
19:26C'est-à-dire que, finalement, tout le monde se retrouve sur cette victoire.
19:29Et personne ne peut aller contre ça.
19:31Il y a eu des tentatives, notamment au début des années 2000,
19:33d'essayer de faire culpabiliser les Russes sur les crimes du communisme,
19:37dont d'ailleurs, les Russes, à l'origine, le bolchevisme, c'est un mouvement anti-russe.
19:41Ce sont les minorités de l'Empire qui se soulèvent contre la Russie.
19:44Mais on a essayé de tout leur mettre sur le dos, etc.
19:48Mais ça n'a pas marché.
19:49Et notamment, c'est pour cela que le sacrifice des 27 millions de Russes
19:54pendant la Seconde Guerre mondiale, non seulement a permis de gagner la guerre,
19:58ce qui est quand même important,
19:59mais en plus, il a consolidé, et il consolidera encore pendant longtemps,
20:04la société russe autour d'une victoire commune.
20:07– Alors, on dit souvent, la Russie d'aujourd'hui, c'est la France d'il y a 50 ans.
20:13Alors, même si tu as raison, Xavier, finalement, ce n'est pas il y a 50 ans,
20:16c'était il y a plus longtemps que ça.
20:19Qu'est-ce que ça fait d'avoir 25 ans dans une Russie de la France d'il y a 50 ans,
20:24avec des valeurs ?
20:26On voit Moscou et Saint-Pétersbourg et plein d'autres villes millionnaires,
20:31quand on dit millionnaire, c'est en nombre d'habitants,
20:33sont extrêmement jeunes.
20:34Il y a un dynamisme incroyable dans ces villes.
20:38Les jeunes font beaucoup de sport,
20:40on ne fume pas tant que ça par rapport aux critères occidentaux.
20:44On ne boit pas beaucoup.
20:45Et d'ailleurs, même, on a vu des statistiques
20:47qui montraient que la moyenne par habitant était moindre
20:52en termes de consommation d'alcool qu'en France, par exemple.
20:55Donc, on a un retour un petit peu pour les jeunes
20:58au sport, au bien-être, au corps.
21:02On parlait de la famille, structurer un foyer avec des enfants, etc.
21:08Le retour de l'orthodoxie, on en a déjà parlé dans d'autres émissions.
21:12Est-ce qu'on est un jeune vieux quand on vient en Russie ?
21:16Ou est-ce qu'on est un jeune qui vit dans son temps ?
21:19Je pense qu'il vit dans la normalité.
21:22C'est plutôt dans ce sens-là.
21:23Et je vais juste rajouter par rapport à la jeunesse,
21:25parce que la jeunesse russe, je la côtoie au quotidien.
21:28Je rajouterai un point qui est aussi, comment dirais-je,
21:34un traumatisme, des traumatismes familiaux.
21:37C'est-à-dire que l'alcoolisme, les drogues,
21:39il y a aussi en l'occurrence, en particulier des années 90,
21:41et tout, comment dire, le manque de valeur qu'il y a eu pendant cette période-là
21:47a traumatisé indirectement via les enfants, donc ma génération,
21:52toutes ces personnes-là.
21:54Et en Russie, c'est au moins la moitié, à peu près, des jeunes ne boivent rien.
22:00Rien du tout.
22:01Et quand je suis en France, il faut toujours boire un coup tout le temps,
22:04lever le verre, un petit toast, etc.
22:05C'est plus ou moins le stéréotype qu'on a d'ailleurs des Russes,
22:08qui boivent de la vodka pour rien du tout.
22:10J'ai beaucoup moins bu personnellement en Russie, très loin, qu'en France.
22:16Et ça, c'est surtout extrêmement flagrant vis-à-vis de ça.
22:19Certains ne boivent même pas pour une fête, pour un nouvel an, ou quoi que ce soit.
22:23Et c'est surtout à travers l'alcool, comme tu as bien évoqué,
22:27qu'on a une grosse différence.
22:30Et aussi au niveau des valeurs.
22:31Moi, c'est une des parties pour lesquelles je suis parti de France, pour la Russie.
22:37C'est que les jeunes de ma génération, en Russie,
22:41en fait, si tu n'es pas pour la Russie, c'est que tu as un problème.
22:44Alors qu'en France, si tu es pour la France, il y a un problème.
22:46Quel que soit, on est d'accord, quelles que soient les religions,
22:49puisque le Lémière Poutine, là...
22:50Et les points de vue politiques.
22:51Même les pro-Navalny qu'il y a dans ma génération, qui s'atténuent.
22:56Je vais venir juste après ça.
22:58L'opération militaire spéciale, il y a pour beaucoup.
22:59Mais même eux sont quand même pro-Russes.
23:03Ils sont pour leur patrie, ils sont pour leur ethnie.
23:04Alors, c'est vrai que Vladimir Poutine l'a dit avec clarté.
23:07La Russie, c'est un pays multi-religieux, multi-confessionnel.
23:12Tout le monde vit.
23:13Finalement, le fameux vivre-ensemble que l'on voulait imposer à la France
23:16et qui n'a jamais réussi, il existe ici, en Russie.
23:20Il faut dire que les minorités religieuses ou ethniques
23:23ne sont pas déracinées.
23:25Le Tchétchène, il vient de Tchétchénie.
23:27La Tchétchénie est un sujet de la Fédération de Russie.
23:30Le Tatar, il vient du Tatarstan.
23:31Donc, vous n'avez pas ces masses de migrants
23:35qui ont traversé la Méditerranée
23:38avec une promesse de prospérité
23:40qui, finalement, est déçue,
23:41puisqu'ils n'ont qu'un avenir en France.
23:43Et donc, ils viennent s'agglutiner sur des zones,
23:46déjà,
23:47beaucoup de populations d'origine immigrée.
23:51Et donc, ça, en plus, enlève toute chance d'intégration
23:54puisqu'il y en a trop, tout simplement.
23:57Et donc, ils sont déracinés.
23:58Et en plus, ils passent dans un système médiatique et scolaire
24:01où on leur apprend à haïr le pays qui les accueille
24:04en disant que, finalement,
24:05alors que, normalement, quand vous arrivez dans un pays,
24:07« Moi, je suis un migrant en Russie.
24:09Je suis infiniment reconnaissant.
24:11Et je ferai tout pour remercier ce pays qui m'a accueilli,
24:13qui, en plus, m'a donné ma femme, mes enfants,
24:16ma prospérité, etc. »
24:17Je suis infini de reconnaissance vis-à-vis de la Russie.
24:21Et je vois le comportement des migrants en France,
24:25alors qu'ils reçoivent beaucoup en venant.
24:26Et puis, d'ailleurs, s'ils viennent en France,
24:27c'est que c'est mieux en France que chez eux, malgré tout.
24:29Enfin, en tout cas, ils le pensaient.
24:30Et là, qui sont d'une agressivité vis-à-vis de nous
24:32parce qu'on a le discours gauchiste qui leur explique
24:35« Oui, non, mais vous ne devez rien aux Français
24:37parce qu'en fait, c'est des descendants des colons, en gros. »
24:41Et c'est un lieu d'être ici.
24:43Voilà.
24:43Et donc, en fait, vous venez réclamer ce qui vous est dû.
24:47Donc, un discours complètement cinglé,
24:49surtout que les Français,
24:50ils n'ont jamais voulu de la colonisation.
24:51Comme je l'avais écrit dans mon livre sur la gauche française,
24:53c'est une lubie gauchiste,
24:55enfin, de la gauche de l'époque,
24:56de Jules Ferry et de Gambetta,
24:58et puis de quelques commerçants qui voulaient gagner de l'argent.
25:01Mais l'État français s'y est ruiné.
25:04L'armée française a désappris à se battre
25:06en allant faire des guerres coloniales faciles.
25:08Et dès qu'on se trouvait face à l'armée allemande,
25:10alors ce n'était plus du tout la même chanson.
25:11Donc, en fait, c'était une véritable catastrophe.
25:14Mais on explique à ces immigrés
25:17qui, en plus, sont déracinés.
25:19En plus, on n'a rien à leur proposer.
25:21C'est-à-dire culturel, vous n'avez rien.
25:23La star dans les médias,
25:25c'est le rappeur, c'est le footballeur.
25:27Et donc, évidemment, ça ne vous grandit pas.
25:31Il n'y a pas d'idée qui vous grandit.
25:32Dès qu'il y a moyen de rappeler
25:34qu'il y a eu la collaboration,
25:36il y a des fêtes de 40,
25:37les guerres coloniales,
25:37ça, on y a le droit en permanence.
25:41On évite de parler des sujets de gloire,
25:44comme la Première Guerre mondiale.
25:45C'est comme nous qui l'avons gagné.
25:47C'est la France qui a fini l'effort principal.
25:48On a terminé la Première Guerre mondiale
25:50avec une guerre d'avance sur l'Allemagne.
25:53Et donc, en fait,
25:53on a tout ce qui pourrait être source de fierté,
25:56y compris notre histoire millénaire,
25:58est niée.
25:59Parce qu'en plus,
26:00on a d'ailleurs aussi l'idéologie gauchiste.
26:01C'est-à-dire qu'en fait, finalement,
26:03l'histoire de France commence
26:04dans le meilleur des camps en 1789
26:05et dans le pire des camps en 1868.
26:08Donc, en fait, on n'en propose rien.
26:11Et c'est vrai qu'en plus,
26:12depuis 1789,
26:13on a surtout perdu des guerres.
26:15On a gagné une, la première.
26:16Mais sinon, c'est une suite d'invasion,
26:18de défaites, d'humiliation.
26:19Mais quand on fait remonter notre histoire
26:21à 1500 ans,
26:23c'est quand même...
26:25On a des moments de gloire
26:26dans notre histoire
26:27qui nous permettent d'espérer
26:30qu'on y retournera, en fait.
26:32Et même, d'ailleurs,
26:32dans l'histoire récente,
26:35le décollage économique
26:37sous le début de la 4e République
26:40et sous le général de Gaulle,
26:42la France qui innove
26:44dans le domaine du nucléaire civil,
26:46militaire,
26:47l'aérospatial,
26:48l'aviation, etc.
26:50Il y a des milliers de raisons
26:52d'être fiers d'être français.
26:54Et au moins...
26:55Mais ça, on n'a pas le droit
26:56d'en parler.
26:57Ce qui fait que, finalement,
26:58en fait, on est...
27:00Un citoyen russe
27:02a une histoire.
27:03Un citoyen français
27:04n'en a quasiment plus.
27:05Ça, c'est intéressant.
27:07Xavier en parlait.
27:08Il parlait de l'intégration
27:09qui est, semble-tout, logique
27:11quand on s'expatrie dans un pays.
27:14C'est quoi, aujourd'hui,
27:15l'intégration qui est demandée
27:17administrativement
27:18ou même moralement
27:19par les russes ?
27:21Déjà, il n'y a pas de CAF.
27:23Il n'y a pas de RSA.
27:24Donc, vous n'allez pas être aidé
27:25si vous venez en Russie.
27:26Et ça, c'est quelque chose
27:27d'extrêmement important.
27:28Donc, il faut travailler.
27:29Il faut travailler.
27:29Il n'y a pas le choix.
27:30C'est un petit peu à l'américaine.
27:31Bon, il y a des aides sociales,
27:32comme on dit,
27:33marche ou crève.
27:34Bon, il y a des aides.
27:36On a le droit...
27:36On a accès à la santé.
27:39On a accès quand même
27:40à l'éducation gratuitement.
27:42Même pour un touriste, par ailleurs.
27:44La messie est gratuite, en Russie.
27:46Oui, mais voilà.
27:46Et puis, qui est qualitative
27:47en plus de CAF.
27:48Oui, tout à fait.
27:48Il n'y a pas de différence
27:49entre les Russes et les étrangers.
27:52Mais hormis CAF,
27:54l'intégration, c'est quoi ?
27:55C'est se débrouiller
27:56et créer par soi-même quelque chose.
27:57Et les Russes ne vont pas demander
27:59de renier complètement son origine,
28:02son histoire.
28:03Et c'est pour CAF,
28:04quand Xavier, tu dis
28:05que tu es un Français en Russie,
28:06moi aussi, je ressens la même chose.
28:07C'est-à-dire qu'il faut être fier
28:09en même temps de ses origines,
28:10mais ne pas pousser en disant
28:11ce que je suis,
28:14c'est beaucoup mieux ce que vous êtes
28:15et je vais vous apprendre
28:16à vivre normalement.
28:18Les Russes, dans tous les cas,
28:19ne vont jamais accepter ça
28:20et vont remettre totalement à la place.
28:23C'est-à-dire, voilà,
28:24tu es un étranger en Russie,
28:26on est très fiers de t'avoir.
28:28D'ailleurs, il n'y a aucun racisme
28:29anti-français, par ailleurs.
28:30Les Russes font vraiment
28:31la distinction entre le gouvernement
28:34Macron et la population.
28:35Ils ont toujours fait ça, d'ailleurs.
28:37Le président Poutine, d'ailleurs,
28:38l'a dit, très clairement.
28:39Il a dit qu'on a beaucoup
28:40d'amis en France.
28:41Il différencie véritablement
28:42les Français, effectivement,
28:44du gouvernement.
28:44Et d'ailleurs, juste par rapport
28:45à la migration,
28:46il y a eu le décret 702
28:48sur le visa idéologique,
28:49qu'on appelle ça comme ça,
28:50qui a été mis en place
28:51l'année dernière
28:52et qui vise justement
28:53tous les pays
28:54avec un gouvernement,
28:57on va dire, LGBT.
28:58C'est plus ou moins
28:59sans valeur traditionnelle,
29:00parce que c'est comme ça
29:01qu'il est appelé,
29:01le visa à valeur traditionnelle,
29:03et qui vise tous les pays
29:04type France,
29:05enfin tout l'Occident.
29:06Et ce n'est pas l'Union européenne,
29:08par ailleurs,
29:09ils ont enlevé la Hongrie,
29:10par exemple,
29:11de la liste,
29:12mais surtout ces pays-là
29:13pour faire venir
29:14les personnes
29:14qui sont là
29:15pour des valeurs idéologiques,
29:17des raisons idéologiques.
29:18Alors, moi, j'ai une petite question.
29:19Il y a beaucoup...
29:20Nous sommes beaucoup critiqués,
29:22nous trois,
29:23en tant qu'expatrients en Russie,
29:24on nous dit souvent
29:25oui, mais vous êtes loin,
29:27oui, mais vous avez abandonné
29:28la France.
29:28Justement,
29:29qu'est-ce que vous répondriez
29:31à ceux qui vous disent
29:32que vous avez abandonné
29:33la France ?
29:34Alors, au fond de moi,
29:35je ne l'ai absolument pas abandonné,
29:36je reste toujours français,
29:37je serai toujours français,
29:39russifié, certes,
29:40dans certaines choses,
29:41mais voilà,
29:42je resterai français.
29:45La fuite, en fait,
29:46moi, je pense que Xavier
29:48aura un avis
29:48totalement différent
29:49parce que, voilà,
29:50moi, je vois chez les jeunes
29:52en France
29:53que, en fait,
29:54les valeurs sont très différentes,
29:55même dans les secteurs,
29:57on va dire,
29:57de droite conservatrice,
29:59même les catholiques,
30:01où l'Union européenne
30:02reste quelque chose
30:03d'extrêmement important,
30:04quand j'évoquais en France,
30:05quand je n'étais pas encore
30:06arrivé en Russie,
30:07le fait que l'Union européenne
30:08est peut-être un problème,
30:10on me regardait
30:11en me disant,
30:12quoi,
30:12tu veux sortir
30:13de l'Union européenne ?
30:15Tu veux revenir aux francs ?
30:17Aux écus,
30:17tant qu'on y est.
30:18Et Schengen aussi,
30:19voilà,
30:19les valeurs de l'Union européenne
30:21nous ont été inculquées
30:22et forcées.
30:23En fait,
30:24c'est une banalité
30:25d'une normalité.
30:26Donc,
30:27on ne peut pas remettre
30:27ça en question
30:28et pour moi,
30:29en fait,
30:30fuir,
30:31ok,
30:33mais c'est se battre
30:34surtout pour qui ?
30:35Parce que les personnes,
30:35en fait,
30:36je trouve qu'en France,
30:37en particulier
30:37les nouvelles générations,
30:38ne veulent pas forcément
30:40sortir des problèmes
30:42qu'on a,
30:42en l'occurrence,
30:43l'Union européenne
30:43pour ma part,
30:44je trouve.
30:45Xavier,
30:45toi,
30:46tu as abandonné la France
30:47ou tu restes ?
30:48Non,
30:48pas du tout.
30:50La question,
30:52encore une fois,
30:52moi,
30:52je suis venu,
30:53la France était prospère,
30:54je me suis marié ici
30:55en 2007,
30:57donc la France
30:58était encore prospère
30:59à cette époque.
31:00On était un peu sur le déclin,
31:01mais ça allait encore.
31:02Et moi,
31:03la priorité,
31:03c'est les enfants.
31:04Donc,
31:04je veux faire grandir
31:05mes enfants
31:06dans le meilleur endroit
31:07qu'ils puissent être.
31:08Or,
31:08le meilleur endroit
31:09pour moi aujourd'hui,
31:10pour eux,
31:11c'est Moscou.
31:12pour la sécurité
31:13notamment de tes enfants ?
31:14Pour la sécurité,
31:15le niveau scolaire,
31:16les perspectives,
31:18etc.
31:18Il n'y a même pas,
31:20comme disent les jeunes,
31:20il n'y a même pas photo.
31:21Donc ça,
31:22c'est une première chose.
31:22Est-ce que j'ai abandonné
31:23la France ?
31:23Pas du tout.
31:25Quand il y a eu
31:26la manifestation
31:26des Gilets jaunes,
31:27je faisais des allers-retours
31:28le week-end
31:28pour participer aux actes.
31:30J'essaie d'ailleurs précisément
31:31de revenir en France
31:32de temps en temps.
31:33Alors, évidemment,
31:33moi,
31:33je suis surtout orienté
31:34sur la politique russe,
31:36mais j'ai publié un livre,
31:38le livre noir
31:39de la gauche française
31:39où je désigne l'ennemi,
31:41pour paraphraser Carl Schmitt.
31:43Voilà,
31:44donc je désigne l'ennemi
31:45de la France
31:45et je sais que ce livre
31:47a un impact certain.
31:50Et donc,
31:51si je vois
31:53qu'il y a quelque chose
31:53à faire,
31:54je reviendrai.
31:55Il n'y a absolument
31:56aucun doute là-dessus.
31:59Je pense que,
32:00pour l'instant,
32:00je vois une autre génération
32:02de Français,
32:02au contraire.
32:03Il y a eu le PNRJ de Chartres
32:04il n'y a pas très longtemps,
32:05où on a vu,
32:07je crois,
32:0736 000 essentiellement
32:08jeunes Français
32:09qui faisaient cette marche.
32:11Donc,
32:11il y a encore des gens
32:12qui y croient,
32:12qui se battent.
32:13De ce que me disent
32:14mes amis,
32:14notamment les jeunes
32:15offiés qui font Saint-Cyr,
32:17en veulent toujours autant
32:17et même sont plus,
32:20sont même plus
32:21parce qu'en fait,
32:22ils jettent un regard
32:22sur ma génération,
32:24par exemple.
32:25On a profité de tout
32:26et on a,
32:28et finalement,
32:29eux,
32:29on leur laisse à eux
32:30une armée
32:30qui est dans un état
32:34de déliquescence avancée.
32:36Donc,
32:36je pense qu'il faut
32:38attendre
32:39le défaut sur la dette
32:43et que ça va
32:44rebattre les cartes.
32:45Alors,
32:45justement,
32:45tu me fais une transition
32:46toute trouvée.
32:48La France,
32:49vue de Russie
32:50par ses expatriés français,
32:53on est quasiment
32:53au terme
32:54des deux ans
32:55du mandat de Macron.
32:56Est-ce qu'il y a encore
32:56un espoir ?
32:57Tu parlais de ces fameux jeunes,
32:5936 000 jeunes
32:59qui ont pris
33:00le chemin.
33:02Est-ce qu'il y a quand même
33:02un espoir dans la population française ?
33:05Oui,
33:05je pense que de toute manière,
33:07on est une grande nation
33:07avec une histoire
33:08très ancienne.
33:09On a 1500 ans d'histoire.
33:11Je pense qu'on traverse
33:12une crise
33:12comme on n'en a jamais eu.
33:14Mais on a eu aussi
33:15également des crises très graves.
33:16L'occupation,
33:17la défaite de 40,
33:19la défaite de 70 aussi.
33:22Puis,
33:22on peut remonter
33:23même plus loin.
33:23Le roi de Bourges,
33:25il y a des moments
33:25où...
33:26Donc,
33:27voilà,
33:27ce qui est
33:28totalement
33:29nouveau,
33:30c'est que le fond
33:31ethnique
33:33de notre pays
33:33a changé.
33:35Donc là,
33:35est-ce que la France
33:36y survivra ?
33:36C'est un peu la question
33:38parce que...
33:39Même,
33:39je suis catholique,
33:40donc je pense que
33:41tous les hommes
33:42ont été créés
33:42à l'image de Dieu.
33:44Mais la race
33:45joue un rôle
33:45dans l'identité.
33:46est-ce que
33:48le fait que
33:50désormais
33:50la France
33:51est un pays
33:51multi-ethnique
33:52permettra de tenir ?
33:54Pour l'instant,
33:55ça ne marche pas.
33:56C'est une catastrophe.
33:57Donc,
33:58est-ce que
33:58ce multiculturalisme
34:00ne va pas venir
34:01à bout de notre nation
34:02et que la France
34:02va finalement
34:03finir éparpillée,
34:04perdre sa structure,
34:05ne sera plus une nation ?
34:07J'espère que non.
34:08Mais,
34:08ce qui est clair,
34:09c'est que...
34:10Moi,
34:11je crois que oui.
34:12j'ai la foi,
34:13je pense qu'il y a
34:13un plus dans...
34:14Et économiquement ?
34:15Économiquement,
34:16là,
34:16il faut passer par...
34:17On va passer de toute manière
34:18par un défaut sur la dette.
34:20Et à partir de là,
34:21tout va être battu.
34:22C'est un peu,
34:22paradoxalement,
34:23c'est ce qui a aussi
34:24permis à Poutine
34:25de faire des réformes
34:26qu'on pourrait copier,
34:27en fait.
34:27La flat tax,
34:28il y a des tas de choses
34:28que Poutine a fait en 2000,
34:30mais qui ont été possibles
34:31parce que de toute manière,
34:32plus rien n'était payé,
34:33plus rien ne fonctionnait
34:34parce qu'il y avait eu
34:35le jeudi noir
34:35en 1998.
34:37Et je pense qu'aujourd'hui,
34:42il faut que tout le monde
34:43fasse un effort,
34:44les travailleurs,
34:45les retraités,
34:45ceux qui ne fichent rien,
34:47etc.
34:48Et on va s'en sortir
34:48et ce sera pour nos enfants.
34:49Donc il faut avoir des enfants
34:50pour qu'ils ne pourraient
34:51être intéressés par...
34:51Mais ça va être très dur.
34:52Vous allez travailler dur
34:53et gagner moins.
34:54En gros, c'est ça.
34:55Ce discours,
34:56à côté,
34:56vous aurez Marine Le Pen
34:58qui vient de dire
34:59que l'Union européenne
35:00est une structure marchande,
35:04alors qu'elle ne produit plus rien,
35:05elle n'a plus rien à vendre,
35:06et ultra-libérale,
35:07alors qu'il y a une série de normes
35:09qui empêchent le business,
35:11qui empêchent...
35:12Je rappelle l'URSS,
35:13vous aurez d'un autre côté
35:15Jean-Luc Mélenchon
35:16qui va dire
35:17qu'il faut prendre
35:17l'argent des riches,
35:18parce qu'il n'a pas compris
35:19que c'était lui
35:19qui était riche.
35:21Vous avez...
35:22Et puis vous avez Macron
35:23qui dira à peu près
35:23la même chose.
35:25Ils vont vous dire n'importe quoi.
35:26Donc le discours
35:27de demander
35:27de faire un effort général,
35:29etc.,
35:29ne peut pas passer.
35:31Donc le seul moyen
35:32de réformer,
35:33c'est après le défaut
35:35sur la dette.
35:35Et il est inévitable.
35:37Il y aura un défaut
35:38sur la dette
35:38et je pense que ça pourra,
35:40même ceux ici
35:41ne le veulent pas,
35:41ça pourra provoquer.
35:43L'avantage de la France,
35:44c'est qu'étant donné son poids
35:44dans la zone euro,
35:46ce n'est pas la Grèce.
35:47Si la France tombe,
35:48il n'y a plus de zone euro.
35:49Et je pense que le reste...
35:50Les deux promesses
35:51de l'Union européenne,
35:52c'était la prospérité
35:52et la paix.
35:53C'est la pauvreté
35:55et la guerre.
35:56Et en plus,
35:56on a peur la guerre.
35:57Et donc,
35:57d'ailleurs,
35:58la victoire russe...
35:59Les Russes se battent
35:59aussi pour nous,
36:00en fait.
36:00Les Russes se battent
36:01pour les peuples d'Europe,
36:02puisque on pourra espérer
36:04que la défaite militaire
36:05aura des conséquences politiques.
36:11de la renaissance du phénix,
36:13en fait,
36:14de la France.
36:14Oui, oui, je pense.
36:15De redresseraient ses cendres.
36:17On sera surpris.
36:18Je me souviens,
36:19les Russes voyaient
36:20tout d'un coup,
36:21avec l'arrivée de Poutine,
36:21à quel point, finalement,
36:22on se prend 7% de croissance
36:23par an.
36:24Ce n'est pas si compliqué.
36:26Les Russes se sous-estimaient,
36:27se sont sous-estimés
36:28pendant longtemps.
36:29Plus maintenant.
36:30Mais dans les années...
36:31Moi, je leur expliquais.
36:32Mais non, regardez,
36:32vous avez quand même
36:33des fondamentaux.
36:34Vous avez ça,
36:35vous avez...
36:35Etc.
36:36Mais ils étaient...
36:38Et en fait,
36:38les choses allaient beaucoup mieux
36:39qu'ils ne le voyaient.
36:40Alors, tu en as parlé
36:41dans un épisode précédent
36:42où tu nous parlais
36:43notamment d'avis de Moscou.
36:45Sobianine,
36:46le maire de Moscou,
36:47avait licencié à son arrivée
36:4895% de la population.
36:51C'est à peu près le doge...
36:52Les employés.
36:52C'est à peu près le doge
36:54qu'il faudrait faire en France.
36:56Un doge qui avait été,
36:57notamment,
36:58qui avait été mis
36:59sur la table
37:00par Eric Ciotti,
37:02qui était venu d'ailleurs,
37:03c'était très bien
37:04en termes d'image,
37:04il était venu
37:05avec une tronçonneuse.
37:06C'est Millet,
37:07c'est Millet en Argentine.
37:08Oui, exactement.
37:09Il y avait fait un mix
37:09entre Elon Musk et Millet.
37:12C'était totalement...
37:13Mais d'ailleurs,
37:15ce qui est intéressant,
37:15c'est que...
37:16Pardon de vous interrompre.
37:18Ce qui est intéressant,
37:19c'est que...
37:21Pour l'instant,
37:22le doge,
37:22ça a échoué aux États-Unis.
37:24Oui.
37:24Parce qu'en fait,
37:25et c'est pour ça que je pense
37:26que démarrer des réformes
37:27avant la...
37:29En fait,
37:29il n'y a qu'un seul pays
37:30réellement
37:31qui a su se réformer
37:32en partant
37:33d'un système socialiste
37:34ou un État tout puissant.
37:36C'est un peu...
37:37Parce qu'en fait,
37:37quand on regarde aux États-Unis,
37:38c'est un peu à ça
37:38que ça ressemble.
37:39Un État qui met de la dette
37:40en permanence
37:40pour se financer.
37:42C'est la Chine.
37:43La manière dont la Chine,
37:45c'est extraordinaire,
37:46ce peuple est extraordinaire,
37:48c'est Deng Xiaoping,
37:481979,
37:49fait le constat
37:50que le socialisme,
37:51ça ne marche pas.
37:52Au moment où nous,
37:52on vote Mitterrand, en fait.
37:53Et donc,
37:54il faut réformer.
37:55Et les soviétiques
37:57font le même constat,
37:58c'est l'époque d'Andropov,
37:59que ça ne marche pas.
38:00Mais les soviétiques
38:01sont incapables de se réformer.
38:02Et ça aboutit
38:02à la chute de l'Union soviétique.
38:04Mais la Chine,
38:08petit à petit,
38:09la Chine est devenue
38:10ce qu'elle est aujourd'hui,
38:11la première puissance économique mondiale,
38:12avec un pays entreprenant,
38:15innovant,
38:16enfin, c'est extraordinaire.
38:17Mais c'est un cas unique.
38:19Et je pense que c'est le génie
38:20du peuple chinois.
38:22Finalement,
38:22quand on regarde,
38:24l'URSS n'a pas pu se réformer.
38:26Millet a pu démarrer des réformes
38:28parce que c'était
38:28la catastrophe économique.
38:30Et je pense que les États-Unis
38:31pourront peut-être se réformer.
38:33Mais d'abord,
38:33il faudra finalement
38:34toucher vraiment le fond.
38:36J'ai bien peur
38:37que c'est ce qui les attend
38:37ou bien peur.
38:38Et il y aura sans doute
38:40des opportunités extraordinaires.
38:42Je pense qu'une fois
38:44qu'on aura touché le fond,
38:45la France peut devenir
38:45un pays...
38:46Là, on pourra faire
38:48la flat tax,
38:49on pourra libérer
38:50les entrepreneurs.
38:51Il va y avoir.
38:52Il y aura une énorme anarchie.
38:53Il y aura une crise sociale
38:54très grave.
38:54Il y aura des émeutes,
38:55des pillages dans les magasins.
38:56Parce que notre population,
38:58c'est pas le français.
38:59Déjà, les Français,
39:00naturellement,
39:00on le sent chaud.
39:02Mais en plus,
39:03on a des populations
39:04immigrées
39:04qui sont habituées
39:08maintenant
39:09à vivre de l'État.
39:11Et tout d'un coup,
39:11ils vont se retrouver
39:12sans rien.
39:12Mais pas que des immigrés,
39:13d'ailleurs.
39:14Ils vont se retrouver.
39:15Et là,
39:15l'émeute,
39:16pillage, etc.
39:17Mais il y aura aussi
39:19des opportunités
39:20comme il y a eu en Russie.
39:24Il y a toujours,
39:24d'ailleurs, en Russie.
39:26Non, non.
39:28Encore une fois,
39:29il va se passer quelque chose
39:31et ce sera intéressant.
39:32Et ça donnera peut-être
39:33envie de revenir en France.
39:35Ah, à voir.
39:36Alors justement,
39:36dans ces hypothèses,
39:38est-ce que Marine Le Pen,
39:39est-ce que Bardella,
39:40est-ce que les Républicains,
39:41l'UPR,
39:41les Patriotes,
39:42est-ce qu'il y a de quoi
39:44redresser à France
39:45politiquement ?
39:47Pour moi, non.
39:48Alors, pourquoi je dis ça ?
39:49Parce qu'en fait,
39:49quand on prend,
39:50ne serait-ce que les partis
39:50qui sont présents
39:51à l'Assemblée nationale,
39:52déjà,
39:53ce qu'on va appeler
39:54les partis classiques,
39:57on l'a bien vu au Covid
39:58et au moment de la guerre
40:00en Ukraine,
40:01qu'en fait,
40:01c'est un parti unique,
40:03tout le monde est pareil,
40:04il n'y a quasiment
40:04pas de différence réelle,
40:06hormis sur certains sujets
40:07et encore,
40:07c'est très léger.
40:08Donc, eux,
40:09on voit bien,
40:10c'est mon avis,
40:11qu'en fait,
40:12dans tous les cas,
40:12ils ne vont jamais pouvoir
40:13relever quelque chose
40:14parce que la France,
40:15du moins,
40:16parce qu'il y a
40:17l'Union européenne
40:18qui est derrière,
40:18parce qu'il y a
40:19les autres partis
40:19qui vont leur mettre
40:20des bâtons dans les roues
40:20et il n'y a aucune motivation
40:23de perdre son aura politique
40:27individuellement.
40:28Et les autres partis,
40:30par exemple,
40:30les Patriotes ou le PR,
40:33en fait,
40:33ils sont tellement petits,
40:35il faudrait qu'ils fusionnent
40:36pour qu'il y ait un parti
40:38qui pourrait éventuellement fonctionner
40:39et là, éventuellement,
40:40je pense qu'il y aurait
40:41une possibilité réellement
40:43de pouvoir faire quelque chose,
40:44mais comme je l'ai dit,
40:45les autres partis,
40:46au-dessus,
40:46dans tous les cas,
40:47vont leur mettre des bâtons
40:48dans les roues
40:48et pour moi,
40:49comme l'a dit Xavier,
40:50je suis un peu moins optimiste
40:51de manière générale
40:52que Xavier,
40:53mais il faut qu'on arrive
40:54complètement à l'effondrement total.
40:56Mais est-ce que les Français
40:57sont prêts ?
40:57qui veulent l'effondrement
40:58pour le redressement ?
40:59Mais exactement.
41:00Moi, ce n'est pas
41:00que je veux l'effondrement,
41:01je dis que c'est inéluctable
41:03et que ce sera peut-être
41:06le point final
41:07ou alors ce sera une occasion
41:09de rebondir
41:10comme la Russie a su le faire.
41:12Parce que les Russes,
41:12ils ont l'habitude,
41:13il y a toujours eu des problèmes,
41:15ils ont toujours été isolés,
41:16ils ont toujours eu des sanctions,
41:17ils ont toujours eu des crises.
41:19Tous les 10 ans,
41:19grosso modo,
41:20depuis la chute de l'URSS,
41:22il y a toujours un problème économique
41:23assez important
41:24ou un problème géopolitique.
41:26Les Français,
41:26ils n'ont pas l'habitude de ça.
41:27Ce n'est pas la question
41:28de ne pas avoir l'habitude,
41:29c'est que, oui, effectivement...
41:30Ils ne vont pas être prêts,
41:31ils ne seront absolument pas prêts
41:32à perdre tout.
41:32Non, les Russes
41:33n'étaient pas prêts non plus.
41:34Les années 90,
41:35il y a eu un million de morts
41:36à cause de l'effondrement
41:37du système de santé.
41:38Donc, bien sûr que...
41:41Vous ne passez pas brutalement
41:43d'une économie socialiste
41:47à une économie de marché.
41:49Voilà, c'est...
41:50Est-ce qu'on a
41:50les personnalités politiques
41:52en place en France
41:53pour aider à ce redressement ?
41:55Moi, il y en a deux
41:57que j'aime bien,
41:57c'est François Asselineau
41:58et Florian Philippot.
42:00Mais le problème...
42:02Encore une fois,
42:02on verra après la crise.
42:03Pour l'instant,
42:04la grande réussite
42:05du mitterrandisme,
42:07je critique,
42:09c'est le salariat des partis,
42:11c'est-à-dire
42:12le financement des partis.
42:13Je ne sais pas si vous vous souvenez,
42:14ce n'est pas de la génération
42:16de Thomas,
42:17mais il y a eu,
42:17donc dans les années 80,
42:19il y a eu cette affaire
42:20de...
42:20Il y a eu des grands scandales
42:21de corruption du Parti Socialiste,
42:23le carrefour du développement,
42:27etc.
42:28Bref.
42:29Donc, il y a beaucoup de socialistes
42:30qui auraient dû partir en prison
42:31et donc ils ont fait...
42:32Ils ont voté une loi d'amnistie.
42:33Le prétexte pour cette loi d'amnistie,
42:35le prétexte, en fait,
42:36c'était on va faire une loi
42:37pour le financement des partis
42:38puisque s'il y a de la corruption,
42:40c'est parce que les partis
42:41ne sont pas financés,
42:42donc ils doivent faire
42:43des schémas de corruption.
42:44Donc, ils font cette loi,
42:46donc ils organisent
42:46le paiement des partis,
42:48et au passage,
42:51ils soumettent une amnistie.
42:52Voilà, tout le monde
42:52est amnistié,
42:53voilà comment ça se passe.
42:54Et en fait, ça,
42:55ça a créé une espèce
42:56de grand parti unique
42:57avec, au centre,
42:59Emmanuel Macron,
43:01à droite,
43:02Emmanuel Macron,
43:02enfin à droite,
43:03Marine Le Pen,
43:04et à gauche,
43:05Jean-Luc Mélenchon.
43:06En gros, c'est le bloc
43:06qu'on a
43:07et ces partis-là
43:08dominent
43:08parce qu'ils sont payés.
43:10Normalement,
43:10un parti devrait être financé
43:12par ses militants.
43:14Ce serait ça,
43:15le mouvement,
43:15ni par un donateur privé,
43:17ni par...
43:18Alors, les Insoumis
43:19sont quand même
43:19en opposition,
43:20pour le coup ?
43:21Non, pas du tout.
43:22Ben non,
43:23par exemple,
43:24il n'y a pas eu
43:24d'opposition sur le Covid,
43:26il n'y a pas eu...
43:27Sur le socialisme,
43:29le retour à l'économie
43:30de marché,
43:31il n'y a aucune opposition.
43:32Marine Le Pen
43:32est contre l'économie
43:33de marché,
43:33comme Macron,
43:35comme...
43:36comme il s'appelle
43:37Jean-Luc Mélenchon.
43:38C'est une économie
43:39de redistribution
43:40complètement absurde.
43:41Personne ne critique
43:41ce système
43:42de fonctionnement.
43:44Il n'y a pas de critique
43:44sur la relation internationale,
43:46sauf vis-à-vis
43:49de Gaza.
43:51Et encore,
43:51pour finir,
43:52là, maintenant,
43:52Macron dit
43:53qu'il va reconnaître
43:53l'État palestinien.
43:56Donc, en fait,
43:58c'est de l'animation culturelle.
44:00Mais il n'y a pas vraiment
44:01d'opposition de fond.
44:03Et c'est le système
44:04qui veut ça.
44:04Pourquoi ?
44:04Parce que quand vous lancez
44:05un parti,
44:06la première chose que vous voulez,
44:07c'est être financé.
44:08Donc, pour ça,
44:08il faut être élu.
44:09Donc, pour être élu,
44:09il faut être passé à la télé
44:10et il ne faut pas être en opposition
44:13pour pouvoir conquérir les médias
44:16et avoir son temps,
44:17occuper le temps de cerveau disponible
44:19de l'aménagère de plus de 40 ans.
44:23Donc, en fait,
44:24on en est là.
44:25Et c'est le système, en fait,
44:26qui empêche le renouvellement
44:28de la classe dirigeante.
44:31Le redressement d'Afrance,
44:32il passe par le fait
44:34de quitter l'Union européenne
44:36nécessairement
44:37ou pas forcément ?
44:38Je pense que le redressement économique
44:40passe par la sortie
44:41de la zone euro.
44:42Mais ça, ça va arriver
44:42au moment du défaut sur la dette.
44:44Alors, qui n'est pas souhaité
44:44par la grande majorité
44:45des noms qu'on a cités ?
44:47Emmanuel Macron, bien entendu que non,
44:48puisque lui est le procureur
44:50de l'Union européenne.
44:52Marine Le Pen
44:53et Jordan Bardella
44:54ainsi que les Républicains
44:55ont bien entendu dit
44:56qu'eux ne souhaitaient pas
44:58que la France quitte
44:59l'Union européenne.
45:00On a éventuellement
45:01l'UPR et les Patriotes,
45:02mais encore une fois,
45:03avec ce que disait Tomassovitch,
45:04c'est-à-dire...
45:04Encore une fois,
45:05c'est le défaut sur les dettes.
45:07Le défaut sur la dette
45:08va entraîner la fin
45:09de la zone euro.
45:10Le poids de la France
45:10est tel que ça va être
45:12l'effondrement.
45:13C'est d'ailleurs pour ça
45:13que les agences de notation,
45:15pour l'instant,
45:15soit disent...
45:16Ce mois-ci, on ne note pas.
45:18Soit disent, en fait,
45:21on vous met...
45:23Vous conservez votre double A,
45:24mais en fait,
45:25vous ne le méritez pas.
45:26Mais un jour ou l'autre,
45:28ils vont...
45:28Surtout, depuis l'affaire
45:29Lehman Brothers,
45:30il avait un triple A,
45:31le brother,
45:32ils vont être bien obligés
45:33de dire la vérité.
45:34Et donc, ça va entraîner
45:35une augmentation du taux d'intérêt
45:37pour l'État français.
45:39Ça va être la fin.
45:41Ça va être les fonds normaux.
45:42Et ça, ça va entraîner
45:43donc deux choses.
45:44C'est que, un,
45:44la fin de la zone euro,
45:45le retour au franc,
45:47avec une dévaluation
45:48qui va faire très très mal.
45:49Et deuxièmement,
45:50c'est la fin de la cotisation
45:53de la France
45:55au budget européen.
45:57Donc, qui va payer ?
45:59Les deux premiers contributeurs,
46:01c'est l'Allemagne
46:02et la France.
46:02Et il y a des tas de pays
46:04qui, comme la Pologne,
46:06par exemple,
46:06qui sont membres
46:07de l'Union européenne
46:08pour l'argent.
46:09Ils n'en ont absolument rien
46:09à faire du projet européen.
46:11Et d'ailleurs,
46:11Donald Tusk, à l'époque,
46:13aujourd'hui Premier ministre,
46:13qui avait été Premier ministre
46:14aussi avant,
46:15et entre-temps,
46:16il a été commissaire européen.
46:18Et à l'époque,
46:19il y en avait qui commençaient
46:20à dire au sein de l'Union européenne
46:20qu'il serait peut-être temps
46:21que les Polonais aiment...
46:22C'est le premier...
46:23La Pologne est le premier pays
46:24qui reçoit de l'argent
46:25pour ce qui lui permet
46:26d'acheter du matériel américain
46:27pour son armée,
46:28soit dit en passant.
46:29Mais il y en a qui a dit
46:30qu'il serait peut-être temps
46:30que la Pologne
46:31devienne contributeur positif.
46:34Et Donald Tusk
46:35avait dit
46:35« Mais si vous faites ça,
46:36les Polonais vont sortir
46:36de l'Union européenne. »
46:37Donc en fait,
46:38pour une bonne partie
46:39des pays européens,
46:41l'Europe,
46:43l'Union européenne,
46:43c'est un moyen
46:44de siphonner
46:44la richesse allemande,
46:47française, italienne.
46:49Donc je pense
46:50que quand il n'y aura plus...
46:51Encore une fois,
46:52la France est le deuxième
46:52contributeur.
46:54Et c'est la deuxième économie
46:55de la zone euro.
46:56Donc quand tout ça
46:57va s'effondrer
46:58par la dette,
46:59voilà.
47:00Et paradoxalement,
47:00la France va peut-être
47:01sauver l'Europe
47:02en provoquant
47:03l'effondrement
47:03de l'Union européenne
47:05et de la zone euro.
47:07Bah, espérons-le en tout cas.
47:08Dernière question
47:09à vous deux messieurs.
47:11Vous êtes établi
47:12donc maintenant en Russie
47:13et bien établi.
47:15Est-ce que vous envisageriez
47:16éventuellement
47:17un retour en France ?
47:19Quand on a des attaches
47:20ici,
47:20c'est plus compliqué.
47:21Mais éventuellement,
47:22du moins revenir
47:23pour des plus longues périodes
47:24qu'un séjour touristique,
47:25on va dire ça comme ça,
47:26Ah, je parle d'un retour de vie.
47:27De vie,
47:28je pense que ça va être compliqué
47:29dans l'état actuel des choses.
47:30Comme on a pu en parler,
47:32moi, je suis assez
47:32beaucoup moins optimiste.
47:35Dans tous les cas,
47:36ce serait dans des décennies,
47:37éventuellement.
47:39Éventuellement.
47:39parce que là,
47:40le temps que tout s'effondre,
47:41surtout qu'ils vont faire durer,
47:43ils vont tout remuer
47:45jusqu'à ce que ça implose
47:46à l'intérieur.
47:48Je ne me vois pas vraiment
47:50avant peut-être 20, 30 ans,
47:51éventuellement.
47:52Et encore,
47:53la Russie,
47:53on s'y fait,
47:54on se russifie,
47:55on a des attaches ici.
47:56Et au final,
47:57bon,
47:57la France,
47:58c'est un pays que j'aime
47:59et c'est un pays
47:59que j'aimerais toujours.
48:01Ça, c'est certain.
48:02Il est dans mon cœur.
48:03Mais là,
48:05ce n'est pas de retour prévu
48:06pour un jeune de 25 ans
48:08en Russie.
48:09D'ailleurs,
48:09je ne suis absolument pas
48:10le seul à le vouloir.
48:10Je voulais juste faire un aparté.
48:12C'est-à-dire qu'en Russie,
48:13l'opération militaire spéciale
48:14a poussé les jeunes russes
48:18à devenir beaucoup plus patriotes.
48:20D'ailleurs,
48:20c'est surtout à cause
48:21des sanctions
48:21contre le peuple russe
48:23avec les visas, etc.
48:25Mais en France,
48:26il y a même beaucoup plus
48:27de jeunes qui veulent partir
48:28de France
48:29pour plus ou moins
48:30les mêmes raisons que moi.
48:31Donc,
48:31il y a une possibilité
48:33qui est...
48:33C'est pour ça
48:33que je ne suis pas aussi optimiste
48:34et que beaucoup vont partir
48:35et pas grand monde
48:37va rester pour se battre.
48:38Xavier,
48:39pareil,
48:39est-ce que tu envisagerais
48:40potentiellement pour ta famille
48:41un retour en France ?
48:43Pas pour ma famille
48:43parce que je veux qu'ils...
48:45Enfin,
48:46mes enfants sont encore
48:47à l'école.
48:48Mon n'est née à 15 ans,
48:49mon petit dernier à 3 ans.
48:50Donc,
48:51à 14 ans,
48:52il y a 3 ans,
48:53le dernier.
48:53Donc,
48:54en fait,
48:54il faut qu'ils se construisent ici
48:55et je ne vois pas
48:57trop d'opportunités
48:58pour moi en France.
48:59En revanche,
49:00revenir dans le cadre
49:02d'un bouleversement politique
49:03où il faudra...
49:04Chacun devra apporter
49:06sa pierre à l'édifice.
49:07Encore une fois,
49:08je faisais des allers-retours
49:09le week-end
49:09pour participer
49:10aux Gilets jaunes.
49:11Donc,
49:12si je vois qu'en France,
49:13il y a tout d'un coup,
49:14il y a un grand mouvement populaire
49:15et où il apparaît
49:17en fait une nouvelle élite politique
49:19et que je pourrais apporter
49:20ma pierre à l'édifice.
49:21Pourquoi pas être un lien
49:23entre la France et la Russie ?
49:24On aura besoin de l'aide
49:25de la Chine.
49:26Quand on dressera la France,
49:27on aura besoin de l'aide de la Chine,
49:29on aura besoin de l'aide de la Russie.
49:30Eh bien,
49:31pourquoi pas jouer un rôle là-dedans ?
49:32Oui,
49:33ça,
49:33c'est tout à fait envisageable.
49:35Mais non,
49:35ma famille,
49:36je la laisse ici,
49:36à l'abri.
49:37À l'abri.
49:39C'est le mot d'affin.
49:40Merci Edouard,
49:41merci Paris
49:42et on se retrouve très prochainement
49:44sur TV Liberté.
49:45À très vite
49:45dans le Choc du Monde.
49:47Merci beaucoup
49:47à nos chroniqueurs moscovites,
49:49Alexis Tara,
49:50Thomas Rodriguez
49:50et Xavier Moreau.
49:51Merci aussi
49:52à notre invité à Paris,
49:54Romain Bessonnet,
49:54pour ses éclairages.
49:55Je rappelle,
49:56Romain Bessonnet,
49:56d'ailleurs,
49:56que vous êtes spécialiste
49:58de l'espace post-soviétique.
49:59Vous avez traduit
50:00les discours de Vladimir Poutine,
50:01Poutine par lui-même
50:02la conquête du pouvoir,
50:03ensuite le temps des réformes
50:05et enfin Russie et Ukraine,
50:06deux peuples frères.
50:07Merci à tous
50:08d'avoir suivi
50:09cet épisode estival
50:10de Choc du Monde,
50:11le magazine des crises
50:12et de la prospective
50:13internationale de TVL
50:14qui a tenté d'allier
50:15les vues entre Paris
50:17et Moscou
50:18pour essayer de les confronter,
50:19pour essayer de comprendre
50:19la situation.
50:20Merci à tous
50:21donc d'avoir suivi cet épisode,
50:22surtout, surtout,
50:23n'oubliez pas
50:24de le commenter,
50:25de le partager
50:25et de le liker.
50:27Merci à tous
50:27et bonne soirée.
50:28Sous-titrage Société Radio-Canada
50:33Sous-titrage Société Radio-Canada
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