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  • il y a 5 mois
Pour cet épisode estival de Chocs du monde, le magazine des crises et de la prospective de TVL, Edouard Chanot reçoit le Professeur en études russes Jean-Robert Raviot, mais aussi trois chroniqueurs français de Russie : Xavier Moreau, Fabrice Sorlin et Alexis Tarrade.

Vladimir Poutine a accédé au pouvoir en mai 2000. Il s’est imposé comme le dirigeant russe incontesté et comme l’un des maîtres du monde. Pour le meilleur ou pour le pire ? Chocs du monde dresse le bilan de 25 années de pouvoir.

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00:00:00Bonjour à tous et bienvenue dans cette édition estivale de Choc du Monde, le magazine des crises et de la prospective internationale de TVL.
00:00:29Une édition donc qui vise à confronter les regards d'experts ici en France et là-bas à Moscou parce que cette confrontation d'idées nous paraît essentielle aujourd'hui après trois ans de guerre en Ukraine.
00:00:42Au sommaire donc de cet épisode, un quart de siècle de pouvoir de Vladimir Poutine en Russie depuis, rappelons-le, mai 2000.
00:00:49Pour en parler donc ici à Paris, je reçois Romain Bessonnet, spécialiste de l'espace post-soviétique, traducteur des discours de Vladimir Poutine,
00:00:57le premier volume Poutine par lui-même, la conquête du pouvoir, le deuxième le temps des réformes et enfin Russie et Ukraine, deux peuples frères.
00:01:04Romain Bessonnet, vous avez essayé de comprendre Poutine tel qu'il se comprend lui-même.
00:01:08Bonjour Romain Bessonnet.
00:01:09Bonjour.
00:01:10Et merci d'avoir répondu présent à l'appel de Choc du Monde.
00:01:13Alors, 25 ans de pouvoir donc, ce n'est pas rien, c'est le cas de le dire, c'est peut-être le dirigeant Vladimir Poutine, le dirigeant étranger qui est le plus zonni en France.
00:01:23Romain Bessonnet, diriez-vous que le bilan de Vladimir Vladimirovitch Poutine est globalement positif ou faut-il le qualifier autrement ?
00:01:32Si on regarde la Russie telle qu'il l'a prise, alors, 25 ans de présidence, mais ça fait presque 26 ans qu'il est au pouvoir parce qu'il a fait un an de premier ministre avant.
00:01:45Vous prenez la Russie telle qu'il est prise et la Russie telle qu'elle est actuellement, on n'est pas du tout sur le même pays.
00:01:51Je vais vous donner un exemple. Un habitant d'une ville moyenne en Russie, de Russie européenne, on va prendre par exemple Nizhny Novgorod.
00:02:01On ne prend pas Moscou qui est un pays à part. Nizhny Novgorod, à l'époque où Vladimir Poutine arrivait au pouvoir en 2001,
00:02:09la différence en matière de pouvoir d'achat entre lui et un habitant de Toulouse, par exemple, ou Nantes, qui sont des villes à peu près comparables,
00:02:22entre les deux pays, à l'époque, le différentiel de pouvoir d'achat, c'est 110% entre l'habitant de Toulouse et l'habitant de Nizhny Novgorod.
00:02:31Actuellement, on est à 35%. Donc, la personne de la classe moyenne russe gagne encore 35% de moins que l'habitant de la classe moyenne française dans une ville de province.
00:02:45Mais l'écart s'est quand même largement resserré, c'est-à-dire qu'il s'est resserré dès trois cas.
00:02:52Donc ça, c'est une première chose. Il y a très peu de Russes qui peuvent dire qu'ils vivent aujourd'hui plus mal qu'ils vivaient en 1999.
00:03:01Bon, la décennie de 90, c'était un effet terrible pour la Russie.
00:03:05La décennie noire. En plus, la Russie sort du défaut sur sa dette de 1998, c'est-à-dire que plus personne lui fait de crédit.
00:03:14Donc, c'est vraiment...
00:03:16L'humiliation totale.
00:03:17C'est l'humiliation totale et les prix du pétrole sont au plus bas, en plus, à l'époque.
00:03:20Donc, pareil, deuxième chose, deuxième grande différence, c'est qu'à l'époque, le budget russe dépendait des hydrocarbures à plus de 40%.
00:03:32Aujourd'hui, le budget russe dépend à 15% des hydrocarbures.
00:03:37C'est-à-dire que quand on vous dit que la Russie est une sorte d'émirable pétrolier, c'est très, très largement plus le cas.
00:03:44Donc, d'ailleurs, c'est très simple. Pour équilibrer le budget russe, il faudrait que le baril tombe en dessous de 40 dollars.
00:03:52Alors que quand Poutine arrive, on était plutôt...
00:03:58Il fallait un baril aux alentours de 80 dollars pour que le budget russe soit à l'équilibre.
00:04:05Donc, voici, dans les grandes lignes, si vous voulez, les grandes réussites du régime.
00:04:14Et puis, vous avez aussi, sur la question de la démographie, la Russie, à l'époque, on prévoyait...
00:04:22On prévoyait une Russie qui perdrait un million d'habitants à partir de 2020.
00:04:29Or, la Russie, donc, a largement ralenti ce rythme, en fait, des populations.
00:04:38Notamment par des investissements massifs dans les soins de santé.
00:04:43Et puis, par une politique de réarmement démographique, comme dirait notre président.
00:04:48Donc...
00:04:51Un réarmement démographique qui a été, cette fois, mis en œuvre, mais...
00:04:55Mais qui a été mis en œuvre. Après, qui n'est pas de l'ampleur que le régime voudrait.
00:05:00Mais, en tout cas, il y a eu quand même... Le pays va beaucoup mieux de ce point de vue-là qu'à l'époque.
00:05:05Et puis, le régime poutinien, après, n'a pas réussi pour tout. Je pense notamment...
00:05:14Je souligne que vous utilisez le concept de régime.
00:05:17Oui. Bah, écoutez, oui. Après, on peut parler de régime parce qu'il y a eu un changement complet de paradigme du système politique russe, en fait, à l'arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir.
00:05:31C'est-à-dire que... Même si, d'ailleurs, la Constitution qui régit la Russie actuellement est celle d'octobre 1993.
00:05:39C'est la même que sous Boris Selcine.
00:05:40Et jusqu'en 2020, c'était strictement la même. Il n'y avait pas eu un seul amendement à la Constitution.
00:05:47Or,
00:05:48Vladimir Poutine, en fait,
00:05:52a amené de l'efficacité
00:05:55dans la gouvernance russe.
00:05:58Notamment, il y a eu une restructuration du système politique russe.
00:06:03On était, à l'époque, on devait avoir
00:06:04douzaines de partis à la Douma
00:06:07qui faisaient une sorte de syndrome italien dans le Parlement russe
00:06:10qui était complètement ingouvernable
00:06:11et qui était un lieu de corruption et de combination.
00:06:19Aujourd'hui,
00:06:21enfin, le Parlement russe a été, entre guillemets,
00:06:24rationalisé dans les années 2005-2007,
00:06:29notamment par l'adoption de la proportionnelle
00:06:32avec une barrière d'entrée à 7%,
00:06:34ce qui a nettoyé, en fait,
00:06:37le Parlement de tous les petits partis
00:06:39qui étaient des partis liés à des oligarques.
00:06:42Et donc, on a actuellement
00:06:43quatre grands partis en Russie.
00:06:46Et puis,
00:06:47on a aussi nettoyé la politique russe
00:06:50de l'influence du banditisme,
00:06:52notamment dans un certain nombre de régions russes.
00:06:54Je pense notamment à la région de Samara, par exemple.
00:06:58L'extrême-Orient russe,
00:06:59qui était des régions complètement
00:07:00où la politique était complètement infectée.
00:07:04par les milieux criminels,
00:07:07ça, par exemple, ça n'existe plus.
00:07:09Donc, effectivement,
00:07:10quand on parle de régime poutinien,
00:07:13on a en partie raison.
00:07:15C'est-à-dire qu'il y a eu un changement complet
00:07:18de régime politique, en fait, en Russie,
00:07:20même si les institutions n'ont pas changé,
00:07:21la Constitution n'a pas changé.
00:07:23Vous avez évoqué le bilan économique matériel,
00:07:26en fait, de la Russie,
00:07:27avec le pouvoir d'achat, la démographie, etc.
00:07:30Les détracteurs de Vladimir Poutine
00:07:32et du système russe
00:07:33considèrent que Poutine a peut-être stabilisé la Russie,
00:07:36mais que cette stabilisation
00:07:38est devenue une stagnation
00:07:39aux alentours des années 2000-2009.
00:07:42Ce n'est pas vrai.
00:07:43Tout d'abord,
00:07:44c'est les mêmes spécialistes
00:07:49qui vous disent
00:07:49que Vladimir Poutine, en fait,
00:07:51n'a eu aucun mérite.
00:07:53Il a juste eu de la chance.
00:07:54Simplement,
00:07:56ce n'est pas la chance
00:07:58qui permet de diviser,
00:08:00maintenant, par trois,
00:08:01le taux de pauvreté dans le pays,
00:08:03qui est passé de 45% à 15%.
00:08:05Ce n'est pas la chance
00:08:06qui fait passer le taux du PIB fiscalisé
00:08:12de 11% sous Boris Setsin
00:08:15à près de 40% sous Vladimir Poutine.
00:08:18C'est le fait que vous avez un État efficace,
00:08:20un État qui marche,
00:08:21un État qui fixe des règles.
00:08:22Et en fait, à l'époque de Boris Setsin,
00:08:26on avait un marché sans règles
00:08:27qui était une sorte de Far West.
00:08:30Et toute l'action de Vladimir Poutine,
00:08:33c'était de fixer des règles,
00:08:34de réguler ce marché
00:08:35et de donner des règles claires
00:08:40du jeu aux acteurs économiques
00:08:43pour qu'ils puissent entreprendre.
00:08:47Et en fait, c'est ça qui a marché,
00:08:49essentiellement.
00:08:49Ensuite, ceux qui parlent de stagnation,
00:08:53moi, je veux bien,
00:08:55mais la Russie de Vladimir Poutine,
00:08:58c'est une Russie qui a triplé
00:09:00sa production industrielle, par exemple,
00:09:02en 25 ans.
00:09:05Parce que la Russie de Poutine,
00:09:07elle utilise des recettes
00:09:08qu'on a utilisées, nous,
00:09:09pendant les Trente Glorieuses,
00:09:11c'est-à-dire planification,
00:09:13investissement étatique massif.
00:09:14Enfin, je sais que les économistes libéraux
00:09:17n'aiment pas ça.
00:09:18Parce que pour eux,
00:09:19c'est contre-intuitif.
00:09:21Je sais que les détracteurs
00:09:23de Vladimir Poutine en Occident
00:09:25pensent que Vladimir Poutine
00:09:28est un mauvais manager
00:09:29et qu'il a juste eu de la chance.
00:09:31Mais la vérité, c'est que
00:09:33on juge un arbre à ses fruits.
00:09:35Et aujourd'hui, les Russes
00:09:37vivent beaucoup mieux.
00:09:38Je ne connais pas un Russe
00:09:40qui me dise
00:09:41« Je vis beaucoup moins bien
00:09:44qu'il y a 45 ans. »
00:09:45Celui-là, je ne le connais pas.
00:09:47Je reconnais qu'ils disent
00:09:48« Ah, mais on était quand même
00:09:50beaucoup plus libres à l'époque. »
00:09:52Oui, mais on vivait
00:09:54dans la misère,
00:09:57mais on était libres.
00:09:58Voilà.
00:09:59C'était...
00:10:00Oui.
00:10:01Mais, en fait,
00:10:03les principales critiques
00:10:04qu'on a maintenant,
00:10:05c'est que la génération
00:10:06qui a bénéficié
00:10:07de ces réformes
00:10:08actuellement
00:10:09ne s'en contente plus,
00:10:11en fait,
00:10:11parce qu'eux,
00:10:12ils n'ont pas le background
00:10:13des gens qui ont connu
00:10:14les années 90.
00:10:16Et donc,
00:10:17la génération née en 2000,
00:10:19en fait,
00:10:20qui a eu 25 ans
00:10:21de stabilité,
00:10:22de progrès
00:10:23de son économie,
00:10:25de progrès
00:10:26de l'industrie russe,
00:10:28aujourd'hui,
00:10:28ne voit pas, en fait,
00:10:30le travail qui a été fait.
00:10:31Ne voit pas le travail
00:10:32qui a été fait
00:10:32que vous avez souligné.
00:10:34Cela dit,
00:10:34vous avez évoqué
00:10:35le fait que les Russes
00:10:37pouvaient se considérer
00:10:37beaucoup plus libres avant.
00:10:39Et vous avez aussi souligné
00:10:40quelques failles potentielles
00:10:42de ce régime.
00:10:44Alors,
00:10:45oui,
00:10:45il y a quelques failles.
00:10:46La première,
00:10:47c'est le fait
00:10:49que,
00:10:49en fait,
00:10:50l'immensité du territoire russe
00:10:53est indomitable.
00:10:54a toujours été
00:10:56une source
00:10:57de problèmes.
00:10:59Et
00:10:59la Russie,
00:11:02Poutine,
00:11:02n'a pas trouvé
00:11:03la martingale
00:11:04qui lui permettait
00:11:05de faire une politique
00:11:06qu'on appellerait,
00:11:06en France,
00:11:07d'aménagement
00:11:08du territoire russe.
00:11:10Les déséquilibres
00:11:11entre la partie européenne
00:11:12et la partie asiatique
00:11:12continuent.
00:11:15Je pense
00:11:15qu'actuellement,
00:11:18la Russie
00:11:19essaye de rattraper
00:11:20son retard
00:11:20dans,
00:11:21notamment,
00:11:21le développement
00:11:22des infrastructures
00:11:23dans sa partie asiatique.
00:11:25Mais
00:11:25les travaux
00:11:27sont immenses.
00:11:28Et ça,
00:11:28je pense que
00:11:29c'est
00:11:30l'une
00:11:32des grandes
00:11:33failles,
00:11:34en fait,
00:11:35qu'a eu
00:11:35le régime
00:11:37Poutine
00:11:37dans ces 25 ans.
00:11:38C'est qu'ils ont
00:11:38bien développé
00:11:40la partie européenne
00:11:41du pays.
00:11:42Et
00:11:42les infrastructures
00:11:44pour relier
00:11:45la partie européenne
00:11:46et la partie asiatique
00:11:47ont été négligées
00:11:48à l'époque.
00:11:49Ça,
00:11:50c'est un
00:11:51premier
00:11:51une première chose.
00:11:53Et deuxième chose,
00:11:54c'est que
00:11:54dans un pays aussi immense,
00:11:58trouver la façon
00:11:59de gérer
00:12:00cet espace,
00:12:01c'est toujours
00:12:01compliqué.
00:12:04Et vous avez
00:12:05aucun régime russe
00:12:07dans l'histoire
00:12:07n'a jamais trouvé
00:12:08de façon
00:12:09pacifique
00:12:10et
00:12:11de façon pacifique
00:12:14le moyen
00:12:15de
00:12:16répartir
00:12:17la population russe
00:12:18sur l'intergralité
00:12:19de son territoire.
00:12:20Et donc,
00:12:20vous avez
00:12:21des grands
00:12:21espaces vides,
00:12:22notamment en Sibérie.
00:12:23Et ces espaces
00:12:24vides
00:12:24continuent d'être
00:12:25vides.
00:12:25Le seul moyen
00:12:26que la Russie
00:12:27a eu
00:12:28historiquement
00:12:28de les remplir,
00:12:29c'est d'y envoyer
00:12:29des prisonniers.
00:12:31Alors,
00:12:31ça a été
00:12:32les prisonniers
00:12:33aux travaux
00:12:35forcés
00:12:35sous l'Empire
00:12:36et ça a été
00:12:37les déportés
00:12:39du Goulag
00:12:40sous l'Union
00:12:41soviétiques.
00:12:43Et actuellement,
00:12:43effectivement,
00:12:44la Russie
00:12:45bute
00:12:46un peu
00:12:46sur cette
00:12:47problématique.
00:12:49Et enfin,
00:12:49dernier problème
00:12:50qu'elle a eu
00:12:51et qu'elle a
00:12:52du mal à gérer
00:12:53actuellement,
00:12:54c'est la question
00:12:55de la politique
00:12:55migratoire.
00:12:57En fait,
00:12:57la Russie,
00:12:57sous Poutine,
00:12:58n'a jamais eu
00:12:59de vraie politique
00:12:59migratoire.
00:13:01En fait,
00:13:02c'est un sujet
00:13:03qui n'intéressait
00:13:04pas grand monde,
00:13:05hormis les responsables
00:13:07sécuritaires.
00:13:07Et en fait,
00:13:10la politique migratoire
00:13:11en Russie
00:13:12a toujours été
00:13:12erratique,
00:13:12elle n'a pas été
00:13:13bien gérée.
00:13:14Actuellement,
00:13:14il y a une volonté
00:13:15justement parce qu'il y a
00:13:17des gros problèmes
00:13:18de main-d'oeuvre
00:13:19en Russie.
00:13:20Il y a cette idée
00:13:20que maintenant,
00:13:21on va se mettre
00:13:21à avoir une vraie
00:13:22politique migratoire
00:13:23gérée pour répondre
00:13:24aux besoins
00:13:24de l'économie russe.
00:13:26Donc ça,
00:13:27c'est le chantier
00:13:28qui attend
00:13:29le gouvernement russe
00:13:32pour les 5,
00:13:336 prochaines années.
00:13:34Si ce n'est même
00:13:34la décennie.
00:13:35Vous avez évoqué
00:13:37quelques points
00:13:38évidemment
00:13:39démographiques,
00:13:41économiques.
00:13:43Vous avez esquissé
00:13:43des problèmes
00:13:44d'autorité,
00:13:45en tout cas,
00:13:45oui,
00:13:46d'autorité.
00:13:48Mais je voudrais
00:13:48en venir à la question
00:13:49ukrainienne parce que
00:13:50Poutine,
00:13:50avec la guerre ukrainienne,
00:13:51a jeté la Russie
00:13:52dans un autre monde.
00:13:54Un monde non-européen,
00:13:56d'ailleurs,
00:13:56devrait-on dire.
00:13:57Peut-être y a-t-il été
00:13:58contraint,
00:13:59mais ce n'est pas la question
00:14:00que je voudrais vous poser,
00:14:00Romain Bessonnet.
00:14:01Ce que je voudrais vous demander,
00:14:02c'est la Russie peut-elle
00:14:03être sans l'Europe ?
00:14:05Alors,
00:14:08c'est une bonne question.
00:14:11Tout d'abord,
00:14:12la population russe,
00:14:14quand on prend
00:14:14tous les sondages,
00:14:16se sent de moins en moins
00:14:17européen,
00:14:18de moins en moins européenne
00:14:19depuis les années 2010.
00:14:21En fait,
00:14:22il y a un sondage
00:14:23qui est fait
00:14:23par l'Institut Levada,
00:14:24qui est un institut
00:14:27proche de l'opposition russe.
00:14:29Yurie Levada
00:14:31est un libéral convaincu.
00:14:33Et en fait,
00:14:34ils sondent tous les ans
00:14:36la population russe
00:14:37sur
00:14:38vous sentez-vous
00:14:39européen
00:14:39ou pas ?
00:14:41Et
00:14:42le sentiment
00:14:44d'européanité
00:14:45des Russes
00:14:45s'effrite
00:14:45chaque année
00:14:46depuis 2012.
00:14:48Donc,
00:14:49ça,
00:14:49c'est un premier élément.
00:14:51Et je pense
00:14:51que c'est dû
00:14:52à plusieurs,
00:14:53à une conjonction
00:14:54de facteurs.
00:14:55Le premier,
00:14:56c'est que
00:14:57les Russes
00:14:58pensent de plus en plus
00:14:59qu'ils sont en fait
00:15:00une civilisation
00:15:01en eux-mêmes,
00:15:03que l'Europe
00:15:05s'éloigne
00:15:07d'eux
00:15:07de façon
00:15:08dans les mœurs,
00:15:09dans la civilisation,
00:15:10dans la façon d'être.
00:15:12Alors,
00:15:12il y a la question,
00:15:13bien sûr,
00:15:13du rapport
00:15:14à ce que les Russes
00:15:15appellent
00:15:16la sexualité
00:15:17non traditionnelle,
00:15:18mais il y a aussi
00:15:19le rapport
00:15:19à la religion.
00:15:21La société russe
00:15:22est beaucoup moins
00:15:23sécularisée
00:15:23que la société française
00:15:24par exemple.
00:15:26Il y a
00:15:26le rapport
00:15:27aux traditions,
00:15:29il y a
00:15:30le rapport
00:15:30aussi,
00:15:32alors là,
00:15:33justement,
00:15:33pour reboucler
00:15:34avec notre sujet précédent,
00:15:35à l'immigration.
00:15:38Les Russes
00:15:38ne veulent surtout pas,
00:15:39en fait,
00:15:40veulent de moins en moins
00:15:41devenir ce que
00:15:42l'Europe occidentale est.
00:15:44Et notamment,
00:15:44ils le veulent de moins en moins
00:15:46parce qu'ils ont,
00:15:47durant les années Poutine,
00:15:48justement,
00:15:482000-2010,
00:15:49ils ont eu du pouvoir d'achat
00:15:50et donc,
00:15:50ils ont voyagé
00:15:52massivement en Europe.
00:15:53Et donc,
00:15:54ceux qu'ils ont vu,
00:15:55ils n'ont pas très convaincus,
00:15:56en fait,
00:15:57du fait que c'est là
00:15:59où il faut...
00:16:00De l'avenir radio-européen.
00:16:01Voilà.
00:16:03Deuxième chose,
00:16:04il y a eu le fait
00:16:06que les Russes
00:16:07sentent que les Européens
00:16:08ne les comprennent pas,
00:16:10ne comprennent pas
00:16:10leur souffrance,
00:16:11en fait,
00:16:12par exemple,
00:16:13face au fait
00:16:13que des minorités
00:16:15russophones
00:16:15sont opprimées,
00:16:16notamment dans les Pays-Baltes,
00:16:18et puis,
00:16:19ça avait commencé
00:16:19en Ukraine.
00:16:21Et donc,
00:16:22ça aussi,
00:16:23c'est une sorte...
00:16:25Ça fait partie,
00:16:26en fait,
00:16:26de ce sentiment
00:16:27des Russes
00:16:27que l'Europe
00:16:29ne veut pas d'eux,
00:16:29en fait.
00:16:30Et
00:16:30on...
00:16:33La guerre d'Ukraine
00:16:35a couronné cela.
00:16:37Concrétisé cela.
00:16:38A concrétisé cela,
00:16:39surtout parce que
00:16:40la réaction
00:16:42hystérique
00:16:42des Européens
00:16:43à la guerre
00:16:45en Ukraine
00:16:46leur a fait dire
00:16:47que là,
00:16:48maintenant,
00:16:48c'est bon.
00:16:48quand on en est
00:16:49au point
00:16:50où,
00:16:51en Italie,
00:16:52vous avez eu
00:16:52des opéras
00:16:53qui ont déprogrammé
00:16:55Tchaikovsky,
00:16:59qu'on a enlevé
00:17:02des programmes scolaires,
00:17:03je ne m'en rappelle plus
00:17:03dans quel pays,
00:17:05je crois que c'était
00:17:06en Allemagne,
00:17:07on a enlevé
00:17:08Pouchkine,
00:17:08des programmes scolaires
00:17:09de littérature étrangère,
00:17:10etc.
00:17:11Bon,
00:17:12ben voilà,
00:17:13les Russes se disent
00:17:14en fait,
00:17:14les Européens
00:17:15nous haïssent,
00:17:15tout simplement.
00:17:17Mais,
00:17:17j'en viens à la question
00:17:18suivante,
00:17:19parce que la promesse
00:17:20d'un avenir
00:17:22avec le Sud global
00:17:23est-elle suffisante
00:17:24pour la Russie
00:17:25si elle,
00:17:26encore une fois,
00:17:26si elle se tourne
00:17:27de l'Europe,
00:17:28même si peut-être
00:17:29la porte lui a été fermée,
00:17:30on comprend bien,
00:17:30mais...
00:17:31bien,
00:17:32déjà,
00:17:33première chose,
00:17:35vous êtes quand même,
00:17:36vous quittez un espace
00:17:38qui est de croissance
00:17:38molle vers un espace
00:17:39de croissance rapide
00:17:40qui est le Sud-Est
00:17:41Asiatique,
00:17:43pour commencer.
00:17:44Deuxième chose,
00:17:45effectivement,
00:17:46la Russie a un problème,
00:17:47je vous l'ai dit
00:17:48sur le point précédent,
00:17:49c'est qu'elle a un problème
00:17:51d'infrastructure,
00:17:52c'est-à-dire vers l'Asie,
00:17:53même si elle voulait
00:17:54se développer massivement
00:17:55vers l'Asie,
00:17:57elle a un problème
00:17:58d'infrastructure actuellement.
00:17:59Donc, il va falloir,
00:18:00ça va mettre 5-6 ans
00:18:01pour que la Russie
00:18:02puisse avoir
00:18:03les mêmes facilités
00:18:04de commerce
00:18:05avec l'Asie
00:18:06qu'elle a avec l'Europe
00:18:06actuellement,
00:18:07ne serait-ce que
00:18:08pour des questions
00:18:08d'infrastructure.
00:18:11Néanmoins,
00:18:12le potentiel
00:18:13de modernisation
00:18:14qu'on a
00:18:15avec les pays
00:18:17d'Asie du Sud-Est
00:18:18sont sans commune
00:18:18mesure à ce qu'on a
00:18:19avec l'Europe.
00:18:20Enfin, l'Europe
00:18:21est en train de devenir
00:18:21relable en lieu de l'histoire.
00:18:23Il suffit de faire
00:18:23un voyage
00:18:24dans une grande ville chinoise
00:18:25à Shenzhen
00:18:25ou à Tianjin
00:18:26pour le voir.
00:18:27Enfin, les Chinois
00:18:30sont passés
00:18:31à la voiture autonome
00:18:32depuis bien longtemps.
00:18:34Ils sont en train
00:18:34de...
00:18:36En termes de progression
00:18:37de la technologie,
00:18:38ils font des bonds
00:18:39en avant
00:18:40tous les mois.
00:18:42On est vraiment
00:18:43très très loin
00:18:44de ce qu'on voit
00:18:44en Europe.
00:18:45Et pareil,
00:18:46les semi-conducteurs,
00:18:48par exemple,
00:18:48ne sont plus produits
00:18:49en Europe.
00:18:49C'est terminé
00:18:50à cette époque-là.
00:18:52La production
00:18:53est largement en Asie.
00:18:54Et donc,
00:18:55pour les Russes,
00:18:56l'avantage
00:18:58qu'ils ont
00:18:58vis-à-vis du continent
00:18:59asiatique,
00:19:00c'est que les Asiatiques
00:19:01ne leur demandent pas
00:19:01de compte
00:19:02du point de vue
00:19:03de la démocratie,
00:19:04des droits de l'homme,
00:19:04de la façon dont on traite
00:19:05les minorités,
00:19:06etc.
00:19:07Contrairement aux Européens
00:19:08qui passent
00:19:09leur temps
00:19:10à faire la leçon.
00:19:12Donc,
00:19:13à partir du moment
00:19:16où les Européens
00:19:18ne sont plus
00:19:19qu'un vaste marché
00:19:20de consommateurs,
00:19:20quel est
00:19:22l'intérêt
00:19:24pour les Russes
00:19:25de maintenir
00:19:26une relation
00:19:27avec eux
00:19:27alors que les Russes
00:19:30ont le problème inverse.
00:19:30C'est-à-dire
00:19:31qu'eux,
00:19:31ils sont dans
00:19:33une démarche
00:19:33où ils développent
00:19:34leur appareil productif
00:19:36et pour ça,
00:19:37la Chine
00:19:38est un bien meilleur
00:19:39partenaire
00:19:39que l'Europe.
00:19:40Sachant qu'actuellement,
00:19:41d'après un article
00:19:43du Financial Times
00:19:45d'il y a deux
00:19:46ou trois semaines,
00:19:47c'est
00:19:49les nouvelles usines
00:19:50de drones
00:19:51qui ont été construites
00:19:52par les Russes
00:19:53pour la guerre en Ukraine
00:19:54sont équipées
00:19:55entièrement
00:19:56de machines chinoises.
00:19:57C'est-à-dire
00:19:57qu'ils n'ont plus besoin
00:19:57de machines allemandes,
00:19:59hollandaises
00:20:00ou italiennes.
00:20:01Ce qui était le cas
00:20:01auparavant.
00:20:02Les Chinois,
00:20:03maintenant,
00:20:03arrivent
00:20:03à vous équiper
00:20:05une usine complète.
00:20:06Donc,
00:20:07quel est l'intérêt
00:20:07de se tourner
00:20:08vers l'Europe
00:20:09si ce n'est d'avoir
00:20:10un marché de consommateurs
00:20:12qui vit grâce
00:20:13à l'endettement
00:20:13que lui fournit
00:20:14l'épée asiatique,
00:20:15d'ailleurs.
00:20:15L'intérêt de l'Europe
00:20:18s'est donc amenuiser.
00:20:19Ce sera le mot de la fin.
00:20:21Romain Bessonnet,
00:20:21merci encore
00:20:22d'avoir répondu présent
00:20:23à l'appel de Choc du Monde.
00:20:24Nous passons à Moscou.
00:20:26Nous passons à Moscou
00:20:27avec nos chroniqueurs
00:20:28Xavier Moreau,
00:20:29Alexis Tarade
00:20:30et Thomas Rodriguez.
00:20:32Allo Moscou,
00:20:33ici Paris.
00:20:34A vous les micros.
00:20:35Bonjour Edouard
00:20:36et bonjour à Paris.
00:20:38Ici Moscou,
00:20:39les résistants
00:20:40parlent aux patriotes.
00:20:41Alors,
00:20:42dans ce nouvel épisode,
00:20:43on va parler
00:20:43de 25 ans de Poutine,
00:20:44le bilan
00:20:46avec Xavier Moreau,
00:20:47avec Tomassovitch.
00:20:48On va pouvoir voir
00:20:4925 ans
00:20:50vécu en Russie
00:20:51sous Poutine
00:20:52et 25 ans tout court
00:20:53en Russie.
00:20:54Donc,
00:20:55tout de suite,
00:20:56Xavier,
00:20:56j'ai une première question.
00:20:57Finalement,
00:20:58comment est arrivé
00:20:59Vladimir Poutine ?
00:21:00Dans quel contexte historique
00:21:02il prend le pouvoir ?
00:21:04En fait,
00:21:04on a fêté
00:21:05les 25 ans
00:21:06de la présidence
00:21:07de Vladimir Poutine,
00:21:07mais ça fait 26 ans
00:21:08qu'il est aux commandes
00:21:09puisqu'il a été choisi
00:21:11comme premier ministre
00:21:12par Boris Yeltsin.
00:21:14Au moment où il arrive
00:21:15comme premier ministre,
00:21:15la situation en Russie
00:21:17est très,
00:21:19on peut dire,
00:21:19catastrophique
00:21:20puisqu'elle vient
00:21:21d'essuyer
00:21:21une crise économique grave,
00:21:24donc la crise de 98,
00:21:25le fameux jeudi noir,
00:21:26et une nouvelle fois,
00:21:28parce que c'est arrivé
00:21:28plusieurs fois
00:21:29dans les années 90,
00:21:29les Russes ont perdu
00:21:30toute leur épargne.
00:21:31Donc en fait,
00:21:32il y a vraiment
00:21:33une crise qui est grave.
00:21:35La Russie est endettée
00:21:36auprès du club de Paris.
00:21:38Elle est encore sous la...
00:21:41Donc avant qu'il arrive
00:21:42premier ministre,
00:21:43elle est encore sous la défaite
00:21:44parce que c'en était une
00:21:45de la première guerre
00:21:47de Tchétchénie,
00:21:47qui s'est mal terminée
00:21:48avec les accords
00:21:49de Cassavio en 96.
00:21:50Et donc au moment
00:21:52où Poutine est premier ministre,
00:21:53en fait,
00:21:54arrive la seconde guerre
00:21:55de Tchétchénie
00:21:55puisque les rebelles
00:21:58attaquent le Daguestan
00:22:00et il y a une série
00:22:00d'attentats en Russie.
00:22:03Donc Poutine lance
00:22:05la seconde guerre
00:22:05en Tchétchénie
00:22:07et l'emporte.
00:22:09Alors les combats
00:22:11s'arrêteront réellement
00:22:11en 2004,
00:22:12mais dès 99-2000,
00:22:14on voit que ça ne se passera
00:22:16pas comme la dernière fois.
00:22:18Et ce qui fait que Poutine
00:22:19est élu dans un fauteuil
00:22:21donc le 26 mars 2000.
00:22:24Comment c'est arrivé aussi ?
00:22:26En fait,
00:22:26c'est Yeltsin
00:22:27qui l'a choisi.
00:22:28Je pense que Yeltsin
00:22:29a choisi Poutine
00:22:30pour se faire pardonner
00:22:32le mal qu'il avait fait
00:22:33à la Russie.
00:22:34Et d'ailleurs,
00:22:34dans sa dernière adresse
00:22:35au peuple russe,
00:22:36il demande pardon quand même.
00:22:38Est-ce que Yeltsin
00:22:39choisit Poutine
00:22:39ou est-ce que Poutine
00:22:41s'impose à Yeltsin ?
00:22:42Non,
00:22:42Poutine est quelqu'un
00:22:43de très habile,
00:22:44très intelligent
00:22:45et en fait,
00:22:45il fait en sorte
00:22:46que ce soit les oligarques
00:22:47qui le choisissent,
00:22:48c'est-à-dire
00:22:48ceux qu'il va soit mettre
00:22:50en prison comme Khodarkovsky
00:22:51soit qui vont partir
00:22:52en exil comme Berezovsky
00:22:53sont inquiets
00:22:55parce qu'en fait,
00:22:56il se demande
00:22:57ce qui va se passer
00:22:58pour l'après-Yeltsin
00:22:59et ils veulent faire en sorte
00:23:02de sécuriser
00:23:03ce qu'ils ont volé
00:23:04pendant les années 90.
00:23:06Et pour Yeltsin,
00:23:08c'est pareil
00:23:08puisque sa famille,
00:23:10la fameuse famille Yeltsin
00:23:11au sens large
00:23:12puisque ça implique
00:23:13d'autres oligarques
00:23:14comme Abramovic,
00:23:15eh bien eux aussi
00:23:16ont peur de perdre
00:23:16ce qu'ils ont volé
00:23:18dans les années 90
00:23:20et donc ils cherchent
00:23:23un successeur
00:23:24et finalement
00:23:26je pense sous la pression
00:23:28de Yeltsin
00:23:29parce que je pense
00:23:29qu'encore une fois
00:23:30Yeltsin a fait deux choses
00:23:31de bien.
00:23:32Il a donné la Ve République
00:23:33à la Russie
00:23:34donc avec un exécutif
00:23:35très fort
00:23:36et il a choisi Poutine
00:23:37pour exercer
00:23:38cet exécutif.
00:23:40Donc je pense
00:23:40que les oligarques
00:23:41se sont fait avoir
00:23:42mais je pense que Yeltsin
00:23:43savait ce qu'il faisait
00:23:44et d'ailleurs Poutine
00:23:45a toujours été loyal
00:23:45c'est-à-dire que la famille
00:23:46Yeltsin
00:23:47n'a jamais été inquiétée.
00:23:50En revanche,
00:23:50ce qu'il fait
00:23:51quand il arrive au pouvoir
00:23:52six mois après
00:23:53c'était qu'il fait
00:23:54une grande réunion
00:23:54il convoque les oligarques
00:23:55et il leur dit
00:23:56maintenant
00:23:56vous ne faites plus
00:23:58de politique
00:23:58vous réinvestissez
00:24:00votre argent
00:24:00en Russie
00:24:01et donc
00:24:04on n'en mettra pas
00:24:05en cause
00:24:05les privatisations
00:24:06plus ou moins frauduleuses
00:24:08des années 90
00:24:09et la plupart comprennent
00:24:11d'ailleurs
00:24:14il y a des
00:24:14donc c'est la fin
00:24:15des oligarques
00:24:16en fait
00:24:16c'est le début
00:24:17et maintenant en Russie
00:24:18il y a des milliardaires
00:24:18mais il n'y a pas d'oligarques
00:24:19dans Oligarque
00:24:20il y a Arcos
00:24:21c'est le pouvoir
00:24:22et aujourd'hui
00:24:23vous pouvez être aussi riche
00:24:25que vous le voulez
00:24:26il n'y a plus de politique
00:24:27vous êtes moins puissant
00:24:28que le président de la Russie
00:24:29et que pas mal de gens
00:24:30autour du président de la Russie
00:24:31donc en fait
00:24:32il y a des milliards
00:24:33c'est un pays sans oligarques
00:24:35mais avec des milliardaires
00:24:35et c'est une transition
00:24:36que la Russie a réussi
00:24:37grâce à Poutine
00:24:38là où en Ukraine
00:24:39ça a complètement échoué
00:24:40alors on va en parler
00:24:41un petit peu de ces oligarques
00:24:42justement
00:24:42et puis de cette fameuse arrivée
00:24:44il y a des images de choc
00:24:45qui sont restées
00:24:46dans les archives
00:24:48de la télévision
00:24:48notamment l'histoire
00:24:49du stylo où Poutine
00:24:51réprimant d'un oligarque
00:24:53en disant de ramener des stylos
00:24:55ça c'est plus tard
00:24:56ça c'est quand il est premier ministre
00:24:57en fait
00:24:57juste avant d'arriver
00:24:59sur la relation
00:24:59entre Vladimir Poutine
00:25:00et les oligarques
00:25:01peut-être rappelons
00:25:02dans quel contexte
00:25:03en fait comment la population russe
00:25:05perçoit l'arrivée
00:25:06de Vladimir Poutine
00:25:06est-ce qu'immédiatement
00:25:07il a une aura
00:25:09autour de lui
00:25:09et vraiment une grosse attente
00:25:11où est-ce que ça se fait
00:25:12plutôt dans l'indifférence
00:25:13et où les russes
00:25:16finalement se disent
00:25:17bon
00:25:17c'est un successeur
00:25:19il n'est pas très connu
00:25:19il n'est pas très connu
00:25:20quand il arrive
00:25:21je pense que ce qui le porte
00:25:22c'est la guerre
00:25:23la victoire
00:25:24en Tchétchénie
00:25:25qui est plus ou moins actée
00:25:27quand il arrive
00:25:28il est choisi
00:25:28par le parti au pouvoir
00:25:29et toute la presse
00:25:31qui est contrôlée
00:25:31par les oligarques
00:25:32le soutient
00:25:33donc en fait
00:25:34voilà
00:25:35et puis c'est quelqu'un
00:25:36alors à l'époque
00:25:36il a beaucoup moins de charisme
00:25:37que maintenant
00:25:38parce qu'il y a tout un
00:25:39c'est 25 ans
00:25:4026 ans au pouvoir
00:25:41ça vous change un homme
00:25:43mais je pense qu'il y a aussi
00:25:44quelque chose
00:25:45qui moi d'ailleurs
00:25:46m'a frappé à l'époque
00:25:47je voulais venir en Russie
00:25:49notamment quand j'avais entendu
00:25:51Poutine dire
00:25:52qu'il irait tuer
00:25:53les terroristes
00:25:54jusque dans les
00:25:54sortir
00:25:55les toilettes
00:25:57ça ne veut pas dire
00:25:57c'est souvent traduit
00:25:59de manière un peu vulgaire
00:25:59mais en fait
00:25:59c'est un mot français
00:26:01sortir
00:26:01c'est la cabane au fond du jardin
00:26:02donc pour y aller
00:26:03il faut sortir
00:26:04c'est les toilettes
00:26:05en fait
00:26:05de nos anciens
00:26:06à la campagne
00:26:07qui était effectivement
00:26:08en dehors de la maison
00:26:09c'est ça
00:26:09ça s'appelle sortir
00:26:11du terme français
00:26:12et donc
00:26:13je pense aussi
00:26:15il y a eu ça
00:26:15il y a eu cette rencontre
00:26:16entre le peuple russe
00:26:17et un homme
00:26:18et il y avait une fatigue
00:26:19des russes aussi
00:26:19de l'anarchie
00:26:20et le fait qu'il ait été
00:26:21chef du FSB
00:26:22puisqu'il a été
00:26:23à un court moment également
00:26:24justement d'être premier ministre
00:26:25il a été chef du FSB
00:26:26qui soit un ancien
00:26:28de la première direction
00:26:29du KGB
00:26:30c'est à dire
00:26:30le renseignement extérieur
00:26:31qui était devenu
00:26:32qui a été séparé ensuite
00:26:33en 92
00:26:35en 91-92
00:26:36qui est devenu le SVR
00:26:37ils ont fait confiance
00:26:39en fait
00:26:39dans ce qu'on appelle
00:26:40un silovic
00:26:40c'est à dire
00:26:41un homme des structures
00:26:41de force
00:26:42et après
00:26:44il a bénéficié
00:26:45il faut le dire aussi
00:26:46de deux choses
00:26:48c'est à dire
00:26:48une augmentation
00:26:49des cours du pétrole
00:26:50à ce moment là
00:26:51et le fait
00:26:52que beaucoup de choses
00:26:53avaient été préparées
00:26:54par son prédécesseur
00:26:55Yevgeny Primakov
00:26:56alors juste avant
00:26:58Xavier de revenir
00:26:59sur la question
00:27:00des oligarques
00:27:01on va arriver
00:27:01Tomasovitch
00:27:02sur la Russie
00:27:04d'un point de vue économique
00:27:05on est dans les premières années
00:27:07de Vladimir Poutine
00:27:07est-ce qu'on est dans cette Russie libérale
00:27:09telle qu'on la connaît aujourd'hui
00:27:11ou est-ce qu'on est dans une Russie
00:27:13qui était encore
00:27:13dans cette transition du communisme
00:27:16elle était totalement
00:27:16dans une transition totale
00:27:18c'est à dire qu'au niveau des impôts
00:27:19par exemple
00:27:20quand on regarde la fiscalité
00:27:20c'est surtout ce sujet là
00:27:22qu'on regarde
00:27:23pour savoir si on est dans une économie
00:27:25communiste
00:27:25ou plutôt libérale
00:27:27alors il va y avoir
00:27:28des réformes libérales
00:27:30par exemple
00:27:31un impôt sur le revenu
00:27:32avec une flat tax
00:27:33de 13%
00:27:33qui avant
00:27:35on était sur un système
00:27:36plutôt à la française
00:27:38on va dire
00:27:38avec un pourcentage assez élevé
00:27:40par la suite
00:27:41il y a des réformes
00:27:42qui sont mises en place
00:27:42pour revitaliser
00:27:44aussi le tissu
00:27:45entrepreneurial
00:27:46avec des autres entreprises
00:27:47qui sont créées
00:27:48facilitant en même temps
00:27:50l'entrepreneuriat
00:27:51à bas niveau
00:27:52parce qu'avant
00:27:53il y avait surtout
00:27:53des grosses entreprises
00:27:54issues de l'URSS
00:27:55donc on était
00:27:56dans une économie
00:27:58relativement communiste
00:27:59encore
00:28:00avec un état
00:28:01même encore
00:28:02qui est assez important
00:28:03au niveau du poids
00:28:05sur les grandes entreprises
00:28:06on cite par exemple
00:28:07sur les trois plus grandes
00:28:07entreprises actuelles russes
00:28:09donc Sber
00:28:10qui a changé de nom
00:28:10avant on l'a appelé Sberbank
00:28:11Gazprom et Youkos
00:28:13il n'y en a que deux
00:28:14qui sont détenus
00:28:15donc Gazprom et Sberbank
00:28:16à moitié par l'état russe
00:28:17donc le poids de l'état
00:28:19est toujours important
00:28:20sur l'économie
00:28:20mais est beaucoup plus libéral
00:28:22quand on regarde les impôts
00:28:23ça fait
00:28:24redresser les poils
00:28:26des français généralement
00:28:26parce qu'on voit bien
00:28:28que l'économie socialiste
00:28:29n'existe plus
00:28:30en fait
00:28:31en Russie
00:28:32hormis la dimension
00:28:33aide sociale
00:28:35que ce soit
00:28:36la santé
00:28:36l'éducation
00:28:37en particulier
00:28:38ce sont deux gros points
00:28:39importants
00:28:40où on a des restes
00:28:41de la période soviétique
00:28:42où il faut dire
00:28:43qu'ils étaient excellents
00:28:44au niveau
00:28:44de l'éducation
00:28:46avec une instruction
00:28:47énorme
00:28:49en URSS
00:28:50et aussi
00:28:51une santé
00:28:52qui fonctionne toujours
00:28:53et qui fonctionne
00:28:54très très bien
00:28:54même à l'époque
00:28:57de l'introduction
00:28:59de Vladimir Poutine
00:28:59alors aussi
00:29:00il faut savoir
00:29:00c'est que
00:29:01l'économie
00:29:02est remontée
00:29:03en particulier
00:29:04à la fin
00:29:05de son premier mandat
00:29:06parce que son premier mandat
00:29:07c'était 4 ans
00:29:07son second aussi
00:29:08et il est arrivé
00:29:10au niveau de l'URSS
00:29:11en 91
00:29:12en 2004
00:29:13au même niveau
00:29:15parce que
00:29:16comme l'a bien dit Xavier
00:29:17en particulier
00:29:18en 98
00:29:19l'économie russe
00:29:20s'est totalement effondrée
00:29:21on a changé de monnaie
00:29:23c'est à dire
00:29:23qu'avec l'hyperinflation
00:29:24du jour au lendemain
00:29:25on pouvait avoir
00:29:25un zéro supplémentaire
00:29:26sur les prix
00:29:27donc on était arrivé
00:29:29vraiment à un système
00:29:30complètement effondré
00:29:31c'est à dire
00:29:32que le PIB
00:29:32en 91-92
00:29:34était un peu plus
00:29:35de 500 milliards
00:29:35et en 99
00:29:37du coup après la crise
00:29:39est descendu
00:29:39en dessous de 200
00:29:40avant de remonter
00:29:41à peu près 600
00:29:42en 2004
00:29:43c'est à dire
00:29:44qu'on était vraiment
00:29:44dans une période
00:29:45d'hyperinflation
00:29:46et Poutine a pu
00:29:47remettre en route
00:29:48l'économie correctement
00:29:50et derrière
00:29:50jusqu'en 2008
00:29:51on était dans une croissance
00:29:53gigantesque
00:29:54à un point
00:29:55où il rattrapait
00:29:55même les économies occidentales
00:29:57petit à petit
00:29:58alors c'est intéressant
00:29:59ce que dit Thomas
00:29:59c'est à dire que finalement
00:30:00c'est une vision
00:30:02qu'on a peu
00:30:02de Vladimir Poutine
00:30:03c'est quelqu'un
00:30:04qui est doué
00:30:05sur le volant économique
00:30:06et là on arrive
00:30:07directement justement
00:30:08à cette fameuse gestion
00:30:09ce redressement
00:30:11du pays
00:30:11et cette gestion
00:30:12des oligarques
00:30:13les deux sont liés
00:30:14comment ça se passe ?
00:30:17en fait
00:30:17il y a plusieurs choses
00:30:18effectivement
00:30:19la manière dont
00:30:21Poutine gère
00:30:22les oligarques
00:30:22encore une fois
00:30:23c'est de leur dire
00:30:23d'arrêter de faire
00:30:24de la politique
00:30:24et de payer leurs impôts
00:30:26et la plupart
00:30:27le comprennent
00:30:28il y en a un
00:30:28qui ne le comprend pas
00:30:29c'est Rodorkowski
00:30:29qui est arrêté
00:30:30en 2013
00:30:31et qui sera
00:30:32en 2003 pardon
00:30:34et qui sera libéré
00:30:35au moment des Jeux Olympiques
00:30:36de Sochi
00:30:36et donc
00:30:37ça je pense
00:30:38qui part vivre à Londres
00:30:39non ça c'est Beresowski
00:30:40ah Beresowski
00:30:40Beresowski
00:30:41et donc
00:30:42et lui
00:30:43donc ce sont en fait
00:30:44ce sont les deux
00:30:45qui ne comprennent pas
00:30:46la plupart des autres
00:30:47comprennent
00:30:48et d'ailleurs
00:30:48ils sont toujours là
00:30:49ils ont toujours
00:30:50leur business
00:30:51Derry Pasca
00:30:52par exemple
00:30:53Ruski Allumini
00:30:54Potanin
00:30:55qui a racheté
00:30:56pour une bouchée de pain
00:30:56la Société Générale
00:30:57Rosbank
00:30:58donc ils sont
00:31:00ils sont toujours là
00:31:00ils comprennent
00:31:01qu'en fait
00:31:01il ne faut pas
00:31:02il ne faut pas
00:31:03se mêler de politique
00:31:04et après il y a
00:31:05effectivement
00:31:05donc comme je dis
00:31:06Léa Poutine arrive
00:31:07il bénéficie
00:31:08d'une augmentation
00:31:09significative
00:31:10des prix du pétrole
00:31:11il y a malgré tout
00:31:12donc il y a
00:31:13Genni Primakov
00:31:13son prédécesseur
00:31:14qui a lui un peu
00:31:15préparé le travail
00:31:16et il y a aussi
00:31:18le fait qu'il reste
00:31:20un héritage
00:31:21industriel
00:31:21soviétique
00:31:22et donc la Russie
00:31:24est un pays
00:31:24qui a beaucoup de ressources
00:31:25qui a une industrie
00:31:26qui est vieillissante
00:31:27mais qui grâce
00:31:28à la crise de 98
00:31:29qui va en fait
00:31:31entraîner ce qu'on appelle
00:31:31une dévaluation compétitive
00:31:33et c'est d'ailleurs
00:31:34c'est des choses
00:31:34qu'on retrouvera
00:31:35d'ailleurs tout au long
00:31:35des mandats
00:31:37de Vladimir Poutine
00:31:38c'est que de temps en temps
00:31:38en fait il y a des crises
00:31:39comme en 2013-2014
00:31:41et qui provoque en fait
00:31:43une dévaluation
00:31:44qui est acceptée
00:31:45par la population
00:31:46parce qu'on est en crise
00:31:47donc en 2013-2014
00:31:48c'est Maïdan
00:31:49en 98
00:31:51il y a eu une crise
00:31:52mais ce n'est pas la faute
00:31:52de Poutine
00:31:52et donc finalement
00:31:53les gens
00:31:54comme les Russes
00:31:56ont beaucoup de résilience
00:31:57ils tiennent
00:31:58cette dévaluation
00:32:00qui quand même
00:32:01qui provoque de l'inflation
00:32:02et ça tout d'un coup
00:32:03ça booste la compétitivité russe
00:32:06donc en fait
00:32:07le début des années
00:32:08entre 2000 et 2008
00:32:09c'est vraiment une période
00:32:11de croissance économique
00:32:12on est à 16,5%
00:32:13par an en moyenne
00:32:15voilà
00:32:16jusqu'à la crise
00:32:17des subprimes
00:32:17où là effectivement
00:32:18mais ce n'est pas Poutine
00:32:19qui en porte la responsabilité
00:32:20puisque c'est Medvedev
00:32:22qui s'est fait élire président
00:32:23et donc les gens
00:32:24vont mettre sur le dos
00:32:25de ce pauvre Medvedev
00:32:26puisque la Russie
00:32:27est quand même impactée
00:32:28par cette crise
00:32:29elle sera un des premiers pays
00:32:30à en sortir
00:32:31en 2010
00:32:31on peut estimer
00:32:32qu'elle en est sortie
00:32:34et donc en fait
00:32:38Vladimir Poutine revient
00:32:40en 2012
00:32:41et là on est de nouveau
00:32:42dans un cycle
00:32:42plutôt positif
00:32:44jusqu'à
00:32:45la crise
00:32:47du Maïdan
00:32:48et qui là
00:32:48permet également
00:32:49à la Russie
00:32:49de continuer
00:32:50des réformes
00:32:51et de mettre en place
00:32:52des nouvelles technologies
00:32:55dont on pourra reparler
00:32:57notamment
00:32:57à la carte MIR
00:32:58à la place de la carte ISA
00:32:59puisqu'il y a des sanctions
00:33:00en Crimée
00:33:00le système de messagerie
00:33:02interbancaire
00:33:02le SPFS
00:33:03à la place du SWIFT
00:33:04et en fait
00:33:05d'utiliser les sanctions
00:33:06et les contre-sanctions
00:33:07pour faire décoller
00:33:09des pans entiers
00:33:10de son économie
00:33:11notamment l'agriculture
00:33:12c'est ce qu'on pourrait parler
00:33:13effectivement
00:33:14ces sanctions
00:33:15on en parlera dans cette émission
00:33:16mais Poutine a su
00:33:18en fait
00:33:18tirer de quelque chose
00:33:20de négatif
00:33:20quelque chose
00:33:22d'extrêmement positif
00:33:23pour son pays
00:33:23il y a véritablement
00:33:25économiquement
00:33:26un avant-sanction
00:33:27et un après-sanction
00:33:28pour la Russie
00:33:29qui va vraiment aller
00:33:31sur des pans
00:33:33d'activité
00:33:34qu'elle importait
00:33:35parce que finalement
00:33:36elle ne se donnait pas
00:33:37les moyens
00:33:37alors qu'elle en avait
00:33:38tout à fait la capacité
00:33:39en fait
00:33:39les sanctions
00:33:41sont un accélérateur
00:33:42d'un processus économique
00:33:43qui était de toute manière
00:33:44vertueux pour la Russie
00:33:45mais ce qui va être positif
00:33:48c'est qu'en fait
00:33:48donc il y a les sanctions
00:33:50et les contre-sanctions
00:33:51les sanctions
00:33:52l'Occident a sanctionné
00:33:53sur ce qu'ils vendaient
00:33:54à la Russie
00:33:55et la Russie
00:33:56a sanctionné
00:33:57sur ce qu'elle achetait
00:33:58donc ça a provoqué
00:34:00notamment entre 2014
00:34:01et 2016
00:34:01une inflation
00:34:02parce que par exemple
00:34:03notamment
00:34:03les produits laitiers
00:34:05le lait
00:34:05on aurait dit
00:34:06du plâtre avec de l'eau
00:34:07un certain prix
00:34:08c'était pas bon du tout
00:34:10mais les Russes
00:34:12en fait l'ont admis
00:34:12parce que c'était Maïdan
00:34:13et parce que tout a été mis
00:34:15sur le dos des sanctions
00:34:15mais en fait
00:34:16le décollage de l'agriculture
00:34:17n'est pas dû aux sanctions
00:34:18les sanctions
00:34:20c'est les contre-sanctions
00:34:21c'est la Russie
00:34:22qui a interdit
00:34:23l'importation de produits frais
00:34:24et donc tout d'un coup
00:34:25ça a donné
00:34:26parce qu'à côté de ça
00:34:27il y a eu des investissements
00:34:28il y avait
00:34:28ça avait pas commencé
00:34:29en 2013 ou 2014
00:34:30mais le système
00:34:31l'agriculture russe
00:34:33est en train de se redresser
00:34:34mais tout d'un coup
00:34:35ça a été un accélérateur
00:34:36et on peut dire
00:34:36qu'à partir de 2016
00:34:38la Russie
00:34:39devient compétitive
00:34:42et est capable
00:34:43de subvenir
00:34:43à quasiment tous ses besoins
00:34:44du point de vue agricole
00:34:45et aujourd'hui
00:34:46c'est le premier exportateur
00:34:47de blé
00:34:47elle est auto-obligée
00:34:49finalement
00:34:49c'est ça
00:34:50et elle a surtout
00:34:51s'attiré à un autre secteur
00:34:53qui est le secteur
00:34:53des machines agricoles
00:34:54qui est devenu aussi
00:34:55qui a attiré
00:34:56l'industrie russe
00:34:58et c'est pour ça
00:34:59qu'en 2022
00:35:00j'ai dit
00:35:01et j'ai dit
00:35:01je pense qu'une des raisons
00:35:02pour lesquelles
00:35:03Vladimir Poutine
00:35:03a fait l'opération militaire spéciale
00:35:05c'était pour sauver
00:35:06le peuple du Donbass
00:35:07c'était les menaces
00:35:08de Zelensky
00:35:08qui voulait récupérer
00:35:09l'arme nucléaire
00:35:10etc
00:35:10mais je pense aussi
00:35:11c'est pour faire faire
00:35:12encore un saut qualitatif
00:35:13grâce aux sanctions
00:35:14je pense que Vladimir Poutine
00:35:16comptait sur les sanctions
00:35:17d'ailleurs quand il prend la parole
00:35:19au début
00:35:20il dit
00:35:20de toute manière
00:35:21les sanctions
00:35:21il nous les aurait mises
00:35:22tôt ou tard
00:35:22et donc
00:35:23il a eu raison
00:35:25il y a plus de 30 000 sanctions
00:35:26je crois
00:35:27dans ces eaux là
00:35:28la Russie
00:35:29ça fait rire tout le monde ici
00:35:30oui ça fait rire tout le monde
00:35:31parce qu'on a vu
00:35:32notamment un résultat
00:35:34du FMI
00:35:35qui classait la Russie
00:35:37comme pays
00:35:38économie
00:35:38troisième économie mondiale
00:35:40quatrième
00:35:40quatrième pardon
00:35:41donc effectivement
00:35:42plus de 30 000 sanctions
00:35:44quatrième économie mondiale
00:35:46c'est pas si mal
00:35:47finalement ça peut donner
00:35:48des idées à la France
00:35:48là dessus
00:35:50alors
00:35:50question
00:35:51la popularité
00:35:53de Vladimir Poutine
00:35:54tu en as parlé
00:35:56est-ce qu'elle est liée
00:35:58au fait que
00:35:59beaucoup de programmes
00:36:00notamment pour
00:36:01aider les familles
00:36:02pour le développement
00:36:03tu parlais du médical
00:36:05du scolaire
00:36:07on peut parler du sport
00:36:08également
00:36:08toute cette hygiène
00:36:10de vie
00:36:11entre guillemets
00:36:11qui s'est constituée
00:36:12autour des familles
00:36:13tout ce socle
00:36:15on en parlera avec Xavier
00:36:16sur les valeurs sociétales
00:36:17les valeurs
00:36:18de l'orthodoxie
00:36:20etc
00:36:20est-ce que ça aussi
00:36:21c'est un marque de Poutine
00:36:22alors je pense
00:36:24qu'il y a la sécurité
00:36:24en particulier
00:36:25parce que les années 90
00:36:26c'était vraiment chaotique
00:36:28c'est-à-dire que
00:36:29quand on
00:36:29alors moi j'étais pané
00:36:30comme tu avais dit
00:36:31Xavier y était
00:36:32oui mais encore
00:36:33les années 90
00:36:34on va raconter
00:36:35que ça allait jusqu'à peu près
00:36:362004
00:36:36au niveau sécuritaire
00:36:39ça a été la transition
00:36:40c'était vraiment
00:36:40le premier mandat
00:36:41à tous les niveaux
00:36:42que ce soit économique
00:36:43sécuritaire
00:36:43sociétal aussi
00:36:44et une forme de patriotisme
00:36:45je pense que ça
00:36:46qui s'est redéveloppé
00:36:47par derrière
00:36:47les russes sont devenus
00:36:48beaucoup plus fiers
00:36:49de leur pays
00:36:50aussi grâce à Poutine
00:36:51et ça
00:36:52c'est-à-dire que
00:36:53au fond
00:36:53quand on regarde
00:36:54la popularité
00:36:55elle est à plus de 80%
00:36:56après 25 ans
00:36:57aujourd'hui
00:36:58aujourd'hui
00:36:58on est à 83
00:36:59si je dis pas de bêtises
00:37:00selon le centre Levada
00:37:01qui est payé
00:37:02par les occidentaux
00:37:02par ailleurs
00:37:03donc c'est pas
00:37:04de la propagande russe
00:37:05oui qui est basé
00:37:05dans les pays baltes
00:37:06oui bon voilà
00:37:07il y a un petit
00:37:08c'est pas
00:37:09l'œil de Moscou
00:37:10c'est pas des agents
00:37:12du Kremlin
00:37:12c'est ça
00:37:13et je pense que
00:37:14c'est surtout pour ça
00:37:15au fond
00:37:16moi je le vois même
00:37:17dans la jeunesse russe
00:37:18il y a quand même
00:37:19une volonté
00:37:20d'avoir quelqu'un d'autre
00:37:21mais pour qui
00:37:22et pourquoi au final
00:37:23est-ce que c'est pour revenir
00:37:24dans les années 90
00:37:25dans ce cas là
00:37:25vaut mieux largement
00:37:26voir Vladimir Poutine
00:37:27c'est sûr que bon
00:37:2825 ans
00:37:28moi j'ai connu quasiment
00:37:29que lui
00:37:29si je chipote
00:37:31c'est à quelques mois près
00:37:32parce que j'étais encore bébé
00:37:33quand il est arrivé
00:37:33mais on voit bien ici
00:37:35que dans tous les cas
00:37:35les gens sont fiers
00:37:37les jeunes sont très fiers
00:37:38de la Russie
00:37:39ce qu'elle est devenue
00:37:41par rapport à ce que
00:37:42leurs parents racontaient
00:37:43et effectivement
00:37:44
00:37:45on le voit même
00:37:46dans la volonté
00:37:47dans les valeurs familiales
00:37:49qu'on va parler après
00:37:50mais d'avoir par exemple
00:37:51trois enfants
00:37:52plutôt qu'un ou deux
00:37:53voire zéro
00:37:54chez les plus jeunes
00:37:55que l'hôpital
00:37:57ils peuvent y aller
00:37:58les yeux fermés
00:37:59qu'il n'y aura pas
00:38:00comment dire
00:38:01un médecin alcoolique
00:38:02qui va les opérer
00:38:04qu'ils peuvent s'éduquer
00:38:06extrêmement facilement
00:38:07avec des valeurs
00:38:08en plus de ça
00:38:09contrairement à l'ouest
00:38:10quand ils y vont
00:38:11et surtout
00:38:12qu'ils comprennent
00:38:13petit à petit
00:38:14que leur pays
00:38:15des années 90
00:38:16n'est pas le pays actuel
00:38:17et tout cela
00:38:18grâce à Vladimir Poutine
00:38:19et grâce à toutes ces réformes
00:38:21et les russes sont fiers
00:38:23en fait
00:38:24c'est vrai ça Xavier
00:38:25parce que moi
00:38:26ça fait un peu moins
00:38:27d'une quinzaine d'années
00:38:28que je viens en Russie
00:38:29quand je suis arrivé
00:38:30je me souviens
00:38:30beaucoup de jeunes cadres
00:38:32moscovites
00:38:33me disaient
00:38:34on en a marre de Poutine
00:38:35on veut quelqu'un
00:38:35on a envie de voir
00:38:36du changement
00:38:37ils étaient hostiles
00:38:38et on a vu
00:38:39moi je l'ai vu
00:38:40d'intérieur
00:38:41ce changement
00:38:43ce revirement
00:38:45pour faire
00:38:47pour faire corps
00:38:49avec la nation
00:38:49et avec leur président
00:38:50Vladimir Poutine
00:38:51de ces personnes
00:38:52qui étaient entre guillemets
00:38:54en opposition au départ
00:38:55c'est encore une fois
00:38:58c'est quoi ?
00:38:58c'est les sanctions
00:38:59qui ont ressoudé
00:39:00le peuple russe
00:39:01ou c'est les sanctions
00:39:02plus le développement
00:39:04du pays
00:39:04le pays a radicalement
00:39:06changé entre les années 90
00:39:07que tu as connues
00:39:08et aujourd'hui 2025
00:39:09c'est un petit peu
00:39:11de tout ça ?
00:39:13Oui je pense
00:39:13qu'il y a toujours eu
00:39:15de toute manière
00:39:15et ça c'est dans
00:39:16toutes les capitales
00:39:17ce qu'on appelle ici
00:39:18des libérales
00:39:20qu'on pourrait traduire
00:39:20par des gauchistes
00:39:22donc une espèce
00:39:23de bourgeoisie aisée
00:39:24qui est toujours
00:39:26fantasmée sur l'occident
00:39:28c'est à dire
00:39:29l'herbe est plus verte ailleurs
00:39:30Ah il fantasme
00:39:31beaucoup moins maintenant
00:39:32Mais ça c'est
00:39:33précisément
00:39:33mais ça c'est ce qui s'est passé
00:39:34où encore
00:39:35on a eu les dernières
00:39:35manifestations
00:39:36relativement importantes
00:39:39mais il faut encore une fois
00:39:40relativiser
00:39:41en 2011 et 2012
00:39:42au moment précisément
00:39:43où Medvedev a dit
00:39:44bon bah je me retire
00:39:45et c'est Vladimir Poutine
00:39:46qui sera candidat
00:39:47donc là on les a vus
00:39:48on les a vus dans la rue
00:39:49il y a eu aussi
00:39:50le contre-coup de la crise
00:39:52de 2008
00:39:52c'est que la Russie
00:39:53l'a prise
00:39:54a subi les conséquences
00:39:56donc à ce moment là
00:39:57et c'est Medvedev
00:39:59qu'en a porté
00:39:59la responsabilité
00:40:00alors qu'il n'y était pour rien
00:40:01donc à ce moment là
00:40:02il y a eu un moment
00:40:03où une partie
00:40:04de la bourgeoisie
00:40:05gauchiste
00:40:06russe
00:40:07aurait voulu
00:40:09que ce soit
00:40:10comme en Occident
00:40:11sans se rendre compte
00:40:12d'ailleurs
00:40:13parce que c'est une génération
00:40:15déjà à l'époque
00:40:15vieillissante
00:40:16que l'Occident
00:40:17est en train
00:40:17de s'effondrer
00:40:18on voit très bien
00:40:19le sentiment que j'avais
00:40:21quand j'arrive en Russie
00:40:22en 2000
00:40:23et où on se disait
00:40:25c'est comme un peu
00:40:25le tiers-monde blanc
00:40:26aujourd'hui c'est exactement
00:40:27l'inverse
00:40:28sauf qu'il n'est pas blanc
00:40:29d'ailleurs
00:40:29quand on arrive à Paris
00:40:30mais
00:40:30donc il y a
00:40:33cette espèce
00:40:33de décrochage
00:40:34économique
00:40:34et à l'époque
00:40:36c'était l'inverse
00:40:37mais on a toujours senti
00:40:38le potentiel
00:40:39donc l'opposition
00:40:40en Russie
00:40:41elle n'est pas
00:40:42elle n'est pas à Moscou
00:40:44en fait
00:40:44et surtout
00:40:45elle est plus dure
00:40:46que Vladimir Poutine
00:40:47il y en a deux
00:40:47il y a les communistes
00:40:48et les nationalistes
00:40:50et l'un et l'autre
00:40:51pensent toujours
00:40:52que Poutine n'en fait pas assez
00:40:53notamment en politique
00:40:54étrangère
00:40:55et après
00:40:55pour ce qui est
00:40:56de la politique intérieure
00:40:57finalement tout le monde
00:40:58comprend bien
00:40:58que Vladimir Poutine
00:41:00gère ça comme un père de famille
00:41:01qu'il essaie d'être
00:41:03le plus prudent possible
00:41:04notamment
00:41:05quelques fois trop
00:41:06avec des taux d'intérêt
00:41:06très élevés
00:41:07pour éviter l'inflation
00:41:08ce qui est de lui reprocher
00:41:09quelques fois
00:41:10mais globalement
00:41:10on a une
00:41:11Poutine mène les affaires
00:41:13de manière
00:41:14assez conservatrice
00:41:15et ça
00:41:16et surtout
00:41:17ce que les Russes veulent
00:41:18c'est de la stabilité
00:41:19pour revenir à ce que je disais
00:41:21il faut bien comprendre
00:41:21que dans les années 90
00:41:22c'est une succession
00:41:24de crises
00:41:24très grave
00:41:25très très grave
00:41:26avec une inflation
00:41:27à des milliers
00:41:28de pourcents
00:41:28donc en fait
00:41:30ce que Poutine a donné
00:41:31quoi qu'il arrive
00:41:31même quand il y a
00:41:32des difficultés
00:41:34c'est la stabilité
00:41:35et quand vous demandez
00:41:36aux Russes
00:41:36ce qu'ils veulent
00:41:36et ce dont on parle
00:41:37à Vladimir Poutine
00:41:38c'est la stabilité
00:41:39la sécurité
00:41:40la stabilité
00:41:41comment ça s'appelle
00:41:44les quatre premières années
00:41:45comme l'a dit
00:41:46premières années
00:41:46pardon
00:41:47comme l'a dit
00:41:48comme l'a dit Thomas
00:41:50c'est vrai que ça a été
00:41:51l'année de la transition
00:41:52par rapport à l'anarchie
00:41:53des années 90
00:41:53pendant quatre ans
00:41:54il a eu un premier ministre
00:41:55qui était un libéral né
00:41:57un type vendu
00:41:58aux intérêts étrangers
00:41:59qui était Kassianov
00:42:00donc il a réussi à le gérer
00:42:01et ensuite
00:42:02il l'avait
00:42:02il l'a viré
00:42:03il l'a viré
00:42:04et c'était le moment
00:42:06du nettoyage aussi
00:42:06de la mafia
00:42:07il faut le dire
00:42:07il y a beaucoup de mafieux
00:42:08qui ont disparu
00:42:09sans doute dans les forêts
00:42:10de Moscou
00:42:10beaucoup qui ont été
00:42:11emprisonnés
00:42:12donc dressage des oligarques
00:42:14il y a toute une période
00:42:15de transition
00:42:16qui dure pendant quatre ans
00:42:17et petit à petit
00:42:18en fait
00:42:18la Russie
00:42:19la Russie va être remise
00:42:21sur les rails
00:42:21il rembourse très rapidement
00:42:22la dette
00:42:22du club de Paris
00:42:24donc la Russie
00:42:25n'a plus de dette
00:42:25et même un pays
00:42:26qui a une capacité
00:42:28un budget de sécurité
00:42:30tout à fait
00:42:31tout à fait
00:42:31et donc à partir de 2004
00:42:33aussi
00:42:33c'est le redressement
00:42:34début de renassement
00:42:35de l'armée
00:42:35le ministère de la défense
00:42:37recommence à passer
00:42:38des commandes
00:42:39etc
00:42:39des matériels
00:42:40qu'on a vu livrer
00:42:40dix ans après
00:42:41comme le Scoi 34
00:42:42qui fait des merveilles
00:42:43enfin c'est bon pour qui
00:42:44sur le champ de bataille ukrainien
00:42:50donc et petit à petit
00:42:53le retour de la Russie
00:42:54sur la scène internationale
00:42:55notamment par le fameux
00:42:57discours de Munich
00:42:57de 2007
00:42:58où là on a eu déjà
00:43:00deux révolutions colorées
00:43:01une en Géorgie
00:43:02une en Ukraine
00:43:04et c'est là où Poutine
00:43:06dit maintenant
00:43:07il va falloir arrêter
00:43:07et malheureusement
00:43:09il n'est pas écouté
00:43:11il ne sera pas écouté
00:43:12ni par Georges de Gauche
00:43:13ni par Barack Obama
00:43:15et ça nous amène
00:43:16là où on est aujourd'hui
00:43:17donc il y a petit à petit
00:43:18donc cette remontée
00:43:18en puissance
00:43:19et donc petit à petit
00:43:22il y a un changement
00:43:22de génération
00:43:23il faut bien se rendre compte
00:43:24qu'un jeune aujourd'hui
00:43:25qui est né quand Poutine
00:43:26est arrivé
00:43:26donc en 2000
00:43:27il a 25 ans
00:43:28il ne sait pas ce que c'est
00:43:29que les années 90
00:43:30il ne sait pas ce que c'est
00:43:30que l'URSS
00:43:31mais ceci étant
00:43:32il y a beaucoup de souverainisme
00:43:34et de patriotisme
00:43:35en Russie
00:43:36chez les jeunes
00:43:36c'est ce que je voulais dire
00:43:37c'est la base
00:43:38justement
00:43:38cette fierté des jeunes
00:43:40pour leur pays
00:43:41c'est ce que je voulais dire
00:43:41c'est qu'en plus ces jeunes là
00:43:43je pense que quelqu'un
00:43:44aujourd'hui qui a 20 ans
00:43:45qui a pu voyager
00:43:46je ne sais pas un peu
00:43:47en Allemagne ou en France
00:43:48quand on lui dit
00:43:49qu'il y a une génération
00:43:49la génération d'avant
00:43:50elle rêvait d'Occident
00:43:51elle trouvait que c'était mieux ailleurs
00:43:53je pense que pour lui
00:43:54ça doit être lunaire
00:43:55comme disent les jeunes
00:43:55ils ne comprennent pas
00:43:57qu'est-ce qui leur plaît
00:43:58quand vous arrivez à Paris
00:44:00c'est horrible
00:44:00c'est triste
00:44:01j'ai beaucoup aimé Paris
00:44:03mais donc je pense que
00:44:05aujourd'hui
00:44:05donc il se dit
00:44:06finalement c'est mieux chez nous
00:44:07donc là on est
00:44:08à un moment où
00:44:09la Russie domine militairement
00:44:11c'est la première puissance
00:44:12économique européenne
00:44:13la quatrième mondiale
00:44:14je pense que la politique
00:44:17démographique va finir
00:44:18par donner ses résultats
00:44:19d'ailleurs il suffit
00:44:20de regarder dans la rue
00:44:20il y a de plus en plus d'enfants
00:44:21et donc en fait
00:44:23et quand on se compare
00:44:24ce qui n'était pas le cas avant
00:44:26quand on se compare
00:44:27on se dit
00:44:27en fait c'est mieux chez nous
00:44:28et d'ailleurs
00:44:30on l'a vu
00:44:31c'était Bloomberg
00:44:31le relatait il y a un an
00:44:34qu'il y a eu
00:44:35des départs
00:44:36au moment de la mobilisation
00:44:37en 2022
00:44:38et ils sont tous
00:44:39en train de revenir
00:44:39alors justement
00:44:40il y a plein de questions
00:44:42qui sont extrêmement passionnantes
00:44:43sur ces 25 années de Poutine
00:44:46la natalité en Russie
00:44:49c'est un sujet premier
00:44:50de Vladimir Poutine
00:44:51comment ça se passe concrètement
00:44:54qu'est-ce qu'il met en place
00:44:56comme programme
00:44:56quelles incitations
00:44:58pour les familles
00:44:58il met en place
00:45:01pour les aider
00:45:02et les accompagner
00:45:03notamment dans
00:45:03leur volonté
00:45:05d'avoir une famille nombreuse
00:45:06alors déjà
00:45:07il y a ce qu'on appelle
00:45:07le matcapital
00:45:08donc c'est l'aide économique
00:45:10pour les enfants
00:45:12en particulier
00:45:12à partir du troisième
00:45:13et ça Xavier
00:45:14pourra en parler
00:45:15un peu plus que moi
00:45:16c'est beaucoup d'argent
00:45:18qui est donné
00:45:18alors qui est utilisable
00:45:19que dans certains cas
00:45:20c'est-à-dire que
00:45:21c'est pas utilisable
00:45:21pour acheter une télévision
00:45:22ou pour
00:45:23comme on peut avoir
00:45:24par exemple
00:45:25certaines aides en France
00:45:26qui sont utilisables
00:45:27dans d'autres cas
00:45:28là c'est vraiment
00:45:29très spécifique
00:45:29c'est pour l'éducation
00:45:30des enfants
00:45:30c'est pour le logement
00:45:31en particulier
00:45:32et d'autres cas
00:45:33plus secondaires
00:45:35ce sont ceux
00:45:35qui sont moins utilisés
00:45:36moi dans mon entourage
00:45:37c'est toujours
00:45:38quasiment pour le logement
00:45:39parce que l'éducation
00:45:40c'est utilisable
00:45:41à partir de 18 ans
00:45:41donc l'enfant
00:45:42il a encore le temps
00:45:43de voir évoluer
00:45:44et c'est surtout
00:45:46dans ce cas là
00:45:47la démographie reste
00:45:48un problème
00:45:48ça c'est certain
00:45:49ça augmente
00:45:50je suis tout à fait
00:45:51d'accord avec Xavier
00:45:51et en termes de mentalité
00:45:53c'est surtout
00:45:53ma génération
00:45:54qui va vraiment changer
00:45:57c'est-à-dire
00:45:57que la génération
00:45:58plutôt occidentalisée
00:45:59c'est ceux
00:45:59des 30-35 ans
00:46:00à peu près
00:46:00ceux qui ont connu
00:46:02comment dire
00:46:03les années 90
00:46:04et cette occidentalisation
00:46:07de la société
00:46:07avec beaucoup de choses
00:46:09on pouvait voir
00:46:10consommation
00:46:10individualisme
00:46:12le côté un peu aussi
00:46:13LGBT
00:46:13qui était beaucoup plus ouvert
00:46:15la volonté
00:46:16avec des spectacles
00:46:17même au Kremlin
00:46:18il y avait des choses
00:46:20comme ça
00:46:20où il y avait
00:46:22disons
00:46:22une vision
00:46:23totalement différente
00:46:25de ce qu'on a actuellement
00:46:26en Russie
00:46:26qui était beaucoup plus ouvert
00:46:28parce que
00:46:28il y avait
00:46:29toutes les ONG
00:46:29étrangères
00:46:30qui étaient là
00:46:31et qui mettaient le paquet
00:46:32cela dit
00:46:33par exemple
00:46:34l'ancien maire de Moscou
00:46:35Yuri Louchkov
00:46:37là-dessus
00:46:37il avait toujours été radical
00:46:38sur la Gap Ride
00:46:39ah oui
00:46:40il n'y a pas de
00:46:41là c'était les concerts
00:46:43etc
00:46:43qui étaient vraiment
00:46:44très déviants
00:46:45c'est vrai que
00:46:46maintenant
00:46:47notamment depuis
00:46:47l'opération militaire spéciale
00:46:49tout ce qui est
00:46:50LGBT
00:46:51est chassé
00:46:52il y a une loi
00:46:53également
00:46:53qui est passée
00:46:54qui a d'abord été testée
00:46:55à Saint-Pétersbourg
00:46:56qui est passée
00:46:56au début des années 2010
00:46:58contre la propagande LGBT
00:47:00pour les mineurs
00:47:01et qui a été d'ailleurs
00:47:02même on va dire radicalisée
00:47:03puisque maintenant
00:47:04c'est tout simplement
00:47:04c'est interdit
00:47:05voilà
00:47:05on n'en parle pas
00:47:06alors
00:47:06je tiens à proposer
00:47:08les homosexuels
00:47:08ne sont pas pour chasser
00:47:09vous faites ce que vous voulez
00:47:11chez vous
00:47:11mais en revanche
00:47:12on en parle
00:47:12ça n'a pas sa place
00:47:13c'est à dire qu'il n'y a pas
00:47:14de propagande
00:47:15qui peut être faite
00:47:15ça on est d'accord
00:47:16justement
00:47:17cette question là
00:47:18est-ce que c'est lié
00:47:20au retour de l'orthodoxie
00:47:22en Russie
00:47:22et d'ailleurs
00:47:22je vais même poser une question
00:47:24dans la question
00:47:24on dit
00:47:25Dieu est mort
00:47:26se font en Russie
00:47:28est-ce que Poutine a volontairement
00:47:30s'est volontairement appuyé
00:47:31sur l'orthodoxie
00:47:33non c'est le fait de Dieu
00:47:34il faut voir une chose
00:47:37s'il se passait quelque chose
00:47:37d'assez exceptionnel
00:47:38c'est la rousse
00:47:41donc la première Russie
00:47:44la rousse de Kiev
00:47:45comme on l'appelle
00:47:46mais il n'était pas qu'à Kiev
00:47:47a été baptisée en 988
00:47:50donc le prince Vladimir
00:47:52est allé à Kersonez
00:47:53il a reçu le baptême
00:47:54on ne parle pas de Vladimir Poutine
00:47:55non non
00:47:56il y a 1000 ans
00:47:57et donc son
00:47:58et ensuite
00:48:00il est revenu
00:48:00il est revenu à Kiev
00:48:02et il a jeté
00:48:03les idoles païennes
00:48:03dans le Dniepr
00:48:04et il a
00:48:06il a converti
00:48:09son peuple
00:48:09et donc
00:48:10la Russie est devenue
00:48:12à ce moment là
00:48:12elle a choisi
00:48:13le christianisme oriental
00:48:14et donc
00:48:15les bolcheviques
00:48:16bien sûr
00:48:17s'en sont pris
00:48:17il y a eu plus de martyrs
00:48:19contre l'église orthodoxe
00:48:21dans les années 20 et 30
00:48:22que dans toute l'histoire
00:48:22de la chrétienté
00:48:23il faut quand même
00:48:23bien s'en rendre compte
00:48:24ils ont été pourchassés
00:48:25il y a un premier retour
00:48:28de tolérance religieuse
00:48:29au moment de la grande guerre
00:48:30patriotique
00:48:31puisque Staline comprend
00:48:32qu'il faut mieux que tout le monde
00:48:33soit d'accord
00:48:34que le communisme c'est bien
00:48:36mais que Dieu aussi
00:48:36c'est pas mal pour
00:48:37voilà
00:48:38donc il y a une certaine liberté religieuse
00:48:40qui est redonnée
00:48:41et il y a
00:48:41il y aura encore des persécutions
00:48:43après la grande guerre patriotique
00:48:44mais il y aura un patriarche
00:48:45alors le patriarche
00:48:45il est choisi par le KGB
00:48:47jusqu'en
00:48:50jusqu'en 90 en gros
00:48:52donc ça c'est les premières élections libres
00:48:53on a donc Alexis II
00:48:54qui est élu
00:48:54et maintenant le patriarche Kyrille
00:48:55mais ce qui se passe
00:48:56de très important
00:48:57c'est que
00:48:57en 1988
00:49:01pardon
00:49:03donc on est encore en URSS
00:49:04c'est les 1000 ans
00:49:05du baptême de la Rousse de Kiev
00:49:07et
00:49:08pour se faire bien voir
00:49:09puisqu'il y a une libéralisation
00:49:11Gorbatchev
00:49:13donne l'autorisation
00:49:14de célébrer
00:49:15de célébrer
00:49:16cet événement
00:49:18et en fait
00:49:19à la grande surprise générale
00:49:21les gens vont se faire baptiser
00:49:23dans la Neva
00:49:24à Saint-Pétersbourg
00:49:25dans la Moskva
00:49:26partout en fait
00:49:27on s'aperçoit
00:49:27que la foi
00:49:28s'est maintenue
00:49:29par les mères
00:49:30les grands-mères
00:49:31et Poutine lui-même le dira
00:49:32il a été baptisé
00:49:33clandestinement par sa mère
00:49:35et donc en fait
00:49:36finalement
00:49:36l'orthodoxie a tenu bon
00:49:38et donc on va assister
00:49:39à une renaissance religieuse
00:49:41d'autant plus que la Russie
00:49:42se définit
00:49:43non pas comme un état
00:49:44inconfessionnel
00:49:45mais comme un état
00:49:46multiconfessionnel
00:49:47et que
00:49:48finalement
00:49:49ce que fait Poutine
00:49:49simplement
00:49:50il va dans le sens
00:49:51de ce que pense
00:49:51sa population
00:49:52et comme d'ailleurs
00:49:53paradoxalement
00:49:54les pays d'Europe de l'Est
00:49:56sont restés
00:49:56beaucoup plus conservateurs
00:49:57dans leur mœur
00:49:59que les pays
00:49:59d'Europe de l'Ouest
00:50:00qui ont été très influencés
00:50:01par la révolution sexuelle
00:50:03aux Etats-Unis
00:50:03en mai 68
00:50:04tout ça on l'a pas eu
00:50:06en fait finalement
00:50:06d'autant plus que finalement
00:50:07les valeurs communistes
00:50:08c'est des valeurs assez viriles
00:50:09le culte de l'armée
00:50:10de la victoire
00:50:11du soldat
00:50:12etc.
00:50:14donc en fait
00:50:15je dirais que
00:50:16Vladimir Poutine
00:50:16n'a fait que
00:50:17récupérer une tendance de fond
00:50:19et en l'accentuant
00:50:21parce qu'après
00:50:21il a sa conviction
00:50:22personnelle
00:50:23il a sa conviction
00:50:24parce que
00:50:24c'est pas comme
00:50:25notre président à nous
00:50:26lui a véritablement
00:50:28une orthodoxie
00:50:29qui lui tient
00:50:31Emmanuel Macron est un militant
00:50:32LGBT
00:50:32fanatique
00:50:33et donc en fait
00:50:35il impose
00:50:36sa religion
00:50:37à la population française
00:50:39et d'ailleurs
00:50:40de toute manière
00:50:40c'est un peu ce qu'on a vu
00:50:41également
00:50:43en Russie
00:50:44c'est que
00:50:44finalement
00:50:45c'est le peuple
00:50:46qui impose
00:50:47ses mœurs
00:50:48aux élites
00:50:49avec le Nier Poutine
00:50:50c'est ce qui s'est passé
00:50:50parce qu'effectivement
00:50:52il y avait eu des tentatives
00:50:52dans les années 90
00:50:53par les ONG
00:50:54de pervertir
00:50:55le peuple russe
00:50:56et en France
00:50:57on a observé
00:50:58la même chose
00:50:58c'est à dire que par exemple
00:50:59Clovis se fait baptiser
00:51:01parce que le peuple
00:51:02pousse derrière
00:51:03il finit par prendre
00:51:05finalement
00:51:05la religion
00:51:06oui de Sainte-Claude
00:51:07mais également
00:51:08du peuple français
00:51:09alors qu'on observe
00:51:11le phénomène inverse
00:51:12au moment de la révolution
00:51:13qu'elle soit française
00:51:14ou bolchevique
00:51:15c'est à dire
00:51:15que c'est la religion
00:51:16c'est à dire
00:51:17je dirais
00:51:19la laïcité
00:51:20à la française
00:51:20qui est en fait
00:51:21un athéisme militant
00:51:22qui s'impose
00:51:23qui est imposé
00:51:24au reste de la population
00:51:25et ça fait de 130 ans
00:51:26que ça dure
00:51:26et c'est ce qui se passe
00:51:28avec les bolcheviques
00:51:29c'est à dire
00:51:29une espèce de culte
00:51:31de la révolution
00:51:31internationaliste
00:51:33du communisme
00:51:34et de tentative
00:51:35de destruction
00:51:36qui échoue
00:51:37visiblement
00:51:37qui échoue
00:51:38de l'orthodoxie
00:51:40alors ce qu'on trouve
00:51:41et moi ce que je trouve
00:51:42extrêmement singulier
00:51:43à la Russie
00:51:44et vers un moment
00:51:45on le retrouve
00:51:46absolument pas
00:51:47en Occident
00:51:48c'est que
00:51:48chez les jeunes
00:51:49aujourd'hui en Russie
00:51:50l'orthodoxie
00:51:51c'est quelque chose
00:51:52qui est important pour eux
00:51:53il y a vraiment
00:51:54une prise personnelle
00:51:58de ce combat orthodoxique
00:52:00des valeurs
00:52:01de la famille
00:52:02on en parlait
00:52:03effectivement
00:52:04c'est pas uniquement
00:52:05un combat
00:52:06je dirais
00:52:07des vieilles générations
00:52:08c'est un combat
00:52:09moderne en Russie
00:52:10est-ce que
00:52:11en ce sens
00:52:12je dirais
00:52:14est-ce que la Russie
00:52:15est une terre d'avenir
00:52:16pour la famille
00:52:17sur l'avenir
00:52:19sur un parti
00:52:20uniquement familier
00:52:21oui incontestablement
00:52:23Thomas l'a très bien décrit
00:52:25il y a toute une série
00:52:25alors qu'il n'est pas encore
00:52:27mal
00:52:27il n'a pas encore d'enfant
00:52:28il s'est tombé un peu
00:52:29sur le capital maternel
00:52:30t'es en retard
00:52:31surtout qu'à 25 ans
00:52:33c'est l'âge
00:52:34normalement
00:52:34en Russie c'est quoi
00:52:36c'est 23 ans à peu près
00:52:37c'est 25 à peu près
00:52:3825 maintenant
00:52:39et en fait
00:52:40le capital maternel
00:52:41c'est la première année
00:52:43mais après
00:52:43il y a plein de choses
00:52:44qui s'ajoutent
00:52:45par exemple
00:52:45aujourd'hui
00:52:46les taux d'intérêt
00:52:46sont très élevés
00:52:47la banque centrale
00:52:48c'est 20%
00:52:49mais quand vous avez
00:52:50des enfants
00:52:50de moins de 6 ans
00:52:52vous pouvez avoir
00:52:53emprunté un taux favorable
00:52:54en ce moment
00:52:55c'est 5%
00:52:55donc il y a aussi
00:52:57vous avez des parkings gratuits
00:52:58dans tout Moscou
00:52:59les transports en commun
00:53:00gratuits
00:53:01dans Moscou
00:53:02et sa région
00:53:02donc en fait
00:53:03vous avez
00:53:04beaucoup d'aides
00:53:05aussi pour les enfants
00:53:06pour faire
00:53:07des activités
00:53:08parascolaires
00:53:10donc peinture
00:53:10piscine
00:53:11n'importe quoi
00:53:12culturel
00:53:13je suis famille nombreuse
00:53:14on ne paye pas la cantine
00:53:15à l'école
00:53:17il y a énormément
00:53:18d'aides
00:53:19qui sont données
00:53:20et effectivement
00:53:21vos enfants sont préservés
00:53:23c'est à dire
00:53:23vous savez
00:53:24vous ne vivez pas
00:53:25dans l'angoisse
00:53:26qu'un jour
00:53:27vous allez avoir
00:53:28des trans
00:53:28qui vont débarquer
00:53:29dans l'école
00:53:29de vos enfants
00:53:30pour leur expliquer
00:53:31que si on
00:53:32je caricature
00:53:33mais si on se coupe
00:53:33le pénis
00:53:34on peut devenir une fille
00:53:34donc ça
00:53:36si vous voulez
00:53:37on est
00:53:37par exemple
00:53:38quand mes enfants
00:53:38vont à l'école
00:53:39je n'ai
00:53:39mes enfants sont
00:53:40à l'école publique
00:53:41juste à côté de chez nous
00:53:42il y a un enseignement
00:53:44religieux
00:53:44pour ceux qui le souhaitent
00:53:46donc les religions
00:53:48dites traditionnelles
00:53:50en Russie
00:53:51et donc en fait
00:53:52on est serein
00:53:55quand on voit
00:53:55ses enfants à l'école
00:53:56on est serein
00:53:57et quand je vois
00:53:58quand j'écoute
00:53:59mes amis français
00:54:00eux ne le sont pas
00:54:01surtout pas dans le public
00:54:02ici oui
00:54:03venez
00:54:03si vous voulez
00:54:04vous installer
00:54:04pour vos enfants
00:54:06la Russie
00:54:08c'est vraiment
00:54:09le pays
00:54:09il y a du potentiel
00:54:11il y a d'autres pays
00:54:11d'Europe de l'Est
00:54:12qui sont encore sains
00:54:13mais globalement
00:54:14si vous voulez
00:54:14un pays européen
00:54:15avec un potentiel économique
00:54:18la première puissance
00:54:19économique européenne
00:54:19c'est la Russie
00:54:20impontestablement
00:54:21alors
00:54:21il y a un dernier sujet
00:54:23qu'on n'a pas abordé
00:54:24j'ai gardé le meilleur
00:54:25pour la fin
00:54:26l'opposition politique
00:54:27en Russie
00:54:28Thomas
00:54:29tu avais fait une vidéo
00:54:31il y a de ça
00:54:31quelques temps
00:54:32où tu expliquais
00:54:34que finalement
00:54:35Vladimir Poutine
00:54:35était un centriste
00:54:37alors c'était très provocateur
00:54:38Xavier
00:54:39tu as dit
00:54:39que les oppositions
00:54:40tout à l'heure
00:54:41tu l'as dit
00:54:41étaient beaucoup plus
00:54:42nationalistes
00:54:44et beaucoup plus virulentes
00:54:45notamment sur les questions
00:54:47internationales
00:54:48rentrons dans le sujet
00:54:49est-ce qu'il y a aujourd'hui
00:54:50une opposition politique
00:54:51en Russie
00:54:52et comment elle est structurée
00:54:54on a beaucoup parlé
00:54:55il y a de ça
00:54:55un an
00:54:56un an et demi
00:54:56ou deux ans
00:54:57même maintenant
00:54:58de l'année
00:54:59de tous ces mouvements
00:55:01qui devaient
00:55:02renverser à table
00:55:04et prendre le pouvoir
00:55:05alors ça faisait un petit peu rire
00:55:06vu d'ici quand même
00:55:07ceci étant
00:55:08vu leur manque de popularité
00:55:09qu'est-ce qu'on peut en dire
00:55:11alors Xavier a fait
00:55:12une excellente introduction
00:55:14vis-à-vis de l'opposition
00:55:15alors moi je dirais
00:55:15qu'il y a quatre parties
00:55:17entre guillemets
00:55:17enfin quatre idées
00:55:18qui existent en Russie
00:55:20donc le parti
00:55:21Vladimir Poutine
00:55:22qui est le parti majoritaire
00:55:26totalement
00:55:27il n'y a que certains
00:55:29qui sont un peu plus extrémistes
00:55:31on va dire ça comme ça
00:55:32qui vont rejoindre
00:55:33le parti communiste
00:55:33ou les nationalistes
00:55:34mais il y a aussi toujours
00:55:36cette opposition très légère
00:55:38qu'on pourrait appeler
00:55:39Navalny
00:55:40s'il faut donner un nom
00:55:41les libéraux
00:55:43du coup
00:55:43les gauchistes
00:55:44russes
00:55:45parce que
00:55:46n'oublions pas
00:55:46que Navalny
00:55:47avait fait
00:55:47une participation
00:55:48pour essayer d'être
00:55:49maire de Moscou
00:55:51dans les années 2000
00:55:52il avait quand même eu
00:55:53à peu près 30%
00:55:54à l'époque
00:55:54il avait eu 25%
00:55:55mais il avait perdu
00:55:56au premier tour
00:55:56il faut quand même relativiser
00:55:58oui c'est ça
00:55:59et surtout que
00:56:00le maire de l'époque
00:56:00d'avant
00:56:01était assez catastrophique
00:56:02il faut le dire
00:56:02en fait ce qui s'est passé
00:56:03c'est que
00:56:03donc Louchkov
00:56:04un maire extrêmement
00:56:05corrompu
00:56:06on peut en dire du mal
00:56:06on voudrait pas dire
00:56:07il est mort
00:56:08mais donc
00:56:08c'était très connu
00:56:09avec sa femme
00:56:10donc Moscou
00:56:11était une ville
00:56:11qui était bon
00:56:13toujours impressionnante
00:56:14mais il n'y avait rien
00:56:15qui fonctionnait
00:56:16les voitures se garraient
00:56:17n'importe comment
00:56:18et donc
00:56:18Vladimir Poutine
00:56:19a fait venir le maire de Tiumen
00:56:21Sobianine
00:56:21qui avait fait de Tiumen
00:56:23alors que c'est une ville
00:56:24en Sibérie
00:56:24avec des températures
00:56:25une ville extrêmement moderne
00:56:27propre
00:56:28bien organisée
00:56:29et il est venu
00:56:30donc Sobianine est arrivé
00:56:31et en fait
00:56:32il a compris
00:56:33qu'il devait faire
00:56:34de grandes réformes
00:56:35il va notamment
00:56:36licencier 95%
00:56:37des effectifs
00:56:38de la mairie de Moscou
00:56:39comme le ferme
00:56:39le Doge avant le Doge
00:56:40là c'est du Doge de combat
00:56:42et donc
00:56:45des gros travaux
00:56:47dans toute la ville
00:56:48et il se dit
00:56:48il me reste deux ans
00:56:49de mandat
00:56:50si jamais je démarre
00:56:51maintenant
00:56:51on sera en plein travaux
00:56:53pour la réélection
00:56:54donc il fait
00:56:55une élection
00:56:56une élection
00:56:57comment dire
00:56:59anticipée
00:56:59pour pouvoir
00:57:01ensuite démarrer
00:57:02les travaux
00:57:02en question
00:57:04et donc
00:57:04et qui seront terminés
00:57:06dans deux ans
00:57:06et donc il restera
00:57:07deux ans
00:57:07encore deux ans
00:57:08jusqu'au prochain mandat
00:57:10et c'est ce qui se passe
00:57:10et donc évidemment
00:57:11les moscovites
00:57:12ne sont pas contents
00:57:13de ce qu'a fait Louchkov
00:57:14pour l'instant
00:57:15ils n'ont pas trop vu
00:57:15les améliorations
00:57:17sous Sobianine
00:57:18et donc
00:57:18Sobianine
00:57:19ne l'emporte
00:57:20qu'avec 50
00:57:22quelques pourcents
00:57:23mais dès le premier tour
00:57:24donc c'est pareil aussi
00:57:25il faut relativiser
00:57:26c'est souvent pris comme exemple
00:57:27et c'est Moscou
00:57:28après dans les autres élections
00:57:29par exemple
00:57:30dans la
00:57:31Navalny investira beaucoup
00:57:33dans la région
00:57:33de Nijin-Novgorod
00:57:34il fera 2%
00:57:36donc
00:57:37et Sobchak
00:57:39qui prendra sa relève
00:57:40notamment
00:57:40en 2018-19
00:57:45quelques jeux comme ça
00:57:46et les candidates
00:57:47face à Poutine
00:57:47voilà
00:57:48elle fera un score
00:57:49ridicule
00:57:50ridicule
00:57:50alors qu'il a été porté au nu
00:57:52il faut voir une chose
00:57:53c'est qu'il y a
00:57:54et encore aujourd'hui
00:57:55à mon avis
00:57:55il y en a beaucoup moins
00:57:56il y a une place
00:57:59pour les libérales
00:58:00et les gauchistes
00:58:01à Moscou
00:58:02mais c'est qu'à Moscou
00:58:03ce que je voulais dire justement
00:58:05c'est que moi je l'appelle
00:58:06monsieur 2%
00:58:06comme Anne Hidalgo
00:58:07parce qu'en fait
00:58:08comme Hidalgo
00:58:09c'est surtout dans les grandes villes
00:58:11un petit peu bobo
00:58:12c'est ça
00:58:13et quand on regarde
00:58:13le centre l'Evada
00:58:14encore ce fameux centre
00:58:15payé par l'Occident
00:58:16il dépassait jamais
00:58:174% d'attention de vote
00:58:19s'il y avait une élection
00:58:20où il était
00:58:20et où il pouvait se présenter
00:58:22en plus de ça
00:58:22c'est un arnaqueur
00:58:23qui plus est
00:58:24il s'est fait
00:58:24c'est un escroc
00:58:26à la base
00:58:26c'est un escroc
00:58:27je recommande
00:58:28je parle de sa carrière
00:58:30dans mon livre
00:58:30Ukraine pourquoi la Russie a gagné
00:58:33et donc
00:58:34en fait
00:58:36ce qui s'est passé
00:58:37c'est aussi
00:58:38que Sobianine
00:58:39a eu d'excellents résultats
00:58:40enfin quand on voit
00:58:40la ville de Moscou
00:58:41aujourd'hui
00:58:41donc aujourd'hui
00:58:42je dirais que
00:58:43les libéralnés
00:58:44qui sont individualistes
00:58:45consuméristes
00:58:46espèce de bourgeoisie
00:58:49un peu prétentieuse
00:58:50aujourd'hui
00:58:51vote Sobianine
00:58:51et eux aussi
00:58:53maintenant
00:58:53ils disent
00:58:53c'est super
00:58:54on ne veut pas que ça change
00:58:56on vit dans la plus belle ville du monde
00:58:59les Russes
00:58:59moi je suis arrivé
00:59:00il y a 25 ans
00:59:02les moscovites
00:59:02avaient honte de leur ville
00:59:03honte
00:59:04aujourd'hui
00:59:05j'invite les personnes
00:59:07d'ailleurs à regarder
00:59:08sur Yandex Map
00:59:09qui est l'équivalent
00:59:09de Google Maps
00:59:10aller dans une rue au hasard
00:59:13et en fait
00:59:13on peut choisir les dates
00:59:14et on peut remonter
00:59:15jusqu'à généralement
00:59:16autour de 2006
00:59:17le maximum
00:59:18on voit une ville
00:59:19totalement transformée
00:59:20une ville que tu as pu connaître
00:59:22avec des publicités partout
00:59:23et là maintenant
00:59:23une ville extrêmement moderne
00:59:24effectivement
00:59:24peut-être sur les oppositions
00:59:26sur le volant national
00:59:28aujourd'hui
00:59:28il y a un consensus
00:59:29de résultats
00:59:30il y a aussi autre chose
00:59:32si tu me permettes
00:59:32de vous interrompre
00:59:34c'est la guerre
00:59:36c'est l'union sacrée
00:59:39j'écoutais
00:59:40je crois que c'était
00:59:41comme par hasard
00:59:42sur LCI
00:59:42où il disait
00:59:43oui en Russie
00:59:45il n'y a pas d'opposition
00:59:46il n'y a pas plus d'opposition
00:59:47aujourd'hui en Russie
00:59:48qu'il y en avait
00:59:48pendant la première guerre mondiale
00:59:49en France
00:59:51parce que
00:59:52c'était
00:59:53il fallait faire
00:59:54l'union
00:59:55face à l'ennemi commun
00:59:56et encore
00:59:57il faut bien
00:59:58sur ce sujet très important
00:59:59de l'Ukraine
01:00:00de Donbass
01:00:01là aussi
01:00:01et Thomas a raison de le dire
01:00:03Vladimir Poutine
01:00:04était modéré
01:00:05les communistes
01:00:06et les nationalistes
01:00:07voulaient dès 2014
01:00:08que l'armée russe
01:00:09rentre en Ukraine
01:00:10et règle l'affaire définitivement
01:00:12et donc
01:00:13l'opposition
01:00:14elle est là
01:00:15il n'y a pas tellement longtemps
01:00:16j'ai interviewé
01:00:17Douguin
01:00:19qui est un dépenseur
01:00:21de l'opposition
01:00:21alors lui
01:00:22il n'aime pas trop le terme
01:00:22nationaliste
01:00:23il est plutôt
01:00:23impérialiste
01:00:25au sens
01:00:25pire du terme
01:00:27et c'est ce qu'il est
01:00:29de lui reprocher
01:00:29je lui rappelais
01:00:30que moi j'avais assisté
01:00:31à un meeting en 2014
01:00:32où il disait
01:00:32Poutine
01:00:33il doit y aller
01:00:34il était très bien
01:00:35il me dit
01:00:36oui je me souviens très bien
01:00:37et il dit
01:00:37la preuve que j'avais raison
01:00:38dit-il
01:00:39là je ne suis pas
01:00:40tout à fait persuadé
01:00:41mais le fait est que
01:00:42oui
01:00:43aujourd'hui
01:00:44quel que soit
01:00:45les communistes
01:00:46et les nationalistes
01:00:47ont fait des mauvais scores
01:00:47aux dernières présidentielles
01:00:48mais c'est parce que
01:00:49c'est la guerre
01:00:50et malgré tout
01:00:52il y a toujours
01:00:52une vraie contestation
01:00:54sur le fond
01:00:54chez les communistes
01:00:55notamment sur
01:00:56des nationalisations
01:00:58qui seraient nécessaires
01:00:58un peu le programme
01:00:59de Mitterrand
01:01:00en fait
01:01:00ou de Marine Le Pen
01:01:02d'ailleurs
01:01:02ou de Mélenchon
01:01:04enfin ils ont tous
01:01:05le même programme
01:01:05et donc
01:01:06mais cette position là
01:01:09elle renaîtra
01:01:09après la guerre
01:01:10allez
01:01:11dernière question
01:01:12messieurs
01:01:13on va faire court
01:01:14pour clôturer
01:01:15cette émission
01:01:15Russie
01:01:16est-ce que c'est une terre d'avenir
01:01:18au sens large du terme
01:01:19économiquement
01:01:20socialement
01:01:21est-ce que c'est l'endroit
01:01:22où il faut vivre
01:01:23pour les prochaines décennies
01:01:25pour moi totalement
01:01:27oui
01:01:27d'ailleurs ça a été une des raisons
01:01:28pour lesquelles je suis venu ici
01:01:29c'est que je ne voyais pas
01:01:30d'avenir en France
01:01:31en fait
01:01:31on en reparlera
01:01:32dans un autre épisode
01:01:33avec plaisir
01:01:33oui je pense que Moscou
01:01:34est la capitale de l'Europe
01:01:35l'avenir de l'Europe
01:01:36est ici
01:01:37mais après je ne suis pas
01:01:38non plus désespéré
01:01:39pour les autres pays
01:01:40il peut se passer
01:01:41il peut se passer en France
01:01:42ce qui s'est passé en Russie
01:01:43c'est-à-dire une volonté
01:01:45et un moment où un peuple
01:01:46rencontre son leader
01:01:48et puis une conjoncture particulière
01:01:51qui permet de lancer
01:01:52un redressement foudroyant
01:01:53donc oui la Russie
01:01:54ce qui est clair
01:01:55c'est que la Russie
01:01:57est la première économie européenne
01:01:58la première armée européenne
01:02:00la première démographie européenne
01:02:02donc forcément
01:02:03c'est le leader naturel
01:02:06du bloc européen
01:02:06qui j'espère va se constituer
01:02:08après la disparition
01:02:11de l'OTAN et de l'Union Européenne
01:02:12et bien voilà
01:02:13donc Russie
01:02:14terre d'avenir
01:02:15Edouard Paris
01:02:16à très bientôt
01:02:17c'était Moscou
01:02:18et merci de nous avoir suivis
01:02:20merci Alexis Tarade
01:02:22pour cette nouvelle épisode
01:02:24de Choc du Monde
01:02:25édition estivale
01:02:26merci à tous
01:02:27d'avoir suivi
01:02:28ce numéro exceptionnel
01:02:29surtout surtout bien sûr
01:02:30n'oubliez pas de le commenter
01:02:32de le partager
01:02:32et de le liker
01:02:33merci et bonne soirée
01:02:35merci à tous
01:02:37merci à tous
01:02:37merci à tous
01:02:38merci à tous
01:02:41merci à tous
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