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  • il y a 1 an
Thierry Ardisson, c'était un style, c'était un ton. C'était aussi une allure. L'Homme en Noir de la télévision vient de nous quitter à l'âge de 76 ans, emporté par un cancer. On en parle avec : Yvan Le Bolloc'h, acteur, animateur. Steven Bellery, chef du service culture de BFMTV. Et Frank Tapiro, publicitaire.

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Transcription
00:00Mesdames, Messieurs, bonsoir. Voici Lunette, Opus 24, Noir pour Nuit Blanche, concerto en hit majeur pour platiner sans pleurs.
00:13Auto-interview, blind test et question con, tous les grands classiques de l'émission qui connaît parfaitement la musique.
00:21Voilà, c'était ça Thierry Ardisson, c'était un style, c'était un ton, c'était aussi une allure, l'homme en noir de la télévision.
00:27C'était des titres d'émission qui marquaient comme Lunette Noire pour Nuit Blanche, Double Jeux, Bain de Minuit, Tout le monde en parle, Salut les Terriens.
00:36On va évoquer Thierry Ardisson qui vient de nous quitter à l'âge de 66 ans emporté par un cancer.
00:43On va parler de l'homme, de ce qu'il laisse à la télévision, on va lui rendre hommage.
00:47Yvan Le Bolloc est avec nous, bonsoir Yvan, merci d'avoir accepté de parler quelques minutes de Thierry Ardisson,
00:53d'autant plus que je crois savoir que Thierry Ardisson était très important pour vous parce qu'il vous a permis de rencontrer votre compère de toujours, Bruno Solo.
01:01Oui absolument, j'ai eu la chance de croiser deux fées dans ma vie.
01:12La première c'était Jean-Luc Delarue et la deuxième c'était Thierry Ardisson.
01:16Et je me souviens au début c'était un gars que je le regardais à la télé, il m'énervait un peu, il avait son côté un peu nobliau de province,
01:26le côté un peu droitard, anard qui m'agassait un peu.
01:31Puis on avait toujours l'impression qu'il alpaguait un peu les gens par le col de la veste, quoi.
01:35Salut les nazes, comment ça va ? Il bousculait un peu l'auditoire, quoi.
01:40Et puis finalement, j'ai découvert un mec hyper sensible, très humain, et puis surtout c'était un passionné de téloche, quoi.
01:51Il aimait faire de la télé, il aimait faire de la bonne télé.
01:55Et je me souviens quand il passait beaucoup de temps au montage, comme on dit,
02:00parce qu'il avait l'horreur du direct, lui, ce qu'il voulait, c'était, comment dirais-je, des émissions enregistrées,
02:08puis après parfaitement montées, très bien produites.
02:13Il disait toujours, ouais, moi je veux que l'argent qu'on me donne, il se voit à l'écran, quoi.
02:17C'est-à-dire, c'était pas le genre d'animateur producteur qui, une fois que les émissions étaient enregistrées,
02:24il allait faire la fiesta sur la côte d'Azur, et puis il laissait les autres trimer dans l'ombre.
02:30C'était un gros bosseur.
02:32Ouais, ouais, ouais, un perfectionniste, et puis un mec très intéressant, charmant, extrêmement cultivé, assez exigeant,
02:45et puis qui aimait bien un peu pousser mes mains dans les orties, et là je vais rester poli, parce que j'aimais bien son audace.
02:58C'était un provocateur aussi.
03:00Pardon ?
03:02C'était aussi un provocateur.
03:05Ouais, mais finalement, ouais, ouais, sans doute, oui, oui, c'était un provocateur.
03:09Mais c'était un mec qui a, je veux dire, toutes les questions que nous, téléspectateurs, on avait envie de poser, on n'osait pas poser.
03:17Il les posait ?
03:19Il y allait, quoi. Il y allait, et c'est en cela qu'il était effectivement, même s'il était, comment dirais-je, clivant par bien des aspects,
03:26sur son côté cul, par exemple, qui était pour moi un peu pénible, ou le côté un peu complotiste.
03:34Je me souviens d'être, m'être retrouvé sur un plateau à côté de Thierry Messian.
03:37Ah, vous étiez là, ce jour-là ?
03:39Ouais.
03:41Il remettait en cause l'explication du 11 septembre, il faut se souvenir de ça, Thierry Messian.
03:46Ça faisait aussi partie, parfois, des côtés qu'on pouvait reprocher à Thierry Ardisson, d'inviter des gens un peu sulfureux.
03:51Mais justement, Yvan, on va réécouter, on va revoir quelques moments cultes, des émissions cultes de Thierry Ardisson.
03:58La raison pour laquelle j'ai invité vous, c'est parce que tout le monde parle de la réformation possible des Beatles.
04:06Qu'est-ce que vous pensez ?
04:07Eh, bien, vous n'avez pas de me mettre ici.
04:11Au point de vue Gamma GT, j'ai battu les records.
04:14Ouais.
04:14Ouais, ouais. J'ai battu Boringé de...
04:17Lamentable. Lamentable.
04:20T'étais au niveau Gainsbourg, quoi.
04:22Ah non, il était ridicule.
04:23Ah bon, là.
04:25Ridicule.
04:26Est-ce que tu as déjà fait l'amour à plusieurs ?
04:28À plusieurs femmes ?
04:30À plusieurs femmes, par exemple.
04:32En même temps ?
04:34Ah oui, j'imagine, oui. Merci.
04:41C'est complet !
04:42Ah !
04:43Déshabille-toi immédiatement !
04:47Déshabille-toi immédiatement !
04:50Allez !
04:51Voilà, vas-y, vas-y.
04:56Bonsoir, tout le monde.
04:57Bonsoir, Roby.
04:57Manu Dorsch, Serge.
05:00Ah, good evening.
05:01You want sex for tonight ?
05:02Sex ?
05:03Are you the broker ?
05:04C'est une proposition.
05:05Vous allez vous remarier, là ?
05:07Oh, je ne vois pas.
05:08Non.
05:09Un amant, peut-être, mais pas...
05:11J'aimerais...
05:12Et oui !
05:13C'est quand même quelqu'un qui pouvait recevoir sur son plateau, Gorbatchev, Chen Fonda, il pouvait recevoir Jamel Debbouze, Bruce Willis, Serge Gainsbourg, Jacques Dutronc, quel palmarès ?
05:41Jean Dormesson, il appelait ça le bordel du samedi soir.
05:44Et Ardisson, lui, il avait une formule autre.
05:45Il disait « une pute, un archevêque ».
05:47J'ai réuni des gens qui n'auraient jamais dû se rencontrer.
05:49C'était le secret.
05:50C'était le cocktail.
05:51C'est aussi une autre époque où, voilà, aujourd'hui, il n'y a plus une star américaine qui se pointe sur un plateau de télé en France.
05:56On vous avait dix minutes et encore, des fois, c'est cinq minutes trente dans un hôtel parisien et c'est déjà beaucoup.
06:00Et puis, il fallait accepter de répondre aux questions de Thierry Ardisson.
06:03De Thierry Ardisson, dont on ne savait jamais ce qu'il allait pouvoir poser.
06:06C'était quelqu'un qui enregistrait des heures pour ne garder que quelques minutes,
06:10qui aimait, disons-le, saouler ses invités au champagne pendant de longues minutes avant d'entrer en plateau très tardivement
06:15pour chercher une forme de désinhibition et d'aller espérer que l'artiste, que le chanteur, que l'homme politique
06:22soit dans un état de relâchement et aller enfin pouvoir dire ce qu'il avait sur le cœur.
06:27Il créait des moments pour pouvoir faire dire à ses invités des choses qu'on n'entendait nulle part ailleurs.
06:33Et on en parlait le lendemain matin à la machine à café.
06:35Évidemment.
06:35Est-ce que tu as vu l'émission d'Ardisson ?
06:37Tu as vu ce qu'il a dit ?
06:37Et c'est l'époque où le replay n'existait pas, donc il fallait avoir vécu ce moment.
06:41Il y avait un moment communion.
06:43C'est ce qu'il disait, Thierry.
06:44Moi, j'allais au resto le samedi soir.
06:45Je voyais les gens se barrer à 22h30 du restaurant parce qu'ils allaient voir l'émission de télé.
06:50Il n'y avait pas le replay, il n'y avait pas les réseaux sociaux.
06:52On savait qu'on n'allait pas sortir une petite phrase.
06:54Il fallait voir l'interview dans sa longueur.
06:56Oui, ils cherchaient la polémique.
06:57Oui, ils cherchaient la punchline.
06:59Mais c'était aussi des interviews de fond, des interviews qui étaient assez longues.
07:02Avec ses fameuses fiches, travailler.
07:04Avec ses fiches, il pouvait faire une centaine de fiches pour une seule et unique interview.
07:07C'était un énorme travailleur.
07:09C'était quelqu'un d'excessif en tout.
07:11Il disait qu'il avait tout testé, les hommes, les femmes, toutes les drogues.
07:13Mais c'était quelqu'un qui recherchait dans le travail aussi une forme probablement d'excitation intellectuelle.
07:19Et de reconnaissance, Yvan Le Bolloc.
07:21Quand on était invité sur le plateau Thier Ardisson, il fallait s'attendre à tout.
07:25Avec des questions qui pouvaient porter sur la vie sexuelle, intime.
07:30Voilà, il n'y avait pas de limite.
07:31Oui, il n'y avait pas de limite.
07:34Et c'est très juste ce que vient de dire votre intervenant.
07:38C'est vrai que je me demandais pourquoi.
07:40C'était qui ?
07:40J'ai pas vu.
07:41Qui ça ?
07:43Steven Bellery, c'est notre journaliste culture.
07:46Je vous le recommande, il est très bien.
07:50C'est vrai ce qu'il dit.
07:51C'est vrai ce qu'il dit, c'est que les enregistrements, ça durait des plombes.
07:55Et que si ce n'était pas le champagne, ça pouvait être autre chose, amené par d'autres invités.
08:00Moi, il m'est plus d'une fois arrivé de me dire, mais où est-ce que je suis ?
08:06Et c'est vrai que je faisais un tout petit peu attention à ce que je disais.
08:11Mais ce que je voudrais retenir de ce gars-là, en fait, c'est que c'est une époque, en fait.
08:16C'est une époque qui s'en va.
08:17C'est une époque, c'est une télévision qui s'en va.
08:20Maintenant, on a des choses, c'est différent.
08:26Ça manque de fond, ça manque de culture, c'est pas travaillé, c'est pas préparé.
08:31Maintenant, c'est un petit peu, je ne sais pas, moi, c'est un numéro de cirque un peu.
08:35Le moment où on peut avoir des émotions à la téloge, c'est un peu passé, je trouve.
08:41Et c'est dommage parce que je me souviens d'une interview, notamment, de Lio, sur le plateau de Thierry,
08:52où elle a fait preuve d'un grand courage.
08:55Et il savait écouter quand même, il savait écouter.
08:58Et c'est un mec qui, humainement, il paraissait comme ça, un peu froid, un peu distant.
09:02Mais je vous jure qu'en fait, il était hyper touchant, hyper touchant, hyper fidèle.
09:08Et c'est rare chez un mec de télé.
09:10C'est-à-dire que lui, il peut se regarder dans la glace.
09:12L'autre jour, il a dit, il n'y a pas si longtemps, quand il est rentré en croisade,
09:17je ne sais pas si le terme est bien choisi,
09:18quoique vous apprécierez l'homme de paradoxe qu'il était,
09:21il est quand même mort un 14 juillet pour un royaliste.
09:24Ça l'affiche mal, non ?
09:26Et sa dernière croisade, c'était contre la télé d'extrême droite
09:30qui est en train de vendre Bolloré partout, à droite, à gauche.
09:34Et Thierry a dit, maintenant, je sais que peut-être que,
09:39je sais qu'en 40, j'aurais certainement été résistant
09:42parce que son mouvement de protestation,
09:48quand il est rentré en conflit avec Hanouna et derrière Bolloré,
09:52parce qu'Hanouna, c'est rien, mais c'est surtout Bolloré.
09:55Moi, je trouve que c'est un mec qui portait ses couilles comme disaient les gilets jaunes.
10:00Et à ce propos, il était très populaire chez les gilets jaunes.
10:03Il a été l'un des premiers à recevoir un éborgné sur le plateau des gilets jaunes.
10:08Et vous pouvez demander à Jérôme Rodriguez ce qu'il en pense.
10:10– D'accord.
10:11– Et ce genre de journaliste, producteur, animateur,
10:17va nous manquer, à nous, les, comment dirais-je, les sans-dents.
10:22– Merci Yvan Le Bolloc.
10:25Merci d'avoir été quelques minutes avec nous pour rendre hommage à Thierry Ardisson.
10:29C'est son épouse, la journaliste Audrey Crespo-Mara,
10:32qui a annoncé la mort de Thierry Ardisson dans un communiqué.
10:35« Thierry est parti comme il a vécu, un homme courageux et libre.
10:39Avec ses enfants et les miens, nous étions unis autour de lui jusqu'à son dernier souffle. »
10:44Que sait-on des circonstances de sa mort ?
10:46Parce que Thierry Ardisson, il y a encore quelques semaines,
10:49il faisait la tournée des plateaux pour son livre.
10:52– L'homme en noir.
10:53– L'homme en noir, où il mettait d'ailleurs en scène sa propre mort.
10:55Dans un instant, on va réécouter ce qu'il nous disait dans Les Grandes Gueules sur RMC.
10:58Mais il souffrait d'un cancer ?
11:01– D'un cancer du foie qui serait dû à une hépatite C
11:04qu'il aurait contracté après avoir consommé de l'héroïne.
11:07Voilà, son foie était malade, une hépatite C compliquée à guérir.
11:11Il aurait eu d'abord une cirrhose qui se serait transformée en cancer du foie.
11:15– Il était hospitalisé depuis plusieurs jours ?
11:17– Diagnostiqué il y a un an environ,
11:18et ça se serait accéléré, hélas, ces dernières semaines.
11:22On a eu quelques rumeurs comme quoi il était hospitalisé depuis une semaine environ.
11:26On commençait à entendre parler de…
11:28– Laurent Baffi a dit chez nos confrères Odertel
11:30qu'il l'avait vu à l'hôpital jeudi dernier,
11:32qu'il avait encore un peu d'espoir.
11:33– Un peu d'espoir, voilà, et on s'est dit,
11:35voilà, son entourage me confiait la médecine tant de tout,
11:38voilà, il s'accroche en tout cas.
11:40C'est vrai qu'on a eu des alertes depuis la fin de semaine dernière,
11:42et pourtant il n'est pas parti ce week-end.
11:44Il a attendu que ses trois enfants soient autour de lui,
11:46avec son épouse Audrey Crespomara.
11:48Voilà, c'est quelqu'un qui voulait également soigner sa sortie,
11:52Thierry Ardisson, en ayant tourné un documentaire
11:55où il s'est confié à son épouse,
11:56notamment qui sera diffusé à la rentrée sur le groupe TF1.
11:59– Alors je le disais, il était dû me faire des émissions,
12:02il ne parlait pas de sa maladie, de ce qu'il vivait intérieurement.
12:04– Non, parce que derrière ses grandes lunettes noires,
12:05il y avait à la fois quelqu'un d'extrêmement tendre
12:07et d'extrêmement timide.
12:08– Et pudique, étonnamment.
12:10Alors justement, c'est l'une de ses dernières interviews
12:13télé et radio, c'était au micro et devant les caméras
12:17d'RMC Story et le micro d'RMC Les Grandes Gueules.
12:19– Ce n'est pas ma vocation la télé.
12:22Je n'étais pas à 14 ans dans la cave de mes parents
12:24en train de jouer à l'animateur.
12:25J'ai fait de la télé à 35 ans.
12:28Donc j'avais déjà une carrière dans la pub,
12:29j'avais déjà écrit des bouquins, etc.
12:31Donc je pense, voilà, je suis devenu animateur
12:32parce que c'était la meilleure façon de mettre mes idées à l'antenne.
12:37Bon voilà, ça c'est vrai.
12:39Mais disons non, ça ne me manque pas.
12:40Ce qui me manquerait peut-être, c'est de plus être dans le game,
12:43de ne pas avoir des émissions à produire, des trucs comme ça.
12:45Moi j'ai essayé de faire une œuvre.
12:48C'est-à-dire que les génériques étaient chiadés,
12:50les musiques étaient chiadés, les décors étaient chiadés.
12:52J'ai essayé de faire du beau, j'ai essayé de faire du spectaculaire
12:55mais aussi de l'artistique.
12:56– Vous avez été le roi de la télé ?
12:57– C'était pas mal.
12:58– Oh là, le roi de la télé c'est un peu…
13:00Non, je ne sais pas, disons que j'ai eu une époque effectivement
13:02où j'étais à la mode, il y avait 2 millions de gens.
13:05Moi j'étais dans un restaurant à 10h30 du soir, 11h moins le quart
13:09et les gens partaient, j'ai dit « Où tu vas ?
13:10Je vais voir ton émission, oui, oui ».
13:12– Voilà, il a voulu faire du beau à la télé
13:14et avant de faire de la télé, il a fait de la pub
13:16et ça a sans doute servi à Thierry Ardisson
13:18pour inventer ensuite des concepts, des noms d'émissions, des formats.
13:22Nous sommes avec le publicitaire Franck Tapirot.
13:25Bonsoir Franck Tapirot.
13:26– Bonsoir.
13:27– On ne le sait peut-être pas mais il y a eu une vie avant la télé
13:30pour Thierry Ardisson, la publicité,
13:32et c'est lui qui a quand même inventé des slogans
13:34qui sont restés dans nos mémoires, j'en cite quelques-uns.
13:37La paire, il n'y en a pas deux, c'est Thierry Ardisson.
13:40La barre Ovo-Maltine, c'est la dynamique, c'est Thierry Ardisson.
13:44Ou encore, quand c'est trop, c'est trop pico.
13:47– Comme quoi, vous savez, on peut être un enfant de la télé
13:50mais d'abord être un fils de pub.
13:52Vous savez qu'il a été un fils de pub pendant de nombreuses années.
13:54Il a créé avec Rick Bousquet, c'est un grand publicitaire,
13:56une agence qui s'appelle Business.
13:58Et ils ont inventé tous les deux un format incroyable,
14:01c'est un format de 8 secondes.
14:02À l'époque, c'était la mode des longs formats,
14:045 secondes, 30 secondes, 45 secondes.
14:06Et eux, en fait, ils croyaient exactement l'inverse.
14:08Ils pensaient que plus on faisait court, mieux c'était.
14:10Donc ils faisaient des concepts très courts,
14:12avec des slogans très forts,
14:14et ça a marqué les esprits, la preuve.
14:15Puis 30 ou 40 ans après, la paire, il n'y en a pas d'autres,
14:18tout le monde a l'impression de le connaître,
14:19même quand on n'a pas vu la pub.
14:20Et c'est vrai que si on n'a pas cette dimension-là de Thierry,
14:24il ne faut pas comprendre le créatif qu'il était.
14:26Et cette créativité, il l'a apprise d'abord dans la publicité.
14:29Faire court, faire concis.
14:32On parlait de lui, comme quelqu'un qui cherchait des punchlines
14:35dans toutes ses émissions.
14:36Les interviews qu'il faisait, c'était questions-réponses très courts.
14:38Même s'ils étaient très recherchés,
14:40parce qu'ils étaient évidemment extrêmement cultivés,
14:42ils aimaient bien l'impact.
14:43Et l'impact, ils savaient que c'était une question de temps très court.
14:46Voilà pourquoi, moi, ça a été un des créatifs
14:49qui m'a poussé à faire ce métier.
14:50Quand j'ai commencé, j'ai eu la chance de rencontrer Jacques Seguéla
14:52et Thierry Arnison.
14:54Et c'est que Thierry, ils étaient autres chauves.
14:55Ils croyaient au format court.
14:57C'était quelqu'un, en fait, qui était de passage dans la pub.
14:58Il a passé peu de temps dans la pub,
15:00mais il a plus marqué l'histoire de la télé
15:02que l'histoire de la publicité.
15:03Voilà pourquoi, moi, je voulais lui rendre hommage ce soir
15:04comme un grand publicitaire, un grand créatif,
15:08puis un ami, parce que c'était un type vraiment formidable,
15:10qui était très étonnant, parce que quand on le rencontrait,
15:13dans le privé, il n'avait pas du tout l'image qu'il avait
15:14dans les médias, un peu où il se la ramenait.
15:17C'est quelqu'un d'extrêmement sensible.
15:18Je vous rappelle des séances de cinéma au Festival d'Occane
15:20où il sortait en larmes une heure après encore.
15:24Par exemple, un film comme Cafarnaum,
15:27il y a quelques années au Festival,
15:28quelqu'un de très sensible, très généreux,
15:31les provoque en même temps.
15:33C'est vrai que le côté publicitaire de Thierry,
15:36les gens ne le connaissent pas beaucoup.
15:38Moi, c'est vrai que ça m'a énormément inspiré,
15:40et ça m'a inspiré énormément.
15:41Merci, Franck Tabirot, pour rendre hommage au publicitaire Thierry Ardisson.
15:44Un dernier mot, Stéphane.
15:45Et il disait justement qu'à force de vendre du yaourt,
15:48il n'avait pas envie d'avoir du fromage blanc dans le cerveau.
15:50Merci, Stéphane.
15:51Merci.
15:52Merci.
15:53Merci.
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