- il y a 6 mois
Thierry Ardisson, l'homme en noir de la télévision, nous a quitté à l'âge de 70 ans, emporté par un cancer. Il a accompagné nos samedis soir télévisés avec des talk-show inventifs et provocateurs, comme Bains de Minuit, Lunettes noires pour nuits blanches, Tout le monde en parle ou encore Salut les Terriens ! On en parle avec : Léa Salamé, journaliste France Télévisions. Stéphane Simon, producteur, ancien associé de Thierry Ardisson. Guillaume Durand, journaliste. Et Steven Bellery, chef du service culture de BFMTV.
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00:00Maintenant pour terminer BFM Story, on va bien sûr rendre hommage à l'homme en noir de la télévision qui nous a quitté à l'âge de 76 ans, emporté par un cancer.
00:09Il a accompagné nos samedis soirs télévisés avec des talk shows inventifs et provocateurs, je peux en citer quelques-uns, bain de minuit, lunettes noires pour nuit blanche, double jeu, tout le monde en parle ou encore, salut les terriens.
00:20La raison pour laquelle je t'invite, c'est parce que tout le monde parle de la réformation possible des Beatles. Qu'est-ce que tu penses de ça ?
00:30Eh, bien, tu n'as pas besoin de m'envoyer ici.
00:33Au point de vue Gamma GT, j'ai battu les records.
00:36Oui ?
00:37Oui, oui, j'ai battu Boringé de...
00:39Lamentable, lamentable.
00:42Tu étais au niveau Gainsbourg, quoi.
00:44Ah non, il était ridicule.
00:45Ah bon, c'est ridicule.
00:47Est-ce que tu as déjà fait l'amour à plusieurs ?
00:51Euh, à plusieurs femmes ?
00:53À plusieurs femmes, par exemple.
00:54En même temps ?
00:56Ah oui, j'imagine, oui, merci.
01:03C'est complet !
01:04Ah !
01:06Dis que tu viens de faire ici.
01:07Ah !
01:08Dissabille-toi immédiatement.
01:09Dissabille-toi immédiatement.
01:12Allez !
01:13Voilà, vas-y, vas-y.
01:15Bonsoir, tout le monde.
01:19Bonsoir, Roby.
01:20Salut, Doris.
01:22Ah, bonsoir.
01:23Vous voulez un sexe pour ce soir ?
01:24Sexe ?
01:25Vous allez vous remarié, là ?
01:29Oh, je ne crois pas.
01:30Non.
01:31Un amant, peut-être, mais pas...
01:33J'aimerais...
01:34Oui !
01:34Voilà, il a reçu les plus grands et il leur a posé toutes les questions.
01:55C'était ça, le style ardisson, provocateur, inventif.
01:59Il a, en quelque sorte, écrit l'histoire de la télévision française.
02:02C'est ce qu'a d'ailleurs salué l'Élysée aujourd'hui dans un communiqué.
02:05Léa Salamé est avec nous.
02:07Bonsoir, Léa.
02:08Bonsoir.
02:09Parce que vous lui avez rendu hommage sur Instagram.
02:11Vous écrivez, on a grandi avec lui.
02:14On ne sortait pas le samedi soir pour regarder ses émissions
02:17parce qu'il se passait toujours quelque chose
02:19et on ne s'ennuyait jamais avec lui.
02:21Bah oui, on ne s'ennuyait jamais.
02:23Et c'est vrai que moi, c'est ma génération ardisson.
02:25J'ai grandi avec lui, avec mes amis, effectivement, on avait la vingtaine
02:29et on préférait ne pas sortir aux soirées
02:32parce que ce qui se passait à la télévision était plus intéressant,
02:34était plus excitant que nos soirées.
02:36Et on regardait tous, tout le monde en parle,
02:38parce que c'est vrai que tout le monde en parlait le lundi matin à la machine à café.
02:42En fait, il avait théorisé cette idée assez dingue
02:45qui a été refaite ensuite par la suite.
02:47C'est-à-dire, tu mets autour d'une table un homme politique,
02:51un grand écrivain, un cardinal et une actrice porno.
02:54Et là, tu as le pot de la société.
02:56Tu comprends l'époque.
02:58Il se passe quelque chose.
02:59Et c'est ça qu'il a appliqué à Ardisson.
03:02Il a inventé beaucoup, beaucoup de...
03:04Ça a été un concepteur et un inventeur insensé.
03:08Il a inventé plein d'émissions, plein de concepts, d'interviews aussi.
03:12Il avait dans sa tête...
03:13Son idée, c'était de dire tout le monde peut faire des interviews.
03:16Tout le monde peut faire des interviews.
03:17Mais lui, il mettait en scène ces interviews.
03:21Il faisait des interviews particulièrement séquencées.
03:23C'est-à-dire qu'il avait un écrivain ou il avait un acteur.
03:26Il disait sa promo en trois minutes, qu'il expédiait.
03:28Et ensuite, il essayait d'aller chercher des trucs dans le cœur du mec
03:32qu'il n'avait jamais dit, qu'il n'avait jamais exprimé.
03:34C'était ça, Ardisson.
03:36Il était flamboyant.
03:37Il était excessif, évidemment.
03:39Il était libre.
03:40Vous l'avez dit, Olivier.
03:42Il posait des questions que personne ne posait
03:44et que personne ne pose encore moins aujourd'hui.
03:47Je veux dire, que ce soit vous, Olivier, que ce soit moi,
03:50on ne va jamais aussi loin qu'Ardisson allait loin.
03:55Et de ce point de vue-là, il osait plus que personne.
03:58Mais aujourd'hui, vous, Léa, vous présentez le samedi soir un talk show.
04:03Est-ce que vous êtes l'héritière, Thierry Ardisson ?
04:05Non, je ne me permettrais pas de dire ça.
04:08En tout cas, il a été un de mes modèles.
04:12Quand on m'a demandé d'animer cette tranche du samedi soir,
04:16il y avait ces deux figures tutélaires qui étaient Ardisson et Laurent Riquet.
04:20Et je me sentais un peu petite d'y aller, d'assumer, d'animer ce samedi soir.
04:28Ça se passe bien.
04:29Mais c'est vrai que j'ai été très heureuse de le recevoir.
04:31Je l'ai reçu plusieurs fois.
04:33Sur quelle époque ?
04:34Il était content de venir.
04:36On lui avait fait toute une journée d'hommage.
04:37Et je ne sais pas si vous vous souvenez,
04:38il avait son geste avec la main quand il arrêtait la musique.
04:42Quand il arrêtait la musique, il faisait un espèce de geste comme ça.
04:44Et un jour, je l'ai fait.
04:46Il était sur le plateau.
04:46Il m'a dit, je vous le donne, le geste.
04:48Et pour moi, c'était hyper touchant.
04:51Mais je veux dire qu'il était provocateur, mais pas que ça.
04:53Alors justement, parce qu'il a fait, j'ai envie de dire une tournée d'adieu,
05:00mais on ne le savait pas à ce moment-là.
05:00Mais il a fait la tournée des plateaux pour son nouveau livre.
05:03D'ailleurs, il se mettait en scène.
05:04Il mettait en scène sa mort, L'homme en noir.
05:07Et il est venu chez vous, sur France Inter, le 1er mai, je crois.
05:11Et on a découvert un autre Ardisson.
05:13Regardons, écoutons.
05:15Mon père m'a beaucoup apporté.
05:20Oh non !
05:21Sur le plan cinématographique, sur le plan...
05:24Voilà, il m'a donné...
05:25C'est lui qui m'a fait écouter Europe 1, qui m'a fait lire Paris Match,
05:27qui m'a amené voir des films.
05:29Donc tout ça, évidemment, c'est vrai.
05:32Vous avez eu les larmes aux yeux.
05:33Oui, mais c'est à cause de mort, ça.
05:35Pourquoi ?
05:36J'ai lu son livre.
05:37Je suis rentré dans ce studio.
05:39J'étais...
05:39Voilà, et puis quand j'ai vu Nicolas...
05:43Mais c'est pas grave.
05:44Parce qu'il vous a touché, son livre.
05:45Son livre ?
05:46Il m'a explosé.
05:47Ouais.
05:47Vous venez de lui dire ça pendant le disque qu'on a mis spécialement pour vous.
05:52Mais là, on va parler de votre livre.
05:53Et alors, du coup, comme j'ai deux mecs qui chialent devant moi, donc c'est un peu...
05:58C'était pas prévu comme ça.
06:01Voilà, Nicolas Demorand qui a écrit sur sa bipolarité.
06:04Ça a touché visiblement au cœur, Thierry Ardisson.
06:06Ouais, ça l'a touché au cœur et en fait, ce moment était très fort.
06:10Il arrive le matin pour son livre.
06:12C'était il y a trois mois.
06:13Et il arrive dans les couloirs de France Inter et il me dit...
06:16Il est où Demorand ? Il est où Demorand ?
06:18Et moi, je dis, mais il est en studio.
06:19Tu vas le voir tout à l'heure.
06:20Il ne le connaissait pas.
06:21Et il lui fonce dessus.
06:22Il lui fonce dessus.
06:23Il l'embrasse avec chaleur quand il rentre dans le studio.
06:26Et il lui dit, ton bouquin, il m'a tué, ton bouquin.
06:29Et en fait, il lui dit, j'en ai acheté cinq, j'en offre à tout le monde.
06:33Et je crois que dans son entourage proche, dans sa famille, ses parents probablement,
06:38il avait connu la bipolarité et la maladie mentale.
06:42Et il en avait énormément souffert.
06:44Et en fait, ces derniers temps, tout remontait.
06:47Son livre, c'est le jugement dernier.
06:50Il imagine sa mort.
06:51Il convoque les femmes qu'il a aimées.
06:52Il convoque ses parents avec qui c'était difficile,
06:57avec qui il a eu des relations tourmentées.
06:59Et donc, à ce moment-là, quand il s'effondre en larmes,
07:02pour moi, c'est bouleversant.
07:03Parce que c'est vrai que, voilà, moi, je regardais toujours à Radisson.
07:06Je n'étais pas intime de Thierry Radisson.
07:07Je n'ai jamais déjeuné avec lui ou quoi.
07:09Mais j'avais beaucoup d'admiration pour lui.
07:12Et voir ce type subversif, transgressif,
07:15soudainement pleurer et pleurer de manière sincère.
07:17Ce n'était pas une mise en scène à ce moment-là.
07:18Oui, j'étais extrêmement bouleversée.
07:20Et on sentait, je le sentais à fleur de peau.
07:21Je ne savais pas qu'il était malade.
07:23Aujourd'hui, trois mois après, je comprends plus
07:25pourquoi il était si sensible, si à fleur de peau, à ce moment-là.
07:29Et voilà.
07:30Et puis, j'ai vu aussi, à la fin, l'homme amoureux.
07:32Il était amoureux de sa femme,
07:34foi amoureux de sa femme, la présentatrice, la journaliste,
07:36qui était à fond, André Crespo-Marat.
07:38Et elle était tout le temps là.
07:39Moi, je ne la connais pas bien, mais elle était tout le temps là.
07:42Elle venait avec lui à chaque soir qu'il avait une interview.
07:43Donc, le matin, sur Internet, il était en coulisse.
07:45Il regardait.
07:46Elle lui disait, c'est bien, c'est pas bien.
07:47Et c'est vrai que j'ai écrit sur mon post Instagram,
07:51j'ai rarement vu un homme qui regarde une femme
07:53avec autant d'amour et de tendresse.
07:54Et c'est vraiment ça que j'ai ressenti
07:55quand je les voyais ensemble.
07:57Merci, Léa Salamé.
07:58Et c'est elle que je pensais à ses enfants.
07:59Merci, Léa.
08:01Merci d'avoir été quelques minutes avec nous par téléphone.
08:04Et c'est effectivement son épouse,
08:05la journaliste, Audrey Crespo-Marat, Stephen,
08:08qui a annoncé la mort de Thierry Ardisson dans un communiqué.
08:11Thierry est parti comme il a vécu,
08:12en homme courageux et libre.
08:14Avec ses enfants et les miens,
08:15nous étions unis autour de lui jusqu'à son dernier souffle.
08:18Vous allez nous dire dans quelles circonstances
08:20est mort Thierry Ardisson,
08:22qui était hospitalisé depuis quelques jours.
08:23Mais je voudrais qu'on accueille un homme
08:25qui a travaillé vraiment aux côtés de Thierry Ardisson,
08:27c'est Stéphane Simon,
08:28puisque vous avez été son producteur, son associé.
08:31Vous avez notamment coproduit avec lui
08:33« Salut les terriens »,
08:34émission, autre émission culte de Thierry Ardisson,
08:36mais aussi 93 Faubourg-Saint-Honoré
08:38avec un concept génial.
08:41C'est-à-dire qu'il recevait chez lui,
08:42rue Faubourg-Saint-Honoré à Paris,
08:44dès qu'on vive,
08:45on pouvait y trouver Bernard Tapie,
08:47un journaliste, un chanteur, etc.
08:49C'était sa formule.
08:51Il commençait dans la cuisine,
08:53un petit apéro, c'est ça,
08:55et puis ensuite on passait à table,
08:56et ça durait des heures.
08:57– Vous n'étiez pas encore assez célèbre
08:59pour venir dans ce dîner à l'époque,
09:01mais c'est vrai que c'était un…
09:02– Quand on regardait ça,
09:03on avait envie d'y participer à ce dîner.
09:05– On avait envie d'y participer,
09:06et c'est d'autant plus amusant,
09:07si je peux me permettre,
09:08c'est que cette émission
09:09n'était pas du tout faite pour lui.
09:11Il n'aimait pas les dîners,
09:12il n'aimait pas les dîners en ville,
09:14et il n'aimait jamais recevoir chez lui.
09:16Il se contentait le soir souvent
09:17d'un yaourt à la cerise,
09:19comme il en rigolait lui-même.
09:20Et donc c'est évidemment quelque chose
09:22qui a été assez étonnant
09:24de le voir s'emballer sur cette idée
09:25qu'à l'époque on avait proposée
09:27à Paris 1ère,
09:29et ça s'est fait,
09:30et ça a été magique,
09:31parce que précisément,
09:32il a considéré qu'il avait compris
09:34qu'il fallait être naturel,
09:36donc pas comme dans une émission de télévision,
09:38c'est-à-dire qu'on oubliait complètement
09:40le masque de l'animateur et les caméras,
09:43et on se mettait à recevoir
09:45comme dans la vraie vie.
09:45Et donc il a joué parfaitement le rôle.
09:48On va regarder un extrait
09:48qui est devenu culte d'ailleurs
09:50sur les réseaux sociaux.
09:51Oui, allô ?
09:55Oui, si vous voulez,
09:56on peut aller dîner ailleurs aussi.
09:59Je t'accueille personnellement.
10:02C'est Johnny.
10:03On est en vacances,
10:04il fait les courses,
10:04il pousse le caddie,
10:05il est ici à côté.
10:06Il y a des mecs dans le supermarché
10:08qui distribuent des bifetons
10:09de trombolas,
10:10comme ça,
10:11il en met un dans le caddie et tout.
10:13Il a gagné son poids en chocolat.
10:14Bon, c'est là-dedans.
10:17Son poids,
10:18parce que c'est la promo,
10:19en noix de coco,
10:20chocolat de noix de coco,
10:22et 150 euros par jour.
10:27150 euros par jour.
10:29Pendant combien de temps ?
10:30Jusqu'à ce qu'il chie des bounties.
10:31C'est toi ?
10:33Il savait créer quand même
10:53des concepts incroyables,
10:54créer une ambiance.
10:55Oui, ça fait du bien
10:56de voir ces images.
10:57Il fallait aussi quand même
10:58pas mal d'argent
10:58pour reproduire tout ça
10:59parce qu'il y avait des moyens.
11:00Il y avait des moyens,
11:01mais Thierry aimait bien
11:02faire une télévision
11:03qui avait les moyens
11:05de sa créativité.
11:06C'est-à-dire qu'effectivement,
11:07ce n'était pas juste
11:08une table et quelques chaises.
11:10Il fallait que ce soit beau à regarder.
11:11Il fallait que ce soit beau à regarder.
11:13C'était quelqu'un
11:13qui venait de la pub
11:14et c'était quelqu'un surtout
11:15qui était attaché
11:16encore plus à la forme,
11:17je dirais, qu'au fond.
11:19Il aurait certainement fait sienne
11:20cette phrase de Victor Hugo.
11:21La forme,
11:23c'est le fond qui remonte
11:23à la surface.
11:24Il aimait faire des beaux packaging,
11:26des belles boîtes,
11:27des beaux emballages.
11:29Donc, il apportait lui
11:30un soin particulier
11:31pour choisir la musique
11:32du générique.
11:33Il aimait choisir
11:34la typo de l'habillage.
11:35Il aimait s'emballer
11:36pour des décors,
11:37notamment ceux
11:38des époux Cerato
11:39qui étaient vraiment
11:40sa tasse de thé.
11:41C'est quelqu'un
11:42qui avait un soin particulier.
11:44C'est une télévision,
11:45Thierry,
11:46c'est une télévision
11:47de l'artisanat,
11:48de l'orfèvrerie.
11:49C'est pour ça
11:49que c'est quelque part
11:51un trait d'union,
11:51comme je l'ai écrit,
11:52c'est un trait d'union
11:53entre la génération
11:55des grands pionniers
11:56de la télé,
11:57du maillet,
11:58des groupes,
11:59pivot,
12:00ces gens qui ont marqué
12:01fortement.
12:02Et puis,
12:03la génération aujourd'hui
12:04où les écrans
12:05sont omniprésents,
12:07mais où le contenu
12:08est beaucoup plus,
12:09on va dire,
12:10sec,
12:11moins travaillé.
12:12Et Thierry a représenté
12:14cette télévision
12:15qui était encore
12:15une télévision artisanale.
12:17Ce n'est pas encore
12:17la télévision des grands groupes,
12:18ni des grosses boîtes,
12:20ni des formats
12:20qui arrivent un peu
12:21lyophilisés
12:22dans notre lucarne.
12:23c'est quelqu'un
12:25qui avait à cœur
12:26de travailler la forme
12:27jusqu'au bout,
12:28jusqu'au bout.
12:29Et c'est parce que
12:29Canal+,
12:30a voulu baisser les budgets
12:31qu'il a décidé d'arrêter,
12:32justement.
12:33Il ne voulait pas faire
12:34moins bien et moins joli.
12:35Je crois qu'il y avait
12:36à la fois ça
12:37puis une petite lassitude
12:38aussi, déjà.
12:40Guillaume Durand
12:41est avec nous également
12:42par téléphone
12:43pour rendre hommage
12:44à Thierry Ardisson.
12:45Bonsoir, Guillaume.
12:46Merci d'être avec nous
12:46à quelques minutes.
12:47Bonsoir, Olivier.
12:48Salut, Stéphane.
12:49On parlait de ce
12:51Thierry Ardisson
12:52qui était inventif.
12:55Alors, il y avait
12:55Thierry Ardisson
12:56provocateur dans ses questions.
12:58Mais il était inventif
12:59et il a inventé
13:00des concepts
13:01qui sont restés.
13:03Absolument.
13:04J'en ai fait expérience
13:05parce qu'il y a
13:06des années et des années
13:07sur la 5.
13:07Lui, il faisait
13:08minuit et moi,
13:09journal télévisé.
13:11Et à un moment,
13:11on a fait ensemble
13:12Face à France
13:13qui n'était aucune idée
13:14qu'il avait conçu
13:16avec Laurence Parizeau,
13:17Catherine Barma
13:18et un de ses collaborateurs
13:21qui consistait
13:22à inventer le panel
13:23à la télévision
13:24qui est au fond
13:24la source
13:25de toutes les émissions
13:26politiques modernes.
13:27Et ça fait maintenant
13:2830 ans que ça dure.
13:29On n'a pas vraiment changé.
13:31Donc ça,
13:31c'est une idée de Thierry.
13:32Point numéro 1.
13:34Deuxièmement,
13:35l'aspect esthétique
13:36me ramène
13:37à un personnage
13:39qui fut à mon avis
13:39son mentor
13:40sur le plan
13:42comment dirais-je
13:43du fonctionnement
13:45de tout ce qu'il faisait.
13:46C'est Daniel Filipaki.
13:48Daniel Filipaki,
13:49qui était le grand patron
13:50de presse.
13:50Vous savez,
13:52elle,
13:52Paris Match
13:53et aussi lui
13:54et d'autres journaux.
13:56Il venait de l'édition.
13:58Son père avait inventé
13:59Yves Depoche.
14:00Et en fait,
14:00la grande phrase de Thierry
14:02qui consistait à dire
14:03on n'en tient pas
14:04les mouches
14:04avec du vinaigre,
14:06il l'a adapté
14:07à la télévision.
14:08Vous vous souvenez
14:09de lui,
14:10c'est-à-dire à la fois
14:10un mélange
14:11entre des photos
14:13de jeunes femmes nuits
14:14et en même temps
14:14des entretiens
14:15avec Sagan
14:16ou avec les artistes
14:18les plus pointus.
14:19Et ça a formé,
14:20comme le disait Stéphane,
14:23une sorte de goût,
14:25une sorte d'esthétique.
14:27Et à un moment,
14:28d'ailleurs,
14:28il a voulu devenir
14:29lui-même
14:31une sorte de magna
14:31de la presse,
14:33ce qui n'a pas
14:35totalement marché.
14:36Il a dû se contenter
14:37d'être un grand homme
14:38de télévision
14:39et c'était déjà
14:40une grande réussite.
14:41Alors,
14:41il n'a pas tout inventé.
14:43Comme le disait Stéphane,
14:45les Avertis,
14:46les Polacks
14:47ont eux aussi
14:48apporté une grande modernité
14:50à la télévision.
14:52Mais en tout cas,
14:52les années 80-90,
14:54il les a complètement
14:56inspirés.
14:58Merci Guillaume.
14:59Merci d'avoir été
14:59avec nous
15:00quelques minutes.
15:01Pour terminer,
15:03rappelons les circonstances
15:04de son décès.
15:05Il était malade,
15:06il souffrait d'un cancer,
15:07il était à l'hôpital
15:08depuis plusieurs jours.
15:08Il l'avait dit,
15:09il était un excessif
15:10Thierry Ardisson,
15:11il avait tout essayé,
15:12les hommes,
15:12les femmes
15:12et toutes les drogues
15:13et c'est probablement
15:14au moment où il a essayé
15:16l'héroïne
15:16qu'il aurait contracté
15:17l'hépatite C,
15:18hépatite C qui a été
15:19compliquée à soigner,
15:20qui lui aurait donné
15:20une cirrhose,
15:21puis un cancer du foie
15:22diagnostiqué il y a
15:23un an environ
15:24et tout se serait accéléré
15:25il y a trois semaines,
15:27un mois.
15:27Il était hospitalisé
15:28depuis une semaine environ.
15:29Vous l'aviez vu
15:30récemment Stéphane ?
15:31J'ai eu une conversation
15:32avec lui le 28 juin,
15:33il n'allait pas fort du tout.
15:34Il était à Ménherbe
15:36dans cette petite maison
15:37qu'il avait décidé
15:38d'acheter avec Audrey.
15:40C'était leur dernier,
15:41c'est certainement
15:42leur dernière vacance,
15:43leur dernier moment ensemble
15:44qu'il faut respecter
15:45évidemment
15:45et c'est vrai que
15:47il savait que son foie lâchait.
15:50Voilà,
15:50il savait que son foie lâchait.
15:52Pendant des années,
15:53ce qui est assez incroyable,
15:54c'est qu'il se faisait
15:56régulièrement des check-ups
15:58et chaque année,
16:00c'était l'occasion
16:00d'aller chercher
16:01des petits nodules
16:02sur son foie
16:04et puis cette année,
16:06il ne pouvait plus faire ça.
16:07La médecine a expliqué
16:09que ce n'était plus envisageable,
16:10il avait le foie trop abîmé.
16:12Merci d'être venu Stéphane
16:14sur le plateau.
16:14Merci Steven.
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