00:00L'actualité, Vincent Jeanbrun, cette LFI qui veut désarmer les policiers municipaux, je profite honteusement de votre présence ici, vous qui avez connu les émeutes, des émeutes d'une intensité totalement inouïe, à dominem, puisque vous en avez été vous-même et votre famille directement victime, quand ce genre de proposition arrive sur la table, qu'est-ce que vous dites ?
00:24Je vous dis merci. Merci Mathilde Panot d'être si franche, si honnête avec les Français, puisqu'elle l'a dit clairement, elle n'est pas du côté de la police, elle est du côté des voyous, elle est du côté de ceux qui cassent, elle est du côté de ceux qui brûlent, parce que pour tenir des propos aussi absurdes que vouloir désarmer les polices municipales, c'est-à-dire ceux qui nous protègent, vous avez rappelé la question des émeutes.
00:46L'hôtel de ville de la commune de l'Ailly-Rose serait un tas de cendres aujourd'hui, si la police municipale, courageuse et de fait armée, formée et armée, n'avait pas été là pour protéger les citoyens et les bâtiments publics.
00:59Quand Madame Panot ose dire que les caméras de vidéosurveillance, on ne sait pas très bien à quoi ça sert, moi je peux vous dire qu'il n'y en avait pas sur la commune de l'Ailly-Rose, quand je suis élu maire, on en installe, et pas énormément, on en installe une dizaine à des lieux stratégiques.
01:11L'année suivante, chiffre officiel de la police nationale, pas les miens, moins 30% sur les cambriolages, instantanément, baisse des vols de voitures, etc.
01:20Évidemment, et sans parler des élucidations d'un certain nombre de crimes, on avait eu un gang terrible qui frappait sur ma commune et les communes voisines, où ils venaient pendant que les personnes âgées étaient chez elles, avec un marteau brise-vitre comme on trouve dans les bus, briser les vitres des vérandas, scotcher les personnes, les torturer, jusqu'à ce qu'ils aient les codes de cartes bleues pour aller vider les comptes en banque.
01:43Donc, sans les caméras de vidéoprotection, on ne trouvait pas ces auteurs, et on ne les mettait pas hors d'état de nuire.
01:48Donc, Mme Pannot a cette franchise de dire quelle est la philosophie anti-police de la LFI.
01:54De toute façon, vous savez, j'ai battu Mme Rachel Kequet qui disait que la police tue nos enfants.
02:00M. Mélenchon parle de racisme systémique de la police.
02:02Donc, évidemment, mais est-ce que ça meurt de moi ? Vous le sentez ?
02:06Évidemment, c'est une honte. Vous avez des policiers municipaux qui risquent leur vie.
02:10Vous lui en avez parlé à Mathilde Pannot, parce qu'aujourd'hui, c'était une ambiance évidemment particulière,
02:14quand on a appris cette mort soudaine d'Olivier Marlex, mais est-ce que vous êtes déplacé ?
02:19Vous êtes allé la voir en disant, mais c'est totalement délirant ce que vous proposez ?
02:23Non, je dois vous avouer que, là, je ne l'ai pas croisé, mais quand bien même je l'aurais croisé, je ne pense pas que j'aurais entamé le débat.
02:28Parce qu'il n'y a pas de débat, parce qu'avec les filles, il n'y a aucun débat sur ces sujets-là.
02:34Et vous savez, quand on parle à des gens qui, Manuel Bompard en tête, ont une détestation finalement de ce qu'est la grande république française qui nous rassemble,
02:45c'est compliqué ensuite, parce qu'on est quasiment sur un débat, là, de religion, ce n'est plus un débat rationnel, d'arguments politiques.
02:51Quand on explique que la police, dans son grand ensemble, serait raciste et serait là pour tuer nos enfants,
02:57comment voulez-vous qu'il y ait un débat ? Comment voulez-vous qu'il y ait un débat ?
03:00Donc c'est dramatique, et au fond, ce qu'elle propose là, c'est tout l'inverse de ce que je propose.
03:04Vous savez, j'ai fait un certain nombre de propositions à l'occasion des deux ans des émeutes,
03:08où justement, moi, j'invite à ce qu'on ait un renforcement des pouvoirs de police municipale,
03:11ce que défend d'ailleurs le ministre de l'Intérieur et François-Noël Buffet, qui est à ses côtés.
03:17Moi, je ne vais même plus lanquer, puisqu'elle, elle dit, je ne veux pas de caméras,
03:19moi, je dis, je veux des caméras, et je veux même des drones qui soient des outils modernes pour la police municipale et nationale.
03:25Donc, il y a deux visions du monde totalement séparées.
03:29Eh bien, ça tombe bien, ça permet aux électeurs de dire clairement les choses.
03:33Vincent Jeanbrun, député LR du Val-de-Marne, est avec nous.
03:35Question de Victor Hérault pour vous.
03:38C'est peut-être une question qui a un... Si, c'est une question.
03:42J'ai l'impression que les meilleurs contradicteurs de Mathilde Panot sont, en l'occurrence,
03:46les maires, puisqu'il y en a, les quelques maires de la France insoumise,
03:50qui tiennent quelques villes, et qui font l'exact inverse de ce qu'a préconisé
03:54ou de ce qu'a ordonné Mathilde Panot aujourd'hui.
03:57Je prends l'exemple de Fâche-Tuménil, donc Patrick Proisy,
04:00qui était la tête de Fâche-Tuménil, commune de 18 000 habitants,
04:02qui, depuis 2020, a doublé le nombre de policiers municipaux,
04:06et qui a rénové et étendu le système de surveillance par caméra.
04:12Et la commune de 9 000 habitants de Grabelle, dans les Raux,
04:16est dirigée par René Revol, qui est un LFI, un camarade,
04:19d'un proche camarade de Jean-Luc Mélenchon,
04:21qui lui-même a lutté jusqu'en 2022 pour ne pas installer de caméras de vidéosurveillance dans sa commune.
04:29Il est maire là-bas depuis 2008, mais en 2022, il a craqué.
04:32Il a fait installer 17 caméras de vidéosurveillance.
04:35Et en réalité, j'ai cherché le seul maire de la France insoumise,
04:37le seul qui respecte au mot près les consignes de Mathilde Panot
04:41et du programme de la France insoumise,
04:42parce que ce n'est pas que Mathilde Panot,
04:43c'est le programme de la France insoumise,
04:46c'est le maire, comment s'appelle-t-il, pardonnez-moi,
04:48Michel Sala, de Saint-Félix-de-Pallière,
04:51et je vous le donne dans le mille, son village compte 200 habitants.
04:53Donc on comprend mieux qu'il n'y ait pas besoin de caméras de vidéosurveillance et d'agents municipaux.
04:56Il peut y avoir du home-jacking dans 200 habitants.
04:59Alors ma question à Vincent Jean-Luc Mélenchon serait,
05:00y a-t-il là une fracture entre la tête de la France insoumise
05:03qui ne connaît pas la réalité du terrain
05:04et les maires de la France insoumise
05:06qui ne sont pas là parce qu'ils ont envie de contredire Mathilde Panot
05:09mais parce que face aux réalités du terrain,
05:11ils sont obligés de mettre en place les mesures qu'elles détestent.
05:13J'ai quelques doutes quand on connaît à quel point il y a une doctrine chez la LFI,
05:18le grand gourou Mélenchon parle,
05:20tout le monde applique la doctrine,
05:21donc je ne suis pas certain que les exemples que vous donnez
05:24soient une forme de rébellion ou d'indépendance
05:26ou de prise de conscience soudaine des collègues.
05:28Il y a deux choses, d'abord vous pouvez avoir un maire LFI
05:30mais il peut avoir une majorité très diverse
05:33et en fonction de la taille des villes,
05:35vous savez il y a même des villes où c'est au panachage
05:36donc ça peut être très différent.
05:39Et puis vous avez un cas comme j'ai eu
05:41dans la ville voisine de Frennes,
05:42vous savez où il y a la prison de Frennes,
05:44où la ville de gauche avec des LFI en son sein
05:49qui refusait toute forme de vidéoprotection,
05:51c'est le préfet de région qui a fini par obliger la commune
05:54à installer de la vidéoprotection autour du centre pénitentiaire.
05:58D'ailleurs il y a des caméras uniquement à cet endroit-là
06:00et le reste de la ville, les habitants peuvent souffrir.
06:03Donc peut-être même ce serait à creuser que ces collègues-là.
06:06Mais encore une fois, on a affaire à un ensauvagement de la société.
06:11Il y a de plus en plus de violences,
06:13de plus en plus d'actes de barbarie,
06:15parce qu'il n'y a pas d'autres mots.
06:17Il faut absolument qu'on soit en capacité de réagir.
06:19Donc une police d'ultra proximité,
06:21bien formée, bien équipée des polices municipales
06:23et des outils modernes comme la vidéoprotection
06:26et pourquoi pas les drones.
06:27C'est un peu sous la forme d'une question,
06:30c'est un peu une question poil à gratter.
06:32Dieu sait que je ne suis pas un fervent supporter de la France Insoumise
06:35et encore moins un soutien de Mathilde Panot,
06:37ça se saurait.
06:38Ça fait trop dans une dernière.
06:39En revanche, il y a un truc qui me fait étiquer
06:41dans ce que vous évoquez sur les drones.
06:43Très franchement, ce n'est que mon avis,
06:45peut-être ne le partagerez-vous pas,
06:47je pense que la politique sécuritaire ne se résume
06:49ni aux caméras, ni aux mesures qu'on est en train de réfléchir
06:52dans une sorte de concours lépine,
06:54du genre drone, reconnaissance faciale, etc.
06:56Je suis pour la sécurité,
07:00je m'inquiète comme vous de l'ensauvagement de notre pays,
07:02mais je ne suis pas sûr qu'en allant dans une forme
07:05de surveillance de masse,
07:07nous gagnons beaucoup en sécurité.
07:09Je crois que nous gagnerons en contrôle,
07:10un peu à l'instar de ce qui s'est passé pendant le Covid,
07:12mais je ne suis pas sûr que l'on gagne en sécurité.
07:14Donc autant sur la police,
07:16le renforcement des moyens de la police
07:17ou la vidéoprotection, je m'y suis un peu fait,
07:20mais attention à la dérive aussi pour nos libertés.
07:22Réponse de Vincent Genrois.
07:23Question très intéressante.
07:24Il ne s'agit surtout pas d'avoir des drones
07:28qui volent au-dessus de notre tête toute la journée,
07:29ce n'est pas du tout l'objectif.
07:31En revanche, vous avez plein de situations
07:33dans lesquelles pouvoir déployer,
07:34dans le cadre d'un appel d'urgence,
07:36un drone, ça change des destins.
07:39À l'aille des roses,
07:40pendant une certaine période,
07:41nous avons utilisé avec la police municipale des drones.
07:44Avant, ce n'était pas interdit,
07:45donc on l'a fait dans un cadre strict,
07:47respectant ce que la loi permettait.
07:49Depuis, ils ont légiféré au Parlement
07:51avant que j'arrive et ils ont interdit
07:53l'usage des drones aux polices municipales.
07:55Qu'est-ce qu'on faisait pendant cette période ?
07:56Eh bien, on faisait décoller un drone
07:57pour surveiller une manifestation particulière,
08:00un événement, quand je dis manifestation,
08:01un événement festif, un marché de Noël,
08:03ce qui nous permettait d'éviter des phénomènes de bande,
08:06parce qu'on les voyait arriver de loin,
08:07c'est une première chose.
08:08On a eu une grande course,
08:10des milliers de participants,
08:12une fusillade dans les rues de la ville.
08:14Fusillade.
08:15Là, vous ne savez pas quoi faire.
08:16Est-ce qu'il faut évacuer ?
08:18Est-ce qu'il faut, au contraire,
08:19garder les gens dans le stade pour empêcher ?
08:21On était en pleine période terroriste.
08:23Le drone aurait permis d'aller faire un point de situation.
08:25Et un exemple encore plus poignant.
08:27On a un appel.
08:28Poste de police municipale.
08:30Un homme, avec un couteau,
08:31poursuit une femme dans la rue.
08:33Il s'agissait de l'ancien mari
08:34qui voulait se venger.
08:34Le temps que le véhicule de police municipale
08:38arrive sur site,
08:39le couple en question
08:40disparaît dans un ensemble de tours.
08:43Le véhicule de police est d'un côté.
08:47L'ex-mari est en train de poignarder sa femme
08:49de l'autre côté de la tour.
08:51Un drone vole à une vitesse telle
08:52qu'en moins de 30 secondes,
08:53il aurait été sur site.
08:54On aurait eu une vue d'ensemble.
08:55On aurait pu empêcher
08:56que cette dame,
08:57qui, heureusement, est restée en vie,
08:59ne se soit prise ses coups de couteau.
09:01Donc, encore une fois,
09:01il ne s'agit pas de faire ça.
09:02Et un dernier point.
09:03Ce que vous dites, Vincent Jean-Brasse,
09:04c'est que ce n'est pas de 284 d'Orwell.
09:06Non, pas du tout.
09:07C'est juste la surveillance
09:09qui peut sauver des vies.
09:11Exactement.
09:11Je veux défendre les libertés.
09:12Et comme la première des libertés,
09:13c'est quand même la sécurité,
09:15je pense qu'il faut qu'on s'outilie.
09:16Surtout que les délinquants,
09:17les trafiquants,
09:17les narcotrafiquants,
09:19eux, ils sont hyper connectés.
09:20Ils sont à la pointe de la technologie.
09:22Il y a beaucoup Snapchat, notamment.
09:24À une époque, pas que,
09:25mais à une époque,
09:26vous rentriez dans un hall,
09:28il y avait une très forte probabilité,
09:30en regardant dans les lames du plafond,
09:31de trouver le stock de câbles.
09:35Alors, ils en stockaient peu,
09:36mais malgré tout, on les embêtait.
09:37Aujourd'hui, c'est trop facile.
09:39Vous avez une pince sous le drone.
09:40Le drone, il est sur le toit d'un immeuble
09:42totalement inaccessible,
09:43à 18 étages au-dessus de nos têtes.
09:46Et uniquement quand, hop,
09:47le peu de quantité de drogue
09:49qu'il y a sur soi vient à manquer,
09:51on fait descendre le drone,
09:53on récupère un peu de matos,
09:54le drone y remonte.
09:56Et en fait,
09:56vous voulez demain interférer
09:58avec ces drones-là,
09:59le seul moyen,
10:00c'est d'avoir des drones d'intervention.
10:02Ce que peuvent avoir la gendarmerie,
10:03par exemple,
10:03ou les centrales nucléaires,
10:04vous savez,
10:05des drones pour intercepter les autres drones,
10:07aujourd'hui,
10:07les narcotrafiquants,
10:08ils ne nous attendent pas.
10:09Donc, il faut,
10:09à un moment donné,
10:10se dire,
10:10soyons pragmatiques
10:11et donnons,
10:12dans le respect des libertés individuelles,
10:14un certain nombre d'outils.
10:15Moi, ça me paraît fondamental.
10:17Et je rajouterais même
10:18que vous avez aujourd'hui
10:18des cambriolages
10:19qui sont terribles
10:20parce qu'ils utilisent vos clés
10:22avec des drones,
10:23puisque le drone passe par le balcon,
10:24vous êtes au 12e,
10:25ou au 18e,
10:25où vous dites,
10:26je claque la porte,
10:27je n'ai pas besoin
10:27de fermer la fenêtre du balcon.
10:30Le drone passe,
10:30il récupère vos clés,
10:31vous savez,
10:31on a tous ce petit vide-poche
10:32à l'entrée,
10:33il refait le tour.
10:34En plus,
10:34comme ils sont passés
10:35dans votre appart
10:35et que personne n'est venu,
10:37ils savent qu'il n'y a personne.
10:38Et donc,
10:38il y a ces besoins-là,
10:40aujourd'hui.
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