00:00Votre choix, Olivier. Donald Trump avait donné 90 jours pour tenter de trouver des accords.
00:04On parlait du 9 juillet. Désormais, on parle du 1er août et le temps presse, désormais.
00:08Oui, le temps presse. La délégation européenne est à Washington.
00:10Elle essaye de trouver un accord. À ce stade, les droits de douane,
00:14si on met de côté l'acier et l'aluminium, sont à 10.
00:16Mais la menace, c'est qu'ils passent à 50 si aucun accord n'est trouvé mercredi.
00:21Donc, le compte à rebond est lancé, le temps tourne.
00:24Et dans cette panique générale, chacun a essayé un petit peu
00:28de trouver son avantage.
00:30Le Royaume-Uni et le Vietnam ont déjà passé un deal.
00:33Les Britanniques ont accepté de limiter leurs exportations de voitures vers les États-Unis.
00:38Le Vietnam a accordé à Trump ce qu'il demandait,
00:42c'est-à-dire que les produits chinois qui transitaient par le Vietnam
00:45soient bien identifiés et ceux-là soient taxés de manière beaucoup plus importante.
00:50Le Canada, lui, a fini par capituler sur la taxe qu'il voulait faire porter
00:54sur les géants du numérique, les GAFAM.
00:57Ça a mis Trump très en colère.
00:59Ils ont fini par baisser pavillon.
01:01Le Japon réclame un traitement de faveur en disant
01:03« Nous sommes le pays qui investissons le plus aux États-Unis.
01:06On crée des emplois, donc on veut être traité différemment. »
01:09Le Mexique a mis la lutte contre la drogue dans le panier pour essayer de négocier.
01:14Et les BRICS, qui sont réunis en ce moment à Rio,
01:17essayent de faire entendre d'une seule voix le fait qu'il ne faut pas céder face à Trump.
01:20On est dans un grand marchandage.
01:22Le problème, c'est que Trump adore ça.
01:24Parce que quand vous êtes dans un grand marchandage,
01:26ça appuie chez lui sur ce qui, au fond, est son ressort politique.
01:32C'est la capacité, pense-t-il, de pouvoir, selon son bon vouloir,
01:36du lundi au mercredi, influer sur le cours des choses au niveau planétaire.
01:42Et donc, de passer un deal, quitte à se dédier quelques mois plus tard,
01:46ce n'est pas un problème pour lui.
01:48C'est au contraire ce qu'il recherche, d'être au centre du jeu en permanence.
01:52En ce moment, les Européens essayent d'avancer des arguments plus rationnels,
01:55plus pérennes, en envoyant le commissaire délégué au commerce sur place
02:01pour négocier dans cette délégation.
02:03Ce qu'on a entendu dire aussi, c'est que Trump aurait adoré avoir
02:06Ursula von der Leyen en face de lui, sans doute pour humilier l'Europe.
02:10Parce qu'au fond, il a un compte à régler avec l'Union européenne
02:13et que c'est la représentante la plus élevée qui l'attendait.
02:18Ce qui voudrait dire que ce voyage à Washington
02:20finirait par ressembler à un voyage à Canossa,
02:23ce dont, pour l'instant, Ursula von der Leyen n'a pas envie de faire.
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