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  • 26/06/2025
L’État est-il en crise existentielle, durable et profonde ? Et si ce que nous vivions n’était pas la fin de l’histoire, mais plus radicalement, la fin de l’État tel qu’on l’a connu ? Il peine à maîtriser les grands enjeux contemporains. Il légifère lentement, régule tard, sur des espaces qu’il ne contrôle plus. Pendant ce temps, les firmes globales, les plateformes, les flux financiers et les technologies avancent à une vitesse qui lui échappe. [...]

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Transcription
00:00L'État est-il en crise existentielle, durable et profonde ?
00:11Et si ce que nous vivions n'était pas la fin de l'histoire,
00:14mais plus radicalement, la fin de l'État tel qu'on l'a connue ?
00:19L'État peine à maîtriser les grands enjeux contemporains.
00:22Il légifère lentement, régule tard sur des espaces qu'il ne contrôle plus.
00:28Pendant ce temps, les firmes globales, les plateformes, les flux financiers
00:32et les technologies avancent à une vitesse qui lui échappent.
00:35L'État agit dans un monde qu'il ne comprend plus tout à fait.
00:38Il reste attaché à ses frontières, à son impôt, à ses procédures.
00:42Le politique est structurellement en décalage.
00:45Le temps de l'action publique n'est plus aligné avec celui des mutations économiques,
00:49technologiques, sociales, culturelles.
00:52Spatialement, il est borné, là où les acteurs dominants sont transnationaux,
00:56mouvants, sans ancrage.
00:59Temporellement, il est lent, là où l'instantané règne,
01:03où la vitesse devient un mode de pouvoir.
01:06Alors que faire ?
01:07Faut-il constater que l'État ne pèse plus et apprendre à vivre sans lui ?
01:11Ou peut-on encore réaffirmer son rôle sans pour autant singer les autres ?
01:16Car l'État ne sera jamais une start-up.
01:20Il ne sera jamais tout à fait agile.
01:22Et s'il prétend l'être, il peut se perdre.
01:26Il peut perdre sa nature et peut perdre sa légitimité.
01:30Mais s'il ne se transforme pas, s'il reste ce corps lent,
01:34hiérarchisé face à un monde liquide, fluide, rapide,
01:38il se marginalise politiquement, économiquement, symboliquement.
01:43La question devient donc cruciale.
01:46Veut-on laisser l'État devenir un acteur périphérique,
01:50d'un monde dirigé par des logiques marchandes ?
01:52Ou peut-il redevenir ce qu'il était ?
01:55Une force de structuration, de projection, de contre-pouvoir,
01:58un acteur du récit collectif ?
02:01Et c'est là que Trump, paradoxalement, met le doigt sur quelque chose.
02:06Il cherche à reprendre la main, à imposer un récit, à accélérer l'État,
02:09parfois et souvent à coups de procédures violentes, brutales, unilatérales.
02:15Il veut restaurer quand même le contrôle de l'espace,
02:18reprendre la maîtrise du temps, il en fait une arme.
02:21Mais ce monde est évidemment dangereux.
02:23Il instrumentalise l'État comme outil de pouvoir personnel,
02:26au détriment des contre-pouvoirs et du droit.
02:29Alors, une autre voie doit s'inventer,
02:32entre l'impuissance d'un État relégué et la violence d'un État capté.
02:37Il nous faut une troisième voie,
02:40un État qui tienne le rythme sans se renier,
02:43qui reprenne l'espace sans écraser,
02:46qui structure sans dominer.
02:47Car dans un monde qui menace de retomber dans la guerre de tous contre tous,
02:51économique, technologique, symbolique,
02:53l'État doit redevenir une digue.
02:55Car si l'État tombe, c'est la démocratie qui vacille.
02:59Sous-titrage Société Radio-Canada

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