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  • il y a 1 an

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00:00Bonjour à toutes et à tous, ça y est, les épreuves du bac ont commencé avec aujourd'hui la philo.
00:07On va s'attaquer à l'épreuve de la filière technologique avec Laurent Paillet-Chevalier,
00:11vous êtes professeur de philosophie dans les Yvelines.
00:13Bonjour Laurent.
00:14On va voir ensemble les grands axes, les incontournables de cette épreuve et des différents sujets.
00:19Et puis bien sûr, on va faire un point méthodo et puis un point sur les erreurs à éviter.
00:23Je vous propose qu'on commence par le premier sujet de dissertation,
00:26qui cette année était, sommes-nous libres en toutes circonstances ?
00:29Alors quand on lit le sujet, j'imagine qu'il y a des difficultés déjà dans l'intitulé,
00:34peut-être le sommes-nous, pourquoi c'est sommes-nous et pas suis-je ? Est-ce que c'est une difficulté ?
00:38Exactement, encore très bonne remarque, sommes-nous c'est un pluriel.
00:42Alors ou bien on choisit de le penser comme la collectivité, c'est-à-dire moi pris dans son ensemble, dans la société,
00:51ou bien on peut aussi le penser moi comme appartenant au genre humain.
00:54Autrement dit, il me semble que ce qui sera questionné ici, ce n'est pas ma liberté à moi,
00:59à mon petit plaisir de faire comme je veux, mais ce que je peux faire parce que j'appartiens à un ensemble plus large.
01:07Et quand on est sur le point des difficultés, je crois que le plus dur est à la fin du sujet.
01:12Regardons comment la chose est écrite.
01:14« Sommes-nous libres en toutes circonstances ? » On dirait plus volontiers « Sommes-nous libres en France ? »
01:21« Sommes-nous libres en République ? » Un lieu ou une situation politique ? »
01:26Or là, il ne s'agit ni d'un lieu ni d'une situation politique, mais bien « Sommes-nous libres en toutes circonstances ? »
01:33Autrement dit, peu importe ce qui a lieu, « Sommes-nous libres ? »
01:39Je peux peut-être créer quelque chose au tableau ?
01:40Parce qu'en écrivant, parfois, c'est plus simple.
01:43Je garde mes feuilles, il y a les réponses dessus.
01:45Donc ça, définir ce que sont toutes ces circonstances, c'est la difficulté à faire dans l'intro ?
01:49C'est la première difficulté.
01:51Et je pense qu'il ne faut pas entrer dans le détail.
01:53Tout est un quantificateur universel.
01:56Autrement dit, toutes les circonstances, je ne vais pas chercher le détail.
01:59Je reste dans le général.
02:02Donc dans un premier sens, si nous sommes libres entre toutes circonstances,
02:05cela veut donc dire que la liberté ne dépend d'aucune circonstance.
02:10La liberté est en quelque sorte inconditionnée.
02:12Et notre ami Spinoza est là très bon sur le sujet, puisque la liberté, dit-il, est antécédente.
02:18Les circonstances pour être libre doivent correspondre à la liberté qui existe là par avance.
02:24Donc premier élément, toutes circonstances.
02:26Les élèves m'excuseront, ils ont l'habitude des collègues et des profs, on écrit en abrégé.
02:33Toutes circonstances, dans ce cas-là, la liberté, elle existe avant.
02:40Et on comprend bien le « nous ».
02:42Puisque ce n'est pas une liberté qui dépend de moi, c'est une liberté qui est commune.
02:46Qui est commune au groupe.
02:47Au groupe.
02:48Mais là, il y a une difficulté.
02:50Puisque si nous disons que toutes circonstances, sommes-nous libres en toutes circonstances ?
02:57Ces circonstances sont-elles connaissables ?
02:59Puis-je connaître les circonstances ?
03:02Je suis libre en France, je sais ce que c'est que la France.
03:05Sommes-nous libres en République, je sais ce que c'est que la République ?
03:07Pour pouvoir répondre à la question.
03:08Mais à proprement parler, toutes circonstances, ça peut être n'importe quelle circonstance, donc elle est littéralement inconnaissable.
03:18Alors, sommes-nous libres quand nous ne pouvons pas savoir de quoi il s'agit ?
03:23Sommes-nous vraiment libres quand nous ne pouvons connaître ?
03:26Et là, on aurait pu utiliser les stoïciens, mais dans l'autre sens.
03:31Tout le monde connaît bien le stoïcisme.
03:32Le stoïcisme dit simplement, je rationalise, je fais ce qui dépend de moi, et ce qui ne dépend pas de moi, je le laisse de côté.
03:40Et bien justement, le présupposé de la philosophie stoïcienne, c'est la connaissance des circonstances.
03:46Or, si toute circonstance n'est pas a priori pensable, puis-je vraiment ?
03:51Sommes-nous vraiment libres dans ce cas-là ?
03:54Donc, si la toute circonstance n'est pas connaissable, alors on peut douter de notre rapport à la liberté.
04:10Et là, nous avons une réelle difficulté.
04:12Puisque dans un sens, nous sommes libres en toutes circonstances, puisque la liberté ne dépend d'aucune circonstance.
04:19Mais en même temps, si nous voulons être libres, il faut savoir ce qui a lieu.
04:26La question alors est de savoir comment on dépasse cette double difficulté.
04:31Donc il y a encore un travail de définition.
04:33Toujours, je pense que la méthode, la technique est toujours de définir les termes, s'attacher à la grammaire, comment les choses sont dites.
04:41L'important, ce n'est pas ce qui est dit, mais comment les choses sont dites, afin de pouvoir faire, comme dit Nicolas de Cuse, une coïncidence des contraires.
04:50Et puis là, vous nous parlez des circonstances qu'on ne peut pas toujours connaître.
04:53J'imagine qu'elles évoluent aussi.
04:54On peut être libre à un instant T, plus à un autre.
04:57Ça aussi, il faut le prendre en compte ?
04:57Exactement.
04:59L'année prochaine, vous ferez le corriger.
05:00J'en suis convaincu.
05:02Toutes circonstances.
05:03Le tout, ici, indique une totalité dans l'espace, mais aussi dans le temps.
05:09Ce qui nous force à penser le mot liberté, ou plutôt, sommes-nous libres ?
05:16Parfois, nous nous pensons libres à cause des circonstances.
05:19Vous êtes jeune, beau et fort, la liberté a un sens particulier.
05:23Mais voilà, comme dit Albert Camus dans l'étranger, d'un coup, d'un seul, la maladie et la guerre.
05:28Alors quoi ? Nous ne sommes plus libres ?
05:31Eh bien si, nous sommes libres à l'aune des circonstances.
05:35Nous sommes libres dans et par les circonstances.
05:37Autrement dit, il faut penser la liberté qui évolue quand les circonstances elles-mêmes évoluent.
05:43C'est ce que dit Paul Ricoeur dans le second tome du volontaire et la volontaire dans l'introduction.
05:48Dans ce cas-là, il faut donc penser l'évolution dans le temps.
05:52Et donc, nécessairement, penser l'évolution du concept de liberté.
06:03Nous ne sommes pas libres à 8 ans comme nous le sommes à 20 ans.
06:08Nous ne sommes pas libres à 40 ans comme nous l'étions à 20.
06:12Nous ne sommes pas libres à 80 comme nous l'étions à 40.
06:15J'imagine que l'autre difficulté, c'est de ne pas tomber dans l'écueil, de penser la liberté comme la licence.
06:21On est libre, mais on doit obéir à la loi, à un certain nombre de règles.
06:25Exactement. Bien vu.
06:27On pourrait encore interpréter d'une autre manière ce toute circonstance.
06:31Parce que la circonstance, nous nous la donnons et nous l'imposons à nous-mêmes.
06:36Par la loi, par exemple.
06:38Autrement dit, sommes-nous libres en toute circonstance ?
06:41Oui. Je prends un très bon exemple, l'achat d'une maison.
06:43Ça vous arrivera, j'espère, bientôt.
06:45Quand on achète une maison, nous avons donc la volonté, nous voulons être libres.
06:49Mais je ne suis libre d'acheter la maison que si et seulement si ma volonté, dit notre ami Hegel dans les propédiotiques philosophiques,
06:56ma volonté prend la forme du droit.
06:59C'est-à-dire, mon vouloir libre va prendre la forme du droit pour que je devienne pleinement libre.
07:04Et dans cette liberté, je vous respecte vous-même comme liberté.
07:08C'est là qu'Hegel dit, ma liberté s'arrête là où commence celle des autres.
07:13Cette circonstance de la vie en commun va me permettre d'être libre.
07:17Hegel dira même, c'est la condition de possibilité de l'agir humain.
07:21Je ne suis libre que dans cette circonstance que m'impose le droit.
07:26Parfait. Merci beaucoup, c'était très clair.
07:28Je vous invite à me rejoindre pour qu'on passe à la prochaine disserte.
07:31Cette fois-ci c'était, avons-nous besoin d'art ?
07:34Là encore, je pense qu'il y a des mots sur lesquels on va tiquer.
07:37Besoin, définir aussi le terme d'art, qu'est-ce que c'est l'art ?
07:40Moi je pense que la première difficulté, c'est le mot art.
07:43Parce que la plupart des élèves, et vous direz naturellement, partent sur l'art, l'œuvre d'art, le beau.
07:53Mais on oublie souvent l'art de la table, l'art de se battre, l'art de la dispute, l'art de la médecine.
08:00Le mot art n'indique donc pas d'abord les beaux-arts.
08:04Le mot art indique en réalité une forme de pratique, une pratique qui est normée et que l'on transmet en vue de réaliser.
08:14L'art de la médecine, qu'est-ce donc sinon l'ensemble des normes pour examiner un corps ?
08:19Qu'est-ce donc l'art de la table sinon l'ensemble des normes pour dresser une table ?
08:23Et les arts martiaux, vous avez bien deviné, nos amis qui sont peut-être champions de jujitsu, savent très bien de quoi il s'agit.
08:30Donc l'art, ce n'était pas que l'esthétique ?
08:31Ce n'est pas que l'esthétique. Bien sûr, l'esthétique a une part dans le sujet, mais on ne peut pas centrer.
08:38Et là, la difficulté apparaît immédiatement. Parce que le besoin, voyez-vous, il est naturel.
08:43Besoin de dormir, besoin de se reposer, etc.
08:47Mais l'art, si on le définit comme cet ensemble de normes qui nous permet de faire, autrement dit l'art est artificiel,
08:54on voit là immédiatement l'ambiguïté, le besoin naturel d'un artificiel.
09:01Comment donc pouvons-nous avoir besoin d'art ? C'est-à-dire d'art de la table, d'art martial, voire même d'œuvre d'art, d'art en général.
09:12Donc là, il fallait montrer que c'est un besoin, mais qui n'est pas vital en fait, qui n'est pas absolument nécessaire.
09:16Exactement. La question de la nécessité et du contingent, le nécessaire et le contingent sont au cœur du sujet.
09:24Avons-nous besoin d'art ? Et d'ailleurs, si on pinaillait un petit peu, ce que j'aime faire, c'est le verbe avoir.
09:30Et notre ami Aristote, dans les catégories, dans les dernières, dit que avoir, c'est comme avoir dans une jarre.
09:35Avoir dans sa poche. Ce que j'ai, je peux le ressortir. Ce que j'ai, je peux le donner.
09:41Donc, avons-nous besoin d'art ? Un petit coup au tableau peut-être ?
09:46Pour présenter un plan, par exemple ?
09:48Oui. Alors, je vais faire... Mes élèves, vous savez, me reprochent toujours de ne pas savoir essuyer un tableau.
09:53Alors là, comme on est... Je vais faire ça proprement. Mes élèves seront fiers de moi.
09:57Ils m'auront appris ça cette année, à essuyer un tableau correctement.
10:01Bon. Alors, allons-y.
10:04Avons-nous besoin d'art ?
10:06Si on entend par art, tout d'abord, cette pratique guidée par des normes.
10:13Eh bien, nous avons besoin d'art. Pourquoi ?
10:15Nous avons besoin d'art pour bâtir un monde dans lequel nous vivons.
10:19Le monde dans lequel nous vivons est un monde qui vient de l'art.
10:29Je vais vous le montrer très simplement.
10:31Regardez mes tenues, mes vêtements.
10:33Il a fallu une forme d'art, l'art de la couture, l'art de la coiffure et du barbier, pour pouvoir me présenter à vous aujourd'hui.
10:41Ainsi donc, nous avons besoin d'art pour vivre dans le monde.
10:44Notre monde est fait d'art. C'est ce que dit Anna Haren, dans la condition de l'homme moderne.
10:49Pas de monde sans art.
10:51Et on peut là, avec Anna Haren, distinguer les degrés.
10:54Il y a l'art qui sera immédiatement consommé, tel ce qu'elle reprend à Karl Marx, pour me permettre de vivre immédiatement.
11:00Et il y a des objets d'art qui tiennent plus longtemps, des monuments, tel ce qu'elle reprend, sans le dire, à notre ami Victor Hugo.
11:07L'œuvre d'art est ce qui tient plus longtemps dans le temps et qui peut me permettre de constituer un monde dans le temps, au-delà d'une vie humaine.
11:17Je dis œuvre d'art, mais c'est les monuments en général.
11:19Pensez au Louvre, pensez à la tour Eiffel.
11:21Nous vivons dans un monde d'art. Nous recevons un monde par là.
11:25Donc, en cela, nous avons besoin d'art pour vivre, parce qu'il constitue notre monde.
11:29Dans le monde dans lequel on évolue, tout a été pensé avec un certain degré artistique, qu'on le veuille ou non.
11:33Voilà, ou plutôt un certain degré d'artefact.
11:35La difficulté, c'est le rapport au besoin.
11:40Parce que le besoin est naturel, alors que l'art est artificiel.
11:44Comment ma vie naturelle peut-elle avoir besoin de l'artificiel ?
11:50Comment le vivant peut-il avoir besoin de ce qui n'est en quelque sorte pas vivant ?
11:56Et là est la difficulté.
11:58Et dans ce cas-là, on ne voit pas très bien comment on pourrait avoir besoin d'art.
12:02Il y a donc une difficulté à penser dans le sujet, le rapport du besoin à l'art.
12:11Donc là, c'est le besoin dans le sens de la nécessité absolue.
12:14De la nécessité absolue, la nécessité vitale.
12:16La vie, ma vie, n'a pas besoin d'art pour se déployer.
12:20Comment peut-on alors résoudre cette tension entre d'une part la constitution du monde qui a besoin d'art pour exister et d'autre part le besoin comme étant naturel, vital, qui n'a pas besoin d'art ?
12:36La solution, c'est peut-être alors de penser l'art au sens d'œuvre d'art et de penser le travailleur comme un artiste, en quelque sorte.
12:47Poussons le trait jusque-là.
12:48Qu'est-ce que c'est qu'une œuvre d'art ?
12:49Une œuvre d'art, ce n'est rien de plus que la conjonction entre la liberté et la contrainte.
12:53Avoir besoin d'art, ce n'est rien de plus que d'avoir besoin de la conjonction entre la vie et la norme, la vie et la règle, la vie et la technique.
13:08Et en cela, dans l'art, au sens de l'œuvre d'art, tout d'abord, on peut comprendre le besoin d'œuvre d'art.
13:18Mais ce n'est pas le besoin de voir la Joconde pour voir la Joconde.
13:21Ce n'est pas le besoin d'écouter du Bach pour écouter du Bach.
13:25J'ai besoin d'écouter Bach pour l'effet que Bach me fait.
13:30Sioran, grand penseur du XXème, a dit
13:33« Ce n'est pas Dieu qui a créé Bach, c'est Bach qui a créé Dieu. »
13:38Bien sûr, pas provocateur, mais que dit-il ?
13:41Il dit simplement que la puissance de la musique de Bach fait un effet en moi tel que je sens la vie en moi.
13:48Et donc, j'ai besoin d'art pour me sentir vivant.
13:52J'ai besoin d'art pour sentir la vie en moi.
13:56Le besoin d'art, le besoin d'œuvre d'art, n'est-ce pas simplement le besoin que se sentir un être vivant, vibrant, devant.
14:04Et j'imagine qu'il y a beaucoup de candidats, quand ils voient le terme « art », ils pensent à Kant.
14:11L'art, ce n'est pas la représentation d'une belle chose, mais la belle représentation d'une chose.
14:16Est-ce qu'on pouvait le citer ?
14:18Mais bien évidemment, puisque, comme vous le savez, chez notre amicante, ou pour notre amicante, le beau n'est pas dans la chose.
14:27Le beau n'est pas non plus dans la compréhension.
14:30Le beau, c'est l'effet que cela fait que d'être devant la chose.
14:33C'est l'être vivant que je suis qui vibre devant la chose.
14:36C'est un jugement réfléchissant.
14:39Et donc, c'est l'être vivant que je suis qui vibre devant la chose.
14:42Oui, c'était Kant, je pense, en grand 3, aurait été une merveilleuse idée.
14:46Et c'est donc cette vibration qu'on ressent devant une œuvre d'art dont on aurait besoin.
14:50Et j'ai besoin d'art, exactement, pour vivre.
14:52Et d'ailleurs, on pourrait même pu pousser la chansonnette jusqu'à Oscar Wilde.
14:55Parce que celui-ci dit que c'est par l'art que nous voyons le coucher de soleil.
15:01« S'il n'y avait pas Turner », dit Oscar Wilde, vous irez voir Turner, un grand, grand, grand peintre du 19e.
15:06Il l'a peint justement dans les Yves, dans le côté de Rambouillet pour notre ami Napoléon.
15:10Si on regarde les œuvres de Turner, ce magnifique coucher de soleil,
15:14il nous aide à voir l'éphémère qui ne dure qu'un instant.
15:17Qui ne s'est pas senti ému devant ce lampadaire parisien sous la pluie ?
15:22Mais ce qu'il ne sait pas, c'est que c'est l'art et l'esthétique d'Hitchcock
15:26qui l'a guidé jusqu'à ce plaisir.
15:28Parfait, merci beaucoup pour ces précisions sur ce deuxième sujet.
15:33Je vous propose qu'on passe à la dernière partie, l'explication de texte.
15:36Alors, cette année, c'était un texte d'Adam Smith, « Théorie des sentiments moraux ».
15:41Est-ce que vous pouvez nous en parler ?
15:42Pareil, on commence peut-être par les erreurs à éviter ou les difficultés du sujet ?
15:45Oui, alors la difficulté du sujet, elle est toute simple.
15:48Lire.
15:49Lire le texte.
15:51Le texte que le texte.
15:52Rien que le texte.
15:53On rappelle que l'explication n'a pas besoin d'autres connaissances que le texte.
15:56Pour nos camarades de TMG, de série technologique, pardon, qui s'y sont aventurés,
16:02il y a des questions auxquelles il faut répondre,
16:04ou bien un autre mode qui est d'expliquer le texte.
16:07Moi, pour le temps à partie, on va peut-être entrer dans le texte pour voir les grands moments,
16:13et j'espère que cela vous guidera pour pouvoir corriger tranquillement la chose.
16:18Moi, j'aurais découpé le texte en trois parties.
16:20D'accord.
16:21Ligne 1 à 5, un premier moment où on pose un constat sur ce que c'est que la société.
16:25Vous allez voir très intéressant ce que pose comme idée Adam Smith.
16:29Deuxième moment qui est en fait celui de la conséquence un peu à l'excès de ce qu'on vient de dire.
16:35De la ligne 5 à 10, et enfin, l'équilibre et la solution par le concept de justice de la ligne 10 à la ligne 16e.
16:45Donc, dans un premier moment, il est question de société.
16:48Et là où la chose est très intéressante, et là où la lecture, me semble-t-il, fut très difficile,
16:53c'est qu'Adam Smith, qui, et bien sûr, on connaît en économiste, était d'abord un auteur de moralité.
16:59Tout d'abord un auteur de moralité.
17:01Donc, quand il pense la société Adam Smith, il la pense sans contrat social.
17:06Ce n'est pas un contractualiste.
17:08Voir, il la pense sans moral préétabli, sans religion préétablie.
17:12Et donc, Adam Smith se demande simplement, mais qu'est-ce qu'il faut pour que le lien entre les hommes puisse tenir ?
17:18Qu'est-ce qu'il faut ?
17:20Alors, le texte est en vieux français, l'échange mercenaire, traduisons immédiatement l'échange, le commerce, exactement, l'échange marchand.
17:27Donc, pour Adam Smith, il n'y a pas besoin de contrat social, il faut qu'il y ait commerce.
17:32Mais dans un deuxième moment, mais alors n'est-ce pas, dit-il, le règne de l'animosité, je compte vite mes lignes sur la ligne 8,
17:39le règne de l'animosité, du ressentiment réciproque, est-ce qu'on ne risque pas de tout disperser alentour par la violence, l'opposition, l'inudice ?
17:47Autrement dit, les règles du marché, les règles du commerce, est-ce que ce n'est pas fondamentalement antinomique ?
17:56Et là, pour nous, c'est une bonne réflexion.
17:58Puisque le problème que pose Adam Smith, c'est de penser la société sans le politique.
18:03sans le lien social qui serait un élan de bienfaisance, de solidarité, tel qu'on en a l'habitude en France.
18:13La liberté, égalité, fraternité, la République, la fraternité, c'est la réponse spontanée du peuple français face à la souffrance d'un des membres du peuple.
18:21Il ne s'agit pas de ça.
18:22Il s'agit là, pour Adam Smith, de penser le lien économique entre les individus comme lien fondamental.
18:28Alors, il n'y a-t-il pas un risque ? Il n'est là que de l'agressivité, du vol, du mensonge et de l'usurpation.
18:35Non, dit Adam Smith.
18:36Et dans la troisième partie du texte, il apporte une solution, mais par un exemple.
18:42Brigands et assassins.
18:44Alors, ça peut nous surprendre.
18:45Qu'est-ce qu'un brigand et un assassin ?
18:47Sinon celui qui vient rompre le lien social.
18:50Pourquoi ici ? Par-le-t-il de cela ?
18:53Parce que même dans ces sociétés, entendues là au deuxième sens, c'est-à-dire regroupement d'hommes, il y a un ordre.
18:59Autrement dit, dans le texte même, Adam Smith, s'il montre que la bienfaisance, la charité, la solidarité n'est pas le lien qui tient la société,
19:11c'est le lien de justice qui tient fondamentalement la société.
19:16Mais cette justice, voyez-vous, et c'est là qu'il fallait voir la boucle, elle ne vient pas de l'État.
19:22Elle ne vient pas d'un pouvoir extérieur.
19:24Elle ne vient même pas d'un pouvoir politique.
19:26D'où vient-elle ?
19:27Des échanges mercenaires.
19:29Autrement dit, c'est l'activité économique elle-même qui porte la justice.
19:34La justice.
19:34Et de facto le lien social.
19:36Et de facto le lien social et la morale.
19:39Donc ce texte, à mon avis, très surprenant, l'Adam Smith.
19:42Puisqu'on voit là un Adam Smith, comme on le connaît bien, tout cela préfigure la main invisible.
19:46Laissez faire, laissez passer, puisque la justice appartient aux échanges.
19:49On comprend peut-être mieux la main invisible d'Adam Smith, qui n'est pas citée là.
19:53Mais qui est l'idée qui sous-tend dans la structure sociale la main invisible.
19:58Parfait.
19:58Pour le plan, on pourrait faire quelque chose de linéaire.
20:00Vous avez parlé de trois parties.
20:01On peut progresser comme pour le texte.
20:03Oui.
20:03Alors, si on choisit l'option 2, là encore, le propos est libre, disent nos amis du ministère.
20:09Mais si vous voulez faire quelque chose d'un peu classique, où effectivement, on suit le texte.
20:13Et surtout, on va chercher à définir, expliquer les mots dans le texte.
20:17Par exemple, maintenir, sans aucun lien, animosité.
20:21Mais quel sens ?
20:22Je viens de le faire là, bien sûr, trop rapidement.
20:25Mais comment on peut expliquer ces mots dans le texte ?
20:28Merci beaucoup, Laurent, pour toutes vos explications et pour tous ces détails.
20:32Pour retrouver nos autres corrigés, rendez-vous dès le jour de l'épreuve sur notre chaîne YouTube et sur le site de l'étudiant.fr.
20:38Et puis, bien sûr, vous pouvez nous retrouver sur nos réseaux sociaux pour des conseils tout au long du bac.
20:42A bientôt.
20:42Sous-titrage Société Radio-Canada
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