00:00Smart Ideas avec le professeur Julien Dumurgier, bonjour.
00:09Bonjour.
00:10Vous venez nous parler de MemScreen qui est né au cœur d'une équipe hospitalière, déjà c'est ce qu'on peut raconter ?
00:15Exactement, donc je suis neurologue dans un centre spécialisé sur la maladie d'Alzheimer qui est à la Riboisière à Paris
00:22et nous avons développé MemScreen qui est une application en fait pour aider notamment les médecins
00:28à évaluer les personnes qui se plaignent de leur mémoire, ce qu'on appelle l'évaluation de première ligne.
00:32Et on va voir l'effet et l'importance de cette évaluation.
00:36Il y a eu un long travail et vous venez d'aboutir à une validation scientifique, c'est ça ?
00:42Alors tout à fait, faire un test de mémoire, là se demande bien sûr une certaine expertise que nous avons
00:48mais le gros du travail une fois qu'on a développé un test, c'est ce qu'on appelle la validation scientifique
00:53qui est couronnée par ce qu'on appelle une publication dans des revues médicales évaluées par les pairs
00:58et c'est ce qui vient d'être fait en début d'année, tout début d'année 2025.
01:02Et donc MemScreen c'est quoi ? C'est une appli en fait qui sera entre les mains des médecins ? Comment ça marche ?
01:08Oui, on exploite le principe que maintenant tout le monde a ce qu'on appelle un smartphone dans sa poche,
01:13donc accès à un micro-ordinateur et ça c'est une opportunité pour aider les médecins
01:19notamment dans l'évaluation clinique des personnes qui se plaignent de la mémoire.
01:22C'est quelque chose que les médecins ne sont pas toujours très à l'aise ou ne savent pas toujours très bien faire,
01:27il y a des vieux tests qui existent qui nécessitent du papier ou du crayon.
01:30Là c'est un test qui est automatisé, le médecin donne le test lancé sur son téléphone
01:36ou à la personne qui se plaint de la mémoire, le test est assez rapide, ça dure entre 4 et 5 minutes
01:41et ça permet de générer des scores automatiques pour aider notamment les médecins
01:46et bien est-ce que quelqu'un qui se plaint de sa mémoire, est-ce que ça peut être grave, pas grave,
01:49est-ce qu'il faut l'orienter vers des soins plus spécialisés ?
01:51Avec une logique, il est un peu, si je comprends bien, standardisé ce test de mémoire
01:55et ça permet aussi de voir l'évolution d'un patient, c'est ça ou c'est surtout dire
02:01attention là il y a peut-être quelque chose à faire, c'est la première alerte ?
02:03Oui, en fait on mesure plusieurs choses, on mesure ce qu'on appelle l'efficience cognitive globale,
02:08c'est-à-dire globalement comment fonctionne la cognition d'une personne, c'est un score sur 34,
02:12quand on a moins de 29 sur 34 ça peut être un signal d'alerte
02:15et on évalue autre chose qui est ce qu'on appelle la mémoire épisodique verbale,
02:19donc la capacité à retenir une information sur quelques minutes qu'on teste
02:22en demandant de retenir des listes de mots, ça ça donne un score sur 12 points
02:26et quand on a moins de 9, là aussi ça peut faire partie des signaux d'alerte
02:28pour le médecin qui évalue la personne pour dire que peut-être il faut des investigations plus poussées.
02:34Alzheimer c'est combien de malades aujourd'hui en France, combien de personnes touchées ?
02:38Alors la maladie d'Alzheimer malheureusement c'est une maladie qui est fréquente,
02:41ça concerne plus d'un million de cent mille personnes en France,
02:44on n'estime qu'une famille sur deux est touchée,
02:48et le diagnostic reste fait assez tardivement actuellement en France,
02:52c'est-à-dire à un stade où déjà les difficultés sont on va dire évidentes.
02:56Qu'est-ce que ça change justement ? Un diagnostic plus précoce, qu'est-ce que ça permet de faire ?
03:00Alors il y a beaucoup de raisons qui peuvent pousser à faire un diagnostic précoce,
03:04mais là il y a très récemment un regain d'intérêt,
03:06parce qu'on a l'espoir d'arriver de nouveaux traitements qui viennent d'être approuvés par l'Europe,
03:10qui sont ce qu'on appelle des anticorps anti-amyloïdes,
03:13qui sont destinés justement aux phases précoces de cette maladie.
03:16Donc quand le diagnostic est fait très tôt, avec l'espoir pour la première fois d'avoir des traitements
03:20qui peuvent peser sur l'évolution de la maladie, ralentir de manière efficace la maladie.
03:26Parce qu'aujourd'hui on n'en a pas ?
03:28Alors aujourd'hui on a des traitements qui sont ce qu'on appelle les traitements symptomatiques,
03:31donc qui pallient un peu les symptômes, qui ne traitent pas la cause.
03:35Là cette nouvelle classe de médicaments qui est en train d'arriver,
03:38sont des traitements éthiologiques, c'est-à-dire que pour la première fois on peut contrecarrer
03:41les protéines qui sont responsables de la maladie,
03:44et ainsi espérer ralentir de manière efficace l'évolution.
03:47Et donc ça veut dire que votre appli MemeScreen,
03:50elle sera d'autant plus efficace dans ce cadre-là, c'est ce que je comprends ?
03:53Exactement, parce qu'on arrive dans une période effectivement
03:56où il y a un regain d'intérêt pour diagnostiquer précocement,
04:00pour que les patients qui puissent bénéficier de ce nouveau traitement soient diagnostiqués,
04:03quelque chose d'assez complexe, et le processus est compliqué,
04:07il y a des marqueurs biologiques qui sont en train d'arriver,
04:10mais il faut aussi des marqueurs cliniques,
04:11et MemeScreen offre l'opportunité de manière peu massive,
04:15parce qu'il n'y a pas besoin de formation,
04:16mais tout médecin, tout personnel de santé même,
04:19peut faire une évaluation de première ligne.
04:20Alors c'est justement la dernière question que j'allais vous poser,
04:23c'est plutôt mon médecin généraliste qui va l'utiliser,
04:26ça peut être n'importe quel médecin, ou n'importe quel soignant même ?
04:31Alors nous, quand on l'a développé, c'est vraiment à destination des médecins généralistes,
04:35parce que c'est vraiment le maillon essentiel en France actuellement
04:38pour dépister les pathologies fréquentes,
04:40mais effectivement, tout professionnel de santé peut l'utiliser,
04:44des infirmières de pratiques avancées par exemple,
04:47et on voit même beaucoup de particuliers le télécharge,
04:51peut-être pour tester leurs proches, je ne sais pas.
04:53On ne l'a pas nous développé dans cette idée,
04:55mais de fait, quand il y a un outil, les gens peuvent se l'approprier.
04:58Et ensuite, aller voir leur médecin pour refaire le test
05:01avec un médecin qui le supervisera, évidemment.
05:04Exactement, en disant, voilà, il y a un signal d'alerte,
05:06et ainsi alerter le médecin.
05:08Merci beaucoup, Julien.
05:09Merci beaucoup.
05:10À cette appli, même je ne l'ai pas cité l'Inserm,
05:13mais c'est vrai que l'Inserm a joué aussi un rôle important
05:15dans la validation scientifique, c'est ça ?
05:18Oui, tout à fait.
05:19L'Inserm, mais aussi en partie financée par la Fondation Bettencourt,
05:22contient à remercier, parce que bien sûr, toute cette recherche
05:24qui permet d'avoir des outils gratuits,
05:26et bien un coup, et donc on remercie tous ceux qui nous ont aidés.
05:28Merci beaucoup et à bientôt.
05:30Voilà, c'est la fin de ce Smart Impact.
05:32Merci et à demain.
05:32Sous-titrage Société Radio-Canada
05:39Sous-titrage Société Radio-Canada
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