00:00Vous écoutez Culture Média sur Europe 1h30, 11h avec Thomas Hill et avec un collègue et ami ce matin, Frédéric Tadehi, pour sa série de livres Bors des Books.
00:09Ça c'est des livres parfaits pour cet été. Les 21 premiers tomes sont déjà parus de 15 à 54 ans et sont disponibles chez Grasset.
00:17Et on va maintenant dresser votre portrait sonore Frédéric Deptisson pour mieux vous connaître. Et voici le premier.
00:22Hier encore, j'avais 20 ans, je caressais le temps et jouais de la vie comme on joue de l'amour et je vivais la nuit sans compter sur mes jours qui fuyaient dans le temps.
00:37J'ai fait tant de projets qui sont restés en l'air.
00:38Cette chanson est absolument parfaite pour vous Frédéric Tadehi parce qu'à 20 ans vous vivez vraiment ce que raconte Charles Aznavour dans cette chanson.
00:45Hier encore, vous caressiez le temps, vous vouliez devenir aussi un grand écrivain.
00:49Mais pendant toute votre vingtaine, en fait, tout ce que vous avez fait, c'est glander.
00:54Oui, enfin glander, en fait, j'ai fait mes études à moi.
00:57C'est-à-dire que c'est vrai que je ne travaillais pas et que je ne faisais pas d'études, mais c'était mes études à moi.
01:03Vous vous inscriviez en fac quand même.
01:05Oui, pour avoir la sécurité sociale.
01:07Six ans d'affilée dans six matières différentes.
01:09Oui, c'est ça, je suis le recordman français.
01:11Ah oui !
01:12Non mais après, comme personne n'était au-dessus de mon épaule pour me dire ce que je devais apprendre,
01:17en fait, j'ai fait mon apprentissage moi-même.
01:19Ça m'a permis d'aller sauter d'un sujet à l'autre autant que je voulais.
01:22Et aujourd'hui, c'est vrai, je peux interviewer aussi bien un économiste qu'une actrice de cinéma.
01:27Vous servez de tout ça, en fait.
01:28Oui, oui.
01:29Et pour moi, en plus, tout communique.
01:31C'est-à-dire qu'il y a plein d'analogies.
01:34Mais c'est aussi pour ça que j'ai fait les birthday books,
01:36où pareil, je mets sur le même plan une actrice de cinéma et un savant et un pharaon.
01:43Et alors, après ces longues vacances studieuses, quand même, on l'a compris,
01:47vous vous êtes enfin mis à travailler, vraiment.
01:55Après cette décennie, vous envoyez des articles à l'Idiot International,
02:00l'hebdomadaire de Jean-Édard Nallier.
02:02Vous vous souvenez des sujets que vous traitiez dans ces articles ?
02:05Non, je me souviens que j'avais envoyé plein d'articles.
02:08Parce que l'Idiot International, c'était un journal assez contestata,
02:11mais il y avait tous les jeunes écrivains les plus intéressants,
02:14et les écrivains âgés aussi.
02:17Mais enfin, il y avait un peu toute ma génération.
02:18Et c'était un journal assez drôle.
02:20Et donc, je m'étais dit, tiens, peut-être que là, je pourrais...
02:22Parce qu'à un moment, je me suis dit, il faut quand même que je m'y mette, quoi.
02:25Et donc, j'envoie des articles.
02:27Vous aviez abandonné votre idée de devenir auteur ?
02:29Oui, j'ai compris que je ne serais pas un grand écrivain, donc j'ai arrêté.
02:31Et puis, ils en ont passé, mais le journal a fermé tout de suite.
02:37Et j'ai passé deux articles, et le journal a fermé tout de suite.
02:40Ce n'était pas à cause de vous ?
02:41Non, non, pas à cause de moi.
02:43Non, c'était vraiment à cause de gens, les derniers vies.
02:45Et donc, je me suis retrouvé avec toute cette masse d'articles,
02:46et je me suis dit, mais en fait, j'écris pas mal,
02:49et j'en ai fait un journal.
02:51Et voilà, vous allez créer votre propre magazine en 1990.
02:53Et maintenant, que vais-je faire ?
03:00Ça s'appelait Maintenant, comment vous arrivez à financer le lancement de votre revue ?
03:05Je suis allé voir un éditeur que je connaissais,
03:07et je lui ai dit, voilà, je peux faire un magazine assez haut de gamme,
03:11je lui ai dit, pour très peu d'argent.
03:13Je vais écrire un peu pour la moitié du journal,
03:16et puis le reste, je le ferai.
03:17Je ne connaissais personne dans la presse.
03:19Et le reste, je trouverais bien des gens pour les écrire.
03:22Et il m'a dit, banco.
03:24Et c'était le premier trimestriel entièrement thématique.
03:28Ça a assez bien marché, d'ailleurs.
03:29Enfin, en tout cas, pour moi, ça a très bien marché,
03:31puisque je l'ai évidemment adressé dans toutes les rédactions qui m'intéressaient,
03:35en espérant qu'ils allaient m'en recruter.
03:37Ça a fonctionné.
03:38Et Jean-François Bizeau, qui était le patron d'Actuel,
03:40qui était vraiment, pour moi, à ce moment-là, le magazine le plus intéressant.
03:43C'était vraiment le magazine qui avait inventé la brochitude.
03:45Et en même temps, on pouvait faire le tour du monde avec Actuel.
03:49On ne faisait pas un magazine en regardant la télé, comme aujourd'hui.
03:52On voyageait, et il m'a engagé tout de suite.
03:55Il m'a appelé, et je suis venu faire Actuel avec lui.
03:58C'est là que j'ai connu Constance Bainquet, d'ailleurs,
04:00patron de l'Europe 1, qui était très ami avec Jean-François.
04:06Et puis la télé, ensuite, a débarqué dans votre vie.
04:09Et la télé arrive assez vite, oui.
04:15Ça, c'était le rendez-vous du soir.
04:22Nulle par ailleurs, votre première expérience télé,
04:24c'était dans la première partie de Nulle par ailleurs,
04:26en 94, animée par Jérôme Bonaldi.
04:29Et c'était dans les locaux actuels de Rambin.
04:31C'était ici.
04:33Comment vous êtes arrivé à Nulle par ailleurs ?
04:34Eh bien, parce que, dès que j'étais actuel,
04:36je suis descendu de deux étages.
04:37Il y avait Radio Nova,
04:39qui était la radio très branchée de l'époque.
04:42Et donc, j'ai commencé à raconter tous les jours
04:45de Radio Nova un livre.
04:46Ça s'appelait Aujourd'hui, j'ai lu pour vous.
04:49Et de là, j'ai reçu un soir un coup de téléphone
04:53de Canal+, qui m'ont dit
04:55« Ne soyez pas venir à Nulle par ailleurs. »
04:56J'ai dit « Écoutez, c'est pour faire... »
04:58Moi, j'ai jamais voulu me spécialiser.
05:01Et les chroniqueurs à Canal,
05:02ils étaient un peu spécialisés.
05:04Ils faisaient un truc.
05:05Puis ils arrivaient, puis ils repartaient.
05:06Alors, je dis « Non, moi, ça n'intéresse pas. »
05:07« Non, non, vous serez là tout le temps.
05:09Vous pourrez parler de ce que vous voulez. »
05:10J'ai dit « Ah ben, je veux bien. »
05:13Et puis alors, ensuite, vous êtes allé sur le service public.
05:15On se souvient évidemment de ce soir ou jamais.
05:17On va en parler tout à l'heure.
05:18Mais il y a eu ça aussi, rappelez-vous.
05:21Salut, c'est Dardar.
05:23C'est quoi ?
05:24Dardar, c'est l'histoire d'une oeuvre d'art.
05:28De l'art.
05:29De l'art.
05:30J'adore.
05:30Il est génial, ce générique de Dardar.
05:34C'était à partir de septembre 2002,
05:35tous les jours après le JT du dimanche soir.
05:37Et là, tout d'un coup, vous parlez à 5 millions de personnes.
05:40Ah oui, c'était l'émission d'art la plus regardée au monde.
05:42Mais elle ne durait qu'une minute 15.
05:45Mais à ce moment-là, je faisais Paris dernière,
05:47sur Paris première,
05:48qui était une émission très branchée aussi.
05:52Dardar, justement, c'est là où je suis devenue grand public.
05:55Voilà, c'est ça.
05:55Et oui, ça a duré, je ne sais pas, 16 ans, Dardar.
05:59Très beau succès, ça aussi, Dardar.
06:01Bon, allez, dans un instant, on va parler séries.
06:03J'imagine que vous en regardez un petit peu, Frédéric, des séries.
06:06Et on a une spécialiste en face de vous, c'est Héloïse Bois.
06:09Qu'est-ce que vous nous proposez ?
06:10Un giga, giga carton sur Netflix.
06:12Je suis presque sûre que vous ne l'avez pas vu, vous deux messieurs.
06:14Ça s'appelle Ginny & Georgia.
06:16Et je vais essayer de vous expliquer pourquoi ça marche aussi bien.
Commentaires