- il y a 7 mois
Magazine de 26 minutes sur le laborieux vote de la réforme des retraites "Borne" à l'Assemblée en 2023
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00:00J'ai le droit de l'article 49 à l'Union 3 de la Constitution, j'engage la responsabilité de mon gouvernement.
00:13Ce devait être la réforme phare du second quinquennat d'Emmanuel Macron.
00:18La réforme des retraites, c'est une réforme essentielle si on veut pouvoir continuer à préserver notre modèle social alors même qu'on ne peut plus monter les impôts.
00:25Donc il n'y a qu'un moyen de faire, si on est lucide, comme nous vivons plus longtemps, c'est de travailler plus longtemps.
00:34Elle a déclenché la colère de la rue.
00:36On n'est pas en train d'essayer de bloquer le pays ou de mettre le bordel, on est en train d'expliquer que les 64 ans pour nombre de travailleurs, c'est pas possible.
00:44Et enflammé l'Assemblée Nationale.
00:47Vous êtes un imposteur et un assassin.
00:50Les engagements présidentiels sont clairs.
00:52On n'est pas dans un ancien, on n'est pas dans une manique, on est dans l'hémicycle de l'Assemblée Nationale.
00:58Entre l'obstruction de la gauche, les attermoiements des Républicains, les approximations du gouvernement,
01:04retour sur un impossible débat au Palais Bourbeau.
01:11Moins de dix jours après l'annonce officielle de la réforme des retraites,
01:15les Français sont dans la rue, à Paris comme en province.
01:18C'est du jamais vu, depuis des décennies, les huit principaux syndicats du pays appellent ensemble à manifester.
01:27Les députés de la NUPES, l'alliance de gauche, sont dans le cortège.
01:31Et charpent bandoulière et basket au pied.
01:33Ici vous pouvez prendre les baskets absolument légendaires de Louis Boyard,
01:38parce qu'il a mis sur Twitter la tête de ses baskets pour appeler à manifester.
01:44Moi j'ai fait moins de buzz que lui, mais je l'ai fait avec mes bottes, on a eu la même idée.
01:50Il faut qu'il faut manifester avec des talons qu'avec les baskets ?
01:51Ben non, parce que moi tu sais, si je suis à la plage, j'ai mal au dos.
01:54Donc en fait, c'est pas une histoire de courage, c'est une histoire d'habitude en fait.
01:56D'accord, ok.
01:57Ça va ?
01:58Les insoumis, les socialistes, les communistes, les écologistes.
02:05La gauche affiche son unité derrière les syndicats.
02:08Là c'est une bataille avant l'ouverture du débat à l'Assemblée Nationale.
02:17Et je pense que les deux doivent se répondre.
02:19C'est-à-dire que c'est le nombre dans la rue qui va permettre de mettre la pression sur le gouvernement.
02:24Et nous, à l'Assemblée et au Sénat, nous serons en écho à ce qui se passe dans la rue.
02:29La NUPES veut mobiliser vite pour contrer le gouvernement qui a lancé le compte à rebours.
02:34Il a choisi une loi de financement de la sécurité sociale qui lui permet de circonscrire la durée des débats à 50 jours au Parlement.
02:42Selon le désormais célèbre article 471 de la Constitution.
02:47Bien sûr que le gouvernement veut passer en force et il a inventé ce 471 qui est une sorte de 49-3 low cost.
02:54C'est une manière effectivement d'aller plus vite en espérant qu'il peut couper l'herbe sous le pied de la mobilisation.
03:00Moi j'ai en tête 2006, le CPE il avait été voté, la mobilisation a continué et on a réussi à faire que le gouvernement retire son projet de loi.
03:09L'espoir est permis. Cette première mobilisation est un immense succès.
03:14Il y avait entre 1 et 2 millions de personnes dans la rue.
03:19Même si elle s'oppose à la réforme, Laure Lavalette ne participe pas aux manifestations.
03:25Ce n'est pas dans l'ADN de son parti, le Rassemblement National.
03:28A une semaine de l'arrivée du projet de loi à l'Assemblée, la députée du Var et ses collègues préfèrent fourbir leurs armes parlementaires.
03:37Ils ne déposeront que très peu d'amendements.
03:39L'idée c'est de balayer chaque article, de voir ce qu'on fait comme amendement, ce qu'il y a des amendements qu'on garde pour la séance, ce qu'il y a des amendements qu'on utilise dès la commission.
03:51Est-ce qu'il faut que c'est quand même qu'on puisse, au-delà de dénoncer cette réforme, parler de nos propositions ?
03:57Non, le message, je pense qu'il est clair. C'est un message qu'on a défendu déjà toute l'année dernière pendant la campagne présidentielle.
04:04C'était très clair.
04:05C'est aussi la simplicité, j'allais dire, de notre message.
04:08Si vous avez commencé à travailler entre 17 et 20 ans, vous pouvez partir à la retraite à 60 ans avec 40 annuités pleines.
04:14Et après, c'est progressif jusqu'à 62 ans.
04:16S'il veut faire adopter sa réforme, Emmanuel Macron a clairement besoin d'alliés, puisqu'il n'a pas de majorité absolue à l'Assemblée nationale.
04:25Alors, depuis des semaines, le gouvernement négocie avec la droite, qui défend depuis longtemps un report de l'âge de la retraite.
04:33Les Républicains ont en main le destin du projet de loi.
04:36Tous mes voeux pour cette nouvelle année, plein de choses pour vous, le meilleur.
04:40Le député Stéphane Viry est l'un des chefs de file de son groupe dans ce dossier.
04:44Dans son fief des Vosges, il a rendez-vous avec ses militants locaux.
04:48Allez, go, on s'installe.
04:50À qui il résume le dilemme des Républicains.
04:54Si on est pour, le RN va nous taper dessus à bras raccourcis.
05:01On est la majorité, on est macroniste.
05:04Il n'y a donc plus que le RN qui représente l'opposition et une alternance.
05:07Si on est contre, alors qu'il y a réellement des mesures qui vont dans la finalité de ce que pense la droite.
05:15Travailler plus longtemps, consolider le système de retraite.
05:19Si on est contre, ceux qui pensent que la droite doit être responsable,
05:22ils vont nous dire, vraiment, vous êtes contre tout, vous ne servez à rien.
05:27Donc, quoi qu'il arrive, le temps politique de ce début d'année pour les Républicains, il est compliqué.
05:32Les Républicains hésitent, la gauche est vent debout, le RN aussi, la rue est mobilisée.
05:41Le dossier des retraites s'annonce explosif à l'Assemblée.
05:45La députée Renaissance, Stéphanie Riste, a la lourde tâche d'être rapporteure de ce projet de loi.
05:53Notre objectif est d'examiner le texte, d'arriver à faire que cet examen du texte soit possible.
06:00Il y a deux façons pour que ce soit possible, que ça se passe correctement dans les débats,
06:04de façon très respectueuse d'un côté et de l'autre.
06:07Et l'autre, c'est aussi de voir si on a une majorité ou pas sur ce texte.
06:12Enfin, moi, je suis plutôt optimiste à ce jour, en même temps consciente que les mouvements sociaux qui existent
06:20sont à prendre en compte dans le fait que certains députés pourraient changer d'avis.
06:23À dix jours du débat dans l'hémicycle, la députée a rendez-vous avec Franck Riester,
06:29le ministre chargé des Relations avec le Parlement.
06:32C'est trop ? Ça va ? Ouais ?
06:34Il s'inquiète du grand nombre d'amendements qui pourraient bloquer l'examen du texte.
06:39On a plus de 6 000. Mes administrateurs me disent qu'on va arriver à 7 500.
06:45Malgré tout, d'habitude, t'es à 1 500.
06:48On aura du mal à aller jusqu'au bout.
06:51Là, on voit qu'avec le nombre d'amendements, il y aura forcément des amendements
06:53qui sont là pour faire perdre du temps.
06:56Et donc une forme d'obstruction.
06:58Le gouvernement garde le souvenir cuisant de la précédente tentative de réforme des retraites.
07:04La France Insoumise va-t-elle, comme en 2019, emboliser l'Assemblée avec un déluge d'amendements ?
07:10Avec cette année, 4 fois plus de députés et le renfort de ses alliés de la NUPES.
07:16Mais on va définir la stratégie qu'on va avoir ensemble dès la semaine prochaine.
07:20Ça, on va en parler après.
07:22Une stratégie qui sera définie loin des caméras.
07:26Une stratégie tout aussi offensive qu'en 2019, mais plus imprévisible
07:30pour tenter de maîtriser le temps parlementaire.
07:34Deux parties, donc décryptage, puis vrai fond.
07:36Oui, il y aura des milliers d'amendements, ça c'est sûr,
07:38qui seront sur le fond à chaque fois et qui peuvent soit être maintenus jusqu'au bout,
07:43soit être retirés.
07:45Et donc on va pouvoir ajuster en réalité notre stratégie au fur et à mesure
07:48avec un objectif de ne pas faciliter la tâche du gouvernement,
07:51mais le combat pied à pied en écho avec la mobilisation.
07:54Et un deuxième objectif qui est absolument d'avoir le débat sur l'article 7.
07:58L'article 7 qui repousse l'âge légal est l'essence de la réforme.
08:03Dans la rue, la pression s'accentue pour dire non aux 64 ans.
08:07Tout est prêt pour un combat parlementaire intense.
08:106 février, au Palais Bourbon, c'est le jour J pour la réforme des retraites.
08:18L'heure est encore à la détente.
08:30Les députés Renaissance se réunissent autour d'un verre pour se donner du courage.
08:34Stéphanie Riste se prépare à deux semaines de marathon parlementaire.
08:39L'opposition a déposé plus de 20 000 amendements.
08:53Alors le camp présidentiel sait déjà que le projet de loi ne pourra pas être examiné dans son intégralité.
08:59On s'attend à ce que ce soit forcément un peu difficile.
09:02Mais en même temps, on ne va pas s'ennuyer.
09:04Il faut regarder le côté positif.
09:06C'est beaucoup d'amendements pour arriver à cette première partie.
09:09Peut-être que d'un seul coup, ils seront retirés.
09:11Donc ça nécessite d'être bien en cohésion et de bien être présent.
09:18Parce que bien sûr, ils ne retireront pas leurs amendements au moment où on sera tous là.
09:21A quelques minutes du début des hostilités, les 150 députés de gauche font une démonstration de force.
09:30Le gouvernement peut faire toutes les circonvolutions qu'il veut.
09:32La vérité que chacun et chacune aura bien comprise, c'est qu'il n'y a pas plus injuste pour les carrières pénibles,
09:38pour les carrières longues, pour toutes celles et tous ceux qu'on a applaudi à 20 heures, que la réforme qui est proposée.
09:42Vous avez compris, nous, à l'Unisson, c'est non.
09:44Les députés du Rassemblement National, eux ne sont que 88.
09:48Mais ils sont en compétition avec la NUPES pour s'afficher comme les principaux opposants à Emmanuel Macron.
09:55Marine Le Pen a donc décidé de déposer une motion pour pousser le gouvernement à organiser un référendum.
10:02Ce sujet des retraites représente un réel choix de société.
10:06Il n'est donc pas aberrant qu'il soit tranché par référendum.
10:10De nature optimiste, j'espère encore qu'une majorité de députés va voter cette motion,
10:15à commencer par ceux de la NUPES, qui devraient faire leur les paroles de Jean-Luc Mélenchon.
10:21Je cite, je mets au défi les autres partis qui se disent d'opposition d'adopter la motion référendaire.
10:28Marine Le Pen met la NUPES au pied du mur.
10:31Mais elle sait bien que la gauche ne votera jamais avec le Rassemblement National
10:35et que sa demande de référendum ne sera qu'un coup d'épée dans l'eau.
10:45Bonjour à tous, la séance est ouverte.
10:48Dès le début, le ton est donné.
10:50L'ordre du jour appelle la discussion du projet de loi de financement rectificatif de la Sécurité sociale pour 2023.
11:01La parole est à monsieur Olivier Dussopt, ministre du Travail, du Plein d'Emploi et de l'Insertion.
11:06Monsieur le ministre.
11:07La parole est à monsieur Olivier Dussopt, ministre du Travail, du Plein d'Emploi et de l'Insertion.
11:12Madame la Présidente, madame la Présidente, madame la Présidente, mesdames et messieurs les députés, nous y sommes, nous y sommes.
11:29S'il vous plaît, vous laissez parler le ministre.
11:32Merci, madame la Présidente.
11:33Je disais, madame la Présidente, s'il vous plaît, vous n'avez pas à frapper les pupitres, la parole est au gouvernement.
11:40Madame la Présidente, madame la Présidente, mesdames et messieurs les députés, nous y sommes, et quand bien même vous ne le voudriez pas, nous y sommes, des engagements présidentiels.
12:05Monsieur le collègue, on n'est pas dans un amphi, on n'est pas dans une manif, on est dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale.
12:11Il faudra presque une heure à Olivier Dussopt pour entamer son propos.
12:18Je le disais, il y a un instant...
12:20L'examen du projet de loi s'annonce difficile pour le gouvernement, mais il est prêt au bras de fer.
12:26N'ayons pas peur de le dire, en matière de retraite, mesdames et messieurs les députés, c'est une réforme ou la faillite.
12:32C'est ça la réalité de notre système aujourd'hui.
12:35Dès le lendemain, les Français sont à nouveau dans la rue.
12:41Après cette première journée chaotique de discussion, les syndicats mettent désormais la pression sur le gouvernement et sur l'Assemblée nationale.
12:50Quand j'entends à la fois le gouvernement nous dire que c'est soit cette réforme-là, soit la faillite, on sait que c'est complètement faux parce qu'il y a d'autres solutions.
12:58L'obstruction, pour faire de l'obstruction, ça ne sert à rien.
13:00Donc aujourd'hui, on voit que le débat parlementaire n'est pas à la hauteur.
13:03Et donc, où est-ce que ça bloque ? Ce n'est pas chez nous.
13:07On n'est pas en train d'essayer de bloquer le pays ou de mettre le bordel.
13:09On est en train d'expliquer que les 64 ans pour nombre de travailleurs, ce n'est pas possible.
13:14Il faut que le gouvernement, il faut que le Parlement entendre.
13:18Dans le cortège parisien de cette troisième manifestation, il y a aussi les insoumis et surtout le premier d'entre eux.
13:26Même s'il n'est plus député, Jean-Luc Mélenchon surveille de près ce qui se passe à l'Assemblée et veut toujours donner le ton.
13:32« Nous défendrons autant d'amendements qu'il le faut, la nuit, le jour, les week-ends.
13:39Et ça ne s'appelle pas de l'obstruction, ça s'appelle du débat.
13:41Voilà, c'est comme ça. Parlement, c'est marqué dessus. On vient pour parler.
13:45Ceux qui veulent se taire restent à la maison. »
13:47Au Parlement, on ne se tait pas. C'est le moins qu'on puisse dire.
13:51Le débat n'avance que très lentement.
13:53« Pour le groupe du Rassemblement national, c'est M. Thomas Ménager. »
13:56Au total, il y a plus de 20 000 amendements sur le projet de loi, dont 18 000 déposés par la NUPES.
14:02« Retirez vos amendements. Ne servez pas la soupe au gouvernement. Vous les aidez.
14:09Ils sont très heureux de ne pas parler du fond, de passer des heures et des heures sur ce qui n'intéresse pas les Français.
14:14Ce qui intéresse les Français, c'est la pénibilité. »
14:17Au bout de 4 jours, seul l'article 1er mettant fin au régime spéciaux a été adopté.
14:24Mais cette lenteur ne fait-elle pas les affaires du camp présidentiel, qui n'est pas sûre d'avoir une majorité ?
14:31« Non, mais moi, en tant que rapporteur, j'ai très envie qu'on puisse examiner l'ensemble des articles, qu'on puisse débattre, améliorer le texte.
14:38Et ça sert à quoi d'autre en étant députée que de pouvoir améliorer les textes ?
14:43Donc si on est là juste pour des tribunes qui peuvent se faire ailleurs que dans l'hémicycle, faisons-les ailleurs.
14:48Mais dans l'hémicycle, travaillons à l'examen du texte. »
14:52La semaine va se terminer comme elle a commencé, sous haute tension.
14:57C'est un tweet qui crée l'étincelle, celui du député insoumis Thomas Porte.
15:02Sur cette photo, il pose avec au pied un ballon à l'effigie du ministre Olivier Dussopt.
15:08Alors, quand le député veut prendre la parole, l'hémicycle s'embrase.
15:14« Monsieur Porte. »
15:16« Madame la Présidente, monsieur les ministres, calmez-vous, collègues, il n'y a pas de ballon ici. »
15:22« Vous vous exposez, sourire aux lèvres, avec votre écharpe tricolore,
15:30foulant des pieds, écrasant de vos pieds la tête d'un ministre de la République.
15:36C'est ni plus ni moins un appel au meurtre.
15:39Ni plus ni moins un appel au meurtre. »
15:42« Monsieur Porte, je crois que l'hémicycle vous demande des excuses. »
15:46« Je vais retirer mon tweet le jour où vous retirerai cette réforme qui va sacrifier des milliers gens. »
15:52La séance est interrompue.
15:57Après deux heures de réunion des instances de l'Assemblée, la sanction tombe.
16:01Thomas Porte est exclu pour 15 jours du palais Bourbon.
16:05La première semaine de débat se termine,
16:07alors qu'un seul des 20 articles du projet de loi a été voté.
16:11Les esclandres et la lenteur des discussions attisent la colère de l'intersyndicale
16:19et d'une partie de l'opinion publique.
16:23Les syndicats pressent les députés.
16:25« Je crois que ce qui se passe à l'Assemblée nationale ne sert pas,
16:34mais je ne suis pas le seul à le penser,
16:36ne sert pas ce qu'on est en train de faire dans la rue, bien sûr.
16:39Moi, c'est pour ça que je pose comme ambition,
16:42et Philippe Martinez aussi et d'autres aussi,
16:45qu'à minima, l'article 7 soit en débat à l'Assemblée nationale cette semaine.
16:48On souhaite que cet article soit mis en débat.
16:50C'est de ça dont il s'agit dans la rue, pour des millions de personnes,
16:53et ce n'est pas en débat. »
16:57La dernière semaine de débat démarre.
16:59Les députés parviendront-ils à discuter de ce fameux article 7,
17:04celui qui reporte l'âge de la retraite à 64 ans ?
17:08Les débats de fond vont-ils enfin pouvoir commencer ?
17:13« Monsieur Dussopt, puisque vous avez voulu parler des morts du travail,
17:19je vous donne les chiffres.
17:20Entre 2017 et 2019, c'est 33% d'accidents du travail causant la mort en plus.
17:27Et vous avez la responsabilité de ces choix politiques.
17:30Vous êtes un imposteur et un assassin. »
17:33Les propos du député insoumis provoquent un tollé.
17:37Même les alliés de la NUPES se désolidarisent.
17:40L'alliance de gauche se craquelle.
17:44« Tenir de tels propos est absolument inacceptable.
17:49Nous sommes ici.
17:50Nous sommes ici pour nous combattre.
17:55Mais jamais, je dis bien jamais,
17:59nos débats, nos arguments ne doivent dériver
18:02avec des insultes qui sont portées
18:04contre des membres de cette Assemblée
18:06et contre des membres du gouvernement. »
18:10« J'ai eu il y a quelques instants à ce micro des mots
18:13que l'émotion et l'emportement m'ont fait mal choisir
18:17et qui sont déplacés.
18:20Je souhaite évidemment les retirer
18:22et adresser des excuses publiques aux ministres. »
18:27L'incident est clos.
18:28Le débat reprend sur l'article 2.
18:32Malgré tout, la NUPES veut démontrer son unité
18:35et donner des gages au syndicat.
18:37Le soir même, en cœur,
18:39les quatre groupes de gauche
18:40retirent une partie de leurs amendements.
18:42« Nous avons travaillé ensemble
18:44pour pouvoir retirer un millier d'amendements
18:47ce soir qui nous permettra
18:48de passer à la suite.
18:50On a maître du calendrier,
18:52on le prouve ce soir
18:52en choisissant d'accélérer. »
18:55Il y a désormais l'espoir
18:57que la discussion avance.
18:59Mais elle s'avère de plus en plus compliquée
19:01pour l'exécutif.
19:02« Le scrutin est ouvert. »
19:05Qui subit un gros revers.
19:08« Le scrutin est clos. »
19:11Les députés retoquent l'article 2
19:14qui crée un index senior.
19:16« Cours 203 contre 256,
19:19l'Assemblée nationale n'a pas été
19:20pas adoptée. »
19:21C'est un coup dur pour le gouvernement.
19:24Cela confirme qu'il n'a pas,
19:25pour le moment,
19:26de majorité pour faire voter sa réforme.
19:29Alors, pour s'assurer du soutien ferme
19:32des Républicains,
19:33la Première ministre fait des concessions
19:35sur les carrières longues
19:36pour ceux qui ont commencé à travailler tôt.
19:39Sauf que le gouvernement
19:40a bien du mal à expliquer
19:42les nouvelles mesures.
19:43« Je pense qu'on entendra
19:45très clairement ces propos. »
19:47« Monsieur le ministre. »
19:49« Chut ! »
19:49En ce qui concerne les demandes de précision
19:51qui ont été faites,
19:53j'ai dit à plusieurs reprises
19:55que le dispositif carrière longue
19:57se caractérise par des conditions cumulatives.
19:59C'est le cas depuis 2003,
20:00en n'y revenant pas.
20:02J'ai dit que dans le cadre
20:03du dispositif des carrières longues,
20:04il n'y aurait aucune exigence
20:05de durée d'affiliation au régime
20:07supérieur à 43 ans
20:08quand nous serons à une durée
20:10d'affiliation au régime de 43 ans,
20:11d'où l'expression « montée en charge ».
20:13« Monsieur le Président. »
20:14« Bonsoir à tous. »
20:15« Monsieur le Président. »
20:17« Une annonce du gouvernement
20:18qui fait un pas d'annonce. »
20:19« Personne n'a rien compris. »
20:20« Et ça commence à devenir
20:21absolument insupportable. »
20:23« Le gouvernement nous a déjà fait
20:24une annonce à moitié
20:25il y a quelques jours
20:26qui est devenue absolument incompréhensible
20:29au fur et à mesure des explications. »
20:30« J'ai reposé une question
20:31très simple à Olivier Dussopt
20:33en lui demandant si quelqu'un
20:34qui avait commencé à 14 ans,
20:36à 16 ans ou à 18 ans
20:37au jour de son anniversaire
20:38partirait bien avec 43 annuités
20:40ou 44 annuités. »
20:42« Le ministre s'obstine
20:43à ne pas répondre à cette question. »
20:45« C'est tout à fait insupportable. »
20:46« On ne tirera rien de ces débats. »
20:49Sur les revalorisations
20:51des petites retraites,
20:52ce n'est pas plus clair.
20:54Est-ce que les 1 200 euros
20:56concerneront 1 800 000 retraités ?
20:5940 000 ? 12 000 ? »
21:02« Je désespère et nous désespérons vraiment
21:04d'avoir une réponse
21:06aux mêmes questions
21:07qui nous tarotent
21:08et nous languissons
21:09pour avoir votre réponse,
21:10monsieur le ministre Dussopt.
21:12Combien, s'il vous plaît,
21:15combien de personnes
21:16qui partent à la retraite
21:18ou qui sont déjà à la retraite
21:19verront leur rémunération
21:21monter jusqu'à 1 200 euros,
21:23leur pension ? »
21:24Les débats de fond
21:25viennent enfin de commencer
21:26au bout de 8 jours de discussion.
21:29Pour accélérer vraiment,
21:31les écologistes,
21:32les communistes,
21:33les socialistes
21:33enlèvent tous leurs amendements
21:35avant l'article 7,
21:37celui sur les 64 ans.
21:38« Nous avons décidé
21:40de retirer tous les amendements
21:42que nous avions déposés
21:44jusqu'à l'article 7,
21:45puisque nous avons entendu,
21:47nous avons compris
21:47qu'un certain nombre
21:48de femmes et d'hommes
21:50de force souhaitaient
21:51que nous puissions arriver
21:53à cette discussion
21:54de l'article 7. »
21:56Mais les Insoumis rechignent
21:57et Jean-Luc Mélenchon,
21:59dans un tweet,
22:00révèle la véritable stratégie
22:02de la France insoumise,
22:04ne pas aller à l'article 7.
22:07Incompréhensible retrait
22:08des amendements
22:08du Parti communiste.
22:10Pourquoi se précipiter
22:11à l'article 7
22:12hâte de se faire battre ?
22:13« Ça veut dire quoi ?
22:15Ça veut dire
22:15on sait qu'on est minoritaire,
22:17on sait qu'on n'a pas
22:17de majorité
22:18pour mettre en échec
22:19le gouvernement
22:20et donc il faut faire
22:21traîner les débats.
22:22C'est ça que vous dites ?
22:24C'est l'aveu de Jean-Luc Mélenchon
22:25et regardez ce qui se passe
22:28dans l'hémicycle.
22:30Les socialistes,
22:30ils sont partis,
22:32il reste trois écologistes,
22:34les communistes,
22:34il reste trois personnes,
22:36il n'y a plus que vous
22:36la France insoumise
22:37parce que les autres
22:38ne partagent pas
22:38votre obstruction. »
22:41Le temps de débat imparti
22:42est bientôt écoulé.
22:44Le dernier jour
22:45ne permet pas
22:46d'avancer plus.
22:48Les députés
22:48ont à peine entamé
22:49l'étude
22:50de l'article 3.
22:51Dans moins de dix minutes,
22:54ce débat
22:55sur la réforme
22:56des retraites
22:56va malheureusement
22:57se terminer
22:58dans notre hémicycle
23:00et on compte
23:01sur le Sénat
23:01pour faire un travail
23:02que nous n'avons
23:03malheureusement
23:03pas pu faire ici
23:04à cause de députés
23:06de la France insoumise.
23:07Je dois vous dire
23:08que je suis
23:09consterné.
23:11« Le Parlement
23:13ne pourra pas,
23:13il reste six minutes,
23:15délibérée sur cette loi
23:16parce que vous avez choisi
23:17un calendrier parlementaire
23:19contraint. »
23:20« Je vous remercie. »
23:21« Je vous remercie. »
23:23Au douze coups de minuit,
23:25tout s'arrête.
23:2611 000 amendements
23:27et 18 articles
23:28n'ont pas été examinés.
23:30« Je suis pas pour le... »
23:31« C'est donc
23:32dans le respect
23:33de la Constitution
23:33que nos débats
23:34doivent désormais
23:35prendre fin. »
23:37Les députés insoumis
23:38entonnent le champ
23:39des gilets jaunes.
23:40Ambiance surréaliste
23:42dans les travées.
23:45« Mesdames et messieurs
23:46les députés insoumis,
23:47vous m'avez insulté
23:4815 jours.
23:49Vous chantez,
23:50mais vous m'avez insulté.
23:52Personne n'a craqué.
23:53Personne n'a craqué.
23:54Et nous sommes là,
23:55devant vous,
23:56pour la réforme. »
23:59La réforme part au Sénat
24:00alors que les députés
24:02n'auront jamais discuté
24:04de l'article 7
24:05qui impose la retraite
24:06à 64 ans.
24:07« Je vous remercie. »
24:10Au palais du Luxembourg,
24:13les débats sont longs
24:15mais plus sereins
24:16qu'à l'Assemblée.
24:17Les sénateurs,
24:18en majorité de droite,
24:20votent très largement
24:21pour la réforme
24:23des retraites.
24:27Retour au palais Bourbon.
24:29L'Assemblée doit valider
24:30l'ultime version
24:31du projet de loi,
24:33fruit d'un compromis
24:34entre 7 députés
24:35et 7 sénateurs.
24:36Mais la Première Ministre
24:37dispose-t-elle
24:38d'une majorité
24:39pour le voter ?
24:40Toute la matinée,
24:42le gouvernement fait
24:43et refait ses calculs.
24:45Et le compte n'y est pas.
24:47Un quart d'heure
24:47avant le début
24:48de la séance,
24:49il tranche
24:50en faveur du 49-3.
24:53Avec 8 minutes
24:54de retard,
24:55Elisabeth Borne
24:56arrive à l'Assemblée.
24:57Mes chers collègues,
24:59la parole est à Madame
25:00la Première Ministre.
25:03Dans un hémicycle bondé,
25:05cette fois,
25:06ce n'est pas le chant
25:06des Gilets jaunes,
25:07mais la Marseillaise
25:08que les Insoumis
25:09font retentir
25:10pour couvrir la voie
25:12de la Première Ministre.
25:20Elisabeth Borne
25:21dégaine le 49-3
25:22et règle ses comptes
25:24avec l'ANUPES,
25:25le Rassemblement National
25:26et les Républicains.
25:28Cet après-midi,
25:29je n'ai pas envie
25:30de revenir
25:31sur les échappés personnels
25:33qui peuvent faire oublier
25:35à certains
25:36les positions
25:38qu'ils défendaient
25:39quelques mois plus tôt
25:40avec leur famille politique.
25:43Cet après-midi,
25:44je n'ai pas envie
25:45de revenir non plus
25:47sur le comportement
25:49de ceux
25:49qui ont tout fait
25:50pour bloquer le débat
25:52et se sont contentés
25:53de multiplier
25:54les insultes,
25:56les excès
25:57et les attaques.
26:01Enfin,
26:01cet après-midi,
26:03je n'ai pas envie
26:03de revenir
26:04sur le mutisme
26:06de ceux
26:06à l'extrême droite
26:08de cet hémicycle
26:09qui sont restés
26:11tapis
26:11dans l'ombre
26:12tout au long
26:13des débats
26:14qui ont préféré
26:15se taire
26:16profitant
26:17en silence
26:18des outrances
26:19des uns
26:20et des revirements
26:21des autres.
26:24Aussi,
26:25sur le fondement
26:26de l'article 49
26:27alinéa 3
26:28de la Constitution,
26:30j'engage
26:31la responsabilité
26:32de mon gouvernement.
26:35Après un long
26:35et douloureux bras de fer,
26:37le gouvernement
26:38a donc choisi
26:38de passer en force.
26:40Si aucune motion
26:41de censure
26:41n'est votée
26:42en début de semaine,
26:44la réforme
26:44des retraites
26:45sera définitivement
26:47d'adoptie.
26:51Sous-titrage Société Radio-Canada
26:53Sous-titrage Société Radio-Canada
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