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  • il y a 1 an

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Transcription
00:00Bonjour Olivier Babaud. Bonjour Dimitri, bonjour Anissa, bonjour à tous.
00:02Bonjour Olivier.
00:03Olivier, le groupe écologiste va défendre demain au Sénat une proposition de loi qui a déjà été votée en première lecture à l'Assemblée.
00:10Donc le texte est déjà bien cheminé. Il s'agit de créer une taxe Zoukman, du nom de l'économiste Gabriel Zoukman.
00:16Alors il s'agirait d'un impôt planché de 2% sur les très gros patrimoines.
00:20Oui Dimitri, cette taxe est devenue le cheval de bataille de la gauche, pas un plateau sans qu'elle ne soit évoquée comme la solution à tous les problèmes de la pécuniosité de l'État.
00:28Alors c'est un classique en France, en matière économique, beaucoup d'entre nous sont élevés dans l'idée qu'il n'y a aucun problème qu'un bon impôt ne puisse régler.
00:36Et ici on croit avoir trouvé le graal fiscal, n'est-ce pas ? 2% par an sur les patrimoines de plus de 100 millions d'euros.
00:41On nous annonce, n'est-ce pas, 25 milliards à récupérer en France.
00:44C'est pas mal. La taxe Zoukman serait donc la solution. Olivier, au problème suivant, le taux d'imposition des très riches serait nettement plus faible que les autres. Qu'en est-il ?
00:53Alors il y a en fait un mécanisme problématique qu'il faut expliquer. Les très riches peuvent faire remonter leurs dividendes dans leur holding et ainsi éviter la taxation du revenu parce qu'il n'y a pas eu de revenu.
01:02Et ce revenu sera directement transmis ensuite à la génération suivante.
01:06Et je renvoie les auditeurs à la tribune publiée dans Les Echos par Jean-Baptiste Michaud et Victor Fouquet qui font une proposition intelligente de réforme sur la fiscalité du capital pour répondre à ce problème.
01:14Mais en l'occurrence, la taxe Zoukman serait un remède pire que le mal.
01:17C'est-à-dire ?
01:18Faute de pouvoir taxer un flux qui n'est pas là puisqu'il n'y a pas de revenu, cette taxe veut taxer donc le stock, c'est-à-dire l'ensemble du patrimoine.
01:25Et ce patrimoine, dans l'écrasante majorité des cas, n'est pas liquide. Ce sont des parts d'entreprise, des actifs immobilisés.
01:32Car l'idée fatale de cette taxe, sans laquelle elle est vidée de son contenu, c'est que l'outil de travail doit faire partie de la base taxable.
01:38Et quel est le problème ?
01:39Imaginez un entrepreneur dont la société est valorisée 1 milliard, on appelait ça une licorne, on rêverait d'en avoir des dizaines chez nous.
01:45Il n'a pas 1 milliard sur son compte, mais une entreprise, des salariés, des machines, des projets.
01:50Pour payer 2% de taxe annuelle, soit 20 millions, il doit vendre des parts, chaque année, encore 2% et encore.
01:56En quelques années, il perd le contrôle de sa boîte, ce qui est d'ailleurs vendu à l'étranger, c'est un impôt qui contraint l'auto-destitution.
02:03Et ceux qui ne veulent pas vendre ?
02:05Probablement ils partiront, comme beaucoup l'ont déjà fait.
02:07Cette taxe aurait des effets destructeurs sur l'investissement, l'innovation, la prise de risque.
02:11On voulait s'enrichir en punissant, on s'appauvrira sans punir personne.
02:15C'est le même mécanisme que la taxe sur les yachts, vous savez, qui devait rapporter 10 millions d'euros aux caisses de l'État,
02:19qui a rapporté l'année dernière, tenez-vous bien, 87 000 euros.
02:22Ah oui ? Seulement ?
02:23Oui, 57 000 euros, avec 7 bateaux taxés, oui, de succès, n'est-ce pas ?
02:28Cette taxe Zuckman, c'est un miroir aux alouettes, miroir qui reflète surtout, en fait, notre manque de courage.
02:33Ceux qui n'acceptent pas la nécessité des réformes rêvent de trouver le magot providentiel qui nous en préservera.
02:39Signature Europe 1, Olivier Babot. Merci beaucoup, Olivier.
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