- il y a 8 mois
- #facealinfo
Christine Kelly et ses chroniqueurs débattent de l'actualité dans #Facealinfo
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00:00Il y a de l'ambiance !
00:00:02Nous sommes en direct, oui.
00:00:04Merci beaucoup, ma chère Laurence.
00:00:08Au sommaire ce soir, les Français sont terrifiés par la violence qui menace la vie de leurs enfants.
00:00:17Après la mort de Mélanie, une notion veillante poignardée par un élève à nos gens en Haute-Marne,
00:00:23Emmanuel Macron dénonce un déferlement de violence insensée
00:00:27et ajoute que le gouvernement s'est mobilisé pour faire reculer le crime.
00:00:31Les mots ne suffisent plus, a répondu Marine Le Pen à l'Assemblée nationale cet après-midi,
00:00:36où une minute de silence a été observée.
00:00:39Où est l'autorité en France ?
00:00:41L'édito de Mathieu Boccote.
00:00:43Si face à l'info ce soir est consacré à la mort de Mélanie,
00:00:47nous ferons toutefois une analyse sur le traitement d'Emmanuel Macron,
00:00:50sur la flottille de Rima Hassan.
00:00:52Pourquoi la France est-elle ingrate avec ceux qui l'aiment ?
00:00:56Pourquoi ce zèle à défendre Rima Hassan qui crache sur la France à longueur de temps ?
00:01:00Pourquoi cette indifférence pour Boilem Sansal qui proclame son amour pour elle ?
00:01:05L'analyse de Gabriel Cluzel.
00:01:08Mélanie, 31 ans, a embrassé son enfant ce matin en lui disant à ce soir, comme tous les matins.
00:01:14Mais plus jamais son enfant de 4 ans ne reverra sa maman.
00:01:19Une femme bienveillante, une femme dévouée, une femme adorable, une femme qui voulait aider les jeunes,
00:01:24une femme qui venait de changer de métier en devenant surveillante de collège.
00:01:29Elle voulait avoir plus de temps pour s'occuper de son enfant.
00:01:31Qui était Mélanie, poignardée à mort par un élève de 14 ans ?
00:01:37Le regard de Marc Menon.
00:01:38Personne n'a oublié Agnès Lassalle, assassinée de plusieurs coups de couteau en pleine classe à Saint-Jean-de-Luz il y a deux ans.
00:01:46Personne n'a oublié Lorraine, assassinée de plusieurs coups de couteau en pleine classe à Nantes il y a deux mois.
00:01:52Personne n'a oublié il y a ces temps d'autres qui ont soucoubé sous les lames d'un mineur.
00:01:56Cette fois-ci, la sécurité n'est pas en jeu.
00:02:00La justice non plus.
00:02:01Il était inconnu des services.
00:02:05Comment comprendre ce déferlement de violences insensées,
00:02:09ce qui devrait en faire une préoccupation majeure du politique, le décréputage de Charlotte d'Ornelas ?
00:02:14Et puis nous terminerons avec une question simple, question claire, question que tous se posent.
00:02:22Au fond, sommes-nous déjà en guerre civile ?
00:02:26L'édito de Mathieu Bocoté.
00:02:28Notre invité ce soir, Thibaut de Montbréal, avocat, président du centre de réflexion sur la sécurité intérieure.
00:02:35La violence est-elle substantielle à l'homme dans la société ?
00:02:40Sommes-nous condamnés donc à la violence en France ?
00:02:42En quoi traiter cette explosion de violences comme des faits divers nous condamne-t-il ?
00:02:47Les Français en ont marre de chercher des solutions sur un coin de table.
00:02:51Marre des fleurs, marre des nounours, marre des pleurs, marre des marches blanches.
00:02:56Les familles des victimes crient aujourd'hui à l'aide.
00:02:58N'a-t-on pas passé un cap ?
00:03:00Des questions que nous poserons à Thibaut de Montbréal, notre invité ce soir.
00:03:05Voilà une heure avec nos mousquetaires.
00:03:07C'est parti.
00:03:07C'est l'histoire d'un revirement en 48 heures.
00:03:24Emmanuel Macron accusait ce week-end les Français de s'être laissés brainwashed par ceux qui parlent d'insécurité.
00:03:33Aujourd'hui, il dénonce un déferlement de violences insensées, pour reprendre ces mots.
00:03:39Mathieu, comment passer d'un discours à un discours contraire aussi rapidement ?
00:03:44Parce qu'il existe... Il y a des moments, en fait, où le déni de réel nous revient au visage à la manière de boomerang qui peut nous sonner.
00:03:52Et j'ai l'impression que ce déni de réel a explosé au visage du président de la République.
00:03:57C'est l'histoire d'un homme qui, hier ou avant-hier, voulait sauver les océans, sauver le climat, sauver la planète,
00:04:04qui trouvait que les Français étaient un peu trop dans le paysage, parce qu'ils s'entêtent avec des problèmes qui n'existent pas vraiment.
00:04:09Et là, qu'est-ce qu'on voit ? Il est obligé de faire un grand revirement.
00:04:13Il disait une chose, il doit dire le contraire exactement, 48 heures plus tard.
00:04:18Comment l'expliquer ?
00:04:19Eh bien, on pourrait dire, si on était méchant, que le président de la République fait preuve d'une extrême souplesse ou d'un extrême cynisme.
00:04:25Ce qui est le propre de l'extrême-centre.
00:04:27Le propre de l'extrême-centre, c'est de pouvoir dire à ou non à une chose ou son contraire, pour peu que ça nous permette de rester au pouvoir.
00:04:35Par ailleurs, ce qui est intéressant, ne l'oublions pas, dans la déclaration d'Emmanuel Macron il y a 48 heures,
00:04:41c'est qu'il disait par là ce que pense l'essentiel des élites.
00:04:44Ce n'était pas Emmanuel Macron seul en lui-même.
00:04:47Les élites, globalement, pensent qu'effectivement, il faudrait davantage parler du fond des océans
00:04:50et cesser de parler de l'insécurité qui serait un problème de petits blancs névrosés,
00:04:54ayant peur du racisme anti-blancs inventés par les idéologues d'extrême-droite.
00:04:58Et là, qu'est-ce qu'on voit ? Le réel explose.
00:05:01Alors, de quelle manière le réel explose-t-il aujourd'hui ?
00:05:04Dans une scène d'une violence extrême tellement elle est banale.
00:05:08On est ici devant un dispositif de sécurité, donc de fouille, pour s'assurer que les gens n'entrent pas des couteaux dans les établissements.
00:05:13Et que se passe-t-il ? C'est à ce dispositif que la violence revient.
00:05:16Devant un jeune, est-ce qu'on en sait, Charlotte, il reviendra, qui a 14 ans, inconnu au bataillon,
00:05:22et il est contrarié, il est choqué, il est désarçonné, et qu'est-ce qu'il fait ?
00:05:27Il poignarde comme ça une dame qui ne s'en remettra pas.
00:05:31Alors, la scène est d'autant plus banale, je l'ai dit, qu'elle est complètement, pour l'instant, décontextualisée de toute dimension politique.
00:05:37Pourquoi vous dites banale ?
00:05:38Parce qu'on est habitué aujourd'hui à voir dans les écoles, à voir un peu partout, des gens se faire trucider.
00:05:44Je veux dire, qui, aujourd'hui, est vraiment surpris qu'une telle chose arrive en France ?
00:05:48Je veux dire, et je dis, mais il y a une dimension nouvelle, c'est que normalement, on trucide au nom de l'islamisme.
00:05:53On trucide à la rigueur au nom de la drogue, j'y reviendrai.
00:05:56On trucide parce qu'il y a un Rix, on trucide explicitement sur le mode de la violence ethnique.
00:06:01Et là, ce n'est pas du tout ce qu'on voit.
00:06:03Pour ce qu'on sait pour l'instant, c'est une espèce de crise de colère qui se transforme en série de coups de couteau.
00:06:08Et de ce point de vue, je pense que le premier élément sociologique à noter là-dedans, c'est qu'on voit aujourd'hui ce que veut dire l'effondrement des digues symboliques.
00:06:17J'entends par là qu'une société, la violence, elle est dans le cœur de l'homme.
00:06:21L'agressivité, elle est dans le cœur de l'homme.
00:06:23Et le propre de la civilisation, c'est de chercher à refouler cette violence, refouler cette agressivité, la canaliser autrement.
00:06:28Mais qu'est-ce qu'on voit là, lorsqu'on a fait tomber l'ensemble de ces digues, je reviendrai dans un instant, mais cette violence remonte à la surface.
00:06:34Et là, elle remonte, on dit une personne meurt aujourd'hui.
00:06:37On comprend soudainement.
00:06:38Et pourquoi tout le monde en parle?
00:06:39C'est parce que tout le monde se dit que ça pourrait être vous, moi, un autre, demain, dans des circonstances semblables.
00:06:45Et même les gens se disent quand.
00:06:47Oui, bien sûr, il y a quelque chose là-dedans, une forme d'habitude de l'horreur.
00:06:51Et ensuite, les politiques se mettent à défiler.
00:06:53Je vous évite, j'avais commencé en notant chacune de leurs déclarations émues.
00:06:57Et je vous dis, non, franchement, on s'en fout.
00:06:58Parce qu'on commence à s'habituer.
00:07:00Chacun prépare sa petite déclaration qui met en scène son horreur devant la situation.
00:07:05Avec toujours la même logique, on pourra d'autant plus s'indigner qu'on dépolitisera la situation.
00:07:11Donc, plus c'est un fait divers, plus on peut s'indigner.
00:07:13Mais moins c'est un fait divers, plus on sera obligé de penser.
00:07:16Et dès lors, on pourrait faire ne rien dire.
00:07:18Donc, ils ont tous dit la même chose.
00:07:19Ils sont tous indignés.
00:07:20Ils ont tous dit qu'on ne doit pas s'habituer.
00:07:22Ils ont tous dit que les coups de couteau, ce n'était pas républicain.
00:07:24Ils ont tous dit que c'était tragique.
00:07:26Puis ils vont demain tous faire la même chose qu'ils ont fait hier, c'est-à-dire fondamentalement rien.
00:07:32Alors, Emmanuel Macron, il va avec cette formule, on l'a dit, un déferlement de violence insensée.
00:07:36La formule m'a intéressé parce qu'elle présuppose qu'il peut y avoir une violence sensée.
00:07:40S'il y a une violence insensée aujourd'hui, c'est qu'elle peut être sensée hier ou demain.
00:07:44Qu'est-ce qu'on pourrait appeler une violence sensée, en effet?
00:07:47La violence sensée, c'est celle des terroristes.
00:07:49J'entends par sensée, c'est une violence qui a un objectif.
00:07:52Terroriser les Français, en tuer le plus possible pour établir une conquête chez eux.
00:07:56Elle est atroce, mais elle a un sens, cette violence.
00:07:58C'est une violence pour terroriser.
00:07:59Il y a la violence des trafiquants de drogue, assurément.
00:08:02Par guerre de trafiquants contre d'autres trafiquants ou contre les policiers pour imposer un rapport de force.
00:08:06C'est une violence atroce, mais qui a un sens.
00:08:09Quand quelqu'un sort un poignard de son sac et poignarde ainsi, sans prévenir, une dame comme ça qui faisait son métier, tout simplement,
00:08:17là, on se dit violence insensée, en effet.
00:08:20Et pourtant, sensée néanmoins.
00:08:22Pourquoi? Parce que ce jeune homme est sorti de chez lui aujourd'hui avec un couteau.
00:08:26Il est sorti de chez lui avec un couteau et on ne sort pas de chez soi avec un couteau pour aller dans les écoles pour tailler son saucisson aujourd'hui.
00:08:31Tout le monde le sait.
00:08:32Donc, dès lors qu'on sort avec un couteau de chez soi, c'est qu'on a l'idée qu'on pourrait l'utiliser d'une manière ou d'une autre.
00:08:37Donc, il y a la normalisation, non pas du couteau.
00:08:39Là, ça va être pendant 24 heures, 48 heures, le festival de l'arme blanche aux phobies.
00:08:43Et on oublie toujours que le véritable problème, ce n'est pas le couteau en tant que tel,
00:08:47c'est la personne qui décide de le transporter pour être capable d'agresser quelqu'un s'il est contrarié.
00:08:51Et de ce point de vue, nous refusons de nous poser une question toute simple.
00:08:54Dans quelle société vivons-nous?
00:08:56Alors, posons-nous la question. Dans quelle société vivons-nous?
00:08:59Eh bien oui, mais il me faut la poser tout simplement.
00:09:01C'est-à-dire, je pense, derrière ça, je vais y aller avec un grand mot,
00:09:04mais il y a une forme d'oubli ou d'erreur ou d'effacement anthropologique derrière nos réflexions.
00:09:09J'entends que notre conception de l'être humain est tout simplement fausse.
00:09:12On a voulu, c'est le rousseauisme, vous savez, Jean-Jacques Rousseau,
00:09:15la philosophie qui nous a laissé en héritage, l'homme est bon, c'est la société qui le corrompt.
00:09:20Donc, quand on se dit qu'il y a de la violence, c'est que ça serait le fruit d'une forme de dysfonctionnement de la société,
00:09:24de dérèglement inégalitaire, le fruit d'une exclusion.
00:09:27Il faudrait réparer la société pour tuer la violence.
00:09:29Mais on oublie une chose toute simple, c'est que l'être humain, quoi qu'on en dise, n'est pas naturellement bon.
00:09:34L'être humain, laissé à lui-même, je le dis souvent, est la plupart du temps médiocre, heureusement.
00:09:39De temps en temps, atroce et monstrueux, exceptionnellement lumineux,
00:09:43plus souvent qu'autrement, il s'est bien porteur d'une petite bonté,
00:09:46mais généralement, je l'ai dit, médiocre et agressif et méchant et jaloux.
00:09:49La bête humaine est ainsi faite.
00:09:50Ça me correspond à l'histoire humaine.
00:09:53Oui, on ne va pas se cacher derrière ça, quand même.
00:09:56Je pense que c'est le point de départ, parce que si on prend ça comme point de départ,
00:09:59on constate pourquoi la déconstruction des 40 ou 50 dernières années a été atroce.
00:10:05Parce que qu'est-ce que c'était la déconstruction ?
00:10:07C'était la déconstruction des digues, des processus de civilisation,
00:10:11des processus culturels, des institutions, des normes, des mœurs,
00:10:14qui nous permettaient de nous civiliser.
00:10:17C'est-à-dire la petite bête atroce que nous portons tous en nous-mêmes,
00:10:20on la civilisait.
00:10:21On a décidé de tout détruire, persuadé de libérer un petit ange contrarié.
00:10:25Mais on n'a pas libéré un petit ange contrarié,
00:10:27on a libéré, à certains égards, la bête qui dort en nous-mêmes.
00:10:30Et ça, je pense que c'est l'héritage vraiment de la contre-culture
00:10:32des 40, 50, 60 dernières années.
00:10:35Et tant qu'on ne fera pas le procès de cette contre-culture
00:10:37qui a fonctionné au marteau-piqueur sur la civilisation, on ne dira rien.
00:10:41Ensuite, je ne sais pas si c'est le cas aujourd'hui,
00:10:43mais il faut le dire, quand on cherche à comprendre
00:10:45les phénomènes de violence aujourd'hui,
00:10:47on paie le prix de la société multiculturelle.
00:10:49Je précise que je ne sais pas si c'est le cas aujourd'hui,
00:10:52mais la trame de fond de la violence depuis plusieurs années,
00:10:55c'est le constat que la société multiculturelle
00:10:57est une société multiconflictuelle.
00:10:59Et le discours sur le vivre-ensemble,
00:11:01vivre-ensemble, on pourrait s'aimer, ça ne fonctionne pas.
00:11:04Ça ne correspond pas à la nature humaine.
00:11:06Dès qu'il y a deux groupes sur Terre,
00:11:08les deux veulent se dominer mutuellement.
00:11:10C'est comme ça.
00:11:11Les êtres humains sont ainsi faits qu'ils veulent que leur groupe
00:11:13domine le groupe d'à côté.
00:11:15Alors, qu'est-ce qu'on fait dans de telles circonstances?
00:11:17Eh bien, on cherche normalement à faire en sorte
00:11:19qu'il y ait des frontières entre les différents groupes.
00:11:20On civilise les hommes par des frontières.
00:11:23On civilise les hommes en assurant que chacun
00:11:24ait son territoire à organiser,
00:11:26sans agresser le territoire du voisin.
00:11:28Quand on décide de faire le grand brassage planétaire
00:11:31des 40 dernières années, encore une fois,
00:11:32et qu'on force tout le monde à vivre ensemble,
00:11:34en oubliant que chacun a des codes culturels,
00:11:36des codes civilisationnels, des codes religieux,
00:11:38des identités très différentes,
00:11:39quand on met tous ces jeunes ensemble,
00:11:41il y a de bonnes chances que cela explose.
00:11:44Et c'est ce qu'on voit aujourd'hui.
00:11:45Ça explose.
00:11:46Les tensions de la société multiculturelle
00:11:48sont celles de la société multiconflictuelle.
00:11:50Alors, devant la violence, qu'est-ce qu'on fait?
00:11:52On se dit, voilà, il faut un tour de vis sécuritaire,
00:11:55plus ou moins autoritaire.
00:11:55Donc là, on connaît par cœur ce qu'on nous dira
00:11:57dans les prochains jours.
00:11:58Plus de policiers, plus de gendarmes,
00:12:01le contrôle à l'entrée des écoles.
00:12:03Il va falloir combien de portaites de contrôle ou d'accueil
00:12:06pour s'assurer que la personne qui arrive à l'école
00:12:09n'ait pas de couteau, de, je ne sais pas,
00:12:11une lame bizarrement aiguisée.
00:12:13Donc, contrôle à l'entrée des écoles,
00:12:15plus de prison, la vidéosurveillance partout,
00:12:18la reconnaissance faciale, pourquoi pas,
00:12:20des lois fermes, toujours plus fermes,
00:12:21avec ce paradoxe d'une société de plus en plus insécuritaire
00:12:25et de plus en plus liberticide.
00:12:27Et à travers cela, on trouvera le bouc émissaire du jour,
00:12:29l'arme blanche, l'arme blanche, l'arme blanche,
00:12:31le couteau de cuisine qui est justement chez vous,
00:12:34qui peut se transformer en instrument de terrorisme.
00:12:36Tel est l'ennemi, mais ne réfléchissons surtout pas
00:12:38à l'ensemble de la société,
00:12:40aux mécanismes culturels brisés
00:12:41que nous subissons tous aujourd'hui.
00:12:44Comment prendre le problème de la bonne manière, Mathieu ?
00:12:47Si j'avais une solution en trois étapes,
00:12:50je la donnerais.
00:12:50Évidemment, personne ne sait quoi faire exactement.
00:12:53Personne n'a la solution en tant que telle.
00:12:55Mais ce qu'on peut se demander, c'est
00:12:56à partir de quelle base réfléchissons-nous.
00:12:58Et de ce point de vue, je le redis,
00:12:59je pense qu'il faut retrouver une idée de l'homme
00:13:02plus réaliste.
00:13:03Quelqu'un qui commet, et ça, Charlotte en parle souvent,
00:13:06quelqu'un qui commet une mauvaise action,
00:13:08qui commet le mal, qui fait une infraction illégalité,
00:13:10un geste illégal,
00:13:11doit être sanctionné immédiatement et clairement.
00:13:14Il doit rencontrer une société qui dit
00:13:16« Tu ne referas plus ça parce que tu vas payer cher
00:13:18le prix de ce geste inacceptable. »
00:13:20Donc, il faut retrouver, oui,
00:13:22ce culte de l'autorité, mais on n'en est pas à la veille.
00:13:23Ensuite, il faut, demain ou après-demain,
00:13:26mater la logique même qui produit
00:13:27la violence intercommunautaire.
00:13:29Je ne sais pas si c'était le cas aujourd'hui,
00:13:31mais c'est le cas assez souvent,
00:13:32cette violence intercommunautaire.
00:13:34Certains diraient qu'il faut une espèce
00:13:35de grand, grand choc.
00:13:36En fait, grand choc sécuritaire,
00:13:37grand choc de sécurité pour dire
00:13:39« On remet à plat notre dispositif
00:13:41qui assure la sécurité des citoyens. »
00:13:43Ce n'est probablement pas faux,
00:13:44mais comment faire avec ceux qui ont tout gâché?
00:13:45Vont-ils eux-mêmes tout réparer? »
00:13:47On peut se poser la question.
00:13:49Contre ceux qui n'ont pas d'histoire,
00:13:50la violence continuera pour un bon moment,
00:13:53malgré toutes les déclarations,
00:13:54malgré tous les plus jamais ça,
00:13:55malgré « Il ne faut pas s'habituer »,
00:13:56malgré « Ce n'est pas républicain ».
00:13:58Ça va continuer.
00:13:59Donc, la prochaine étape, probablement,
00:14:00et je m'en désole,
00:14:01c'est avec l'arrivée de l'autodéfense.
00:14:03De plus en plus de gens vont se dire
00:14:03« Je ne fais plus confiance à la société pour me défendre.
00:14:06Je vais me défendre moi-même. »
00:14:06Ou la ghettoïsation, l'autocommunautarisation.
00:14:09On va dire « Entre nous, on va se protéger ».
00:14:11Tout ce que je dis là, je ne le souhaite pas,
00:14:12mais je l'annonce et je ne pense pas me tromper.
00:14:14On fera un tour de table sur la question.
00:14:17Sans défleurir votre sujet, Charlotte,
00:14:19quel est votre regard,
00:14:20si on sait ce qui se passe ce soir ?
00:14:22A-t-on franchi un cap ?
00:14:23À chaque fois, on se pose la question.
00:14:25A-t-on franchi un cap ?
00:14:26Comme dit Mathieu Bocoté,
00:14:27est-ce que ça va être encore des mots,
00:14:29encore des mots, pas d'action ?
00:14:31Y a-t-il une solution ?
00:14:32Quel est votre avis ?
00:14:33Un tour de table.
00:14:34Je ne pense pas qu'on ait franchi un cap.
00:14:35On a en revanche la confirmation
00:14:36que ce ne sont bien pas des faits divers.
00:14:40On l'a dit, on l'a expliqué à tort et à travers.
00:14:43La différence entre un fait divers,
00:14:44c'est qu'un fait divers, on ne sait pas le classer.
00:14:47Un fait de société, on sait exactement ce qui arrive
00:14:50à force de répétition.
00:14:52Et d'ailleurs, le seul fait que,
00:14:53un, les victimes prennent la parole de plus en plus
00:14:55immédiatement après ce qui leur est arrivé,
00:14:58et deux, que les réactions et les tentatives d'analyse
00:15:01se fassent aussi rapidement après le drame,
00:15:03c'est bien que nous ne sommes plus sidérés.
00:15:05C'est la preuve que ce ne sont pas des faits divers.
00:15:07Le fait que l'analyse ou la colère
00:15:11prennent la place
00:15:12de la sidération
00:15:13prouve que, en effet, malheureusement,
00:15:15nous y sommes habitués.
00:15:16Il faudrait que l'analyse suive, en effet.
00:15:19Donc, ce qui a changé maintenant,
00:15:20c'est effectivement, on n'est plus sidérés.
00:15:23Gabriel Cluzel, maintenant,
00:15:24les parents des victimes,
00:15:25les proches des victimes,
00:15:26viennent à l'antenne crier leur souffrance ?
00:15:29Oui, alors ça, c'est la nouveauté.
00:15:30Et je crois que c'est une bonne chose.
00:15:33Avant, on réussissait à mettre
00:15:34le couvercle sur la colère.
00:15:36On réussissait à convaincre
00:15:38les familles qu'elles seraient dignes
00:15:40si elles restaient silencieuses
00:15:42et au contraire indignes
00:15:43si elles parlaient.
00:15:44Et là, je crois que c'est terminé.
00:15:46Les familles ont décidé de parler.
00:15:48Mais le problème, c'est que
00:15:49que va-t-il se passer ensuite ?
00:15:51On sent bien que déjà,
00:15:52il y a des propositions
00:15:52qui sont des rustines
00:15:53quand il faudrait changer le vélo
00:15:55tout entier.
00:15:56Il y a eu des dizaines d'années
00:15:57de détricotage de notre société.
00:16:00Personne, en réalité, n'en parle.
00:16:01On fait une minute de silence,
00:16:02mais appelons-la plutôt
00:16:03une minute d'impuissance.
00:16:04On voit bien que ça ne sert
00:16:04absolument à rien.
00:16:07On va légiférer sur les couteaux,
00:16:08peut-être.
00:16:09Mais quand il n'y aura plus de couteaux,
00:16:10il y aura des tessons de verre
00:16:11comme si c'était les couteaux
00:16:12et pas celui qui les porte le problème.
00:16:16Elisabeth Borne a dit,
00:16:17en conclusion,
00:16:18en arrivant sur les lieux,
00:16:20il faut une meilleure régulation
00:16:22de l'avant des armes blanches.
00:16:24Ce n'est pas consternant.
00:16:26Effectivement,
00:16:27si on en est là,
00:16:29c'est que l'on n'a rien compris.
00:16:30Le Premier ministre lui a dit,
00:16:31il faut construire des règles.
00:16:33On peut construire des règles,
00:16:34avoir des réponses pénales.
00:16:36Mais le problème,
00:16:37il y a ce que Mathieu évoquait,
00:16:39à savoir le multiculturalisme.
00:16:41Il n'y a pas que ça.
00:16:42C'est un monde de violence en tout.
00:16:45Les gens ne cessent de se sauter dessus.
00:16:47Il n'y a plus la moindre civilité.
00:16:50Et puis les enfants
00:16:51sont dans une sorte d'abandon
00:16:53à eux-mêmes.
00:16:54Ils sont sur les réseaux sociaux.
00:16:57Il n'y a plus d'éducation.
00:16:59On ne cherche pas à les galvaniser.
00:17:00On ne cherche pas à les émerveiller.
00:17:02Très tôt,
00:17:03dès l'âge de 3 ans,
00:17:044 ans,
00:17:05ils sont devant des dessins animés
00:17:06où la violence est omniprésente.
00:17:09Vous avez des jeux,
00:17:09vous apprenez à tuer des flics,
00:17:11etc.
00:17:12Et par conséquent,
00:17:14il n'y a plus le regard
00:17:16vis-à-vis de l'autre.
00:17:17Et il n'y a même pas le regard
00:17:19vis-à-vis de soi.
00:17:20Si on ne se respecte pas,
00:17:22on ne peut pas respecter l'autre.
00:17:23Et c'est cet état de santé mentale
00:17:26dont tout le monde parle aujourd'hui.
00:17:2825% de gamins
00:17:29qui disent avoir eu l'intention
00:17:33de se suicider.
00:17:34Vous imaginez dans quelle société
00:17:36nous sommes ?
00:17:37Alors, ce ne sont pas
00:17:38les petites réflexions
00:17:40telles que j'ai pu les entendre
00:17:42ici et là,
00:17:43aujourd'hui,
00:17:44qui peuvent nous rassurer.
00:17:45Dans un instant,
00:17:46on va recevoir Thibault de Montbréal
00:17:47pour avoir son regard.
00:17:49Dans un instant,
00:17:50on vous écoutera aussi
00:17:51sur le portrait de Mélanie.
00:17:52On ne parle pas suffisamment
00:17:54des victimes.
00:17:55Et on va s'arrêter
00:17:56sur son portrait.
00:17:57Et lorsqu'on parle de solution,
00:17:59on pense à ce rapport
00:18:00qui, depuis trois semaines,
00:18:02qui est sorti justement
00:18:03sur la délinquance des mineurs.
00:18:05Neymah Moutchou
00:18:05en est le porte-parole,
00:18:07députée horizon du Val-d'Oise.
00:18:09Elle parle d'un signe
00:18:10d'effondrement
00:18:10après la mort de la surveillante.
00:18:12Ce matin, c'est Cécile,
00:18:15assistante d'éducation,
00:18:16qui a perdu la vie.
00:18:18Hier, c'était Elias,
00:18:20Lorraine, Thomas,
00:18:22Sekou, Inès,
00:18:24Enzo, Matisse
00:18:25et tant d'autres encore.
00:18:27Tous tués par des mineurs
00:18:29à l'arme blanche.
00:18:31Cette liste,
00:18:32Monsieur le Premier ministre,
00:18:33ce ne sont pas des faits divers,
00:18:34mais les signes d'un effondrement.
00:18:36Nous voyons l'autorité reculer
00:18:38partout et la violence
00:18:39gagner partout.
00:18:41Nous voyons une partie
00:18:42de la jeunesse qui sombre,
00:18:43qui bascule dans la brutalité
00:18:44la plus décomplexée.
00:18:46Nous voyons des adolescents
00:18:48qui sortent armés
00:18:49pour commettre le pire.
00:18:51C'est tout,
00:18:51sauf une crise passagère,
00:18:52c'est un fléau,
00:18:54c'est l'ennemi public
00:18:54numéro un.
00:18:56Voilà la conclusion
00:18:56de la mission
00:18:57que vous m'avez confiée
00:18:58sur ce sujet
00:18:59avec le préfet,
00:19:00Monsieur François Ravier.
00:19:02Les mesures sont prêtes,
00:19:02elles sont applicables,
00:19:03nous ne pouvons plus attendre,
00:19:05ni nous contenter d'hommages
00:19:06et de minutes de silence.
00:19:07Encore et encore,
00:19:08ma question est simple,
00:19:09Monsieur le Premier ministre,
00:19:10mais elle est solennelle.
00:19:11Quand déciderons-nous
00:19:12que cela suffit ?
00:19:14Quand déciderons-nous
00:19:15que cela suffit ?
00:19:16Les Français en ont marre
00:19:17ce soir.
00:19:18Marre des pleurs,
00:19:19marre des fleurs,
00:19:20marre des marches blanches.
00:19:22On en parle dans un instant
00:19:23avec ce portrait de Mélanie
00:19:25avec vous,
00:19:26Marc Menonfre.
00:19:28Un petit pas de côté
00:19:29avec vous,
00:19:29Gabriel,
00:19:30mais ça reste l'actualité,
00:19:31ça reste aussi
00:19:32le regard
00:19:34que porte notre président
00:19:35de la République
00:19:35sur l'actualité.
00:19:36Emmanuel Macron
00:19:38et Jean-Noël Barraud
00:19:39ont très vite
00:19:40volé au secours
00:19:42de Navia Madeleine,
00:19:44dite la flottille
00:19:45de la liberté
00:19:46avec à son bord
00:19:47six ressortissants français
00:19:48d'Orema Hassan
00:19:49qui a été intercepté
00:19:50par les autorités
00:19:51israéliennes
00:19:52au moment où
00:19:53ils s'apprêtaient
00:19:54à rejoindre
00:19:55la bande de Gaza.
00:19:56Leur célérité,
00:19:56leurs déclarations déterminées
00:19:58contrastent,
00:19:59Gabriel,
00:20:00singulièrement
00:20:00avec l'apathie
00:20:01et la pusillanimité
00:20:03à l'endroit
00:20:03de Boilem sans salle.
00:20:06Beaucoup de commentateurs
00:20:07en ont fait la remarque.
00:20:08Que faut-il en conclure ?
00:20:10Eh bien,
00:20:10il faut en conclure
00:20:10que la France
00:20:11est souvent ingrate.
00:20:13Elle soigne
00:20:14ceux qui la détestent
00:20:15et laisse tomber
00:20:16ceux qui l'aiment
00:20:18et la défendent.
00:20:19Du reste,
00:20:19les harkis,
00:20:20en leur temps,
00:20:20en ont fait
00:20:20la cruelle expérience.
00:20:23Alors,
00:20:23très vite,
00:20:24Jean-Noël Barraud
00:20:24a tenu à rassurer
00:20:25les Français
00:20:26sur le sort
00:20:26de Rima Hassan
00:20:27et ses amis.
00:20:28Ils étaient tellement inquiets.
00:20:30Donc,
00:20:30nous avons demandé,
00:20:31je le cite,
00:20:32parce qu'il faut comprendre
00:20:32voir bien les mots,
00:20:34à pouvoir exercer
00:20:35la protection consulaire
00:20:36pour les six ressortissants
00:20:37français
00:20:38à bord du bateau
00:20:39intercepté par Israël.
00:20:40La France a été en lien
00:20:41avec les auto-irrités
00:20:42israéliennes
00:20:43pour prévenir tout incident.
00:20:44On voit la grande inquiétude.
00:20:46Il a rajouté,
00:20:46notre consulat
00:20:47a demandé
00:20:48à pouvoir leur rendre visite
00:20:49dès lors qu'ils auront
00:20:50rejoint le port d'Asdod
00:20:52en vue de s'assurer
00:20:53de leur situation
00:20:53et de faciliter
00:20:54leur retour rapide
00:20:55en France.
00:20:56L'Elysée
00:20:57a également tout de suite
00:20:58communiqué.
00:20:59Emmanuel Macron
00:20:59a demandé
00:21:00de permettre
00:21:01le retour
00:21:01de nos six ressortissants français
00:21:03dans les plus brefs délais.
00:21:04Vous voyez,
00:21:05les plus brefs délais,
00:21:06mais quel ton martial
00:21:07et quelle détermination.
00:21:09Alors,
00:21:10rappelons que l'écrivain,
00:21:11Boalem Sansa,
00:21:12l'octogénaire,
00:21:13malade,
00:21:14franco-algérien,
00:21:16donc,
00:21:16a été arrêté
00:21:17mi-novembre
00:21:18et est toujours détenu
00:21:19dans les geôles algériennes.
00:21:21Son procès se tiendra
00:21:22le 24 juin prochain.
00:21:24Donc,
00:21:24on nous a expliqué longuement
00:21:25que la technique
00:21:26du bras de fer
00:21:27ne fonctionnait pas.
00:21:28alors,
00:21:29on a décidé
00:21:29de prendre la technique
00:21:30du bras
00:21:30de ne rien faire.
00:21:32Ça ne fonctionne pas plus.
00:21:34Donc,
00:21:35on attend encore,
00:21:36vous savez,
00:21:36cette fameuse riposte graduée.
00:21:38Ça,
00:21:38c'était la grande arlésienne
00:21:41et le monstre du Loch Ness
00:21:42à la fois.
00:21:43Il ne s'est rien passé,
00:21:43on ne les a pas vus.
00:21:45Et Emmanuel Macron,
00:21:46il a réitéré fin mars,
00:21:48les mots sont quand même,
00:21:50sa confiance
00:21:50dans la clairvoyance
00:21:52du président Tebboune.
00:21:53Vous voyez,
00:21:53la clairvoyance.
00:21:54Et il l'a appelé
00:21:55un geste de clémence
00:21:56et d'humanité
00:21:57parce que cet homme
00:21:57est sûrement
00:21:58un homme de clémence
00:21:59et d'humanité.
00:22:01Jean-Noël Barraud,
00:22:02lui,
00:22:02il s'est déplacé
00:22:03en Algérie.
00:22:04Nous, naïvement,
00:22:05on pensait qu'il allait
00:22:05revenir avec Boilem Sansal.
00:22:07Eh bien,
00:22:07pas du tout.
00:22:08Il n'est venu
00:22:09avec personne du tout.
00:22:10Il a juste souhaité
00:22:10que Boilem Sansal
00:22:11soit libéré.
00:22:12Il l'a expliqué
00:22:13à la fin de son communiqué.
00:22:14Et depuis,
00:22:14il ne s'est rien passé.
00:22:15Alors,
00:22:16on peut comparer
00:22:17avec le traitement
00:22:18de la Suède
00:22:18à l'endroit
00:22:19de Greta Thunberg,
00:22:20qui faisait partie
00:22:20de l'aventure.
00:22:22Alors,
00:22:22la Suède,
00:22:22elle a fait
00:22:23beaucoup moins
00:22:23de sentiments.
00:22:24Le gouvernement suédois
00:22:25a expliqué
00:22:26qu'il avait mis en garde,
00:22:27comme un certain nombre
00:22:28de voyageurs,
00:22:29comme le ministère
00:22:30des Affaires étrangères
00:22:31de chaque pays le fait,
00:22:32mis en garde
00:22:33Greta Thunberg
00:22:34contre ce déplacement.
00:22:35Il avait dit
00:22:36que c'était dangereux.
00:22:37Donc,
00:22:37il dit aujourd'hui
00:22:38qu'elle se débrouille.
00:22:40Elle l'a décidé.
00:22:41Eh bien,
00:22:42on s'en lave les mains.
00:22:44Actuellement,
00:22:45Greta Thunberg,
00:22:46alors,
00:22:46j'allais dire,
00:22:47elle est dans un avion.
00:22:48Je ne suis pas sûre
00:22:48parce qu'elle a peut-être
00:22:49atterri.
00:22:49Mais elle est repartie
00:22:51en Suède.
00:22:51Elle est passée
00:22:52via Paris.
00:22:54Elle a même fait
00:22:54une déclaration
00:22:55à l'aéroport.
00:22:55Mais enfin,
00:22:56pour une grande écologiste
00:22:57comme elle,
00:22:57c'est un peu curieux
00:22:58sur le plan du bilan carbone.
00:22:59Mais ça ne nous regarde pas.
00:23:01Est-ce qu'on peut
00:23:02comparer
00:23:03Rima Hassan
00:23:04à Boilem Sansal ?
00:23:05Non,
00:23:06en fait,
00:23:06non.
00:23:06C'est vrai que
00:23:07tout oppose
00:23:08Boilem Sansal
00:23:09et Rima Hassan.
00:23:10Et d'abord,
00:23:10leur statut
00:23:11parce que Rima Hassan
00:23:12n'est qu'une otage
00:23:13en chocolat
00:23:14comme les petits pains
00:23:15qui leur ont été offerts
00:23:17par l'armée israélienne
00:23:19consciente
00:23:20qu'il y avait
00:23:20une guerre d'images
00:23:21et qu'ils devaient
00:23:22les soigner.
00:23:23C'est pour ça du reste
00:23:24qu'elle ne risque
00:23:25pas grand-chose.
00:23:28Parce que le principe
00:23:28d'un otage,
00:23:29mais pardon,
00:23:30c'est quand même
00:23:30un peu curieux,
00:23:31la France insoumise
00:23:32devrait se déplacer
00:23:33avec un dictionnaire.
00:23:34Le principe d'un otage,
00:23:34c'est qu'il est retenu
00:23:36prisonnier.
00:23:37En fait,
00:23:37c'est même
00:23:38la laissance mène.
00:23:40Or,
00:23:40le ministre des Affaires étrangères
00:23:41nous explique
00:23:41que deux d'entre eux
00:23:42ont accepté
00:23:43de signer les papiers
00:23:44les expulsants
00:23:45du territoire asraélien
00:23:46et leur permettant
00:23:47de rentrer dans notre pays.
00:23:48Quatre l'ont refusé.
00:23:49Les concerner
00:23:50pour être expulsés
00:23:51de force.
00:23:52Alors,
00:23:52on peut ne pas être d'accord
00:23:53avec les méthodes israéliennes,
00:23:55mais il faut quand même
00:23:55convenir de changer de mot.
00:23:57Parce qu'un otage
00:23:58qui ne veut pas partir,
00:23:59c'est une antithèse.
00:24:01Voilà.
00:24:02Et l'autre différence,
00:24:04c'est que Boalem Sansal
00:24:05aime la France
00:24:06et que Rima Hassan
00:24:07la déteste.
00:24:08Vous voyez,
00:24:09c'est vraiment
00:24:10Oresco référence,
00:24:11comme le pied noir
00:24:11Albert Camus,
00:24:12il pourrait crier
00:24:13« Ma patrie,
00:24:14c'est la langue française ».
00:24:15Il a publié avant son arrestation
00:24:17un essai intitulé
00:24:18« Le français,
00:24:19parlons-en ».
00:24:20Et dans ce livre,
00:24:21il parle de notre langue,
00:24:23comme on dit
00:24:23Notre-Dame.
00:24:24Il dit à la France
00:24:25« Mais qu'as-tu fait
00:24:25de ta langue ? »
00:24:26Comme Jean-Paul II
00:24:27pouvait dire
00:24:27« Qu'as-tu fait
00:24:28de ton baptême ? »
00:24:30Il juge que la France
00:24:31dilapide son héritage.
00:24:33Il évoque l'Algérie,
00:24:35dont la rancœur
00:24:35contre la France
00:24:36semble être
00:24:36un carburant inépuisable.
00:24:39Et pour lui,
00:24:39alors c'est sûr
00:24:40que c'est assez iconoclaste,
00:24:41si la France
00:24:41est rendue coupable
00:24:42de quelque chose,
00:24:43c'est d'avoir
00:24:43trop aimé l'Algérie.
00:24:45C'est sûr,
00:24:46ce n'est pas trop
00:24:46le discours officiel.
00:24:48Et il met en garde
00:24:49la France
00:24:49contre sa naïveté,
00:24:51contre les grands malheurs
00:24:51qui la guettent.
00:24:52Et vous savez,
00:24:53on met en garde
00:24:53que ce que l'on aime,
00:24:55les gens ou les pays
00:24:56que l'on aime.
00:24:57Donc,
00:24:57Boalem Sansa,
00:24:58elle aime profondément
00:24:59la France.
00:25:00Et on ne va pas se mentir,
00:25:01c'est sans doute
00:25:02le principal péché
00:25:03qu'il a commis
00:25:04aux yeux de l'Algérie.
00:25:06Et vous pensez
00:25:06qu'on peut quand même dire
00:25:08que Rima Hassan,
00:25:10députée européenne,
00:25:11déteste la France ?
00:25:12Ah mais c'est très clair.
00:25:13Alors ça,
00:25:14ça ne fait pas d'ambiguïté.
00:25:16En mai dernier,
00:25:17sur X,
00:25:17elle écrivait
00:25:18« Il est temps que la France
00:25:19rende tout ce qu'elle doit
00:25:20à l'Algérie ».
00:25:21Le 8 mai,
00:25:22jour de la victoire,
00:25:23donc l'an dernier,
00:25:24elle postait déjà
00:25:25« Ce que fait Israël
00:25:26à la Palestine
00:25:27n'est pas très différent
00:25:29de ce que la France
00:25:30faisait à l'Algérie ».
00:25:31On sait dans quelle estime
00:25:32elle tient Israël.
00:25:32On imagine
00:25:33dans quel esprit
00:25:34de ce fait
00:25:35elle tient la France.
00:25:36Sur son compte X,
00:25:37le 12 juillet dernier,
00:25:38elle écrivait
00:25:39« Pour le coloniser,
00:25:40la vie ne peut surgir
00:25:41que du cadavre
00:25:42en décomposition du colon ».
00:25:44Alors elle s'est défendue,
00:25:45elle a dit « C'est une citation
00:25:45littéraire,
00:25:46c'est de Frantz Fanon ».
00:25:47Alors c'est sûr,
00:25:47Frantz Fanon,
00:25:48c'est lui qui avait écrit
00:25:49dans la préface
00:25:50d'un livre fameux
00:25:51de Jean-Paul Sartre
00:25:51s'agissant de la guerre d'Algérie
00:25:53« Il faut tuer,
00:25:55il faut abattre les Européens,
00:25:56les tuer,
00:25:57c'est faire d'une pierre deux coups,
00:25:58supprimer un oppresseur
00:25:59et un opprimé ».
00:26:01Et lors de sa visite en Algérie,
00:26:02c'est toujours très intéressant
00:26:03d'aller voir
00:26:04les petits médias locaux,
00:26:07les petits entretiens,
00:26:08parce que c'est souvent là
00:26:09que la pensée profonde
00:26:10se développe.
00:26:11Boulevard, Voltaire,
00:26:11c'est très bien en général.
00:26:13Oui, on aime bien faire
00:26:14un peu de spéléologie,
00:26:15comme ça,
00:26:15de défendre dans le fond
00:26:16des petits entretiens.
00:26:18Lors de sa visite en Algérie,
00:26:20elle avait accordé
00:26:21un entretien à un média
00:26:23qui s'appelait Joe Radio,
00:26:24un média algérien.
00:26:26Elle a dit que l'Algérie
00:26:28était son deuxième pays
00:26:30vu qu'elle n'avait pas encore
00:26:31la possibilité d'aller
00:26:32chez elle en Palestine.
00:26:33Moi, j'ai quand même été
00:26:34très surprise,
00:26:35parce que pour moi,
00:26:36elle était française
00:26:36depuis ses 18 ans.
00:26:37De la France,
00:26:38elle n'en a nullement parlé
00:26:40et tout l'entretien
00:26:41est extrêmement instructif.
00:26:43Donc, le journaliste du reste
00:26:44commence ainsi,
00:26:46pour la présenter.
00:26:47Rima Hassan est dans le pays
00:26:49des révolutionnaires
00:26:50et de la liberté,
00:26:51un pays où elle ne peut pas
00:26:53passer la plupart de son temps
00:26:54à se justifier
00:26:55face à des journalistes
00:26:56qui l'obligent
00:26:57à condamner le Hamas.
00:26:58C'est vrai que des gens
00:26:59qui veulent que vous condamniez
00:27:01le Hamas,
00:27:01c'est extrêmement pénible,
00:27:02c'est vraiment des chiens
00:27:03de journalistes.
00:27:05Donc, Rima Hassan
00:27:06l'écoute en souriant.
00:27:07Dans cet entretien,
00:27:09elle explique que sa mère,
00:27:11en divorçant,
00:27:12a divorcé ses réfugiés
00:27:13en France,
00:27:14qu'elle a fait venir
00:27:14ses six enfants,
00:27:16donc Rima Hassan
00:27:16et ses cinq frères,
00:27:17qu'elle a tenu
00:27:18à bien les scolariser
00:27:20pour les sauver.
00:27:21C'est le mot
00:27:21qu'emploie Rima Hassan.
00:27:22Donc, on voit
00:27:23que c'est l'école
00:27:23et l'université
00:27:25qui ont sauvé.
00:27:26Ce sont ces mots
00:27:27Rima Hassan
00:27:28pour lui aboutir
00:27:30au poste prestigieux
00:27:31dans lequel elle se trouve.
00:27:33Mais croyez-vous
00:27:33que pour autant,
00:27:34elle défendrait la France ?
00:27:35Eh bien, pas du tout.
00:27:36Elle explique
00:27:37dans ce même entretien
00:27:38que la France
00:27:38est un pays
00:27:39dans lequel le racisme
00:27:40est structurel
00:27:41et ce racisme structurel
00:27:43est lié au cancer
00:27:43de la colonisation
00:27:45et en particulier
00:27:46dans la police française.
00:27:50Donc, si l'on résume,
00:27:52Rima Hassan déteste la France.
00:27:53Elle a même refusé
00:27:54de signer au Parlement européen
00:27:57la résolution
00:27:58demandant la libération
00:27:59de Boilem Sansal
00:28:00et c'est à son secours
00:28:02que Jean-Noël Barraud
00:28:03et Emmanuel Macron volent.
00:28:06Et vous savez,
00:28:06nos agriculteurs ont bien raison.
00:28:08Nous marchons vraiment
00:28:09sur la tête.
00:28:11C'est important de faire ce zoom
00:28:15sur cette partie de l'actualité
00:28:17avec vous, Gabriel.
00:28:18Elle en revient à l'actualité
00:28:19principale du jour
00:28:20avec vous, Marc Menon,
00:28:22Mélanie, 31 ans.
00:28:23Je disais que ce matin,
00:28:25certainement,
00:28:27elle a embrassé son enfant
00:28:28de 4 ans
00:28:29pour lui dire à ce soir.
00:28:31On peut imaginer la scène.
00:28:35On a quelques témoignages
00:28:37en particulier
00:28:38de la sœur
00:28:40de son compagnon.
00:28:42Elle était paxée
00:28:43et cette femme
00:28:44s'est adressée
00:28:46à ceux
00:28:47qui lui demandaient
00:28:48qui était Mélanie
00:28:50en disant
00:28:51« C'est une boule solaire.
00:28:54C'était une femme
00:28:54d'un dynamisme incroyable.
00:28:57Elle était joyeuse.
00:28:58Elle faisait en sorte
00:28:59qu'autour d'elle,
00:29:00les sourires fleurissent. »
00:29:03Et pour autant,
00:29:04la vie n'avait pas été
00:29:05spécialement
00:29:06heureuse
00:29:07vis-à-vis d'elle
00:29:08puisqu'elle était rongée
00:29:10par une maladie,
00:29:11la maladie de Crohn.
00:29:12La maladie de Crohn,
00:29:13c'est difficile à supporter,
00:29:15ça concerne l'estomac,
00:29:18vous n'avez plus
00:29:19véritablement de force
00:29:20et elle était coiffeuse,
00:29:22ce qui l'oblige
00:29:23à un moment donné
00:29:24de se dire
00:29:24« Il faut que je change
00:29:26de direction. »
00:29:28Et dans cette force vitale
00:29:30qu'il apporte,
00:29:31dans ce désir
00:29:32de donner aux autres
00:29:34de leur insuffler
00:29:37le goût
00:29:38de l'existence,
00:29:39elle dit
00:29:40« Je vais me tourner
00:29:40vers l'enseignement. »
00:29:42Alors,
00:29:42elle n'a pas la formation
00:29:43pour être institutrice.
00:29:45Néanmoins,
00:29:46elle trouve l'opportunité
00:29:47de devenir
00:29:48« Surveillante pionne »
00:29:50comme on disait
00:29:51à une époque.
00:29:53Et la voilà,
00:29:55il y a presque
00:29:56deux ans maintenant,
00:29:57qui entre
00:29:58dans cet établissement
00:30:00qui est un établissement
00:30:01où on est loin
00:30:03des soucis
00:30:04que connaissent
00:30:05les enseignants
00:30:06en général.
00:30:07C'était un établissement
00:30:08où il n'y a que
00:30:09300 élèves,
00:30:10un collège,
00:30:11dans une ville
00:30:11qui apparemment
00:30:12n'est pas trop
00:30:14déstructurée
00:30:15par les luttes
00:30:17multiculturelles.
00:30:19Et c'était
00:30:19un établissement
00:30:20qui s'appelle
00:30:21Françoise Dolto.
00:30:24Françoise Dolto.
00:30:26Ah,
00:30:26je suis certain
00:30:27que Mathieu
00:30:27ne l'aime pas trop,
00:30:29Françoise Dolto.
00:30:30Et pourtant,
00:30:30moi,
00:30:31ma façon,
00:30:31je l'ai louée.
00:30:32C'est une femme
00:30:33qui estimait
00:30:34que la sévérité
00:30:35pour les enfants,
00:30:37c'était quelque chose
00:30:38d'intolérable.
00:30:39Il faut savoir
00:30:40écouter un petit,
00:30:42savoir s'ouvrir à lui.
00:30:43C'est comme cela
00:30:44que l'on aura
00:30:45la meilleure éducation.
00:30:47D'où la dérive
00:30:48à ce que dit Mathieu.
00:30:50Et,
00:30:51pour d'autres,
00:30:52une façon
00:30:52d'envisager
00:30:54une scolarité
00:30:54dans le dynamisme,
00:30:56dans le désir
00:30:57d'un échange
00:30:58entre l'adulte
00:31:00et l'enfant.
00:31:01Et la voilà
00:31:01dans cet établissement.
00:31:03Sans doute
00:31:03qu'elle connaît
00:31:05cette dynamique
00:31:07de la pensée
00:31:08de Françoise Dolto.
00:31:10Ce matin,
00:31:11comme tous les matins,
00:31:13elle a son petit bonhomme.
00:31:15Il a quatre ans.
00:31:17Ici,
00:31:18autour de la table,
00:31:19on a tous vécu
00:31:20cette scène.
00:31:21Quand vous avez
00:31:22un petit haut,
00:31:24il vient,
00:31:25il est dans vos jambes,
00:31:26vous lui donnez
00:31:26le petit déjeuner.
00:31:28Et puis,
00:31:29c'est l'instant
00:31:30de la séparation.
00:31:32On s'embrasse,
00:31:32tu vas être sage.
00:31:34Et ce soir,
00:31:34maman sera là.
00:31:36Un énorme baiser,
00:31:38encore un petit câlin.
00:31:40Allez,
00:31:41on se laisse aller
00:31:41à l'effusion.
00:31:43Et puis,
00:31:44il faut partir.
00:31:46Elle est guillrette,
00:31:47je vous l'ai dit.
00:31:48Elle aime sa profession.
00:31:50Elle est là
00:31:50dans la conviction
00:31:52d'apporter
00:31:52à ses gamins,
00:31:54de leur permettre
00:31:55de croire
00:31:56en l'avenir
00:31:56dans un monde
00:31:57où la noirceur
00:31:58ne cesse
00:31:59de nous happer.
00:32:01Cette noirceur
00:32:02qui ronge
00:32:03nos âmes,
00:32:04qui ronge
00:32:04nos cœurs.
00:32:06Alors,
00:32:07elle,
00:32:07elle est dans
00:32:08l'intention.
00:32:11Elle a été avertie
00:32:12qu'il y aurait
00:32:12une vérification
00:32:15des sacs
00:32:17ce matin.
00:32:18C'était prévu
00:32:19par l'établissement.
00:32:20Elle se présente,
00:32:21les gendarmes
00:32:22sont déjà là.
00:32:24elle regarde
00:32:26ce qui se passe,
00:32:28les enfants,
00:32:28les uns derrière
00:32:29les autres,
00:32:30se prête
00:32:31à cette inspection.
00:32:34Et puis,
00:32:35il y a ce petit
00:32:36gamin,
00:32:37il a 14 ans.
00:32:39Oh,
00:32:39elle le connaît.
00:32:41C'est à la fois
00:32:43un référent
00:32:43parce que
00:32:44il est
00:32:45parmi ceux
00:32:46qui font attention
00:32:47au harcèlement
00:32:48sur les réseaux sociaux.
00:32:50Il est devenu
00:32:52l'un de ceux
00:32:54qui dénoncent
00:32:55et font en sorte
00:32:56que l'on soit
00:32:57dans le respect
00:32:59de son petit
00:33:00co-religionnaire.
00:33:02Mais ce gamin,
00:33:02bon,
00:33:02allez,
00:33:03ça arrive à tout le monde
00:33:04au mois de novembre.
00:33:06Par deux fois,
00:33:07il a provoqué
00:33:07des chahuts
00:33:08qui étaient suffisamment
00:33:09déstabilisants
00:33:10pour qu'il soit mis
00:33:11deux fois
00:33:12à la porte
00:33:12de l'école.
00:33:13Mais depuis,
00:33:14allez,
00:33:15il a regagné
00:33:16la bienséance.
00:33:18On ne fait pas
00:33:18attention à lui.
00:33:20c'est plutôt
00:33:20un bon bougre.
00:33:22Elle remarque
00:33:24peut-être,
00:33:25mais il y a
00:33:26un de ses copains
00:33:27qui le voit
00:33:28aller et venir.
00:33:30Il est étonné,
00:33:31il paraît quand même
00:33:32relativement agité.
00:33:36Elle tourne le dos
00:33:37et soudain,
00:33:40cet adolescent
00:33:41ou pré-adolescent
00:33:43se jette sur elle
00:33:45et la poignarde,
00:33:47elle s'effondre.
00:33:49Les secours,
00:33:50forcément,
00:33:50les gendarmes
00:33:51sont là.
00:33:51Très rapidement,
00:33:52tout s'organise.
00:33:53Elle sera même
00:33:53évacuée un peu plus tard
00:33:55par hélicoptère.
00:33:58Malheureusement,
00:33:59elle ne reverra pas
00:34:01son petit,
00:34:02son sourire,
00:34:04n'égayera plus
00:34:05tout ce qu'elle avait
00:34:07au quotidien
00:34:08à ses côtés.
00:34:09Il restera une image,
00:34:12celle du mois de mars,
00:34:14le carnaval.
00:34:15et fidèle à ce désir
00:34:19de faire en sorte
00:34:20que les enfants
00:34:21soient rayonnants,
00:34:23elle s'était habillée
00:34:25en cornets de glace.
00:34:27Et cette photo,
00:34:29elle l'a diffusée
00:34:30sur les réseaux sociaux.
00:34:31C'est l'image sans doute
00:34:33que garderont
00:34:35ceux qui l'ont connue
00:34:36dans l'intimité,
00:34:38ceux qui la découvrent
00:34:39aujourd'hui,
00:34:41une enseignante
00:34:42qui rêvait de devenir
00:34:44celle qui assiste
00:34:46les enfants handicapés.
00:34:48C'était son nouveau rêve,
00:34:50mais restée auprès
00:34:51de ceux qui ont besoin
00:34:53des adultes.
00:34:53C'est cette femme
00:34:55que nous s'allumons
00:34:56aujourd'hui
00:34:56et qui a été fauchée
00:34:58par l'horreur.
00:35:03Charlotte,
00:35:03comment comprendre
00:35:04ce qui arrive ?
00:35:07On voit depuis ce matin
00:35:07que certains essayent,
00:35:09mais que personne
00:35:10ne pourra se contenter
00:35:11en effet d'une énième promesse.
00:35:12On a vu les ministres
00:35:14défiler les uns
00:35:14après les autres.
00:35:16Une énième promesse
00:35:17de plus de gendarmes,
00:35:18ils étaient là les gendarmes,
00:35:19ou de portiques
00:35:20ou de fouilles de sacs.
00:35:21C'est arrivé pendant
00:35:22précisément
00:35:23la fouille des sacs
00:35:24des élèves.
00:35:25Par ailleurs,
00:35:26François Bayrou
00:35:27a parlé d'une dérive
00:35:28de la société
00:35:29pour expliquer
00:35:30ce qui est arrivé.
00:35:31Bruno Retailleau
00:35:32a expliqué
00:35:33que nous avions
00:35:34déconstruit
00:35:34tous les repères.
00:35:36On ne corrigera pas
00:35:37une dérive de la société
00:35:38avec des portiques
00:35:38à l'entrée des écoles.
00:35:39Il faut être sérieux
00:35:41au moment, évidemment,
00:35:42de décrire
00:35:43ce que nous pourrions faire
00:35:44et le chemin
00:35:44va être extrêmement long.
00:35:46Extrêmement long
00:35:47et en plus,
00:35:47il n'est pas évident
00:35:48de trouver le début
00:35:50du chemin.
00:35:51Cette fois-ci,
00:35:52il y a certains
00:35:53hommes politiques
00:35:53apparemment à qui
00:35:54ça a échappé.
00:35:55La sécurité
00:35:56n'est donc pas en jeu
00:35:57puisque, en l'occurrence,
00:35:59les gendarmes
00:35:59étaient présents
00:36:00et cet enfant
00:36:01n'était pas connu
00:36:02des forces de l'ordre.
00:36:04La justice non plus.
00:36:05Il était évidemment
00:36:06inconnu des services de police,
00:36:07donc de justice.
00:36:09Il avait, en effet,
00:36:10été renvoyé deux fois
00:36:11de son collège
00:36:12pour perturbation
00:36:13de la classe
00:36:13et le collège
00:36:14lui-même
00:36:15explique que
00:36:16depuis novembre
00:36:16tout allait bien
00:36:17et plusieurs de ses camarades
00:36:18ont expliqué
00:36:19leur sidération
00:36:20devant ce profil-là.
00:36:23Il était également,
00:36:23et Marc l'a dit,
00:36:24référent contre
00:36:24le harcèlement scolaire.
00:36:25Est-ce qu'il avait été
00:36:26lui-même concerné
00:36:28d'un côté ou de l'autre
00:36:28de ce harcèlement ?
00:36:30Ça ne va pas.
00:36:30Le procureur nous en dira plus.
00:36:31C'est une hypothèse
00:36:32comme il y en a d'autres,
00:36:33évidemment,
00:36:34sur le cas de Quentin
00:36:35puisque c'est son prénom,
00:36:37le cas de ce Quentin
00:36:39dont on apprendra
00:36:40probablement plus de choses.
00:36:42Mais la question,
00:36:42en effet,
00:36:43et je reprends
00:36:43le mot d'Emmanuel Macron
00:36:44qui décidément
00:36:45a des analyses contradictoires
00:36:47d'un jour à l'autre
00:36:48est celle d'un déferlement
00:36:49de violence
00:36:50qui concerne très régulièrement
00:36:52des mineurs
00:36:53des deux côtés des couteaux.
00:36:55Les mineurs sont extrêmement
00:36:56concernés par l'augmentation
00:36:57de la violence
00:36:58et leurs premières victimes
00:36:59sont d'autres mineurs.
00:37:01Et quand ça n'est pas,
00:37:02en effet,
00:37:03une mère qui pleure son enfant
00:37:04comme on l'a vu
00:37:04ces derniers jours,
00:37:05c'est un enfant
00:37:06qui va pleurer sa mère.
00:37:07Donc même si ça arrivait
00:37:08une seule fois,
00:37:10les mots du président
00:37:10de la République samedi soir
00:37:11sont intolérables,
00:37:13en fait,
00:37:13même sur une seule histoire.
00:37:15C'est impossible
00:37:16de le qualifier comme ça.
00:37:19Et Emmanuel Macron,
00:37:20au-delà de son anglicisme
00:37:21grotesque,
00:37:22est d'une inconséquence
00:37:24terrifiante.
00:37:24Franchement,
00:37:25je choisis le mot,
00:37:26il est d'une inconséquence
00:37:27terrifiante.
00:37:28Hier,
00:37:29il nous explique
00:37:29que nous serions passionnés
00:37:30par ce qui ne va pas.
00:37:32Il nous reproche
00:37:32de nous attarder
00:37:33sur ce qui ne va pas
00:37:34en permanence.
00:37:35Aujourd'hui,
00:37:35il eut ce terme
00:37:36déferlement de violence.
00:37:38Si c'est un déferlement
00:37:40de violence
00:37:40et que les mots
00:37:41ont un sens,
00:37:41alors les gens obsédés
00:37:44par le fait
00:37:44de trouver une réponse
00:37:45à ce déferlement
00:37:46de violence
00:37:46sont évidemment
00:37:48les plus sages
00:37:48aujourd'hui dans la société
00:37:49et non pas des gens
00:37:51qui font du lavage
00:37:52de cerveau
00:37:52pour inquiéter
00:37:54les Français.
00:37:55Alors évidemment,
00:37:56ce nouveau drame,
00:37:56en attendant d'en savoir plus
00:37:58sur ce jeune garçon,
00:38:00soulève instantanément
00:38:01deux questions évidentes
00:38:02et je le disais tout à l'heure,
00:38:03nous ne sommes plus sidérés.
00:38:04Ces questions,
00:38:05elles viennent très naturellement
00:38:06à notre esprit
00:38:07en raison de la répétition.
00:38:09c'est que un,
00:38:11c'est évidemment
00:38:12le sujet du recours
00:38:13au couteau
00:38:14et non pas celui
00:38:14du couteau lui-même,
00:38:16c'est du recours
00:38:16au couteau
00:38:17pour aller frapper
00:38:18son voisin
00:38:19connu ou inconnu
00:38:20et la deuxième chose,
00:38:21c'est notre responsabilité
00:38:23et contrairement
00:38:24à Françoise Delto,
00:38:25parce que j'ai vu en effet
00:38:26le nom de cet établissement
00:38:28et je n'ai pas pu m'empêcher
00:38:29d'avoir une pensée pour ça,
00:38:30les mineurs
00:38:31dans une société
00:38:31sont évidemment
00:38:33le résultat
00:38:33de ce qu'en font
00:38:34les adultes.
00:38:36Non,
00:38:36les mineurs
00:38:36ne sont pas
00:38:37l'égalité des adultes,
00:38:38ils ne sont pas
00:38:38des analysants
00:38:39pour reprendre son terme
00:38:40au même niveau
00:38:41que les adultes,
00:38:43ils sont le produit
00:38:44de la société
00:38:44que nous mettons en place.
00:38:46Il faudrait que ce soit clair
00:38:47pour tout le monde
00:38:47pour commencer
00:38:48à avoir le début
00:38:49d'une réponse adaptée.
00:38:52Justement,
00:38:52vous le disiez,
00:38:53vous évoquez
00:38:53le sujet du couteau,
00:38:54est-ce que c'est vraiment ça
00:38:55le sujet du couteau ?
00:38:57Nous avons tous
00:38:58des couteaux
00:38:58à portée de main
00:38:59à la maison
00:39:00sans être pour autant
00:39:01un danger pour la société.
00:39:03On se cache derrière
00:39:03les couteaux ?
00:39:04Évidemment,
00:39:05et là encore,
00:39:06par pitié,
00:39:07qu'on ne ressorte pas
00:39:08la volonté
00:39:08d'interdire les couteaux
00:39:09parce que,
00:39:11un,
00:39:11évidemment,
00:39:12ce n'est pas le sujet
00:39:12du couteau.
00:39:13J'ai 15 couteaux
00:39:14à la maison,
00:39:14je suis passionnée
00:39:14de cuisine
00:39:15et je n'ai jamais pensé
00:39:16à le sortir
00:39:17pour aller à l'école,
00:39:18évidemment,
00:39:19mais même pour aller
00:39:20prendre le métro.
00:39:21Par ailleurs,
00:39:21je précise à toute fin utile
00:39:23à toute la classe politique
00:39:24qu'ils sont déjà interdits
00:39:25les couteaux dans cette situation.
00:39:26Il y a absolument...
00:39:28Vous savez,
00:39:28dans la société,
00:39:28on peut,
00:39:29à certains endroits,
00:39:30avoir un couteau sur soi
00:39:31si on est capable
00:39:31de le justifier à l'école.
00:39:33C'est injustifiable,
00:39:34ça n'est jamais permis.
00:39:35En l'occurrence,
00:39:36ça arrive régulièrement
00:39:37et ça n'est jamais puni
00:39:38comme le prévoit
00:39:39le code pénal
00:39:39que nous avons déjà.
00:39:41Donc,
00:39:41on ne ressorte pas
00:39:42une énième interdiction
00:39:43d'alinéa
00:39:44dans le code pénal.
00:39:46Ensuite,
00:39:47la France a longtemps
00:39:48été un pays
00:39:48extrêmement rural
00:39:49dans lequel
00:39:50l'intégralité de la population
00:39:51avait un couteau dans sa poche.
00:39:53Peut-être même
00:39:53pour aller à l'école
00:39:54et nous n'avions pas
00:39:55ce problème-là.
00:39:56Donc,
00:39:56on arrête de nous expliquer
00:39:57que le problème,
00:39:58c'est le couteau.
00:39:58Je connais plein de gens
00:40:01de besoins quotidiens
00:40:03et qui jamais
00:40:04ne succomberaient
00:40:05à cette tentation.
00:40:08Ce recours-là
00:40:08au couteau
00:40:09que l'on voit
00:40:10de plus en plus
00:40:11à la machette,
00:40:12à la hachette
00:40:13et on l'a vu
00:40:13dans le cas d'Elias,
00:40:15existe évidemment
00:40:16dans certaines cultures.
00:40:17Mathieu nous en a parlé
00:40:17tout à l'heure.
00:40:18C'est absolument indiscutable
00:40:20et si je choisis
00:40:21le mot indiscutable,
00:40:22c'est que tout le monde
00:40:23le sait.
00:40:24Quand l'AFP
00:40:25sait
00:40:26que c'est une machette
00:40:28qui a servi
00:40:28à tuer Elias
00:40:29et qu'elle choisit
00:40:29de mettre le mot couteau
00:40:30à la place,
00:40:31elle a une très bonne
00:40:32raison de le faire,
00:40:33c'est que la machette
00:40:33renvoie évidemment
00:40:35à un univers culturel
00:40:36qui n'est pas
00:40:37initialement français.
00:40:38Mais ce qu'on voit aussi,
00:40:40c'est une démocratisation
00:40:41du recours au couteau
00:40:42pour régler
00:40:42ces problèmes
00:40:44ici et là.
00:40:45Il suffit de faire le test.
00:40:46Vous tapez couteau
00:40:47dans votre moteur de recherche,
00:40:48je l'ai fait
00:40:49en 24 heures seulement,
00:40:50Haute-Marne,
00:40:51Montpellier,
00:40:51Cantal,
00:40:52Châtellerault,
00:40:52Montélimar,
00:40:53Étreux,
00:40:54Dax,
00:40:54Alès,
00:40:54on découvre même
00:40:55le nom de toute petite ville
00:40:57voire de village
00:40:57dans lequel certains
00:40:59ont réglé leurs problèmes
00:41:00avec des couteaux.
00:41:01Pourquoi est-ce que
00:41:02le sujet
00:41:02de l'immigration
00:41:04s'invite aussi
00:41:05dans ce débat ?
00:41:05Pourquoi est-ce qu'il est important ?
00:41:07Parce que je vais prendre
00:41:08l'exemple des hommes.
00:41:09Quand il s'agit de traiter
00:41:10la question
00:41:11des femmes
00:41:12qui sont tuées
00:41:13par leur conjoint
00:41:13ou leur ex-conjoint,
00:41:15on n'a pas de problème
00:41:16à dire qu'il y a
00:41:16une majorité d'hommes
00:41:17qui sont concernés.
00:41:18Quand on traite
00:41:19la question du viol,
00:41:20on n'a pas de problème
00:41:21à dire que les hommes
00:41:22sont majoritairement concernés.
00:41:24Quand on rentre
00:41:24dans une prison,
00:41:25on n'a pas de problème
00:41:25à dire que les hommes
00:41:26sont majoritairement concernés.
00:41:27Donc on se pose une question.
00:41:29Le rapport à la violence
00:41:30n'est pas le même
00:41:31chez l'homme
00:41:32et chez la femme.
00:41:33Donc ça construit
00:41:34une autre manière
00:41:35d'éduquer la pulsion
00:41:36par exemple violente
00:41:37chez les hommes.
00:41:38Mais on peut remarquer
00:41:39dans le même temps
00:41:39que les hommes
00:41:40sont aussi massivement
00:41:41ceux qui ont donné
00:41:43leur vie pour notre liberté,
00:41:44sont massivement ceux
00:41:45qui par exemple
00:41:46vont sauver
00:41:47au péril de leur vie
00:41:48des gens dans les feux.
00:41:50Et donc l'intérêt
00:41:51c'est d'étudier
00:41:52la différence
00:41:52entre l'homme
00:41:53qui cède
00:41:54à cette pulsion de violence
00:41:55et l'homme
00:41:56qui n'y cède pas.
00:41:56Qu'est-ce qui s'est passé
00:41:57dans l'éducation
00:41:58de différents ?
00:41:59Eh bien faisons la même chose
00:42:00avec l'immigration.
00:42:01Il n'est plus possible
00:42:02de citer l'immigration
00:42:03que lorsqu'elle est positive.
00:42:05L'intérêt de voir
00:42:06la surreprésentation étrangère
00:42:09c'est de comprendre
00:42:10comment faire
00:42:11pour que ça n'arrive plus
00:42:12évidemment.
00:42:13Et donc prenons l'exemple
00:42:14si on veut
00:42:15des personnes issues
00:42:16de l'immigration
00:42:17qui s'illustrent
00:42:19par leurs très bonnes actions
00:42:22et voyons la différence
00:42:23notamment dans l'éducation.
00:42:24entre les deux
00:42:25je pense qu'on aura
00:42:26beaucoup de choses
00:42:27à retenir.
00:42:28Et rien qu'à l'école
00:42:29on a eu
00:42:29567 conseils
00:42:31de discipline
00:42:31pour détention de couteaux
00:42:33entre le 26 mars
00:42:34et le 23 mai.
00:42:35En effet c'est désormais
00:42:36un vrai problème
00:42:37à l'école.
00:42:39Et c'est pour ça
00:42:39que le problème
00:42:40du couteau
00:42:42n'est pas le premier sujet
00:42:43évidemment
00:42:44de la même manière
00:42:46que la santé mentale
00:42:47c'est un peu
00:42:47l'autre versant
00:42:48du portique de sécurité.
00:42:49Je n'ai pas de problème
00:42:50à ce qu'on se pose
00:42:50la question de savoir
00:42:51comment repérer les couteaux
00:42:52une fois qu'ils sont là
00:42:53et maintenant qu'on a un problème
00:42:54la question de la santé mentale
00:42:55est évidemment importante
00:42:57pour traiter
00:42:58aujourd'hui
00:42:59les enfants
00:42:59qui ont un problème.
00:43:00Si on pouvait traiter
00:43:01en amont
00:43:02pour éviter d'avoir
00:43:03des enfants
00:43:03qui ont besoin
00:43:04d'aller chez le psy
00:43:05dans des proportions pareilles
00:43:06ce serait évidemment important.
00:43:08Le sujet
00:43:09chez les mineurs
00:43:10comme chez les majeurs
00:43:10c'est la déshumanisation
00:43:12totale
00:43:13des rapports humains.
00:43:14La déshumanisation
00:43:15du regard sur soi
00:43:17évidemment
00:43:17Marc l'a dit tout à l'heure
00:43:19c'est le site
00:43:19d'une société
00:43:21et surtout
00:43:22chez les plus jeunes
00:43:22qui sombre
00:43:23dans une dépression
00:43:24vraiment
00:43:26vraiment inquiétante
00:43:27vous le disiez tout à l'heure
00:43:28c'est la raison
00:43:29pour laquelle
00:43:29les hommes politiques
00:43:30seraient bien
00:43:30responsables
00:43:32de s'en préoccuper
00:43:33extrêmement rapidement.
00:43:36Vous évoquiez ensuite
00:43:38notre responsabilité
00:43:39collective
00:43:40Charlotte
00:43:40mais faut-il
00:43:41s'en vouloir
00:43:42sans cesse
00:43:43de ce auquel
00:43:44nous ne pouvons rien
00:43:45et qui nous brise
00:43:46le coeur
00:43:47chaque jour
00:43:48est-ce qu'on est
00:43:49tous responsables
00:43:51est-ce qu'on peut aller
00:43:52jusqu'à cette question
00:43:53et se dire
00:43:54qu'on est tous responsables ?
00:43:56Pas individuellement
00:43:57évidemment
00:43:57il y a par ailleurs
00:43:58des gens qui se sont battus
00:43:59toute leur vie
00:44:00à travers les générations
00:44:02pour éviter
00:44:02la désintégration
00:44:04des repères
00:44:04je reprends le mot
00:44:05de Bruno Retailleau
00:44:06collectivement
00:44:08nous le sommes
00:44:08pourquoi ?
00:44:09Ce n'est pas une question
00:44:10de culpabilisation
00:44:11c'est une question
00:44:11de lucidité
00:44:12je ne suis pas là
00:44:14pour culpabiliser les gens
00:44:15en disant
00:44:15un tel est responsable
00:44:17c'est qu'une telle violence
00:44:18encore une fois
00:44:19une telle violence
00:44:20enfantine et adolescente
00:44:21interroge évidemment
00:44:23le cadre dans lequel
00:44:24grandissent ces enfants
00:44:25il peut arriver
00:44:26que le mal surgisse
00:44:27même chez des enfants
00:44:28évidemment
00:44:29quand c'est dans
00:44:30de telles proportions
00:44:31avec des profils
00:44:32aussi fragilisés
00:44:33ça pose la question
00:44:34je cite à nouveau
00:44:35Marie-Estelle Dupont
00:44:36vous savez que j'aime bien
00:44:37citer sur ce sujet
00:44:38qui a énormément
00:44:38travaillé sur ce sujet
00:44:40elle dit
00:44:40si la nature humaine
00:44:41ne change pas
00:44:42et donc peut être
00:44:43évidemment
00:44:43sujette au mal
00:44:45les sociétés offrent
00:44:46en revanche
00:44:46ou non
00:44:47les cadres structurants
00:44:48qui évitent à la pulsion
00:44:49de mort de se décharger
00:44:50de manière brute
00:44:51il y a une responsabilité
00:44:53parentale
00:44:53c'est évident
00:44:54dans beaucoup de cas
00:44:55mais évidemment
00:44:56la responsabilité
00:44:56est plus large
00:44:57et je reprends l'exemple
00:44:58simplement
00:44:59de la période Covid
00:45:00pourquoi est-ce que
00:45:01beaucoup de psychologues
00:45:02ont alerté
00:45:02notamment chez les plus jeunes
00:45:04au moment
00:45:05de la période Covid
00:45:06parce que la cohérence
00:45:08du cadre
00:45:08dans lequel grandissent
00:45:09les enfants
00:45:10est nécessaire
00:45:11or c'était une période
00:45:12d'injonction paradoxale
00:45:13je cite encore
00:45:14d'injonction paradoxale
00:45:16d'un narratif constant
00:45:17de crise
00:45:18d'une privation
00:45:19d'interaction sociale
00:45:20de compétition saine
00:45:21qui ont entravé
00:45:22je cite
00:45:23la mise en place
00:45:24du sentiment
00:45:24d'être capable
00:45:25ni tout puissant
00:45:27ni impuissant
00:45:28résultat
00:45:29ces jeunes
00:45:30n'ont plus confiance
00:45:30ni en eux
00:45:31ni en l'autre
00:45:32ni en l'avenir
00:45:33et surtout pas
00:45:34dans les adultes
00:45:35le Covid
00:45:36la période du Covid
00:45:37et les choix
00:45:37que nous avons fait
00:45:38étaient un précipité
00:45:39notre problème
00:45:40est évidemment plus vaste
00:45:41la baisse de l'instruction
00:45:42génère une frustration
00:45:44intellectuelle
00:45:44nous n'arrivons pas
00:45:45à penser
00:45:46le narratif constant
00:45:47de crise
00:45:47génère une angoisse
00:45:49insécurisante
00:45:50absolue
00:45:51chez les enfants
00:45:51la jouissance
00:45:52sans entrave
00:45:53qui sert de modèle
00:45:53et individuel
00:45:54qui sert de modèle
00:45:55depuis 50 ans
00:45:56a généré
00:45:57chez tous
00:45:58une incapacité
00:45:58à tolérer
00:45:59la frustration
00:46:00et je note que
00:46:01c'est vrai chez les enfants
00:46:02mais c'est vrai chez les adultes
00:46:03nous en sommes quand même
00:46:04à vouloir posséder
00:46:05et la vie
00:46:06et la mort
00:46:07c'est clairement
00:46:08le site
00:46:08d'une société
00:46:09qui est incapable
00:46:11de la moindre frustration
00:46:12nous avons voulu
00:46:13confondre les générations
00:46:14perdre les appuis
00:46:15imaginaires
00:46:16et spirituels
00:46:17qui nous permettait
00:46:19de nous transcender
00:46:20et nous avons
00:46:21évidemment
00:46:22une société
00:46:23qui passe son temps
00:46:23à se demander
00:46:24pourquoi est-ce que
00:46:25ce qui était sacré
00:46:26ne l'est plus
00:46:27mais qu'avons-nous
00:46:28de sacré à offrir
00:46:29c'est-à-dire
00:46:29qui nous transcende
00:46:30et qui transcende
00:46:30même nos libertés
00:46:32individuelles
00:46:33je pense que
00:46:33cette question
00:46:34aiderait à trouver
00:46:35le début d'un chemin
00:46:36dans un instant
00:46:38on se posera la question
00:46:39au vu de
00:46:41cette violence
00:46:43comme on disait
00:46:44le président de la république
00:46:45déjà
00:46:45ce déferlement
00:46:47de violences insensées
00:46:48on se demandera avec vous
00:46:49est-ce qu'on est déjà
00:46:50en guerre civile
00:46:51on se posera la question
00:46:52d'abord on va recevoir
00:46:53notre invité
00:46:53Thibaut de Montbréal
00:46:55avocat président
00:46:56du centre de réflexion
00:46:57sur la sécurité intérieure
00:46:58il va entrer directement
00:47:00je vous prie
00:47:01de bien vouloir
00:47:02vous installer
00:47:02merci infiniment
00:47:03d'être notre invité
00:47:04aujourd'hui
00:47:05dans des circonstances
00:47:06plutôt dramatiques
00:47:08vous dites en général
00:47:09que la violence
00:47:10est consubstantielle
00:47:11à l'homme
00:47:12comme dit
00:47:12Mathieu Bocotet
00:47:13régulièrement
00:47:14et dans toute la société
00:47:15est-ce que ça veut dire
00:47:17selon vous
00:47:17Thibaut de Montbréal
00:47:18que nous sommes
00:47:19condamnés
00:47:21quoi qu'il en coûte
00:47:22quoi que l'on fasse
00:47:23à la violence
00:47:24je crois qu'il faut
00:47:25distinguer deux choses
00:47:26la première
00:47:27c'est que
00:47:28il y a
00:47:29une fraction
00:47:30qui sera
00:47:32impossible à supprimer
00:47:33de violence
00:47:35de délinquance
00:47:36dans toute société
00:47:37organisée
00:47:37toute la difficulté
00:47:39pour une société
00:47:40organisée
00:47:41pour un état
00:47:42politique
00:47:43structuré
00:47:43pour un état
00:47:44dont je rappelle
00:47:45quand même
00:47:45qu'il repose
00:47:46sur un pacte
00:47:48entre les citoyens
00:47:48et les gouvernants
00:47:50au terme duquel
00:47:51les citoyens
00:47:51renoncent
00:47:53au droit
00:47:53de se faire justice
00:47:54et au droit
00:47:55de se protéger
00:47:55que c'est l'état
00:47:56qui a le monopole
00:47:58de la force légitime
00:47:59et qu'en contrepartie
00:47:59les gens payent
00:48:00des impôts
00:48:00pour que la police
00:48:01et la justice
00:48:02s'occupent
00:48:03de leur sécurité
00:48:04tout ce qui est en train
00:48:05d'arriver aujourd'hui
00:48:06ce ne sont pas
00:48:07des faits divers
00:48:08comme le président
00:48:08de la république
00:48:09l'a dit
00:48:10dans un mot
00:48:11vraiment malheureux
00:48:11déjà structurellement
00:48:13et ensuite
00:48:13en termes de calendrier
00:48:16hier ou avant-hier
00:48:17ce qu'on est en train
00:48:18de vivre
00:48:18depuis plusieurs années
00:48:19parce que ce n'est pas
00:48:20d'aujourd'hui
00:48:20c'est un phénomène
00:48:22où on est passé
00:48:24d'une délinquance
00:48:25résiduelle
00:48:26comme elle pouvait
00:48:27exister
00:48:27dans les années
00:48:2850 ou 60
00:48:29à un fait
00:48:31de société
00:48:32qui est qu'on a
00:48:33un effondrement
00:48:33de l'autorité
00:48:34qui aboutit
00:48:35à une explosion
00:48:36de violence
00:48:37qui peut avoir
00:48:37des causes différentes
00:48:38vous avez une violence
00:48:39qui est organisée
00:48:40par des gens
00:48:40qui sont structurés
00:48:42je pense notamment
00:48:43aux trafiquants de stupéfiants
00:48:44aux crimes organisés
00:48:45qui sont structurés
00:48:46et qui profitent
00:48:47de la faiblesse
00:48:49de l'état
00:48:49qui rognent
00:48:51les fondamentaux
00:48:51de l'état
00:48:52mais qui obéissent
00:48:53à une logique
00:48:54qui est criminelle
00:48:55mais qui est une logique
00:48:55et puis vous avez
00:48:56une délinquance
00:48:57pulsionnelle
00:48:58qui concerne plus
00:49:00la délinquance
00:49:00des jeunes
00:49:01et ce que m'inspire
00:49:02le drame
00:49:03de ce matin
00:49:04et évidemment
00:49:05ma pensée
00:49:06ma compassion
00:49:07vont envers
00:49:09la famille
00:49:10de Mélanie
00:49:10son petit garçon
00:49:11ses collègues
00:49:12mais ce qu'on a vu
00:49:14ce matin
00:49:14l'enquête établira
00:49:15les détails
00:49:16mais ce qu'on voit
00:49:17avec les violences
00:49:18les coups de couteau
00:49:19qui se multiplient
00:49:20entre jeunes
00:49:21c'est en réalité
00:49:22le fait que nous avons
00:49:24une jeunesse
00:49:25qui n'est plus capable
00:49:26de gérer la frustration
00:49:27or quand un petit d'homme
00:49:29grandit
00:49:30il a besoin
00:49:31pour se structurer
00:49:32d'autorité
00:49:32cette autorité
00:49:33c'est de lui poser
00:49:35une limite droite
00:49:36et une limite gauche
00:49:36lorsque vous dites autorité
00:49:37lorsque vous dites
00:49:38dire non à un enfant
00:49:39Maurice Berger
00:49:41la semaine dernière
00:49:41était là
00:49:42il disait la même chose
00:49:43Charlotte disait aussi
00:49:44cela tout à l'heure
00:49:45et on le dit tout le temps
00:49:46et aujourd'hui
00:49:47je ne vais pas vous cacher
00:49:48mon émotion
00:49:49en vous disant
00:49:50qu'on en a marre
00:49:51c'est toujours la même chose
00:49:52je termine
00:49:54on en a marre
00:49:54de ces constats
00:49:55en permanence
00:49:56je sais que vous êtes
00:49:57au coeur de ces sujets
00:49:58mais au-delà
00:50:00de ces constats
00:50:01qu'est-ce qu'on peut dire
00:50:02aux français ce soir
00:50:03au-delà
00:50:04de ce constat
00:50:05où on a dit non
00:50:06aux enfants
00:50:07par exemple
00:50:08la cellule familiale
00:50:09a été complètement détruite
00:50:10on pense à la cellule familiale
00:50:12uniquement dans ces cas-là
00:50:13l'autorité à l'école
00:50:15a été complètement détruite
00:50:16aujourd'hui
00:50:17on en a marre
00:50:18mais Christine
00:50:19tout à l'heure
00:50:20je vous entendais
00:50:21avant d'entrer sur le plateau
00:50:22demander à Charlotte Dornelas
00:50:23si nous étions responsables
00:50:25et en réalité
00:50:26nous avons une responsabilité
00:50:28une responsabilité majeure
00:50:30c'est que
00:50:31notre classe politique
00:50:33notre classe dirigeante
00:50:35au sens marxiste du terme
00:50:36c'est-à-dire
00:50:37les gens qui font l'opinion
00:50:38la plupart des médias
00:50:39les grands chefs d'entreprise
00:50:41les grands patrons d'administration
00:50:42pendant 30 ans
00:50:43ils ont sabordé
00:50:45l'autorité
00:50:46c'est-à-dire que
00:50:46à aucun moment
00:50:48ces gens-là
00:50:49n'ont accepté
00:50:50de prendre à bras le corps
00:50:51le problème
00:50:53tel qu'il était
00:50:54en train d'apparaître
00:50:54avec des prémices
00:50:55tout ça n'est pas apparu
00:50:56du jour au lendemain
00:50:57c'est un effondrement
00:50:58mais un effondrement
00:50:59c'est un toboggan
00:51:00c'est-à-dire qu'au début
00:51:01vous glissez doucement
00:51:02et à un moment
00:51:03il y a une accélération
00:51:04on attend la chute ?
00:51:05moi je pense que nous sommes
00:51:06dans la phase de chute
00:51:07comme toujours
00:51:09il y a un décalage
00:51:10entre la réalité
00:51:11et la perception
00:51:11je pense que nous sommes
00:51:12déjà dedans
00:51:13quand on regarde
00:51:14les statistiques
00:51:15quand on regarde
00:51:15l'ensemble des fractures françaises
00:51:17et précisément
00:51:18et je rebondis sur votre question
00:51:19c'est-à-dire que maintenant
00:51:20le temps des mots
00:51:21le temps des constats
00:51:22est terminé
00:51:23j'entendais des membres
00:51:24du gouvernement
00:51:24parler de nécessité
00:51:25d'un choc d'autorité
00:51:26oui toute la classe politique
00:51:27s'est indignée
00:51:28ça fait 5 ans
00:51:28que j'emploie cette expression
00:51:29donc je me réjouis
00:51:31de ce qu'enfin
00:51:31elle monte au cerveau
00:51:32mais maintenant
00:51:33il faut agir
00:51:34et la première
00:51:36des choses à faire
00:51:37c'est qu'il faut
00:51:38que l'Etat
00:51:38se réapproprie
00:51:40sa force légitime
00:51:41à la fois direct
00:51:43par l'intervention
00:51:43de la police
00:51:44et à la fois symbolique
00:51:45par l'intervention
00:51:46de la justice
00:51:47puisque vous parliez
00:51:48du professeur
00:51:49Maurice Berger
00:51:50qui est vraiment
00:51:51quelqu'un qui fait autorité
00:51:52en la matière
00:51:53il est pédopsychiatre
00:51:54il est expert judiciaire
00:51:55et lui
00:51:56comme tous les gens
00:51:57qui travaillent
00:51:58sur ces questions
00:51:58d'autorité
00:51:59nous sommes tous d'accord
00:52:00pour dire
00:52:01que la manière
00:52:02de corriger
00:52:03la trajectoire
00:52:04parce que ça va
00:52:04prendre du temps
00:52:05c'est qu'il y ait
00:52:07une inversion totale
00:52:08du rapport
00:52:09à la sanction
00:52:10aujourd'hui
00:52:11la justice des mineurs
00:52:12c'est d'abord
00:52:13l'éducation
00:52:13et ensuite la sanction
00:52:15il faut inverser la chose
00:52:16il n'est pas question
00:52:16d'abandonner l'éducation
00:52:18mais la sanction
00:52:19doit passer en premier
00:52:20et il faut que
00:52:21tout comportement criminel
00:52:23donc tout comportement déviant
00:52:25reçoive une réponse
00:52:27tangible de l'Etat
00:52:28aujourd'hui
00:52:28la sanction doit passer
00:52:29en premier
00:52:30réponse tangible
00:52:32de l'Etat
00:52:32j'entends très bien
00:52:34ce que vous dites
00:52:34et lorsque j'entends
00:52:36aujourd'hui
00:52:37des personnalités
00:52:39de gauche
00:52:40qui se cachent
00:52:42derrière
00:52:42ces chiffres
00:52:44de la délinquance
00:52:45chez les mineurs
00:52:45qui sont en baisse
00:52:47qu'est-ce que vous leur répondez ?
00:52:48ça c'est officiel
00:52:49je leur réponds
00:52:50qu'il faut
00:52:52comparer
00:52:53la nature
00:52:53non pas le nombre
00:52:54mais la nature
00:52:55des faits
00:52:56aujourd'hui
00:52:56nous sommes
00:52:57mais aujourd'hui
00:52:58mais je vous dis aujourd'hui
00:52:58mais c'est pas d'aujourd'hui
00:52:59c'est une tendance
00:53:01qui était déjà
00:53:03de la décennie précédente
00:53:04et qui a augmenté
00:53:05après la crise sanitaire
00:53:06nous avons
00:53:07une explosion
00:53:08des faits
00:53:09de violence
00:53:10dont l'intensité
00:53:12augmente
00:53:12et dont le seuil
00:53:13de déclenchement
00:53:14diminue
00:53:15je m'explique
00:53:16nous avons une violence
00:53:18qui explose
00:53:19de plus en plus tôt
00:53:20dans la relation
00:53:21dans un différent
00:53:21et qui atteint
00:53:23des sommets
00:53:24puisque c'est terrible
00:53:25c'est même pas
00:53:25des intentions homicides
00:53:27en criminalité organisée
00:53:28il y a l'intention homicides
00:53:29je veux aller tuer l'autre
00:53:30pour une raison
00:53:31qui est une raison
00:53:32liée au business
00:53:32mais là
00:53:33ce sont des jeunes
00:53:35qui n'ont plus
00:53:36qui n'ont jamais eu
00:53:38la perception
00:53:39de ce que c'est
00:53:40que l'interdit
00:53:41le tu ne tuera point
00:53:42c'est qu'on se déchaîne
00:53:43et en fait
00:53:44on se moque du résultat
00:53:46bah il est mort
00:53:46il n'est pas mort
00:53:47bah on s'en fout
00:53:48je veux dire
00:53:49l'affaire d'Elias
00:53:49tout ça
00:53:50c'est toujours
00:53:52la même chose
00:53:52Thibaut de Montbréal
00:53:53c'est toujours
00:53:54la même chose
00:53:54et sauf qu'on a remarqué
00:53:56qu'il y a
00:53:57quelques petites choses
00:53:58qui bougent
00:53:59les parents
00:54:00et les proches
00:54:01des victimes
00:54:02ne se taisent plus
00:54:03et viennent
00:54:04les larmes aux yeux
00:54:05crier leur souffrance
00:54:07vous avez tout à fait raison
00:54:08je pense bien sûr
00:54:10à la maman d'Elias
00:54:12qui s'est
00:54:12qui s'est beaucoup exprimé
00:54:13je pense au père
00:54:16de ce jeune homme
00:54:17qui est mort
00:54:18il y a quelques jours
00:54:20je pense aussi
00:54:21à la femme
00:54:21de ce gendarme
00:54:22Eric Comine
00:54:23qui avait été tué
00:54:24l'été dernier
00:54:26les gens s'expriment
00:54:27de plus en plus
00:54:28c'est à dire que
00:54:29longtemps
00:54:29la doxa
00:54:31a cantonné
00:54:32la victime
00:54:33à un rôle
00:54:34alors il y avait des termes
00:54:35qui lui étaient assignés
00:54:36il y avait le terme
00:54:36de dignité
00:54:37le terme de dignité
00:54:38est magnifique
00:54:38mais il a été dévoyé
00:54:39c'est à dire qu'on disait toujours
00:54:40la victime
00:54:41elle est très digne
00:54:42et sous-entendue
00:54:43elle ne demande pas
00:54:44que l'auteur
00:54:46de son malheur
00:54:46soit sanctionné
00:54:47aujourd'hui
00:54:48c'est en train
00:54:49de s'effilocher
00:54:50mais regardez Christine Kelly
00:54:51c'est très intéressant
00:54:52ils disent
00:54:53l'Etat ne nous protège plus
00:54:54l'Etat ne nous protège plus
00:54:55tous les parents
00:54:56là
00:54:56et tous les parents
00:54:57tous les français
00:54:58se disent ça
00:54:59ce soit parents ou pas parents
00:55:00on se dit
00:55:00l'Etat ne nous protège plus
00:55:01que faire
00:55:02le toboggan
00:55:03pardon l'image du toboggan
00:55:04que m'avait donné
00:55:05pardon mais ça m'effraie
00:55:06ben oui
00:55:07mais j'essaye de dire le réel
00:55:09ça fait longtemps que je le dis
00:55:10et surtout je propose
00:55:11je propose des solutions
00:55:13c'est à dire que
00:55:13maintenant
00:55:14il faut sortir des palabres
00:55:16et moi je pense que
00:55:18le vrai choc d'autorité
00:55:20c'est de dire
00:55:20à partir de maintenant
00:55:21ça suffit
00:55:22et de renverser la table
00:55:24et il y a plein de mesures
00:55:24qui nécessiteront évidemment
00:55:26une majorité
00:55:27à l'Assemblée nationale
00:55:28mais d'ores et déjà
00:55:29il y a tout un tas de choses
00:55:30à l'intérieur
00:55:31et à la justice
00:55:31que l'on peut faire
00:55:32avec ce qu'on appelle
00:55:33du réglementaire
00:55:34c'est à dire au niveau
00:55:34de la compétence juridique
00:55:37propre des ministères
00:55:38d'ailleurs Bruno Retailleau
00:55:39et Gérald Darmanin
00:55:40chacun à la place
00:55:41qui est la sienne
00:55:42essaye
00:55:43il y a des choses
00:55:44qui bougent
00:55:45mais je pense qu'il faut
00:55:46multiplier ça
00:55:47par 10
00:55:47par 20
00:55:48par 30
00:55:49et vous savez
00:55:49les français
00:55:50seront d'accord
00:55:51personne ne se bouscule
00:55:53pour prendre le pouvoir
00:55:54en ce moment
00:55:54alors qu'il n'y a pas
00:55:56de majorité
00:55:57et une dissolution
00:55:58est possible
00:55:59mais vous savez
00:55:59pour juste un mot
00:56:00parce que les gens
00:56:01sentent la grande violence
00:56:02arriver
00:56:02et que personne ne veut
00:56:03assumer les mesures
00:56:04qu'il faudra prendre
00:56:05soit on devance les choses
00:56:07et on essaye
00:56:08de corriger le tir
00:56:09soit nous le subirons
00:56:10mais la lâcheté
00:56:11ne nous empêchera pas
00:56:12la grande violence
00:56:14vous savez
00:56:14le déshonneur
00:56:15n'empêche pas la guerre
00:56:16tout le monde vous pose
00:56:17une question
00:56:17en tournant la table
00:56:17Charlotte
00:56:18vous disiez
00:56:20qu'il fallait réagir
00:56:21sur la question
00:56:21de la sanction
00:56:22qu'est-ce qu'aujourd'hui
00:56:24pourrait décider
00:56:24justement le législateur
00:56:26ou le gouvernement
00:56:27selon le passage
00:56:29pour inverser
00:56:30justement ce rapport
00:56:31à la sanction
00:56:32notamment chez les plus jeunes
00:56:33l'inversement
00:56:37du rapport
00:56:37à l'excuse de minorité
00:56:38aujourd'hui le principe
00:56:39c'est que le jeune
00:56:40bénéficie de l'excuse
00:56:41de minorité
00:56:42qui diminue
00:56:43la peine encourue
00:56:43par deux
00:56:44sauf motivation spéciale
00:56:46il faut inverser
00:56:47et là aussi
00:56:48le il faut
00:56:49on le dit
00:56:49ah oui mais attendez
00:56:50vous me demandez
00:56:50ce qu'il faudrait faire
00:56:51je suis obligé de répondre
00:56:52mais moi je réponds
00:56:53à la place des français aussi
00:56:54je peux
00:56:54bien sûr vous avez raison
00:56:56mais les mesures
00:56:57qu'il faudrait envisager
00:56:58il faut les mettre en place
00:56:59et pourquoi le gouvernement
00:57:00n'entend pas
00:57:01pourquoi est-ce que les jeunes
00:57:02pourquoi est-ce que les choses
00:57:03ne changent pas
00:57:04pour rebondir sur la question
00:57:06de Charlotte
00:57:06les choses ne changent pas
00:57:07parce que les gens
00:57:08qui dirigent
00:57:09et les juges
00:57:11la haute administration
00:57:12à quelques exceptions près
00:57:13bien sûr
00:57:14de plus en plus d'ailleurs
00:57:14sont pétris
00:57:16par une manière de penser
00:57:18qui les a façonnés
00:57:20depuis des décennies
00:57:21les circonstances
00:57:22sont changées
00:57:23c'est comme si on appliquait
00:57:24un traitement médical
00:57:25à une maladie
00:57:25qui a muté
00:57:26en fait il faut muter
00:57:27aussi la réponse
00:57:28alors vous parlez
00:57:29de la grande violence
00:57:30qui sera nécessaire
00:57:31pour casser le cycle
00:57:32de la violence
00:57:32alors je vous inviterai
00:57:33à développer un peu là-dessus
00:57:34parce que tout le monde
00:57:35en a une intuition
00:57:35c'est-à-dire le jour
00:57:36où l'État prend au sérieux
00:57:37la violence nécessaire
00:57:38mais qu'est-ce que ça veut dire
00:57:39cette grande violence
00:57:40nécessaire pour stopper la violence
00:57:42par exemple devant les trafiquants
00:57:43par exemple devant les rixes
00:57:44par exemple devant les violences
00:57:45du quotidien
00:57:46on est au cœur du problème
00:57:48parce que pour moi
00:57:48c'est la pierre angulaire
00:57:50de la politique de choc d'autorité
00:57:51mais réelle
00:57:52pas le choc d'autorité
00:57:53blabla
00:57:53le choc d'autorité réelle
00:57:54c'est se souvenir
00:57:55et ça ne nécessite aucune loi
00:57:57c'est un changement
00:57:58d'état d'esprit
00:57:58que la police
00:58:00et la gendarmerie
00:58:01bénéficient
00:58:03dans la loi
00:58:03du monopole
00:58:04de la force légitime
00:58:06qu'est-ce que c'est
00:58:06que la force légitime ?
00:58:07c'est le droit
00:58:08d'utiliser la force
00:58:09lorsque une situation
00:58:10à laquelle
00:58:11les policiers
00:58:12ou les gendarmes
00:58:12sont confrontés
00:58:13l'exige
00:58:14une violence
00:58:14qui est commise
00:58:15soit contre eux-mêmes
00:58:16soit contre des citoyens
00:58:17tout ça existe
00:58:18aujourd'hui
00:58:19à chaque fois
00:58:20à chaque fois
00:58:21la réponse
00:58:22de la police
00:58:23et de la gendarmerie
00:58:24est systématiquement
00:58:25sous-dimensionnée
00:58:26par rapport
00:58:27à ce que la loi permet
00:58:28pourquoi ?
00:58:29parce que l'administration
00:58:31de moins en moins
00:58:32mais quand même un peu
00:58:32et surtout la justice
00:58:34à chaque fois
00:58:35et bien prend systématiquement
00:58:36le parti
00:58:37contre l'agent
00:58:39de police
00:58:39ou de gendarmerie
00:58:40qui a utilisé la force
00:58:41et donc il y a aujourd'hui
00:58:42une retenue
00:58:43bien sûr
00:58:44l'affaire Naël
00:58:44est un exemple emblématique
00:58:46oui on parle beaucoup
00:58:48de l'aval
00:58:48mais on ne parle pas
00:58:49beaucoup de l'amont
00:58:49si je puis me permettre
00:58:50c'est-à-dire que
00:58:51c'est vrai qu'une société
00:58:51laxiste elle mène
00:58:52à beaucoup de répression
00:58:53mais on ne s'attaque jamais
00:58:54fondamentalement
00:58:55à cette société laxiste
00:58:56vous dites que nous sommes
00:58:57au bas du toboggan
00:58:58mais quand nous étions en haut
00:59:00il y a eu une alternance
00:59:00de gauche
00:59:01de droite
00:59:01etc
00:59:02on ne sait jamais
00:59:03ni la droite
00:59:04ni la gauche
00:59:04mais surtout pas la droite
00:59:05on aurait pu l'atteindre d'elle
00:59:06on ne s'est intéressé
00:59:07au détricotage de la famille
00:59:08de toutes les figures
00:59:09de l'autorité
00:59:10de tout ce qui finalement
00:59:11permettait
00:59:11de construire
00:59:12une structure
00:59:14une colonne vertébrale
00:59:15aux enfants
00:59:15et on voit aujourd'hui
00:59:16que c'est la catastrophe
00:59:16ils sont incapables
00:59:18de maîtriser leur pulsion
00:59:19alors vous avez complètement raison
00:59:20c'est pour ça que j'ai commencé
00:59:21mon propos tout à l'heure
00:59:22par vous parler
00:59:22de l'absence d'éducation
00:59:23à la frustration
00:59:24d'apprentissage de la frustration
00:59:25mais pour moi
00:59:27c'est un mécanisme double
00:59:28mais dont la temporalité
00:59:29est différente
00:59:30on ne peut pas
00:59:31ne pas réagir
00:59:32par un retour
00:59:33aux fondamentaux
00:59:35et ce retour
00:59:35aux fondamentaux
00:59:36il passera
00:59:37par utiliser la force
00:59:39contre des gens
00:59:39qui au début
00:59:40n'accepteront pas
00:59:41cette utilisation
00:59:42de la force
00:59:43parce qu'ils se sont habitués
00:59:44à ce qu'il n'y ait plus de limites
00:59:45et comme toujours
00:59:46quand on repose
00:59:47des limites brutalement
00:59:48elles sont testées sévèrement
00:59:49et c'est là
00:59:50qu'il faudra tenir
00:59:50mais l'autre partie
00:59:52et qui est évidemment
00:59:53une temporalité
00:59:53beaucoup plus longue
00:59:54c'est exactement
00:59:55ce que vous venez de dire
00:59:55c'est l'éducation
00:59:56c'est la culture
00:59:57c'est le retour
00:59:58d'une forme de transcendance
00:59:59dans la société
01:00:00aujourd'hui
01:00:00il y a un nihilisme absolu
01:00:02la vie humaine
01:00:03ne représente rien
01:00:04personne ne sait
01:00:05à part le consumérisme
01:00:06et l'individualisme
01:00:07pourquoi il vit
01:00:07en république française
01:00:08il faut recréer du sens
01:00:10dans tout ça
01:00:10et je sais que c'est un thème
01:00:11qui vous est cher
01:00:12et ce qui nous fait
01:00:13un point commun
01:00:13mais là vous venez
01:00:14d'utiliser la bonne formule
01:00:16le nihilisme
01:00:16les gens n'ont plus
01:00:17le respect d'eux-mêmes
01:00:18donc on peut dire demain
01:00:20si vous fautez
01:00:21vous avez 14 ans
01:00:22vous vous tranche la tête
01:00:24ils s'en foutent
01:00:25il n'y a plus ce sens de la vie
01:00:27il n'y a pas l'amour de la vie
01:00:29alors donc
01:00:30les sanctions en tant que telles
01:00:32oui il faudra sans doute
01:00:32trouver quelque chose
01:00:33mais c'est quand même
01:00:34ce que disait Gabriel
01:00:35comment galvaniser les gamins
01:00:37comment les faire rêver
01:00:38comment leur racontait Mermoz
01:00:40il faut arrêter d'avoir des jeux
01:00:42où on tue
01:00:42on est constamment
01:00:45dans la renonciation
01:00:47on les laisse
01:00:47dans cet enfermement destructeur
01:00:49mais je suis complètement d'accord
01:00:50avec vous
01:00:50d'ailleurs moi je suis un chaud partisan
01:00:52en marge donc
01:00:53de ce choc d'autorité initiale
01:00:54dont chacun a bien compris
01:00:55que c'est la base
01:00:56et que ça risque d'être compliqué
01:00:58mais ce sera encore plus compliqué
01:01:00si on ne le fait pas
01:01:01en parallèle
01:01:02c'est réapprendre
01:01:03la fierté
01:01:05la joie
01:01:05d'être français
01:01:06qu'est-ce que la France ?
01:01:08la France est un pays millénaire
01:01:09aux racines gréco-latines
01:01:10de tradition judéo-chrétienne
01:01:12l'aventure de devenir
01:01:13un petit français
01:01:14c'est de devenir
01:01:15le maillon
01:01:16d'une chaîne extraordinaire
01:01:17comment font les islamistes
01:01:18pour recruter
01:01:20entre guillemets
01:01:21les jeunes
01:01:21ils leur disent
01:01:22regarde
01:01:22regarde ces mécréants
01:01:23les mécréants
01:01:24c'est nous
01:01:25ils n'ont aucune valeur
01:01:26alors que nous
01:01:27nous avons une histoire
01:01:28c'est l'ouma
01:01:28et bien réapproprions-nous
01:01:30l'histoire de France
01:01:30Thibaut de Montbréal
01:01:32je vous poserai une dernière question
01:01:33qu'on a terminée
01:01:34je pose la question
01:01:35à Mathieu Bocoté d'abord
01:01:37mais je vous demanderai
01:01:38en deux mots
01:01:39puisqu'on a terminé l'émission
01:01:40dans un instant
01:01:41vous êtes au pouvoir
01:01:42vous faites quoi
01:01:43concrètement ?
01:01:45les mots on en a marre
01:01:46les fleurs on en a marre
01:01:47avec ou sans possibilité
01:01:48de faire des lois ?
01:01:49avec la possibilité
01:01:50de faire des lois
01:01:50réfléchissez
01:01:513 minutes
01:01:5230 secondes
01:01:54le temps de poser la question
01:01:55à Mathieu Bocoté
01:01:56sommes-nous
01:01:57devant ce déferlement
01:01:58de violence
01:01:59déjà en guerre civile ?
01:02:01alors vous savez
01:02:01c'est une formule
01:02:02sur laquelle j'ai souvent buté
01:02:03parce que je me disais
01:02:04une guerre civile
01:02:05c'est une guerre
01:02:05au sein d'un même peuple
01:02:06donc par exemple
01:02:07c'est les guerres de religion
01:02:08dans les siècles anciens
01:02:10c'est la guerre
01:02:11entre les russes
01:02:11les blancs
01:02:12et les rouges
01:02:13au moment de la révolution russe
01:02:15c'est la guerre civile irlandaise
01:02:16qu'on a connue
01:02:16c'est la guerre civile américaine
01:02:18donc je me disais
01:02:19nous ne sommes plus
01:02:20aujourd'hui dans un monde
01:02:20où il y a une guerre
01:02:21au sein du même peuple
01:02:22pour peu qu'on le définisse
01:02:23avec un peu de substances culturelles
01:02:24et tout ça
01:02:25mais je me suis tourné récemment
01:02:27j'ai relu un livre
01:02:28en fait qui date de 1998
01:02:29d'Eric Werner
01:02:31le titre c'est
01:02:32L'avant-guerre civile
01:02:33et je vais vous citer
01:02:34un petit extrait
01:02:34en 1998
01:02:35je me permets
01:02:36c'est un poil long
01:02:37mais ça vaut la peine
01:02:38une simple agression
01:02:40dans la rue
01:02:40où le métro
01:02:41ne suffit pas encore
01:02:42à instituer un état de guerre
01:02:43entre l'agresseur et l'agressé
01:02:45c'est un acte de violence
01:02:46un point c'est tout
01:02:47mais l'argument
01:02:48peut être retourné
01:02:49dès lors que la criminalité
01:02:50dans la rue
01:02:51ou le métro
01:02:51tend à se généraliser
01:02:53au point que tous
01:02:54ne songent en permanence
01:02:55qu'à la meilleure manière
01:02:56de se protéger
01:02:57contre un agresseur éventuel
01:02:59par exemple
01:03:00en prenant l'habitude
01:03:01d'accélérer le pas dans la rue
01:03:02en s'habillant de la manière
01:03:03la moins voyante possible
01:03:04en suivant des cours
01:03:05d'autodéfense
01:03:06car les individus
01:03:07ne se connaissent peut-être
01:03:08pas personnellement entre eux
01:03:09mais s'éprouvent tous
01:03:11en revanche
01:03:12comme agresseurs potentiels
01:03:13en sorte qu'une certaine stabilité
01:03:15s'institue
01:03:16bel et bien
01:03:16dans leur rapport
01:03:17tous sont sur le qu'ils vivent
01:03:19se regardent en chien de faïence
01:03:201998
01:03:22manifestement
01:03:22il y a des gens
01:03:23qui voient les choses
01:03:23un peu avant les autres
01:03:24et je suis oublié
01:03:25moi quand j'ai lu ça
01:03:26la première fois
01:03:27autour de où je pense
01:03:27j'avais 20 ans
01:03:28je me disais
01:03:28il imagine
01:03:29il est fou et délire
01:03:30manifestement il avait raison
01:03:31alors aujourd'hui
01:03:32est-ce que ce terme
01:03:33est pertinent
01:03:35je ne sais pas
01:03:35si on doit utiliser
01:03:36le terme guerre civile
01:03:37parce qu'encore une fois
01:03:37c'est à l'intérieur
01:03:38d'un même peuple
01:03:38mais au sein
01:03:39d'un même territoire
01:03:40d'une même société
01:03:41d'une même population
01:03:43cette guerre
01:03:44de tous contre tous
01:03:45à différents degrés
01:03:46d'intensité
01:03:46est déjà présente
01:03:47voilà pourquoi tous
01:03:48plusieurs devant cela
01:03:50ont la solution
01:03:51de Jean Raspail
01:03:51il faut fuir
01:03:52fuir là-bas au loin
01:03:54fuir loin de la guerre
01:03:55mais c'est encore possible
01:03:56puisqu'elle nous rattrape toujours
01:03:57n'a-t-on pas franchi un cap
01:03:59ne sommes-nous pas
01:04:00dans une sorte
01:04:01de dynamique irréversible
01:04:02c'est le sentiment
01:04:03le trop tard
01:04:04cette idée
01:04:05que finalement
01:04:05c'est trop tard
01:04:06et on a ça
01:04:06pourquoi ?
01:04:07parce qu'il y a un effet
01:04:07multiplicateur des violences
01:04:08il y a les violences islamistes
01:04:10il y a les violences racistes
01:04:11et les violences conquérantes
01:04:12Crépole
01:04:13Elias
01:04:13ainsi de suite
01:04:14il y a les violences
01:04:15à l'américaine
01:04:16comme en Autriche aujourd'hui
01:04:17si j'ai bien compris
01:04:17ce qui s'est passé
01:04:18vous savez
01:04:18le mimétisme
01:04:19des tueries de masse
01:04:20ça a traversé l'Atlantique
01:04:22dans une école
01:04:22voilà
01:04:23il y a les violences
01:04:24liées au trafic de drogue
01:04:25ou des souverainetés privées
01:04:26qui sont celles des cartels
01:04:27qui s'opposent entre eux
01:04:28et se donnent le droit
01:04:29de se tirer et tuer
01:04:29à l'arme de guerre
01:04:30il y a les violences sauvages
01:04:31comme celles d'aujourd'hui
01:04:32et toutes ces violences
01:04:34je le dis
01:04:34s'amplifient les unes les autres
01:04:36alors demain
01:04:36la guerre civile
01:04:37peut-être dirais-je
01:04:38aujourd'hui
01:04:39nous y sommes déjà
01:04:39si nous acceptons
01:04:40de la nommer
01:04:41ainsi
01:04:42mais une chose qui est certaine
01:04:43nous sommes déjà
01:04:44dans le chaos le plus grand
01:04:45et plus le chaos est grand
01:04:47plus la réponse
01:04:48l'acte d'autorité nécessaire
01:04:50est fort
01:04:50très fort
01:04:51est impérieux
01:04:52mais je repose la question
01:04:53comment réussir
01:04:54à réparer une société
01:04:55avec ceux qui l'ont détruit
01:04:57pendant un demi-siècle
01:04:58et par le déni
01:05:00dont vous parlez
01:05:01très régulièrement
01:05:02mon cher Mathieu
01:05:03pour terminer
01:05:05Thibaut de Montréal
01:05:05c'est un plaisir
01:05:06de vous avoir eu
01:05:07mais je me mets
01:05:09à la place des français
01:05:09ce soir
01:05:10qui zappent
01:05:11sur toutes les chaînes
01:05:12infos
01:05:12et qui restent
01:05:13surtout sur CNews
01:05:14parce qu'ils veulent
01:05:15avoir une solution
01:05:16parce qu'ils se disent
01:05:17qu'on entend tout le temps
01:05:20l'état coupable
01:05:21l'état maintenant responsable
01:05:23l'état complice
01:05:24aujourd'hui
01:05:25c'est ce que crient
01:05:25les victimes aujourd'hui
01:05:26vous êtes au pouvoir
01:05:27pardon je vous prends
01:05:28comme ça un peu à froid
01:05:29je vous cueille à froid
01:05:30mais vous êtes au pouvoir
01:05:31là maintenant
01:05:32qu'est-ce que vous faites
01:05:33pour sauver les français
01:05:34première chose
01:05:35mise en place
01:05:36d'un soutien administratif
01:05:38réglementaire
01:05:39et législatif
01:05:40aux forces de sécurité intérieure
01:05:42pour l'usage
01:05:42de la force légitime
01:05:43deuxième chose
01:05:44combat absolu
01:05:47drastique
01:05:48contre l'immigration
01:05:48on n'en a pas parlé
01:05:49mais c'est la mère
01:05:50de toutes les batailles
01:05:51et troisième point
01:05:52réforme constitutionnelle
01:05:53avec restitution
01:05:54de la primauté
01:05:55du droit national
01:05:55sur la droit européen
01:05:56peut-être commencer
01:05:58par le troisième point
01:05:59oui mais c'est le plus compliqué
01:06:00à mettre en oeuvre
01:06:00vous m'avez demandé
01:06:01d'être concret
01:06:01je pense que
01:06:02le premier point
01:06:03est le plus concret
01:06:03et le plus rapide
01:06:04à mettre en oeuvre
01:06:04merci Thibault de Montbréal
01:06:06d'avoir été notre invité
01:06:08exceptionnel ce soir
01:06:09dans cette actualité
01:06:10triste
01:06:11lamentable
01:06:12déplorable
01:06:13vive la France
01:06:14tout de suite
01:06:15Pascal Proulard
01:06:16des produits
01:06:16très bien
01:06:17et
01:06:30la première fois
01:06:30c'est le plus
01:06:31qu'il est
01:06:32donc
01:06:33je ne vois pas
01:06:34d'o u
01:06:36tout
01:06:36qu'il est
01:06:37parce que
01:06:38je veux pas
01:06:38c'est le plus
01:06:39de l'évoire
01:06:40de la contact
01:06:41呈
01:06:42de la contact
01:06:43de la contact
01:06:45de la contact
Commentaires