00:00Alors je pense que la violence, elle découle d'une modification de la manière dont nous avons intégré l'idée même qu'il y avait un État central et puissant qui disposait de tous les outils de la souveraineté et que nous avons cru à une sorte de globalisation heureuse où l'absence d'État se traduisait mécaniquement par l'absence de violence.
00:22C'est l'inverse qui s'est produit. Mais c'est un acte volontaire qui ne concerne pas que la sécurité ou la justice. Ça concerne l'économie, la médecine, la santé, la guerre, l'école. Bref, la France est née, c'est le seul État-nation.
00:35L'État a créé une nation avec des éléments un peu divers. J'avais été venu expliquer ça dans un précédent ouvrage chez vous. Et en fait, avec cette création, l'État a garanti la protection.
00:46La protection de la monnaie, la protection des institutions, la protection des frontières et la protection des personnes et des biens.
00:51À partir du moment où vous retirez ceci pour être comme les autres, c'est-à-dire un pays décentralisé et plutôt protestant et extraordinairement réformé et libéral et que vous ne le remplacez par rien,
01:02la nature ayant horreur du vide, d'autres forces les remplacent.
01:06Quand il y a 30 ans, on a expliqué dans un papier, dans un grand journal du soir qui paraît le matin, Le Monde, que nous étions face à un effondrement de l'État,
01:17face à la criminalité organisée et qu'il a fallu attendre 2024 pour qu'une commission d'enquête du Sénat dise que le narcotrafic existe et qu'il faudrait quand même s'en occuper,
01:25ce qui est tout à son honneur. On sent bien que l'État central, lui, a décidé qu'il vivait ailleurs.
01:30Donc il s'est produit un effondrement de la structure du service public de l'État et pas seulement sur la question de sécurité.
01:38Et ce n'est pas une question simplement d'autorité, c'est une question de logique.
01:42Soit il y a un État central qui garantit la protection de ses citoyens, de ses frontières, de sa monnaie, soit il n'est plus là.
01:48S'il n'est plus là, on ne peut pas faire comme si rien ne devait le remplacer.
01:51Et quand Marine Le Pen dit « plus rien n'est maîtrisé », est-ce qu'il s'agit au fond d'une forme de propos politique, d'estrade,
01:59qui vit simplement à dire du mal d'un éventuel concurrent adversaire en vue de 2027, dans le cas d'espèce Bruno Retailleau ?
02:06Ou est-ce que quand on voit les scènes de violence, la propension qu'a la France effectivement à voir se répéter ce type de scène, est-ce qu'elle dit vrai ?
02:16Clairement, il suffit de sortir dans la rue et de discuter avec n'importe qui.
02:19Si vous lui posez cette question, si vous trouvez quelqu'un qui vous dit que la France est maîtrisée et que tout va bien, il faut me le présenter.
02:24Parce que je pense que c'est un cas unique, voire d'espèce, et qu'il faut le conserver rapidement pour en avoir au moins un.
02:32Donc la réalité, oui bien sûr, il y a un effondrement, mais de l'ensemble de l'offre de services publics.
02:37Ce que j'explique, c'est que ça ne se limite pas à cela et que ce n'est pas seulement un débat politicien.
02:42C'est une réalité physique vécue par tous ceux qui sortent de chez eux et qui n'ont pas une voiture de fonction et de garde du corps.
02:48Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires