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  • il y a 8 mois
Les clefs d'une vie avec Corneille

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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2025-06-05##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Sud Radio, les clés d'une vie, celle de mon invité, vous avez vécu la pire des tragédies.
00:0830 ans après, vous avez choisi de transformer cette fausse note du destin en une mélodie
00:13sous la forme d'un livre que vous présentez comme un grand jour pour vous.
00:17Et pas seulement ce jour, parce que vous êtes de retour dans les clés d'une vie.
00:21Bonjour Corneille.
00:22Merci Jacques, merci de me recevoir.
00:23Écoutez, je vous ai reçu au début des clés d'une vie, on a beaucoup progressé aujourd'hui,
00:27on est à plus de 1500 émissions, mais quand j'ai su que vous veniez à Paris pour
00:32quelques jours, puisque vous vivez à Montréal, j'ai dit bienvenue dans les clés d'une vie
00:36avec ce nouveau livre, La Mélodie du Pardon, chez XO Éditions, qu'on va évoquer tout au
00:42long de l'émission, parce que c'est un peu votre parcours je crois, c'est une sorte
00:45de rédemption de votre parcours.
00:47De rédemption de mon parcours, puis la résurrection de mon père dont je fais un personnage dans
00:54ce livre.
00:54Alors, on va en parler, bien sûr, en fil des granes tout au long de l'émission, avant
00:59de revenir sur le livre plus complètement tout à l'heure.
01:01Et les dates clés, la première, c'est le jour tragique, c'est-à-dire le jour où
01:07tout a basculé, le 15 avril 1994.
01:10Et je vous raconte dans votre livre que vous ne conservez que des souvenirs éparts de
01:14ce jour-là, Corneille.
01:17Oui, alors en plus, c'est un souvenir changeant, c'est très, les souvenirs marquants de notre
01:25vie, on pourrait croire qu'ils sont des souvenirs qui sont figés, avec des couleurs,
01:31avec des odeurs, des choses bien claires et nettes et constantes qui ne changent pas.
01:36Et en fait, je me rends compte que mon rapport avec ces souvenirs-là, avec cette nuit-là,
01:42évolue avec le temps.
01:46Là où, évidemment, sans parler de l'aspect un peu graphique de cette nuit-là, mais si
01:54je dois parler de ce que j'ai perdu cette nuit-là, par exemple, qui est ma famille, avec le temps
01:59comme père de famille aujourd'hui, par exemple, elle ne représente plus que la perte.
02:07Elle représente aussi une nouvelle naissance, une sorte de nouveau début pour une autre
02:15vie dont je jouis aujourd'hui, plein de petits et gros bonheurs, comme mes enfants,
02:22parents, mon épouse.
02:24Et on va en parler justement, mais ce jour-là, il faut rappeler que votre famille est massacrée
02:28devant vous, que vous êtes le seul survivant et que vous allez courir et marcher pendant
02:33des jours et des jours avant de trouver un peu de nourriture qui sera le meilleur repas
02:37de votre vie.
02:38Oui, j'en parle dans le livre parce que j'ai une conversation, j'ai un échange avec mon
02:43père sur le bonheur de l'homme ou de la femme, qui est une cible qui bouge pas mal,
02:52qui est toujours en déplacement.
02:53Et il me rappelle de ce repas justement.
02:56Qu'est-ce qui s'est passé ? Vous avez couru pendant des jours et des jours ?
02:59On a marché, on a marché, c'est parti de ces foules qui marchaient du Rwanda vers
03:03l'ouest, vers le Zahir à l'époque, donc le Congo aujourd'hui.
03:09Et sur la route, oui, j'étais affamé.
03:12Puis il n'y avait pas, il n'y avait plus vraiment, il n'y avait pas de McDo sur la
03:17route.
03:20Le manger était rare.
03:22Et il y a cette famille qui m'a partagé sa portion, sa ration de patates, une patate
03:30bouillie qui aujourd'hui, je trouverais, aujourd'hui je dirais que c'est un plat incomplet.
03:36Je dirais, il manque un truc, c'est pas assez, il ne fût qu'un peu de sel.
03:43Mais à ce moment-là, c'était le meilleur plat auquel je n'avais jamais goûté parce
03:47qu'il m'avait été offert à un moment où je ne l'espérais pas, déjà, par des
03:53étrangers que je ne connaissais pas.
03:55Et c'est encore une fois un exemple du fait que parfois c'est dans le pire que le plus
04:04beau de l'humanité émerge.
04:05Oui, et c'est un moment aussi où vous n'espériez plus rien parce que, qu'est-ce que vous espérez,
04:09vous étiez seul, totalement perdu sur ces routes ?
04:13Oui, j'étais seul, donc je venais de tout perdre.
04:16En même temps, j'étais seul, mais entouré de plusieurs autres solitudes, entouré de
04:22plein de gens qui avaient vécu, qui venaient de vivre à peu près le même genre de tragédie
04:30que moi.
04:33Et je pense que c'est ça, c'est malheureusement, c'est peut-être ça, malheureusement, il faut
04:37passer par le pire pour être amené à ce genre de solidarité.
04:42Et j'espère qu'on va trouver le moyen d'être solidaires sans qu'on doive passer
04:48par ce genre de tragédie.
04:50Dans ce livre, La Mélanie du pardon, vous expliquez aussi que finalement, ce génocide
04:54c'est le plus médiatisé de l'histoire du Rwanda et qu'on a souvent raconté n'importe
04:58quoi à ce sujet.
05:01Oui, en fait, n'importe quoi, de toute façon, on lit l'histoire, on ne peut lire son histoire
05:07que par son propre prisme subjectif.
05:10Souvent, on est témoin, deux personnes peuvent être témoins d'une même situation et
05:17la relater de deux manières différentes.
05:19Moi, ça m'arrive souvent avec mon épouse, des fois, on assiste à la même scène et on
05:24la vit pas du tout de la même façon.
05:26Donc j'imagine que ça s'applique aussi, ça s'applique autant aux banals qu'aux choses
05:33un peu plus marquantes.
05:35Mais effectivement, moi, je rapporte des scènes et une partie de l'histoire de ce génocide
05:44des Tutsis au Rwanda comme quelqu'un qui était dedans, qui l'a vécu.
05:47Et donc, je n'ai pas la prétention d'avoir tout vu de ce génocide, mais j'en ai vu
05:54assez.
05:55Et ça me donne une...
05:58Moi, j'estime en tout cas que ça me donne une petite autorité par rapport à quelqu'un
06:05qui n'y était pas, qui ne l'a pas vécu, qui l'a vu sur un écran de télé au JT, soit
06:10à Paris ou à Bruxelles ou à Montréal.
06:13Et en même temps, je témoigne pour dire, voilà ce que j'ai vu.
06:20Mais voilà aussi, d'une part, voici comment je pense qu'on s'est rendu jusque-là.
06:26Et donc, quand je remarque dans nos sociétés occidentales des petits prémices, des petites
06:33choses qui me rappellent les prémices du génocide des Tutsis au Rwanda, je pense
06:40que j'ai une responsabilité d'en parler et aussi de dire qu'on peut...
06:49Dans le pire, il y a le meilleur aussi.
06:53Alors, avant le Rwanda-Corneille, il y a eu Fribourg-en-Brisgau, qui est en Allemagne.
06:57Alors, il faut savoir que c'est une ville pionnière en matière d'écologie, puisque
07:00un éco-quartier a été aménagé en 1996, ce qui était le premier en Europe, oui, c'est
07:07vrai.
07:07Et puis, vous êtes tout près de la France, et puis ensuite, vous vous êtes retrouvé
07:11à Kigali, qui était finalement la capitale administrative du Rwanda, depuis 1907.
07:18Oui, oui, c'était la capitale.
07:20Moi, quand on a quitté l'Allemagne avec ma famille, où mes parents faisaient leurs études
07:25quand je suis né, quand on a quitté l'Allemagne, quand on est arrivé au Rwanda, on ne s'est
07:29pas arrêté tout de suite à Kigali.
07:31On est allé dans le village natal de mon père, qui est la ville qui s'appelle Boutare,
07:36qui est dans le sud du pays, où j'ai passé quelques jours pour ensuite retrouver Kigali.
07:43Mais les plus gros chocs culturels que j'ai vécu, je les ai vécus dans le village natal
07:48de mon père, dans le sud du pays.
07:50Et puis, il y a eu vos études, et vos études, vous étiez toujours le premier de la classe,
07:54et vous évoquez dans ce livre un cérémonial au Rwanda, qui est assez particulier, qu'on
07:58ne voit pas dans la distribution des prix en France.
08:00Oui, non, c'est ça, oui, ça m'a marqué, ça m'a marqué cette façon, déjà très
08:13très jeune, à un très très jeune âge, de faire l'expérience d'une certaine hiérarchie
08:20sociale, par le simple fait qu'on a une bonne mémoire, par exemple, ou parce qu'on a une
08:30facilité à faire des maths, par exemple, et qu'automatiquement ça te procure une place
08:36dans la société, parce que c'était physiquement représenté par un podium, donc à chaque
08:44fin d'année scolaire, on appelait pour chaque classe les trois premiers de la classe, avec
08:49un podium comme au JO, t'avais la médaille d'or, la médaille d'argent, la médaille de
08:54bronze, et le fait de me retrouver année après année au top du podium, je me rends
09:02compte aujourd'hui que, pendant longtemps, ça m'avait procuré un sens très erroné
09:12de supériorité, où je me disais, ah ouais, moi j'en sais plus que les autres, alors
09:17qu'au final, pas du tout, c'est-à-dire il y a des gens, il y avait sûrement des gamins
09:20qui étaient plus intelligents que moi, mais qui avaient peut-être un plus gros problème
09:23avec l'autorité que moi, et qui refusaient les codes de l'école, et qui n'ont pas pris
09:30l'école sérieux, mais c'est le fait d'être conditionné, déjà à cet âge-là, au plus
09:37jeune âge, ça commençait à l'âge de 7 ans, en première année primaire déjà, on
09:41était réduit à devoir faire partie d'un podium ou pas.
09:48Il y a aussi un film très célèbre qui a été sur le podium au sommet, et ce film
09:52a marqué vos jeunes années.
09:54Attends !
09:55D'abord, ce n'est pas des chaussures pour la marche que vous avez là.
09:57La grande vadrouille, il y a la fameuse scène où De Funès est sur le dos de Bourville,
10:03qui est totalement improvisée.
10:05Ah oui, c'est ça, c'est ce que j'ai appris plus tard, je ne le savais pas.
10:09Et en même temps, avec du recul, quand tu repenses à cette scène-là, ça a l'air tellement
10:13spontané, et je me rappelle qu'à chaque fois que je voyais cette scène, j'avais juste
10:18mal au pied, juste en pensant au pied de Bourville, parce qu'il ne trichait pas, il mettait
10:24vraiment des chaussures d'une pointe au moins trois fois plus petite que ses pieds.
10:30Mais c'est des souvenirs délicieux, parce que j'ai partagé ce cinéma français de Claude
10:36Zidi et d'autres avec mon petit frère.
10:38On était des adeptes, des fans de ce cinéma-là, et de Lutte Funès surtout.
10:47Mais au Rwanda, il y avait De Funès dans la grande vadrouille et Galabru ?
10:50Ah ben oui, c'est-à-dire que moi j'ai appris, déjà j'ai appris, je me suis appris la
10:57langue française grâce à De Funès, grâce à Galabru, grâce à Belmondo aussi dans
11:06un autre registre, L'Asse des Asse, le professionnel, grâce à ce cinéma français-là, c'est
11:12comme ça, c'est ce cinéma-là qui m'a appris le français.
11:14Voilà.
11:15Alors il y a aussi une autre date importante dans votre carrière, elle n'a pas de rapport
11:18avec vous, mais elle est importante pour une autre raison, on va l'évoquer le 11 juin
11:221978 dans quelques instants sur Sud Radio avec Corneille.
11:26Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
11:29Sud Radio, les clés d'une vie, Corneille, mon invité pour ce nouveau livre La Mélodie
11:34du Pardon chez XO Éditions.
11:36On a commencé à évoquer votre parcours le jour où tout a basculé.
11:40Alors il y a le 11 juin 1978, ça ne vous concerne pas directement, mais c'est important
11:44parce qu'il y a un concert d'hommage des 70 ans de Nelson Mandela en demandant sa libération
11:50et sur scène devant 600 millions de téléspectateurs, il y a une jeune artiste qui monte et cette
11:56jeune artiste va avoir de l'importance plus tard, c'est Tracy Chapman.
12:00C'est un artiste visionnaire qui défendait la cause des Noirs et il se trouve que quand
12:11votre père a entendu votre voix, il a parlé de Tracy Chapman.
12:15Oui, c'est marrant que vous avez préfacé en disant qu'il n'y a pas vraiment de lien,
12:20mais en fait il y en a un parce qu'effectivement Tracy Chapman, mon père qui m'entend chanter
12:24dans la chambre et qui trouve qu'il y a des choses similaires dans nos deux voix, mais
12:30en plus il se trouve que le 11 juin c'est la date d'anniversaire de mon père.
12:34Incroyable.
12:34Incroyable.
12:35C'est incroyable, c'est fou.
12:36Et c'est vrai qu'il a entendu ça et que votre père avait le sens de la musique.
12:40Il était ingénieur mais il avait le sens de la musique.
12:42Oui, il était ingénieur mais je pense que je le soupçonne d'avoir toujours rêvé
12:45d'être musicien parce qu'il avait un amour pour la musique, il avait une passion pour
12:49la musique avec un grand M, donc toutes les musiques.
12:53Il m'a initié au jazz, au classique, au gospel, au country, c'est lui qui m'a ouvert.
12:58Si j'ai une culture musicale, c'est grâce à lui.
13:02Puis il avait aussi la passion du cinéma, je crois que c'est lui qui vous a fait découvrir
13:05Eddie Murphy.
13:07En fait, Eddie Murphy, lui m'a fait découvrir...
13:12Un prince à New York.
13:13Un prince à New York, puis je suis tombé dedans, comme on dit.
13:18Je me suis découvert un amour aussi fort pour Eddie Murphy que celui que j'avais pour
13:23Dauphinès.
13:24J'ai dévoré tous ses films.
13:26Votre père avait un problème, il était ingénieur mais il était incapable de changer
13:30une ampoule.
13:31Oui, c'est ce que un de ses bons amis qui est aujourd'hui un petit peu mon père adoptif
13:35et son grand ami me disait toujours de lui.
13:38Il me disait qu'il peut faire le plan d'une centrale nucléaire en dix minutes mais il
13:45est incapable de changer une ampoule.
13:46Donc ça, ça disait beaucoup sur le personnage.
13:49Et il avait une passion pour Beethoven, je crois.
13:51Oui, Beethoven, Mozart, c'est lui qui m'a fait découvrir le classique russe aussi,
13:59Prokofiev, Tchaïkovski.
14:01Et il avait...
14:03C'était un boulimique de la musique.
14:05Et Beethoven d'ailleurs, pour ses débuts, son père a fait croire qu'il avait un an
14:11de moins, quand il a débuté à six ans.
14:14Et donc, Beethoven, pendant des années, a cru qu'il était beaucoup plus jeune qu'il
14:17était.
14:17Ah, c'est vrai ça ?
14:18C'est extraordinaire.
14:18Ah, je ne connaissais pas cette histoire.
14:20C'était à Cologne.
14:21J'allais dire, je vais faire ça avec mes enfants mais c'est trop tard.
14:23Oui, puis des chanteurs l'ont fait avant vous.
14:25Il se trouve que le déclic s'est produit et à partir du jour où votre père vous
14:30a dit, tu as une belle voix, vous avez commencé à fredonner tout le temps qu'on
14:33aille.
14:34Oui, c'était sa validation, c'était cette approbation.
14:38Dans ma culture, gamin, Rwanda, l'approbation du papa, c'était un permis pour la vie.
14:48Et le manque d'approbation, souvent, ça pouvait te fermer des portes.
14:52Moi, dans mon cas, j'ai eu de la chance.
14:53Donc, mon père, c'était un original, il aimait tellement la musique que quand il
14:59m'a entendu chanter, il n'a pas eu le réflexe que la plupart des papas africains
15:05auraient eu et qui auraient été de, ouais, c'est sympa, c'est mignon comme hobby mais
15:10l'école d'abord.
15:11Non, lui, il m'a dit, ah non, bien, bien et sous titre, si un jour tu as envie de le
15:18faire plus sérieusement, tu as mon autorisation.
15:22Et vous en aviez envie depuis toujours ?
15:23J'ai toujours eu envie de faire de la chanson, de chanter.
15:27Je ne suis pas certain d'avoir toujours eu envie de faire le métier.
15:31Ce n'est pas quelque chose que j'envisageais au Rwanda, c'est quelque chose qui s'est
15:35concrétisé après mes 17 ans, quand j'ai quitté le Rwanda, que je suis arrivé en
15:41Allemagne et surtout quand je suis arrivé au Québec, où là, c'est devenu une obsession
15:49assez forte pour me dire, ouais, ça va être mon plan, en fait.
15:51Voilà.
15:52En même temps, vous avez très jeune appris l'écriture de textes, la composition musicale.
15:56Vous êtes vraiment formé à ça, Corneille.
15:57Oui, autodidacte.
15:59Donc, il y a un truc très étrange que je faisais quand j'étais ado, c'est que quand
16:05j'écoutais des chansons à la radio qui me plaisaient, j'écoutais moins la mélodie
16:11principale que la basse, par exemple.
16:14J'écoutais la basse et je fredonnais la ligne de basse et très vite, j'ai compris
16:18comment ça fonctionnait l'harmonie, les trois notes qui forment un accord et c'est
16:23comme ça que je me suis appris à composer et j'ai très vite formé des groupes a cappella.
16:29Donc, on faisait beaucoup de chants a cappella, des chants a cappella à trois, quatre voix.
16:33Ça a commencé avec le R&B, je crois, dans des groupes.
16:35Oui, ça a commencé avec le R&B américain, avec des groupes comme Boyz II Men et d'autres.
16:39En France, dire le R&B, on a un peu oublié.
16:41Il y avait deux choristes qui ont fait « Si la vie demande ça », c'était les natives.
16:47Ah oui, les natives, bien sûr.
16:48Et il y a eu Ophélie Winter qui a été là.
16:49Il y a eu Ophélie Winter, il y a eu les natives, il y a eu les Poetic Lovers.
16:55Après, aujourd'hui, il y a une vraie ressurgence de ce genre-là et dans une forme qui est prise
17:03beaucoup plus de sérieux par le public.
17:05La télévision rwandaise est née en 92.
17:07Au départ, c'est une télévision culturelle où on doit évoquer l'éducation.
17:11L'environnement, l'évolution de la société.
17:14Et puis, paf, en 93, vous vous retrouvez dans une émission qui s'appelle « Découverte 1993 ».
17:18Ce n'était pas de rapport avec ce qui était prévu.
17:21Non, ce n'était pas prévu.
17:22C'était ma première télé.
17:25Je pense que c'était mon premier contact avec le métier, en fait.
17:31Je pense que c'est la première fois où je me suis dit que c'est possible, c'est une option.
17:35Comment vous êtes arrivé là-dedans ?
17:37C'était la première année de la télévision rwandaise.
17:39Parce que nous, au Rwanda, la télévision publique est arrivée très tard.
17:44La télévision nationale et la première année de cette télévision-là, dans la programmation,
17:50il y avait un concours de chant, un concours de musique.
17:52Et les potes à moi avec qui je faisais la musique, on a dit « On va envoyer un démo ».
17:59Il a été accepté, on a participé.
18:02Puis on participait en même temps que parmi nos compétiteurs, il y avait des gens qui avaient du métier.
18:08Des vrais groupes, des vrais artistes qui étaient là, qui avaient un peu de bouteille.
18:14Et nous, on est arrivés comme ça, à 15 et 16 ans.
18:18Et on a fini quatrième, je pense.
18:20C'était très encourageant.
18:24C'est pour ça que je disais que je pense que c'est le premier contact avec le métier pour moi.
18:29C'est là que je me suis dit que c'était une possibilité.
18:31Ensuite, ça continue en Allemagne.
18:33Vous avez commencé dans des discothèques à chanter.
18:36Oui, je chantais dans les boîtes en Allemagne.
18:42Quand j'avais l'occasion, je connaissais un DJ.
18:45Il me faisait monter à côté de ses platines et je faisais un morceau.
18:48Je chantais un morceau, une reprise d'un morceau qui cartonnait à l'époque.
18:55Et après, quand je suis allé au Canada, j'ai continué.
18:58Mais en Allemagne, de toute façon, les Beatles ont commencé en Allemagne.
19:01C'était un centre névralgique pour la musique électronique, la techno, la pop.
19:06Et vous avez même failli devenir DJ.
19:10Ça m'intéressait à un moment donné.
19:12J'ai toujours essayé de trouver des façons d'être autonome en musique.
19:16Et il y avait quelque chose chez le DJ, cette idée de n'avoir besoin que de plaques tourmentes
19:23et de faire danser les gens que je trouvais très séduisant.
19:28Après, je trouvais qu'il y avait une dimension créative qui manquait à l'exercice.
19:38Je me voyais mal écrire des chansons, composer des chansons et les exprimer dans cette configuration DJ-là.
19:46Parce que le but d'un DJ, c'est de faire danser quand même.
19:48Et moi, je n'ai pas toujours nécessairement envie de faire danser les gens avec mes chansons.
19:51Et puis alors, effectivement, le Québec est arrivé.
19:53Je crois que vous êtes arrivé là-bas en ayant entendu parler d'un certain oncle Jean.
19:59C'est... Ah, vous parlez de mon oncle ?
20:02Oui.
20:03Oui, c'est...
20:04C'est parce que quand j'en parle dans mon livre, je ne le nomme pas pour des raisons de respect de vie privée.
20:11Donc, ce n'est pas son vrai nom Jean, mais c'est le grand frère de mon père.
20:14Voilà.
20:14Le grand frère de mon père qui vivait à Montréal depuis quelques années déjà.
20:18Et là, vous êtes allé arriver à Montréal, où vous avez fait, parce qu'il fallait bien faire la chose sérieuse,
20:23des études de communication très sérieuses à l'université Concordia,
20:26qui tire d'ailleurs son nom de la devise de Montréal, la prospérité par la Concorde.
20:30C'est ça.
20:31Et pourquoi la communication ?
20:33Parce que les adultes, dont mon oncle justement, m'avaient mis un peu de pression
20:40en me disant qu'il fallait absolument faire des études.
20:42Donc, pour faire taire tout le monde, j'ai choisi le truc qui se rapprochait le plus du métier de chanteur.
20:50Parce que je me suis dit, communication, chanter, c'est communiquer finalement.
20:54Donc, je vais probablement moins m'ennuyer en communication qu'en génie civil, par exemple.
21:03Et ça ne vous a pas vraiment intéressé quand même ?
21:05Assez pour faire, j'ai quand même fait trois ans, et au bout du parcours,
21:11j'ai compris que ça me prenait, ça grugeait un petit peu sur le temps que j'aurais pu allouer à ma musique.
21:16Et donc, j'ai arrêté, j'ai arrêté à partir de la troisième année,
21:22et c'est l'année où j'ai commencé à travailler sur mon album.
21:24Voilà, et justement, cette année-là, il s'est passé plein de choses,
21:27et on va l'évoquer à travers une date importante de votre vie, le 15 juillet 2002.
21:32A tout de suite sur Sud Radio, avec Corneille.
21:34Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
21:38Sud Radio, les clés d'une vie, mon invité Corneille,
21:41pour ce nouveau livre, La mélodie du pardon, chez XO Éditions.
21:44Vous êtes de passage à Sud Radio, parce que vous êtes en France, je crois, pour quelques jours.
21:48Vous vivez toujours à Montréal.
21:50Et pourtant, la France a une influence importante sur votre carrière,
21:55le 15 juillet 2002.
21:57Ce jour-là, ce sont les francophonies de La Rochelle qui débutent,
21:59et vous êtes sur scène en première partie de Burning Spear,
22:02qui est un maître du ruguet.
22:04Je suis en fait entre Burning Spear et juste avant, il y a Kerry James.
22:08Oui, quand même.
22:09Donc, autant vous dire que je n'ai pas du tout l'impression d'avoir ma place là.
22:15Et pourtant, j'y suis.
22:16Ma maison de disques m'avait trouvé ce petit 15 minutes,
22:20pendant que le groupe, les musiciens de Burning Spear s'est installé.
22:25Donc, il y avait des fils qui, limite, si on ne me demandait pas de me pousser pour pouvoir bouger les fils.
22:30Et là, il s'est passé quelque chose d'extraordinaire.
22:33C'est-à-dire que je me suis présenté devant un public sur la plus grande scène des francophonies de La Rochelle.
22:38Il y avait des milliers de personnes.
22:40Il y avait des milliers de personnes.
22:41En chantant des chansons qu'ils ne connaissaient pas.
22:45C'est un petit peu le drame de toute personne qui fait la première partie.
22:49C'est-à-dire que tu es bien conscient du fait que les gens ne sont pas venus te voir toi.
22:52À la limite, ils ont juste envie que tu finisses le plus tôt possible
22:55pour qu'ils puissent voir enfin l'artiste pour lequel ils sont venus.
22:58Et en fait, non, il s'est passé un truc absolument magique où les gens étaient à l'écoute.
23:02Non seulement étaient à l'écoute, mais ils étaient tellement à l'écoute
23:04qu'ils ont commencé à apprendre, à la voler le texte des refrains et à les chanter.
23:15Et ça, c'était un moment de grâce pour moi.
23:19Parce que je me suis dit, c'est un public que je ne connais pas, qui ne me connaît pas.
23:21Je suis en France.
23:23C'était peut-être ma troisième ou quatrième fois sur le sol français.
23:28Et que déjà, je sentais une adoption, un accueil de la part du public français.
23:34Voilà.
23:34Il n'y avait pas encore...
23:36Vous étiez à Montréal aussi.
23:37Il y avait aussi à Montréal les francopholies depuis 1989
23:41que Jean-Louis Foulquier avait apportées.
23:43Ça, vous les connaissiez ?
23:45Oui, oui, bien sûr.
23:46Mais c'est d'ailleurs pour ça que la France est, j'allais dire,
23:56a une importance capitale dans ma carrière.
24:00C'est le public français qui m'a fait naître.
24:02Exactement.
24:04Et j'ai fait les franco de la Rochelle avant de les faire à Montréal.
24:08Alors qu'à Montréal, vous avez commencé, je crois, avec un groupe de rap
24:12qui était le groupe Dugmatik.
24:15Vous avez été remarqué par Dugmatik qui était un groupe important.
24:17Oui, Dugmatik qui était le groupe de rap à l'époque à Montréal.
24:22Et à leur troisième album, ils m'ont invité en plus pour partager un morceau qui était sur leur album.
24:34J'ai fait quelques dates de concert avec eux.
24:37Et vous avez repéré ?
24:38Oui, parce que j'étais dans le circuit, puis j'étais proche de la scène.
24:42Et la scène rap et R&B à Montréal était quand même très, très proche.
24:48Et comme c'était un petit peu le groupe du moment en rap,
24:55j'ai eu la chance de les accompagner en concert,
25:00de chanter une fois de temps en temps un morceau ou deux lors de leur concert
25:05et en même temps de faire les chœurs pour eux, par exemple.
25:10Et un des membres de Dugmatik a lancé une compile
25:12sur laquelle figurait une chanson que j'avais composée pour mon groupe de l'époque.
25:19Et c'est grâce à cette chanson-là que Francis Julien,
25:22qui m'a signé à la maison de disque Vagram,
25:25qui est encore ma maison de disque aujourd'hui,
25:27m'a découvert.
25:27C'est grâce à cette chanson-là sur cette compilation.
25:29Voilà.
25:30Et ça a donné justement votre premier succès.
25:32Alors là aussi, c'est très surprenant parce que vous espériez en vendre quelques milliers
25:42et ça a été un immense succès qui a changé votre vie, Corneille.
25:45Oui, c'est Francis Julien, le directeur général de ma maison de disque à l'époque,
25:52qui me dit, ce que tu proposes, ça sort un petit peu des sentiers battus,
25:57donc il ne faut pas s'attendre à ce que ça cartonne tout de suite.
26:01Mais nous, on est prêts à t'accompagner,
26:03donc on va inventer quelques dizaines de milliers dans un premier temps,
26:06puis après tu feras un deuxième album,
26:07et puis on va bâtir une carrière dans les règles de l'art,
26:12donc ça va être graduel.
26:13Et finalement, non, grosse et belle surprise,
26:16le premier album, il cartonne.
26:22C'est devenu disque de platine tout de suite ?
26:24C'est devenu disque d'or et de platine très rapidement,
26:28et après disque de diamant plus tard.
26:30En fait, ce qui a été surprenant,
26:36ça a été les ventes, les chiffres,
26:43parce que quand on dit ça comme ça,
26:44disque du diamant, à l'époque, c'était un million de disques vendus,
26:49mais honnêtement, je pense que même le disque de platine était surprenant.
26:55Surtout que cette chanson, vous l'aviez sortie au Canada un an avant,
26:59et que personne ne s'y était vraiment intéressé.
27:01Non, c'est ça, j'avais eu un petit peu de presse, un petit peu de...
27:05Voilà, mais c'était quand même, ça restait confidentiel.
27:08Mais ça, c'est propre au Québec, souvent,
27:11surtout pour un certain style de musique,
27:14il faut avoir la validation de nos cousins français
27:17pour avoir le respect chez nous,
27:19mais bon, ça c'est...
27:20On se le pardonne.
27:22Oui, en plus, les cousins français,
27:24quand ils arrivent au Québec,
27:25qui sont gentils avec la québécoise,
27:27je l'ai vu avec des animateurs comme Michel Drucker,
27:29ils sont bien accueillis,
27:30mais quand un animateur français arrive
27:32et se prend pour une star au Québec,
27:33il est jeté immédiatement.
27:35J'en ai connu.
27:36Oui, parce qu'on n'a pas ce rapport avec le vedettariat, en fait.
27:41C'est-à-dire que la vedette, la star québécoise
27:44est quelqu'un de qui les gens se sentent
27:49et ont envie de se sentir proches.
27:53Il n'y a pas de mur, en fait.
27:54Il n'y a pas tant de distance.
27:56Donc, en général, plus tu es connu au Québec
27:58et plus les gens se sentent proches de toi.
28:02Ce qui n'est pas du tout le cas ici.
28:04Quand on vient de loin, c'était né comment, l'idée ?
28:06C'est venu de...
28:08En fait, je pense aux premières phrases,
28:12aux deux premières phrases de la chanson
28:13« Nous sommes nos propres pères,
28:15si jeunes et si sérieux, ça me fait penser ».
28:18J'observais des amis,
28:21des connaissances de ma génération
28:23qui avait mon âge, qui avait donc la jeune vingtaine,
28:26immigrants, pour la plupart d'entre eux rwandais,
28:29et qui est arrivés à Montréal,
28:32qui n'étaient pas forcément avec leur famille,
28:34parce qu'ils avaient perdu soit leurs parents
28:36ou qu'ils étaient séparés de leurs parents,
28:38qui ont dû se prendre en main
28:40à un trop jeune âge.
28:43où je regardais des copains et des copines à moi,
28:47je me suis dit, en fait, ils se comportent déjà
28:49un petit peu en père ou en mère de famille,
28:52alors qu'ils n'ont même pas d'enfant,
28:53mais ils ont tout de suite compris
28:55qu'il fallait qu'ils soient...
28:56qu'ils étaient seuls responsables de leur sort.
28:59Et je trouvais
29:00ce saut
29:03générationnel
29:06par la force des choses,
29:08parce qu'on n'est plus dans son pays,
29:09parce qu'on est loin
29:10des nôtres, de nos proches,
29:13intéressant.
29:15Puis là, j'avais toujours l'impression
29:17que j'étais le seul dans cette situation.
29:18Quand je regardais autour de moi,
29:20je regardais les jeunes immigrants
29:21dans mon âge,
29:23qui partageaient les mêmes réalités,
29:24je me suis dit,
29:25en fait, ils ont le même genre de comportement.
29:27C'est des vieux jeunes.
29:29Exactement.
29:30Alors, il se trouve aussi que,
29:31grâce à cette chanson,
29:32quand on vient de loin,
29:33Corneille,
29:34vous êtes devenu le symbole d'une jeunesse.
29:37Vous êtes devenu un exemple.
29:39Il paraît.
29:40J'ai toujours du mal,
29:42je suis toujours gêné
29:43de le recevoir,
29:45parce que je n'ai pas...
29:48Je n'ai pas...
29:49Je l'entends.
29:50Vous venez de me le dire.
29:52Je ne suis pas le premier à vous le dire.
29:54Je l'accepte
29:55et avec beaucoup,
29:56beaucoup de gratitude.
29:58Mais c'est vrai que c'est très étrange
29:59de...
30:03Généralement,
30:04les modèles sont des gens
30:06qui...
30:08qui prennent ce job à cœur,
30:14j'ai l'impression,
30:14en tout cas,
30:15et qui le revendiquent
30:17et qui disent,
30:18oui, moi,
30:19j'ai envie que la jeunesse
30:21se comporte de cette manière,
30:22et qui sont explicites
30:24dans la démarche de...
30:25Oui, voilà,
30:26j'éduque.
30:27Moi,
30:27je n'ai jamais fait ça.
30:29À la limite,
30:29je commence à faire ça maintenant
30:30parce que je suis papa
30:32et que dans mon quotidien,
30:33c'est mon job
30:34d'être dans la transmission.
30:36Mais l'œuvre
30:38qui a fait de moi ce modèle-là
30:42est une œuvre
30:43que j'ai réalisée
30:44en thérapie, en fait.
30:46C'est une œuvre
30:47où j'ai...
30:48Si j'étais un modèle,
30:49je l'étais par accident.
30:50Vraiment, ouais.
30:50Alors, il se trouve aussi
30:51que vous êtes devenu canadien,
30:52vraiment,
30:53je crois,
30:53le 5 novembre 2004,
30:54ce qui n'était pas évident au départ.
30:55C'est jamais évident, en fait.
30:58Et ça, c'est...
30:59Il faut avoir été immigrant
31:01dans un autre pays
31:03pour comprendre
31:04l'importance du moment
31:07où on est régularisé
31:09administrativement.
31:10C'est-à-dire que jusque-là,
31:12avant mon passeport canadien,
31:13j'étais dans un espèce
31:15de no man's land.
31:16Il y avait toujours le risque
31:17qu'un jour,
31:18je fasse une connerie
31:18et qu'on me dise...
31:20Dehors.
31:21Merci, dehors, quoi.
31:22À partir du moment
31:23où j'avais mon passeport canadien,
31:24je me suis dit,
31:25OK, là, ça va,
31:26je peux commencer à dire
31:28que j'ai un nouveau chez moi,
31:30c'est le Québec,
31:30c'est le Canada.
31:31Et vous êtes revenu
31:32en France régulièrement
31:33et notamment pour cette émission.
31:41La cinquième saison
31:42de Danse avec les Stars
31:43et vous avez fini sixième,
31:45ce qui est pas mal du tout.
31:46Oui, ce qui est pas mal du tout,
31:47surtout sachant
31:47que c'est pas du tout...
31:49C'est pas mon métier premier,
31:54mais c'est pas du tout
31:55quelque chose qui...
31:58C'est aussi de la télé,
31:59donc c'est pas du tout...
32:00Il s'agit pas juste de danse,
32:01il s'agit de télé,
32:02donc il s'agit de jouer un jeu
32:03et de...
32:04Et c'est pas du tout...
32:06C'est pas dans mes cordes
32:07que de jouer ce jeu-là.
32:11Mais ça a été
32:12une très, très, très belle expérience.
32:14Et surtout,
32:15je l'ai partagé
32:16avec quelqu'un
32:17qui est devenu
32:18un grand ami,
32:19qui est Anthony Cavana,
32:20la même année.
32:22On a passé
32:23de bons moments,
32:24puis en plus,
32:25j'étais en famille,
32:26j'étais avec mon épouse
32:26et notre garçon.
32:28On a pu vivre...
32:31On a fait l'expérience
32:32de Paris
32:32comme on avait jamais
32:33eu l'occasion de le faire.
32:35Et je pense que oui,
32:37c'est cette émission-là
32:38qui nous a permis
32:39de faire ça.
32:40Voilà.
32:40Il y a la télé et la radio
32:41car vous avez aussi,
32:43depuis 2004,
32:44fait de la radio
32:45au Québec.
32:46On vous a engagé
32:47comme animateur
32:48pour évoquer
32:49le samedi soir,
32:49le R&B.
32:50Oui, oui, oui.
32:51Et ça, c'est...
32:53Quel plaisir !
32:53Quel plaisir !
32:54Et je découvre
32:55la beauté
32:58de votre métier,
33:00cette intimité
33:01que vous arrivez
33:02à créer
33:04avec des gens
33:05qui sont de l'autre côté
33:06du micro,
33:09mais que vous accompagnez,
33:10par votre voix,
33:11votre propos.
33:14En fait,
33:14j'ai toujours entretenu
33:16ce petit rêve
33:16de faire de la radio un jour.
33:17J'ai toujours aimé
33:18ce médium.
33:19C'est quelque chose
33:20qui m'a toujours plu.
33:22Aussi parce que
33:23je fais de la musique
33:26de façon publique
33:28et que faire de la télé,
33:31ça fait partie du job.
33:33Mais ce n'est pas un médium
33:34avec lequel je suis
33:35nécessairement à l'aise.
33:36Le regard de l'autre,
33:37la caméra,
33:39le petit point rouge
33:40qui s'allume
33:41quand c'est le temps
33:41de retrouver son personnage
33:43et tout ça,
33:44ça n'a jamais été
33:45un exercice
33:46dans lequel je me suis
33:46senti à l'aise.
33:48Mais par contre,
33:48la radio,
33:49je trouve ça
33:50incroyablement
33:52efficace.
33:55C'est juste
33:55quand on veut
33:56s'adresser à l'autre
33:57et faire passer
33:58des émotions,
33:59faire passer des messages.
34:00Je précise que la radio,
34:01elle est filmée
34:02sur notre chaîne YouTube.
34:03Oui, mais on ne sent pas.
34:04On ne sent pas.
34:05Non, je n'ai pas l'impression
34:06de faire de la télé
34:07en ce moment.
34:08j'ai l'impression
34:09de parler avec vous
34:10et d'être entendu
34:11par des gens
34:12que je ne vois pas.
34:13Plus d'un million
34:14d'abonnés
34:14sur la chaîne YouTube.
34:15Ils sont nombreux
34:16à vous écouter
34:17et ils seront nombreux
34:18dans quelques instants
34:19à découvrir le livre
34:20qui est sorti
34:20le 15 mai 2025.
34:22A tout de suite
34:22sur Sud Radio
34:23avec Corneille.
34:24Sud Radio,
34:25les clés d'une vie,
34:26Jacques Pessis.
34:27Sud Radio,
34:28les clés d'une vie,
34:29mon invité Corneille.
34:30On a évoqué
34:31votre parcours,
34:32parcours que vous évoquez
34:33dans ce livre
34:33qui est sorti
34:34le 15 mai 2025,
34:35La Mélodie du Pardon.
34:37On sait que vous êtes musicien,
34:39on sait les drames
34:40que vous avez connus.
34:41Pourquoi ce livre
34:42La Mélodie du Pardon
34:42qui est sorti
34:43chez Ixo ?
34:45C'était un prétexte
34:46pour retrouver mon papa
34:47parce que j'avais
34:48des petits comptes
34:49à régler avec lui.
34:50Je l'ai logé au paradis
34:51parce que j'ai grandi
34:53dans un Rwanda catholique.
34:55On m'a toujours dit
34:56qu'après cette vie-ci,
34:58on va au paradis
34:59si on s'est bien comporté.
35:00Et donc,
35:01je me suis imaginé
35:02mon papa
35:03qui est parti
35:04quand j'avais 17 ans
35:07dans ce lieu-là
35:08où il aurait en plus
35:09des réponses à me donner
35:10sur plein de choses,
35:11notamment sur les raisons
35:18qui expliqueraient
35:19les difficultés
35:21qu'on a à vivre ensemble
35:21en ce moment.
35:23Parce que j'ai vu
35:24le prix à payer
35:27qu'on n'a pas assez insisté
35:29sur le fait
35:31qu'on a plus à gagner
35:32à être dans le dialogue,
35:34à se révéler les uns aux autres
35:36et à se dire
35:38que l'écoute
35:41est probablement
35:44le seul rempart
35:45avant la catastrophe.
35:49Et là,
35:49j'invoque mon papa
35:51pour lui demander
35:51comment on fait
35:52parce que je remarque
35:52des choses qui me font peur.
35:54En ce moment,
35:54autour de moi,
35:55autour de nous,
35:57le vivre ensemble
35:58n'est pas facile.
35:59Et donc,
36:00je demande à mon père
36:01comment on fait.
36:02Toi qui es là-haut,
36:03qui sait tout,
36:04donne-nous des petits tuyaux
36:05parce qu'on est un petit peu
36:07perdus.
36:09Et d'ailleurs,
36:10vous expliquez dans ce livre
36:12Corneille
36:12qu'il est au paradis
36:13et pas en enfer.
36:15Non,
36:15ça ne se fait pas
36:16mettre son papa en enfer.
36:18On peut,
36:18après,
36:19moi le mien,
36:20il n'a pas été
36:22assez mauvais
36:23pour que je lui réserve
36:25ce sort-là.
36:26Et puis,
36:26de toute façon,
36:27les leçons
36:28dont j'ai besoin
36:29à ce moment,
36:29elles ne viendraient pas
36:30de l'enfer.
36:30j'ai besoin
36:31de leçons
36:32qui viennent
36:33d'un lieu
36:34un peu plus bienveillant.
36:36Exactement,
36:36comme beaucoup de gens
36:37aujourd'hui.
36:38Et il y a un mot
36:38qui revient
36:39et ce mot,
36:40on peut l'évoquer
36:40à travers une chanson.
36:41La chanson
36:49de Lucien Boyeux
36:50que vous connaissez
36:50forcément,
36:51vous savez que cette chanson,
36:53elle est née par hasard,
36:54elle était chez un éditeur
36:55pour choisir une chanson,
36:56elle entend la chanson
36:57dans une pièce à côté,
36:58elle est allée voir le musicien
36:59et elle dit
36:59je veux cette chanson.
37:01Et elle est devenue
37:01une star mondiale
37:03puisqu'elle défilait
37:04sur la 5ème avenue
37:05comme un président
37:06des Etats-Unis
37:06parce qu'elle avait fait
37:07cette chanson.
37:08Parce qu'elle avait fait
37:08cette chanson-là.
37:08C'est extraordinaire.
37:09Ah ouais,
37:10les chansons
37:11ont des histoires
37:12extraordinaires souvent.
37:13Alors amour justement,
37:14c'est un mot
37:14que vous employez
37:15beaucoup dans ce livre,
37:16Corneille.
37:17C'est la clé.
37:18C'est la clé.
37:21Et je dis aussi
37:22que dans le livre
37:23que l'amour est en fait
37:26l'autre côté
37:28d'une même pièce.
37:34Et cette pièce
37:34à un autre côté,
37:35c'est la haine aussi.
37:36C'est-à-dire que la haine
37:37et l'amour sont en fait
37:38la même chose.
37:40On provient
37:41à peu près
37:42de la même source.
37:46On parle beaucoup
37:47de haine
37:47sans la comprendre.
37:49Et si on ne prend pas
37:49le temps
37:50de la comprendre,
37:51on n'arrivera pas
37:51à l'amour.
37:52Et c'est un petit peu,
37:54ça fait partie
37:54de ces leçons-là
37:56que je partage
37:58dans ce livre-là
37:59où je m'appuie
38:01sur mon vécu
38:01au Rwanda
38:02pour...
38:03et je me sers
38:06de mon papa aussi.
38:07Mon papa,
38:07je le réinvente
38:08un petit peu
38:09parce que c'est des conversations
38:10qu'on n'a pas eues,
38:11c'est des conversations
38:11que je m'imagine.
38:13Mais pour arriver
38:13à cette conclusion,
38:15pour arriver à la conclusion
38:15qu'en fait,
38:17on ne peut pas parler
38:18que d'amour
38:19versus la haine,
38:20c'est-à-dire que
38:21l'un n'est pas
38:22le contraire de l'autre.
38:23Au contraire,
38:25il faut...
38:26il faut...
38:27il faut avoir
38:29un minimum
38:29de bienveillance
38:30face à la haine
38:32pour un jour
38:34arriver à l'amour.
38:35Alors qu'aujourd'hui,
38:36j'ai l'impression
38:36qu'on est dans
38:37une espèce
38:38de manichéisme
38:39qui consiste à dire
38:42que, ben non,
38:43il y a ceux
38:43qu'il faut haïr
38:44et il y a ceux
38:44qu'il faut aimer.
38:45Et ceux qu'il faut haïr,
38:47c'est forcément
38:47ceux qui font le mal
38:48et il y a les autres
38:51qui ont l'air
38:51de faire le bien
38:52donc ils méritent
38:53l'amour qu'ils reçoivent
38:54mais c'est...
38:55l'humanité,
38:57c'est beaucoup plus complexe
38:58que ça
38:58et c'est ce que j'essaie
38:59de partager dans le livre.
39:00Justement,
39:00le fil conducteur
39:01de ce livre,
39:02ce sont un peu
39:02les expériences
39:03que vous avez vécues
39:04qui vous ont permis,
39:06Corneille,
39:06de vous construire
39:07ou même de vous reconstruire.
39:09De me construire
39:10et de me reconstruire
39:11et une des grandes clés
39:13de ça,
39:14c'est d'avoir compris
39:14justement
39:15que,
39:16un,
39:17que je n'étais pas
39:18à l'abri
39:19de devenir
39:21le monstre
39:22que j'accuse
39:22c'est-à-dire
39:24que si j'estime
39:24que je m'en sors
39:26pas mal
39:27moralement,
39:28que je n'ai pas fait
39:28trop de bêtises
39:29dans ma vie,
39:31c'est que j'ai eu
39:34de la chance.
39:35Oui,
39:35et puis dans le dialogue
39:36avec votre père,
39:37il explique
39:38qu'il faut souffrir
39:39pour avoir
39:41le pardon de soi.
39:43Oui,
39:43oui,
39:43et après ça c'est
39:44un petit peu,
39:45moi je trouve
39:45que dans ce qu'il me dit
39:47il y a une justice,
39:49c'est-à-dire
39:50qu'on souffre tous.
39:51On souffre tous
39:52ou on a tous souffert
39:53et on a donc
39:54tous accès
39:55à ce pardon-là,
39:56on a tous accès
39:57à ce genre
40:00de leçons.
40:01Moi je pense
40:01qu'il y a toujours
40:01une naissance biologique
40:04puis on a une deuxième
40:05naissance qui est celle
40:06où on se fait rentrer
40:10dedans par la vie
40:11et on rencontre
40:12la souffrance justement
40:12mais la souffrance
40:15ça peut nous apprendre
40:15des choses,
40:16ça peut être un enseignant
40:17très puissant aussi.
40:18Voilà,
40:19justement c'est un message
40:19d'optimisme
40:20comme on en lit rarement,
40:22c'est-à-dire que vous avez souffert
40:22énormément,
40:24comme peu souffrent
40:25et puis vous en tirez
40:26une résilience.
40:28Oui,
40:29oui,
40:29c'est parce que c'est
40:30ça la vie,
40:32c'est pour ça que je
40:33je parle de l'amour
40:36et de la haine
40:37comme étant
40:37un membre
40:39de la même famille
40:40et c'est aussi pour ça
40:41que je parle
40:42de la souffrance
40:44et du bonheur
40:44comme étant
40:45les enfants
40:47de la même source
40:50c'est ça,
40:51c'est-à-dire qu'on
40:52ne peut pas juste
40:52vouloir être heureux
40:53sans reconnaître,
40:56sans accepter
40:57et sans apprendre
40:58les leçons
40:58que la souffrance
40:59nous procure.
41:01C'est l'un
41:01va avec l'autre.
41:03Voilà,
41:03et la souffrance
41:04vous l'avez connue
41:04et vous dites même
41:05dans ce livre
41:06vous avouez avoir
41:07consulté des psys.
41:08Oui,
41:08bien sûr,
41:09bien sûr.
41:10Je dis des
41:11mais en vrai une
41:12parce qu'il y en a deux
41:13que j'ai consultées
41:13et puis ils n'étaient
41:15pas très sérieux.
41:17C'est un petit peu
41:17comme tout,
41:18c'est un peu comme
41:18les avocats
41:19et les comptables.
41:20Il y en a des bons
41:20et des mauvais.
41:21Les mauvais peuvent
41:22te détruire
41:23et les bons
41:24peuvent te changer
41:25une vie.
41:26Je n'ai finalement
41:27pas retrouvé la bonne
41:28et c'est elle
41:29qui m'a ouvert les yeux
41:31sur beaucoup de choses.
41:34Entre autres
41:35le potentiel humain
41:36c'est-à-dire
41:37la capacité
41:37qu'on a tous
41:38d'aller toucher
41:40le fond
41:41de nos souffrances
41:43et en retirer
41:44beaucoup de biens
41:45et en retirer
41:46beaucoup de richesses.
41:48Vous interrogez aussi
41:49sur le bonheur.
41:50Est-ce qu'on peut
41:51être heureux ?
41:51Est-ce que ce bonheur
41:52peut venir et partir
41:53rapidement ?
41:54Ce sont presque
41:55des questions
41:55philosophiques,
41:56Corneille.
41:57Oui,
41:57c'est ça.
41:57Mais de toute façon
41:58tout ce qui échappe
42:00au concret
42:02à la science
42:03dans la vie
42:03finit par devenir
42:04philosophie.
42:06Je veux dire
42:06pourquoi est-ce qu'il y a
42:08des gens
42:08qui subissent
42:10le pire
42:10et s'en sortent
42:11et d'autres pas.
42:13On n'a pas le choix,
42:14on résout toujours
42:15le seul ressort,
42:17ça reste toujours
42:17la philosophie.
42:18Il faut être souple,
42:21il faut trouver
42:22une suplesse intellectuelle
42:23pour faire la paix
42:25avec certaines choses
42:26et pour trouver
42:30un terrain d'entente
42:31avec cette condition humaine
42:33qui est encore une fois
42:34très complexe,
42:35c'est-à-dire
42:35qu'on peut passer
42:35en une journée
42:36d'être le témoin
42:38d'une scène horrible
42:40qui se passe
42:41dans un pays
42:42loin de chez nous
42:43et se dire
42:44mais où va l'humanité ?
42:46Qu'est-ce que
42:46nous sommes en train
42:47de devenir ?
42:49Et après,
42:50te retourner
42:50puis embrasser
42:52ton bébé
42:53et te dire
42:55finalement l'humanité
42:56c'est tout ça
42:57et tout ce qui est
42:57entre les deux.
42:58Vous êtes aujourd'hui
42:59plus vieux que votre père,
43:00vous êtes presque
43:01devenu un sage,
43:02Corneille.
43:03Oui,
43:03en tout cas,
43:04je pense que je suis...
43:05je devrais être plus sage
43:06que mon père
43:07parce que je suis plus âgé
43:08que lui,
43:08mais lui est au paradis
43:09donc il a cet avantage.
43:11Mais de toute façon,
43:12un jour,
43:12je compte bien le rejoindre
43:13donc on sera quitte.
43:15Le plus tard possible.
43:15Alors il se trouve
43:16que vous évoquez aussi
43:17ce qui a changé votre vie,
43:19c'est-à-dire je crois
43:19en 2005,
43:20Corneille,
43:20la rencontre avec Sophia
43:21qui est devenue
43:22la femme de votre vie.
43:23Oui,
43:24ça a été
43:24la grande rencontre.
43:28Je pense que tout...
43:30et je le souhaite
43:31à tout être humain.
43:33Il y a l'amour
43:33avec un grand A
43:34mais il y a aussi l'amour,
43:38la rencontre
43:38avec quelqu'un
43:39qui te complète,
43:40avec qui on a envie
43:42de construire,
43:44d'avoir un projet,
43:45de fondateur,
43:46de construire quelque chose.
43:47Dans mon cas,
43:47en plus,
43:48j'étais dans une...
43:50j'avais un grand besoin
43:51de continuer
43:51ce qui avait été interrompu,
43:53de fonder ma propre famille,
43:55mais il est hors de question
43:56que je le fasse
43:57avec n'importe qui
43:58et j'ai eu la grande chance
43:59de rencontrer
44:00quelqu'un
44:02qui me semblait
44:04vraiment familier.
44:07J'avais l'impression
44:07de la connaître.
44:08Donc le sceau,
44:09au Québec,
44:10on dit tomber en amour.
44:11On ne dit pas tomber amoureux,
44:12on dit tomber en amour,
44:13ce que je trouve
44:13plus juste
44:14et plus fidèle
44:19à l'expérience
44:19parce que c'est une chute
44:21dans quelque chose.
44:22On tombe dans un lieu
44:23qui nous est complètement inconnu
44:25et on rencontre cette personne
44:27en pensant rencontrer un étranger
44:28mais finalement,
44:29on finit par se rencontrer soi-même
44:30parce qu'on a tellement envie
44:32de goûter
44:34à cette chose
44:36qui est
44:37la vie à deux
44:40et éventuellement
44:42la vie à plusieurs.
44:43Oui, car il y a les enfants
44:44qui ont beaucoup changé votre vie.
44:46Bien sûr.
44:47Oui, les enfants,
44:47ça a tout changé.
44:50Et ça, vous avez même,
44:51vous le dites dans votre livre,
44:52convaincu qu'il fallait
44:53renoncer aux tournées.
44:55Oui, parce que je ne trouvais pas ça.
44:57En tout cas, dans mon cas,
44:58je ne trouvais pas
44:59que la vie de tournée
45:00était compatible
45:01à ma vie de papa.
45:03Je trouve ça encore aujourd'hui
45:04très douloureux
45:05de partir.
45:09Je ne pars plus jamais
45:11plus d'une semaine
45:12et comme je vis au Canada
45:14et que la plus grande partie
45:17de mon public
45:17est en France,
45:19c'est quand même toujours
45:20six heures d'avion
45:20et six heures de décalage horaire
45:22et donc c'est compliqué.
45:23mais aussi parce que
45:26je pense être arrivé
45:27au bout de ce rendez-vous
45:28en fait.
45:31J'ai dû écrire
45:32plus d'une centaine
45:33de chansons.
45:35Je rencontre encore
45:35aujourd'hui
45:36deux, trois,
45:39parfois,
45:40parfois trois générations
45:41de gens
45:42qui me disent
45:43on a écouté
45:44votre chanson
45:45et vos chansons
45:48nous accompagnent
45:50encore aujourd'hui.
45:52Il y a une partie de moi
45:53aujourd'hui
45:53qui commence à me dire
45:54dans ce domaine-là
45:56j'ai fait ce que j'avais à faire
45:57en fait.
45:58Il faut en ouvrir d'autres
45:59maintenant.
46:00C'est exactement
46:00ce que je fais.
46:01C'est exactement ce que je fais.
46:02Je suis dans la transmission.
46:04Je pense que c'est le rôle
46:05de...
46:07Je pense que c'est le rôle
46:08naturel
46:09de toute personne
46:10qui a un petit peu
46:10de bouteille,
46:11qui a connu
46:13des hauts et des bas
46:14dans un métier donné.
46:16Arriver à un moment donné
46:18dans sa vie
46:18de dire
46:19finalement
46:19je te donne
46:21des petites clés.
46:23Je partage
46:25ce que j'ai vécu
46:27pour t'éviter
46:29les mêmes erreurs
46:29que moi j'ai faites
46:30ou tout simplement
46:31pour t'accompagner.
46:32C'est ce que je fais
46:33avec des jeunes
46:34avec qui je travaille
46:35au Québec.
46:37Et je donne
46:37des conférences aussi.
46:38Les conférences
46:39que je donne
46:39en fait sont...
46:41En fait,
46:41c'est un désir
46:42qui est né
46:43d'une curiosité
46:44parce qu'encore une fois
46:45j'ai cette obsession
46:46de vouloir faire
46:47des ponts
46:48entre des gens
46:49qui ont l'air
46:50de ne pas s'entendre
46:51du tout.
46:52Et ça a commencé
46:53après la mort
46:54de George Floyd
46:55aux Etats-Unis
46:56en plein Covid
46:57où je me suis rendu compte...
47:00Je me suis réveillé
47:01un petit peu
47:01à ma réalité
47:02de personnes
47:03noires en Occident
47:05et...
47:06et immigrantes
47:08en plus.
47:09Et je me suis rendu compte
47:10que les gens
47:12ne se parlaient pas
47:13autant que je pensais
47:14qu'ils le faisaient.
47:15Et je me suis dit
47:15je vais aller
47:16à la rencontre
47:16des gens
47:17pour échanger
47:18avec eux
47:19sur cette nouvelle
47:20réalité occidentale
47:22qui est un monde
47:23qui change.
47:24C'est-à-dire
47:24que la population
47:25change
47:25parce que la population
47:26est en train
47:28de s'enrichir.
47:29Moi, je trouve
47:29que c'est une richesse.
47:30S'enrichit
47:31de plusieurs ailleurs
47:32et qu'on ne retournera
47:35jamais en arrière
47:35et que donc
47:36il faut trouver
47:36une façon
47:37de s'en accommoder
47:38en fait.
47:39Alors, il se trouve
47:39aussi que la couverture
47:40du livre
47:40La mélodie du pardon
47:42est très particulière.
47:43C'est un jeune artiste
47:44qui l'a réalisé
47:45et vous lui rendez hommage.
47:46Oui, merci.
47:47Merci de le mentionner.
47:48C'est un de mes artistes
47:49préférés en ce moment.
47:51Je suis beaucoup
47:52ce qui se passe
47:53dans l'art contemporain
47:55africain
47:55et lui,
47:56c'est vraiment
47:57un des portes
47:59étendards
48:00de ce mouvement
48:02qui est en train
48:02d'exploser
48:03et c'est Aboudia,
48:04c'est un jeune artiste
48:07ivoirien
48:08qui a une histoire
48:09toute aussi extraordinaire
48:11qui met toujours
48:13l'enfant au centre
48:14de chacune de ses œuvres
48:15et on a échangé.
48:18Je lui ai demandé
48:19de façon très spontanée
48:22est-ce que ça te dirait
48:24de faire une illustration
48:26pour mon bouquin
48:27et ça s'appelle
48:29La mélodie du pardon
48:30et il m'a dit
48:30rien que le titre
48:32ça me parle
48:32et deux semaines plus tard
48:34il m'a offert ça
48:36donc je le salue.
48:37Qui est en couverture
48:38de ce livre
48:39La mélodie du pardon
48:39chez XO Éditions
48:41que je recommande
48:42à tous ceux
48:42qui vous aiment
48:43à toutes celles
48:43qui vous aiment
48:44et à tous ceux
48:45qui justement
48:45ont besoin
48:46de cet art de bien-vivre
48:48qui nous manque aujourd'hui.
48:49Merci Corneille
48:50et puis à bientôt
48:51entre deux voyages
48:52Québec ou la France.
48:53Et avec grand plaisir.
48:55Merci.
48:55L'écoute des juifs
48:56est terminée pour aujourd'hui.
48:57On se retrouve bientôt.
48:58Restez fidèles
48:59à l'écoute de Sud Radio.
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