00:00Vous voulez que je vous raconte mon expérience à Marseille ?
00:01Moi à Marseille, par exemple, j'ai un quartier qui s'appelle Noaï,
00:05dans lequel j'ai déployé des forces de police municipales et nationales.
00:09On attrape en flagrant délit des gens qui ont des couteaux,
00:12ou qui font de la vente à la sauvette,
00:14ou qui sont pris, qui sont amenés au commissariat,
00:17et à la fin on me les lâche.
00:18Ça ne me fait pas plaisir, et ça décourage mes poids.
00:21Mais moi je ne suis pas magistrat, déjà.
00:22Pourquoi on les lâche ? Parce qu'on nous dit qu'il n'y a pas de place,
00:25parce que dans l'ordre des priorités,
00:27entre quelqu'un qui a mis un coup de couteau et quelqu'un qui vend un paquet de cigarettes à la sauvette,
00:31quand on est magistrat, on choisit d'inscrire...
00:33En fait, on ne peut pas s'occuper de tout.
00:35Quand on est magistrat, on choisit d'inscrire plutôt celui qui a mis un coup de couteau
00:38que celui qui vend un paquet de cigarettes.
00:40Mais vous vous rendez compte, Donoie Payan ?
00:41C'est-à-dire sur la question de la récidive.
00:43Je vais au bout.
00:44Pourquoi ne pas récidiver quand on ne prend rien ?
00:46Mais c'est tout à fait le sujet d'ailleurs.
00:48Et ils n'ont compris, c'est-à-dire j'ai réussi,
00:51et nous avons réussi la bataille à Noaï,
00:53qu'à partir du moment où on a tous forcé ensemble,
00:57les magistrats, les policiers,
00:59en faisant comprendre qu'il ne peut pas y avoir d'impunité.
01:02C'est-à-dire que personne ne peut ressortir les voies.
01:05Et au fur et à mesure qu'ils sont restés en détention,
01:09au fur et à mesure qu'il y a eu des comparutions,
01:11les choses se sont calmées.
01:12Mais les choses ne se passent pas du jour au lendemain.
01:14Donc là, j'imagine l'afflux.
01:16Je crois qu'il y a eu 500 arrestations, c'est ça ?
01:17Il y a même eu des arrestations qui ont tourné coups
01:24par manque de place dans les commissariats.
01:25C'est un sujet, ça.
01:28Et ce n'est pas pour rien que nous...
01:30Il faut vous rendre compte qu'on en est en France.
01:31C'est-à-dire que moi, qui suis maire de Marseille,
01:35je suis en train de construire des commissariats de police municipale.
01:38Alors, je suis content de le faire, je le fais,
01:40je rends service à ma population.
01:41Mais ce n'est pas mon job.
01:42Ce n'était pas mon travail.
01:43Et puis ce n'était pas votre premier objectif ?
01:45Ce n'est pas un objectif, c'est une réalité.
01:47J'ai une situation où...
01:48Pourquoi je double la police municipale ?
01:50Pourquoi est-ce doublée ?
01:51J'ai doublé ma police municipale en un mandat.
01:54C'est-à-dire que je suis passé de 400 policiers municipaux à 800.
01:58C'est-à-dire que moi, ville, j'ai recruté plus de policiers municipaux
02:02que ce que la police nationale ne m'a apporté de policiers nationaux.
02:04Parce que c'est une nécessité.
02:06Et donc, ce n'est pas parce que je serai un tout répressif
02:10ou un antilaxiste ou je ne sais...
02:12C'est par pragmatisme.
02:14C'est une réalité.
02:16Et on en a besoin.
02:16Parce que c'est aussi une police qui fait de la répression quand il faut,
02:20de la médiation quand il faut,
02:22qui agit quand il faut le faire,
02:24qui arrête des gens quand il faut le faire,
02:26qui remet les choses à leur place quand c'est nécessaire.
02:29Il faudrait d'ailleurs donner plus de pouvoir...
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