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Les Pionnières du Business : Pauline Boucon Duval
Capital
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il y a 8 mois
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00:00
Une fois qu'on a la valeur travail et qu'on s'accomplit dans un travail,
00:02
effectivement, il faut aussi pouvoir avoir un équilibre et penser à soi.
00:05
Je suis Pauline Boucon-Duval et je dirige le groupe Duval,
00:09
une entreprise familiale qui a 30 ans et qui est une entreprise à mission.
00:13
Alors je dirais qu'au-delà de la formation, j'ai eu de la part de mes parents
00:17
une transmission de valeur, une éducation qu'ils nous ont, avec mon frère,
00:23
tout de suite appris, je dirais, à être autonome, adaptable.
00:27
Tout ce qu'on appelle aujourd'hui les soft skills, qui sont pour moi les plus importantes aujourd'hui
00:30
pour devenir entrepreneur ou dirigeant.
00:33
J'ai commencé par Assas, en gestion d'entreprise.
00:37
Et puis ensuite, je suis partie faire un MBA à New York, pareil, en management d'entreprise.
00:43
Et puis c'est à ce moment-là que j'ai eu le coup de fil, je dirais, fatidique pour rentrer en France.
00:49
Quand mon père m'a contactée quand j'étais à New York pour rentrer en France,
00:54
la façon dont il m'a proposé de le rejoindre, c'était pas du tout en donnant un ordre
01:01
ou en disant « je veux que tu rentres », c'était plutôt en me disant
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« j'aimerais que tu rentres, que tu me rejoignes pour m'aider à développer le groupe ».
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Il avait choisi les mots, je dirais, pour me convaincre.
01:14
Et s'il n'avait pas fait de cette manière, je pense que je ne serais jamais rentrée.
01:18
Et effectivement, c'était un choix difficile à prendre, parce que j'avais commencé ma vie à moi, à New York.
01:28
Je travaillais.
01:29
Le fait de rentrer, ça voulait dire plein de choses, ça voulait dire beaucoup de responsabilités.
01:34
Ne pas le décevoir, ne pas décevoir finalement même les collaborateurs du groupe.
01:38
Donc une grosse pression que je me suis mise à ce moment-là.
01:42
Sans compter qu'en plus, j'étais très jeune, une femme, je pense, et la fille d'eux.
01:47
Donc, quête de légitimité, c'est un gros travail de prouver et de se prouver à soi-même qu'on est capable.
01:57
Mais ça, ça s'acquiert aussi par le travail.
02:00
Montrer qu'on travaille autant que tout le monde, voire plus, qu'on est là pour se déchirer.
02:05
Je me suis fait coacher à un moment donné, quand j'ai pris le titre de directrice générale.
02:10
Et j'ai appris que si on ne se sent pas soi-même légitime, les autres ne peuvent pas vous voir légitime.
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Donc, c'est un gros travail aussi d'introspection, de se faire confiance, de se dire je suis légitime, je peux le faire, j'y arriverai,
02:24
pour que les autres y croient aussi.
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J'ai eu la chance très tôt qu'on me parle d'un réseau qui s'appelle YPO, Young Presidents Organization,
02:31
qui est un réseau de patrons qui permet d'échanger autant sur des problématiques personnelles que professionnelles,
02:38
continuellement se former pour devenir un meilleur leader et donc d'échanger entre pairs sur nos problématiques.
02:45
Les réseaux, en règle générale, c'est hyper important, surtout, je dirais, en tant que femme.
02:49
C'est donc un accélérateur de carrière, mais aussi de développement personnel.
02:52
Dans le groupe Duval, j'ai eu la chance finalement d'avoir un fondateur qui était pro-woman, j'ai envie de dire.
03:02
Et donc, au sein du groupe, on a toujours eu beaucoup de femmes et à des postes à responsabilité.
03:06
Donc, je n'ai fait qu'entretenir ce qu'il a pu créer.
03:11
Par exemple, dans mon réseau YPO, la grosse problématique que j'ai souvent pour faire rentrer des femmes dans YPO,
03:18
c'est non mais je n'ai pas le temps, ça coûte trop cher.
03:20
C'est une vraie problématique que j'ai.
03:24
Alors que c'est ce que je vous disais tout à l'heure, finalement, rentrer dans ce genre de réseau,
03:29
c'est un accélérateur de carrière et de développement personnel.
03:32
Alors nous, on est aussi, en fonction des années, entre 52 et 54% de femmes dans l'immobilier.
03:37
Ce n'est pas un problème pour trouver des femmes dans l'immobilier.
03:40
Alors oui, ça m'est déjà arrivé de me retrouver en minorité dans une salle,
03:45
avec beaucoup d'hommes autour de la table.
03:49
Oui, ça m'est arrivé de me sentir pas très à l'aise parce que des regards pas très bienveillants, etc.
03:57
Mais finalement, je le vois de moins en moins.
04:01
Déjà, il y a de plus en plus de femmes.
04:03
Et j'ai toujours eu la chance, finalement, d'avoir mon père, pas très loin en tout cas, quand j'étais plus jeune.
04:10
Très vite, par exemple, quand je suis devenue directrice générale et qu'il voyait quand j'arrivais
04:14
que je pouvais être la nana qui ramène le café, il disait « Ah, est-ce que je vous ai présenté la directrice générale du groupe ? »
04:22
Donc en fait, ça m'était tout de suite un peu plus de prestance, je dirais,
04:26
dès que j'arrivais dans une pièce.
04:28
C'était plutôt sympa.
04:30
En tant que mentor, évidemment, mon père a joué un rôle primordial, je dirais.
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Il a toujours été à essayer de me donner confiance, de me mettre en avant.
04:39
Souvent, les femmes, on a besoin que quelqu'un derrière valide, nous dise « C'est bien ce que tu fais ».
04:44
Donc j'ai eu la chance d'avoir ça.
04:47
Au-delà de ça, j'ai eu des femmes extraordinaires aussi dans le groupe, des hommes aussi.
04:55
Mais je pense particulièrement à une femme qui est dans le groupe depuis presque le début, en fait,
05:01
et qui a toujours été vraiment dans la transmission aussi, comme si elle faisait partie de la famille, finalement.
05:11
Notre mère a été très forte là-dedans aussi pour nous apprendre l'adaptabilité, l'autonomie, rien lâcher.
05:21
Donc voilà, je pense que c'est des valeurs qui font partie de l'éducation,
05:26
qui sont les plus importantes pour ce type de carrière.
05:29
Alors en fait, je pense que c'est pour ça que les entreprises familiales sont modernes.
05:34
C'est d'être dans la continuité des valeurs qui auront été créées par le fondateur.
05:40
Il faut s'adapter finalement, continuellement, aux défis de notre époque
05:45
et accepter de transformer finalement ce qui aura été créé précédemment en y mettant notre touche.
05:54
Il y a un mot qu'on se dit toujours chez nous, c'est TEP, tout est possible.
06:01
En revanche, il y a quelque chose que je m'interdis, c'est de m'obliger à rester au sein du groupe toute ma vie.
06:10
Je pense que si j'avais eu qu'un seul métier, je me serais un peu embêtée dans ma carrière.
06:14
Donc j'aime bien passer d'un métier à un autre.
06:16
Donc finalement, notre groupe familial avec notre vingtaine de métiers me va très bien.
06:21
Et finalement, apparemment, ça ne me suffisait pas encore.
06:24
Donc en 2014, j'ai eu l'idée de pouvoir investir finalement dans des start-up.
06:32
La première personne à qui j'en ai parlé, évidemment, c'était mon père.
06:35
Je lui ai parlé d'un projet concret tout de suite.
06:38
Je ne lui ai pas dit je veux investir dans des start-up.
06:39
Je lui ai dit voilà, j'ai rencontré les fondateurs de Lydia.
06:45
Regarde la solution, je trouve ça génial.
06:47
Il m'a regardée, il m'a dit mais t'es complètement folle.
06:49
Mais j'ai eu la chance finalement qu'il dorme dessus une nuit, ça suffit.
06:54
Et le lendemain, il m'a dit Pauline, viens voir, réexplique-moi ton truc.
06:58
Ok, why not ?
07:00
Il m'a permis aussi finalement de pouvoir prendre mon envol,
07:05
sans rester finalement collé à ce qu'il avait créé.
07:09
Je pense que ça a été aussi déterminant finalement pour ma propre carrière,
07:12
de pouvoir avoir mes projets à moi après tout au long de ma carrière.
07:18
En fait, ce qui me motive à chaque fois, c'est de pouvoir rencontrer des entrepreneurs
07:24
pour essayer de garder cette flexibilité, je dirais, dans l'entreprise.
07:32
J'ai investi dans des sociétés dirigées par des femmes, mais de façon totalement naturelle.
07:38
J'avoue que quand j'ai commencé en 2014, j'ai investi pas mal.
07:41
Et après, quand Sista s'est créé, je me suis dit tiens, je vais regarder mon portefeuille
07:47
et combien j'ai de femmes qui dirigent des entreprises dans mon portefeuille.
07:52
Et à ce moment-là, j'avais 40% de femmes.
07:55
J'avais pas de problématique pour trouver des femmes, bien au contraire.
07:59
Je pense que finalement, les femmes, effectivement, vendent un petit peu moins la lune
08:04
que certains business plans portés par des hommes.
08:08
Mais en même temps, je dirais pas qu'elles savent moins bien se vendre, c'est pas vrai.
08:11
Je pense qu'elles vont peut-être plus droit au but.
08:15
Souvent, en fait, les femmes d'ailleurs qui portent leurs projets,
08:19
en fait, ça se voit, elles sont hyper passionnées, elles sont pleines d'entrains.
08:23
Et finalement, moi, c'est ça que j'aime, c'est de voir des gens passionnés
08:26
par ce qu'ils font et par le secteur qui les anime.
08:30
C'est souvent ça, en fait, qui fait que je vais vers un projet ou un autre.
08:35
Ce que j'ai essayé de faire depuis le début, depuis que j'accompagne des entrepreneurs,
08:41
c'est de pouvoir aussi me servir de la matière grise, je dirais, qu'on a dans le groupe
08:45
au niveau de la finance, au niveau légal, au niveau des ressources humaines,
08:52
pour les aider, les former.
08:53
Je dirais ces services-supports dont a besoin une entreprise
08:58
et que les entreprises, quand elles sont toutes petites, n'ont pas forcément au début.
09:04
Ça a créé des liens aussi avec notre groupe et ces entrepreneurs.
09:09
Et ça permettait aussi, moi, à mes services-supports,
09:11
qu'ils puissent être confrontés à des entrepreneurs dynamiques, innovants.
09:15
Et parfois même, c'était des beaux retours d'expérience,
09:18
parce que finalement, ça a permis à ces services-supports chez nous
09:21
de se remettre en question, de voir comment est-ce qu'ils pouvaient s'adapter
09:25
aux nouvelles générations parfois, à mettre en place des nouveaux logiciels
09:30
pour être un peu plus performants aussi.
09:34
Je trouve que c'est une très bonne idée de pouvoir mettre en avant
09:37
les entrepreneurs à la télé grâce à certaines émissions.
09:42
Finalement, ça montre aussi beaucoup le tissu économique qu'on peut avoir en France.
09:46
Mais effectivement, je pense qu'il y a un volet qu'on ne voit pas beaucoup à la télé,
09:50
qui est la difficulté qu'il y a derrière,
09:55
devoir se remettre en question constamment,
09:58
tomber et puis se relever, la résilience finalement des entrepreneurs.
10:02
C'est difficile tout au long de la vie d'un entrepreneur.
10:05
Dès la création du projet, aller convaincre des investisseurs.
10:10
Je pense que ce qui est très difficile, c'est peut-être aussi de faire,
10:14
je dirais, son premier million de chiffre d'affaires,
10:16
de passer de zéro à un, de toujours trouver la rentabilité.
10:19
J'ai envie de dire, ça ne s'arrête jamais,
10:21
parce que je le vois même aujourd'hui, nous, on est une ETI
10:23
et tous les jours, on a des difficultés qui sont évidemment surmontables,
10:27
sinon on ne serait pas là.
10:28
Je pense que c'est un peu l'obligation qu'on se doit d'avoir,
10:33
c'est d'organiser son temps et de penser à soi.
10:37
En tant que dirigeant, en tant que femme, en tant que mère,
10:40
en tant que fille d'eux aussi,
10:43
c'était au début de ma carrière où j'ai eu un petit accident
10:46
et je me suis fracturée des vertèbres.
10:48
À ce moment-là, on se dit,
10:49
comment est-ce que je fais pour remonter la pente ?
10:53
Et finalement, que ça n'arrive plus,
10:55
c'est penser à soi, écouter son corps.
10:59
Et donc, c'est pour ça que le temps, c'est hyper important,
11:01
c'est qu'il faut adapter son temps à soi-même,
11:05
donc à savoir s'écouter,
11:07
de quoi on a besoin finalement à l'instant T.
11:10
Moi, je sais que j'ai un grand besoin de sommeil
11:13
pour pouvoir être productive le lendemain
11:16
et puis finalement, tout simplement, être de bonne humeur.
11:19
Le sport, c'est hyper important.
11:20
Quand la semaine, je vois beaucoup de monde,
11:22
le week-end, j'ai besoin de parler à personne
11:24
et d'être dans la nature, dans la forêt ou ailleurs
11:29
et de ne pas penser qu'à moi et à ma famille.
11:33
Alors, il y a une entrepreneur que je trouve top
11:35
et alors, on parlait de résilience, là pour le coup,
11:38
chapeau bas pour Isabelle Rabier, la fondatrice de Joli Moi.
11:41
Ça peut être une très bonne idée pour cette vidéo.
11:54
Très vite, par exemple, quand je suis devenue directrice générale
12:13
et qu'il voyait quand j'arrivais que je pouvais être la nana
12:17
qui ramène le café, il disait
12:18
« Ah, est-ce que je vous ai présenté la directrice générale du groupe ? »
12:23
Donc, en fait, ça m'était tout de suite.
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Je me suis devenue directrice générale du groupe.
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