- il y a 9 mois
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00:00L'entreprenariat, c'est vraiment croire en ses convictions profondes et écouter son instinct.
00:05Bonjour, je m'appelle Lisa et je suis la cofondatrice de Dijot,
00:09la première entreprise dédiée au bien-être du ventre, notre deuxième cerveau.
00:13On a lancé cette entreprise avec Anouk, mon ami d'enfance et mon associé aujourd'hui, en 2019.
00:19On a eu un déclic, notamment suite à sa théorie dite d'Hashimoto, qu'on lui a diagnostiquée en 2018.
00:25Et à ce moment-là, pour elle, ça a été vraiment le parcours du combattant.
00:29Elle a rencontré effectivement des médecins qui lui ont recommandé un traitement pour la soulager,
00:34mais elle avait quand même beaucoup de troubles digestifs.
00:37Et c'est vraiment grâce aux probiotiques qu'elle a réussi justement à vivre sereinement avec cette maladie au quotidien.
00:43Et en fait, à ce moment-là, on s'est toutes les deux rendu compte que le ventre, c'était un sujet tabou,
00:48que personne n'en parlait et que finalement, on n'était pas consciente de l'importance du ventre dans l'ensemble de notre santé.
00:54C'est-à-dire que le ventre ne va pas seulement réguler notre digestion,
00:57c'est aussi le cœur de nos émotions, du stress, de notre système immunitaire, de notre peau et finalement de toute notre santé.
01:05Avec Anouk, quand on s'est lancé, on avait vraiment cette ambition justement de faire les meilleurs probiotiques possibles.
01:11Et c'était finalement notre seule ambition.
01:13On n'avait quasiment pas réfléchi au business plan.
01:16Et donc, quand on racontait ça à nos parents, vraiment, personne ne croyait en nous.
01:19On ne vient pas du tout du monde de l'entrepreneuriat.
01:21Voilà Anouk avait fait des études en finance et sa route était toute tracée pour qu'elle travaille dans des grands cabinets de finance.
01:29Et moi, je travaillais dans le milieu du marketing sportif et du bien-être parce que c'était ma grande passion.
01:34Et donc, quand on a raconté qu'on voulait faire les meilleurs probiotiques, finalement, sans être médecin,
01:38nos parents pensaient un peu qu'on faisait notre crise d'adolescence.
01:40Et finalement, on était tellement convaincus que petit à petit, on a réussi à convaincre tout le monde de nous suivre.
01:46Et c'est comme ça qu'on en est arrivé là aujourd'hui.
01:48C'est simplement en croyant en cette mission.
01:51Quand on s'est lancé en 2019, avec Anouk, on avait très peu d'économies de côté.
01:56Et donc, la première étape, ça a été le laboratoire partenaire, la campagne de financement pour financer le développement des premiers produits.
02:04Et ensuite, on a toujours été autofinancé, c'est-à-dire qu'on a fait vraiment avec des petits moyens.
02:10On faisait tout nous-mêmes dans notre salon.
02:12On a appris à faire un site Internet.
02:13On a appris à faire des colis, les envoyer à la poste tous les jours, appris à faire des photos, des vidéos.
02:20Et donc, on a lancé notre site Internet nous-mêmes.
02:22Et ensuite, on s'est dit, OK, comment on va vendre ces produits ?
02:25Et là, en fait, on parlait à tous les gens qu'on connaissait.
02:29On allait contacter plein d'influenceurs.
02:32On a fait énormément de partenariats avec des salles de sport.
02:35Aujourd'hui, encore, quand on rencontre nos clients,
02:38il y en a beaucoup qui nous disent, moi, je vous ai rencontré dans telle salle de sport.
02:43Et en fait, c'était l'année du lancement.
02:44Et on se rend compte que toutes ces petites actions, c'est vraiment ce qui nous a permis finalement d'en être là aujourd'hui.
02:49Et ensuite, on a été approché par Monoprix, les Galeries Lafayette.
02:53Et très récemment, au Macrim, qui nous permet d'avoir aujourd'hui des points de vente physiques.
02:59Quand on a lancé 10 jours, on a eu cette pression de se dire,
03:01« Ah ok, mais pour réussir, il faut absolument qu'on lève des fonds. »
03:04Et en fait, plus on avançait, et moins on était à l'aise avec cette idée.
03:07Alors que nous, on était beaucoup plus à l'aise dans un modèle justement
03:09où on avance brique par brique, avec des petits moyens,
03:14mais avec l'objectif d'être toujours rentable.
03:16C'est-à-dire que nous, on a été rentable depuis le premier jour.
03:18Et aujourd'hui, ça reste notre mindset de viser la rentabilité
03:23avant de viser le chiffre d'affaires.
03:25Et je pense que c'est ce qui nous permet le soir de dormir sereinement.
03:30Au début, quand on s'est lancé, on a été voir des pharmaciens
03:33en leur présentant le produit.
03:35En fait, très vite, on a vu que l'approche qu'on voulait avoir autour du produit,
03:39ils ne la comprenaient pas.
03:40Et on s'est dit, « Ok, ce n'est pas grave, on va le faire nous-mêmes. »
03:43Et le site internet, c'est vraiment un moyen de raconter une histoire,
03:48de pouvoir positionner le produit comme on le souhaite
03:50et de pouvoir justement avoir cette approche bien-être qu'on voulait
03:54avec notre propre discours.
03:55Donc aujourd'hui, c'est encore 90% du chiffre d'affaires.
03:58Mais on a à cœur justement de développer le réseau des pharmacies.
04:02Ça reste le lieu de prescription, un lieu de confiance
04:06et on croit énormément justement aux synergies avec la pharmacie.
04:10Alors on est passé dans qui veut être mon associé en février 2023.
04:14C'est une chance inouïe.
04:15On est une start-up, on n'a pas beaucoup de moyens
04:17et là, on parle pendant 20 minutes à une heure de forte visibilité sur M6.
04:22Ça a été très positif pour la marque et aussi pour nous personnellement avec Anouk
04:26parce que finalement, quand on a été dans cette émission,
04:29on était encore Anouk et Lisa, les copines qui lancent leurs probiotiques dans leur salon.
04:35Et en fait, là d'un coup, on s'est dit, au vu de l'engouement des investisseurs,
04:39des retours très positifs des investisseurs, mais aussi du public,
04:42on se dit, mais en fait, on peut assumer aussi aujourd'hui qu'on est des entrepreneurs,
04:46on peut assumer notre ambition et ça nous a donné confiance.
04:50Quand on est une femme et qu'on se lance dans l'entrepreneuriat,
04:54en effet, on se retrouve très vite confronté à un milieu qui est très masculin.
05:00Et c'est vrai qu'en tant que femme, je pense qu'on voit,
05:03on se remet beaucoup plus en question, on a moins confiance,
05:06on a ce petit syndrome de l'imposteur qui est quand même très présent
05:10et encore plus que quand on est une femme,
05:12quand on se lance dans le milieu des probiotiques alors qu'on n'est pas médecin.
05:16Et alors, comment on a fait pour justement faire abstraction finalement de tout ça
05:20et suivre notre propre route ?
05:21Une notion qui est importante, c'est l'alignement.
05:24J'ai besoin de sentir que ce choix-là, il correspond à ma vision de la vie,
05:29que ce soit dans le monde professionnel et personnel,
05:32et aussi d'accepter finalement que ta vie personnelle
05:35fait complètement partie de ta vie professionnelle.
05:38C'est-à-dire qu'aujourd'hui, Dijon ne pourrait pas être cette marque authentique,
05:42naturelle, s'il y avait Cano qu'on n'avait pas ces personnalités-là.
05:44Et donc, devant les fonds d'investissement,
05:47parfois on a l'impression qu'il fallait qu'on se transforme
05:49en des femmes justement hyper sûres d'elles,
05:54avec une vision business et des chiffres astronomiques à présenter,
05:59alors qu'en fait, nous, ce n'était pas du tout notre manière d'être.
06:02Aujourd'hui, avec Cano qu'on est complètement autofinancé,
06:05donc on a encore chacune 50% des parts.
06:08Et quand j'en parle, je me dis, est-ce que ce choix-là,
06:11on l'a fait effectivement parce qu'on avait cette envie
06:14d'avoir cette entreprise complètement à nous
06:17et avec toute la liberté que justement ça nous offre,
06:21ou est-ce que finalement, c'est parce qu'on n'a pas du tout trouvé en face
06:23des gens qui ont compris finalement notre vision ?
06:27C'est un peu ce qui s'est passé d'ailleurs sur le plateau de Kivaet.associé,
06:30parce qu'on a eu une offre d'investissement qui était très intéressante.
06:34Et en fait, on l'a refusé parce que dans leur approche,
06:36encore une fois, ils avaient une approche très business.
06:39Et nous, ça faisait 3-4 ans qu'on avait construit cette boîte avec nos tripes.
06:45Et là, on se retrouvait juste avec des gens qui voulaient gagner de l'argent.
06:47Évidemment qu'un business, même si c'est un business de cœur,
06:51il y a une finalité de gagner de l'argent.
06:53Mais on avait besoin d'avoir des gens qui soient prêts à partir à la guerre avec nous,
06:56et donc qui a envie de s'associer aussi pour justement le cœur de l'entreprise et son ADN.
07:02Cette année, Dijos a 6 ans.
07:04On est une entreprise avec 10 salariés.
07:08Et je trouve que ça met une pression supplémentaire
07:11parce qu'on se sent justement responsable de toute l'équipe.
07:16C'est-à-dire que quand on s'est lancé avec Hanouk,
07:17vraiment, on se disait, au pire, si ça ne marche pas,
07:20on prend nos sacs à dos et on part faire un voyage pendant un an toutes les deux.
07:24Et donc, je pense que c'est aussi ce qui fait qu'on a réussi à suivre notre instinct
07:28tout au long du parcours.
07:30C'est parce qu'on ne s'est pas mis la pression.
07:32En fait, on n'avait rien à perdre.
07:33Aujourd'hui, on est responsable de 10 personnes au quotidien.
07:37On a envie qu'elles soient stimulées,
07:39de créer un environnement de travail
07:41qui leur permette de grandir avec nous et de s'épanouir.
07:44Et c'est vrai qu'ave Hanouk, on a ce point commun
07:46où on est quand même très empathique.
07:47Et aujourd'hui, en plus, on est maman.
07:49Et donc, je ne sais pas, c'est un peu nos enfants aussi.
07:52On se dit, mais on se doit de réussir
07:54parce que ces personnes, elles ont fait le pari de nous rejoindre.
07:57Et donc, on a envie de leur permettre justement de réussir avec nous.
08:03Alors, avec Hanouk, on est devenues toutes les deux mamans.
08:06Cette première expérience de maternité pour Hanouk, en fait,
08:09a été une expérience pour toutes les deux
08:12parce que concrètement, on ne s'attendait pas du tout à ça,
08:15ni l'une ni l'autre.
08:16C'est-à-dire que voilà, Hanouk allait avoir un enfant,
08:19elle allait s'arrêter deux, trois semaines
08:20et puis on allait reprendre notre train de vie normal.
08:23Et ça a été concrètement difficile à gérer pour Hanouk
08:26parce qu'elle s'est retrouvée dans une situation
08:27où en fait, évidemment, on devient maman,
08:30enfin, il se passe plein de choses,
08:32on est fatigué, on a envie de...
08:34C'est un moment où on a besoin d'être dédié à son enfant.
08:36Et en même temps, elle avait cette culpabilité permanente,
08:39du coup, de ne pas être au travail
08:40parce qu'on n'avait pas anticipé
08:42le changement que c'était de devenir mère
08:45et justement du temps dont on avait besoin
08:47pour se reconstruire aussi.
08:49Et moi, je me suis mis le double de pression
08:50pour que justement, la boîte continue
08:53parce qu'en fait, on a tellement été habitués
08:55à tout faire à deux
08:56que quand je me suis retrouvée ça,
08:58je me suis dit, oh là là,
08:59mais il ne faut pas que je crache la boîte, en fait.
09:01Cette période, on en est ressortis
09:02beaucoup plus, beaucoup plus fortes.
09:05Et quand on...
09:06Donc lors de la deuxième grossesse d'Anouk
09:07et donc moi, de ma première grossesse l'année dernière,
09:09là, c'était autre chose
09:10parce qu'on était vraiment enceintes en même temps.
09:12On a accouché à trois mois d'intervalle.
09:14Mais en fait, là, on a anticipé.
09:17On a prévenu les équipes qu'on ne serait pas là.
09:19Et du coup, évidemment que les sujets,
09:21même en étant maman,
09:22on a envie d'être au courant.
09:24On a envie parfois aussi de participer
09:25à des réunions, des événements
09:26qui sont importants.
09:27Et en tant que mère, c'est très difficile
09:29parce qu'en fait, on a cette vision
09:31de la femme entrepreneur à succès,
09:34qui est froide,
09:35qui n'a pas d'enfant,
09:36pas de mec,
09:37qui travaille comme une malade.
09:39Et donc, pour réussir,
09:40il faut être comme ça.
09:41Et c'est vrai qu'on a moins la vision
09:42de la femme qui, au fait,
09:44est mère.
09:45Elle passe aussi du temps avec ses enfants
09:47et c'est ce qu'elle aime.
09:48Mais elle adore son travail.
09:50Elle est ambitieuse.
09:51Elle est assertive.
09:52J'ai envie, moi, en fait,
09:53de changer aussi les codes,
09:54de dire finalement,
09:55on peut avoir de l'ambition
09:56et en même temps, effectivement,
09:58vouloir passer du temps avec ses enfants.
09:59C'est deux choses qui sont OK.
10:00Mais simplement, effectivement,
10:01il faut savoir qu'à ce moment-là,
10:03il faut savoir déléguer
10:04pour que l'entreprise puisse fonctionner.
10:06Pour moi, je ne définirais pas l'entrepreneuriat
10:08comme forcément une prise de risque.
10:11Je ne le vois pas comme ça.
10:12C'est un choix de vie.
10:13De ne pas savoir, effectivement,
10:15de quoi va être faite la journée du lendemain.
10:17Le choix de ne pas savoir
10:18combien de temps cette entreprise va durer.
10:20Et donc, il faut être capable
10:21d'être à l'aise
10:23et justement heureux
10:26avec cette sorte d'insécurité en permanence.
10:30Enfin, avec Anneau,
10:31que tous les jours, on se réveille
10:32en ayant peur que l'entreprise
10:33s'arrête le lendemain.
10:35Mais en même temps,
10:36on a une liberté extraordinaire.
10:40On vit une aventure.
10:42On adore ce qu'on fait tous les jours.
10:45C'est passionnant.
10:46Dans six ans, j'ai envie que Dijos,
10:48on aille encore plus loin.
10:49Donc, on propose des compléments alimentaires
10:52pour prendre soin de votre ventre.
10:54Et on fait tout pour justement
10:56vous accompagner de manière 360.
11:00Et moi, à terme, j'aimerais bien vraiment
11:02aller encore plus loin dans cet accompagnement.
11:04Donc, est-ce que c'est un lieu physique,
11:06une maison du ventre,
11:07où on retrouve tout,
11:08à la fois la partie alimentation,
11:11la partie compléments alimentaires,
11:12la partie accompagnement
11:14avec des experts santé,
11:15la partie salle de sport,
11:18méditation,
11:18enfin voilà,
11:19vraiment un centre de bien-être
11:21autour du ventre.
11:22Moi, il y a une entrepreneur
11:23que j'admire énormément.
11:25C'est Julie Chapon,
11:27la fondatrice de Yuka.
11:28Déjà, c'est une boîte,
11:30une émission qui me parle énormément.
11:32Nous, on développe des compléments alimentaires,
11:33mais ces compléments alimentaires,
11:34encore une fois,
11:35ils viennent en levier.
11:37Et c'est vraiment,
11:38enfin, food is medicine.
11:39Et c'est vrai,
11:40c'est votre meilleur médicament.
11:41Et Julie Chapon,
11:43je trouve qu'elle mène un combat
11:45qui est extraordinaire
11:46et je trouve qu'elle le fait très bien.
11:48Donc, j'aimerais beaucoup
11:49que tu l'interviews
11:51si tu en as l'occasion
11:52parce que je la trouve passionnante.
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