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  • il y a 8 mois
Alors que la santé mentale a été désignée grande cause nationale en 2025, 1 jeune sur 5 présente des troubles dépressifs. Comment enrayer un phénomène qui s'amplifie ? Regardez Caroline Goldman, psychologue pour enfant et adolescents, auteure de "Pourquoi ? La psychologie expliquée aux adolescents", qui parait ce mercredi aux éditions Dunod.
Regardez L'invité d'Amandine Bégot du 28 mai 2025.

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Transcription
00:00RTL Matin
00:02Avec Amandine Bégaud et Thomas Soto
00:05Il est 8h17, l'interview d'Amandine Bégaud
00:07Vous avez peut-être déjà croisé chez vous
00:09ces jeunes filles ou jeunes garçons qui vous disent
00:11flemmes ou t'inquiète, je gère
00:13dès qu'on leur demande quelque chose, on les appelle
00:15les ados. Alors ce matin, Amandine, vous avez choisi
00:17d'inviter Caroline Goldman, elle est psychologue pour
00:19enfants et adolescents, auteure de
00:21Pourquoi la psychologie expliquée aux ados
00:23qui sort ce mercredi
00:25et ça ne peut pas faire de mal aux parents. Bonjour
00:27et bienvenue à vous. Bonjour Caroline Goldman. Bonjour
00:29Livre à destination effectivement de nos ados
00:32mais sincèrement en tant que parents, c'est précieux
00:34également. Nos ados
00:36qui vont mal. Je voulais rappeler ces
00:38chiffres de ce sondage publié au mois de novembre
00:40dernier, auprès des 11-24
00:42ans. Près d'un jeune sur deux
00:43dit avoir connu une période dépressive
00:45d'au moins deux semaines. Un sur quatre au cours
00:48des douze derniers mois. 23%
00:50des jeunes confient d'avoir eu des pensées
00:52suicidaires et ils sont 9%
00:54au cours de ces douze derniers
00:56mois. Est-ce que vous le constatez
00:58vous ce mal-être au quotidien dans votre cabinet ?
01:00Je n'en sais rien. En fait, je crois que je suis
01:04trop jeune pour avoir une visibilité sur l'évolution
01:07du bien-être des ados. Je pense qu'il faudrait poser cette question à de vieux pédopsychiatres
01:16en exercice depuis...
01:17Ceux que vous voyez, ils vont mal ou pas ?
01:20Par définition, mais j'ai un sacré biais de recrutement.
01:22Vous vous doutez bien que les ados qui vont bien
01:23ne foulent pas les sols
01:26des consultations pour ados. Donc évidemment,
01:28ceux que je vois ne vont pas très bien, mais ils ont
01:30aussi des ressources. Ce sont des enfants qui
01:32globalement ont été bien traités par
01:33l'époque.
01:36Et puis, ils me sont amenés en plus en
01:38consultation libérale. Donc, ce n'est pas tout à fait
01:39représentatif de la population consultante
01:42générale. Par exemple, dans les
01:44CMP, là, les parents sont
01:46volontaires, payent les consultations.
01:48Donc, je n'ai pas envie
01:49d'étendre mon pôle d'observation
01:52beaucoup plus large que...
01:54Alors, l'adolescence, et vous le rappelez,
01:56dans ce livre, ça a toujours été une période difficile.
01:58Sentiment d'être un bateau au milieu
01:59de courants divergents, une girouette soumise
02:01aux caprices des vents changeants sur lesquels
02:03ils se sont sans prise. L'ado ne peut
02:06plus rester ancré à l'abri du
02:07port de son enfance, mais ne sait pas vers
02:10où se diriger. Est-ce que vous
02:11pourriez malgré tout dire,
02:13être ado aujourd'hui, c'est plus difficile qu'il y a 20 ou 30 ans ?
02:16Est-ce que nos ados, finalement, par rapport
02:17à nous, si on devait se comparer à nous ?
02:19Je vous dis, franchement, j'en sais rien.
02:22J'ai l'impression que non, ça n'est pas
02:23tellement plus difficile, parce qu'ils sont plutôt
02:25dorlottés. Mais évidemment... Ils sont dorlottés
02:28nos enfants aujourd'hui, vous trouvez ? Ah oui, ils sont hyper
02:30dorlottés. Trop ?
02:31J'ai beaucoup parlé de ça
02:33autour de mon livre, Fille dans ta chambre.
02:37Disons que
02:38la psychose était là et elle est toujours
02:40là, la dépression était là, elle est toujours là.
02:42Mais en plus, on a maintenant des problématiques
02:44de limite éducative qui viennent se
02:45surajouter à ces réalités
02:48psychopathologiques et qui, elles,
02:50étaient beaucoup moins représentées autrefois.
02:52C'est-à-dire qu'on ne se posait pas la question de
02:53discuter pendant deux heures
02:55des invectives normales
02:58de type se laver les dents le matin.
03:00Vous dites grandir, c'est apprendre à obéir.
03:02Et aussi à désobéir.
03:04C'est la dernière leçon
03:05de mon livre. Oui, absolument.
03:07Il y a deux scènes qui doivent se construire
03:09simultanément.
03:11Évidemment,
03:12le respect des codes de bienséance
03:15et aussi l'esprit critique
03:17qui doit pouvoir se rebeller
03:19lorsque le pouvoir est abusif.
03:21Les enfants doivent obéir à leurs parents
03:23si ce qu'ils leur demandent
03:25est juste. C'est ce que vous expliquez.
03:27On a un problème, on ne sait plus obéir.
03:28On a un problème d'autorité.
03:29On entend nos politiques sans arrêt dire
03:31il faut restaurer l'autorité.
03:34On a ce problème-là aujourd'hui ?
03:35On a évidemment ce problème-là.
03:37Il faut donner la parole aux enseignants.
03:39Eux palpent cette réalité quotidiennement.
03:43Il y a une espèce d'insurrection
03:44admise du côté des enfants
03:47et aussi de leurs parents protecteurs.
03:49C'est vraiment un phénomène
03:50nouveau et très observable.
03:53Sauf que le rôle des parents,
03:54c'est aussi de protéger.
03:56Mais surtout,
03:57c'est très intéressant
03:59parce que par leur autorité,
04:01les parents sécurisent
04:02les enfants et les adolescents.
04:03c'est-à-dire qu'on voit bien
04:05l'état de tension
04:06dans lequel un enfant
04:08ou un adolescent
04:08peut se trouver
04:09en butant
04:10comme ça
04:11sur l'interdit
04:12en exprimant
04:13de façon harcelante
04:14son désir
04:15et à quel point
04:16quand on lui dit
04:16non, ça suffit,
04:18il est profondément apaisé.
04:20Ça, quand on est parent,
04:21quand on est enseignant,
04:22on le palpe.
04:23Sauf que le non, ça suffit,
04:25ne suffit plus.
04:26Plus forcément, en tout cas.
04:27Surtout, il n'est plus prononcé.
04:29C'est oui, mais, non, mais,
04:31oui, mais, non.
04:32En fait, il y a le oui
04:34et puis il y a le non, ça suffit.
04:35Et c'est extrêmement apaisant
04:36pour tout le monde.
04:37Dans ce livre,
04:38les pourquoi,
04:39enfin pourquoi la psychologie
04:40est expliquée aux adolescents.
04:41Vous évoquez bien sûr
04:42les écrans,
04:43les réseaux sociaux.
04:44Quand on parle ados,
04:45aujourd'hui,
04:46c'est ce à quoi
04:46on pense systématiquement.
04:48Faudrait-il les interdire ?
04:51Par exemple, avant 15 ans,
04:53c'est ce que souhaite
04:53aujourd'hui le gouvernement.
04:55Alors, je ne suis pas
04:56une grande spécialiste
04:57de cette littérature scientifique,
04:59donc je me garderai
05:00de le revendiquer.
05:01Mais pour moi,
05:02c'est assez incongru.
05:04D'abord parce que
05:05les parents y sont attachés,
05:07donc ça va être très difficile
05:08de vendre aux ados
05:10de renoncer
05:12à ce qu'ils pratiquent eux-mêmes.
05:15On imagine les scènes
05:16très concrètement.
05:16On l'a fait avec l'alcool,
05:17par exemple.
05:18Les enfants n'ont pas le droit de boire
05:20et les parents, oui.
05:21Pourquoi on ne pourrait pas le faire ?
05:22Parce que c'est du temps
05:23réquisitionné par les parents.
05:25Quand ils buvaient,
05:26ils pouvaient être à table
05:27et s'occuper de l'enfant quand même.
05:29Là, quand ils sont sur Instagram,
05:31les parents,
05:33c'est difficile d'expliquer aux jeunes
05:34qu'eux n'y ont pas accès.
05:37Moi, je suis plutôt
05:37pour éduquer les enfants
05:39et les rendre capables
05:41d'utiliser les réseaux sociaux
05:44et les écrans
05:45de façon raisonnable.
05:47Un enfant qui,
05:48a une vie saine
05:49remplie d'amour,
05:51d'attention,
05:52de moments de plaisir partagés.
05:54Il n'est pas dans le repli défensif
05:57sur son écran, en principe.
05:58On a trop tendance
05:59à tout mettre sur le dos des écrans.
06:00Mais bien sûr,
06:01alors que ça n'est qu'un symptôme,
06:02en fait.
06:02C'est comme le trouble attentionnel.
06:04C'est le symptôme d'un mal-être.
06:07Quand on va bien,
06:08sur le plan psychopathologique,
06:09sur le plan affectif,
06:11en principe,
06:11on arrive à se concentrer
06:13sur une tâche.
06:14Je parle de façon grossière,
06:17mais disons statistique.
06:18statistique.
06:20Statistiquement,
06:21en principe,
06:21on y arrive,
06:22sauf troubles lésionnels
06:24singuliers,
06:25marginals,
06:26particuliers.
06:27Rares.
06:28Mais globalement,
06:29ça n'est que la partie visible
06:30du problème.
06:32Et je préfère mille fois
06:33agir sur la structure
06:34psychopathologique sous-jacente
06:36qu'offrir des réponses superficielles,
06:39grossières,
06:40inapplicables
06:41ou dommageables
06:41pour le jeune,
06:43de type médication systématique
06:45ou de type
06:45on enlève tous les écrans.
06:47Le jeune reste
06:48avec sa structure
06:49qui dysfonctionne
06:50et là,
06:51il faut soigner
06:51plutôt que traiter.
06:52Les écrans,
06:53vous le rappelez,
06:54dans le livre,
06:56entretiennent.
06:57Avant,
06:57on se regardait dans un miroir.
06:58Aujourd'hui,
06:59on regarde les selfies
07:00qu'on a postés
07:01sur les réseaux sociaux.
07:02Ne s'occuper que de soi-même
07:03n'a jamais rendu
07:04personne heureux.
07:05Il faut,
07:05dites-vous,
07:05donner du sens à ses journées.
07:07Ça veut dire quoi,
07:08donner du sens à ses journées
07:09quand on a 14 ou 15 ans ?
07:11Eh bien,
07:13c'est très judéo-chrétien,
07:15mon écriture,
07:16je m'en rends compte.
07:17Il faut être tout à fait sincère.
07:20C'est très facile à dire.
07:21Sur le papier,
07:21on se dit ok.
07:22Mais sincèrement,
07:23Thomas rappelait,
07:24les ados,
07:24quand on leur propose
07:25un truc,
07:26c'est flemme.
07:27C'est pas du tout si clair.
07:30Je vous assure
07:31que dans les familles,
07:32avec plaisir,
07:34mes stages coûtent très cher,
07:35mais il pourrait se créer.
07:38Mais pour répondre à la question ?
07:40Pour répondre à la question,
07:41je suis convaincue que c'est nous
07:43qui nous mettons des barrières
07:44et que si vous dites à vos ados
07:46« Va t'occuper de faire les courses
07:48de la petite voisine de 85 ans
07:51qui n'arrive pas à se lever.
07:52va t'occuper de tes petits cousins
07:54gracieusement
07:56et montre-leur
07:57à quel point tu les aimes. »
07:58Moi, je suis convaincue
08:00que ces ados le font
08:01et qu'ils en sont extrêmement heureux.
08:03Et qu'ils lâchent leur téléphone.
08:04Mais bien sûr !
08:05En fait,
08:06les enfants sont extraordinairement sains
08:09au départ.
08:11Vraiment,
08:11ils sont bien intentionnés.
08:12Pourrissons, entre guillemets ?
08:14On les pourrit
08:15ou alors on ne leur donne pas
08:16ce dont ils ont besoin.
08:17En tout cas,
08:17on les façonne.
08:18C'est une certitude.
08:19Et on voit bien des familles
08:20dont les 11 enfants
08:23fonctionnent comme ça
08:24dans l'altérité,
08:26deviennent
08:26encadrants de scoutisme
08:29parce qu'ils étaient scouts eux-mêmes,
08:32baby-sitent leurs petits frères et sœurs
08:34avec un bon état d'esprit.
08:35Elles existent, ces familles.
08:36Et les enfants vont bien.
08:37Donc, bien sûr.
08:39Pourquoi la psychologie expliquée
08:41aux adolescents ?
08:42C'est publié aux éditions d'Uno
08:43et le livre sort aujourd'hui.
08:45Merci à vous.
08:45Je vais le lire avec.
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