00:00 8h45, c'est le 6/9 France Bleue, effectivement, on parle de santé mentale ce matin.
00:05 Sentez-vous du mal-être autour de vous ? On vous pose la question ce matin, vous nous
00:09 appelez dès maintenant d'ailleurs au 03 84 22 82 82, dites-le franchement Nicolas Joli.
00:14 Et on vous a aussi posé la question sur Instagram, réponse claire et nette avec 71% de oui,
00:19 je ressens du mal-être autour de moi, 29% de non.
00:22 On en parle avec notre invité ce matin, bonjour Jean-Paul Olivier.
00:26 Bonjour. Responsable du service de pédopsychiatrie pour adolescents dans l'air urbain, est-ce
00:30 que ce résultat de sondage vous surprend ? On constate visiblement du mal-être un peu
00:33 autour de nous. Je pense que c'est pas une surprise, la
00:40 hauteur du chiffre que vous décrivez. Bon, reste à analyser ce qu'on met derrière
00:44 les mots et notamment le malaise ou le mal-être peut connaître des définitions très variables.
00:50 Alors justement, j'ajoute pour cela un autre sondage, celui du cabinet empreinte humaine
00:53 avec OpinionWay qui nous dit qu'un salarié sur deux en France s'estime en détresse
00:58 psychologique. Ca veut dire qu'il est urgent aujourd'hui de prendre soin de notre santé
01:01 mentale ? Il est urgent de s'en préoccuper. Je pense
01:05 qu'en effet les chiffres sont là, même si encore une fois, je crois qu'il y a d'autres
01:10 indicateurs qui ne corroborent pas tout à fait la hauteur de ces chiffres-là. Je pense
01:15 qu'il y a une part subjective, pour le dire un peu simplement, qui amplifie ou qui révèle
01:21 quelque chose dont l'intensité reste à définir. En tout cas du point de vue du psychiatre
01:26 qui est normalement destiné à traiter les troubles les plus importants, je pense qu'il
01:31 y a quand même une gradation qu'il faut garder à l'esprit quand on aborde ces questions-là.
01:37 C'est toujours de l'ordre du ressenti, bien sûr. On en parle d'ailleurs avec une auditrice
01:41 qui nous appelle, Joël de Belfort. Bonjour. Bonjour.
01:45 Alors je vous pose la question très simplement finalement, comment ça va autour de vous ? Est-ce
01:49 que vous constatez un mal-être ? Ah oui, et de plus en plus. Tout régresse,
01:56 c'est terrible. C'est-à-dire ? Comment vous le voyez ?
02:00 Les gens n'ont plus la paix, ne sourient plus, ni rien du tout, sont renfermés sur
02:07 eux-mêmes et puis tout. C'est vraiment triste maintenant de… Aïe, aïe, aïe, aïe.
02:14 Et vous-même, comment ça va ? Moi ça va. Je sors de la clinique, je suis
02:20 sortie vendredi de la clinique, j'ai eu une prothèse du genou, ça s'est bien passé
02:25 et puis voilà, le personnel était charmant et puis tout. Mais c'est vrai qu'il y
02:29 a beaucoup de misère et puis beaucoup de choses. Alors Jean-Paul Olivier peut-être
02:33 une réponse en tant que psychologue ? Là visiblement Joël nous parle d'un mal-être
02:39 lié à l'actualité générale, au sentiment général, quelque chose. Comment on fait
02:43 pour s'en détacher de ça ? Alors je pense que là, ça relève en effet
02:47 de ressources individuelles, de ressources en termes de réseau, de soutien, on pourrait
02:55 dire un peu d'équilibre et de divertissement au sens noble du terme. De ne pas être "contaminé"
03:05 par l'ambiance générale et par peut-être en effet même un discours, y compris médiatique,
03:10 je veux dire ici quand même, qui a un effet grossissant sur ce qui ne va pas. Comme le
03:15 dit l'adam, encore une fois, il y a beaucoup de chiffres qui montrent que si tout ne va
03:21 pas bien, tout ne va peut-être pas aussi mal que c'est parfois exprimé au ressenti.
03:24 Mais encore une fois, je pense que la santé mentale c'est au-delà du ressenti quotidien.
03:28 Je pense que c'est vraiment une question cruciale dans ce genre de débat.
03:31 Et on a tous notre responsabilité de ce qu'on diffuse autour de nous comme énergie et
03:36 comme information, vous avez raison de le rappeler Stéphane.
03:38 Il est 7h48, on vous pose cette question ce matin, sentez-vous du mal-être autour de
03:44 vous ? Vous faites comme Joël qui vient de nous appeler au 03 84 22 82 82, dites-le franchement.
03:49 Et on a d'ailleurs des appels, je vais donner la parole à Raymond qui nous appelle de Vouges-aux-Cours.
03:53 Bonjour.
03:54 Oui bonjour.
03:55 Alors qu'est-ce que vous voulez nous dire ce matin ?
03:56 Il y a beaucoup de choses à dire, je ne vais pas exagérer avec les temps d'antenne.
04:00 Le mal-être, oui, écoutez, à mon sens personnel, je retourne beaucoup de personnes autour de
04:06 moi, je voyage, je fais plein de choses malgré mon grand âge.
04:08 Et qu'est-ce que je ressens ? Je vais vous le dire d'une façon un peu crue, quels que
04:13 soient les...
04:14 On peut parler des gens qui ont des manques d'argent, qui ont des manques de saucisses,
04:18 mais quand on reprend le Covid, quand on reprend les mensonges de nos hommes politiques, il
04:23 y a une foule, je globalise parce que sinon je serais encore là à 9h ce matin.
04:29 Comment voulez-vous que les gens aient le moral ? On nous a fait du chantage sur le
04:33 Covid, on ne nous dit pas exactement les suites de ce qui se passe aujourd'hui.
04:37 Quelque part quand même, il y a des gens malades, les docteurs ne disent plus, ils
04:41 ne savent plus dire à cause de quoi, mais il y a tout un ensemble de choses.
04:45 Je vais vous dire une chose, en simplifiant.
04:47 Il y a plus de 15 ans sur cette antenne, je vous dis, c'est autre chose, c'est politique,
04:52 mais ça rejoint tout l'ensemble de tout ce qui se passe, l'argent, le travail, les gens
04:58 qui ne sont pas bien au travail, etc.
05:00 Il y a des charges, mais c'est des charges tout partout.
05:03 Merci beaucoup Raymond d'avoir posé votre question.
05:07 Je redonne la parole à notre invité Jean-Paul Olivier, effectivement de ce que nous dit
05:11 Raymond, on retient aussi que depuis le Covid, il y a eu une aggravation peut-être des problématiques,
05:16 des préoccupations concernant notre santé mentale.
05:18 C'est toute la question.
05:20 Le Covid, c'est un événement bien assez précis, qui a des côtés inédits quand même,
05:26 le côté mondial, le côté brutal, le côté un peu à contresens d'une certaine évolution,
05:34 du progrès par exemple, du mieux-être.
05:38 Il y a eu quelque chose qui a remis, par rapport à la condition humaine, un peu d'incertitude,
05:44 puisqu'il y a eu, peut-être surtout au début, beaucoup d'inquiétude sur l'importance
05:48 et les conséquences potentielles de l'épidémie.
05:51 Chez les jeunes aussi, puisque vous êtes responsable du service de pédopsychiatrie
05:53 pour adolescents, vous accompagnez des jeunes ?
05:55 Chez les jeunes aussi, parce que, évidemment, les perspectives dans la durée ont été,
06:01 encore une fois, bousculées, on va dire.
06:06 L'avenir est moins radieux, peut-être, parce que la survenue d'un événement grave,
06:13 touchant presque toute l'angle de l'humanité dans sa globalité, est apparue plus concrète.
06:18 Donc, je pense que ça réfléchit certainement à la vision de l'avenir, et probablement le moral.
06:24 Mais, encore une fois, je le répète, on est quand même dans une gradation de phénomènes
06:30 qui sont souvent un peu amalgamés, quand on en parle, entre l'inquiétude, le pessimisme
06:36 qui est une résultante, ou l'optimisme général, et puis le mal-être au sens fort du terme,
06:42 qui est peut-être un peu ce que les professionnels ont comme souci quand ils travaillent dans ce domaine-là.
06:47 Alors justement, et ce sera ma dernière question, à quel moment est-ce qu'on décide,
06:50 il faut décider d'aller peut-être passer un appel, aller consulter, dire "j'ai besoin d'aide" ?
06:57 - Alors, je pense que la question tourne autour de l'effet de "à qui peut-on s'adresser ?"
07:06 Je pense que dès l'instant où il y a quelque chose qui ne va pas, il faut trouver un interlocuteur.
07:11 L'émission de ce jour était basée sur la formation en premier secours, en santé mentale.
07:18 J'ai regardé un peu à quoi ça correspond.
07:20 L'idée est quand même de développer la possibilité de trouver, que chacun trouve des interlocuteurs,
07:25 je ne suis pas sur son palier, mais très rapidement, pour pouvoir exprimer son mal-être,
07:31 et là, être orienté. Je pense que la question de l'orientation est quand même assez cruciale.
07:35 - Donc ne pas hésiter évidemment à demander de l'aide quand on s'en sent le besoin.
07:38 Merci beaucoup d'avoir été avec nous pour en parler.
07:40 Jean-Paul Elévier, responsable du service de pédopsychiatrie pour adolescents dans l'air urbain.
07:44 Merci aussi à nos auditeurs, nos auditrices, Raymond, Joël, Gilbert, qui nous a appelés aussi des cursés,
07:49 et à qui on n'a pas eu le temps de donner la parole.
07:51 N'hésitez pas à nous rappeler. Merci beaucoup.
07:53 Retiens sur l'application ici par France Bleu et France 3.
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