- il y a 10 mois
En plein bras de fer sur le situation à Gaza, Israel tire des "coups de semonce" sur des diplomates français et d'autres diplomates en visite en Cisjordanie. Regardez l'interview de Eric Coquerel, député LFI de Seine-Saint-Denis, président de la commission des finances de l'Assemblée nationale.
Regardez L'invité de RTL avec Olivier Boy du 22 mai 2025.
Regardez L'invité de RTL avec Olivier Boy du 22 mai 2025.
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00:00RTL Matin
00:02Et tout de suite l'invité de RTL Matin, Olivier, vous recevez aujourd'hui le député et les filles de Seine-Saint-Denis, Eric Coquerel.
00:09Bonjour Eric Coquerel, merci d'être avec nous sur RTL.
00:12On va parler d'abord de ce qui s'est passé à Washington cette nuit.
00:15Deux salariés de l'ambassade d'Israël ont été tués par balle devant le musée juif de Washington.
00:20Donald Trump condamne d'horribles meurtres motivés par l'antisémitisme.
00:24Et la chef de la police locale, lors d'une conférence de presse, a dit que le tireur avait scandé Free Palestine au moment de son interpellation.
00:33Quelle est votre réaction ?
00:35Ma réaction c'est qu'il faut très rapidement que s'arrête le génocide en cours à Gaza, voilà ce que je vais vous dire.
00:41Parce qu'il est évident qu'à partir du moment où vous avez un tel déchaînement de violence, de haine, ça développe la haine de tous les côtés.
00:50Voilà, c'est un peu ce que je veux dire.
00:51Parce que hier, je vais faire attention dans les petites phrases qui sont après reprises, mais hier Jean-Noël Barraud, je lui donne, expliquait que qui sème la violence récolte la violence.
01:01Qu'est-ce qu'il voulait dire ?
01:02Il voulait dire qu'à partir du moment où vous avez des actes de guerre, de génocide, etc., à un moment donné ça pouvait se retourner, y compris contre la population israélienne, ce que je condamne.
01:11Mais c'est un acte antisémite ce qui s'est passé à Washington.
01:13Pour l'instant, c'est deux agents de l'ambassade israélienne, donc il faudrait peut-être savoir pourquoi.
01:18Est-ce que l'homme a tiré, encore une fois, je condamne, ce n'est pas la manière d'agir, mais est-ce que l'homme a pris Palestine, excusez-moi,
01:28demander, vu ce qui se passe à Gaza, demander que la Palestine existe et demander que ça s'arrête, ne fait pas de vous forcément un antisémite.
01:36C'est un antisémite, ça fait de vous quelqu'un qui pense pouvoir défendre les droits des peuples palestiniens en allant jusqu'à tuer,
01:42ce que, encore une fois, je condamne pour que ce soit bien précis, des Israéliens, c'est-à-dire des agents de l'ambassade israélienne.
01:48En tout cas, c'est une importation de ce qui se passe au Proche-Orient, dans d'autres pays.
01:50Est-ce que vous êtes inquiet ?
01:51Oui, je suis inquiet. D'abord, je suis inquiet pour ce qui se passe là-bas, parce qu'on a un génocide en direct.
01:58Il faut peut-être, à un moment donné, le réaliser.
01:59Là, vous me citez cet acte, mais je vous rappelle qu'hier, par exemple, à Génine, même pas à Gaza,
02:03il y a eu des tirs de sommation, y compris sur un diplomate français.
02:06On a plus de 55 000 personnes qui ont été tuées, dont un tiers d'enfants.
02:10C'est ça, la situation. C'est un million et demi de personnes qui sont affamées.
02:13Je crois que maintenant, d'ailleurs, pour aller vite, ce que nous, nous disions depuis longtemps,
02:17c'est-à-dire que les objectifs de guerre de M. Netanyahou, c'était ni une vengeance par rapport au Hamas,
02:21ni le fait de libérer les otages, mais en fait, en réalité, d'en finir avec les Palestiniens à Gaza,
02:26est en train de se vérifier.
02:27Et nous, quand on l'a dit, on a été calomniés.
02:30Maintenant, heureusement, de plus en plus de gens, de pays, comme le Pays-Bas,
02:34ou même la France, qui commence à aller là-dessus, le dénoncent.
02:37Vous citiez Jean-Noël Barraud.
02:38Donc, il faut que ça s'arrête.
02:38Si ça ne s'arrête pas, je vais finir là-dessus.
02:40Si ça ne s'arrête pas, non seulement, évidemment, c'est un problème,
02:44parce qu'encore une fois, c'est un peuple qu'on est en train de faire disparaître en tant qu'entité historique,
02:49mais en plus de ça, parce qu'au nom du choc des civilisations,
02:52c'est-à-dire cette idée qui a été véhiculée, notamment tout de suite,
02:54par Benjamin Netanyahou après le 7 octobre, qu'il ait dit que ce ne serait pas...
02:59Le 7 octobre n'aurait pas été le crime de guerre abominable d'un contexte géopolitique,
03:05de guerre de colonisation, mais une guerre de religion.
03:07C'est sûr qu'en plus, on importe à la fois l'islamophobie et on exporte l'antisémitisme.
03:15Quelque part, c'est les deux syndromes gémeaux de cette vision, à un moment donné, d'un conflit.
03:19Que doit faire Emmanuel Macron ? On a entendu le ton a changé tout de même.
03:24Jean-Noël Barraud, vous le citiez, a parlé de Gaza comme d'un mouroir, comme d'un cimetière.
03:28Le ton a changé du côté de Paris.
03:31Quelle décision devrait être prise par la France aujourd'hui ?
03:34Il faut absolument que la France pèse pour que...
03:36Alors j'ai vu que ça va plutôt dans le bon sens pour qu'il y ait un arrêt des accords entre l'Union Européenne et Israël.
03:42Donc des sanctions commerciales ?
03:44Bien sûr, c'est ça la seule façon dont on pourra peser dans la situation.
03:48On ne va pas envoyer les troupes françaises là-bas.
03:50Donc la manière, c'est les sanctions commerciales.
03:52Je remarque que beaucoup ont été prises par rapport à M. Poutine et très peu par rapport à Israël.
03:56La deuxième chose, je pense que la France doit convoquer tout de suite le Conseil de sécurité de l'ONU.
04:00Pourquoi ?
04:00Parce que la dernière fois qu'elle l'avait fait en 2022 sur l'Ukraine, le lendemain, il y a eu une assemblée générale de l'ONU.
04:05Il n'y a pas besoin d'avoir l'unanimité pour ça, ni le droit de veto sur la question.
04:09Et puis troisièmement, il faut que la France reconnaisse tout de suite, M. Macron dit en juin peut-être, il faut que la France reconnaisse l'état de Palestine.
04:16Il faut des actes forts, parce que sinon ça ne s'arrêtera pas.
04:19Et si ça ne s'arrête pas, on pleurera également des morts israéliens dans d'autres parties du monde,
04:24parce que vous aurez inévitablement des gens qui se diront que la manière de venger les Palestiniens, c'est de faire ça.
04:29– Un dernier mot là-dessus, est-ce que vous êtes d'accord avec l'analyse qui dit qu'il faut aussi que le Hamas sorte de son contrôle de la bande de Gaza ?
04:35Est-ce que c'est l'un des éléments du problème et que vous le dites très clairement ?
04:38– Ce n'est pas l'élément du problème. L'élément du problème, c'est que M. Netanyahou a décidé…
04:43– C'est le Hamas qui a attaqué Israël le 7 octobre.
04:44– D'accord, je n'ai pas dit le contraire.
04:47Est-ce que du fait que le Hamas ait attaqué Israël le 7 octobre, ça légitime le fait d'avoir aujourd'hui l'idée de déporter tout le peuple palestinien de Gaza,
04:55comme on avait déjà l'intention de M. Netanyahou avant le 7 octobre ?
04:59La réponse est non, c'est contre toutes les résolutions de l'ONU, c'est contre tout, j'allais dire, c'est une dérive par rapport à l'humanité absolument terrible.
05:05Donc je pense que la situation et la solution aujourd'hui, c'est qu'il y ait un cessez-le-feu.
05:13Ce n'est pas le Hamas qui est en train d'être massacré sous les bombes, c'est les enfants et les femmes palestiniennes.
05:19Donc l'objectif de M. Netanyahou, c'est d'en finir avec la Palestine, ce n'est pas d'en finir avec le Hamas.
05:24Ça, j'allais dire que c'est son prétexte.
05:26Eric Coquerel, on va parler maintenant de ce rapport sur les frères musulmans, qui alerte sur la stratégie d'entrisme au sein de la société française,
05:33via le sport, via l'école, via parfois la politique locale.
05:36Jean-Luc Mélenchon accuse ce conseil de défense de reprendre les thèses délirantes du Rassemblement National.
05:41Vous nous dites quoi, vous, ce matin sur RTL, Eric Coquerel ?
05:44C'est faux, c'est du délire, c'est du fantasme ?
05:46C'est un petit lien avec la discussion qu'on vient d'avoir sur l'exportation du choc des civilisations,
05:49avec la vision de voir tous les conflits dans le monde être un guide de religion.
05:54Moi, ce que je dis d'abord, c'est que c'est une diversion, une division.
05:57J'ai l'impression, j'entendais M. Macron...
05:59Mais avant de parler de l'instrumentalisation potentielle, est-ce que c'est une réalité aujourd'hui, en France,
06:05petite ou pas, faible ou pas, dans votre département, par exemple, de Seine-Saint-Denis,
06:09est-ce que ça existe, pour répondre très clairement à la question...
06:11De quoi vous parlez ?
06:11De l'entrisme des frères musulmans, de gens qui ont influencé des mosquées par des positions radicales.
06:17Est-ce qu'aujourd'hui, vous le voyez, en Seine-Saint-Denis, ou est-ce que ça n'existe pas ?
06:20Je vais vous répondre.
06:20Déjà, le problème de l'entrisme, c'est qu'on dégage très rapidement des visions complotistes.
06:25Parce qu'en réalité, soit ça se voit et ça montre que c'était vrai et réel,
06:28soit ça ne se voit pas et ça montre que c'est caché.
06:30Vous voyez, c'est un peu la logique de l'Inquisition.
06:32Deuxièmement, je vous ai posé la question, parce que qu'est-ce qu'on recherche ?
06:35Au début, je vous remarquerez que par rapport à la loi séparatiste,
06:39l'idée était de faire en sorte que le terreau d'acte de terrorisme islamique soit asséché.
06:45Là, ce n'est même pas ce dont on parle.
06:47Les auteurs du rapport ne parlent pas de ça.
06:48Ils disent même qu'il n'y a pas la volonté d'instaurer un califat et un État islamique.
06:53Ils le déseffectuent.
06:53Donc, en réalité, ce contracte, c'est une vision intégriste de la religion.
06:57D'accord ?
06:57Mais la vision intégriste de la religion, moi je suis contre les visions intégristes de la religion,
07:02mais il faudrait savoir en quoi c'est un sujet qui, quelque part, mérite un moment d'être posé
07:07au point de faire un comité de défense, c'est-à-dire d'imaginer que vous avez un ennemi intérieur dans le pays
07:11qui va être déterradiqué.
07:13Ça, c'est une première question.
07:14La deuxième chose, c'est que si vous regardez le rapport, vous vous apercevez qu'en réalité,
07:17c'est la visibilité de la religion musulmane qui est mise en question.
07:22Mais le rapport ne donne pas une version très grave.
07:28Ou exagérée, 17%.
07:30Je vais y venir.
07:30Je vais y venir.
07:32Attendez, même pour les 7%, un des critères, c'est le port du voile.
07:37Un des critères, c'est le jeûne pour le ramadan.
07:39Moi, je vous invite à prendre les mêmes critères et puis à les appliquer, par exemple, à n'importe quelle religion.
07:44Vous allez voir que vous allez vite décerner une vision, un pourcentage très intégriste
07:49de la pratique de ces religions dans le pays.
07:52Déjà, je mets en question le critère.
07:53Deuxièmement, comme vous avez dit, malgré ces critères, les pourcentages sont très faibles.
07:57Mais ils sont là.
07:58Et pourcentage, ils sont très faibles.
08:00Mais l'immense majorité des musulmans...
08:01Mais encore une fois, sur quel danger ?
08:02Une seconde.
08:02Il faut dire que la majorité des musulmans de France, 6 ou 7 millions, qui vivent leur religion très tranquillement,
08:07ils peuvent dire aussi, nous, on ne veut pas être infiltrés par des radicaux.
08:10On ne veut pas que nos enfants à la mosquée et un extrémiste à l'extérieur qui essaie de les embrigader, eux aussi réclament ça.
08:16Mais encore une fois, je vous dis, c'est une vision très complotiste.
08:18Parce que, qu'est-ce qu'on attaque, par exemple, dans le rapport ?
08:21Est-ce qu'on dit, le problème, c'est des imams qui ont des propos homophobes, sexistes, racistes, d'appel au djihad, par exemple, de choses comme ça ?
08:28Non, ce n'est pas ça du tout dans la question.
08:29C'est une façon, j'allais dire, assez rigoriste d'appliquer sa religion.
08:33Et encore, avec des critères où, en réalité, on s'aperçoit que ça concerne quasiment tous les musulmans.
08:37Parce que le port du voile, aujourd'hui, s'est généralisé sans signifier, ou alors c'est très mal connaître la situation,
08:42qu'on a affaire à l'intégrisme.
08:44Donc, moi, ce que je crois, c'est qu'on est en train, en réalité, une fois de plus,
08:48de mettre sur le dos de l'islam, à travers la lutte soi-disant contre les fréristes, absolument tous les problèmes de ce pays.
08:54Il y a une phrase dans ce rapport, juste, très concrètement, c'est bientôt fini.
08:57Il y a une phrase qui dit, on voit l'explosion du nombre de jeunes filles portant une abaya,
09:01une augmentation massive visible de petites filles portant le voile, ici, de l'âge de 5 ou 6 ans.
09:06Donc ça, c'est une réalité ou pas ?
09:09Oui, il y a des jeunes filles qui portent le voile, oui.
09:11Vous le condamnez ? Vous le regrettez ?
09:13Mais, excusez-moi, la laïcité en 1905, elle ne s'est pas établie sur le fait d'en finir avec les signes distinctifs de la religion.
09:19Il y a eu un débat, il y a eu un débat, je vous rappelle.
09:21Un débat, même à gauche, qui se portait, où on disait qu'il fallait interdire les sous-titrage.
09:25Mais est-ce que vous condamnez le fait que des jeunes juifs, par exemple, portent la kippa ?
09:30Est-ce que vous condamnez le fait que des catholiques portent une croix de manière très visible ?
09:34Je ne pense pas que vous le condamniez.
09:35Donc, la question aujourd'hui, c'est qu'il faudrait peut-être arrêter.
09:40Fiche la paix aux musulmans de ce pays.
09:42Voilà ce que je crois.
09:42Il faut arrêter d'en faire des objets de division, de diversion.
09:46Et si je vous dis diversion, c'est parce que je remarque une chose.
09:49M. Macron nous dit maintenant, en juin, j'attends des mesures.
09:52Donc, ça y est, le feuilleton est parti.
09:53Ça va être le sujet principal dont on va parler.
09:55On ne va pas parler, par exemple, du manque de logements sociaux dans ce pays.
09:59Il pensait essayer de faire quelque chose de la référendum.
10:01Ça a été le flop total.
10:02On est en train de mettre un nouveau sujet.
10:04Et c'est un sujet qui est absolument terrible.
10:06Parce que je vous ferai remarquer que l'islamophobie vient de faire un mort dans une mosquée.
10:09Donc, est-ce qu'on veut continuer là-dessus ?
10:10Merci beaucoup, Éric Coquerel, d'avoir été avec nous sur RTL.
10:13Vous restez évidemment avec nous.
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