- il y a 1 an
Les Vraies Voix responsables avec Céline Mahuteau, victime et partie civile dans le procès d'assises Le Scouarnec, qui souhaite un débat de société et toute une série de mesures contre la pédophilie (protocoles d’inhbition sexuelle, peines minimales, suppression de la prescription trentenaire,…) ; Me Lise Bornes, avocate de la victime qui plaidera après-demain vendredi 23 mai à l’audience ; Martine Brousse, présidente et cofondatrice de l'association La Voix de l'Enfant.
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NewsTranscription
00:00Sud Radio, les vraies voies qui font bouger la France, 19h20, les vraies voies responsables.
00:06On est très heureux de vous accueillir pour cette émission qui est une émission un peu particulière pour Philippe, David et moi
00:13puisqu'on va évoquer le plus grand procès de pédocriminalité en France.
00:18Et on se pose la question, comment un chirurgien anesthésiste pédophile condamné pour détention d'image pédopornographique en 2005,
00:26comment a-t-il pu continuer à sévir sur des petites victimes endormies pendant des années le procès de Joël Le Squarnek
00:32entre dans la ligne droite à Vannes, verdict attendu dans une semaine, le 28 mai prochain.
00:38Mais l'enjeu c'est aussi pour les victimes, c'est qu'un tel scénario ne soit plus possible à l'avenir.
00:43Céline Mahuto plaide pour toute une série de mesures après ce procès, elle est avec nous ce soir.
00:48Elle appelle notamment de sévir un débat collectif au-delà de ce procès devant la cour criminelle du Morbihan.
00:54Bonsoir.
00:55Bonsoir.
00:56Merci en tout cas d'avoir accepté notre invitation.
00:58Maître Lise Born, bonjour.
01:00Vous êtes son avocate.
01:01Bonsoir.
01:02On va en parler mais justement de cette plaidoirie du vendredi 23 à l'audience.
01:07Et puis Martine Brousse est avec nous, présidente et cofondatrice de l'association La Voix de l'Enfant.
01:12Bonsoir, merci d'avoir accepté notre invitation.
01:15On vous souhaite la bienvenue.
01:17On est ensemble jusqu'à 20h.
01:19Les vraies voix sud radio.
01:20On le rappelle, même si la presse entière en parle et depuis des années dans cette affaire,
01:26les 299 victimes ont appris la vérité car le chirurgien anesthésiste consignait toutes ses sévices
01:32dans un fameux carnet nom de la victime, âge et adresse.
01:36Alors forcément, je vais me tourner vers vous Céline Mahuto.
01:39Vous avez découvert par les gendarmes que vous aviez été abusée et vous avez dit cette phrase
01:47« Je suis traumatisée alors que je ne me souviens de rien ».
01:50Oui, tout à fait, c'est exactement ça.
01:52En fait, quand le gendarme m'a annoncé avec tact ce qui m'était arrivé,
01:58j'ai eu une minute où l'espace-temps s'est complètement arrêté.
02:02Je me suis déconnectée, le cerveau s'est complètement déconnecté.
02:05Et on comprend.
02:06Une fois que les connexions se sont remises, ça a été la foire aux questions.
02:11Comment je peux lancer une procédure judiciaire ?
02:14Comment je peux l'attaquer ? Comment je peux faire tout ça ?
02:17Là, le mode guerrière est arrivé et on y va et on fonce.
02:22Je pense immédiatement à vos parents, à votre maman,
02:26puisque vous êtes une enfant à cette époque-là, vous avez 7 ans.
02:29Est-ce que c'est terrible pour vos parents de dire
02:32qu'on l'a envoyée dans la gueule du lion ?
02:36En fait, ils ne le savaient pas.
02:38Bien sûr, on imagine qu'ils ne le savaient pas.
02:40On avait une situation familiale assez particulière à cette époque-là.
02:42Mon papa avait eu un accident de moto.
02:44Il était hospitalisé à l'hôpital du Mans.
02:47Ma maman travaillait à Châtillon-sur-Indre.
02:50Elle partait sur le Mans, il y avait entre 2h et 2h30 de route
02:54pour apporter des vêtements à mon père.
02:56Ensuite, elle repassait par Loche,
02:58pareil, pour m'apporter des vêtements propres et tout ça.
03:00Ensuite, elle rentrait à la maison pour s'occuper de mon petit frère
03:03qui avait 2 ans à l'époque.
03:05Elle n'avait pas le temps, en fait.
03:08Évidemment, cette révélation a été terrible.
03:11Vous ne vous souveniez de rien.
03:13Quel travail vous avez fait ?
03:15Vous avez vu des psys, comment ça s'est passé ?
03:17Oui, pour essayer d'avoir un maximum d'informations
03:19pour réveiller cette mémoire qui est complètement éteinte.
03:22J'ai vu des psys, j'ai vu un hypnotiseur aussi.
03:27Et en fait, rien n'a fonctionné.
03:30Mais quand vous dites qui est complètement éteinte,
03:32en tant que victime, vous avez envie de la rallumer
03:35pour comprendre ?
03:37Ou alors vous voulez rester dans cet état de sidération ?
03:40Au départ, ma démarche était surtout pour apporter des éléments
03:43pour l'enquête, donc pour le gendarme.
03:46Et ensuite, vu que ça ne fonctionnait pas,
03:48franchement, je préfère laisser ma mémoire comme elle est.
03:50Maître Lisborne, un procès comme ça,
03:53quand vous avez décidé de défendre Céline Mahuto,
03:56vous dites que c'est un procès hors normes.
03:58Vous avez déjà vu des cas aussi barbares
04:00que celui auquel tu es jugé en ce moment ?
04:03Non, puisqu'à priori, c'est d'ailleurs la première fois
04:07que nous avons affaire à un tel pédocriminel de cette envergure,
04:10avec une telle carrière criminelle.
04:12Mais parfois, des avocats comme vous ont des meurtres
04:14avec acte de barbarie, etc.
04:16De toutes les façons, dans l'innomable et dans l'horreur,
04:19il n'y a pas de compétition.
04:21Donc non, on est préparé, oui,
04:24puisque de toutes les façons, je suis pénaliste de formation.
04:27Donc pas de difficultés sur ce point.
04:29Maintenant, ce n'est pas moi qui ai choisi de défendre Céline.
04:32Déjà, c'est Céline qui est venue vers moi.
04:34Et nous avons décidé ensemble, effectivement,
04:37de partir sur un combat
04:39en faisant de ce procès Le Squarnec
04:42un procès qui fasse qu'il ne se renouvelle jamais,
04:45en tout cas avec les caractéristiques de ce procès,
04:50avec tout ce qu'on attend, en fait,
04:53sur un après-procès Le Squarnec.
04:55Martine Brousse, vous êtes présidente
04:57et confondatrice de l'association La Voix de l'Enfant.
04:59Et on vous en remercie,
05:01parce que c'est une association très importante.
05:03J'imagine qu'un cas similaire,
05:05vous en avez vu, forcément,
05:07des enfants abusés.
05:09Qu'est-ce qu'on peut conseiller, en tout cas,
05:11à ceux qui nous écoutent aujourd'hui,
05:13qui sont parents de famille,
05:15peut-être qu'il y a des signaux faibles.
05:17Là, c'était totalement, visiblement, invisible chez Céline.
05:21Mais est-ce qu'on est capables, en tant que parents,
05:24de déceler que quelque chose, tout à coup, a basculé ?
05:27Alors, tout d'abord, je voudrais remercier Céline
05:31d'être là, sur le plateau.
05:33Toutes les victimes qui témoignent aujourd'hui.
05:35Et puis aussi, dire aux parents qui ne sont pas coupables.
05:40Ils ne pouvaient pas savoir.
05:43Céline vient de décrire un peu la situation familiale de l'époque,
05:46avec un papa à l'hôpital, un petit frère, une maman qui travaille.
05:49Mais tous ces parents.
05:51Et j'entendais, ce matin, les grands-parents
05:53qui ont perdu leur petit-fils,
05:55qui s'est suicidé.
05:57Ce grand-père qui dit,
05:58il s'est mis dans la gueule du prédateur.
06:01Et, non, vous ne pouviez pas savoir.
06:04Et, même aujourd'hui,
06:07cela peut se reproduire.
06:09Alors, pas comme ça l'est, mais...
06:11C'est pour ça, pardon, que je lui demandais si...
06:13Pardon, je lui demandais si sa maman se sentait responsable,
06:16alors qu'elle n'a pas de responsabilité.
06:18Parce que c'est terrible de se dire qu'on a envoyé son enfant.
06:22Et après, on se dit, mais pourquoi je l'ai fait ?
06:24Pourquoi je n'ai pas vérifié ?
06:25Pourquoi on se sent forcément très mal vis-à-vis de ça ?
06:31Et c'est important de dire, et aux victimes,
06:35qu'elles ne sont pas responsables des actes qu'elles ont subis,
06:38qu'elles ne vont pas avoir peur, qu'elles ne vont pas avoir honte.
06:41C'est celui ou celle qui a commis ces actes
06:44qui doit être poursuivi et condamné.
06:47Et puis, il faut aussi voir qu'aujourd'hui,
06:51c'est vrai qu'on ne dit plus jamais ça.
06:53Et plus jamais un nombre pareil.
06:56Plus jamais, dans la mesure du possible, de tels actes.
07:00Mais c'est vrai que, malheureusement,
07:03aujourd'hui, il y a encore des prédateurs.
07:06Ils sont nombreux.
07:07Et c'est pour ça qu'au-delà de tout ce qu'on va pouvoir
07:11tirer de ce procès, il va aussi falloir
07:15que l'on recherche les causes.
07:17Parce que c'est un peu comme...
07:18Ce ne sont pas des malades, ce sont des déviants sexuels.
07:21Là aussi, il faut être clair.
07:22D'ailleurs, beaucoup de les expertises psychiatriques
07:25disent qu'il était très conscient de ce qu'ils faisaient.
07:29Tout à fait. C'est pour ça que j'insiste sur le fait
07:31qu'ils ne sont pas malades.
07:33Il n'empêche pas qu'il faut aller chercher les causes.
07:37Parce que tant qu'on ne va pas aller chercher des causes
07:40qui font que ces hommes...
07:42Il l'a dit à un moment donné.
07:43J'étais là la première semaine.
07:44Et à un moment, il a interrogé sa sœur.
07:47Où il lui a dit, mais pourquoi j'ai fait ça ?
07:50Pourquoi ? Dites-moi.
07:51Car je n'ai pas été agressé dans mon enfance.
07:54Il l'a dit, il l'a redit plusieurs fois.
07:56Et il faut bien savoir qu'aujourd'hui,
07:59le CRIAV, qui est ce centre
08:01qui accueille tous ces délinquants sexuels
08:03qui les suivent dans les prisons et autres,
08:05ont fait des études.
08:06Il n'y a que 28% des prédateurs
08:09qui ont été victimes de violences sexuelles
08:12qui ont été victimes dans leur enfance.
08:14Donc il faut aussi qu'on se donne les moyens.
08:16Et il faut que le gouvernement mette en place
08:19les mêmes moyens qu'il met pour lutter contre le terrorisme.
08:22Ce sont des milliers d'enfants
08:24qui, chaque année, sont victimes.
08:26Donc nous demandons ces moyens,
08:28d'une part pour les victimes,
08:30pour l'accompagnement et la prise en charge des victimes,
08:33pour la prévention, prévenir,
08:35pour les jeunes, les enfants aujourd'hui,
08:37mais aussi rechercher les causes du passage à l'acte
08:40de ces prédateurs.
08:42Allez, vous restez avec nous,
08:43on va se faire une petite pause.
08:44On va revenir dans un instant
08:46et on va décortiquer un petit peu ce procès,
08:48de ce qu'on peut dire, en tout cas, de ce qu'on a compris.
08:51Bien entendu, merci en tout cas, Céline,
08:53d'avoir accepté cette invitation,
08:55parce que c'est toujours un moment un peu difficile.
08:57Mais en tout cas, on va bien s'occuper de vous, jusqu'à 20h.
08:59Et si vous avez des questions, n'hésitez pas.
09:010 826 300 300, on est là.
09:03Avec Philippe David, jusqu'à 20h.
09:06Sud Radio, parlons vrai.
09:08Sud Radio, parlons vrai.
09:10Les vraies voies qui font bouger la France.
09:1219h20, les vraies voies responsables.
09:15Les vraies voies responsables, ce soir,
09:17émission exceptionnelle sur le plus grand procès
09:20de pédocriminalité, vous le savez.
09:22En tout cas, vous en avez largement entendu parler.
09:25Le Squarnec, ce procès d'assises
09:28avec l'une des victimes.
09:30En tout cas, encore merci d'être avec nous ce soir,
09:33partie civile dans ce procès d'assises.
09:35Son avocate, Maître Lise Born,
09:37merci aussi d'être avec nous, qui plaidera après-demain.
09:39Et Martine Brousse, présidente et confondatrice
09:41de l'association de la Voix de l'Enfant.
09:43Pour tous ceux qui n'ont pas forcément suivi
09:48le procès depuis le début,
09:51on sait que l'affaire commence aux alentours de 2004.
09:542004, où en tout cas, ce chirurgien
09:58commence à avoir des problèmes avec la justice.
10:01Et d'ailleurs se pose la question de se dire,
10:03quand on retrace le parcours de cet homme,
10:06de se dire comment tout ça a été possible.
10:09Oui, alors effectivement, son parcours
10:13commence réellement au niveau judiciaire en 2004,
10:15puisqu'il a été condamné en 2005
10:18pour détention de clichés
10:21et de vidéos pédopornographiques.
10:24Ce qui est quand même très choquant,
10:27c'est qu'il a été condamné à 4 mois
10:30avec sursis et pas d'injonction de soins.
10:33Donc je crois que toute la problématique en fait,
10:35tout commence là, en tout cas dans ce parcours judiciaire,
10:38qui fait qu'à un moment donné, il s'est dit
10:40je vais pouvoir de toutes les façons agir en toute impunité,
10:43puisque malgré la gravité des faits qui me sont reprochés,
10:46parce qu'il ne faut quand même pas mettre de côté
10:48le fait de pouvoir être spectateur
10:51de clichés ou de vidéos pédopornographiques,
10:54on se dit que certes on a affaire à du virtuel,
10:56mais enfin, vous avez un spectateur,
10:58et qu'il a acheté avec ses cachets bleus.
11:01Mais j'ai envie de vous dire,
11:03ou qu'il le télécharge gratuitement,
11:04le problème n'est même pas là.
11:05C'est-à-dire qu'en fait, on se retrouve avec un spectateur
11:08et à l'autre bout, vous avez des vrais enfants
11:10qui sont réellement violés.
11:12Vous avez une vraie mise en scène
11:14avec des viols, avec des agressions sexuelles,
11:16et vous avez une entreprise criminelle autour de ces enfants
11:19qui fait que si on n'avait pas ces spectateurs,
11:21la réalité est qu'effectivement,
11:23on n'aurait pas toute cette mise en scène possible.
11:25Donc c'est très grave, c'est très très grave.
11:27– Mais maître Lisbonne l'a dit, la peine est vraiment très faible,
11:30le 4 mois, je suis d'accord.
11:31– Ridicule.
11:32– Ridicule, mais est-ce que quelque part,
11:34le fait qu'il soit chirurgien n'est pas joué
11:37pour avoir une peine un peu moins forte
11:39qu'aurait pris par exemple un plombier ?
11:41– Mais c'est surtout beaucoup plus grave,
11:43le fait qu'il soit chirurgien…
11:44– Je suis bien d'accord, mais est-ce que quelque part…
11:46– Vous voulez dire le fait qu'il soit notable ?
11:48– Notable, voilà, si vous préférez.
11:50– Le fait qu'un bonhomme malent, il est censé participer,
11:52entre guillemets, à la société,
11:54du fait qu'il soit une des enfants ?
11:57– En fait, c'est encore plus choquant,
11:59c'est justement ce qui aurait pu alerter
12:01les juridictions et la juridiction.
12:03C'est se dire que vous avez quand même un chirurgien,
12:06en tout cas qu'on appelle chirurgien,
12:08clairement c'est un pédophile avec un bistouri.
12:10Vous avez un chirurgien qui ne voit pas d'ailleurs des patients,
12:13mais qui voit des proies,
12:15et qui visionne tranquillement dans son bureau,
12:17dans un hôpital ou une clinique,
12:19qui visionne ses horreurs, ses vidéos, ses clichés,
12:23et puis ensuite, une fois qu'il les a visionnées,
12:25il retourne au bloc opératoire,
12:27il a des enfants, entre les mains,
12:30et on pense qu'il ne va rien se passer,
12:32on pense qu'il ne va pas y avoir de fantasmes derrière,
12:35qu'il ne va pas y avoir toute cette cruauté.
12:37– Ce qui est fou, c'est qu'un de ses collègues psychiatres
12:39suspicieux a voulu révéler
12:42qu'il n'a pas été écouté par le corps médical.
12:45– Il n'a pas été écouté par le corps médical ?
12:47– Entendu, c'est-à-dire qu'il a dit
12:50que ça posait problème et qu'il n'avait pas été écouté,
12:55d'après ce qu'on sait.
12:56– Oui, c'est-à-dire que les experts n'ont pas pu voir
12:59qu'effectivement il y a un de ses collègues psychiatres.
13:02– Ah oui, d'accord, c'est ça le fait qu'il n'y ait pas eu de dénonciation ?
13:06– Alors là, ça a été l'omerta complète,
13:09c'est-à-dire qu'on se retrouve avec effectivement un psychiatre
13:12qui a eu le courage de parler, d'alerter,
13:15justement parce qu'il y avait eu un souci au bloc opératoire.
13:18Monsieur Le Squarnec avait opéré un petit garçon de mémoire
13:22et il y a eu des soucis dans le cadre de cette intervention chirurgicale.
13:26Volontaire ou pas, c'est la question qu'on est en droit de se poser.
13:29Toujours est-il que nous avons eu un scénario, on ne peut plus, catastrophique.
13:34Il y a eu la veine cave qui a été transpercée, absolument.
13:40Et c'est ce qui a fait qu'à un moment donné,
13:42le psychiatre demande des comptes entre collègues en disant
13:45« Joël, que s'est-il passé dans le cadre de cette intervention ? »
13:49Et là, il lui relate l'intervention chirurgicale
13:53en faisant comme si on était dans une scène pornographique.
13:58C'est-à-dire qu'il explique que son bistouri a pénétré la veine cave,
14:02puis il explique en fait toute l'intervention chirurgicale,
14:05comme si c'était un récit pédopornographique.
14:08Alors le psychiatre s'est dit « là, nous avons un réel problème ».
14:11Entre temps, il avait eu vent bien sûr de la condamnation de 2005 qui posait problème.
14:16Et il a commencé à alerter effectivement qui de droit.
14:20Et là, on s'aperçoit qu'on est sur un dysfonctionnement institutionnel médical terrible.
14:26Peut-être un peu corporatiste où on se protège entre soi, non ?
14:29Mais évident.
14:30Est-ce que ça veut dire qu'il y a une responsabilité de l'entourage ?
14:33Pour nous, de façon tout à fait évidente.
14:38Après, j'ai envie de dire chaque chose en son temps.
14:40Et chacun prendra ses responsabilités.
14:42Céline Mahutot, vous pensez que vous avez aussi été un peu victime du « no merta »
14:46qu'il y avait par exemple à l'Ordre des médecins,
14:48et qu'entre gens bien, on ne va pas se dénoncer soi-même ?
14:51Oui, totalement.
14:53Là, je fais référence à l'infirmière qui m'a donné cette sensation
14:57lors d'un soin au bout de 15 jours d'hospitalisation pour une appendicite,
15:01ce qui est quand même déjà pas mal.
15:03Lors d'un soin, en fait, elle a pris la décision,
15:06l'initiative de retirer mes fils de suture.
15:09Elle a insisté, elle a vraiment forcé.
15:13Et du coup, elle m'a dit « je m'excuse, je vais être obligée de vous faire mal ».
15:17Et elle a vraiment tiré d'un coup sec.
15:19Donc, pas le choix.
15:21Et en fait, elle m'a donné la sensation que j'étais en danger,
15:24qu'il fallait absolument que je parte de cette clinique le plus rapidement possible.
15:28Qu'est-ce qui fait que Céline, si je peux me permettre de vous appeler par votre prénom,
15:32que vous soyez sans doute la seule victime aujourd'hui
15:36à vous montrer un visage découvert ?
15:40Parce que c'est pas à moi d'avoir honte, en fait.
15:42Non, pas du tout. Vous pourriez vous protéger.
15:45Oui, bien sûr, je pourrais me protéger et me cacher dans le fond d'une grotte.
15:48Mais non, il est hors de question.
15:50C'est très courageux, en tout cas, de votre part.
15:52C'est gentil, merci.
15:53Mais comme on disait, il faut que ça soit expliqué, exprimé,
15:57et il faut qu'on soit entendu aussi.
16:02Il faut que les gens comprennent les messages,
16:04comme la prévention sur la pédophilie.
16:07Il faut faire bouger les choses également.
16:09Martine Brousse, vous êtes présidente et co-voitrice de l'association La Voix de l'Enfance.
16:14Vous êtes partie civile, enfin pas vous, votre association,
16:17lors du procès Le Squarnec.
16:19Est-ce que vous avez envie, ou est-ce que vous avez,
16:21ou est-ce que vous allez demander des comptes, notamment à l'Ordre des médecins ?
16:24Et peut-être les avocats aussi, d'ailleurs.
16:26Notre avocat l'a redit, maître Frédéric Benoist,
16:29nous avons, nous, déjà déposé plainte depuis avril 2023.
16:33Notre X.
16:34Et que nous espérons que cette plainte va abituer.
16:37Pourquoi votre X, et pas contre l'Ordre directement ?
16:40C'est d'où ma question.
16:41Parce que nous pensons qu'il y a sans doute d'autres responsabilités.
16:45Et qu'il va falloir que nous puissions, à ce niveau-là,
16:49et au travers aussi des témoignages qui ont été apportés
16:54pendant ces trois mois de procès,
16:57ce que nous avons entendu, que ce soit de la part des victimes,
17:01mais comme vous l'avez rappelé aussi, maître, de ces psychiatres.
17:07Nous avons des éléments nouveaux qui vont permettre,
17:11si cette plainte est reçue, parce qu'il faut encore qu'elle soit,
17:14elle devrait, mais bon, allons jusqu'au bout.
17:17Et il va falloir, parce qu'il y a certes l'Ordre national des médecins,
17:22mais il y a l'Ordre départemental des médecins,
17:25il y a les hôpitaux.
17:27Les hôpitaux, on a quand même un hôpital qui savait,
17:30comme l'a rappelé maître, qu'il y avait eu une première condamnation.
17:34Et on a embauché, parce qu'on avait peur, il manquait un médecin,
17:38on a laissé fermer le service.
17:40Enfin, on est devant des...
17:42Il y a eu un cumul de responsabilités qui auraient pu faire
17:48qu'il n'y ait pas tant de victimes, que ça ne s'inscrive pas dans le temps,
17:54et il faut quand même rappeler que c'est une petite fille,
17:57que c'est grâce à une petite fille que cette affaire a pu sortir.
18:03Et maître, vous disiez, il n'y a pas eu d'injonction de soins.
18:09C'est une demande que fait la Voix de l'Enfant.
18:11Aujourd'hui, l'injonction de soins, le suivi socio-médico-judiciaire,
18:16l'injonction de soins et tout ce qui s'en suit,
18:18c'est à la bonne volonté de la Cour.
18:22Nous, nous demandons que ça soit, à partir du moment où il y a eu
18:25agression sexuelle, violence sexuelle sur un enfant,
18:28que ça soit systématique.
18:30Et que si vraiment, il y avait une décision,
18:33que ça ne soit pas prononcé, à ce moment-là, il faudra le motiver.
18:37Mais que ce soit, il y a une condamnation,
18:39quelle que soit la gravité de la condamnation,
18:42ça doit être prononcé.
18:44Toute personne qui se rend sur des sites pornographiques
18:48et pédopornographiques,
18:49toute personne qui, attouchement ou autre,
18:52doit faire l'objet d'injonctions de soins
18:55et d'un suivi socio-médico-judiciaire.
18:57Martine Brousse, est-ce que le fait que Céline se montre à visage,
19:01enfin en tout cas, qu'on puisse voir un visage,
19:04est-ce que finalement, ce n'est pas plus impactant
19:06qu'un procès dont on ne voit aucune victime ?
19:09Mais au moins là, il y a un impact.
19:11Le fait que Céline se pose, justement, en tête de proue,
19:15si je puis dire.
19:16Elle incarne le procès.
19:17Elle incarne quelque chose.
19:18Et ça rend, en tout cas, ce procès vivant.
19:21Et au moins, on sent qu'il y a quelqu'un.
19:23C'est pour ça que je l'ai remerciée
19:25quand vous m'avez donné la parole.
19:27Parce qu'il faut, et que notre travail,
19:31nous, les associations où nous n'avons pas de victimes,
19:35nous sommes avec elles.
19:37Nous sommes des facilitateurs,
19:39de porter aussi leurs demandes,
19:41de porter avant tout aussi,
19:44de transmettre leur souffrance,
19:46parce que c'est avant tout.
19:48Et en même temps, de leur dire
19:50qu'il y a des choses qui ont été faites,
19:52qu'il y a des choses qui se mettent en place
19:54et qu'ensemble, nous irons encore plus loin.
19:57Mais ce qu'il faut savoir, c'est que moi,
19:59je dis toujours,
20:00rien que pour le recueil de la parole des enfants,
20:03aujourd'hui, à votre époque, il n'y avait pas.
20:05Alors, vous étiez dans un hôpital.
20:07Aujourd'hui, il y a plus de 100 unités d'accueil
20:10pédiatriques enfants en danger dans des hôpitaux de France
20:13où on recueille la parole de l'enfant en pluridisciplinarité.
20:16Eh bien, ça, il faut qu'on demande à nos pouvoirs publics
20:19de les démultiplier et qu'on leur donne des moyens,
20:22qu'on ne ralentisse pas les moyens.
20:23Il y a eu une lancée, il y a eu une avancée.
20:25Puis aujourd'hui, on a le sentiment que ce...
20:27Voilà.
20:28Donc, on a une haute commissaire à l'enfance,
20:30madame Ella Airy,
20:31que nous avons saisie sur cette question-là.
20:33Elle va prendre aussi le sujet,
20:35le bras à le corps avec madame Bautrin.
20:37Mais il faut aller plus loin
20:38et c'est avec vous que nous le ferons.
20:40Merci beaucoup.
20:41Vous restez avec nous.
20:42On revient dans un instant.
20:44On est ensemble jusqu'à 20h.
20:46Sud Radio, c'est votre opinion qui compte.
20:49Je vous écoute depuis des années,
20:51tous les matins,
20:52dès que je pose le pied,
20:54j'allume Sud Radio.
20:56Sud Radio, parlons vrai.
20:58Sud Radio, les vraies voies qui font bouger la France.
21:0019h20, les vraies voies responsables.
21:05Soyez les bienvenus avec nous.
21:07Ce soir, une affaire sur l'affaire Le Squarnec.
21:10Bien entendu, cette affaire,
21:12un terrible de pédocriminalité.
21:14Céline Mahuto est avec nous,
21:16vice-victime et partie civile dans le procès d'Assise.
21:19Son avocate, maître Lise Born, est avec nous.
21:21Et Martine Brousse,
21:22présidente et cofondatrice de l'association La Voix de l'Enfant.
21:25L'important aussi,
21:26c'est de citer et de donner des numéros de téléphone
21:29qui seront de toute façon nécessaires.
21:31D'abord, le 119.
21:32Et puis, il y a le 0 806 23 10 63.
21:36C'est un numéro vert.
21:39Absolument.
21:40Qui est pour la prévention de la pédophilie,
21:42parce qu'on doit prendre le mal à la racine aussi.
21:45C'est très important.
21:46C'est un numéro vert qui, en fait,
21:48évite à des hommes ou des femmes qui sentent
21:50qu'ils vont être dans le passage à l'acte.
21:52Qui sont envahis par des fantasmes déviants.
21:55Et qui sentent qu'effectivement,
21:57ils ont besoin d'assistance pour ne pas passer à l'acte.
22:01Ils appellent ce numéro vert.
22:03Au bout du fil, il y a des professionnels
22:05qui sont parfaitement formés.
22:06Que ce soit des psychiatres, des psychologues,
22:08tous les intervenants.
22:10Ils appellent en toute anonymat.
22:12Et surtout, très important,
22:13une fois qu'ils ont appelé, ils sont pris en charge.
22:16Que ce soit un protocole psychologique ou physique,
22:19s'ils le demandent, quoi qu'il en soit,
22:20il y a une vraie prise en charge.
22:22Je voudrais vous poser une question
22:24qui m'a paru surréaliste.
22:25Aujourd'hui, quand vous êtes président d'un club de sport,
22:28vous recrutez un éducateur,
22:30vous êtes obligé de lui demander
22:31qu'il n'a pas commis d'acte pédophile.
22:34On peut être chirurgien sur des enfants
22:36et on vous demande rien ?
22:38Est-ce que vous le savez, Martine Brousse ou Maître ?
22:41Parce que ça m'a fait réagir à ça.
22:44C'est vrai que c'est assez étonnant.
22:46Dans l'affaire de M. Le Squarnec, en 2005,
22:48la réalité est que le procureur de la République...
22:50Ah mais en 2005, il fallait déjà donner...
22:52Il aurait dû, et cette information...
22:54Jeunesse et sport.
22:55Cette information aurait dû passer
22:57du ministère public à l'ordre des médecins.
22:59Ça, c'est une réalité.
23:01Et bien évidemment que les hôpitaux,
23:03les cliniques, la direction de ces hôpitaux
23:05et de ces cliniques, lorsqu'ils prenaient,
23:07dans un cadre contractuel,
23:09ou ensuite la titularisation,
23:11bien pire,
23:13la réalité, c'est qu'ils auraient dû avoir connaissance,
23:16en tout cas, dès le départ,
23:18de cette condamnation.
23:20Même lorsqu'ils l'ont vu par la suite.
23:22De toutes les façons, la réalité,
23:24et ce n'a pas eu d'impact,
23:25pour des raisons budgétaires,
23:27pour toutes les raisons que vous voulez,
23:29la direction a continué.
23:31A continuer à s'assurer
23:33les services de M. Le Squarnek.
23:35Céline, vous avez appelé publiquement
23:37à une castration chimique
23:39de Joël Le Squarnek.
23:41Vous pensez nécessaire.
23:43Pourquoi, en fait ?
23:45Parce qu'on se dit,
23:47finalement,
23:49on espère qu'il finira derrière les barreaux
23:51le plus longtemps possible.
23:53Forcément, pourquoi cette demande ?
23:55Parce qu'en fait, la castration chimique,
23:57comment dire,
23:59va pouvoir
24:01me libérer,
24:03dans un sens,
24:05qu'il n'ait plus ses fantasmes.
24:07Parce que je sais qu'en prison, il continuait à écrire
24:09tous ses fantasmes, tous ses désirs,
24:11tout ce qu'il a envie de faire,
24:13qu'il ne peut plus faire physiquement aujourd'hui.
24:15Il dessine également.
24:17En faisant tout ça,
24:19je reste persuadée qu'il pense toujours à nous, les victimes.
24:21Quand j'ai fait,
24:23je vous ai parlé de l'hypnose tout à l'heure,
24:25quand j'ai fait de l'hypnose,
24:27la personne m'a demandé
24:29de retrouver la petite Céline
24:31en moi,
24:33et il s'est avéré que je ne l'ai jamais retrouvée, cette petite.
24:35Et pour moi, elle est prisonnière dans son cerveau.
24:37Pour moi,
24:39il faut qu'il fasse cette
24:41démarche médicale
24:43pour qu'il puisse me libérer.
24:45Il faut qu'il y ait l'aval de la personne
24:47qui soit condamnée, alors qu'aux Etats-Unis,
24:49il n'y en a pas besoin.
24:51Ça dépend des Etats.
24:53Mais quoi qu'il en soit,
24:55je dis ça de façon concrète.
24:57Je crois que c'est important, les droits de l'homme.
24:59Moi, je pense que,
25:01défenseur, parce qu'on défendra bien les droits de l'enfant
25:03et on les protégera,
25:05que si on respecte aussi les droits de l'homme,
25:07je pense qu'il faut
25:09qu'il y ait,
25:11voilà,
25:13ça existe déjà.
25:15Il faut quand même savoir que ça fait des années
25:17qu'il y a un traitement médical
25:19pour les délinquants sexuels.
25:21Les médecins et les psychiatres
25:23qui travaillent dans les prisons,
25:25tels que le CRIAV et les médecins du CRIAV,
25:27merci maître d'avoir rappelé ce numéro
25:29pour des gens,
25:31des adultes ou des plus jeunes
25:33qui se sentiraient attirés
25:35et passaient à une pulsion
25:37qu'ils puissent appeler.
25:39Mais il y a des traitements.
25:41La question, elle est aujourd'hui,
25:43quels sont les moyens qui sont donnés
25:45pour la prise en charge
25:47de ces personnes-là,
25:49déjà celles qui ont été poursuivies et condamnées
25:51et celles qui viennent
25:53dans des services dire qu'ils ont des pulsions
25:55et qu'ils veulent
25:57être traités pour lutter contre ces pulsions.
25:59Et je crois que c'est un vrai sujet.
26:01C'est pour ça que je disais tout à l'heure
26:03qu'il va falloir des moyens
26:05et pas des moyens purement humains,
26:07des moyens financiers
26:09et aussi bien, et avant toute chose pour les victimes,
26:11mais aussi, si on veut en rayer le fléau,
26:13pour tous ces prédateurs.
26:15Est-ce qu'il faut
26:17mettre qu'il y ait un avant
26:19et un après-procès ?
26:21C'est-à-dire que peut-être les procédures changent,
26:23éveiller les consciences,
26:25que les médecins
26:27qui sont les médecins
26:29de mineurs
26:31soient beaucoup plus encadrés ?
26:33Est-ce que tout ça
26:35va impacter
26:37tout ce qui irrigue ce système ?
26:39Oui, justement, on faisait état
26:41du fait qu'il fallait former
26:43les professionnels pour arriver à détecter
26:45beaucoup plus
26:47facilement la problématique
26:49chez les enfants agressés,
26:51sexuellement violés,
26:53victimes d'inceste.
26:55Mais il est fondamental aussi
26:57justement de former ces professionnels
26:59pour pouvoir prendre en charge les délinquants
27:01sexuels, pour pouvoir prendre en charge
27:03tous ceux et celles qui ont,
27:05surtout une majorité d'hommes, mais peu importe en fait,
27:07tous ceux qui ont cette problématique
27:09et pour pouvoir les accompagner.
27:11Je tiens simplement à rebondir,
27:13parce que ça n'a pas été précisé,
27:15justement, l'injonction de soins
27:17et le protocole d'inhibition sexuelle.
27:19Il faut savoir que monsieur Le Squarnek,
27:21le 7 mars dernier, lorsque
27:23Céline a été auditionnée,
27:25il a parfaitement adhéré
27:27au fait de pouvoir effectivement
27:29avoir ce protocole d'inhibition sexuelle,
27:31étant précisé qu'en France,
27:33non seulement, et heureusement d'ailleurs,
27:35il faut l'aval du concerné,
27:37mais en plus, de toute
27:39évidence, ce protocole ne peut pas fonctionner
27:41s'il n'y a pas
27:43une véritable démarche de la part
27:45du délinquant sexuel et accompagnée
27:47en plus d'une psychothérapie
27:49d'envergure.
27:51Donc il y a ces deux
27:53accompagnements qui peuvent véritablement
27:55éviter ou le passage
27:57à l'acte ou la récidive
27:59dans le cas des pédocriminels.
28:01C'est fondamental.
28:03En sachant que ce n'est pas un traitement,
28:05ça ne guérit pas de la pédophilie.
28:07C'est ça quand même.
28:09C'est réversible.
28:11Comme vient de dire Maître,
28:13ça doit être accompagné, c'est la psychothérapie
28:15qui, pendant cette période
28:17où on va calmer les pulsions,
28:19c'est un peu comme un coupe-fin.
28:21On va calmer les pulsions,
28:23ça va permettre tout un travail avec un psychiatre,
28:25psychothérapeute et autres
28:27pour dépasser tout ça.
28:29Mais il faut bien que
28:31les téléspectateurs et auditeurs sachent
28:33que ce n'est pas un traitement.
28:35Ça ne met pas fin
28:37s'il n'y a pas ce travail.
28:39Il faut absolument les deux.
28:41Vous posiez la question
28:43de savoir qui avait
28:45entendu parler au niveau du grand public
28:47avant ce procès
28:49de ce fameux certificat
28:51d'honorabilité.
28:53Je pense qu'aujourd'hui, nous avons un outil.
28:55Mais il faut que nous l'obtenions aussi
28:57pour tout professionnel
28:59qui intervient
29:01auprès des enfants,
29:03dont des médecins, qu'ils soient pédiatres,
29:05radiologues,
29:07au moment où on est dans un espace
29:09où il y a des enfants,
29:11tout employeur doit demander
29:13et exiger
29:15le certificat d'honorabilité.
29:17Si la personne ne la porte pas,
29:19on ne le prend pas. Par contre, s'ils le prennent,
29:21s'il se passe quoi que ce soit,
29:23ce sera de la responsabilité
29:25de l'employeur.
29:27Vous restez avec nous, on fait une dernière pause
29:29et on revient dans un instant. Soyez les bienvenus.
29:31On est ensemble jusqu'à 20h.
29:37Radio, les vraies voies qui font bouger la France.
29:3919h20, les vraies voies responsables.
29:41Et nous sommes très
29:43heureux en tout cas d'accueillir et de donner la parole
29:45à ceux qui souffrent
29:47bien entendu et à ceux qui
29:49travaillent pour que les choses changent.
29:51Avec Martine Brousse qui est avec nous, présidente
29:53et cofondatrice de l'association La Voix de l'Enfant.
29:55Et on vous remercie encore d'être avec nous.
29:57Maître Lise Born qui est
29:59avec nous aussi et qui est l'avocate de Céline
30:01Mahuto qu'on est très heureux
30:03d'accueillir ici, victime et partie civile dans ce
30:05procès d'Assise.
30:07Et j'ai envie de dire
30:09que forcément
30:11tout cela doit servir à
30:13quelque chose et que ça doit éveiller les
30:15consciences du public
30:17peut-être d'être un peu plus vigilant
30:19de ce qu'on voit autour de nous, à l'école
30:21dans des endroits
30:23et cette ultra vigilance
30:25d'aider les autres.
30:27En tout cas, c'est ce qu'on peut
30:29imaginer Martine Brousse
30:31de se dire que faisons attention aux autres
30:33aux petits signes faibles
30:35peut-être d'un enfant qu'on trouve
30:37un petit peu différent de d'habitude
30:39sans faire d'ingérence
30:41bien entendu dans la vie d'autrui.
30:43Je vous remercie de soulever
30:45ce point parce que c'est vrai
30:47qu'à La Voix de l'Enfant et dans d'autres associations
30:49avec qui nous travaillons étroitement
30:51et qui sont partie civile dans ce procès
30:53parfois
30:55nous sommes un peu agacés d'entendre dire
30:57l'enfant ne parle pas.
30:59Si, l'enfant y parle
31:01mais nous ne savons pas
31:03où l'entendre
31:05où repérer
31:07les signaux, les clignotants
31:09comme nous disons chez nous, sa souffrance.
31:11Et l'enfant, il dit des choses
31:13et
31:15la question est de savoir après
31:17c'est vrai que dans une situation
31:19comme celle
31:21qu'a vécue, permettez-moi
31:23de vous appeler Céline, Céline et les autres
31:25victimes, elle ne savait pas
31:27donc c'est différent, mais l'enfant
31:29lui sait qu'il est violenté
31:31tous les soirs chez lui, ou qu'il est victime
31:33au club sportif
31:35il
31:37transmet quelque chose
31:39et donc c'est à nous les adultes
31:41de nous arrêter, et puis je pense
31:43qu'il faut le dire aujourd'hui, le doute
31:45ne profite
31:47que très rarement à l'enfant
31:49la parole
31:51c'est l'adulte, et on entend
31:53trop souvent chez des enquêteurs
31:55dire, oui mais enfin quand même
31:57ce père, il est si bien
31:59cet entraîneur, il est si bien, on revient au notable
32:01on continue
32:03c'est un mec, je pense
32:05que vous l'entendez aussi
32:07et ça devient insupportable
32:09il faut que le doute profite à l'enfant
32:11parce que l'enfant il dit
32:13la vérité, parce qu'il dit sa souffrance
32:15et que c'est aux adultes d'aller chercher
32:17les éléments nécessaires
32:19pour la manifestation de la vérité
32:21mais arrêtons de demander aux victimes
32:23d'apporter la preuve qu'elles ont été victimes
32:25Céline Mahuto
32:27vous êtes très courageuse
32:29on le répète, vous êtes une des rares victimes
32:31à parler face caméra
32:33est-ce que vous avez
32:35ou est-ce que vous allez au procès
32:37pour parler à votre bourreau
32:39lui dire droit dans les yeux ce qu'il vous a fait
32:41est-ce que c'est quelque chose, sachant que vous avez
32:43beaucoup de courage déjà de venir ici, que vous pourriez faire ?
32:45A la barre
32:47j'ai refusé, j'ai refusé de le regarder
32:49j'ai voulu le considérer
32:51comme il nous a considéré, c'est-à-dire des objets
32:53donc c'est ce que j'espère
32:55lui avoir fait ressentir
32:57en revanche, on en a discuté
32:59avec Maître Borne, quand elle va
33:01plaider
33:03ce que je souhaite faire
33:05c'est de me lever
33:07de me montrer présente
33:09physiquement
33:11et de le regarder
33:13de le fixer et lui dire
33:15voilà, je suis là
33:17vous m'avez peut-être légèrement fait courber
33:19les chines quand j'étais enfant
33:21mais là, vous m'avez pas brisé, bien au contraire
33:23je suis droite comme un i
33:25je suis face à vous
33:27et c'est Maître qui dira le reste
33:29voilà
33:31Comment on imagine un procès
33:33parce qu'on se met toujours
33:35du côté de la victime et quand on porte
33:37c'est un fardeau
33:39c'est quand même lourd ce qu'on vous demande de faire
33:41quand vous êtes pénaliste aujourd'hui
33:43dans un tel procès
33:45comme ça, comment on se prépare ?
33:47On se prépare
33:49on puise en fait
33:51toute l'énergie chez notre client
33:55donc clairement
33:57Céline dès le départ
33:59elle m'a mis en sorte
34:01aussi les 298 d'autres
34:03et tous ceux qui ont été abusés
34:05c'est par rapport à la question qui fait que je représente
34:07aujourd'hui Céline bien sûr
34:09mais la réalité c'est que
34:11elle m'a dès le départ expliqué
34:13ce qu'elle attendait de ce procès
34:15ce qu'elle attendait des débats
34:17ce qu'elle attendait de moi
34:19d'une certaine façon et donc moi je porte sa parole
34:21on se prépare
34:23en fonction de son client
34:25de l'énergie de son client
34:27et il s'avère que moi j'ai quand même eu
34:29beaucoup de chance puisque je me suis retrouvée
34:31avec Céline combative
34:33pleine de ferveur
34:35pleine de courage
34:37elle ne peut que me donner cette énergie
34:39donc ça a été très facile
34:41Et le verdict, on peut espérer quoi ?
34:43parce que ça c'est important aussi
34:45Je ne peux pas vous prononcer sur la peine qui va être infligée
34:47à Monsieur Le Squarnec
34:49je peux juste dire qu'il va être condamné nécessairement
34:51puisqu'il a reconnu les faits
34:53mais pour autant
34:55c'est pas à moi d'en décider
34:57je peux juste vous dire qu'il va être condamné
34:59il y a ce qu'on souhaite aussi
35:01ce qu'on souhaiterait, nous ce qu'on souhaite
35:03avec Céline, c'est même pas la condamnation
35:05on sait qu'il ne sortira pas de détention
35:07vu son âge, il a plus de 70 ans
35:09il va prendre au moins 20 ans
35:11nous ce qu'on aimerait c'est qu'en fait il n'a jamais été médecin
35:13il n'a jamais été chirurgien
35:15selon ce que je vous ai dit tout à l'heure
35:17c'était un pédophile avec un bistouri ce qui est bien différent
35:19on aimerait qu'aujourd'hui il prenne enfin
35:21sa blouse de médecin
35:23et qu'il puisse participer
35:25que ce soit le laboratoire
35:27qui nous permette effectivement de pouvoir avancer
35:29sur les protocoles
35:31sur un certain nombre
35:33d'un après-procès
35:35c'est à dire que nous on ne veut pas que le rideau se ferme et qu'il n'y ait plus rien derrière
35:37allez-y Céline
35:39que ce soit un exemple en fait
35:41de ce processus, de tout ce protocole
35:43que ce soit un exemple
35:45Céline, vous mettez en avant
35:47ce qui est tout à fait courageux et normal, je le répète
35:49quand vous voyez des associations comme La Voix de l'Enfant
35:51vous avez envie
35:53soit de les rejoindre, soit de rejoindre une autre association
35:55parce que vous ne faites pas de concurrence
35:57soit de créer la vôtre
35:59pour sensibiliser à ce type de drame
36:01très bonne question
36:03pour l'instant c'est vrai que je ne me suis pas trop posé la question
36:05c'est vrai que là je suis dans mon tunnel
36:07dans ma bulle et je continue à avancer
36:09et à chaque fois qu'il y a un obstacle
36:11j'essaye de l'exploser du mieux que je peux
36:13pourquoi pas dans le futur
36:15pour l'instant je ne sais pas
36:17vous vous projetez à combien ?
36:19est-ce que finalement
36:21vous regardez l'avenir
36:23avec un soleil au bout
36:25le travail que vous êtes en train de faire
36:29je pense que je le sentirai
36:31bien le 28 en fait
36:33lorsque vraiment j'entendrai la sentence
36:35de la justice à son égard
36:37et que je pourrais mettre un point final à cette histoire
36:39tournez la page
36:41comment on accompagne tous ces enfants
36:43avec vous
36:45Martine Brousse
36:47est-ce que finalement quand vous avez fait votre magnifique travail
36:49est-ce qu'ils reviennent
36:51est-ce qu'on garde
36:53une filiation
36:55avec tous ces enfants que vous avez soutenus
36:57alors
36:59d'une part
37:01nous avons la partie juridique
37:03à la voix de l'enfant
37:05et les unités d'accueil
37:07et c'est vrai que lorsque
37:09les enfants arrivent dans les unités d'accueil
37:11il y a une prise en charge, un accueil
37:13il y a un suivi
37:15en ce qui concerne les procès
37:17c'est toujours assez en silo
37:19donc l'idée c'est
37:21véritablement de pouvoir
37:23accompagner
37:25les victimes et surtout
37:27d'être à leur disposition
37:29moi je me souviens un jour il y a un enfant
37:31qui est passé par une unité d'accueil
37:33et la psychologue qui était là lui a dit
37:35écoute on va te donner un rendez-vous
37:37pour que tu reviennes dans 10-15 jours
37:39et l'enfant lui a répondu
37:41le malade c'est pas moi
37:43c'est lui
37:45donc vous voyez c'est ça aussi
37:47qui est important
37:49puisque ce que je voudrais dire
37:51vous avez demandé à Céline, à Maître Bond
37:53ce qu'on attend de ce procès
37:55et j'ai été frappée
37:57par ce que vous avez dit tout à l'heure
37:59ils ne nous reconnaissent pas comme victimes
38:01mais je pense
38:03qu'un des actes que pourrait faire
38:05M. Le Squarnek
38:07c'est de nommer
38:09chaque victime à la fin du procès
38:11qu'il les nomme
38:13une par une pour les reconnaître
38:15comme victimes
38:17Merci
38:19en tout cas
38:21pour ce vote éloignage
38:23pour tout ça
38:25merci beaucoup Céline Maillouteau
38:27victime et participée dans ce procès
38:29et on sera là bien entendu pour vous soutenir
38:31merci beaucoup Maître Lisborne
38:33vous allez plaider
38:35et on croise les doigts
38:37merci beaucoup Martine Brousse
38:39présidente et confondatrice de l'association
38:41de la voix de l'enfant
38:43et j'en profite pour remercier
38:45l'ensemble des bénévoles qui travaillent
38:47dans ces associations qui font un travail
38:49formidable
38:51je vais leur donner
38:53le 119
38:55et je vous rappelle
38:57le 6 23 10
38:5963
39:01si toutefois vous sentez que vous êtes
39:03en train de dériver
39:05et effectivement des médecins
39:07on va vous accompagner en tout cas pour que tout ça n'arrive
39:09plus, merci beaucoup
39:11et on remercie Félix Mathieu également d'avoir
39:13préparé et programmé cette émission
39:15on va passer à quelque chose
39:17de beaucoup plus léger
39:19c'est les vrais voix du foot
39:21bonjour à tous, plus léger, plus léger
39:23Naples va gagner quand même le championnat italien
39:25le vendredi
39:27je veux bien vous donner dans la légèreté
39:29mais quand même, je vous fais un scoop
39:31info Sud Radio
39:33ce qui m'intéresse c'est que l'Inter perte la ligue des champions
39:35je vous le dis franchement
39:37justement on va en parler dans les vrais voix du foot
39:39est-ce que Paris va gagner la ligue des champions
39:41bien sûr, arrêtez
39:43moi je suis bien, je suis convaincu
39:45Naples va gagner le championnat
39:47on va revenir sur les propos de Pablo Logoria
39:49on va faire un bilan de cette ligue
39:51et on va avoir
39:53surtout Patrick Coléterre
39:55ancien champion de rouge du Paris Saint-Germain
39:57avec nous pendant un long moment
39:59dans notre émission qui va se suivre
40:0120h, 21h, les vrais voix du foot
40:03et je vais même vous donner le score
40:05pour le PSG
40:07ils vont gagner 2-1
40:09regardez-moi bien
40:112-1
40:13et je vous signale qu'au dernier match j'avais raison
40:15bravo parce que nous avec Eric Blondel
40:17et Pierre Grégoire, mes deux
40:19acolytes
40:21on est nuls
40:23moi je me suis fait chambrer
40:25quand le PSG a battu Arsenal 2
40:27parce que j'avais dit 3-1, mais je dis que Civitinia avait mis son pénalty
40:29j'avais raison
40:31Allez les amis, on ne fait pas une conférence
40:33parce qu'on a quand même des gens qui nous attendent derrière
40:35merci en tout cas à l'ensemble de nos invités
40:37merci beaucoup de votre fidélité à ce Sud Radio
40:39et on se retrouve demain avec Philippe David
40:41à partir de 17h, merci Marie
40:43merci Aude, merci Justine
40:45merci Félix Mathieu et merci à l'ensemble de notre équipe
40:47et on se retrouve demain à 17h
40:49bonne soirée, salut
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