- il y a 1 an
Manuel Valls, ministre des Outre-mer, était l'invité de BFMTV ce mercredi 21 mai. Il est revenu sur la rapport concernant les Frères musulmans, mais aussi la situation dans la bande de Gaza
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00:00Et on va continuer à parler de ce rapport choc sur les frères musulmans avec l'invité du jour qui est en train d'arriver sur ce plateau.
00:07Il est ministre d'État, ministre des Outre-mer, Manuel Valls. Bonsoir.
00:13Bonsoir.
00:14Merci d'être avec nous ce soir dans Tout le monde veut savoir.
00:17Je le disais, ministre des Outre-mer, ancien Premier ministre, ministre de l'Intérieur.
00:20On parlera dans un instant des dossiers qui vous occupent au quotidien dans les Outre-mer.
00:24Mais si l'on souhaitait aussi vous entendre ce soir, Manuel Valls, c'est bien sûr au sujet de ce rapport sur l'entrisme des frères musulmans
00:30qui a donc fait l'objet d'un conseil de défense autour du président de la République.
00:33Il faut dire que vous faites partie de ces responsables politiques qui ont alerté, qui alertent depuis longtemps sur ce danger.
00:41Vous considérez là qu'il y a une forme de fin du déni, y compris parmi vos amis politiques et ceux-là même avec qui vous gouvernez aujourd'hui ?
00:51Ceux qui sont engagés dans la lutte contre le terrorisme, le djihadisme et l'islam politique ou l'islamisme sont, je crois, depuis longtemps lucides sur ce sujet.
01:02C'est vrai que pour ce qui me concerne, ça fait plus de 20 ans que je dénonce le danger que représente l'islamisme, l'islam politique,
01:11avec ses différentes branches, c'est-à-dire les frères musulmans ou le salafisme.
01:15Vous en avez parlé il y a un instant.
01:17Et au fond, ce rapport, me semble-t-il, et c'est son but, a un objet très important.
01:23C'est d'éclairer, si c'était nécessaire, l'opinion publique sur la puissance, la force, l'antrisme de l'islamisme des frères musulmans
01:33dans nos sociétés européennes et avec une volonté qui est de détruire la République et le mode de vie.
01:39Vous avez des journalistes, des chercheurs comme Florence Bergeau-Blacquer, Mohamed Sifawi, évidemment Gilles Keppel, Hugo Micheron,
01:47qui, sur ces sujets-là, avec bien d'autres, ont travaillé et ont dit l'essentiel.
01:52Mais c'est important que les Français, à travers ce rapport, se comprennent que des normes sociales,
01:59voiles, barbes, vêtements, respect du jeune, s'imposent et cherchent à s'imposer un peu partout,
02:05cherchent à pénétrer, vous le disiez je crois, il y a un instant, dans l'éducation nationale, évidemment.
02:10On est testé en permanence, c'est pour ça que Gabriel Attal avait eu raison d'interdire la baillade.
02:16Dans le sport, bien évidemment, il y a eu là beaucoup de documentation, beaucoup de rapports.
02:19Mais ce rapport nous permet, au fond, de se dire, voilà, là il y a un ennemi,
02:24ça va être incontestablement l'un des sujets fondamentaux des années qui viennent,
02:29et nous devons agir dès maintenant, c'est un combat, comme on dit, existentiel,
02:33et tout candidat à l'élection présidentielle, notamment en 2027,
02:37tout responsable politique dès maintenant, doit faire de l'islamisme son principal adversaire.
02:42– Et on parlera dans un instant puisque vous citiez…
02:43– Avec une priorité, le détruire.
02:45– Et détruire l'islamisme ?
02:47– Oui, parce que…
02:47– Détruire les frères musulmans, est-ce que c'est…
02:49Est-ce que c'est seulement possible ?
02:51Puisque, comment dire, il y a ce débat, et d'ailleurs vous-même,
02:55vous disiez il y a quelques années, Emmanuel Valls,
02:56qu'il fallait interdire le salafisme,
02:58tout en reconnaissant qu'il y avait une part de symbolique dans tout cela.
03:00Sur la question des frères musulmans, vous avez le Rassemblement National
03:03qui dit qu'il faut interdire les frères musulmans,
03:05et Bruno Retailleau qui répond « c'est pas possible ».
03:07– Il faut mener une guerre culturelle, politique, idéologique de tous les instants.
03:13Les frères musulmans qui existent depuis des décennies,
03:17qui sont aujourd'hui plutôt en difficulté,
03:19et c'est ce que dit le rapport à juste titre dans le monde arabe.
03:21Ils sont nés en Égypte, ils sont combattus d'ailleurs par des régimes arabes,
03:25c'est le cas des Émirats, de l'Arabie Saoudite.
03:27– Est-ce que l'on peut interdire les frères musulmans ?
03:28– C'est le cas de l'Arabie Saoudite, c'est le cas aussi de l'Égypte.
03:33C'est évidemment difficile, mais cela montre qu'on a combattu le nazisme.
03:40Le nazisme continue, existe malheureusement.
03:43C'est une idéologie encore qu'on retrouve, ça peut paraître étonnant,
03:46dans un certain nombre de groupes aux États-Unis et en Europe.
03:50Mais l'idée de l'interdire, de le combattre, de le détruire,
03:54c'est de bien montrer la nature de la guerre.
03:56À l'Assemblée nationale, en 2015, après les attentats contre Charlie Hebdo
04:01et l'Hyper-Kachère et Montrouge, j'avais dit que l'islamisme nous menait une guerre.
04:07L'islam politique nous menait une guerre.
04:09Et il ne s'agissait pas uniquement du terrorisme, du djihadisme.
04:13Les frères musulmans, ce n'est pas une organisation terroriste en soi.
04:18Il y a une volonté, notamment, de s'attaquer aux communautés musulmanes en Europe,
04:23qui sont évidemment très nombreuses,
04:25qui sont exposées pour créer les conditions à la fois d'un entrisme et d'un séparatisme.
04:30Donc, ça veut dire qu'il faudra aller très loin, très fort,
04:33dans cette volonté de détruire les frères musulmans.
04:37Manuel Valls, je vous repose la question.
04:39Jordan Bardella, président du Rassemblement national,
04:41dit qu'il faut interdire les frères musulmans.
04:43Il faut interdire et démanteler l'organisation des frères musulmans.
04:47Bruno Retailleau dit que ce n'est pas possible.
04:48Le président de la République, à juste titre, a dit qu'il attendait un certain nombre de propositions.
04:53Bruno Retailleau, Gérald Darmanin, d'autres ministres vont faire des propositions.
04:57Mais à partir des moments où les frères musulmans ont mis sur pied une double organisation,
05:01l'une officielle et l'autre secrète,
05:04il nous faut démasquer, détruire ce système.
05:06Ils opèrent comme une multinationale, c'est ce que dit le rapport,
05:09avec son siège à Bruxelles et ses filiales en France.
05:12ressemblant d'ailleurs à Bruxelles, un ministre français,
05:15Benjamin Haddad, le ministre des Affaires européennes à juste titre,
05:17a dénoncé les subventions que cette organisation réussit à capter
05:21pour alimenter ses écoles, sa propagande, son travail sur le terrain,
05:26parce que c'est un travail essentiellement local,
05:28pour dénoncer les subventions que ces organisations proches des fréristes
05:32reçoivent de l'Union européenne.
05:34Bon, donc, vous l'appelez comme vous voulez,
05:36mais il faut détruire, il faut combattre, il faut interdire, oui,
05:40l'organisation des frères musulmans.
05:42Encore un mot sur le constat, Manuel Valls,
05:44puisqu'on est frappé dans ce rapport par la minutie et les chiffres qui sont donnés
05:48sur les lieux de culte affiliés à ce qu'on appelle les musulmans de France,
05:52cette organisation qui est l'émanation des frères musulmans en France,
05:55139 lieux de culte, il y a un pourcentage qui est donné
05:57avec les lieux de culte qui appartiennent et proches, c'est 7%.
06:00On a sur les élèves 4200 élèves pour l'année en cours dans le secteur éducatif
06:04qui sont liés à des établissements qui sont proches des frères musulmans
06:07par rapport aux 5 millions de fidèles français de confession musulmane.
06:11C'est une infime minorité.
06:13Est-ce qu'on n'en fait pas un peu trop ?
06:16Non, je ne crois pas.
06:17Alors, c'est vrai qu'il y a une organisation visible dans les écoles
06:23à travers un certain nombre de lieux de culte
06:25qui est la face apparente des frères musulmans.
06:29Mais comme c'est très bien dit aussi dans le rapport,
06:31et vous le disiez il y a un instant,
06:32ils cherchent, et je le répète, l'objectif ce sont les musulmans
06:37qui vivent en Europe et donc en France.
06:39Ils cherchent à s'accaparer pour mener le combat
06:42contre la société occidentale, contre les valeurs démocratiques
06:45et contre la laïcité.
06:47Et ensuite, ils essaient d'irriguer, de pénétrer le monde associatif,
06:51l'école, les autres lieux de culte,
06:54et d'utiliser, d'imposer leur manière de s'habiller,
06:57une forme de vie, les mots comme celui de l'islamophobie.
07:01Donc l'emprise est là, beaucoup plus puissante,
07:05au-delà de leur représentation sur le terrain,
07:08parce que fort heureusement, la grande majorité de nos compatriotes musulmans
07:12ne sont pas sensibles à ces discours.
07:15Emmanuel Valls, vous parlez des solutions pour lutter contre les frères musulmans.
07:19Gabriel Attal, ancien Premier ministre, patron du parti Renaissance,
07:23dit qu'il faut interdire le voile pour les filles de moins de 15 ans.
07:28Est-ce que c'est une proposition réaliste ?
07:30Examinons toutes les solutions.
07:34Il y a eu, au cours du premier quinquennat d'Emmanuel Macron,
07:38un vrai changement de ligne par rapport à ces sujets.
07:43Oui, parce que vous étiez assez sévère à l'égard du président de la République,
07:45considérant qu'il y avait une forme de naïveté sur ces sujets.
07:46Il y a eu un changement en 2020, le discours des Mureaux,
07:51quelques jours avant, d'ailleurs, l'assassinat terrible de Samuel Paty.
07:55Et puis, il y a eu la loi séparatisme qui donnait des moyens supplémentaires,
08:00portés par Gérald Darmanin, à la police et à la justice.
08:04À l'époque, d'ailleurs, il y avait déjà des parlementaires,
08:07comme Aurore Berger, mon vieil ami regretté, Francis Choua,
08:10qui portait les amendements, qui allait plus loin,
08:14notamment sur l'interdiction, par exemple, du voile concernant les mineurs.
08:19Je pense, et Gabriel Attal fait cette proposition,
08:22elle doit être examinée aussi par le gouvernement,
08:24je pense qu'il faut aller plus loin,
08:26et qu'il faut sans doute une loi séparatisme 2,
08:28mais ce sera au président de la République et au gouvernement de décider,
08:31à condition qu'il y ait du contenu, que ce soit évidemment travaillé,
08:35pour engager ce que j'évoquais tout à l'heure,
08:37le combat idéologique et culturel.
08:39Et ensuite, il faut voir toutes les mesures,
08:42mais il ne faut pas s'arrêter seulement à la question de l'interdiction du voile,
08:46la bataille qui est nécessaire à l'université.
08:49Je sais que ça a toujours été un débat,
08:51je sais que c'est compliqué sur le plan constitutionnel,
08:53mais par exemple, moi je pense que le voile à l'université, c'est un vrai sujet.
08:57Donc il faudrait, selon vous, interdire le voile à l'université ?
08:59Je dis que c'est un vrai sujet,
09:00je connais les difficultés juridiques et constitutionnelles qui se posent,
09:04mais à partir du moment où l'islam politique, les frères musulmans,
09:08mènent une bataille, une guerre idéologique à travers les symboles,
09:13à l'université, pour les mineurs, je trouve légitime,
09:16je trouve légitime, vous voyez, je suis prudent,
09:18je sais que gouverner c'est difficile,
09:21je suis au gouvernement, je suis respectueux des décisions qui seront prises,
09:24mais je trouve légitime que ces propositions soient sur la table et soient examinées.
09:29Donc la proposition de Gabriel Attal d'interdire le voile pour les filles
09:32dans moins de 15 ans est une proposition légitime que vous partagez ?
09:34Pour les mineurs, je pense que cette question, elle se pose,
09:36parce qu'on voit bien l'emprise sur certaines familles,
09:39et notamment sur les filles.
09:41Vous savez, la bataille principale,
09:43une des batailles principales des frères musulmans,
09:46c'est d'imposer leur logique de vie sur les femmes.
09:49Je veux dire, comme républicain, comme démocrate,
09:51je ne peux pas supporter moi cette emprise sur les filles.
09:57Mais pardonnez-moi Manuel Valls, la campagne présidentielle
09:58a été l'occasion d'un combat idéologique important
10:01entre la famille macroniste au sens large
10:04et le Rassemblement National qui souhaitait interdire le voile dans l'espace public.
10:08Comprenez que là, il y a une forme de difficulté à comprendre,
10:10vous avez ce même Gabriel Attal qui contestait très fermement
10:13cette proposition portée par le Rassemblement National
10:15consistant à dire il faut interdire le voile dans l'espace public,
10:17et aujourd'hui, ce même Gabriel Attal qui dit
10:19il faut interdire le voile pour les moins de 15 ans.
10:21Alors, certes, il ne s'agit pas du même public, entre guillemets,
10:24mais les mêmes questions se posent d'application.
10:27Ça veut dire quoi ?
10:27Ça veut dire mettre un policier derrière chaque fillette
10:30qui porterait un voile ?
10:31Est-ce que c'est une proposition qui est réaliste ?
10:33Il y a ce rapport.
10:35Je fais partie de ceux qui pensent qu'il faut aller plus loin
10:37dans la guerre politique, idéologique à l'égard des frères musulmans.
10:41Il n'est pas que française, elle est européenne,
10:43elle a un caractère mondial,
10:45elle est sur toutes les sphères, les réseaux sociaux,
10:48l'information, l'université, l'école.
10:52S'il y a des propositions qui sont majoritaires à l'Assemblée,
10:57dans l'opinion, qui nécessitent des réformes juridiques,
11:01institutionnelles, constitutionnelles,
11:02il faudra l'examiner.
11:04C'est-à-dire, on ne peut pas d'une part considérer
11:06qu'il y a là un vrai danger,
11:08que l'islamisme veut détruire la République
11:11et nos modes de vie,
11:12qu'ils s'attaquent notamment aux musulmans de France,
11:15à la jeunesse et dans les quartiers populaires,
11:17et dire, voilà, on ne pourra rien faire.
11:19Donc ça veut dire qu'il faut examiner...
11:20Donc c'était une erreur de s'opposer au Rassemblement national
11:23qui souhaitait interdire le voile ?
11:24Non, moi je ne dirais pas ça,
11:25parce que je fais la part entre les slogans,
11:28les campagnes électorales et la réalité.
11:30Ce que veulent les Français,
11:32et je le souhaite aussi,
11:33c'est maintenant un débat avec des mesures concrètes et possibles.
11:36Ce n'est pas qu'on en reste uniquement aux intentions.
11:39Et l'idée d'une nouvelle loi qui aille plus loin,
11:42mais c'est compliqué, vous l'avez dit vous-même très justement.
11:44Une bataille idéologique et culturelle,
11:46ce n'est pas une bataille juridique,
11:48ce n'est pas du même ordre.
11:49Et le rapport nous aide à prendre pleinement conscience
11:52de ce que cela représente comme danger.
11:56Donc il faut agir dès maintenant,
11:58c'est un combat existentiel,
11:59il sera au cœur de l'élection présidentielle de 2027.
12:03Je l'ai toujours dit,
12:04nous avons évidemment beaucoup de défis à relever,
12:06nous avons des adversaires redoutables,
12:08l'extrême droite internationale,
12:10ce que représente comme danger Poutine, évidemment,
12:12et ce qui peut peser sur l'Europe.
12:14Mais l'islamisme, l'islam politique,
12:16c'est un danger existentiel,
12:19c'est le principal adversaire,
12:20il faut le détruire.
12:21Regardez cette réaction de Jean-Luc Mélenchon,
12:23ouvrez les guillemets,
12:24j'alerte cette fois-ci,
12:25l'islamophobie franchit un seuil,
12:26un conseil de défense autour du président,
12:28accrédite les thèses délirantes de Retailleau et de Le Pen,
12:30ça suffit, vous allez détruire notre pays.
12:34Oui, pour lui, ce conseil de défense,
12:37c'est de l'islamophobie.
12:40D'abord, je dirais que nous avons besoin,
12:42c'est important, le rapport le souligne aussi,
12:45des musulmans, de nos compatriotes,
12:47ils sont plusieurs millions,
12:49pour construire, c'est un vieux débat,
12:51c'est difficile,
12:52un islam pleinement intégré à la République.
12:55Ça, ça me paraît très important.
12:57Encore une fois, parce que l'islam politique
12:59et les frères musulmans visent ces Français musulmans.
13:03Deuxièmement, si les frères musulmans ont pu prospérer,
13:06c'est parce que, d'une manière ou d'une autre,
13:08ils ont des complices.
13:09Ils ont des idiots utiles, comme on dit.
13:12Et notamment, la France insoumise,
13:14et Jean-Luc Mélenchon,
13:15y participent avec une volonté,
13:17réaliser un véritable accord
13:18avec ces forces politiques
13:20que représentent les frères musulmans.
13:23La France insoumise veut un accord avec les frères musulmans ?
13:24Ça a été documenté,
13:26ça a été démontré,
13:27qu'ils cherchent cet accord.
13:29Ça vient de très loin, d'ailleurs.
13:30Je fais une parenthèse, Manuel Valls.
13:32On montrait tout à l'heure les images
13:33de Nicolas Sarkozy, en 2003,
13:35qui s'adressait à l'UOIF,
13:37émanation des frères musulmans,
13:38au Bourget, dans une salle
13:39où il y avait d'un côté les hommes
13:40et de l'autre les femmes.
13:41Vous parlez de la question,
13:43peut-être d'une forme de déni des uns et des autres.
13:45L'idée, moi,
13:45ce n'est pas de faire des comparaisons ici,
13:47mais ces images, elles existent.
13:49Nicolas Sarkozy, à la fois,
13:50avait mené un combat frontal,
13:52contre Tariq Ramadan.
13:54Tariq Ramadan,
13:55petit-fils du fondateur...
13:57Rassadal Panar, oui.
13:58Pardon, invité sur tous les plateaux,
14:01à l'époque.
14:01Invité sur tous les plateaux,
14:02notamment à la suite de ce débat
14:03avec Nicolas Sarkozy.
14:04Considéré comme un théoricien,
14:07un théologien de très grande qualité,
14:09jusqu'à ce qu'on découvre
14:10qui il était vraiment.
14:12Mais c'est vrai qu'à l'époque,
14:13j'avais considéré comme une erreur
14:15le fait qu'on essaie de s'appuyer
14:16sur un islam conservateur,
14:18celui de l'EUF,
14:19pour essayer de reconstruire
14:21l'islam de France.
14:24Mais on ne va pas soupçonner,
14:25je pense, Nicolas Sarkozy,
14:26de la moindre complaisance
14:27à l'égard de l'islamisme.
14:28Ce qui n'est pas le cas
14:29de la France insoumise,
14:31qui pour des raisons électorales,
14:33c'est très bien documenté
14:34dans le livre que Julien Drey
14:35a publié sur lui,
14:36ou dans le dernier
14:37qui s'appelle La Meute,
14:38sur le fait qu'il y a
14:39une vieille tradition,
14:41pardon d'être précis,
14:42mais notamment dans la gauche britannique,
14:44dans le vieux parti travailliste anglais,
14:46d'alliances depuis 20 ou 30 ans
14:48d'une partie d'une minorité,
14:49trotskiste d'ailleurs,
14:50avec cet islam politique.
14:52Donc, il y a en effet
14:53des complicités.
14:56Et le fait que Jean-Luc Mélenchon
14:57utilise le mot islamophobie,
15:00qui est dénoncé dans le rapport,
15:01comme un de ses éléments,
15:02vous le disiez il y a un instant,
15:03et qui rentrait malheureusement
15:04sur le cadre de la cour.
15:05– Que François Bayrou a utilisé,
15:06Laurent Wauquiez…
15:07– On m'a interrogé à ce moment-là,
15:08j'ai dit que moi je n'utilise pas
15:10les mots de l'adversaire.
15:13– Et que vous utilisiez le terme
15:14de racisme anti-musulman.
15:15Un mot encore sur ce sujet,
15:16Emmanuel Valls,
15:17puisque nos confrères du Parisien,
15:18BFMTV également, ont révélé
15:20qu'Emmanuel Macron n'était pas satisfait
15:21des propositions qui lui avaient été faites,
15:22pas satisfait non plus du fait
15:23que ce rapport avait fuité,
15:26et aussi d'une sorte d'atmosphère
15:28qui pouvait laisser à penser
15:29qu'il y avait une confusion
15:30qui était faite entre
15:31les frères musulmans,
15:32l'antrisme,
15:32et l'immense majorité
15:34des Français de confession musulmane.
15:35Il y a un sujet sur la façon
15:38dont ce sujet a été traité ?
15:40– Je n'étais pas au Conseil de Défense,
15:42j'ai vu que le rapport a été publié,
15:45j'imagine, dans son intégralité
15:46ou sa quasi-intégralité.
15:48Il a été en partie ou totalement,
15:51je n'ai pas l'information déclassifiée.
15:54À partir du moment où il est mis
15:55sur la passe publique,
15:57il faut l'accompagner.
15:59Vous savez, je pense que les Français
16:00sont intelligents,
16:01c'est un peuple mûr,
16:02et ils savent parfaitement faire
16:04la différence entre la masse
16:07de nos compatriotes musulmans
16:09qui, parfois, ont peur,
16:11qui craignent cet amalgame
16:12qu'il faut respecter,
16:13qu'il faut aider, bien évidemment,
16:16et l'islam politique
16:17qui cherche précisément
16:18cet amalgame pour créer
16:19les conditions de ce séparatisme
16:21que j'évoquais.
16:23Mais ça veut dire aussi
16:24qu'au sein de l'islam de France,
16:26que parmi les responsables
16:27de l'islam de France,
16:29il faut clarifier les choses,
16:30notamment, par exemple,
16:31dans la lutte contre
16:31l'antisémitisme,
16:32puisque l'antisémitisme
16:33est la haine des Juifs
16:34et la matrice de l'islam politique.
16:37Je rappelle, par ailleurs,
16:38que le Hamas
16:39est une organisation
16:41issue des frères musulmans
16:44et dont le but est d'abord
16:45la destruction des Juifs
16:46et d'Israël.
16:47Donc, ça fait partie aussi
16:48de ce combat global
16:49que nous connaissons dans le monde.
16:51Je voudrais qu'on parle
16:51de la situation à Gaza.
16:53Le ton se durcit très nettement
16:54entre la France
16:55et le gouvernement israélien.
16:56L'ambassadeur d'Israël
16:57va être convoqué
16:58après des tirs de sommation
16:59de soldats israéliens
17:00contre des diplomates
17:01à Génine,
17:02en Cisjordanie,
17:02dont un agent français.
17:04Je précise par ailleurs
17:05que Benjamin Netanyahou,
17:06le premier ministre israélien,
17:07à l'instant,
17:08prédit notamment
17:09que l'armée israélienne
17:10contrôlera toute la bande
17:11de Gaza
17:11à la fin de l'offensive
17:13sur le fait
17:14que l'ambassadeur
17:15soit convoqué
17:15parce qu'il y a eu
17:16des tirs de sommation
17:17contre des agents diplomatiques
17:18dont un agent français.
17:19C'est la moindre des choses.
17:19On en est là aujourd'hui,
17:21Dès qu'il y a des incidents
17:22de cette gravité,
17:23il est au fond assez normal
17:25que le Quai d'Orsay
17:26convoque l'ambassadeur d'Israël
17:29en France.
17:30Est-ce qu'il faut hausser le ton ?
17:31Je vais vous lire cette phrase
17:32de Jean-Noël Barrault.
17:33La violence aveugle
17:34a fait de Gaza
17:34un mouroir
17:36pour ne pas dire un cimetière.
17:37Est-ce que compte tenu
17:38de la situation à Gaza,
17:39il faut hausser le ton ?
17:41Le gouvernement français
17:42a-t-il raison
17:43de parler plus fort,
17:45d'utiliser ces mots
17:45face à ce qui est en train
17:47de se passer
17:47dans la bande de manière ?
17:48Il faut que la guerre s'arrête.
17:50Les buts de guerre
17:50du gouvernement israélien
17:51sont aujourd'hui
17:52sans doute peu clairs.
17:55Bien évidemment,
17:56il y a trop de morts,
17:58trop de morts civiles,
18:00un désastre,
18:01même si l'aide humanitaire
18:02aujourd'hui arrive progressivement.
18:04Très peu,
18:05de façon infiniment disproportionnée
18:08par rapport aux besoins.
18:09Il faut que cette guerre s'arrête,
18:11il faut que la population Gazaouille
18:13ait cette aide alimentaire,
18:16ce soutien
18:18de la communauté internationale.
18:20De l'autre côté,
18:21moi ce que je souhaite,
18:21c'est qu'après,
18:22il y ait des solutions politiques
18:23pour la paix,
18:25pour les Palestiniens
18:27qui ont droit évidemment
18:28à un avenir.
18:29Mais dans le débat,
18:31d'une manière générale,
18:31ce qui me gêne sur ce conflit,
18:33c'est qu'on a oublié
18:34le 7 octobre,
18:36on a oublié
18:36que le Hamas
18:37est cette organisation
18:38proche des frères musulmans
18:40et qui prône la haine
18:41et la destruction d'Israël.
18:43Il faut en permanence
18:44le rappeler.
18:45Et il faut enfin rappeler
18:46Benjamin Duhamel
18:47qu'il y a encore
18:48des otages.
18:49Absolument.
18:49C'est ça qui a déclenché.
18:50Et d'ailleurs,
18:50Benjamin Netanyahou
18:51dit qu'il reste
18:5220 otages en vie
18:54de façon certaine
18:55dans la bande de Gaza.
18:55Et que c'est ça.
18:56Et je puis rajouter
18:56un autre élément,
18:58c'est qu'Israël
18:58est une démocratie
18:59et que le débat
19:00au sein de la société israélienne
19:02sur les buts de guerre,
19:04sur la situation
19:04des otages,
19:05sur les solutions
19:06qu'il faut trouver
19:07pour la paix,
19:09sur la nécessité
19:09de poursuivre
19:10les fameux accords
19:11d'Abraham,
19:11c'est-à-dire
19:12les accords
19:12entre Israël
19:13et le monde musulman sunnite.
19:15C'est un débat
19:16qui existe aussi
19:17dans la société israélienne.
19:17Pardonnez-moi,
19:17je vous écoute attentivement
19:18et je crois que ici,
19:20personne ne relativise
19:22l'horreur du 7 octobre 2023
19:24et la responsabilité écrasante
19:26du Hamas,
19:26mouvement terroriste.
19:27Mais sur les mots
19:27qui sont employés
19:28quand est-ce qu'il est en train
19:28de se passer à Gaza,
19:30vous dites
19:30début de guerre
19:31peu clair.
19:32Moi, là,
19:32je vous cite
19:32un ministre des Affaires étrangères
19:34qui parle de Gaza
19:35comme d'un mouroir
19:35pour ne pas dire un cimetière.
19:36Je pourrais aussi vous citer
19:37ce que dit Delphine Horvilleur,
19:38Rabin,
19:39qui parle de la faillite morale
19:41d'Israël.
19:42Ces mots-là,
19:43vous ne voulez pas,
19:44vous ne pouvez pas
19:44les utiliser ?
19:45Moi, je ne les endosse pas
19:47mais je peux les comprendre
19:49et en plus,
19:50le barreau
19:50et les membres du gouvernement
19:52auxquels j'appartiens,
19:53j'ai énormément
19:53de considérations
19:54pour Delphine Horvilleur.
19:57Moi, je fais attention
19:58parce que
19:58je ne partage pas
20:00les positions du gouvernement
20:02de Benjamin Netanyahou
20:03et encore moins
20:04les propos terrifiants
20:06de deux de ses ministres
20:07d'extrême droite
20:08qui donnent le sentiment
20:10de vouloir,
20:10en effet,
20:11nettoyer totalement
20:12la bande de Gaza
20:13et ça,
20:13c'est totalement insupportable.
20:15Mais je fais aussi attention,
20:16c'est pour ça que je vous le disais
20:17et que vous m'écoutiez,
20:19Israël est une démocratie,
20:21c'est un pays ami,
20:22il y a un débat
20:22au sein de la société israélienne,
20:25il est normal
20:25que la France,
20:26l'Europe,
20:27questionnent,
20:27évidemment,
20:28interrogent,
20:29prennent des positions
20:29qui soient fermes.
20:30Vous êtes favorable
20:31au fait qu'on révise,
20:33qu'on réexamine
20:33l'accord d'association
20:34pour l'Union Européenne
20:35et Israël ?
20:35Tout ce qui peut
20:37apparaître dans ce sens
20:38et qui donne le sentiment
20:39qu'on est en train
20:40d'isoler Israël
20:41me paraît demander réflexion
20:44et d'ailleurs,
20:45cette réflexion existe
20:46au niveau européen
20:47et les pays
20:48ne sont pas tous d'accord.
20:48L'Allemagne est effectivement
20:49en désaccord
20:50mais la position diplomatique
20:51de la France
20:51est d'être en accord
20:52avec ce réexamen
20:53parce qu'il n'est pas d'accord
20:54avec ça.
20:54Qu'il y a une pression
20:55sur Israël
20:57pour aujourd'hui
20:58faire en sorte
20:59qu'on arrête cette guerre,
21:01les milliers de morts,
21:02cette souffrance
21:03qui existe
21:04c'est incontestable
21:05mais je veux
21:06à chaque fois
21:07ça me paraît
21:08être essentiel
21:08qu'on rappelle
21:09les causes
21:10de cette guerre
21:10et le fait
21:11qu'il y ait toujours
21:11des otages
21:12et que dès le lendemain
21:14de 7 octobre
21:14avant même
21:15qu'Israël ne riposte
21:16il y a eu un tsunami
21:17antisémite
21:18porté par cette vague
21:20que nous évoquions.
21:21Et personne ici
21:22Emmanuel Valls
21:22ne le sous-estime
21:22mais j'insiste sur ce fait
21:24vous n'êtes pas favorable
21:25au fait de réexaminer
21:27cet accord
21:27entre l'Union Européenne
21:28et Israël ?
21:29Je suis très respectueux
21:30du domaine réservé
21:32du président de la République
21:32et de l'action diplomatique
21:34mais tout le monde sait
21:35mon attachement à Israël
21:36et je dis attention
21:38à ne pas
21:39la critique
21:40la pression
21:41dans le contexte
21:43que nous connaissons
21:43sont évidemment
21:44tout à fait normales
21:46mais je dis attention
21:47au sentiment
21:47qu'on est en train
21:48de donner un peu partout
21:49aujourd'hui en Europe
21:50où on est en train
21:51de mettre de côté
21:52d'isoler Israël
21:53ça me semble d'ailleurs
21:54peu productif
21:55par rapport à la recherche
21:56demain
21:56d'une paix
21:57entre l'État hébreu
21:58et les Palestiniens
21:59ce que je souhaite
22:00Un tout dernier mot
22:00Manuel Valls
22:01sur votre portefeuille
22:02et sur cette annonce
22:03faite par votre collègue
22:04Gérald Darmanin
22:05d'une prison
22:05en haute sécurité
22:06en Guyane
22:07visiblement peu appréciée
22:10par les élus locaux
22:10la Guyane n'a pas vocation
22:11à accueillir
22:12les criminels et terroristes
22:13de la France hexagonale
22:14dit la collectivité
22:15territoriale de Guyane
22:17en parlant
22:18d'une reconstitution
22:19du bagne
22:20de très mauvais goût
22:21vous allez refaire
22:22le bagne
22:22en Guyane ?
22:24Vous savez c'est un projet
22:24de prison
22:26qui date de 2017
22:27qui avait été
22:29à l'occasion
22:29d'un grand mouvement social
22:30lancé par le président Hollande
22:32et Bernard Cazeneuve
22:33qui était Premier ministre
22:34à ce moment-là
22:34qui m'avait succédé
22:36et par Erika Barretts
22:37la maire de Saint-Denis
22:38de La Réunion
22:39qui était à l'époque
22:39ministre des Outre-mer
22:40donc c'est un projet
22:41qui vient de loin
22:42qui est attendu
22:44et je crois que Gérald Darmanin
22:46qui je me suis entretenu
22:47a donné les explications
22:48à l'ensemble des élus
22:49Guyane
22:51Il est allé un peu vite
22:51il a voulu faire
22:51un coup de com'
22:52moi je suis
22:54je ne rentre jamais
22:56dans ce genre de débat
22:57encore une fois
22:58je le répète
22:58gouverner c'est difficile
22:59je suis très respectueux
23:00du travail
23:01que nous menons
23:02et d'ailleurs
23:02avec Gérald Darmanin
23:03avec Bruno Rataillot
23:04avec Sébastien Lecornu
23:05ensemble
23:06nous sommes très mobilisés
23:07contre la question
23:08du narcotrafic
23:09et cette prison
23:10aussi doit accueillir
23:11des narcotrafiquants
23:12de la région
23:13ça me paraît
23:13tout à fait essentiel
23:15il faut tout simplement
23:15dans les Outre-mer
23:17je le sais bien
23:18faire très attention
23:19aux symboles
23:20aux mots
23:21aux déclarations
23:22parce qu'il y a
23:22une sensibilité
23:24par rapport au passé
23:25mais je suis convaincu
23:26que Gérald Darmanin
23:27a donné
23:28toutes les explications
23:28nécessaires aux élus
23:30et les Guyanais
23:31savent qu'ils ont besoin
23:32pas seulement
23:32mais ils ont besoin
23:33de cette prison
23:35de cette nouvelle prison
23:36pour aussi faire face
23:39à la violence
23:39à la délinquance
23:40qui sont une irréalité
23:41en Guyane
23:42merci beaucoup
23:43Manuel Valls
23:43d'être venu nous voir
23:44ce soir
23:45dans Tout le monde veut savoir
23:45tout le monde veut dire
23:47qu'il y a