- il y a 8 mois
Manuel Valls, ministre des Outre-mer et ancien Premier ministre, était l’invité du Face-à-Face ce jeudi 5 juin sur BFMTV et RMC. Il a notamment été interrogé sur le dossier calédonien et les débordements qui ont lieu après le sacre du PSG en Ligue des champions.
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00:00Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Manuel Valls.
00:04Bonjour Apolline de Malherbe.
00:05Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions ce matin.
00:07Vous êtes ministre d'Etat, ministre des Outre-mer, numéro 3 du gouvernement.
00:11Et si c'était sur la Nouvelle-Calédonie que le gouvernement implosait ?
00:15Il y a un an, la Nouvelle-Calédonie s'enflammait.
00:18Des nuits d'émeutes, 11 morts, des milliards d'euros de destruction.
00:22Et un an après, la situation semble à nouveau bloquée,
00:25non seulement entre les différents protagonistes,
00:28mais aussi entre les différentes sensibilités du gouvernement,
00:32voire même entre vous et Emmanuel Macron, on n'y comprend plus rien.
00:35Votre projet est-il partagé avec le président de la République ?
00:41Honnêtement d'abord, rien n'est réglé. Au moment où on se parle, rien n'est réglé.
00:44Le risque, ce n'est pas l'explosion du gouvernement.
00:48Le risque, c'est l'explosion sociale, économique et de violence de nouveau.
00:53En Nouvelle-Calédonie, s'il n'y a pas un accord.
00:55Et je veux le dire très clairement, le président de la République,
01:00le Premier ministre, et pour ce qui me concerne,
01:02sommes alignés vraiment sur l'idée qu'il faut un accord politique
01:06pour l'avenir de la Nouvelle-Calédonie,
01:09parce que sinon, il y a en effet des risques d'implosion économique et sociale.
01:15Pourquoi ? Parce que sans stabilité dans la durée,
01:18il est très difficile d'investir dans l'économie calédonienne,
01:20il est très difficile d'investir dans le nickel qui est la richesse,
01:25qui est le minerai, qui est une véritable richesse en Nouvelle-Calédonie,
01:29et qui représente des intérêts stratégiques pour le territoire,
01:32pour la France et pour l'Europe.
01:34C'est un matériau qui est recherché.
01:36Le temps presse.
01:37Déjà, qu'on donne quand même le timing,
01:39il y a des élections qui sont censées se tenir avant la fin 2025.
01:44Est-ce qu'au moment où on se parle, vous vous dites,
01:46c'est possible, elles seront tenues ?
01:47Elles doivent avoir lieu à la fin de cette année 2025 s'il n'y a pas un accord.
01:54Et donc, elles auraient lieu sans accord, sans modification du corps électoral,
02:00et elles porteraient essentiellement sur la situation actuelle.
02:03C'est un processus démocratique,
02:05mais s'il y a un accord en revanche,
02:08il y a toujours la possibilité de les reporter de quelques mois.
02:11Dans ces cas-là, de les reporter de quelques mois.
02:13Oui, parce qu'il faudrait à ce moment-là,
02:14s'il y avait un accord, je sais que c'est compliqué,
02:16mais il faudrait une révision constitutionnelle, institutionnelle,
02:23et consulter les Calédoniens sur l'accord.
02:26Mais, Pauline de Malherme, vous l'avez rappelé,
02:29il y a un an, il y a eu 14 morts,
02:31des centaines de blessés,
02:33plus de 2 milliards de destructions,
02:35de bâtiments publics et d'entreprises.
02:37L'État, le gouvernement, crée au fond les conditions des véritables plans marchals
02:43pour la Nouvelle-Calédonie.
02:46Tous les ans, l'État met 1,7 milliard pour la Nouvelle-Calédonie.
02:50Retraite, salaire des profs, soutien aux entreprises.
02:55Depuis, on a mis 1,3 milliard supplémentaire.
02:57600 millions pour soutenir les entreprises,
03:01pour reconstruire les bâtiments.
03:02350 millions pour la filière nickel.
03:05300 ou 400 millions pour le déploiement des forces de sécurité.
03:103 milliards en 2024, si je fais l'addition,
03:133 milliards en 2025.
03:14Ce sont des chiffres vertigineux.
03:16Ça représente 30% du produit intérieur brut de la Calédonie.
03:201 000 euros par mois et par calédonien.
03:23Donc, la priorité est de soutenir l'économie qui est aujourd'hui à terre
03:27et d'éviter une implosion sociale,
03:30parce qu'à cela, je dois rajouter des gens qui ne mangent pas à leur faim,
03:34des centaines de SDF à Nouméa,
03:37des gens qui ne sont pas logés,
03:39des décisions qui ont été prises par la province sud
03:42qui ont aggravé la situation des Canaques notamment.
03:47Deux tiers des lits d'hôpitaux fermés dans le nord.
03:50Une situation en matière de santé extrêmement précaire.
03:54Ce sont des compétences de la Nouvelle-Calédonie.
03:56Mais qu'est-ce qui a bloqué, si la situation est si grave ?
03:59Qu'est-ce qui a bloqué ?
04:00Qu'est-ce qui fait que, finalement, Emmanuel Macron l'a donc annoncé ?
04:04Il demande aux différents protagonistes de venir.
04:07Il les invite à venir à Paris reprendre le dialogue.
04:09Ça veut donc dire que le dialogue que vous, vous aviez fait avec eux là-bas, a échoué.
04:14Il a en partie échoué, mais le dialogue est toujours là.
04:16Le fil n'est pas rompu entre les formations politiques sur place,
04:21entre les non-indépendantistes et les indépendantistes,
04:24évidemment avec moi, qui est la charge de ce dossier.
04:26J'ai répondu encore à des questions au gouvernement,
04:29il y a trois jours à l'Assemblée nationale, des deux députés.
04:32Il y a un député loyaliste, non-indépendantiste, Nicolas Mertzorf,
04:36Emmanuel Djibaou, indépendantiste, qui siège aussi à l'Assemblée nationale.
04:40Donc, nous cherchons toujours la voie du compromis.
04:44Il n'y a pas, au fond, d'autre solution que d'essayer de trouver une solution
04:49entre l'aspiration de la pleine souveraineté, l'indépendance,
04:52et l'aspiration à rester dans la République.
04:54Ces deux aspirations sont légitimes.
04:57Mais il faut essayer de trouver une voie, comme Michel Rocard en 1988,
05:01comme Lionel Jospin en 1998, l'ont fait.
05:04Il ne faut pas sortir, au fond, de cette idée-là.
05:07Et puis, je rajoute deux éléments, sans vouloir compliquer ou complexifier le problème.
05:11Oui, c'est déjà bien complexe, mais allez-y, allez-y.
05:12Il faut sortir du processus de décolonisation.
05:17La Nouvelle-Calédonie, avec l'Algérie, était la seule colonie de peuplement et pénitentiaire.
05:22Et ce processus de décolonisation, il n'est pas terminé.
05:25Et puis, il y a l'exercice du droit.
05:26Ça veut dire quoi, sortir du processus de décolonisation ?
05:29Ça veut dire quoi ? Ça veut dire aller jusqu'au bout ?
05:30Ça veut dire qu'il faut penser les plaies ?
05:33Il y a encore des plaies ouvertes ?
05:34Bien sûr qu'il y a des plaies ouvertes.
05:35Bien sûr que l'histoire est toujours béante.
05:37Mais il y avait un très beau projet.
05:40Il est toujours là, même s'il a été mis à mal, fracturé,
05:43il y a un an, vous le rappeliez,
05:45qui est de créer, au fond, les conditions d'une citoyenneté,
05:48d'un peuple calédonien,
05:49où les Canacs, ceux qui sont les descendants des Bagnards,
05:52ceux qui sont arrivés après 1853,
05:55c'est-à-dire l'année de la prise de possession
05:57de la Nouvelle-Calédonie par la France,
05:59puissent se retrouver.
06:00C'est un projet qui reste toujours profondément d'actualité.
06:04C'est ce que vous appelez, vous, la souveraineté avec la France.
06:06Bien sûr.
06:07Sauf que, semble-t-il, et c'est vraiment un scénario politique,
06:12les deux députés les plus anti-indépendantistes, dirons-nous,
06:19Nicolas Metzdorff, vous en parliez à l'instant,
06:22qui est député Renaissance,
06:23l'ancienne secrétaire d'État Sonia Makes,
06:26ont, semble-t-il, demandé à Emmanuel Macron de reprendre la main.
06:30Ça s'est même manifesté par des images postées sur Twitter par Nicolas Metzdorff,
06:36qui dit carrément, comme si vous n'existiez pas,
06:39j'ai demandé au chef de l'État de prendre la main sur ce dossier calédonien.
06:42Et c'est accompagné, ce message, d'une photo qui le montre, lui,
06:46à l'Élysée, la semaine dernière,
06:48une main posée sur l'épaule du président de la République.
06:52Et juste après, l'Élysée a effectivement annoncé
06:54que le président de la République inviterait les différents membres de la discussion à l'Élysée.
07:01Vous ne vous êtes pas dit, je suis en train de me faire complètement avoir ?
07:05Mais si je n'avais pas en charge ce dossier,
07:07si je n'avais pas la confiance du Premier ministre,
07:09si je ne travaille pas avec le président de la République,
07:11parce que sur les questions de souveraineté et d'institution,
07:14et s'il faut par ailleurs organiser une réforme constitutionnelle,
07:17c'est le président de la République qui en a l'initiative.
07:20Mais je ne serai pas devant vous.
07:21– Je ne continuerai pas à m'exprimer sur la nouvelle...
07:24– Vous auriez démissionné.
07:25– Je ne serai pas devant vous.
07:27Donc j'ai en charge, bien sûr, l'ensemble des dossiers ultramarins,
07:31la reconstruction de Mayotte avec un projet de loi qui arrive,
07:34la lutte contre la vie chère qui concerne tous les territoires ultramarins,
07:37et nous préparons un texte de loi qui passera en Conseil des ministres début juillet.
07:42Il y a la lutte contre le narcotrafic aux Antilles, en Guyane.
07:45Je vais en Guyane dans 15 jours, je vais en Polynésie dans un mois.
07:48Donc j'ai la charge d'une mission passionnante qui est l'avenir des Outre-mer
07:53et le lien entre ces Outre-mer qui s'est énormément dégradé et l'Hexagone et Paris.
07:58Donc il faut reconstruire un lien de confiance.
08:00Et il y a évidemment le dossier calédonien que je connais bien et dont j'ai la charge.
08:05Et je crois qu'un accord est toujours possible,
08:08et je me bats avec une grande énergie, avec discrétion,
08:11pas besoin de propos d'estrade,
08:13et surtout avec l'idée de préparer l'avenir.
08:14Et vous savez, je suis inquiet parce que j'entends des discours,
08:17notamment à la droite de l'échiquier politique,
08:20qui me rappellent les vieux discours de Bernard Ponce,
08:23alors ça c'est la préhistoire, ou de Charles Pasqua.
08:25Charles Pasqua, dans les années 80, avait dit
08:27« La défense de Bastia commence à Nouméa ».
08:31Tous ces discours des années 80 se sont terminés avec le drame d'Ouvéa,
08:35en mai 1988,
08:38qui a obligé Michel Rocard à l'époque à reconstruire ce lien.
08:40Et ce que vous êtes en train de nous dire, c'est que le risque d'un embrasement est toujours là ?
08:44Le risque d'un embrasement est toujours là,
08:46surtout s'il y a des responsables politiques nationaux, hexagonaux,
08:49qui utilisent la Nouvelle-Calédonie à des fins intérieures.
08:52Est-ce que l'indépendance est une option ?
08:55L'indépendance sèche, l'indépendance sans un lien avec la France,
09:00n'aurait aucun sens.
09:01Et par ailleurs...
09:02Mais c'est quoi une indépendance avec un lien ?
09:04C'est une demi-indépendance ?
09:06Mais ce n'est pas ce que je propose.
09:08Et puis les Calédoniens ont voté par trois fois.
09:10Ils ont dit non à l'indépendance.
09:12Mais il est vrai que le troisième référendum a été boycotté massivement
09:16par les Canaques, par les indépendantistes.
09:18Et de toute façon, l'accord de Nouméa prévoyait que même en cas de trois noms,
09:23au travers de ces référendums,
09:24on continuerait la discussion.
09:26L'histoire ne s'arrête pas,
09:27parce qu'il y a un autre droit qui est le droit à l'autodétermination.
09:30Donc, ce sont tout ça des notions compliquées.
09:33C'est à 17 000 kilomètres de Paris.
09:36Mais la Nouvelle-Calédonie pèse beaucoup dans l'inconscient,
09:39dans l'histoire, dans la conscience française.
09:42Donc, mon travail, ma mission,
09:45c'est de trouver la meilleure solution politique.
09:48Et l'idée d'une souveraineté avec la France,
09:49vous savez, la Nouvelle-Calédonie a beaucoup d'autonomie,
09:53exerce déjà beaucoup de compétences,
09:55notamment en matière économique, sociale, de sécurité sociale et de santé.
09:58Marine Le Pen y était la semaine dernière,
09:59elle laisse entendre qu'au fond, votre plan,
10:01c'était plutôt d'aller vers une forme d'indépendance.
10:03Non, c'est une souveraineté.
10:05Vous savez, on est dans un monde dangereux, déséquilibré,
10:09dans le Pacifique, on y voit l'affrontement entre la Chine et les États-Unis.
10:14Le président de la République, encore il y a quelques jours,
10:16à Singapour, rappelait quelle était sa stratégie indo-pacifique.
10:19La Nouvelle-Calédonie, à travers notre présence militaire,
10:23à travers le nickel qui est un minerai stratégique,
10:26à travers la présence tout simplement de la France dans ce territoire,
10:30dans cet espace du Pacifique,
10:31avec Wallis et Futuna et la Polynésie françaises,
10:34joue un rôle dans ce monde-là.
10:35Personne ne veut l'abandon de la France,
10:37mais veut exercer évidemment à 17 000 kilomètres
10:40des compétences qui sont mieux exercées évidemment sur place.
10:46L'invitation a donc été lancée pour un dialogue.
10:49Avant l'été, est-ce que le rendez-vous est pris ?
10:51Nous sommes en train de le préparer,
10:52mais s'il doit y avoir un rendez-vous,
10:54bon, il faut qu'il soit bien organisé et bien préparé,
10:57et puis il faut qu'il y ait les bases d'un accord.
10:59Les bases de cet accord existent,
11:01mais à condition que ça se fasse discrètement
11:02et avec une bonne volonté,
11:04surtout avec toujours cette idée,
11:06attention, s'il n'y a pas un accord,
11:09si les mots qu'on prononce sont des mots incendiaires,
11:12alors à ce moment-là, on peut aller au drame.
11:14Et ma responsabilité, c'est d'éviter le drame.
11:17Vous le pensez toujours qu'Emmanuel Macron
11:19a mis à terre 36 années de dialogue et de progrès,
11:22qu'il a torpillé l'entêtement par un entêtement imbécile,
11:25irresponsable et criminel ces accords,
11:27et que c'est un président de la République
11:29mal entouré et mal conseillé ?
11:31Ce sont des déclarations que j'ai faites au mois de septembre.
11:33Ce sont des déclarations que vous avez faites
11:34avant d'être ministre ?
11:36Absolument, donc je vois que vous cherchez la crise dans les ménages.
11:38Mais j'ai été nommé par Emmanuel Macron
11:43sur proposition de François Bayrou à la fin de l'année,
11:46en toute connaissance des déclarations que j'avais faites.
11:50Chacun sait, le président de la République comme François Bayrou,
11:53que je ne suis pas venu au gouvernement,
11:55et notamment sur le dossier de la Nouvelle-Calédonie,
11:59pour refaire ce qui a été fait il y a un an ou avant.
12:01Fait-il encore preuve d'entêtement imbécile,
12:04irresponsable et criminel ?
12:05Non, mais aujourd'hui je suis ministre,
12:06et mon rôle c'est précisément de trouver les bonnes solutions.
12:10Et j'ai besoin aussi du président de la République
12:11s'il faut une réforme constitutionnelle.
12:14Donc nous travaillons ensemble,
12:15en dépit de ce que je lis dans la presse,
12:17ou de ce que déclare telle ou telle personne.
12:20Vous disiez à l'instant, Manuel Valls,
12:21que vous iriez en Guyane très prochainement.
12:24Ce projet de prison annoncé par Gérald Darmanin,
12:29avec une part dans cette prison,
12:31qui était déjà dans les tuyaux,
12:32dans cette prison de quartier de très haute sécurité
12:37pour les narcotrafiquants les plus dangereux.
12:40Est-ce que vous soutenez ce projet,
12:41et est-ce qu'il a le soutien des élus locaux ?
12:44L'idée d'une nouvelle prison, oui.
12:46Elle vient du mouvement social, des élus locaux.
12:49C'est une décision de François Hollande et Bernard Cazdeuve.
12:51Vous vous rendez compte ?
12:52En 2017, suite à une crise sociale en Guyane.
12:55Il fallait une nouvelle prison.
12:56Elle est de toute façon prévue.
12:58Elle va être lancée dans cette prison,
13:01comme dans toutes les prisons françaises.
13:03Il y a un espace de haute sécurité,
13:05pour qu'on nous comprenne bien,
13:06et notamment pour les narco-trafiquants de la région,
13:10et pas de l'Hexagone.
13:12Mais quand on parle de ces sujets,
13:14en Guyane, d'abord il faut évidemment en informer les élus.
13:18Ça n'aurait pas vraiment été le cas.
13:19L'un des élus, d'ailleurs, l'avait dit à mon micro sur RMC.
13:21Il faut en informer les élus du Manet Général,
13:23et ça vaut pour moi, ça vaut pour Gérald Darmanin,
13:25ça vaut pour tout le monde.
13:26Il faut faire toujours très attention aux mots,
13:29aux symboles,
13:31à ce que cela peut laisser entendre.
13:32Évidemment, quand on parle d'une prison en pleine jungle,
13:35et pour y mettre les trafiquants,
13:37voire les terroristes,
13:39on a l'impression qu'on réinvente,
13:41et Gérald Darmanin s'en est défendu,
13:43quelque chose qui est lié au passé,
13:44en l'occurrence le baigne.
13:45Évidemment, ça n'a absolument rien à voir.
13:47Mais la forme n'y a pas été mise.
13:50En Outre-mer, d'une manière générale,
13:52la sensibilité sur l'histoire,
13:54sur les blessures coloniales que nous évoquions,
13:57il faut appréhender ces choses.
13:59J'ai pas compris, Manuel Valls,
14:00si vous étiez pour ou pas,
14:02qu'on envoie, y compris là-bas,
14:04des narcotrafiquants très dangereux
14:06qui ne seraient pas originaires de là-bas,
14:09qui ne seraient pas arrêtés là-bas.
14:10Gérald Darmanin l'a dit,
14:11notamment dans un courrier aux élus,
14:13ça ne concernera que les narcotrafiquants de la région.
14:16Et on n'y envoie pas des terroristes islamistes.
14:19Il faut que les choses soient très claires,
14:20en sachant que la lutte contre le narcotrafic
14:22aux Antilles, en Guyane,
14:23en Amérique, d'une manière générale,
14:25est évidemment une priorité,
14:27puisque c'est de là-bas
14:28que le trafic de drogue
14:30s'organise vers les Etats-Unis d'Amérique
14:32et vers l'Europe.
14:33C'est, en contestant,
14:35l'une des grandes priorités de mon action,
14:37c'est la lutte contre le narcotrafic
14:38aux Antilles et en Guyane.
14:40Et pour ça, il faut des moyens,
14:42et il faut aussi, évidemment,
14:43des prisons neuves et de haute sécurité.
14:45Emmanuel Valls, les émeutes de ce week-end
14:47en marge de la victoire du PSG.
14:50Vous avez vu les premières sanctions qui sont tombées,
14:53les premières condamnations.
14:55Gérald Darmanin, lui-même, estime que ce n'est pas à la hauteur,
14:58qu'il faut revenir à des peines planchées,
15:02supprimer le sursis.
15:04Est-ce que vous partagez ?
15:06Je suis pour une réponse ferme et implacable
15:08face à ces violences.
15:11J'étais ministre de l'Intérieur
15:13et je sais que les Français attendent une réponse pénale
15:16qui soit extrêmement dure, extrêmement sévère
15:19face à des violences, à des dégradations,
15:21aux attaques, évidemment, contre les forces de sécurité.
15:24Et je suis aussi favorable à des peines minimales
15:27comme l'a proposé François Bayou,
15:30comme l'a proposé le Premier ministre.
15:32Après, nous sommes dans un état de droit,
15:34il y a des fondements du droit pénal,
15:37et vous le savez, la réponse pénale doit être adaptée.
15:40L'individualisation de la peine ?
15:41Et l'individualisation de la peine par le juge
15:44est au cœur de notre droit pénal.
15:47Comment on fait pour répondre à ces deux injonctions,
15:51en quelque sorte ?
15:51C'est-à-dire l'individualisation de la peine d'un côté,
15:54la peine planchée, peine minimale de l'autre,
15:57c'est compatible, ça ?
15:58Je crois que c'est compatible,
15:59en rappelant qu'évidemment, c'est toujours à la fin,
16:01même si c'est le législateur qui fait le droit,
16:04c'est le juge qui prononce la peine,
16:07et donc il faut être extrêmement attentif,
16:09un, à l'état de droit,
16:11et c'est vrai qu'à chaque fois qu'il y a un incident,
16:14chaque fois qu'il y a des émeutes de ce type,
16:17essayez de ne pas réinventer en permanence le droit.
16:20On ne peut pas sur-réagir et réagir.
16:22Je pense que dans le droit actuel,
16:24il y a de quoi faire.
16:25On l'a vu, il y a eu des peines de prison fermes
16:27qui ont été prononcées.
16:29S'il faut faire évoluer la loi,
16:31notamment pour ces peines minimales,
16:33eh bien alors il faut le faire.
16:34On ne peut pas toucher au sursis,
16:36là on toucherait évidemment à un fondement du droit.
16:38Vous trouvez en fait, Manuel Valls,
16:39quand je vous écoute, j'entends à demi-mot,
16:42qu'on réagit trop à chaque événement ?
16:46– Ça m'est arrivé, ça nous est tous arrivé
16:49quand on gouverne.
16:50Mais je crois qu'avec un peu de recul,
16:52un peu de sagesse, un peu d'expérience,
16:55même si évidemment ces violences sont insupportables.
16:58Il y a un travail de la police
16:59et le préfet de police est venu à la fois constater
17:02aussi une forme d'échec,
17:04en tout cas pour la première nuit des meutes.
17:07La fête du Paris Saint-Germain,
17:09le dimanche s'est bien passé.
17:10Mais il faut en effet agir d'abord sur le terrain,
17:14appliquer le droit
17:15et puis toujours avoir en tête
17:16les conséquences des décisions qu'on prend
17:18parce qu'il faut aussi…
17:19– Donc vous avez presque un côté…
17:20– Il faut aussi des moyens.
17:21– Le sage au sein de cette équipe
17:23qui regarde l'agitation d'un Gérald Darmanin
17:26et qui lui dit « voilà, prends du recul ».
17:28– Non, ce n'est pas une question de sagesse,
17:29c'est une question en effet d'expérience
17:30et c'est la même chose pour les mots qu'on utilise,
17:33pour les mots qu'on utilise,
17:35pour qualifier ce qui se passe.
17:37– Vous pensez au mot barbare ?
17:37Vous ne l'auriez pas utilisé ?
17:38– Moi j'utilisais le mot barbare pour les terroristes.
17:41C'est délinquant, cette violence insupportable,
17:44notamment encore une fois,
17:45à ceux qui s'attaquent aux forces de l'ordre
17:47doit trouver une réponse pénale,
17:49mais on enflamme le débat à chaque fois
17:52avec des mots « les barbares ce sont les terroristes ».
17:54Donc ça, il faut le dire,
17:56parce que sinon, quel est le mot qu'on utilise
17:58pour les terroristes ?
18:00Là, il s'agit de délinquants, violents,
18:02qui ne trouvent en rien évidemment
18:04la moindre indulgence, et vous le savez,
18:07y compris à gauche, j'ai été connu,
18:09et parfois ça m'a été reproché
18:11pour mener une action implacable face à la violence,
18:15parce que la violence, elle s'attaque à la démocratie,
18:18à la tête droite, elle touche les plus fragiles
18:19de notre société.
18:21– Mais ne pas banaliser.
18:22– Notre société et la République ont besoin
18:24incontestablement d'ordre,
18:26d'un ordre républicain,
18:27mais dans ces moments-là,
18:28de grandes fragilités démocratiques,
18:31ça vaut pour la Nouvelle-Calédonie,
18:32ça vaut pour la France,
18:33il faut utiliser les bons mots.
18:34– Un mot encore, Manuel Valls,
18:35sur la situation à Mayotte,
18:37Santé publique France a annoncé
18:38le passage officiel de l'archipel
18:40en phase épidémique,
18:42épidémie de chikungunya,
18:43est-ce que les traitements sont à la hauteur ?
18:46Est-ce que la phase de vaccination
18:48a été suffisante ?
18:49– Oui, les vaccins ont été positionnés
18:52il y a déjà plusieurs semaines,
18:54avec la phase de chikungunya à la Réunion,
18:56les actions de prévention aussi
18:58ont été mises en œuvre,
18:59dans une situation difficile,
19:01après les ravages du cyclone Chido,
19:04mais il y a une grande mobilisation,
19:06une grande attention,
19:07et la préfecture et des services de santé
19:09sur son place.
19:09– Donc c'est pour l'instant, au moins…
19:12– C'est maîtrisé, c'est surveillé,
19:14j'irai aussi dans quelques semaines,
19:16puisque nous présentons ce texte de loi
19:17où nous engageons plusieurs milliards d'euros
19:19pour reconstruire Mayotte,
19:20mais nos compatriotes maorais
19:22ont besoin de la plus grande attention,
19:23de la plus grande solidarité,
19:25y compris quand il y a une épidémie de ce type.
19:27– Merci beaucoup Manuel Valls
19:28d'avoir répondu à mes questions ce matin,
19:30vous êtes ministre d'État,
19:32ministre des Outre-mer.
19:33Il est 8h52 sur RMC et BFM TV.
19:35– Sous-titrage Société Radio-Canada
19:37– Sous-titrage Société Radio-Canada
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