Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 8 mois
Patrick Cohen a suivi l'audition de François Bayrou par la commission d'enquête de l'Assemblée nationale avec un sentiment de malaise.

Retrouvez « L'édito politique de Patrick Cohen » sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-edito-politique

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Le malaise vient du décalage entre la gravité des faits, on parle d'un des pires scandales pédocriminels de notre histoire,
00:06et la responsabilité potentielle, subalterne, très relative d'un parent d'élève élu local,
00:12ministre qui fut pourtant le premier à ordonner une inspection, mais qui premier ministre aujourd'hui est devenu une cible politique de choix.
00:18Bétaram, c'est 5 à 6 décennies de violences institutionnalisées, 300 victimes qui ont osé parler,
00:25une trentaine d'agresseurs identifiés, dont 11 encore en vie, et une congrégation qui a fermé les yeux,
00:31des prêtres qui ont couvert, des professeurs qui ont été témoins, des responsables académiques qui n'ont pas été très curieux,
00:37des juges qui ont refermé les dossiers, ça fait du monde.
00:40François Bayrou, faut-il le rappeler, n'a agressé personne, et jusqu'à preuve du contraire, il n'a protégé personne.
00:46Quand surgissent les premières accusations de violences sexuelles, il n'est plus ministre,
00:50et quand après le suicide du suspect, le père Caricard, la justice interrompt son action,
00:56alors que trois élèves accusent de surveiller en général, alors que le procureur l'a écrit au garde des Sceaux,
01:01c'est la gauche qui est au pouvoir, et c'est un raté judiciaire invraisemblable,
01:06qu'on aimerait voir questionné, au moins autant que les approximations ou les souvenirs confus du maire de Pau.
01:11Notez que ce surjet nommé Cheval, qui est visé par plus de 70 plaintes,
01:16qui a poursuivi sa carrière dans l'éducation jusqu'à sa retraite en 2018, coule aujourd'hui des jours paisibles,
01:22il a pu assister à l'audition de Bayrou sans être poursuivi, sans un seul jour de prison.
01:27Alors disons simplement ce qui aurait dû être rappelé au début de l'audition du Premier ministre,
01:31le scandale Betaram n'est pas l'affaire Bayrou, l'enquête sur ces crimes abjects n'a pas pour enjeu l'honneur d'un homme politique,
01:39et une commission d'enquête n'est pas un tribunal où le rapporteur serait à la fois juge et procureur.
01:44Il y avait hier soir, pour reprendre l'expression de François Hollande, quelque chose qui tenait de la chasse à l'homme.
01:50Question Patrick, vous estimez que cette commission a outrepassé ses droits ?
01:54Non, pas sur le principe. Cette commission qui a pour mission, je cite,
01:57« d'enquêter sur les modalités du contrôle par l'État et de la prévention des violences dans les établissements scolaires »
02:04était fondée à confronter François Bayrou à ces contradictions.
02:07Il y en a, je n'ai pas dit que ce dernier était exempt de reproches,
02:11en déclarant d'abord qu'il ne savait rien, en affirmant trois mois plus tard qu'il ne savait rien d'autre que ce qu'il y avait dans la presse,
02:17en admettant ni erreur, ni mensonge, ni maladresse, en s'en prenant les mains tremblantes,
02:21et avec virulence au rapporteur insoumis Paul Vannier,
02:23même quand celui-ci posait des questions factuelles,
02:27le chef du gouvernement est apparu parfois aussi outrancier que ses accusateurs,
02:31mais quand ces derniers en viennent à lui reprocher la gifle,
02:34infligée à un gamin qui lui faisait les poches,
02:36la fameuse gifle de Strasbourg pendant la présidentielle de 2002,
02:40on touche au ridicule ou à l'anachronisme,
02:43on lit avec les yeux de 2025 un geste d'il y a 25 ans,
02:47une claque à leur plébiscité qui avait donné à Bayrou quelques points d'intention de vote
02:50et 10 points de popularité,
02:53il en aurait d'ailleurs bien besoin aujourd'hui.
02:54Merci.
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations