00:00Et puisque vous avez un peu d'avance Manuel Bompard, je donne la parole à Laurent Wauquiez, ça tombe bien, pour rentrer dans le débat et cette question de savoir où trouver les fameux 40 milliards d'économies que cherche le gouvernement pour le prochain budget, il s'avère que vous formulez dans les colonnes du Parisien une proposition, Laurent Wauquiez, ce matin, l'idée de limiter le RSA, le revenu de solidarité active, à deux ans pour les personnes que vous qualifiez, je cite, d'aptes à travailler.
00:25Qu'est-ce que ça veut dire, être aptes à travailler ? Ça veut dire qu'au bout de deux ans, si on est au RSA, on n'a plus rien, plus de solidarité nationale, on en est réduit à la pauvreté et le dénuement ?
00:37Alors moi, ce que je veux garder, c'est le social, pour ceux qui en ont vraiment besoin. Je veux qu'on arrête l'assistanat, pour ceux qu'on peut sortir du piège de l'assistanat et ramener en direction du travail, et qu'on revalorise le travail.
00:47Le RSA, ça doit être une aide temporaire quand on connaît un accident de la vie. Mais quand on a aujourd'hui en France 500 000 emplois qui sont non pourvus, dans le secteur de l'hôtellerie et restauration,
01:00dans le secteur des services à la personne, dans le secteur de l'aide à domicile, et qu'on a un tiers des personnes au RSA qui ont moins de 35 ans, je suis convaincu qu'on peut les ramener en direction du travail,
01:10et que c'est la meilleure façon de les aider. Donc ce que je souhaite, je me suis toujours battu là-dessus, c'est un combat constant dans mon engagement politique,
01:17je souhaite qu'on arrive à sortir de l'assistanat pour ramener en direction du travail. Et je vais vous dire, je pense que c'est ça la vraie solidarité.
01:24La vraie solidarité, c'est pas d'aider des gens qui peuvent repartir au travail par des aides sociales, c'est de les ramener en direction du travail.
01:30C'est ça pour moi la vraie conception du social.
01:33Manuel Bompard, ce que vous dites à Laurent Viquet, et je reprécise une fois encore les règles, puisque vous avez tendance parfois à me regarder moi comme si je vous interviewais,
01:39c'est vrai que j'ai parfois l'habitude de vous interviewer sur ce plateau, mais il s'agit bien ici d'un débat et d'un échange entre vous deux.
01:44Manuel Bompard, ce que vous dites à Laurent Viquet sur cette proposition qu'il formule ?
01:47Je pense que c'est une proposition qui est une proposition totalement indécente, M. Viquet, et qui s'appuie sur une vision qui est une vision mensongère.
01:55J'ai lu l'article parisien, je crois, dans lequel vous faites cette proposition.
01:59D'abord, vous dites qu'il y a 500 000 emplois non pourvus.
02:03La vérité, M. Viquet, si vous avez regardé les chiffres précisément, c'est que parmi ces emplois dits non pourvus,
02:09en vérité, certains ne se sont pas encore libérés, c'est des emplois qui vont être libérés,
02:13d'autres vont bientôt avoir quelqu'un qui rentre en emploi.
02:17Les évaluations économiques, c'est 500 000, voire même 1 million sur certaines évaluations économiques.
02:21M. Viquet, ne dites pas des choses inexactes.
02:23Il y a 31% des offres d'emploi sur les 500 000 dont vous êtes en train de parler,
02:27qui sont des emplois qui viennent d'être créés, donc qui n'ont pas trouvé une preuve.
02:29Il suffit de sionner notre pays, de le voir dans tous les commerces, tous les restaurants,
02:33tous les hôtels, des annonces d'emploi.
02:35La réalité, M. Viquet, c'est qu'il y a environ 200 000 emplois réellement non pourvus.
02:41M. Viquet, si vous...
02:42Ce chiffre est complètement fantasque et sort de n'importe quoi.
02:45C'est les leçons d'économie du Venezuela, là.
02:48Ce qu'on va faire...
02:48Et il ne sort absolument rien, aucune évaluation crédible.
02:51Ce qu'on va faire, M. Viquet, c'est que soit M. Duhamel corrigera,
02:54soit le débat se poursuivra, j'imagine, sur les réseaux sociaux,
02:57et on verra qui avait raison ou pas.
02:59La réalité, M. Viquet, c'est que si vous prenez ce nombre d'emplois non pourvus
03:02et que vous le ramenez, par exemple, au nombre de bénéficiaires du RSA
03:05ou, encore mieux, au nombre de chômeurs,
03:07vous avez aujourd'hui, en France, à peu près un emploi non pourvu
03:10pour 26 personnes qui recherchent un emploi.
03:13Donc, à un moment, il faut aller au bout de votre raisonnement, M. Viquet.
03:17Imaginons ce que je ne crois pas du tout,
03:19que votre logique politique fonctionnait.
03:22Que va-t-il arriver à toutes les autres personnes
03:25qui n'auront pas pu trouver un emploi au bout de deux ans ?
03:27Vous leur proposez quoi ?
03:28Vous leur proposez zéro euro ?
03:30C'est ça, M. Viquet, votre proposition ?
03:31Réponse de Laurent Viquet.
03:32Donc, vous allez...
03:33Il y a 1,8 million de bénéficiaires du RSA aujourd'hui, d'accord ?
03:361,8 million.
03:38Donc, vous allez les jeter dans la pauvreté.
03:40Vous voulez qu'il y ait davantage de personnes qui fassent la queue
03:42devant les fils alimentaires ?
03:43C'est ça, votre projet pour le pays ?
03:44Réponse de Laurent Viquet, Emmanuel Bonpas.
03:46Juste là, ce qu'on entend est extraordinaire.
03:50On a 500 000 emplois, ne serait-ce que 200 000,
03:52qui sont non pourvus.
03:53Vous balayez ça d'un revers de main,
03:55et vous vous dites, mais c'est pas grave, on s'en fiche.
03:57Mais pas du tout.
03:57Je suis désolé, je ne partage pas du tout votre vision.
03:59Pas du tout, je vous parlais.
03:59Moi, ma vision de l'avenir du pays,
04:02c'est pas d'offrir aux Français le RSA à vie.
04:04Je considère que ramener les gens en direction du travail,
04:06contrairement à vous, n'est pas une punition.
04:08Moi, dans mon raisonnement,
04:09dans mon raisonnement, je n'oublie jamais
04:11les gens qui sont au travail.
04:15Je n'oublie jamais l'infirmière libérale
04:16qui paye 60% de charges
04:18et qui se dit qu'elle ne s'en sort pas plus
04:20que si elle restait chez elle.
04:21Je n'oublie jamais
04:23les salariés qui sont aujourd'hui écrasés d'impôts.
04:27Je n'oublie pas les gens qui travaillent
04:28dans le secteur de l'aide à domicile
04:29et qui disent, nous, on travaille 22 heures,
04:31et il ne faut surtout pas qu'on travaille plus,
04:33parce que sinon, à notre détriment,
04:35on va devenir imposable.
04:36Il y a toute une catégorie de Français qui travaillent,
04:38qui sont des travailleurs pauvres
04:39que vous avez totalement abandonnés
04:41dans votre raisonnement.
04:42La raison pour laquelle je propose
04:43d'augmenter le SMIC.
04:43Votre seule logique,
04:46c'est de laisser les gens dans l'ORSA
04:47et les aides sociales,
04:48à tel point même
04:49que vous avez proposé
04:50de faire sauter l'obligation
04:51de recherche d'emploi.
04:52La vraie différence entre nous,
04:54c'est que moi, je considère
04:55que quand il y a des aides,
04:56il y a des droits,
04:56mais il y a aussi des devoirs.
04:58La vraie différence entre nous,
04:59c'est que vous,
05:00vous considérez que l'aide sociale,
05:01c'est un avenir.
05:02Moi, je considère que c'est
05:02le travail, le vrai social.
05:04Et donc, on a là-dessus
05:05une vraie différence.
05:06Pour vous, le travail est une punition.
05:07Pour moi, c'est la meilleure façon
05:08d'aider les gens.
05:09Et donc, oui, ce que je veux,
05:10c'est qu'on arrête d'avoir
05:11comme seul horizon l'ORSA à vie
05:12et que tous ceux
05:13qui peuvent reprendre un boulot,
05:15si jamais on en ramène
05:16500 000 en direction du travail,
05:18ben oui, je pense qu'on aura été
05:19beaucoup plus utiles que vous
05:20avec toutes vos propositions délirantes.
05:22Sur ce point,
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