00:00Alors peut-être pour dresser un peu le paysage, c'est vrai que 800 millions de colis c'est absolument colossal par an, ça double tous les ans depuis 2020.
00:10Donc évidemment il n'y a pas forcément plus de douaniers, vous savez que la contrainte budgétaire est très forte et donc évidemment il faut qu'on s'adapte.
00:18Pour cela, la difficulté avec les colis du e-commerce c'est qu'il y a un grand morcellement, c'est-à-dire qu'auparavant les douaniers avaient l'habitude de contrôler des containers,
00:28ils ouvraient les containers et ils pouvaient faire les contrôles de manière un peu plus sereine.
00:33Aujourd'hui vous avez des palettes entières de colis qui arrivent et donc évidemment pour contrôler c'est plus dur.
00:39Pour cela, alors les frais de gestion j'y reviendrai peut-être après, pour cela on a besoin de douaniers mais pas que.
00:45Évidemment la douane est aujourd'hui très largement numérisée puisque tout le dédouanement se fait de manière digitale
00:51et donc on a des outils de ciblage, d'analyse de risque qui nous permettent de cibler certains types de produits,
00:59certains provenants, certains expéditeurs que l'on connaît.
01:02Mais tout ça a évidemment un coût, donc il faut qu'on investisse dans des outils informatiques,
01:06qu'on investisse évidemment dans de la main d'oeuvre parce qu'il y a un moment où il faut quand même ouvrir les colis.
01:11C'était ça la question suivante, vous allez les ouvrir les colis ou vous les scannez ?
01:15Alors il y a des colis qu'on scanne, alors le scan n'est pas encore complètement développé
01:20parce que ça nécessite aussi de développer de l'intelligence artificielle qui va avec
01:24puisqu'il faut que la machine puisse apprendre le type de produit qui se trouve dans les colis.
01:30On arrive à le faire, on a des expérimentations notamment sur tout ce qui est marchandises prohibées,
01:35notamment les stupéfiants, donc là on a des expérimentations sur ces sujets-là.
01:38Sur les autres types de colis, les autres types de produits, c'est beaucoup plus compliqué
01:42et là aussi ce sont des investissements très importants en scanners
01:46parce que les scanners ça coûte très cher.
01:48Non mais ces frais de gestion ça représente combien par colis ?
01:52Et le corollaire de cette question c'est est-ce que c'est suffisamment dissuasif ?
01:55Alors l'objectif de la mesure il n'est pas forcément dissuasif,
01:59c'est-à-dire que l'objectif qui a été annoncé par les ministres
02:01ce n'est pas de mettre fin au e-commerce ni mettre fin aux plateformes.
02:05L'objectif ce n'est pas que les Français ne puissent plus acheter sur ces plateformes.
02:08L'objectif c'est de permettre d'avoir des marchandises qui sont conformes aux normes européennes
02:13et pour cela il faut financer les contrôles.
02:15Sur le montant, je ne peux pas vous donner de montant,
02:18la ministre de Montchalin a dit que ça serait quelques euros par colis,
02:21sachant que d'un point de vue purement douanier, techniquement on parle par article.
02:25Ce n'est pas forcément énorme.
02:29En attendant, le rendement sur 800 millions d'articles, ça peut aller très vite.
02:33Donc la douane sera ravie dans son budget d'avoir plusieurs millions d'euros supplémentaires si c'est le cas.
02:38Vous allez vérifier quoi dans les colis ?
02:40Qu'est-ce que vous avez déjà découvert lors des derniers contrôles que vous avez opérés sur les colis chinois ?
02:46Si on prend le dernier gros contrôle, il arrive qu'on fasse des opérations un peu coup de poing,
02:51sur une cargaison sur une journée de colis en provenance d'Asie,
02:58on avait 97% de contrefaçon dans les colis sur une seule journée,
03:03sachant que pour traiter cette journée sur ce type de cargaison,
03:08il a fallu plusieurs mois à la douane pour traiter l'ensemble des colis,
03:11parce qu'on traite colis par colis.
03:13Procédure, c'est un colis, une procédure.
03:16Avant, c'était une procédure, un conteneur, ce qui n'est pas du tout la même chose.
03:19Et donc évidemment, les frais sur ce type de contrôle explosent.
03:23Vous parliez de la contrefaçon.
03:24On voulait vous montrer cette campagne de pub.
03:26Ce n'est sans doute pas un hasard si elle est lancée cette semaine par la plateforme Chine,
03:29dans toute la presse, une campagne pour défendre, semble-t-il, un droit à la mode.
03:34Pourquoi la mode devrait être un luxe ?
03:37C'est un peu cynique, mais ça fait partie aussi des mesures du gouvernement.
03:40C'est communiquer sur la qualité des produits chinois.
03:42C'est ce que vous disiez.
03:42En fait, ce n'est pas de dissuader les consommateurs,
03:45c'est les dissuader d'acheter, pour dire les choses un peu vulgairement, de la merde.
03:48Oui, alors il y a plusieurs sujets.
03:51Il y a des sujets de sécurité du consommateur.
03:53Ça, on le voit tous les jours sur les cosmétiques, sur les jouets.
03:58Il y a vraiment des problèmes de normes sur les guirlandes de Noël.
04:01Voilà, j'invite les…
04:02Alors, ce n'est pas encore la période.
04:05On est plutôt à horizon été.
04:07Mais les guirlandes de Noël, il ne faut pas les laisser allumés quand on n'est pas là.
04:10Il y a beaucoup d'accidents avec les guirlandes de Noël
04:12sur des problèmes de normes techniques, inflammables, d'électrocution, etc.
04:16Sur les produits de beauté, il y a d'énormes problèmes aussi, de santé, de problèmes cutanés, etc.
04:23Et puis, pour réagir peut-être sur la campagne que vous montrez à l'image,
04:30la contrefaçon, c'est vrai, et notamment chez les jeunes,
04:34il y a beaucoup de jeunes, enfin plus de la moitié des jeunes disent qu'ils ont acheté de la contrefaçon consciemment.
04:38Ce qu'il faut arriver à faire comprendre à notre jeunesse, c'est que finalement, la contrefaçon…
04:44Souvent, ils se disent « c'est un sac de luxe, donc ce n'est pas très grave,
04:48ce sont des grandes enseignes internationales. »
04:50Elles ne vont pas faire faillite à cause de mon achat.
04:51Elles ne vont pas faire faillite à cause de ça, donc ce n'est pas très grave.
04:53Derrière, il y a quand même des gens qui travaillent dans ces grandes entreprises,
04:58des artisans qui ont un certain savoir-faire,
05:01qui peuvent disparaître si demain, évidemment, tout ça est contrefait.
05:04Et puis, il y a les conditions sociales, parce que souvent, ces produits sont produits
05:09par des salariés qui ne sont pas forcément très bien traités.
05:14Et puis, les conditions environnementales, et ça, je pense que ça peut aussi parler à la jeunesse,
05:17c'est que pour produire tous ces articles,
05:20souvent, c'est dans des conditions environnementales assez catastrophiques.
05:23Merci.
05:24Merci.
05:25Merci.
Commentaires