00:00RTL Soir, Yves Calvi et Agnès Bonfillon.
00:04Il est 18h18, bonsoir Louis Aliot.
00:07Bonsoir.
00:08Vous êtes maire de Perpignan, premier vice-président du Rassemblement National, je le rappelle.
00:11Depuis cet après-midi, une proposition visant à renforcer l'aide à l'Ukraine est en discussion à l'Assemblée Nationale.
00:17Au cœur des débats, la possibilité d'utiliser les avoirs russes gelés depuis le début de la guerre.
00:22La cheffe de votre parti, Marine Le Pen, affirme qu'elle ne le votera pas en l'état.
00:26Pour quelle raison ? Expliquez-nous.
00:28Parce que c'est contraire au droit international.
00:30Et qu'on peut saisir les intérêts de ces avoirs, mais pas les avoirs eux-mêmes.
00:35Et sous peine d'ailleurs de risquer de se voir nous-mêmes gelés des intérêts occidentaux en Russie ou dans les pays satellites de la Russie.
00:43Donc vous nous dites en fait que ces 235 milliards ne peuvent pas soulager l'effort à fournir,
00:49tout simplement parce qu'on ne peut pas les saisir, je vous ai bien compris.
00:52C'est exactement, le droit international dit ça, maintenant on peut saisir les intérêts de ces sommes-là.
00:57Est-ce que vous pensez que les intérêts doivent être saisis ?
01:02Oui, sur les intérêts, il n'y a aucun souci, ça pourrait effectivement nourrir l'effort de fourniture qu'a assumé la France jusque-là.
01:13Mais sur le reste, ça me paraît très baroque comme méthode, tout simplement.
01:21Parce qu'il y a la réciprocité qui pourrait s'engager, et je vois mal un certain nombre d'intérêts français à l'étranger subir les mêmes représailles.
01:32Les socialistes, je le précise, les écologistes à horizon, y étaient favorables.
01:37Le RN se retrouve sur ce point, j'ai envie de vous dire, dans l'opposition avec la France insoumise.
01:42Vous trouvez ça confortable pour votre parti, cette proximité ?
01:47Écoutez, on ne peut pas systématiquement se baser sur la proximité des votes avec les uns ou avec les autres.
01:52Sur certains points on est d'accord, sur d'autres pas, et c'est bien normal, c'est la démocratie.
01:58Si systématiquement on est obligé de s'aligner sur les uns par rapport aux autres,
02:02on n'a plus notre liberté de choix par rapport aux sujets qui nous sont présentés.
02:06Donc je trouve ça finalement assez sain dans le débat démocratique,
02:09et si aujourd'hui on se retrouve du côté de la France insoumise sur cette question-là,
02:15c'est comme ça, mais on va systématiquement se positionner par rapport à ce que veut ou ne veut pas la France insoumise.
02:21Depuis des années, la Russie tente de déstabiliser notre pays, nos élections,
02:25et bafoue parfois le droit international.
02:27Ce ne serait pas un retour de bâton cohérent de saisir cet argent ?
02:29Oui, mais à ce moment-là, ce n'est plus un état de droit, c'est la loi de la jungle.
02:33Et à ce moment-là, appliquons-le dans les rapports humains tous les jours en France.
02:36Après tout, quand on a un cabrioleur à la maison, il n'a pas le droit de rentrer chez vous pour venir cabrioler.
02:42Est-ce que vous avez le droit de lui tirer dessus en représailles ?
02:45Non, et c'est un peu la même manière.
02:47Parce que nous sommes un état de droit, il y a des règles à respecter, il y a des textes de loi,
02:52il y a un droit international, si chacun y va de sa violation du droit international
02:57par rapport à la violation du droit international que font les autres pays,
03:01et bien à terme, ce sera la loi du plus fort.
03:04Et la loi du plus fort, malheureusement, pour nous, elle n'est pas la règle
03:08puisque nous sommes désormais une puissance moyenne
03:10et qu'on risque d'être exposé à des représailles beaucoup plus difficiles pour le peuple français.
03:14Est-ce que vous nous confirmez que l'ORN souhaite faire passer des amendements
03:17qui limitent les sanctions énergétiques contre la Russie ?
03:20Et si oui, pourquoi ?
03:21Écoutez, je ne suis pas informé de ces choses-là,
03:25donc je ne peux pas vous répondre.
03:27Il faudrait que vous en parliez avec un député qui siève à l'Assemblée.
03:30Excusez-moi, ça ne doit pas vous échapper.
03:32Vous êtes vice-président quand même du parti.
03:34Oui, oui, je suis peut-être vice-président du parti,
03:36mais ce sont des questions très techniques.
03:38Pardonnez-moi, Sébastien Chenu a déposé un texte allant dans ce sens.
03:43J'imagine que vous avez un avis sur la question.
03:46Oui, vous me demandez mon avis,
03:48mais ce texte est en ce moment même discuté à l'Assemblée
03:52et demandé à M. Chenu, qui a déposé ce texte, de vous l'expliquer.
03:55Moi, je sais très bien ce que je vous dis par rapport aux sanctions sur la Russie,
04:00que nous avons d'ailleurs voté à l'Assemblée nationale par rapport à l'agression russe.
04:05Le reste, ce sont des textes techniques sur des choses
04:09qui aujourd'hui, en tant que maire de Perpignan,
04:11honnêtement ne me concernent pas en tant que parti.
04:13Je vous dirais a priori de faire le tri entre ce qui va faire pression sur la Russie
04:18pour limiter les nuisances qu'elle peut nous occasionner.
04:22Mais aujourd'hui, vous voyez bien que le débat est quand même beaucoup plus élargi sur la paix
04:26et qu'il faut obtenir cette paix, non pas au détriment de l'Ukraine,
04:31mais j'allais dire au bénéfice de toutes les parties engagées.
04:33Alors justement, il se trouve que Mme Le Pen accuse le président Macron
04:37de jouer avec les peurs sur la Russie.
04:39Ça veut dire quoi ? Vous n'êtes pas inquiet, vous, de la situation ?
04:42Écoutez, la Russie est très certainement un pays qui agresse, et notamment l'Ukraine,
04:50mais je pense qu'il y a des menaces qui sont tout aussi dangereuses,
04:53et certainement plus, dont l'islam radical.
04:56Donc je pense que la France est un pays souverain,
04:59qu'elle doit se défendre contre toutes les agressions d'où qu'elles viennent,
05:03y compris quand elles viennent de la Russie, ou si elles viennent de la Russie, sans problème.
05:07Il n'y a pas de mensuétude à l'égard de la Russie parce que c'est la Russie,
05:11mais on demande qu'il y ait une égalité de traitement,
05:15et la France doit se préserver de toutes les attaques d'où qu'elles viennent,
05:19que ce soit de la Russie ou que ce soit d'autres pays dans le monde.
05:22Donc vous percevez cette menace russe néanmoins, à titre personnel ?
05:26Si je regarde notamment en Afrique,
05:29oui, la France a été quelquefois la cible de déstabilisation
05:35ou d'action antifrançaise par rapport à sa présence en Afrique,
05:40notamment sa présence militaire.
05:42Mais c'est vrai sur le cyber, c'est vrai sur le numérique,
05:46donc oui, ça fait partie des pays qu'il faut surveiller,
05:49et des pays qu'il faut contester, si je puis dire, dans leurs actions,
05:53et dans leurs mauvaises actions à l'égard de notre souveraineté.
05:56Les Français en ce moment semblent suivre leur président
05:59puisque sa côte de confiance a pris sept points en un mois.
06:02Comment analysez-vous cette situation ?
06:04Vous savez, il est devant de la scène et il est en première ligne,
06:11c'est sa base constitutionnelle qui le lui permet,
06:14donc ça ne m'étonne pas qu'il y ait ce mouvement-là.
06:17Mais pour autant, les Français sont hostiles à toute forme de guerre
06:20que nous pourrions faire demain à la Russie, au bénéfice de l'Ukraine.
06:25Donc tout ça est très équilibré, il faut rester très prudent
06:28et ne pas se lancer dans des aventures dont nous ne pourrions pas assumer,
06:32j'allais dire, le début du commencement.
06:35Louis Aliot, en fait, depuis le début de cet entretien,
06:37on tourne autour de cette idée.
06:39Vous comprendrez que l'attitude du RN vis-à-vis de la situation en Ukraine
06:44accrédite le procès qu'on fait depuis longtemps à votre parti
06:47sur son financement par la Russie.
06:49Je termine, même si vous avez remboursé ces fonds,
06:52même si vous avez remboursé ces fonds, je dois le préciser.
06:55Oui, d'accord, les États-Unis sont financés par la Russie alors ?
06:58Non.
06:59Parce qu'ils parlent avec la Russie ? Non.
07:01Alors il faut arrêter de raconter n'importe quoi, nous sommes pour la paix.
07:04Mais dès que la Russie a agressé l'Ukraine,
07:06vous avez bien vu que nous avons soutenu l'Ukraine.
07:08J'ai moi-même reçu à Perpignan 300 réfugiés ukrainiens.
07:12On ne peut pas nous faire ce procès-là, ce n'est pas vrai.
07:15Simplement, il faut être juste, il faut être équilibré.
07:18Il ne faut pas raconter n'importe quoi et ne pas aller à la guerre
07:22sans savoir ce que l'on fait.
07:24Nous avons une souveraineté, nous sommes un pays souverain,
07:27nous avons des alliés.
07:29Aujourd'hui, il y a des discussions de paix,
07:31il faut tout faire pour que la paix soit en Ukraine,
07:34pour beaucoup de raisons et notamment des raisons humaines.
07:37Il y a des centaines de milliers de morts de jeunes aujourd'hui qui meurent
07:41pour des questions territoriales qui semblent très éloignées de nos intérêts français.
07:46Voilà ce que nous disons.
07:47Mais maintenant, oui, il n'y a aucun souci à condamner la Russie
07:49quand il faut condamner la Russie.
07:51Condamner d'autres pays quand il faut la condamner.
07:54Vous avez été parfaitement clair.
07:55Merci beaucoup, Louis Alliot,
07:56Premier vice-président du Rassemblement National et maire de Perpignan sur RTL.
08:00Dans un instant, les toutes dernières informations de 18h30,
08:03puis à 18h40, nous nous demanderons si le réseau social TikTok
08:07est vraiment nocif pour nos enfants et nos ados.
08:09Une commission d'enquête va être créée afin d'évaluer son impact
08:12sur la santé psychique des plus jeunes.
08:15L'application est notamment accusée d'encourager des comportements suicidaires.
08:19L'expert Fabrice Eppelboin sera avec nous dans moins de dix minutes.
08:22A tout de suite.
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