00:00Moi, j'entends tout ce qui se dit depuis le début et je me dis qu'en fait, il y a certainement des positions qui sont très
00:07réconciliables sur ce plateau, parce que c'est pas simplement de savoir quel est le niveau réel de menace.
00:14Notre rôle de responsable politique et le rôle de tous les français, je pense, c'est de
00:19garantir un maximum de probabilités de paix. Et pour ce faire, il faut s'en donner
00:24les moyens. Si on veut être respecté, si on veut être à la table des négociations,
00:28si on veut ne pas être attaqué, il faut être fort. Et donc, pour être fort, il faut régler
00:33à la fois les problèmes de la société et les problèmes
00:39militaires. Parce que d'ailleurs, si on n'arrive pas à régler les problèmes de la société, on n'arrivera pas à régler les problèmes militaires.
00:43La dette, aujourd'hui, dans notre pays, représente plus les intérêts de la dette, plus que le budget
00:49de nos armées. Donc, si on veut pouvoir passer de 50 milliards à 100 milliards pour le budget de la défense,
00:54il faut éviter d'avoir demain, au lieu de 50 milliards aux 55 milliards d'intérêts de la dette, de passer à 100 milliards.
01:00Si on met cet argent, si on crame la caisse et qu'on met cet argent dans autre chose que dans la défense,
01:05alors on n'y arrivera pas. Mais quels sont les sacrifices qu'on est prêts à faire tous ensemble ?
01:09Est-ce qu'on est prêt à dépenser moins pour le système social ?
01:14Est-ce qu'on est prêt à travailler davantage pour créer la richesse nécessaire, pour réduire les déficits d'un côté et donner plus à nos armées
01:22pour éviter qu'on soit
01:24démunis, qu'on n'ait pas assez de munitions, qu'on ait divisé notre nombre de chars par trois, qu'on ait divisé notre nombre d'avions par deux
01:29depuis les années 90 ?
01:31Si on veut éviter tout ça, il faut s'en donner les moyens. Il faut qu'il y ait une prise de conscience, parce que si chacun reste
01:37en regardant sa situation personnelle, son entreprise,
01:42le destin de son enfant, de son père, de son frère,
01:47alors on n'y arrivera pas. Il faut qu'il y ait une prise de conscience. C'est une opportunité. On a une chance unique,
01:53finalement, celle d'avoir été un peu lâchée par les Etats-Unis, parce que ce n'est pas parce qu'on a un bon avis.
01:58Ça peut être une opportunité, si on s'en donne les moyens, si on se coordonne à l'échelle européenne et qu'on a en France une attitude
02:05responsable et qu'on accepte de faire
02:07des efforts dans l'intérêt général.
02:09Caroline veut réagir. Donc en fait, vous demandez à la majorité des Français de faire des concessions.
02:16Il y a ici des gens, des agriculteurs, des commerçants qui, depuis la crise Covid, ne s'en sortent pas.
02:21Et donc, en fait, vous allez aller à eux, leur demander
02:25d'aller piocher dans leur livret d'épargne pour réarmer.
02:30Parce que, grosso modo, c'est ce que M. Macron a proposé.
02:34Mais ce n'est pas ce que moi, je propose.
02:36D'accord, mais la menace que les Etats-Unis...
02:38Quand vous dites piocher,
02:42il n'y a rien d'obligatoire dans ce que propose Emmanuel Macron.
02:44C'est certain, mais ça deviendra une obligation à un moment donné.
02:49Quand on parle de l'épargne, j'entends.
02:51Mais la menace que les Etats-Unis quittent l'OTAN...
02:54Mon général, arrêtez-moi si je me trompe,
02:57mais c'est déjà depuis 2016, quand M. Trump a été élu la première fois.
03:02On aurait pu réagir déjà depuis 2016.
03:06Dix ans plus tard, on est toujours là.
03:08Et maintenant, on a M. Poutine qui veut entrer en guerre avec nous,
03:12et où on se trouve démunis parce qu'on n'a plus les Etats-Unis alliés avec nous,
03:16en tout cas pour ce théâtre de guerre-là.
03:18Et on nous demande à nous, Français, lambda,
03:22de faire encore des efforts.
03:24Mais dans les caisses, il n'y a plus d'argent.
03:26Mais dans l'intérêt de tout le monde, dans notre intérêt à nous aujourd'hui,
03:29et dans l'intérêt des générations futures,
03:31celle de nos enfants et celle de nos petits-enfants.
03:33Parce que j'ai vu les sondages qui circulent.
03:35Mais si, au lieu d'accepter de travailler plus,
03:38au lieu d'accepter éventuellement de...
03:40Vous vous levez à quelle heure le matin ?
03:41Attendez, simplement pour terminer la phrase.
03:43Si au lieu d'accepter de dépenser un peu moins,
03:45ou de travailler un peu plus,
03:47si on accepte simplement d'aggraver encore les déficits,
03:50c'est à nos enfants et nos petits-enfants qu'on reporte la charge.
03:53Et est-ce qu'eux seront soumis à moins de menaces que nous ?
03:56Rien n'est moins sûr.
03:57Non, ça c'est certain.
03:58Mais le matin, répondez-moi,
03:59vous vous levez à quelle heure le matin pour aller travailler ?
04:01Oh madame, le matin, je suis levé de bonheur,
04:04et je me couche tard le soir.
04:06Et je pense que beaucoup de Français sont dans cette situation.
04:08Mais quand on est le pays...
04:10Mais il y en a beaucoup ici qui se lèvent très tôt pour aller travailler.
04:12Madame, il faut qu'on soit honnête entre nous.
04:14On est le pays en Europe où on travaille le moins dans la semaine,
04:18le moins dans l'année et le moins dans la vie.
04:21Si on veut pouvoir continuer à avoir un modèle social aussi généreux,
04:25à ce moment-là, il ne faut pas s'étonner
04:27qu'on n'ait pas les moyens d'être aussi bons dans d'autres domaines
04:30comme celui de la défense.
04:32Si simplement on se remettait au niveau de la moyenne européenne,
04:35quand la plupart des pays sont en train de passer la retraite à 65, à 67 ans,
04:40certains pays parlent de la retraite à 70 ans.
04:43Nous, on est encore en train de se poser la question
04:45de savoir si on va revenir à 62 ou à 60.
04:47Mais on est complètement décalés.
04:49On est dans un monde parallèle.
04:51Et là, la réalité se réimpose à nous
04:53et ça peut être une opportunité si on a encore confiance.
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