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Chaque week-end, Brigitte Boucher vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:01L'Ukraine a lancé une attaque aérienne d'une ampleur inédite en Russie.
00:08Plus de 800 drones, dont 600, ont visé la capitale Moscou.
00:12Au total, ce sont 1500 drones ukrainiens qui ont été envoyés au cours des dernières 24 heures.
00:19La Russie a répliqué en visant un complexe métallurgique d'ArcelorMittal,
00:22deux entreprises de fabrication d'armes, une raffinerie de pétrole, un bureau de poste d'Odessa ainsi qu'un marché
00:27au livre.
00:28Bilan, 12 morts des deux côtés.
00:31Cyril Amorski, vous êtes notre correspondant à Kiev.
00:33On vous retrouve en direct.
00:34L'offensive ukrainienne s'est principalement dirigée contre ce centre de logistique de l'Amazone russe.
00:43Absolument, c'est surtout la région de Moscou qui a été ciblée au cours de cette nuit.
00:46On parle donc de Walberis, qui est en quelque sorte, comme vous l'avez dit, l'équivalent d'Amazone en
00:51Russie.
00:51Et ce sont deux points différents qui ont été ciblés.
00:55Les deux sont donc dans la région de Moscou.
00:57Il y en a un dans la ville de Damodied, l'autre dans une autre commune pas très loin de
01:01Podolsk.
01:02Et il s'agit surtout, pour l'une des cibles, de l'entrepôt, du stockage le plus important de l
01:08'entreprise Walberis.
01:10250 000 m2 qui ont été détruits et qui sont partis en fumée, comme vous le voyez sur ces images.
01:17C'est vraiment une cible privilégiée de l'Ukraine au cours de ces dernières semaines.
01:21Vous l'avez mentionné également, l'armée ukrainienne a d'ailleurs annoncé cela il y a quelques heures.
01:26Sur les 10 entrepôts et centres logistiques principaux de l'entreprise, 7 ont soit été touchés ou détruits par l
01:32'armée ukrainienne.
01:33Et c'est vraiment quelque chose que l'on observe au cours de ce dernier mois, avec aussi des frappes
01:39contre des cibles militaires,
01:40notamment des aérodromes ou bien le centre spatial hier à Samara, mais aussi des cibles en territoire occupé.
01:46Hier, l'Ukraine a attaqué un autre objectif, plutôt cette fois-ci en territoire occupé.
01:52Il s'agit du centre commercial Galactical, qui se situe en territoire occupé de Donetsk.
01:57C'était la troisième fois que l'Ukraine tape ce type de centre commercial au cours de ces derniers jours.
02:02C'était le dernier dans la région, mais aussi des attaques en Crimée occupée,
02:06notamment contre des rampes de lancement de missiles.
02:10On se souvient que l'un des objectifs annoncés récemment par le président ukrainien,
02:14compte tenu du manque de moyens anti-aériens ukrainiens aujourd'hui pour se défendre contre les missiles balistiques.
02:19Eh bien, on sait désormais que l'armée ukrainienne a détruit une rampe de lancement de missiles Onyx,
02:24et qui sont des missiles tout simplement utilisés normalement contre les navires,
02:33mais dont l'usage a été détourné par la Russie pour pouvoir attaquer notamment des cibles au sol,
02:38comme c'est le cas dans la région d'Odessa.
02:39Et dernière chose, effectivement, l'Ukraine a été attaquée, plusieurs morts dans des régions différentes,
02:44et notamment dans la ville de Krivérir et à Kiev.
02:47C'est notamment un marché aux livres qui a été détruit.
02:50Cyril Amosky, on apprend ce soir que Poutine, Vladimir Poutine, voudrait prendre le contrôle du Donbass à l'automne 2027.
02:59Tout à fait, c'est en tout cas une information qui nous a été donnée par le New York Times,
03:02après avoir échangé plusieurs sources, notamment des sources américaines.
03:05Ce n'est pas la première fois qu'on a en réalité ce type d'informations dans la presse.
03:08Les années précédentes, le gouvernement russe s'était déjà fixé des objectifs pour récupérer,
03:13pour plutôt occuper entièrement le Donbass en 2024, ou bien vers l'hiver 2025.
03:18Désormais, cet objectif est porté à l'automne 2027.
03:21Reste la question de si c'est possible ou pas.
03:23En tout cas, pour l'instant, quand on regarde le front, il ne le bouge quasiment pas.
03:26C'est vrai qu'il y a quelques avancées russes autour de Kramatorsk et Slovyansk,
03:31qui sont aujourd'hui les deux villes principales dans la région de Donetsk,
03:34qui sont toujours sous contrôle ukrainien.
03:36Mais pour l'instant, on ne voit pas comment est-ce que la Russie pourrait être en capacité de faire
03:40cela.
03:40Raison pour laquelle, d'ailleurs, le renseignement ukrainien, et pas que,
03:43considère qu'après les élections législatives du mois de septembre 2026,
03:47donc d'ici quelques semaines, le gouvernement russe peut notamment mobiliser
03:52entre 300 000 et 500 000 soldats supplémentaires pour mener ce type d'offensive.
03:57Merci Cyril Amorsky pour ces toutes dernières informations.
04:00Sergueï Girneuf, est-ce que vous pensez que Vladimir Poutine est en capacité
04:03de prendre la totalité du Donbass d'ici l'objectif qu'il s'est fixé, c'est-à-dire l
04:09'automne 2027 ?
04:10Vous savez, il a proclamé qu'il le veut maintenant à l'automne 2027.
04:14Je vous rappelle qu'en décembre 2024, en fait, il a changé le ministre de la Défense au mois de
04:19mai 2024.
04:20Donc il y a Bélo-Housseff qui a remplacé Cheugou.
04:23Et au mois de décembre 2024, Bélo-Housseff, quand il est venu, vous savez,
04:27ils organisent au mois de décembre la réunion de ce qu'on appelle la Collegia, le Collegium.
04:33En fait, tous les généraux du ministère de la Défense sont réunis dans un grand salle.
04:37Poutine vient, prononce un petit discours, le ministre de la Défense prononce un grand discours.
04:42Donc en fait, c'est la soirée de Grand Manitou au ministère de la Défense.
04:46Et donc le nouveau ministre a annoncé que son ministère va conquérir Donbass à la fin de l'année 2025.
04:54C'était il y a un an et demi.
04:57En fait, depuis, la Russie a progressé un peu sur le front.
05:02Mais il y a toujours 15% de la région de Donetsk qui n'est pas occupée.
05:09En fait, les derniers mois, la Russie a perdu dans la région de Zaporizhia et la région de Dnipro.
05:16En fait, les Ukrainiens ont récupéré toute la région de Dnipro parce que les Russes, finalement, ils ont concentré toutes
05:24les frappes dans la région de Donetsk.
05:27Bien évidemment, pour Poutine, c'est une priorité de priorité.
05:32Il a annoncé l'année dernière, quand il est venu à Alaska rencontrer Donald Trump, il disait, voilà, en fait,
05:38la priorité de la priorité, c'est Lugansk et Donetsk.
05:40Mais réellement, est-ce qu'il est capable de le faire ?
05:45On sait qu'il a mis les moyens, mais en même temps, vous savez, les experts calculent.
05:52Ils disent, si on progresse et la Russie continue à progresser avec la même vitesse que maintenant,
05:58il lui faudra cinq ans au minimum pour conquérir ne serait-ce que Donbass.
06:03Et bien évidemment, l'Ukraine, ce n'est même pas envisageable parce que c'est des temps comme 50 ans,
06:11100 ans, 150 ans.
06:13Donc après, il y a autre chose aussi.
06:16Vous ne croyez pas à cette menace ?
06:18Disons que ce que je vois, c'est que Poutine, finalement, devient un peu plus rationnel, en quelque sorte,
06:25parce que maintenant, il ne nous dit pas, c'est cet automne-là, c'est l'automne d'après.
06:31Et puis, n'oublions pas que cet automne-là, il aura 74 ans, l'automne d'après, il aura 75
06:36ans.
06:37Et donc, en fait, le temps travaille contre lui physiquement.
06:40Parce que si vous regardez actuellement Poutine, il commence à devenir quand même un vieux papy
06:46par rapport à ce qu'il était, ne serait-ce qu'il y a deux, trois ans.
06:49On voit que la guerre l'a usé aussi physiquement.
06:52Vous avez Zelensky qui était tout jeune, tout fringant, qui pétait la forme parce qu'il était vraiment très, très
06:59jeune.
07:00Mais donc, il a le visage qui est marqué par la guerre, par les soucis, par le poids de cette
07:06guerre.
07:07Mais Poutine aussi.
07:08Ulrich Bounin, la progression de la Russie sur le terrain peut permettre à Vladimir Poutine
07:16d'espérer conquérir le Donbass dans ce laps de temps ?
07:20Dans les circonstances actuelles, la réponse est probablement non.
07:23En revanche, ce que ça montre, à mon sens, c'est que Vladimir Poutine estime toujours, déjà,
07:28un, qu'il peut gagner cette guerre, au moins dans le Donbass.
07:30Deux, qu'effectivement, il a le temps pour lui.
07:32Il estime qu'un an, ça reste jouable.
07:35Et troisièmement, que finalement, en fait, on est à deux mois de frappe très intensive quand même
07:41de la part des Ukrainiens sur la Russie et que ça ne l'a pas fait bouger d'un iota.
07:44Bien au contraire.
07:45En revanche, si, effectivement, ce que ça montre aussi en parallèle, c'est que Vladimir
07:50Poutine a conscience que, en fait, ça ne peut pas durer éternellement, cette guerre.
07:53Qu'au bout d'un moment, il va lui falloir fournir un résultat.
07:55Il ne peut pas se permettre de gréver de plus en plus l'économie du pays et la société
08:00russe par rapport à cette guerre.
08:02Donc, il va falloir probablement faire quelque chose pour que ça avance et ça ramène à
08:07toutes ces discussions qui ont lieu en coulisses.
08:09En tout cas, toute l'architecture est mise en place pour lancer cette mobilisation.
08:12Et là, effectivement, si Vladimir Poutine décide de mobiliser 300 000 personnes, comme
08:17les chiffres qui tournent actuellement, ça pourrait permettre, en tout cas, c'est
08:21comme ça qu'il le voit, je pense, ça pourrait sans doute, il espère en tout cas que ça
08:24permettrait à la Russie d'espérer, en quelque sorte, mettre le pied sur l'accélérateur
08:28pour en finir d'ici un an.
08:31Philomène Rémy, effectivement, cette progression aujourd'hui sur le terrain ne laisse pas espérer,
08:37vous êtes d'accord avec ça, que le don de base puisse tomber dans les mois qui viennent ?
08:43Ce qui ressort, en tout cas, c'est que cette annonce, elle est cohérente avec les informations
08:48des Ukrainiens qui parlent d'une mobilisation qui va de 300 000 à 500 000.
08:52C'est ce qu'ils viennent d'annoncer.
08:53Cette mobilisation, elle aurait lieu en septembre.
08:55Elle aurait lieu dès septembre.
08:57Et il faut se rappeler qu'à la dernière mobilisation, l'appel à la mobilisation
09:02qu'il y a eu en septembre 2022, ça a créé un effet de panique gigantesque.
09:06Moi, j'étais à la frontière entre la Géorgie et la Russie.
09:09Il y avait des files d'attente de voitures de Russes qui voulaient absolument fuir.
09:13Donc ensuite, la Russie, elle a eu une autre stratégie.
09:15Elle a augmenté les primes.
09:17Elle a tout mis en œuvre, en fait, pour augmenter les salaires des soldats pour que ce recrutement
09:21ne passe pas par une deuxième mobilisation.
09:23Sauf qu'au bout de 4 ans et demi de guerre à grande échelle, on se rend bien compte que
09:26cette
09:26guerre, elle a un coût et qu'il ne peut plus continuer comme ça.
09:30Donc, ce serait cohérent, en tout cas, qu'il y ait un nouvel appel à la mobilisation
09:33parce qu'effectivement, il va falloir avoir des objectifs et l'enlisement qu'on a l'impression...
09:39Je tiens aussi à préciser que l'enlisement qu'on a l'impression de voir d'ici.
09:43Parce qu'il faut bien préciser que les combats continuent de faire rage pour les hommes
09:47qui sont dans les tranchées et que cette guerre, ce n'est pas juste une bataille de drones
09:50comme parfois on a l'impression qu'on parle tellement de drones et de missiles sur ces plateaux
09:54qu'on en oublie que ces hommes...
09:56On parlait du vieillissement peut-être de Poutine et de Zelensky, mais avant ça,
10:01moi je pense qu'il faut parler du vieillissement des soldats qui sont dans les tranchées
10:04et d'un épuisement.
10:05Moi, je les ai vus, ces soldats, la dernière fois que j'étais dans les tranchées.
10:09Il y avait certains hommes qui avaient 50 ans sur le papier et qui avaient l'air d'en avoir
10:1470
10:14tellement la guerre les a burinés physiquement.
10:17Leur visage était buriné.
10:18La guerre, elle l'use physiquement et psychologiquement.
10:21Sans compter les 30 000 soldats blessés ou morts chaque mois.
10:26Côté russe, on va retrouver le général Philippe Sidos qui est ancien attaché militaire en Russie et Asie centrale.
10:32Est-ce que cet objectif de Vladimir Poutine vous paraît réaliste à vous ?
10:37Bonsoir.
10:38En tout cas, c'est le seul objectif réellement annoncé par Vladimir Poutine.
10:44La conquête du Donbass, très clairement, c'est ce qu'ils cherchent à faire.
10:48Et il se trouve que les Ukrainiens prennent ça relativement au sérieux puisqu'ils ont fait une rotation de commandement
10:55dans la zone
10:56où il y a deux corps, en particulier dans la zone de Kramatorsk et Slavians dont on parle.
11:00Et on ne parle plus de Konstantinovka qui devait être pris.
11:03Et bon, alors pris, c'est très difficile à dire et le terme à employer, il y a victoire.
11:10C'est-à-dire que ce n'était plus vraiment totalement sous contrôle ukrainien.
11:13Ce sont des zones que l'on appelle zones grises.
11:16Mais en tout cas, ce ne sont pas des zones totalement tenues maintenant par les Ukrainiens sur la ville de
11:20Konstantinovka.
11:21Et maintenant, donc, les Russes progressent.
11:23Alors, ils progressent tout doucement.
11:24Ça, c'est une notion qu'il faut prendre en compte maintenant dans l'art opératif de ce qu'il
11:28est devenu dans cette nouvelle guerre.
11:30C'est qu'en fait, avec cette combinaison d'armes très, très efficace, entre les drones, l'artillerie en particulier,
11:37la progression se fait très lentement.
11:39Et ce sont des pré-agressions style Verdun, je dirais.
11:43C'est-à-dire que pour la guerre de 14-18, dans ce qu'on a en conscience, la mitrailleuse,
11:48mais enfin, on progressait quand même.
11:49C'est-à-dire qu'on adaptait les méthodes de combat.
11:52Et là, les Russes s'adaptent.
11:53Ils adaptent, ils attaquent.
11:55Il y a énormément d'attaques sur le front.
11:57Il y a des pertes, c'est certain.
11:58Mais l'armée russe s'est adaptée.
11:59Alors, elle progresse très lentement, mais elle progresse doucement.
12:03Et les Ukrainiens ont pris conscience de ça.
12:05Ils ont nommé en particulier, donc à la tête du 11e corps, le nouveau chef d'état-major a nommé
12:09un colonel qui s'appelle Ishkoulov,
12:11qui avait été un petit peu, entre guillemets, limogé après l'affaire de Kursk.
12:15Parce que, bizarrement, il commandait la 83e brigade aéroportie.
12:18Il n'avait pas voulu attaquer à Kursk.
12:21Alors pourquoi, on ne sait pas.
12:22Mais il n'avait pas voulu.
12:23Donc, il avait été relégué à un autre emploi.
12:26Mais, bon, il se trouve qu'on lui fait confiance pour tenir ces deux villes de Kramatorsk et Slavian, qui
12:31sont les objectifs de l'armée russe actuellement.
12:34Ça, c'est très clair.
12:35Ensuite, principe de base, il ne faut jamais sous-estimer l'adversaire.
12:38Ça, dire qu'il est fatigué, dire qu'il ne sait pas faire.
12:42Attention, attention.
12:44On a toujours dit ça.
12:45Il n'a pas d'artillerie, etc., etc.
12:46Ne jamais le sous-estime.
12:48Et les Russes veulent.
12:49Et quand ils veulent, ils ne veulent pas lâcher.
12:51Et la meilleure preuve, c'est qu'on parle, effectivement, Poutine lui-même dit l'automne 2027.
12:55C'est-à-dire qu'il accepte une guerre de cinq ans et demi.
12:58Ce qui est quand même gigantesque.
13:00Ce qui est énorme.
13:01Donc, vous voyez, il prépare les esprits à ça.
13:03C'est ça qu'il faut retenir.
13:04Alors, après, la mobilisation.
13:06Oui, il peut y avoir une mobilisation.
13:07Mais ça ne veut pas dire que les gens auront besoin d'être formés.
13:10Il faudra entre six mois et un an.
13:12Ce qui correspond à l'automne 2027, globalement.
13:15Ce sont des objectifs qu'il a fixés à son État-major.
13:19Après, on verra.
13:20On verra d'ici quelques mois.
13:22On verra comment ça évolue.
13:23Mais il est certain que les Ukrainiens et les Russes savent qu'ils doivent se battre pour Kramatorsk et Slaviansk.
13:28Ça, c'est une réalité.
13:29Donc, il faut y faire attention.
13:31Il n'y a pas que la guerre des drones.
13:32Il n'y a pas que la guerre de Walburys et des centrales pétrochimiques.
13:38Il y a la guerre sur le terrain qui est une réalité et qui ne faiblit pas.
13:43C'est ça qu'il faut prendre compte et ce qui a été dit, justement, par l'intervenante précédente.
13:46– Sergei Jernov, il y a quelques jours, on nous disait par la voix de Sergei Lavrov que Vladimir Poutine
13:54était prêt à rencontrer les émissaires américains pour négocier.
13:59En réalité, là, on comprend bien qu'il part dans une guerre longue et qu'il se projette encore pour
14:05des mois et des mois de conflits.
14:07– Si vous écoutez toutes les interventions de Poutine depuis trois mois, vous comprendrez qu'il ne veut absolument pas
14:13s'arrêter.
14:14Ça veut dire que vous pouvez parler pour parler, Lavrov peut parler, etc., etc.
14:18Ils attendent Wittkopf.
14:20Ils ont même relâché un Américain pour faire plaisir à Donald Trump en attendant.
14:25C'est pour parler avec Wittkopf.
14:27Mais Poutine, lui, il a une idée fixe et cette idée fixe, lui, il n'en démore pas.
14:36D'ailleurs, il en a parlé sur le coup de plaisanterie.
14:39Il a dit, mais de quoi va-t-on s'occuper lorsque l'opération spéciale va s'arrêter ?
14:43Ça veut dire, en gros, en disant que s'il n'y a pas de guerre, en fait, on va
14:47s'emmerder.
14:48Donc, autant continuer la guerre.
14:50Et il le disait avec un petit sourire narquois.
14:54Personne n'a compris, en fait, ce qu'il voulait dire.
14:56Mais cette histoire de mobilisation, c'est très important, ce qu'a dit le général.
15:01C'est qu'en fait, d'un côté, bien évidemment, ça peut apporter de l'aide.
15:06Et il ne faut pas sous-estimer, en fait, le poids de ces fantassins sur le front.
15:11Mais en même temps, si vous proclamez une mobilisation de 350 personnes, 350 000 personnes,
15:18il faut les habiller, il faut leur donner des armes, il faut les former.
15:22Il faut les payer.
15:23Il faut les payer, non.
15:24Quand il y a une mobilisation, vous ne les payez plus.
15:27C'est ça, l'intérêt de la mobilisation.
15:29Mais, du coup, ça pose un problème politique, voire sociologique.
15:34Ça veut dire que, jusqu'à maintenant, vous avez des gens qui voulaient être payés,
15:39et donc, ce sont, en quelque sorte, des volontaires.
15:41Sur les 721 000, actuellement, personnes qui se trouvent côté russe, sur le front,
15:47il y a 550 000 qui sont les volontaires, enfin, les gens qui sont venus gagner de l'argent.
15:53Et il y a 160 000 ou 170 000, ce sont les mobilisés de la première mobilisation.
16:00Et donc, en fait, lorsque vous mobilisez, ça veut dire que, en été,
16:04vous obligez des gens qui ne veulent pas aller au front d'aller sur le front.
16:08Et en même temps, vous leur donnez des armes.
16:10Vous savez, l'Empire russe a s'est retrouvé dans cette même situation en 1916,
16:16lorsqu'il a mobilisé pour la Première Guerre mondiale,
16:19et bien, suite à cette obligation des Russes d'aller sur le front allemand,
16:25et en même temps leur donnant des armes, dans les conditions difficiles,
16:28parce que les 350 000 personnes qui vont se retrouver sur le front,
16:32ils vont dormir où ?
16:34Est-ce qu'ils ont construit des casernes pour ces personnes ?
16:38Est-ce qu'ils ont assuré la logistique pour assurer la vie de ces nouvelles personnes ?
16:47Et donc, en fait, l'Empire russe a eu la révolution,
16:50la révolution de février de 1917 et la révolution d'octobre de 1917.
16:54Et d'ailleurs, il y a un économiste de la banque,
16:58de la Veneche Econom Bank russe, qui vient d'être limogé,
17:02parce qu'il a fait, justement, ce que je viens de vous dire,
17:05il a tenu ce discours-là à sa banque, en disant que la Russie court à sa perte,
17:11donc en fait, en mobilisant, et il a été limogé.
17:15Mais n'empêche que cette histoire, que cette idée a été prononcée.
17:19Et pire, il y a le maire de Moscou, Sobyanine,
17:22qui, il y a quelques jours, a prononcé un discours en disant,
17:25mais si la Russie rentre vraiment dans l'esprit de la guerre,
17:30de la guerre et de l'économie de guerre,
17:32ça va détruire la ville de Moscou.
17:34Donc vous voyez, en fait, c'est...
17:36Alors en tout cas, la Russie, elle se donne les moyens de cette guerre
17:39et de poursuivre ce conflit.
17:41La Russie qui déploie un nouveau drone, c'est le BM35.
17:44Il est à l'origine de nombreux dégâts d'infrastructures civiles,
17:48un outil militaire qui a pour particularité de compter
17:51plus de 40 composants étrangers gardés.
17:56Ces drones sont prêts à être employés au combat.
17:59Le BM35 emporte une charge militaire de 10 kg,
18:02ce qui permet de détruire les plus grandes cibles ennemies,
18:04même loin derrière les lignes, car sa portée dépasse 200 km.
18:08La vitesse du drone à réaction dépasse 350 km heure,
18:12ce qui le rend hors d'atteinte des moyens d'interception ennemis.
18:15Les drones intercepteurs ukrainiens ne peuvent pas rivaliser en vitesse
18:18avec nos drones d'attaque à long portée.
18:20Pourtant, dans les zones où les unités russes de système sans pilote
18:23du groupement en saveur créent une zone tampon,
18:26les forces ukrainiennes n'ont rien d'autre à opposer.
18:31Michel Polacco est avec nous,
18:33journaliste et aviateur spécialiste des questions de défiance.
18:36Défend ce BM35, est-ce que c'est un avantage comparatif
18:38dans cette guerre qui oppose la Russie et l'Ukraine ?
18:44Disons que ce BM35, c'est un drone qui a l'avantage
18:48d'être un peu comparable au drone que développent les Ukrainiens.
18:51Il n'est pas cher, il est rustique et il a une efficacité potentielle
18:58assez comparable au drone que les Ukrainiens fabriquent
19:01en plus grande quantité.
19:02Cela dit, il est quand même très rustique,
19:04il fonctionne avec un moteur à piston à deux temps,
19:07il a une vitesse qui est très lente,
19:10puisqu'il va à peu près à 200 km heure,
19:14il a une charge militaire d'une dizaine ou une quinzaine de kilos,
19:17c'est vrai qu'il a une portée qui est relativement élevée
19:20avec plusieurs centaines de kilomètres,
19:23mais cela dit, ce n'est quand même pas un outil ou une arme
19:27qui peut changer la donne.
19:29Disons que ça permet aux Russes de participer au jeu
19:35de la même manière que les Ukrainiens,
19:37les Ukrainiens qui sont capables de tirer des quantités de drones
19:41d'un seul coup, parce qu'ils tirent beaucoup de drones qui ne sont pas chers,
19:46qui sont peu armés et qui de temps en temps arrivent à toucher des cibles
19:51sur lesquelles ils font des dégâts, qui sont parfois des dégâts militaires,
19:55parfois des dégâts exclusivement médiatiques et politiques,
19:59mais dans tous les cas de figure, ça sert bien.
20:01Les Ukrainiens, les Russes l'ont compris,
20:03et donc les Russes de leur côté,
20:06petit à petit d'ailleurs, leurs armes sophistiquées s'épuisent,
20:10alors ils en reproduisent, mais elles s'épuisent,
20:12et en revanche, ces armes-là,
20:15ils peuvent en produire des grandes quantités pour pas cher,
20:18et c'est donc une arme qui rentre dans cette catégorie.
20:22Ulrich Bounat, est-ce que vous partagez l'avis de Michel Polacco,
20:25c'est-à-dire avantage à l'Ukraine dans la guerre des drones ?
20:27Ça dépend du type de drone en fait,
20:30mais là pour le coup, ce qui est intéressant sur le BM35 Italmas,
20:34c'est qu'en fait, il répond à un besoin opérationnel des Russes,
20:37c'est-à-dire que l'entreprise qui le construit,
20:39est la même entreprise qui construit le drone Kamikaze Lancet,
20:42qui est extrêmement efficace sur la ligne de front,
20:44mais finalement, ce que l'on constate,
20:46c'est qu'on a besoin, en quelque sorte,
20:48dans les deux camps, d'aller de plus en plus loin,
20:50dans des frappes, alors qu'effectivement,
20:51pas des très grosses frappes,
20:52on ne va pas viser des usines avec ça,
20:53mais on va viser des blindés, des équipements militaires,
20:55des soldats, des regroupements de soldats,
20:57des postes de commandement,
20:58et donc c'est ça en fait, ce drone-là,
21:00grosso modo, c'est un drone Lancet un peu amélioré,
21:02qui va plus loin, plusieurs centaines de kilomètres,
21:03et donc, pas besoin d'une énorme charge utile,
21:05vous prenez 20-30 kilos d'explosifs,
21:07que vous allez jeter sur, en grosso modo,
21:10toute la chaîne logistique ukrainienne,
21:11et donc ça, ça a un impact militaire extrêmement important,
21:14parce que c'est un drone contreplaqué,
21:16donc c'est très simple à produire,
21:17ça ne coûte vraiment pas cher,
21:18et vous pouvez en envoyer des centaines
21:20pour essayer de casser toutes les chaînes logistiques
21:22de l'armée ukrainienne,
21:22vraiment sur une profondeur de 50 à 100 kilomètres,
21:25et ça, ça peut avoir un vrai impact opérationnel,
21:28donc oui, sur ce type de drone-là,
21:31effectivement, les Russes sont relativement efficaces,
21:33sont relativement efficaces aussi sur les drones à fibre optique,
21:35qui ont une portée de 30 à 40 kilomètres,
21:37qui ont un peu le même objectif,
21:38d'essayer de casser les chaînes logistiques,
21:40en revanche, sur les drones d'attaque longue distance,
21:42les Ukrainiens semblent effectivement avoir repris un petit peu l'avantage,
21:45le drone Chahed désormais est quand même un petit peu has-been,
21:48il y a des nouvelles versions,
21:49donc les Russes les améliorent aussi,
21:51mais on est toujours un peu dans ce jeu du glaive et du bouclier,
21:53où chacun innove pour essayer de trouver soit une frappe longue distance
21:58qui va perturber l'adversaire,
22:00soit essayer de, au moins localement, reprendre l'avantage sur le terrain.
22:04Philomène Rémy, on se retrouve dans une guerre de drones un peu low cost,
22:07d'après ce qu'on comprend,
22:09ce qui plaide aussi pour une guerre longue finalement,
22:12puisque une guerre qui coûterait moins d'argent
22:15que celle des missiles balistiques ou des intercepteurs.
22:20Ça c'est les Ukrainiens qui ont un peu donné le tempo,
22:22parce qu'en fait ils font avec les armes qu'ils ont en leur possession,
22:26et ils nous ont prouvé depuis 2022 qu'ils ont excellé là-dedans en fait,
22:30ce n'est pas pour rien qu'on appelle l'Ukraine la start-up nation de la guerre,
22:34ils sont mis à produire énormément de drones,
22:37et donc les Russes s'adaptent,
22:39mais il ne faut pas oublier que les Russes en ce moment,
22:41ils sont en train d'envoyer énormément de missiles balistiques sur les Ukrainiens,
22:44ils ont bien compris que c'était leur talon d'Achille,
22:47puisque en ce moment les Ukrainiens manquent désespérément de systèmes patriotes,
22:51les systèmes de défense antiaérienne américains,
22:54donc certes ils sont en train d'atteindre un peu les mêmes niveaux au niveau des drones,
22:59mais ils ont encore un avantage énorme,
23:02à savoir les missiles balistiques, les Russes.
23:05On va retrouver Axel Monnier qui est notre correspondant à Washington,
23:09avec cette histoire un petit peu étrange,
23:11c'est un Ukrainien qui a payé de sa vie sa désertion,
23:15en tout cas c'est ce que racontent les médias américains,
23:17et en particulier le New York Post.
23:22Oui effectivement, et dans ce cadre-là,
23:24une jeune femme russe de 32 ans a été arrêtée à Sébastopol,
23:29dans cette Crimée actuellement occupée par la Russie.
23:33Alors elle est accusée d'être à l'origine de l'assassinat de Robert Chagiev,
23:38c'est un homme de 49 ans, qui était un ancien officier ukrainien,
23:42qui commandait le seul sous-marin ukrainien à l'époque, en 2014,
23:46au moment de l'annexion russe de la Crimée.
23:49Mais cet homme a livré les coordonnées du sous-marin à la Russie,
23:53puis il a déserté l'armée ukrainienne pour rejoindre les rangs russes.
23:57Il était depuis recherché pour haute trahison par les autorités de Kiev.
24:01Cette jeune femme, comment a-t-elle fait ?
24:03Alors elle est suspectée d'avoir placé une bombe dans une poubelle près d'un banc à Sébastopol,
24:09de l'avoir activée à distance au moment où Robert Chagiev est passé,
24:12et elle l'aurait tuée avec cela sur le coup.
24:16Elle a avoué son implication dans cet assassinat.
24:20Elle est bien liée aux équipes de renseignement ukrainiens,
24:24et maintenant il va falloir voir ce qui va se passer,
24:26et surtout quelles peuvent être les implications entre la Russie et l'Ukraine,
24:31et même plus largement dans ce conflit,
24:33avec cette affaire d'une espionne qui a agi pour venger une traîtrise du côté ukrainien.
24:42Un mode d'action qui est assez fréquent, Sergei Ghernov ?
24:45Fréquent ? Vous savez, tous les modes d'action sont fréquents.
24:50Au contraire, les services d'enseignement ne veulent pas reproduire pas à pas la même chose.
24:55Mais bon, en même temps, pour éliminer quelqu'un,
24:58vous avez un nombre limité quand même de moyens.
25:02Là, avec cette femme, c'est quelque chose d'assez particulier,
25:05parce qu'en fait, elle revendique son acte.
25:07Ça veut dire qu'elle assume son acte.
25:09Elle dit, oui, oui.
25:10D'ailleurs, pour le moment, elle refuse d'être liée aux services spéciaux ukrainiens.
25:15Elle dit, non, non, c'est mon idée.
25:17Donc voilà, j'ai voulu venger l'Ukraine.
25:24Est-ce que ça rappelle l'attentat à Moscou
25:26qu'il y avait eu, où une femme a porté des cadeaux au chef de l'aviation russe ?
25:30Alors là, on était dans un...
25:31Là, en revanche, je crois qu'en fait,
25:34les personnes qui ont organisé cet attentat,
25:37j'ai l'impression qu'ils l'ont utilisé comme courrier.
25:40Ça veut dire que ce n'était pas une personne forcément
25:44qui était là pour des idées idéologiques, etc.
25:48Et donc, on verra bien.
25:49Mais bon, cette femme qui a participé à l'élimination
25:57de ce militaire, l'ex-militaire ukrainien,
26:00en plus, vous savez, on se souvient plutôt d'Anna...
26:07Je ne me souviens plus son nom de jeune fille
26:10qui est connue comme Anna Chapman,
26:12mais en fait, elle est divorcée de son mari.
26:14Donc c'est un manquin, elle a un beau corps.
26:18Donc celle-ci, on dit qu'elle était escorte,
26:21voire même...
26:22Oui, escorte girl de luxe, effectivement.
26:24Donc ça participe à ce mythe de l'espionne.
26:30Dans la guerre qui oppose les États-Unis à l'Iran, cette fois,
26:34parlons des conditions de vie de l'équipage
26:37du porte-avions américain Abraham Lincoln en mer.
26:41Depuis 8 mois, les marins craquent.
26:44Et au fur et à mesure que le conflit s'enlise,
26:47ils n'en peuvent plus.
26:48Axel Mené, vous êtes toujours avec nous depuis Washington.
26:50Quelle est véritablement la situation
26:53qui est dénoncée à bord du porte-avions
26:55après 260 jours de mer ?
27:01Alors, ce qu'on sait,
27:02on ne le sait pas, évidemment, de par les autorités,
27:05mais plutôt par les familles.
27:07Plus de 200 familles ont donné des témoignages
27:09recueillis directement par les 5000 marins et marines
27:13qui se trouvent à bord de l'USS Lincoln.
27:15Alors, on parle de quoi ?
27:16On parle d'abord, et c'est très grave,
27:18de tentatives de suicide.
27:19Il y a au moins la confirmation d'un homme
27:22qui se serait jeté à l'eau,
27:24qui a été repêché et qui se trouve depuis
27:25sous surveillance médicale.
27:28Ce cas a été confirmé par trois responsables
27:30du Pentagone sous couvert d'anonymat
27:32à la chaîne CNN.
27:33Mais les familles estiment qu'il y a eu
27:35plusieurs personnes comme ça,
27:37d'équipage, qui ont essayé
27:38de mettre fin à leur jour en sautant à l'eau.
27:41Ça n'a pas été officiellement confirmé
27:43par les autorités.
27:44En plus, il semble que les conditions de vie à bord
27:48soient vraiment déplorables.
27:51On parle de problèmes de plomberie,
27:54de problèmes d'eau potable,
27:55de problèmes de sécurité sur le pont.
27:57Il y a aussi des pénuries,
27:58notamment alimentaires.
28:00Bref, tout ça pèse énormément
28:02sur l'état psychologique des soldats.
28:04Et les familles ont vraiment lancé
28:07un état d'alarme, une alarme,
28:10on va dire, auprès des autorités.
28:11Elles ont écrit au sous-secrétariat
28:14à la Navy pour demander des explications.
28:17Les démocrates sont entrés dans la danse également.
28:20Ils réclament une enquête
28:21auprès de la marine américaine,
28:23mais aussi une visite qui soit
28:25une visite bipartisane
28:27avec des démocrates et des républiques.
28:29Parce qu'hier, le responsable
28:31du commandement central s'est rendu sur place,
28:33Bradley Cooper.
28:34Mais son communiqué aujourd'hui
28:36semble minimiser les choses.
28:38Il estime que parmi les 11 porte-avions
28:40actifs de l'armée américaine,
28:42c'est sur le Lincoln
28:44qu'il y a le moins de problèmes psychologiques.
28:46Il y a une manière d'allayer
28:49d'un revers de main ce qui se passe à bord.
28:51De même que ce que fait ici la Maison-Blanche,
28:53puisque vendredi, Donald Trump
28:55et les propos ont un peu choqué,
28:56notamment dans l'opinion,
28:58avaient dit que non seulement
28:59les marins et marines à bord du Lincoln
29:02n'étaient pas partis pendant très longtemps,
29:04et surtout qu'ils étaient loin
29:05de pouvoir revenir.
29:07Pourtant, ils devraient quand même
29:08retourner à San Diego
29:09d'ici quelques jours
29:10ou en tout cas quelques semaines.
29:12Merci Axel Meunier.
29:14On va clore cette page internationale
29:15sur cette information.
29:16et on va cliquer sur cette information.
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