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  • il y a 1 an
À Castres, plus de 3.000 personnes étaient attendues pour soutenir la reprise des travaux de l'A69, arrêtés par la justice. Les défenseurs du projet, soutenus par des élus locaux, craignent des conséquences désastreuses pour l'économie et l'avenir des infrastructures en France.

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Transcription
00:00Accueillons François de Rugy, bonsoir. Vous êtes ancien ministre de la transition écologique, vous êtes conseiller régional des Pays de la Loire.
00:05Vous parlez d'intérêts publics, j'ai lu une interview de vous, et alors vous semblez remettre en cause la décision de la justice dans cette affaire.
00:15Je crois que cette décision de justice, si elle est confirmée en appel, ce qui n'est pas sûr, serait vraiment un tournant majeur dans le droit de l'environnement,
00:24dans le droit des infrastructures et de l'aménagement, et ça poserait un vrai problème démocratique, qui est de savoir qui décide de ce qui est d'intérêt général.
00:33Traditionnellement, dans l'ordre juridique français, l'utilité publique, elle est déclarée après un débat public.
00:40Il y a beaucoup de procédures d'ailleurs pour cela, qui sont transparentes, qui font l'objet d'ailleurs de contestations devant les tribunaux, ça a été le cas pour ce projet.
00:48À un moment donné, il y a une déclaration d'utilité publique qui est prononcée par l'État, et ensuite ça peut encore être contesté, et puis si l'utilité publique n'est pas contestée, le projet peut démarrer.
00:59Là vient se rajouter une considération que le tribunal administratif de Toulouse a mise sur la table, qui serait que le tribunal pourrait apprécier l'intérêt public majeur.
01:10Et à ce moment-là, si on s'en remettait systématiquement, après avoir fait toutes les procédures, avec des élus qui soumettent leur projet au débat, d'ailleurs il y a des campagnes électorales où ils peuvent évidemment être battus.
01:24– Les juges sont allés au-delà de leurs compétences dans cette affaire, c'est ce que vous vous semblez dire ?
01:29– Je pense que ça va, encore une fois, c'est Arnaud Gaussement, avocat spécialiste du droit de l'environnement, professeur associé à l'université de Paris 1, Panthéon-Sorbonne,
01:38qui le dit dans une note très détaillée, très intéressante sur cette décision de justice.
01:43– D'autres juristes, François Drougy, disent que le concessionnaire autoroutier qui a engagé l'État avant d'avoir la certitude que son autorisation ne serait pas annulée par la justice est le premier responsable.
01:56– Non mais le concessionnaire autoroutier, il agit pour le compte de l'État, il n'agit pas tout seul, il agit pour le compte de l'État.
02:03Il a eu une concession et, encore une fois, le projet a été déclaré d'utilité publique, pas simplement par les collectivités locales, mais par des décisions conjointes, communes,
02:14allant dans le même sens des élus du territoire, de département, une région, des villes, mais aussi de l'État et sous des gouvernements différents.
02:23Par ailleurs, je voudrais vous donner un petit exemple qui me paraît intéressant.
02:26L'autoroute A28 qui relie Caen, Le Mans et Tours, elle existe depuis maintenant plus de 20 ans, elle a été très contestée quand le projet avait été lancé
02:35et on avait trouvé sur le tracé un scarabée assez rare, dit le scarabée pique-prune et donc le projet avait été arrêté à cause de cela.
02:45Le bon sens l'a emporté, le milieu dans lequel vivait ce scarabée a été déplacé, c'était des souches d'arbres, les souches d'arbres ont été réinstallées ailleurs,
02:54le projet a pu se refaire et aujourd'hui, ce tracé autoroutier, il est devenu une réalité pour des milliers de gens tous les jours,
03:02qui l'utilisent pour relier des villes entre elles et avoir une forme d'aménagement du territoire.
03:08Mais aujourd'hui, comme on sort par le haut de cet énorme bordier, il y a des considérations qui sont quand même très problématiques.
03:14Dire que le bassin de Castres est un bassin qui, démographiquement, ne perd pas d'habitants, donc ce n'est pas la peine de faire une autoroute pour le relier,
03:23alors est-ce que ça veut dire que demain, il faut attendre que les territoires soient en déclin économique et démographique pour faire des aménagements routiers ou ferroviaires ?
03:31Je le dis d'ailleurs à David Cormand, demain, au nom du même principe, un juge pourra dire « Ah ben non, le projet d'éolienne n'est pas bâti ».
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