00:00Vous savez, pour juger de la pertinence l'action de Bruno Retailleau, il faut être capable de faire un pas de recul.
00:04Moi, je vois trois choses dans ce dossier et même les précédents, effectivement.
00:08La première, c'est le résultat des procédures. La fermeté du ministre de l'Intérieur, la droite républicaine l'a toujours dit,
00:14on ne peut pas avoir des gens qui bénéficient de l'hospitalité de la France ou qui y vivent
00:19et qui prêchent la haine contre elle. C'est absolument inacceptable et il faut montrer la plus grande fermeté.
00:25La deuxième chose, c'est effectivement le signal que ça envoie.
00:28Au-delà de la position d'Alger, qui accepte ou non de reprendre ses ressortissants,
00:33et c'est des choses qui vont prendre du temps à être remises à plat,
00:39mais la France montre déjà qu'aujourd'hui, elle souhaite être respectée en premier lieu par ceux à qui elle offre son hospitalité.
00:46Et puis la troisième chose, qui viendra derrière en filigrane, et ce n'est pas seulement le problème entre la France et l'Algérie,
00:52je l'élargis au-delà, il y a des pays qui bénéficient de l'aide de la France, de l'aide au développement pour plusieurs centaines de millions d'euros,
00:58pour l'Algérie c'est 130 millions d'euros par exemple, et qui ne peuvent pas dire qu'elles refusent de reprendre des ressortissants
01:05qui ont commis des actes illégaux en France ou qui prêchent la haine contre elles.
01:09Donc en plus, ils bénéficient d'ailleurs de facilités sur les visas, les proches de ces personnes peuvent être acceptés en France pour y recevoir des soins.
01:17Il y a toute une série de choses qui font quand même que dans ces dossiers-là, et ça ne concerne pas seulement l'Algérie, c'est la politique diplomatique générale de la France,
01:24il faut être capable d'avoir une relation quand même assez ferme avec tous ces pays-là, pour que lorsque leurs ressortissants posent des problèmes en France,
01:32menacent la sécurité de nos concitoyens, et bien il n'y reste pas une heure de plus.
01:37Concernant ce dossier précisément rafique maisien, Fabien Defilippo, je voudrais vous entendre également sur la déclaration du parquet de Paris,
01:43qui parle d'une fuite prématurée dans les déclarations du ministre de l'Intérieur, et qui explique que rien n'est retenu à ce stade contre cet influenceur algérien.
01:50Est-ce que c'est le grand retour de la querelle entre la justice et la police ?
01:53Je ne pense pas. Vous savez, quand vous voulez mener une affaire à bien, sans qu'elle soit cassée juridiquement, il faut que toutes les choses soient faites dans le bon ordre.
02:04Ce qui n'a pas forcément été le cas, là, apparemment.
02:07Eh bien, on ne maîtrise pas toujours les fuites et le timing des informations qui peuvent circuler entre les institutions.
02:13Et la presse ? Mais en tout cas, une chose est sûre. Le signal de fermeté, il est primordial. Et Bruno Retailleau a raison de le donner.
02:21On ne peut plus continuer comme ça, nos concitoyens.
02:23Comment vous voulez, dans la période... Tout à l'heure, nous parlions du budget, des dizaines de milliards d'euros que nous avons à trouver.
02:28Comment vous voulez expliquer aujourd'hui à nos concitoyens qu'on va leur demander des efforts, à ceux qui travaillent, à ceux qui ont travaillé toute leur vie,
02:34et que d'un autre côté, vous pouvez avoir des gens qui bénéficient des aides de la France, de l'hospitalité de la France,
02:39et à qui on ne demande même pas de la respecter, qui peuvent rester ici en prêchant la haine ?
02:43Ce signal-là, c'est le temps de la fermeté, c'est le rôle du ministère de l'Intérieur, et Bruno Retailleau le remplit.
02:48Ensuite sont les procédures. Elles sont éminemment complexes. Elles doivent être conduites par la justice.
02:53Et la procédure d'expulsion, pour qu'elle soit réussie, elle doit être menée sans aucun manquement.
02:59Et derrière, il y a les relations, c'est le troisième niveau dont je parlais, avec le pays de provenance, qui doit accepter de reprendre ses ressortissants.
03:06Aujourd'hui, il y a une volonté de la part de la droite républicaine, je ne sais pas si elle est partagée par l'ensemble du gouvernement,
03:11mais en tout cas de la droite républicaine, de ce côté-là, d'avoir une fermeté absolue,
03:15et des choses qui soient parfaitement lisibles et compréhensibles par tout le monde, et en France, et dans les pays étrangers.
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