00:00RTL Soir. Yves Calvi et Agnès Bonfillon.
00:03Bonsoir Arnaud Robinet.
00:05Bonsoir.
00:05Vous êtes le maire à horizon de Reims, vous présidez la Fédération Hospitalière de France.
00:08Je le rappelle, la grippe continue de progresser dans notre pays.
00:11Elle atteint même, je cite, un niveau d'intensité exceptionnellement élevé à l'hôpital
00:16par comparaison aux saisons antérieures selon Santé Publique France.
00:21La situation est grave Arnaud Robinet ?
00:23Oui, la situation est préoccupante au moment où on se parle
00:27et notamment dans de nombreux établissements hospitaliers publics, CHU ou CH,
00:32où des plans blancs ont été mis en place,
00:36ce qui signifie avec une mobilisation de l'ensemble de la communauté hospitalière.
00:40Qu'est-ce que c'est exactement qu'un plan blanc ?
00:42Un plan blanc, en fait, c'est une mobilisation de l'ensemble de la communauté hospitalière.
00:48C'est aussi le rappel de certains agents hospitaliers qui sont en congé.
00:52C'est également une redisposition, entre guillemets, du service sanitaire,
00:57notamment des déprogrammations dans certains services,
01:01c'est-à-dire qu'on ne prend pas en charge d'autres pathologies,
01:04des interventions ne se font pas.
01:07C'est quantifié ce que vous venez de nous expliquer à l'instant même ?
01:10Alors, on l'avait quantifié au moment de la crise Covid.
01:13À titre d'exemple, la crise Covid et ses déprogrammations
01:16avaient fait que plus de 30 millions de visites et de prises en charge n'avaient pas pu être faites.
01:20C'est pour ça que je parle de bombes à retardement à chaque fois de cette crise sanitaire.
01:25Et donc, dès qu'il y a un plan blanc,
01:27ce sont des personnes qui ne sont pas prises en charge pour d'autres pathologies.
01:30Et ce sont des morts qui s'annoncent ?
01:32Dans les années à venir, parfois, ce sont des cancers qui ne sont pas dépistés.
01:35Ce sont des prises en charge qui se font trop tard.
01:37C'est bien évidemment une bombe à retardement en termes de santé publique.
01:42Comment expliquez-vous l'intensité de cette épidémie ?
01:45Est-ce qu'on a des éléments d'appréciation ?
01:47Un virus qui est peut-être plus virulent que les années précédentes,
01:53mais je le dis avec force et je pourrais dire même avec colère,
01:56c'est ce faible taux de vaccination.
01:59Au moment où on se parle, il y a une augmentation de 44% des patients de plus de 75 ans.
02:05Et on a un faible taux de vaccination sur l'ensemble de la population.
02:09Je crois qu'on a le plus faible taux au niveau européen.
02:13Je le dis avec force, vaccinez-vous aussi bien pour vous que pour les autres.
02:18Il faut aussi que le personnel soignant soit vacciné.
02:21Ça évitera ce que l'on connaît aujourd'hui, cette crise aux urgences hospitalières.
02:26Que se passe-t-il ? Comment expliquez-vous cette crise ?
02:28Parce qu'il y a une crise dans la crise, c'est celle de la vaccination.
02:30Vous nous le dites très clairement ce soir sur l'antenne d'RTL.
02:33Mais je le dis, on a un très faible taux de vaccination.
02:36Et depuis la crise Covid, certains responsables politiques,
02:42certains influenceurs, je le dis comme je le pense,
02:45ont des discours anti-vax que l'on ne peut accepter.
02:49Aujourd'hui, on le voit dans la population,
02:51malgré les efforts qui sont mis aussi par les collectivités.
02:54À Reims, on a un centre communal de vaccination.
02:57Dans nos maisons de quartier, il est facile de se faire vacciner.
03:00Chez le pharmacien, chez le médecin, à faible coût,
03:03gratuit d'ailleurs, pris en charge à 100% par l'assurance maladie
03:07pour les personnes âgées de plus de 65 ans, à titre d'exemple.
03:10On ne se vaccine pas en France.
03:12C'est une aberration.
03:13Le vaccin protège, protège soi-même, protège les autres.
03:17Et aujourd'hui, malheureusement, il y a cette défiance
03:19vis-à-vis du vaccin en général.
03:20Une aberration qui fait plusieurs milliers de morts chaque année.
03:24Une aberration qui fait qu'aujourd'hui, nous avons une saturation
03:27dans un grand nombre de services d'urgence,
03:30une fatigue des personnels soignants et non soignants,
03:33et bien évidemment, un nombre de morts qui risque d'augmenter
03:36avec ce virus de la grippe.
03:38Elle a une intensité particulière cette année, cette épidémie ?
03:41Alors, on n'a pas trop d'informations,
03:43je n'ai pas trop d'informations sur l'intensité,
03:44en tout cas par rapport au virus,
03:48mais il est clair de constater au moment où on se parle
03:50qu'on a une nette augmentation sur l'ensemble du territoire français,
03:53que le pic n'est pas atteint en termes de transmission.
03:57Donc oui, le virus est assez virulent
03:59et en tout cas, l'intensité est assez forte cette année.
04:01Les vacances de Noël où toutes les familles se retrouvent
04:04peuvent-elles contribuer à ces chiffres exceptionnels ?
04:07Bien évidemment, parce que derrière,
04:09on a vite oublié les gestes barrières.
04:11Rappelons-nous, les années ou l'année après Covid,
04:15il y a une diminution des cas sévères de la grippe,
04:19mais également de broncolite, également de gastro,
04:22parce qu'on avait mis en place ces gestes barrières,
04:24le lavage des mains et autres.
04:25Et aujourd'hui, on a un peu oublié l'importance de ces gestes dits de barrières.
04:30Oui, c'est vrai que les fêtes de Noël, les fêtes de fin d'année
04:35ont permis peut-être ce brassage et donc permis d'intensifier,
04:38en tout cas, la circulation du virus.
04:40On va peut-être rappeler ce que sont tous ces gestes barrières qui sont nécessaires.
04:44Je ne sais pas, on se lave les mains, on porte son masque dans les transports publics.
04:47Excusez-moi, je prends le métro tous les jours en ce moment.
04:50Personne, à Paris, personne ne porte son masque.
04:53Oui, alors c'est vrai que si je dis publiquement qu'il faut porter le masque,
04:57on va me dire que je suis liberticide.
04:59Mais bien évidemment que dans des périodes telles que nous les connaissons
05:02où un virus circule, les gestes barrières, c'est très simple.
05:06C'est des gestes du quotidien.
05:07C'est se laver les mains plusieurs fois par jour.
05:11C'est bien évidemment se mettre la main devant sa bouche quand on est ternu ou lorsque l'on tousse.
05:18C'est le port du masque dans des milieux confinés,
05:20surtout dans cette période et notamment dans le métro.
05:23C'est se protéger et protéger les gens.
05:25Je dirais que ce sont des gestes simples, des gestes du quotidien.
05:28Oui, on a un peu perdu, je dirais, cette notion de geste barrière.
05:33Il faut en avoir conscience, ça protège.
05:36C'est peu coûteux, pas coûteux du tout,
05:38mais ça protège des vies et ça ne met pas en difficulté notre système de santé.
05:42Est-ce qu'on ne devrait peut-être pas entendre un peu plus notre ministre de la Santé
05:44et d'ailleurs toutes nos autorités du pays ?
05:46Vous le faites pour nous aujourd'hui en tant que président de la Fédération hospitalière de France,
05:51mais je n'ai pas entendu beaucoup de rappels à l'ordre,
05:52si je puis dire, au bon sens du terme chez nos ministres en ce moment.
05:56Alors, j'ai pu m'entretenir avec Catherine Vautrin hier
06:00et avec le ministre de la Santé Yannick Nodeur sur ce sujet.
06:04Je pense que le gouvernement, et je n'en doute pas, va intensifier l'information, la communication.
06:10Les ministères d'un point de vue communication institutionnel sur les chaînes de télé ou radio,
06:15notamment la question des gestes barrière ou autres, il le faut.
06:17C'est aussi de la prévention et je ne doute pas que les pouvoirs publics vont être mobilisés, le sont sûrement.
06:22Et puis, l'autre message aussi à faire passer à nos concitoyens,
06:26c'est de ne pas aller aux urgences directement, c'est d'appeler le 15.
06:29D'appeler le 15 où ils auront au téléphone un médecin régulateur
06:33et en fonction, bien sûr, des symptômes qu'ils décriront,
06:36ils seront soit envoyés aux urgences ou envoyés dans d'autres établissements
06:39ou tout simplement chez le médecin de ville, chez le médecin généraliste.
06:43Donc, si je prends l'exemple du CHU de Reims aujourd'hui,
06:47il n'y a aucune entrée aux urgences qui ne se fait sans avoir appelé le 15 auparavant.
06:52Vous faites bien de le préciser.
06:53Une dernière question, une porte-parole du syndicat Samurgences de France
06:56estime qu'on n'anticipe pas ces crises hivernales parfaitement prévisibles.
07:00Elle a raison ?
07:01Je dirais qu'on a plusieurs périodes chaque année,
07:06la période estivale au niveau des urgences et la période hivernale,
07:10notamment durant cette période avec la crise de la Covid,
07:13aujourd'hui, la crise de la grippe.
07:15Heureusement d'ailleurs qu'il n'y a pas une double ou une triple épidémie
07:18comme on a pu le connaître il y a quelques années.
07:20Je dirais que l'anticipation, elle se fait,
07:24mais en tout cas, moi, ce que je vois, c'est la réactivité encore une fois,
07:27l'adaptabilité du service public hospitalier et des agents hospitaliers.
07:32On me posait la question tout à l'heure de savoir s'il y avait assez de moyens.
07:35Nous le disons, et je le dis clairement,
07:36c'était mes discussions et mes échanges avec les ministres concernés hier au ministère,
07:40nous demandons des financements qui sont à la juste valeur des missions de l'hôpital public.
07:45Mais le vrai sujet et la mer des batailles, c'est les ressources humaines.
07:49Il nous faut former, il nous faut recruter dans les établissements de santé.
07:55Et il n'est pas trop tard pour se faire vacciner,
07:56c'est l'un des messages que vous nous lancez ce soir.
07:59Arnaud Robinet, président de la Fédération hospitalière de France et maire horizon de cette bonne ville de Reims.
08:04Merci beaucoup d'avoir pris la parole, Arnaud Robinet.
08:06Merci à vous.
08:07Bonne soirée à vous.
08:08Bonne soirée.
08:09Et dans un instant, un homme pas très sain d'esprit, mais rassurez-vous, son état est stable.
08:13Marc-Antoine Lebray pour le Breaking News.
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