00:00Les centaines de milliers de jeunes gens qui échouent chaque année dans des emplois sommaires
00:12à l'exemple de ces conducteurs d'engins à deux roues autrement appelés mototaxis,
00:17déversés comme des esseins dans toutes les villes camerounaises à l'exemple ici de
00:21Douala, portent le pouvoir camerounais à l'un des plus grands questionnements de son
00:25parcours à savoir, que faire de la jeunesse qu'il forme et que son président lui-même
00:29s'est retrouvé au comble de l'embarras obligé de féliciter pour son ardiesse à
00:34la lutte pour la survie.
00:35Certes, la possession d'un diplôme ne garantit toujours pas l'accès à l'emploi, mais là
00:44aussi l'État intervient dans toute la mesure du possible en intégrant un grand nombre
00:53de jeunes diplômés dans la fonction publique et dans les services de sécurité.
00:59Mais je désire aussi parler directement aux jeunes qui ne vont pas à l'école, à ceux
01:10qui sont sortis prématurément du système scolaire et aux diplômés qui n'ont pas
01:17encore trouvé d'emploi et qui désespèrent d'en trouver. Dans le meilleur des cas, ils
01:26exercent une certaine activité dans les formels, souvent en deçà de leur capacité.
01:34D'autres n'ont pas cette chance et coupissent dans l'oisibilité ou le vagabondage.
01:44Un président obligé de se mirer à la réalité de chiffres qui détonnent. D'année en année,
01:50le pays se trouve à consacrer une part non négligeable de ses ressources à la formation
01:55de la jeunesse, dont une grande part se retrouve soit dans la rue, soit en sous-emploi chronique,
02:00soit tout simplement en exil. Situation d'autant plus tragique lorsque l'on prend la calculaide
02:06pour mettre en somme l'ensemble des ressources publiques allouées à la formation et à
02:10l'encadrement de la jeunesse. Dans le budget 2024, en effet, un total de 979 milliards
02:17d'offensifs englobant les budgets affectés au ministère des Enseignements secondaires,
02:22de l'éducation de base, de l'enseignement supérieur, de la jeunesse, de l'emploi
02:27et de la formation professionnelle, ainsi que de la recherche scientifique et technique,
02:32soit en valeur relative, 14,5% de la richesse nationale.
02:37Comment on est donc arrivé à OTS par exemple ? Si ces budgets-là sont si bien organisés,
02:42si bien exécutés, comment on a fait pour que les enseignants arrivent à crier leur
02:46souffrance dans une organisation appelée OTS ? D'ailleurs, moi à titre personnel,
02:50et j'imagine que c'est le cas de certains collègues ici, j'ai été saisi encore par eux.
02:54Et ils disent que nonobstant toutes les bonnes annonces qui ont été faites,
02:58ils ne sont toujours pas payés.
03:00Le défi est donc titanesque, dans un pays qui croît démographiquement de 3% par an
03:05en général et de 6% dans les villes, et dont plus de 75% de la population totale est âgée
03:10de moins de 30 ans. Un point critique où le bilan du pouvoir actuel sera difficile
03:15à défendre, de par cette béance qu'il laisse à ne pouvoir apporter de solution à des jeunes
03:20qui, demain, ne se porteront qu'à la consommation, au divertissement, à l'exode ou à la criminalité.
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