00:00— D'abord, je suis venu saluer tous les agents du ministère de la Justice à travers, aujourd'hui, Amiens et tout à l'heure dans l'Oise,
00:07pour un centre pénitentiaire qui travaille, qui ont travaillé hier, le 24, le jour du réveillon, et aujourd'hui, à Noël,
00:14parce que les agents du ministère de la Justice y font pendant que les autres Français vivent. Et c'est bien normal en famille.
00:22Ils font partie de ces fonctionnaires très courageux dont l'abnégation est à saluer et qui, des jours fériés, lors des jours de fêtes,
00:28eux, sont parfois loin de leur famille pour assurer la sécurité de nos concitoyens et leur permettre de s'adresser à la justice.
00:35Donc d'abord, comme chef d'administration, mon travail, c'est d'être parmi eux, de les saluer, de les remercier,
00:41et à travers ce Damien, de leur dire que partout en France – et je pense évidemment à ceux qui, aujourd'hui, en Outre-mer
00:47et sincèrement à Mayotte, connaissent de graves difficultés personnelles – méritent qu'on les remercie pour ce travail quotidien.
00:56— Et d'arriver au ministère de la Justice, il y a beaucoup de sujets, là, mais je vous dis immédiat, peut-être,
01:00c'est celui du budget qui suscite de l'inquiétude parmi les acteurs de la justice.
01:05— Donc d'abord, je suis encore une fois extrêmement honoré de la proposition qui m'a été faite par le président de la République
01:11et le Premier ministre. Et j'ai eu l'occasion, hier à Vendôme, lors de la passation de pouvoir, de dire quels étaient mes objectifs.
01:16Je crois ceux des magistrats. Je crois que c'est ceux des agents du public du ministère de la Justice et de tous les Français.
01:23Une justice rapide, elle est malheureusement trop lente. Les magistrats sont les premiers à s'en plaindre.
01:29Je sais qu'ici, à Amiens, il y a eu des améliorations, d'ailleurs, dans la rapidité de la décision,
01:33notamment parce qu'il y a une procédure numérique qui fonctionne, parce qu'il y a peut-être des initiatives locales
01:39qu'il faudra reproduire ailleurs. Mais cette rapidité, elle passe par plus d'effectifs, plus de greffiers, bien évidemment,
01:45et plus de magistrats. Et donc je compte bien effectivement, comme ministre de la Justice, pouvoir obtenir ces crédits supplémentaires,
01:52tout en comprenant évidemment les contraintes budgétaires nationales. J'ai été 3 ans ministre des Comptes publics.
01:57Et à l'époque, avec Mme Belloubet, qui était garde des Sceaux, nous avons mis des moyens très importants,
02:01notamment pour l'administration pénitentiaire. Et puis comme ministre de l'Intérieur, j'ai, je crois, obtenu ce qu'aucun ministre de l'Intérieur
02:08n'avait obtenu pour les policiers et les gendarmes, des moyens extrêmement importants, y compris pour les préfectures,
02:13qui, depuis 15 ans, avaient vu des baisses d'effectifs et qui, pour la première fois, comme j'étais ministre de l'Intérieur,
02:18ont connu des hausses d'effectifs. Donc il faut comprendre les contraintes budgétaires, bien évidemment, nationales.
02:23Nous serons raisonnables, mais nous devons augmenter ce budget du ministère de la Justice. Et donc dès lundi matin,
02:28mon premier rendez-vous officiel, si j'ose dire, sera avec Mme Amélie de Montchalin, la ministre des Comptes publics,
02:34qui a bien accepté de pouvoir échanger sur ce dossier extrêmement important pour que nous puissions très rapidement
02:40nous mettre d'accord pour les effectifs que nous devons recruter. Ils sont en attente d'ouverture des concours et de recrutement,
02:47mais aussi des moyens qui permettent au ministère de la Justice de fonctionner pour plus de rapidité.
02:53Ce que nous voulons, c'est plus de rapidité, plus de fermeté. On ne peut pas le faire avec des moyens constants.
02:58Et donc, pour qu'il y ait plus de rapidité, plus de fermeté, il faut un peu plus de moyens.
03:02Et puis, deuxièmement, je voudrais aussi dire que ce sera le moment d'adopter un nouveau budget,
03:07puisque ce n'est pas avec la loi spéciale qu'on arrivera à obtenir ces moyens. Et donc, politiquement,
03:11j'espère que tous les parlementaires sont raisonnables pour bien faire fonctionner la justice,
03:15pour qu'elle soit rapide et ferme, comme les Français et les magistrats l'attendent.
03:18— Suite à votre nomination, il y a eu des réactions assez virulentes de certains syndicats de la magistrature qui sont inquiets.
03:23Qu'est-ce que vous leur répondez ?
03:25— Écoutez, moi, je suis un homme de dialogue. J'ai des convictions politiques, bien sûr, et chacun les connaît.
03:30Mais je suis un homme de dialogue. Et partout où je suis passé, dans ma mairie à Tourcoing, où, d'ailleurs,
03:35il y avait eu beaucoup d'interrogations après plus de 30 ans d'une même couleur politique où j'ai représenté l'alternance,
03:41mais aussi au ministère des Comptes publics, où, avec les agents et les syndicats, on a fait l'impôt à la source,
03:45qui, je crois, est une magnifique réforme et qui a permis de redorer aussi l'image des agents des finances publiques
03:51au ministère de l'Intérieur et maintenant au ministère de la Justice, j'ai toujours écouté tout le monde.
03:55Et d'ailleurs, hier, j'ai appelé l'intégralité des responsables syndicaux pour pouvoir leur dire qu'ils avaient mon numéro de téléphone personnel,
04:03que j'étais très heureux de travailler avec eux dans ce magnifique ministère qu'ils servent,
04:06et que je les rencontre dès demain pour ceux qui sont à Paris et dès la semaine prochaine, évidemment, pour les autres.
04:12Et tous les sujets sont à mettre sur la table. Moi, je suis là pour travailler pour les agents du ministère de la Justice.
04:20On ne fait pas de la justice sans les magistrats, sans les greffiers, sans les agents pénitentiaires,
04:25sans les agents de la protection de la jeunesse, sans ceux qui sont auxiliaires de justice.
04:29On ne le fait pas non plus sans les professions du droit. Je voudrais vraiment les saluer, les avocats, les légiciers,
04:34les commissaires aux comptes, les notaires, bien évidemment. Après, j'ai une feuille de route. Elle m'a été donnée, si je veux dire,
04:40par les Français. Et comme élu à Tourcoing, je pense que vous êtes comme moi. Vous constatez la réalité.
04:46Les Français ont soif de justice. Ils veulent des décisions rapides, des décisions justes et des décisions fermes.
04:53Mon travail n'est pas de prendre les décisions à la place des magistrats. Mon travail est de donner une direction.
04:57Nous définissons la politique pénale notamment, mais aussi des moyens. Et j'ai bien compris que c'est sur ce dernier point
05:03que m'attendaient notamment les représentants du personnel, ce qui est bien normal.
05:06— Est-ce que M. Giroud interpelle la question du consentement ? — Pardon ?
05:09— Les constructions de prisons qui ont pris du retard. Votre prédécesseur, M. Bideau, disait que l'un des problèmes,
05:16c'était notamment l'opposition des élus locaux et qu'il voulait prévoir des dispositifs pour forcer la main des élus locaux
05:22à construire des places de prison. Est-ce que c'est quelque chose que vous allez reprendre ?
05:24— Alors, j'aurai l'occasion d'exprimer plus longuement. Vos collègues de TF1 m'invitent demain soir notamment.
05:30Mais ce qui est certain, c'est qu'il faut que nous débloquions les constructions soit des tribunaux – il y en a encore à construire
05:38et qui sont encore dans les cartons, je pense, au tribunal de la métropole lilloise, mais aussi à Mayotte ou à Marseille –
05:46soit des centres de détention. Ce qu'il faut voir, c'est que le plan 15 000 prisons, s'il a été budgétisé,
05:52effectivement, n'a pas pu se construire à temps pour plein de raisons, et notamment du fait que personne n'avoir une prison près de chez soi.
05:57Il faut sans doute des dispositions dans la loi qui permettent de construire des places de prison.
06:02Mais je suis aussi très sensible à l'idée que les petites peines, les peines courtes doivent être exécutées.
06:08Et donc peut-être qu'il ne faut pas construire des prisons comme toujours. On n'a pas toujours besoin de prison pour des gens
06:13qui font 20 ans de prison avec des miradors, des barbelés, qui font que les prisons coûtent cher. Elles sont importantes.
06:20Elles sont difficiles à construire. En moyenne, on met 7 ans au ministère de la Justice pour construire une prison.
06:24On doit pouvoir faire des choses beaucoup plus à taille humaine un peu partout sur le territoire national pour que,
06:30lorsqu'il y a une peine qui est prononcée par des magistrats indépendants, elle soit exécutée dans les heures et dans les jours qui viennent.
06:38Pour cela, il nous faut donc plus de places de détention et sans doute des places de détention pour les petites peines.
06:42Donc j'aurai l'occasion sans doute de faire des choses différentes de mes prédécesseurs et de pouvoir répondre à l'augmentation des places de prison.
06:50— Je pense que vous allez reprendre la question du consentement qui avait été mentionné par votre prédécesseur.
06:53— Bien évidemment. Je crois que les textes de loi arrivent pour le printemps prochain. Et j'aurai l'occasion d'en parler avec les parlementaires et avec le M. le Premier ministre.
07:01— Merci. Une petite question. Vous êtes dans un département particulièrement touché par les violences intra-familiales.
07:06Vous l'avez dit, c'est l'une de vos priorités. Vous, ministre de la Justice, qu'est-ce que vous allez faire pour cette problématique ?
07:11— J'ai annoncé que les procureurs de la République allaient recevoir des instructions générales de politique pénale d'ici la fin de la semaine.
07:18D'ailleurs, je rentre à Paris juste après cette visite dans ma région des Hauts-de-France pour pouvoir la relire et la corriger,
07:25pour pouvoir l'adresser d'ici la fin de l'année, donc avant le 31 décembre, aux procureurs, pour que ceux qui le font déjà,
07:30mais ceux qui doivent le faire, je crois, encore davantage, s'intéressent à toutes les violences faites aux personnes.
07:35Il y a une violence plus débridée dans notre pays. Elle doit avoir une réponse extrêmement ferme de la part de la justice.
07:43Et les violences faites aux personnes, notamment aux femmes et aux enfants... Et n'oublions pas que, bien sûr,
07:47les violences faites aux femmes est un continent que nous découvrons tous les jours. Et grâce au travail que font
07:53les agents du ministère de la Justice et des forces de l'ordre, nous arrivons à répondre à une partie de ces difficultés.
07:58Mais on a encore beaucoup de travail. Mais les violences faites aux enfants est aussi extrêmement grave.
08:03Et souvent, on va de pair avec les violences faites aux femmes. Et puis j'ai l'occasion de redire hier que dans l'instruction
08:09que je vais publier dans les prochaines heures, il y aura aussi à lutter très fortement contre le séparatisme islamiste.
08:16Je crois que les échos du procès Paty nous encouragent, une nouvelle fois, à prendre cette menace extrêmement au sérieux.
08:23Et puis, évidemment, le premier début du ministère de la Justice dans son volet pénal, ce sera le trafic de drogue.
08:29Et nous reprendrons avec le ministre de l'Intérieur très rapidement les discussions autour du projet de loi pour lutter contre le narco-banditisme.
08:36Et j'y mettrai tous les moyens. Je me rendrai d'ailleurs à Marseille dès la semaine prochaine.
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