00:00Écoutez, la situation, il faut dire les choses comme elles sont, c'est l'apocalypse, la situation est très difficile pour la population.
00:08Surtout, ce qui est encore, comme je l'ai dit tout à l'heure, très frustrant, c'est qu'une partie de la population, une partie de l'île,
00:17est complètement, il faut dire les choses, abandonnée par le service de l'État, abandonnée par le gouvernement, parce que,
00:23quand je dis ça, c'est la réalité, c'est que tout est concentré sur une zone, ce qui est un peu triste, parce que cette situation,
00:33où le gouvernement, où l'État aura pu anticiper, surtout que ça faisait déjà une semaine qu'on était presque sûr que le cyclone allait taper sur le territoire de Mayotte,
00:44et qu'il fallait prendre des précautions, et nous estimons que les précautions et tout ce qui était nécessaire pour venir au premier secours de la population
00:53n'ont pas été mises, n'ont pas été engagées, et ce qui fait qu'aujourd'hui, la population, une grosse partie de la population de Mayotte, il faut dire les choses,
01:01sont livrées à eux-mêmes, nous sommes livrés à nous-mêmes, parce que ça fait 4 jours, 4 jours, la plus grande, à part la zone Mamoutou,
01:09où on va retrouver les services de l'État, où on va trouver là où, comment dire, les secours sont déployés, mais tout l'ensemble du territoire de Mayotte
01:20sont livrés à eux-mêmes, il faut dire les choses comme ils le sont, comme nous le vivons, parce que nous sommes sous le terrain,
01:26j'ai eu des contacts avec des personnes qui sont dans le sud, qui ont réussi à mettre des moyens de starting et de communication,
01:32qui confirment la même chose, c'est la catastrophe, c'est la frustration totale, la population en train de vivre quelque chose de très dur, de très difficile,
01:41manque d'eau, manque de nourriture, et on commence à avoir peur, et j'attends, je passe dans les rues, tout le monde commence à me dire,
01:48il faut dire les choses, est-ce que t'as pas une arme, est-ce que t'as pas ceci, parce que la guerre va arriver, parce que tout le monde va trouver à payer la nourriture,
01:57tout le monde va trouver à payer, avoir le minimum nécessaire pour sa famille, et les choses sont très difficiles, très difficiles, il faut le dire, c'est très compliqué,
02:08on nous a annoncé ce matin que dans le nord, on allait avoir de l'eau pendant trois heures de temps, j'ai fait le tour du quartier, de chez nous,
02:18il y a un quartier, c'est pas trois heures, il faut au moins une demi-journée qu'ils puissent avoir l'eau, parce qu'ils sont à hauteur,
02:25et la pompe qui permet d'amener l'eau dans ces quartiers-là ne fonctionne pas, donc on se demande, un fois, une fois,
02:33quelles sont les solutions d'urgence que l'État va mettre là, parce que là, ça fait déjà quatre jours et on les a pas vues, on les attend, on les attend par les médias,
02:41on les attend qui sont à l'aéroport, on les attend qui sont à Mayotte, mais l'ensemble de la population de Mayotte, on ne les voit pas, à part, on les voit sur l'intérieur,
02:50une zone qui est une zone bien concentrée, une zone où l'État devait prendre depuis des années, où la population maoraise revendiquait la population maoraise,
03:02mais je le disais, la population maoraise, descendue dans les rues, des années en disant à l'État qu'il y a une situation d'urgence, qu'il faut enlever les taudis,
03:12qu'il faut enlever les gens des bangas, parce que c'est un drame, c'est un bombardement.
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