00:00Alors, on va dire qu'on est sur deux temps que nous menons en parallèle.
00:04Le premier temps, ça reste toujours, et ça c'est important, de continuer à donner de l'eau parce que les gens continuent à avoir faim,
00:11à donner de la nourriture parce que les gens continuent à avoir faim, donc c'est un temps qui est important,
00:16mais aussi le temps de la reconstruction, de l'action.
00:19Vous voyez les engins qui sont sur l'antenne, on déblaie, on essaie de redonner un peu de vie à la population
00:26parce qu'il faut éviter à tout prix qu'il y ait aussi des maladies qui surviennent,
00:31parce qu'il y a beaucoup de déchets qui s'amossent un peu partout.
00:34Donc, c'est une course contre la montre que nous essayons de mener actuellement.
00:38Donc, je profite d'ailleurs de votre occasion parce que vous voyez ici, je suis chez un administré qui a aussi été blessé.
00:45Donc, nous passons dans les maisons, maison par maison, constater les dégâts, apporter un peu de réconfort à nos concitoyens.
00:53Donc là, vous m'avez appelé, je suis ici à Mbombani, à Mamoudjou,
00:57dans un quartier pour rencontrer les gens avec les élus que nous rencontrons.
01:01Donc, en ce jour de Noël, je profite aussi pour dire à l'ensemble de nos concitoyens qui nous écoutent,
01:08joyeux Noël, même si, encore une fois, ici, on n'est pas nécessairement à la fête,
01:14mais le plus important, c'est de continuer à apporter du réconfort à nos administrés.
01:19– Vous n'êtes pas à la fête et les bonnes nouvelles sont rares.
01:21Aujourd'hui, il y en a une, c'est cet hôpital de campagne qui est opérationnel.
01:27– Oui, effectivement, depuis hier, l'hôpital de campagne qui est situé en centre-ville à Mamoudjou est opérationnel.
01:37L'hôpital a déjà accueilli 130 patients. J'ai remercié cette formidable mobilisation.
01:4490 personnes sont mobilisées dont 45 personnels médicaux pour apporter de l'assistance
01:52parce que, comme vous le savez, le centre hospitalier de Mayotte est déjà en temps normal surchargé
01:59face au défi qui est le nôtre actuellement.
02:04Donc, cet hôpital est le bienvenu et ça permet de soulager,
02:08de continuer à soutenir les gens, notamment pour tous ceux qui sont blessés.
02:12– Vous restez avec nous, monsieur le maire, on vient voir dans un instant City Maliki.
02:15Avec votre ONG, vous êtes mobilisée, vous envoyez des colis à Mayotte en ce moment.
02:19Il y a besoin de quoi ?
02:20– Alors, il y a besoin de tout parce que, comme vous le savez,
02:24c'est le cyclone le plus dévastateur et le plus meurtrier de l'histoire de l'archipel.
02:30Donc, il faut tout reconstruire, plus de 90% d'habitats à usage d'habitation,
02:38des bâtiments aéroportuaires, des hôpitaux.
02:44De l'ensemble de tous les bâtiments est vraiment détruit.
02:47Il n'y a pas de toit et aussi il y a des habitations qui sont vraiment à terre.
02:51Donc, il y a besoin de tout.
02:53Mais d'un instant aujourd'hui, immédiat, on a besoin vraiment des besoins de nécessité.
02:59– C'est-à-dire ?
03:00– Notamment des denrées alimentaires non périssables,
03:05d'où l'action de l'Outre-mer Solidarité Catastrophe dont je suis manager humanitaire,
03:11qui est une ONG humanitaire dont je tiens à souligner.
03:15Donc, dès le premier passage du cyclone Chido,
03:20l'Outre-mer Solidarité Catastrophe s'est adaptée et a déclenché des actions.
03:27– Vous avez déjà des envois qui sont arrivés là-bas ?
03:29– Alors, pas encore parce qu'en fait tout est bloqué,
03:31notamment les vols aériens, tout est débloqué.
03:36Donc, nous avons déclenché des actions,
03:38notamment la collecte des biens de première nécessité
03:41et aussi l'appel aux dons sur le site www.omsc.fr.
03:46Donc, pour permettre ces actions,
03:48nous avons signé des partenariats avec la ville de Saint-Denis
03:51qui nous a mis à disposition des locaux à la bourse du travail de Saint-Denis.
03:55Nous avons signé aussi des partenariats avec des gros transporteurs
04:00dans la compagnie Corsair qui nous a mis à disposition des flottes, des soutes
04:07et nous avons signé aussi des accords de partenariat
04:10avec la compagnie internationale de transport maritime, AGS,
04:13qui nous a mis à disposition des conteneurs de 40 pieds.
04:17– Rapidement, dites-nous pour ceux qui souhaiteraient aider ici en métropole,
04:20c'est-à-dire qu'on peut déposer des produits alimentaires,
04:23notamment ils seront envoyés à La Réunion
04:25et ensuite ils feront Réunion-Mayotte, c'est ça ?
04:27Est-ce qu'on peut aider ici en métropole ?
04:29– Oui, on peut aider ici.
04:31Comme je le rappelle, c'est à la bourse du travail
04:33dont la ville de Saint-Denis nous a mis à disposition des locaux.
04:37Nous invitons tout le monde, la population extérieure ici
04:41à faire leurs dons, à venir déposer aussi les collègues
04:45et nous lançons donc un appel à l'ensemble de la population
04:48d'envoyer des dons aussi, des dons financiers
04:51directement sur le site omsc.fr.
04:55– Hamdi Louaydou Soumaïla, à quel moment vous vous direz
04:59là on a franchi vraiment une étape importante ?
05:01C'est quand tout le monde aura accès à l'eau ?
05:03C'est quand les routes seront toutes ouvertes ?
05:05C'est quoi ce qui va faire pencher la balance enfin du bon côté ?
05:09– Alors ce qui va vraiment faire pencher la balance,
05:13c'est quand l'ensemble des foyers seront connectés
05:17à la fois en eau, en eau potable et également en électricité.
05:23Beaucoup de nos concitoyens que nous visitons,
05:25nous voyons beaucoup de personnes malades
05:28qui ont besoin d'avoir de l'électricité
05:30parce qu'ils sont sous assistance en oxygène.
05:33Ils n'ont pas d'électricité et ça devient un vrai sujet.
05:37Donc tant que nous n'aurons pas d'électricité,
05:39l'ensemble des foyers n'auront pas d'électricité à Mayotte,
05:42tant que l'ensemble des foyers ne pourront pas être connectés
05:45par téléphone.
05:46Vous voyez, on est en centre-ville,
05:48quasiment quand on quitte la deuxième, troisième couronne
05:52du centre-ville de Mamoudzou, de la ville de Mamoudzou,
05:56on a des endroits qui sont dépourvus de réseaux de connexion téléphonique.
06:00Donc les gens ne peuvent même pas prendre les nouvelles de leur famille.
06:03Donc ça fait partie des sujets.
06:04Connexion, il faut qu'on arrive à connecter les gens
06:07en termes d'eau, en termes d'électricité, en termes de téléphonie.
06:11Là on aura franchi une étape importante.
06:14Et puis comme je l'ai dit, il y a beaucoup, beaucoup,
06:16beaucoup de déchets qui sont à la fois sur les routes,
06:18des maisons qui sont tombées.
06:20Quand on aura franchi aussi cette étape qui est importante,
06:22parce qu'encore une fois l'enjeu c'est d'éviter qu'il y ait des maladies,
06:25on aura aussi commencé avant de réfléchir,
06:27penser à la reconstruction qui est un autre vrai défi
06:31pour les mois, les semaines à venir.
06:33Vous avez j'imagine entendu le nouveau ministre de l'Outre-mer,
06:36Manuel Valls, dire qu'il fallait reconstruire Mayotte mieux et différemment.
06:40Concrètement, est-ce que vous avez confiance ?
06:42Est-ce que vous arrivez à vous projeter ?
06:45Nous espérons surtout que ce ne sera pas que des mots.
06:51Je le dis avec responsabilité parce que depuis plusieurs années,
06:58nous le disons, notamment pour ce qui est des bidonvilles.
07:03Tout le rapport, notre rapport à l'habitat doit être totalement inversé.
07:08On ne peut plus continuer sur ce territoire
07:11à avoir des bidonvilles parce qu'encore une fois,
07:14les bidonvilles ça reste des cimetières à ciel ouvert
07:18pour les gens qui y habitent.
07:20On les met en danger et politiquement ça serait immoral
07:25pour notamment ceux qui ont perdu la vie dans ces bidonvilles
07:29de continuer à penser qu'on doit continuer à laisser les bidonvilles
07:33puis l'îler sur ce territoire.
07:35Raison pour laquelle la ville de Mamoudou, avec responsabilité,
07:39nous avons pris une délibération pour demander à ce que dans la loi d'urgence
07:43qui est projetée dans les semaines, dans les jours à venir,
07:46qu'il y ait une interdiction totale et entière de la construction
07:52de bidonvilles sur le territoire de Mayotte.
07:54Il n'est pas acceptable de continuer à fermer les yeux
07:58alors que nous savons pertinemment qu'il y a eu ce cyclone Shido
08:02et qu'il va peut-être y avoir des Shido puissance 10
08:05parce que le règlement climatique ne fait que commencer
08:08et fermer les yeux, ça serait politiquement immoral et mortel
08:13de continuer à laisser les gens aller alors que c'est pertinemment
08:17qu'ils vont être dévastés dans quelques années.
08:19Il y a eu 1934 à Mayotte, il y a eu 1984 à Mayotte, il y a eu 2024,
08:25il y aura forcément et inévitablement peut-être 2034, 2044 et ça
08:31mais parce que nous l'avons vécu, parce que nous l'avons vécu ici,
08:34parce que ça a été un drame, un drame, parce qu'il y a eu le dénational lundi,
08:38il faut à tout prix éviter la reconstruction des bidonvilles.
08:41– Siti Maliki, justement la reconstruction ça résonne aussi chez vous ça ?
08:44– Ah oui, la reconstruction en fait, comme je vous disais,
08:47il faut reconstruire dans son ensemble.
08:49Ce cyclone qui est arrivé à Mayotte, c'est un mal pour un bien.
08:54Alors rassurez-vous, je ne me réjouis pas, je ne me réjouis pas
08:57parce que ça montre tout le mal qu'il y a à Mayotte,
09:02ça montre tout ce qu'il y a à faire à Mayotte.
09:04Donc la reconstruction ça passe aussi à travers sa population
09:09qui le jour du passage du cyclone ont vu un état de choc, un bilan apocalyptique.
09:15Donc il faut accompagner cette population aussi dans le cadre du trauma.
09:19La reconstruction aussi c'est au niveau de l'habitation
09:22qui répondent aux normes antisismiques et antivolcaniques.
09:26La reconstruction aussi au niveau de l'environnement,
09:29sur les infrastructures maritimes, aéroportuaires, routiers,
09:33aussi sur l'environnement en matière de la faune et de la flore.
09:39– Il y a une question qui se pose.
09:41– Et aussi la reconstruction en mettant en place des bureaux d'études
09:46sur des phénomènes cycloniques, volcaniques et océanologues
09:52parce que quand même on est un lagon, le plus beau lagon du monde,
09:55il faut protéger ce barrière de corail.
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