00:00Bonsoir, Yves Calvi et Agnès Bouffillon.
00:02Il est 18h44, bonsoir Florent Vallée.
00:05Bonsoir.
00:06Merci beaucoup de nous rejoindre sur RTL, vous êtes directeur national de l'urgence
00:09et des opérations de la Croix-Rouge.
00:11Dans son communiqué de l'après-midi, la Croix-Rouge française lance un appel aux
00:14dons.
00:15En ces termes, Mayotte est ravagée, le cyclone a dévasté l'île, provoquant des dégâts
00:19inimaginables.
00:20C'est à ce point-là ?
00:21Tout à fait, c'est à ce point-là, l'oeil du cyclone est passé sur l'île, dépendant
00:26plus de 220 km heure, sur une île où on a 74% de la population qui est extrêmement
00:33précaire, qui est en dessous du seuil de pauvreté, un certain nombre, un nombre très
00:37important de personnes qui habitent dans des abris faits de tôle et de bois.
00:42Donc il y a un besoin criant pour Mayotte, pour maintenant les aider à vivre cet épisode
00:51qui est extrêmement dur, mais aussi demain, participer à la reconstruction, les aider
00:55à pouvoir revivre, à continuer de vivre à Mayotte, et peut-être faire que Mayotte
00:58continue de vivre au sens large, de retrouver de l'éducation, de retrouver une vie normale
01:02comme il s'en allait auparavant.
01:03Dégâts inimaginables, effectivement, on n'a même pas encore la notion, vous avez
01:07des informations précises de la Croix-Rouge française sur place ?
01:10Alors on est en contact avec un certain nombre de nos collègues, avec un petit nombre pour
01:18être très exact de nos collègues, puisque c'est plus de 300 personnes qui sont sur
01:21place au quotidien, et qu'aujourd'hui on a à peu près recensé des nouvelles de
01:2530 personnes, ce qui n'est rien du tout, donc on a quand même quelques informations.
01:30On ne sait pas, on n'a pas le nombre de blessés ou le nombre de décédés, on n'a pas cette
01:34vision-là.
01:35En tout cas on sait que le besoin est énorme, que ce qu'on appelle les bon gars, les bidons
01:41vides en tôle n'existent plus, donc les gens qu'on accompagne au quotidien ne sont
01:48plus là a priori, et que la somme de travail va être énorme, que le besoin actuel est
01:54vraiment d'avoir de l'eau, de la nourriture, de l'abri, de l'hygiène, puisqu'il faut
01:59aussi faire face aux problèmes épidémiques qui pourraient nous arriver, et que c'est
02:03maintenant qu'il faut pouvoir avancer aux côtés de l'État, de manière coordonnée.
02:07Il ne faut pas faire n'importe quoi, il ne faut pas créer une seconde crise, comme
02:10on a pu le voir dans la crise humanitaire, il faut que ça soit raisonné, et c'est
02:14maintenant qu'il faut avancer, qu'il faut structurer des logistiques, qu'il faut structurer
02:19les équipes, les équipes de commandement, pour distribuer au mieux, aider au mieux la
02:23population demain.
02:24Alors justement, un pont aérien et maritime est organisé depuis l'île de la Réunion
02:28pour envoyer du matériel, du personnel médical et des secours à Mayotte, combien de bateaux
02:33et d'avions sont déjà arrivés sur l'île à votre connaissance ?
02:35Je n'ai vraiment pas les chiffres, les chiffres que je vois sont ceux de la presse, je n'ai
02:41pas eu l'idée, je sais que nous on a 30 tonnes de matériel qui sont prépositionnées
02:45au départ, je sais qu'une partie a déjà arrivé hier par avion, qu'une deuxième partie
02:50devrait arriver aujourd'hui et ensuite la dernière partie devrait repartir par bateau
02:55et donc un bateau c'est quatre jours de mer, donc c'est relativement long, donc on attend
03:01ce matériel avec impatience.
03:03Il se trouve qu'à Mayotte, Mayotte et la Réunion ce sont des territoires qui sont
03:08soumis aux cyclones, qui ont des risques naturels extrêmement importants quand même,
03:12donc en fait on a des matériels qui sont prépositionnés, qu'on est déjà en train
03:15d'utiliser, à Mayotte on avait un entrepôt qui a été détruit mais fort heureusement
03:20c'est le toit qui a été détruit donc le matériel à l'intérieur on peut le réutiliser
03:23donc on a du matériel pour pouvoir faire de l'abri provisoire, pour avoir des jerrycans,
03:27pour aller chercher de l'eau, donc ce matériel est en train d'être distribué puisqu'il
03:31était déjà présent sur site, donc on a déjà des choses pour aider la population.
03:35Pour l'instant toute l'aide transite par la Réunion et sur notre antenne tout à l'heure,
03:39l'ancienne ministre et directrice de l'Agence Régionale de Santé à Mayotte, justement
03:42Dominique Voynet, expliquait qu'il fallait trouver un appui à l'étranger car la Réunion
03:48ne suffirait pas.
03:49Vous en pensez quoi ?
03:51Je ne saurais pas vous répondre sur cette donnée, après on est sur une zone qui est
03:56extrêmement compliquée pour avoir des appuis, le pays le plus proche où on pourrait s'appuyer
03:59c'est l'Afrique du Sud de mémoire, ce qui n'est pas très simple pour fonctionner
04:05dans l'ensemble.
04:06La Réunion a un avantage d'être à proximité, d'être à trois heures d'avion, d'avoir
04:12des infrastructures importantes, d'avoir une infrastructure d'État qui est quand même
04:16assez conséquente et des forces armées qui sont sur le territoire.
04:20Je ne saurais pas vous donner une réponse exacte là-dessus.
04:26La comparaison c'est Irma, c'est Saint-Martin, tout est parti de la Guadeloupe.
04:31Quels sont les moyens sur place et vos équipes ? Et par ailleurs j'imagine que vous avez
04:35des équipes en route depuis la métropole, vous avez lancé un appel à mobilisation
04:39parmi vos volontaires ?
04:40Tout à fait, on a lancé un appel à mobilisation, on est vraiment à pouvoir envoyer des experts,
04:47vraiment de l'expertise sur place, parce qu'on a aussi des volontaires sur place,
04:50donc on va utiliser les volontaires qui sont sur place, on va aussi travailler avec la
04:54population parce que la population peut nous aider, il est important d'utiliser la population
04:59pour qu'ils soient le plus résilients possible, donc on va s'appuyer là-dessus, là on a
05:03des experts qui partent demain, des experts en logistique et des experts en évaluation
05:09et en distribution de biens de première nécessité, parce que ce n'est pas anodin de distribuer
05:14à 100 000 ou 200 000 personnes, ce n'est pas des distributions habituelles qu'on fait,
05:18donc on envoie des experts qui vont organiser ça, c'est des gens qui font ça, qui ont
05:22l'habitude de faire ça à l'international, qui vont partir demain, donc qui vont arriver
05:26mercredi matin à La Réunion, et puis en complément, parce qu'il ne faut pas oublier
05:32que c'est aussi Noël qui arrive, c'est aussi le jour de l'an, donc en complément
05:36on va aussi envoyer du monde des volontaires de Métropole pour aider la population maorise.
05:43Florent Vallée, tout à l'heure vous disiez que vous avez normalement toute l'année
05:47300 personnes qui travaillent à Mayotte et que vous n'avez de nouvelles que de 30
05:52d'entre eux ? Tout à fait. Vous n'arrivez pas à les joindre ? Tout à fait, on n'arrive
05:57pas à les joindre, le réseau téléphonique est complètement détruit, donc pour l'instant
06:02on a énormément de mal à joindre les personnes, mais c'est des gens qui sont répartis sur
06:07l'ensemble de l'île, sur l'ensemble de Grande-Terre ou une partie sur Petite-Terre,
06:13ce qui est tout à fait logique, on est à 48 heures du passage du cyclone, le réseau
06:16téléphonique est compliqué, des voies d'accès qui sont coupées, donc il est logique qu'on
06:21n'ait pas encore réellement de nouvelles de la majorité des personnes. Je voyais certains
06:27détails, eau potable bien sûr, jerrycans, et également des seaux pour pouvoir faire
06:31bouillir de l'eau, c'est bien ça ? Oui, tout à fait, pouvoir le transporter, pouvoir
06:35le faire bouillir, l'important c'est d'avoir accès, même si ce n'est pas de l'eau potable,
06:40si vous avez de l'eau de masse, de l'eau propre en fait, ça vous permet de la faire
06:44bouillir, ça vous permet de faire cuire des aliments, ça vous permet de vous laver, autant
06:48que possible vous n'allez pas faire tout ça avec de l'eau potable, parce que l'eau potable
06:51est vraiment le bien le plus précieux, donc déjà avoir un peu cet accès à l'eau, et
06:56faciliter cet accès avec des seaux, avec des jerrycans, pour leur permettre de l'entretenir,
07:02de le contenir, de l'avoir avec eux pendant plusieurs heures.
07:05Si des pluies sont attendues à partir de demain, c'est une inquiétude de plus ?
07:09Bien sûr, c'est une inquiétude de plus, on est sur des sols qui ont quand même été
07:13détrempés, on a des possibilités de glissement de terrain, ça va dépendre du niveau de
07:18pluie qui va arriver, ça ne va pas faciliter, ce n'est pas fait pour faciliter les actions
07:24sur le terrain, et puis de l'eau en plus, c'est de l'eau qui va stagner, de l'eau qui
07:28stagne, c'est une prolifération de moustiques, et donc potentiellement des problèmes de
07:32dingue qu'on pourrait retrouver au Chikungunya, donc c'est pour ça qu'il faut aussi aller
07:37vite, et aller vite même sur le déblayement, qu'est le travail des sapeurs-pompiers, des
07:42sapeurs-sauveteurs, mais c'est vraiment une course contre la monte aujourd'hui, pour
07:46limiter au maximum aussi la prolifération d'épidémies, donc typiquement la prolifération
07:51du moustique tigre, qui est extrêmement importante sur ces zones.
07:55Merci infiniment Florent Vallée, directeur national de l'urgence et des opérations de
08:00la Croix-Rouge, dans un instant on va retrouver Marc-Antoine Nobret.
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