00:00C'est en quelque sorte pied au plancher que la structure de coordination et d'animation
00:12des processus électoraux camerounais Elections Cameroun a commencé l'année 2024 dans les
00:17rues de la capitale camerounaise.
00:19Une caravane bruyante, menée avec sirènes, gyrophares, activations musicales et groupes
00:24de danse, dans les rues d'une ville dénaillée par une dure saison sèche et questionnée
00:28par l'épuisante rarité financière du mois de janvier.
00:32Ici, sur le boulevard du Vemedonc, une installation de pleine publicité pour s'engager à une
00:37mission aux alus de Sissif, celle de perpétuellement rappeler, parfois en pure perte, aux camerounais
00:43de toutes générations l'importance de se donner voix au chapitre, dans la vie politique
00:48et sociale de leur pays, des appels qu'ils entendent généralement d'une oreille sans
00:52plus.
00:53Ça ne m'intéresse pas d'abord, parce que même si on réagisse ou on ne réagisse
00:58pas, pour moi ça n'est changé, ça n'est changé à rien.
01:01C'est vraiment important de s'inscrire, parce qu'on ne peut pas s'exprimer hors
01:07ces inscriptions.
01:08C'est ces inscriptions qui vont déterminer par rapport à qui peut représenter la société
01:15et qui peut être à la tête de notre pays.
01:19Un attentisme, voire un pessimisme donc.
01:21Peu de personnes, au regard des expériences passées et de l'énorme désenchantement
01:26démocratique observé, a se porté avec enthousiasme à quelques enrôlements sur ses listes électorales,
01:32dont beaucoup estiment qu'elles ne changent de toute façon rien à leur quotidien et
01:36plus encore à leur avenir.
01:38Partout dans le pays pourtant, une multiplication d'opérations ad hoc des autorités publiques
01:44en vue d'obtenir un engagement à la participation des masses du sommet vers la base de la pyramide
01:50cas ici, dans la région du centre, au mois d'août 2023.
01:54Cette plateforme est venue, à point nommé, pour préparer le chemin d'avenir, pour préparer
02:04comment les autres élections pourraient avoir lieu.
02:07Nous savons qu'il y a des échéances qui vont arriver, mais pour que ces échéances
02:12se passent très bien.
02:14Une mobilisation tout azimut, donc, pour redonner un sens à toutes ces femmes et tous ces hommes
02:19que l'on croise dans les rues, comme ici à Ebolova, déambulants à tue-tête, obsédés
02:25par la seule lutte pour la survie.
02:27Au souvenir de ce qu'ont pu être les dernières élections sénatoriales et régionales notamment,
02:32se met progressivement en scène un investissement bureaucratique multiacteur se destinant au
02:37profilage de ce que pourrait être le rendez-vous présidentiel tant attendu d'octobre 2025
02:43ainsi que des législatives et municipales devant les suivre.
02:47Au cœur de l'enjeu, la méprise du nombre de ceux que devraient être les Camerounais
02:52aptes au vote.
02:53Lors de la présidentielle d'octobre 2018, ce sont à peine 6,5 millions de personnes
02:59qui se sont déplacées vers les urnes, portant ainsi au sommet de toutes les consciences
03:03l'inquiétude autour de la montée d'une forme d'abstention radicale et donc d'un
03:08désinvestissement de la citoyenneté.
03:10D'où les querelles audibles en ce moment autour des chiffres publiés par l'opérateur
03:15Elekam.
03:16J'ai contesté ce que le DG de Elekam a fait et j'ai réclamé la publication de
03:24la liste électorale nationale parce que lui il a publié des listes communales alors que
03:29la loi parle d'une seule liste et lui il parle de plusieurs listes et quand on parle
03:34de communes on en a 360 au Cameroun dont l'article 80 du code électoral est très
03:39clair et c'est une loi votée à l'Assemblée Nationale promulguée par le chef de l'état.
03:44D'où les querelles audibles en ce moment autour des chiffres publiés par l'opérateur
03:50Elekam.
03:51Ce qui pourrait être ainsi qu'un simple début de polémique.
03:54La nécessité dès lors de faire converger la plupart des personnes physiques et morales
03:59à agir dans la direction d'une recherche de consensus.
04:02Le sens a cet effet de cette rencontre tenue à Yaoundé en août 2024 entre les murs
04:08de l'hôtel Montfébé.
04:09Sous l'énoncé d'une plateforme nationale de concertation permanente avec les acteurs
04:13du processus électoral, une large galaxie d'acteurs et de tous profils réunis tant
04:18autour de l'opérateur Elekam, du ministère de l'administration territoriale, du système
04:23des Nations Unies et bien sûr des partis politiques.
04:26Le dispositif que nous mettons ici en place ouvre à mon nombre d'avis une ère nouvelle
04:33de l'animation de l'espace politico-démocratique, celle d'une véritable intégration, d'une
04:39dynamique sincère et transparente entre Elekam et les principaux acteurs du processus électoral.
04:44Des mots pour nommer des choses données pour évidentes mais loin de l'être aux yeux
04:48de tous.
04:49Dans la mise en voie des attentes des observateurs autant que des clients du processus électoral
04:54camerounais se trouvent depuis des années des attentes à ce jour non satisfaites formulées
04:59en direction d'une modification du code électoral perçue comme étape nécessaire
05:04à la stabilisation du processus et à la crédibilisation des résultats.
05:08Si Elekam aujourd'hui à travers une plateforme veut intégrer certains éléments, il faut
05:12qu'on reprenne au niveau du code électoral parce que le code électoral est clair aujourd'hui
05:17par rapport aux acteurs cibles dont, mais l'élément essentiel pour nous c'est les
05:23propositions, prendre en compte les propositions de la plateforme des partis politiques.
05:29Et de la société civile qui aujourd'hui est là et prête et complète et consensuelle
05:37et participative.
05:38Une réclamation ayant fait l'objet de maintes mobilisations de l'opposition, mais toujours
05:44contournées par le gouvernement, dont le porte-voix en la matière préfère des circonvolutions
05:49de langues qui ne se rapprochent jamais du corps du délit.
05:52L'oeuvre de construction nationale, je crois que le président Bolbiat l'avait déjà résumé,
05:58Personne n'est exclu, personne ne doit s'exclure, nous devons tous travailler pour l'indirect
06:04commun à partir de nos partis politiques, à partir de nos associations, à partir de
06:09tout ce qui peut nous permettre, comme je le disais tantôt, de contribuer concrètement
06:14à l'édification de notre destin commun.
06:17Donc c'est le travail que nous faisons.
06:20C'est donc dit que le temps qui vient sera encore celui d'affrontements sur le terrain,
06:24à la mesure des attentes, des incertitudes et des angoisses qui crevassent cette question
06:28centrale à partir de laquelle s'imagine et se met en échelle le Cameroun de demain.
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