00:00L'invité du 9-10
00:19Ça c'était le 28 août dernier. Vous vous souvenez sans doute de cette performance exceptionnelle lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux Paralympiques
00:29sur la place de la Concorde.
00:31Performance signée Lucky Love. Bonjour.
00:34Bonjour.
00:35Et bienvenue ici à Ayrtel. On est ravis de vous avoir ce matin avec nous au studio.
00:40Vous venez de sortir votre premier album On Va En Parler.
00:43Et ce jour-là, vous avez chanté devant des millions de personnes.
00:46Des milliards.
00:47Des milliards.
00:48Il paraît qu'au début, vous ne vouliez pas. C'est vrai ça ?
00:53Non, je ne voulais pas.
00:54Mais pourquoi ?
00:55Je ne voulais pas parce que simplement, je trouvais ça un peu facile.
00:59Quand j'ai eu la proposition, j'étais à Los Angeles et je me suis dit
01:02« Oh, vraiment, est-ce que je vais être un chanteur à qui il manque un bras et qui va venir chanter pour une cérémonie
01:07qui concerne des personnes en situation de handicap ? »
01:09Je trouvais que le raccourci était un peu facile et du coup, ça me gênait un peu
01:13parce que j'aime me considérer comme un artiste qui est juste un artiste.
01:17Mais vous l'êtes.
01:18Oui.
01:19C'est justement pour ça que je me pose les questions avant de le faire.
01:23Vous réfléchissez comme si on vous regardait comme un handicapé.
01:26Vous n'avez pas dit « On m'appelle parce que ma chanson elle est super et parce que je vais mettre le feu à la place de la Concorde. »
01:30Non, justement, il fallait que je pèse le pour et le contre pour savoir justement pourquoi j'étais appelé.
01:33Et quand j'ai su réellement que l'inclusivité se trouvait dans toutes les cérémonies,
01:36quand je l'ai vu dès la première cérémonie des Jeux Olympiques,
01:39je me suis dit « Ah, ils ont fait vraiment… »
01:41Je pense que les équipes créatives ont fait vraiment un travail de représentation
01:44qui est magnifique sur toutes les cérémonies.
01:46Et donc du coup, j'ai voulu en être juste après ça.
01:48Vous n'avez à aucun moment regretté d'avoir dit oui ?
01:51Jamais, non, non, jamais.
01:55Dès lors que j'ai dit oui, j'étais très heureux d'avoir dit oui.
01:58Même avant la cérémonie, j'étais très très content.
02:00Et puis, tout s'est extrêmement bien passé.
02:02Ça a été un moment vraiment de plaisir du début à la fin.
02:05Ce n'est pas juste le jour de la cérémonie.
02:07Pour raconter pour la page de pub, avec Amandine, on a été la veille de notre première matinale commune le 28 août.
02:11Moi, j'avais chez moi la télé allumée et je regardais d'un œil.
02:15C'est vrai que la cérémonie d'ouverture, des fois, il y a des passages obligés qui sont un peu…
02:19C'est un peu long.
02:20Du coup, j'ai levé les yeux, j'ai dit « mais qu'est-ce qui se passe là ? »
02:22Et il se passe un truc.
02:23C'était vous qui étiez là.
02:24Je me suis dit qu'au début, il y avait Freddie Mercury.
02:26Vous ressemblez quand même pas mal à Freddie Mercury.
02:28C'est volontaire d'ailleurs ou pas ça ?
02:29Pas du tout.
02:30Ah bon ?
02:31Non, non, non, c'est pas volontaire.
02:32Vous cultivez pas le look ?
02:33Non, je cultive pas le look.
02:34Et en plus, quand même, quand je n'ai pas la moustache, je lui ressemble aussi.
02:36Donc en fait, je ne peux pas y échapper.
02:38Il y a une admiration ou pas ?
02:39Parce que vous avez une présence sur scène.
02:40Pardon, je ne veux pas vous faire trop de compliments.
02:43On peut être rares en compliments.
02:45Je prends les compliments.
02:47Non, non, mais sérieusement.
02:49C'est une de vos idoles, Freddie Mercury, ou c'est juste une ressemblance ?
02:53Non, oui, c'est une idole.
02:55C'est une idole simplement parce que toutes les grandes icônes de pop anglo-saxonne m'ont toujours marqué.
03:00C'est avec ça que j'ai grandi.
03:01C'est vraiment mes références, oui.
03:02Bon, on va écouter un des titres de ce tout premier album.
03:05« I don't care if it burns ».
03:12« I don't care if it burns », en français ça veut dire « je m'en fous si ça brûle ».
03:32Oui.
03:33C'est ton titre ?
03:37C'est plutôt « peu importe si ça brûle ».
03:40Étonnant, je ne sais pas.
03:42C'est ma façon de voir l'amour et la vie.
03:45J'ai la même considération pour les deux.
03:47Je pense que pour vivre pleinement, il ne faut pas avoir peur de se brûler un peu.
03:52Je pense que ça ne doit pas être une recherche volontaire.
03:55Mais je pense que la vie a ce pouvoir parfois de brûler juste ce qu'il faut pour nous rendre encore plus vivants,
04:02encore plus conscients de la beauté qui nous entoure,
04:04de la beauté du monde dans lequel je vis.
04:06Moi, je suis fasciné par l'être vivant.
04:08Du coup, je suis très heureux d'être sur terre.
04:10Et de me brûler parfois, ça me le rappelle.
04:13Il paraît que vous écrivez partout, tout le temps.
04:16Vous écrivez dans le moindre petit bout de papier.
04:18J'ai lu...
04:19Il est en train d'écrire un album.
04:20Non, mais que même sur du papier toilette, des fois, vous écrivez.
04:22Exactement.
04:23Je ne vous demande pas dans quelle situation, mais quand même.
04:26Vous écrivez quoi ?
04:28Des paroles.
04:29En fait, mes chansons arrivent d'abord avec une phrase.
04:34Souvent, c'est comme ça.
04:35C'est une phrase autour de laquelle je vais composer.
04:38Je vais venir tisser quelque chose.
04:39Et cette phrase, je n'en suis pas le détenteur.
04:42Je suis en général traversé par mes chansons.
04:44Et donc, du coup, quand on me traverse, très vite, je le note.
04:47C'est une énergie qui est extérieure à moi.
04:48J'aimerais qu'on se dise encore quelques mots d'une chanson, My Masculinity.
04:51En fait, My Ability, c'est une adaptation de My Masculinity.
04:54Cette chanson, qui est un tube maintenant qu'on connaît,
04:58a été numérée 1 aux Etats-Unis, mais aussi en Iran, en Pologne et même en Ukraine.
05:02Et il paraît que cette chanson est arrivée aux oreilles des soldats ukrainiens
05:05quand on en fait une sorte d'hymne.
05:07Oui, totalement.
05:08Ça a été un jour magnifique.
05:10J'avais de plus en plus de followers ukrainiens.
05:14Et je ne comprenais pas d'où ça venait.
05:16Et j'ai reçu un message comme ça d'un soldat
05:18qui a vraiment perdu un membre au combat
05:21et qui m'a dit que ça lui avait permis de se réconcilier avec son corps.
05:26Lucky Love, hasard de l'actualité, on a Lucas qui est avec nous ce matin
05:29dans le cadre du duo Day.
05:31Il voulait vous poser une question.
05:32Moi, je voulais vous poser une question sur le fait
05:36pourquoi vouloir faire des chansons
05:41qui retracent votre vie
05:46et concernant, par exemple, comme Thomas l'a dit,
05:51sur ce qui fait de vous le brûlé
05:56et le côté masculinité.
06:01Écoute, moi, je ne peux que me raconter dans mes chansons.
06:04Je ne peux pas raconter l'expérience des autres.
06:06Je ne vis qu'à travers mon corps et mon prisme.
06:08Et du coup, moi, j'essaie d'être un témoin au monde dans ma musique.
06:12Et du coup, j'essaie juste de parler de mon rapport au monde.
06:15C'est moi avec le monde.
06:16C'est jamais moi seul ou le monde seul.
06:18Je fais partie de ce monde-là.
06:20Et j'essaie simplement de transmettre ce que j'en vois.
06:23Voilà.
06:24Et il en voit.
06:25Et je vais vous dire qu'il en voit.
06:26Notamment sur scène, Lucky Love.
06:27Il sera sur la scène de la Gaîté Lyrique ce soir à Paris.
06:31Ce soir de concert.
06:32Ça doit envoyer.
06:33En tournée en 2025.
06:34Le 12 mars à Nîmes.
06:3521 mars à Lyon.
06:3624 et 25 mars.
06:37Vous revenez à Paris.
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