00:00La capitale du Burkina Faso, Ouagadougou, accueille la 17e édition du Salon international
00:10de l'artisanat de Ouagadougou, SIAO, qui se déroule du 25 octobre au 3 novembre 2024.
00:18Si certains artisans font de bonnes affaires, d'autres ont décidé de ne pas participer
00:23pour diverses raisons.
00:24Nous, on a aussi décidé de se mettre à l'écart du SIAO parce que ça ne rentabilise pas.
00:32Et des fois, nous, on dépense au moins un million comme ça pour le préparatif et après,
00:39tu te retrouves avec 300 000.
00:41Emewe Draogo, un peintre spécialisé dans le batik, préfère rester dans son atelier.
00:47Il est inquiet des produits contrefaits qui nuisent aux fins des œuvres originales.
00:52La participation des produits de chinoiserie aussi, ça nous dérange.
00:56Ça nous empêche de vendre comme on veut.
00:59Tu arrives, tu veux vendre ton tableau à 20 000 comme ça.
01:05Quelqu'un vient avec un tableau de chinoiserie et dit qu'il vend ça à 7 000 ou 5 000.
01:10Les autres, ils s'en foutent de ce que tu as travaillé.
01:13Ils vont prendre ce qui est moins cher.
01:15Donc ça fait que notre marché aussi, c'est trop bas.
01:19Mais côté organisation aussi, s'ils pouvaient empêcher quelque chose
01:23sans la chinoiserie, de ne pas participer.
01:26S'il y a une part pour ça aussi, ils peuvent le faire.
01:29Mais si c'est pour l'artisanat, les visiteurs, ils s'en foutent.
01:32C'est ce qu'ils doivent, c'est ce qu'ils vont prendre.
01:35Ici, nous sommes dans l'atelier de Djenéba Dao.
01:38Elle ne participe pas à cette édition car elle trouve le coût de stand exorbitant.
01:45Je suis d'accord avec toi.
01:47D'abord, c'est le CIO qui doit faire la preuve.
01:51Si on ne veut pas d'exorbitants, on doit aller à l'étranger.
01:56L'étranger, c'est le déplacement, les dépenses et les emprunts.
02:04L'étranger, c'est 1 million de paiement, c'est le prix qu'on va payer.
02:10Si on n'a pas d'intérêt, on ne peut pas aller à l'étranger.
02:17Pour cette 17e édition, le coût des stands de 9 mètres carrés va de 300 000 à 1,5 million.
02:25Au-delà du coût, certains artisans notent aussi qu'il y a moins de touristes européens qu'auparavant.
02:31Ce qui impacte leur vente.
02:33Au moins, on peut gagner beaucoup de touristes.
02:36Le pays aussi va gagner.
02:39Mais comme le pays n'est pas stable...
02:41C'est vrai qu'avec la situation difficile que nous traversons,
02:45nous-mêmes le ressentons ici.
02:47Tous les jours, c'est parous pour les artisans.
02:50Ils peuvent faire plusieurs jours sans avoir un seul client devant eux.
02:56Et vraiment, nous ressentons la peine qu'ils ressentent.
03:00Mais bon, est-ce qu'il faut également sacrifier le CIO ?
03:05Est-ce qu'il y a également un minimum que le CIO doit faire ?
03:10S'il ne fait pas ça, le CIO risque de mourir et de disparaître.
03:14Est-ce que c'est ce que nous voulons ?
03:16Je ne pense pas.
03:18Beaucoup de pays envient le CIO.
03:20Si cet événement-là devait disparaître,
03:22ce serait vraiment une très grosse perte pour le Burkina Faso.
03:25Responsable commercial et marketing du village artisanal de Ouagadougou,
03:29Abraham Diao invite les acteurs du domaine à s'approprier l'événement.
03:35À ces artisans qui sont réticents à prendre part au CIO,
03:39j'aimerais d'abord leur dire que c'est leur chose.
03:42Le CIO appartient d'abord aux artisans.
03:45C'est leur salon et c'est à eux de l'animer pour qu'il reste ce qu'il a été.
03:52Personne ne pourra le faire si ce ne sont nos artisans-mêmes.
03:56Donc, je les encourage à participer au CIO malgré toutes les vicissitudes.
04:01Le salon international de l'artisanat de Ouagadougou
04:04est une occasion de visibilité pour les créateurs.
04:07Il leur permet de vendre leurs créations et d'accéder à de nouveaux marchés
04:12en attirant des visiteurs, y compris des acheteurs internationaux.
04:17Cette édition 2024 accueille plus de 350 000 visiteurs
04:21et des acheteurs professionnels venant de 17 pays à travers le monde.
04:31Sous-titrage Société Radio-Canada
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