00:00Vous écoutez Culture Média sur Europe jusqu'à 11h avec Thomas. Il est vos invités ce matin, Thomas.
00:06Vous recevez la réalisatrice Céline Salette et la comédienne Charlotte Lebon pour le film Niki qui sort aujourd'hui.
00:12Donc si vous voulez aller le voir, il ne fait pas beau partout en France, c'est la journée idéale.
00:16C'est vrai que vous tombez un bon jour, vous avez de la chance.
00:18Grosse pluie, tempête, c'est parfait.
00:20Merci Kirk.
00:21On fait des bisous à Kirk.
00:23Et on va dresser votre portrait sonore à toutes les deux des petits sons.
00:26Pour mieux vous connaître, voici le premier.
00:30Ça ne me concernait pas, je l'ai dit, je sens que ça ne me concernait pas.
00:37Effectivement, ça ne vous concernait pas Céline.
00:39C'est pour Charlotte, vous n'avez pas l'air de vous souvenir de ce générique.
00:42Attendez, c'est Diva ?
00:44C'est Diva.
00:45Ah ouais, excellent.
00:46Qu'est-ce que c'est ?
00:47C'est une série dans laquelle ma mère a joué.
00:49Une série québécoise.
00:51Oui, c'est une série québécoise dans laquelle ma mère, Brigitte Paquette...
00:54Brigitte Paquette, je l'aime déjà.
00:56Je ne connaissais pas bien son nom.
00:57Brigitte Paquette, on t'aime.
00:58Déjà le nom est sympa.
00:59Alors moi, mon nom, c'est Charlotte Paquette Lebon.
01:01Sur mon passeport, c'est ça.
01:02J'aurais tellement aimé que tu t'appelles comme ça en vrai.
01:04Je vais t'appeler Charlotte Paquette toute la vie.
01:07Ça me va, ça me va complètement.
01:08C'est le nom de ma mère, je l'aime.
01:09Votre mère était comédienne, votre beau-père aussi était comédien.
01:12Oui, ils le sont toujours d'ailleurs.
01:13Est-ce qu'ils vous ont plutôt encouragé dans cette voie-là ou ils vous ont dit fais gaffe ?
01:17Non, ils m'ont dit fais gaffe.
01:18Mais moi, ce n'était pas un désir non plus.
01:20Ce n'était pas du tout un désir concret quand j'étais petite.
01:22Mais j'assistais quand même à cette espèce de dépendance qui naît de ce métier en fait.
01:27Du fait d'être dépendante du désir des autres, d'attendre que le téléphone sonne et tout ça.
01:31Et j'ai vu mes parents souffrir de ça.
01:33Mais j'étais de toute façon initialement pas très attirée par ce métier.
01:37Pas programmée pour ça au début.
01:38Non, pas du tout.
01:39Trop tard.
01:40Tant pis.
01:41Salut.
01:42C'est juste arrivé.
01:43Voilà.
01:44Extrait suivant.
01:53Ah, c'est Pascal Obispo.
01:56Bingo.
01:57Elle a cherché.
01:58Céline Salet, vous avez grandi à Arcachon près de l'île aux oiseaux d'Obispo.
02:07Très jolie interprétation.
02:08Merci Inès.
02:09Très très bel hommage ce matin.
02:10Elle est très musicale.
02:11Et il faut dire que c'est près de l'île aux oiseaux, effectivement, à Arcachon.
02:15Mais dans une maison SNCF.
02:18Derrière la gare.
02:19C'est ça.
02:21Toute ma famille travaillait à la SNCF.
02:23Mon père inspectait les ouvrages d'art.
02:26Mon oncle conduisait les trains.
02:27Ma tante vendait les billets.
02:28Ma mère travaillait au relais H.
02:32Quand j'allais à la gare, c'était une photo de famille.
02:36Et vous dites d'ailleurs, je ne suis pas du sud-ouest, je suis une enfant de la SNCF.
02:40Exactement.
02:41Parce que quand je dis je viens d'Arcachon, les gens voient une villa dans la ville d'hiver.
02:46Vous voyez ce que je veux dire ?
02:47Il n'y a pas les bonnes choses.
02:48Au moulot.
02:49Voilà exactement.
02:50Alors les crêpes, oui.
02:51On ne voit pas la SNCF directement.
02:52Mais en effet, moi j'habitais la petite maison derrière la gare.
02:57Et c'était super aussi.
02:58T'entendais les trains tout le temps ?
02:59Oui, bien sûr.
03:00J'ai grandi avec la SNCF, c'est ça.
03:02Autant Charlotte Lebon, les parents comédiens, tout ça, on voit le lien à peu près qu'il peut mener vers le cinéma.
03:08Autant vous, sur le papier, c'était pas gagné pour monter les marches à Cannes.
03:12Non, c'est vrai.
03:13Sauf que ce qui s'est passé, c'est que vous vouliez plaire à un garçon du collège, c'est ça ?
03:16Oui, c'est vrai.
03:17Et du coup, je suis allée au cours de théâtre.
03:19Et là, en effet, ça a été la révélation.
03:21C'est l'amour qui t'a généré à ton âge ?
03:23J'ai joué, à ma première pièce, une prof hippie.
03:25J'avais des petites lunettes bleues, je me rappelle, une espèce de jupe de hippie.
03:29Et quand tu fais rire les gens et que t'as 13 ans, tu comprends pas ce qui t'arrive.
03:33Et après, tu veux faire ça tout le temps.
03:35Alors c'est vrai qu'après, je suis passée dans le...
03:38Finalement, j'ai pas tellement développé ce talent.
03:41Oui, vous avez pas fait beaucoup de rôles comiques.
03:43Qu'est-ce qui s'est passé ?
03:44Et qu'est-ce que ça a donné avec le garçon en question ?
03:46Rien. J'étais vraiment dans une phase de ma vie où j'intéressais pas du tout les garçons.
03:50J'avais pas de seins, pas de Gene Leavis.
03:52Vraiment tout ce qu'il manque à une personne pour attirer les garçons.
03:57C'est dur, c'est ça.
03:58Les seins et les Gene Leavis.
04:02Ça, c'est pour toi, ça.
04:04Concentre-toi.
04:05C'est bon, ça ?
04:06Oui.
04:09Putain, j'ai honte.
04:10Un ascenseur ? Qu'est-ce que c'est ?
04:13Ça vous dit rien ? Yves Saint Laurent ?
04:16C'est la bande originale d'Yves Saint Laurent.
04:18C'est vrai ? J'ai pas reconnu Ibrahim Malouf.
04:22C'est le film dont on écoute cette petite bande originale.
04:24C'est le film de Jalil Lespère avec Pierre Ninet, Guillaume Galienne.
04:28Vous incarniez la muse de Saint Laurent, Charlotte Lebon.
04:31Là, vous atterrissez sur une autre planète.
04:33Parce que vous aviez déjà fait quelques films avant, six films je crois.
04:35Six ? Ah oui, peut-être, c'est possible.
04:37Il y a eu Astérix, il y a eu La stratégie de la poussette.
04:40Moi, j'avais beaucoup aimé La stratégie de la poussette.
04:41L'écume des jours de Michel Gondry, Le grand méchant loup.
04:44Ah oui, c'est vrai.
04:45La marche. Et puis voilà, Yves Saint Laurent.
04:47Bien fait votre travail.
04:48Jalil Lespère.
04:49Il connaît plus ma filmo que moi.
04:51Mais il paraît que ce film, ça a été une bascule pour vous.
04:53Là, vous avez enfin pris du plaisir sur un plateau de cinéma.
04:56Oui, en fait, je pense que je me suis prise au sérieux pour la première fois.
05:00Il y a quelque chose qui s'est cristallisé à ce moment-là.
05:03Et puis, je pense que c'était mon premier rôle dramatique, j'ai l'impression.
05:08En fait, c'était aussi mon premier rôle de composition.
05:10C'est-à-dire que c'était la première fois qu'on venait vers moi
05:12pour faire autre chose qui ressemblait à l'énergie que j'avais pu dégager à la vidéo, par exemple.
05:18À la météo de Canal Plus, où vous vous êtes fait connaître.
05:20Et alors ensuite, Hollywood vous remarque.
05:22Vous allez jouer, j'aime bien cette phrase, Hollywood vous remarque.
05:24Vous allez jouer l'année suivante dans The Walk de Robert Zébékis.
05:30Zébékis, c'est quand même un retour vers le futur.
05:33Trice Gums, seul au monde.
05:35Trois fois rien.
05:36Trois fois rien, quoi.
05:37C'était une grosse pression, là, quand même, non ?
05:39Oui, c'était une grosse pression.
05:40Et c'était super, puisqu'on tournait à Montréal.
05:42Donc, en fait, c'était un truc qui était extrêmement stressant,
05:44mais camper dans un lieu très familier et rassurant.
05:47Ou bien rentrer manger à la maison de midi et tout.
05:49Exactement, ça aurait été génial.
05:51Et alors, Céline Salette, vous aussi, vous avez connu les plateaux hollywoodiens.
05:54This is ridiculous.
05:56This, madame, is Versailles.
06:00Madame is Versailles.
06:02Oh, wow !
06:04C'est Marion Antoinette.
06:05Bien sûr !
06:06De Sofia Coppola, quand même.
06:07Sexy.
06:08C'était incroyable.
06:09C'était vraiment comme mon premier film.
06:11J'étais 25 jours sur le tournage,
06:14et on était dames de compagnie de Marion Antoinette, moi,
06:16et une Américaine qui s'appelait Yo Bottoms.
06:18Yo Bottoms ?
06:19Yo Bottoms.
06:20Ok.
06:21Parce que 18 fesses, c'est quand même ton cul.
06:25C'était pas ça.
06:26Et donc, on était vraiment dames de compagnie.
06:28Donc, on était à un mètre de Kirsten,
06:30et on portait ses chaussures, son parapluie.
06:32Kirsten Dunst, qui jouait donc Marion Antoinette.
06:34Exactement.
06:35Et on n'avait aucune pression de jeu,
06:37mais on était là tout le temps.
06:38Donc, on pouvait voir comment Sofia dirigeait,
06:41comment ça se passait.
06:42Quel cadeau !
06:43Quel cadeau ! Génial !
06:44Quelle différence, justement, entre un tournage américain,
06:46donc vous avez vécu ça toutes les deux,
06:48et un tournage à la française ?
06:49Moi, j'ai tendance à imaginer que les Américains
06:50sont beaucoup plus carrés, pros,
06:52mais c'est peut-être pas le cas.
06:53Ça dépend vraiment du réalisateur, en fait.
06:55Je pense aussi.
06:56Il y a des réalisateurs français qui sont très rigides aussi,
07:00comme on s'imagine un plateau américain.
07:02Et Céline Salette, elle est comment, alors ?
07:03Ah non, elle est...
07:04Pas rigide.
07:05Mais moi, je suis niquée,
07:06parce qu'à partir de maintenant...
07:07T'es niquée ?
07:08Alors niquée, c'est le nom du personnage.
07:10C'est un autre film.
07:12Parce que c'était exceptionnel comme tournage, vraiment.
07:15Et je ne dis pas ça juste parce qu'on était en train de faire la promo du film.
07:18Non, mais c'était très, très collaboratif, en fait.
07:21Il y avait beaucoup, beaucoup de liberté.
07:22Il n'y avait pas de zone d'erreur possible.
07:24Je me suis sentie plus libre que jamais, en fait.
07:27On n'était vraiment pas beaucoup.
07:29Moi, ce que j'aimais bien, c'était l'idée de construire,
07:33et ça s'est avéré juste,
07:35un plateau un peu débarrassé du cinéma.
07:37J'avais tourné avec François Duperron.
07:39J'avais fait un film à quatre.
07:41Il y avait un mec, Yves Cape, à la caméra,
07:43un mec au son,
07:45et un mec qui faisait tout.
07:46Et un autre qui faisait tout le reste,
07:47le thermos, qui a fait les trucs.
07:49Et en fait, on attendait que le soleil soit...
07:52À la bonne heure.
07:53Exactement, à l'heure magique.
07:54On tournait deux plans-séquences et on allait bouffer un couscous.
07:56Et en fait, c'était la plus grande expérience de ma vie.
07:59Parce qu'en fait, un film réside dans les acteurs.
08:02Donc, on peut reconstituer une rue,
08:04on peut mettre 150 figurants.
08:06On n'a pas l'histoire encore.
08:08Puisque l'histoire réside, je veux dire, là,
08:10dans un acteur principal,
08:12dans quelqu'un qui porte l'histoire.
08:14Ça, je l'avais appris de Garel, par exemple.
08:16De Philippe Garel.
08:17Et du coup, j'avais le sentiment
08:19qu'être dans une petite équipe,
08:21c'était donner de la liberté à l'histoire, en fait.
08:23Donner de la place à l'histoire.
08:24Et puis surtout, le plaisir du couscous.
08:26Et le plaisir du couscous, bien sûr.
08:28Niki de Céline Salette, ça sort en salle aujourd'hui.
08:31Dans un instant, on va parler d'un doc sportif
08:33avec Sacha Doukovitch.
08:34Ça va plaire à Céline Salette.