00:00Pour moi c'est une catastrophe parce que pour moi, pour tout le monde,
00:03c'est atroce ce qu'il s'est passé, c'est atroce, ça n'a pas de nom.
00:07C'est un gars qu'on m'a présenté il y a trois années par mon directeur sportif,
00:14M. Anthony Alexanian, qui m'a dit « j'ai recruté une pépite ».
00:20Et je peux vous dire que c'était plutôt qu'une pépite, c'était un trésor ce gars.
00:24Il avait la gentillesse avec lui, il avait des qualités, il avait tout pour lui.
00:29Et c'est très dur, très très très dur de parler de lui.
00:34– Beaucoup d'émotions ici sur ce plateau.
00:37Bien évidemment, c'est quoi la formule d'usage, Paul Murineau ?
00:43La formule d'usage, c'est « il était au mauvais endroit au mauvais moment ».
00:48C'est un peu ça qu'il faut se dire et se répéter,
00:51mais ce n'est pas une expression qui console.
00:54J'imagine qu'aujourd'hui c'est quelqu'un qui va vous manquer terriblement.
00:58– Il nous manque, au sein du village, il n'y avait que trois ans qu'il était là,
01:05mais je peux vous dire que c'était déjà une personne très estimée.
01:10C'était le chouchou du club des supporters de notre petit club qui évoluait quand même.
01:16Mon ami, c'était quelqu'un de très entier et qui était très gentil.
01:22C'était un amour mec, comme on dit.
01:25– Qu'est-ce que vous allez dire aux joueurs ?
01:28Qu'est-ce que vous allez dire aux jeunes ?
01:30Qu'est-ce que vous allez dire à tous ceux qui aiment ce club dans lequel vous travaillez ?
01:36C'est la vie à Marseille qui est devenue insupportable, impossible ?
01:42– Je ne pourrais pas me permettre de parler des choses qui sont très graves,
01:47que ce n'est pas à moi, c'est à Blandin, de dire ce qui se passe à Marseille ou pas.
01:53On est en train de vivre vraiment quelque chose de terrible,
01:58pas politisé, quoi que ce soit, mais pourquoi laisser faire tout ça ?
02:03Moi, j'en ai le cœur gros là.
02:06On perd un homme qui a mené toute la jeunesse,
02:11quand c'était un gars qui s'occupait des 14 ans, des U14,
02:14qui s'occupait des U19,
02:16les U19, une catégorie de jeunes qui est très, très, très dure à manier.
02:22Lui, tout passé avec lui, par ses mots, par sa connaissance,
02:28il avait tout pour lui, pour tout.
02:30Et quand je pense à sa famille, j'en ai le cœur gros, monsieur.
02:36– Et on l'entend, évidemment, Paul Murineau.
02:39Qu'est-ce que vous pouvez nous dire précisément de sa famille ?
02:43Est-ce que des hommages sont prévus dans les prochains jours ?
02:48Et dans quel état d'esprit est-elle cette famille ?
02:51On en a reçu sur ce plateau des familles de victimes collatérales du trafic de drogue
02:55parce que malheureusement, il y en a eu d'autres, il y en a eu trop.
02:58Et c'était souvent le sentiment d'injustice qui prédominait et la colère.
03:05Dans quel état d'esprit est cette famille actuellement ?
03:09– Je présume parce que je ne les ai pas eues.
03:13Ils sont en vase clos, ils sont entre eux, ils sont dans le chagrin.
03:19Et je respecte ça.
03:22Je pense qu'avec l'entourage de ce qu'il y avait comme joueurs, comme dirigeants et tout,
03:31il va se passer qu'on essaiera de faire quelque chose de beau,
03:35que le souvenir reste avec nous jusqu'au bout.
03:40Et on peut dire qu'on perd une figure, mais quelqu'un de génial.
03:49Je souhaite qu'un gars comme lui, il soit monté au nu, on ne peut pas dire autre chose.
03:57Moi je le côtoyais, il venait chez moi, quand il est arrivé à Saint-Dacary,
04:03il m'a dit « Président, j'aimerais s'il vous plaît vivre ici,
04:08parce que Saint-Dacary c'est un beau village, on va faire tout pour te trouver quelque chose ».
04:14Et on a essayé, on a réussi,
04:16on a réussi à avoir un appartement pour ces trois gosses,
04:20deux garçons dont les deux garçons jouaient à l'équipe U11 de Saint-Dacary,
04:25une petite fille merveilleuse et sa femme qui nous aidait au club.
04:31Oui, parce qu'il faut le dire, même sa femme aidait au club.
04:33Elle n'aidait pas dans les tournois, elle était aux frites, elle était à la boîte.
04:37C'est une famille exemplaire.
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