00:00Moi j'ai beaucoup d'amis des chauffeurs VTC ici à Marseille,
00:03peut-être partout en France,
00:04ils sont traumatisés.
00:05Sincèrement, il y en a même qui pensent à arrêter.
00:08Ça les a ramenés à ce qu'on est en train de vivre,
00:10à traumatiser certains chauffeurs qui veulent carrément arrêter leur métier
00:14parce qu'ils sont dans l'insécurité.
00:15Je répète encore une fois, nous sommes dans l'insécurité à Marseille.
00:18Je trouve même plus les mots pour mettre en confiance
00:20on va dire les personnes qui vivent à Marseille.
00:23Il faut que tu les règles moins de compte, etc.
00:25Allahu Akbar !
00:26Ce mardi à 14h, c'est à l'extérieur de la mosquée méditerranée
00:30dans le quartier du Canet
00:32que se sont tenus les obsèques de Nesim Ramdan.
00:36Le père de famille, joueur de football amateur et chauffeur VTC
00:40pour boucler les fins de mois,
00:41a été froidement tué vendredi dernier dans sa voiture
00:45par un tueur à gage de 14 ans,
00:47sous contrat avec la DZ Mafia.
00:49Le réseau de narcotrafiquants avait chargé le jeune homme
00:52de venger la mort d'un autre adolescent tué deux jours plus tôt.
00:57À 37 ans, Nesim a payé de sa vie son refus
01:00de conduire le tueur de 14 ans vers sa cible.
01:04Sur place, plus d'une centaine de personnes
01:06ont assisté à ce dernier adieu, encore sous le choc.
01:09Nesim, c'était une personne extraordinaire.
01:11Je veux dire, il avait un euro, vous avez 50 centimes chacun.
01:14Je veux dire, c'était vraiment ça.
01:17Vous voyez le monde qu'il y a aujourd'hui.
01:18Ça prouvait la personne que c'était.
01:19On est tous bouleversés par ce qui lui arrive
01:21et on ne comprend pas et on a un mélange de haine et de peine.
01:25On ne comprend pas ce qui se passe dans cette ville,
01:27on ne comprend pas ce qui nous arrive à tous,
01:29on ne comprend pas cette haine, on ne comprend pas cet appât du gain,
01:33on ne comprend pas qu'on va tous mourir un jour
01:35et qu'on aura des comptes à rendre.
01:37Donc j'espère qu'ils seront rendus et que la justice fera son travail aussi.
01:41Qu'on arrête de faire sortir des gens au bout de 5 ans, 6 ans de prison
01:47et qu'ils prennent vraiment des grosses peines et qu'ils ne sortent plus.
01:49On n'en a pas besoin nous ici, on a besoin de paix.
01:51Anassime c'était quelqu'un qui était respecté,
01:54respectable et que tout le monde appréciait parce que c'était une bonne personne
01:57et c'était quelqu'un de sincère, quelqu'un de bien.
02:00Et aujourd'hui, il y a une femme qui perd son mari,
02:03il y a des enfants qui perdent un père,
02:05il y a un frère qui perd son grand frère
02:07et il y a aussi des jeunes pour lesquels il était éducateur
02:11qui perdent un éducateur génial.
02:13Et aujourd'hui, c'est une grosse perte à la fois pour sa famille
02:17mais une perte pour toute la région sud
02:20parce que Anassime avait un rôle important de partout où il est passé.
02:23Il faudrait que son nom résonne et soit entendu,
02:27que son histoire soit connue.
02:28Il faudrait que les hautes instances de l'État,
02:30en l'occurrence le président de la République, le Premier ministre,
02:33mettent en avant ce qu'a fait Anassime
02:36parce qu'en sacrifiant sa vie, il en a peut-être sauvé d'autres.
02:39Il est temps de se ressaisir la jeunesse et de revenir et de se repentir.
02:46Pour les gens qui sont encore dans la délinquance,
02:48qui sont dans le mauvais chemin,
02:49il est temps de revenir, de se ressaisir,
02:52d'emprunter le chemin de la sagesse, la tolérance, la paix,
02:57la sécurité, la sérénité.
02:58Il y a encore l'espoir.
02:59Il y a encore l'espoir pour des gens qui raisonnent,
03:01pour des gens qui sont doués d'intelligence,
03:03pour des gens qui restent peut-être un atome de bien dans leur cœur.
03:06Ils peuvent revenir à la raison, c'est ce que j'espère en tout cas.
03:08Moi des solutions en l'heure actuelle, je ne vous cache pas que je suis désemparé,
03:11je n'en ai pas, je n'en ai pas, je ne sais pas ce qu'il faut faire.
03:14On a créé des trucs, on a créé des politiques publiques,
03:16on s'aperçoit que ce n'est jamais assez,
03:18qu'est-ce qu'il faut faire, comment il faut le faire.
03:21La mairie toute seule ne peut rien faire, on le fera avec tout le monde.
03:24L'État en premier, parce que c'est quand même le pouvoir égalité de l'État,
03:28il faut qu'elle prenne ses responsabilités,
03:29il faut qu'on apporte la sécurité aux Marseillais,
03:32où les Marseillais ont besoin.
03:33Quand vous voyez qu'aujourd'hui il n'y a pas de ministre
03:35qui est en charge de la politique de la ville,
03:36moi je me questionne en fait.
03:38Je me questionne pour ces quartiers, pour ces habitants, pour ces personnes-là.
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