00:00Exceptionnellement, on a pu s'introduire en fin de matinée,
00:03une heure ou deux avant l'annonce officielle par l'U.S.B.O.L.A. de la mort de son leader.
00:09On a pu entrer dans le quartier de Darié.
00:12On s'est approché jusqu'à 200-300 mètres de l'immeuble où il se trouvait,
00:18où il se trouvait selon les informations.
00:20Et donc ici, ce qu'on a découvert, c'est un quartier absolument désert.
00:24Il n'y avait personne.
00:26Le fixeur, c'est-à-dire la personne qui nous aide à travailler,
00:27qui nous accompagne, qui connaît bien ce quartier,
00:29nous a dit qu'elle n'avait jamais vu ce quartier d'ordinaire,
00:33extrêmement densément peuplé, très vivant, avec un tumulte quotidien,
00:36qu'elle n'avait jamais vu ce quartier aussi désert.
00:38Et on était assez inquiets. Pourquoi ?
00:40Parce qu'on voyait uniquement des hommes en scooter, à pied,
00:43qui marchaient, qui scrutaient autour d'eux,
00:44qui cherchaient éventuellement des espions,
00:46éventuellement des personnes étrangères au quartier,
00:48parce que la population aujourd'hui qui soutient l'U.S.B.O.L.A.
00:51elle est complètement paniquée, complètement paranoïaque.
00:53En une semaine, en dix jours, il y a eu coup sur coup,
00:56l'attaque des Bipers, l'attaque des Tokiwolki,
00:58des bombardements ciblés, jusqu'à hier,
01:00la frappe qui a tué le chef de l'U.S.B.O.L.A.
01:02Alors évidemment, ces habitants de ce quartier,
01:05ces soutiens et ces partisans de l'U.S.B.O.L.A. sont sur le qui-vive.
01:09Et dans d'autres quartiers du U.S.B.O.L.A.
01:11où on a pu se rendre, à l'extérieur de l'archier,
01:13mais dans d'autres quartiers extrêmement difficiles d'accès pour les journalistes,
01:16on a pu circuler en voiture et apercevoir que tous les quartiers
01:19étaient en fait gardés par des hommes vêtus de t-shirts noirs,
01:23parfois avec des armes, des armes à la ceinture.
01:25Je parle de t-shirts noirs parce que c'est l'habit traditionnellement porté
01:28par les soutiens du U.S.B.O.L.A.
01:30Et donc ces hommes, en fait, gardaient tout simplement, gardaient leur quartier,
01:34montaient la garde, regardaient partout autour d'eux le regard noir.
01:37Et l'armée libanaise était également déployée à l'entrée de ces quartiers
01:41pour, nous dit-on, s'assurer que la situation ne dégénère pas.
01:43Parce qu'il y a eu, ici même où nous nous trouvons actuellement,
01:46aujourd'hui, des tirs en l'air,
01:47des tirs pour manifester leur mécontentement,
01:51leur colère de la part de ces soutiens de Hassan Nasrallah.
01:54Voilà ce qu'on a pu observer dans ces quartiers
01:57où est mort, hier soir, Hassan Nasrallah.
01:59– Merci beaucoup, merci Jérémy Normand.
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