00:00L'humeur politique de Mathieu Croissando, la composition du gouvernement.
00:04Ça commence à durer quand même, là.
00:06Ça va encore durer quelques jours, Christophe.
00:08Alors, on parle désormais de la fin de la semaine.
00:11Ça coince ?
00:12Vous voulez savoir pourquoi ça coince ?
00:13Je vais vous montrer une image.
00:15Regardez.
00:16Alors, c'est une vieille affiche, mais elle résume parfaitement la situation.
00:20La droite...
00:21Ça date de quand ?
00:22De 1986, c'était l'affiche du Parti socialiste pour les législatives.
00:24Au secours, la droite revient, si mes souhaits sont bons.
00:26Et là, c'était 10 mois, jolie droite, pourquoi elle est toute si grande dedans ?
00:28Et c'est exactement ce qui se passe, parce que les LR sont très gourmands, sans doute trop gourmands.
00:33Comme au bon vieux temps, où le RPR était hégémonique et faisait la loi dans son propre camp.
00:37La nomination surprise de Michel Barnier leur a donné l'écrou.
00:40Ils sont passés d'un état de quasi-mort cérébrale à celui de la résurrection.
00:44Et comme tous les gens qu'ont frôlé la mort, ils se croient tout puissants, ils se croient tout permis.
00:48Alors, certains se répartissent déjà les postes, d'autres affichent des prétentions.
00:515%.
00:52Choudrin a titre de ministre d'État.
00:53Mais le problème, c'est qu'ils sont les seuls à croire à cette mascarade,
00:56puisque tout le monde sait très bien que les LR sont là à cause d'un accident de l'histoire,
01:00la dissolution décidée par Emmanuel Macron, mais qui ne pèse en réalité, vous venez de le dire, Christophe, que 5%.
01:04Et 47 députés.
01:05Cet appétit, d'ailleurs, commence à fâcher dans le camp présidentiel.
01:07Ce week-end, c'est le modem qui a mis un coup de pression,
01:10à l'image de François Bayrou, qui était hier soir sur BFM TV.
01:13On l'écoute.
01:15Et s'il y avait une espèce de coloration qui serait interprétée par tout le monde,
01:22comme vous avez employé le mot de ma mise,
01:26ça ne pourrait pas marcher.
01:29Ce gouvernement-là n'aurait aucune espérance de vie.
01:32Alors la coloration dont il parle, François Bayrou, c'est la coloration de droite.
01:36Et il est furieux, le patron du modem, parce qu'il voit revenir tout ce qu'il a détesté dans sa vie politique.
01:40La droite, avec laquelle il avait rompu, et Dieu sait que ça lui a coûté.
01:44Alors la perspective de voir revenir aux commandes ce qu'on appelait à l'époque l'État RPR,
01:48ça le hérisse.
01:48Du coup, il menace.
01:49Du côté des macronistes aussi, on tire une tête de six pieds de long.
01:52Ça fait sept ans qu'ils jouent à faire s'effondrer la vieille maison de droite
01:56à coups de débauchage, de triangulation.
01:58Ils avaient même une expression pour ça, vous vous souvenez ?
02:00« La poudre travaille. »
02:00Eh bien, bim, la poudre a tellement travaillé qu'elle leur revient en pleine figure.
02:05Alors certes, les macronistes, ils ont perdu les européennes, puis les législatives,
02:08mais ils ont encore deux fois plus de députés que la droite.
02:11Alors ce n'est pas pour se contenter de miettes.
02:13Et du coup, eux aussi, ils menacent.
02:14C'est ce qu'on a vu la semaine dernière.
02:15Le seul qui rigole encore à peu près, c'est l'ancien Premier ministre Edouard Philippe,
02:19qui a toujours rêvé d'unir la droite et le centre,
02:21et qui sent évidemment qu'il y a un coup à jouer.
02:23C'est en train de se faire au forceps, mais c'est en train de se faire au forceps.
02:25Enfin, de se faire, pardon.
02:27Donc voilà, pour l'instant, il rigole, mais pour combien de temps ?
02:29Mais Michel Barnier, lui, grand ordinateur, il est sur quelle ligne ?
02:33Alors justement, il faut lire entre les lignes.
02:35Le Premier ministre a posté hier une sorte d'hommage pour les Jeux olympiques,
02:38un salut républicain à toutes les personnalités, tous ceux qui avaient participé.
02:42Et qu'est-ce qu'on lit ?
02:43Quand les responsables politiques et le pays s'unissent à tout niveau de l'action publique,
02:47eh bien, par-delà les clivages politiques, rien n'est impossible.
02:50Il dit aussi, c'est tous ensemble, en mettant de côté les sensibilités politiques
02:53et en pensant seulement au bien commun que ce rêve a été réalisé.
02:55Gardons l'esprit olympique.
02:57Mais pour l'instant, il n'a pas la médaille d'or, on n'a toujours pas le gouvernement.
03:00Il a prévenu que son gouvernement ne serait pas seulement de droite.
03:03On verra dans la semaine s'il parvient à résister à ses amis,
03:06surtout trouver quelqu'un à gauche.
03:07On a vu que c'était difficile la semaine dernière.
03:09Et notamment résister aux très droitiers Laurent Wauquiez, le patron des députés,
03:12et Bruno Rotaillot, le patron des sénateurs,
03:14qui font déjà figure d'épouvantail pour les macronistes.
Commentaires