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L'édito de Mathieu Bock-Côté : «Matignon : le RN est-il un faiseur de rois ?» (Partie 2)
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il y a 1 an
Dans son édito du 03/09/2024, Mathieu Bock-Côté revient sur [thématique de l'édito]
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Je la crois abusive, mais pas complètement fausse.
00:03
C'est-à-dire, le RN a un pouvoir véritable.
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On a décidé, au moment des législatives,
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qu'on reconstituait contre lui le cordon sanitaire.
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Il ne fallait pas lui toucher,
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il ne fallait pas s'en approcher,
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même avec une perche arrière RN.
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Et on a même reconstitué le cordon sanitaire
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à l'Assemblée avec le RN,
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en refusant qu'il puisse occuper des postes
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dans la gestion de l'Assemblée.
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Mais une fois qu'on a fait ce travail,
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on l'a parqué à l'extérieur, loin des fréquentables,
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on a quand même un peu besoin de lui.
00:33
Donc, comment désormais tendre la main
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à celui qu'on a présenté comme un monstre?
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Donc, il existe.
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C'est-à-dire, il a beau être anti-républicain,
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méchant, héritier des pires heures de l'histoire,
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il existe et c'est un bloc cohérent à l'Assemblée,
00:46
beaucoup plus discipliné, d'ailleurs,
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que d'autres blocs à l'Assemblée.
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Une partie de la gauche, dit en passant,
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aujourd'hui, parce que c'est un discours
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plus de gauche que de droite, normalement,
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la gauche dit le RN, finalement,
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a pavé le chemin pour le RN.
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Il y a, par exemple, Alexis Lévrier.
01:01
Je me permets de le citer parce que c'est un
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idéologue d'extrême-gauche qui est souvent
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présenté dans les médias comme un historien des médias,
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ce qu'il est aussi, mais je pense que là,
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il parle en tant qu'idéologue d'extrême-gauche.
01:10
« Même si le civisme des Français
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a permis d'éviter le pire aux législatives,
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ce président est déjà prisonnier du RN,
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l'aboutissement logique d'un règne malgré
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par une complaisance constante
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à l'égard de l'extrême-droite et de ses médias,
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un Jupiter sans doute, mais en carton-pâte. »
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Donc, c'est intéressant.
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L'idée du RN, Faiseur de Roi,
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est portée dans la gauche intellectuelle en ce moment.
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Et Xavier Bertrand le découvre
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via un prix à diaboliser ses adversaires.
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D'ailleurs, quand on parle un peu,
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quand on sonde dans cet environnement-là,
01:41
on comprend que sa majorité,
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il l'espère en détachant peut-être des éléments du PS.
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C'est-à-dire fracturer le NFP,
01:49
ramener une partie du PS avec lui,
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être capable de construire une majorité
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du centre et des ralliés,
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on pourrait dire des blocs Macron compatibles,
01:56
mais qui ne sont pas formellement
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dans le bloc central aujourd'hui.
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Mais, je l'ai dit,
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les stratégies de contournement du RN sont compliquées
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en ce moment parce qu'il y a deux options pour le RN.
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Le RN peut dire on vous censure tout simplement.
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Mais s'il décide de ne pas censurer,
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parce que personne n'espère l'appui formel du RN,
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mais s'il décide de ne pas censurer,
02:14
eh bien, celui qui réussira à devenir premier ministre
02:17
en profitant de l'absence de censure,
02:19
on serait obligé de lui demander
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quelle qualité avez-vous que le RN peut apprécier
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et qui fait en sorte qu'il a décidé
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de ne pas vous censurer.
02:26
Le premier ministre nouveau,
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sachant que sa position dépend du fait
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que le RN décide de ne pas le censurer,
02:32
ça l'oblige à faire preuve d'un langage
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qui relève moins de l'antifascisme de Carnaval.
02:37
À travers cela, ça vaut la peine de le dire,
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le RN a, on pourrait dire,
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annoncé deux stratégies possibles aujourd'hui.
02:44
La première, qui était celle des derniers temps,
02:46
c'est le pragmatisme parlementaire.
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On ne censurera personne d'avance,
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sauf évidemment la gauche radicale.
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Pour le reste, on est prêt à parler.
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Aujourd'hui, le principe de censure s'est étendu.
02:57
Je l'ai dit, Baudet, mais aussi Bertrand.
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Autrement dit, le RN veut rappeler
03:01
qu'il représente non seulement aujourd'hui
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le pragmatisme parlementaire, des diabolisations,
03:05
il faut dire que ça n'a pas très bien fonctionné,
03:07
il veut représenter la vraie opposition,
03:09
celle qui s'oppose au pouvoir
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tel qu'il se manifeste en ce moment.
03:12
Et le RN a dit, voilà ce qui nous intéresse.
03:14
Voilà ce qui nous intéresse.
03:16
Un gouvernement technique
03:17
qui réformerait le mode de scrutin
03:19
en intégrant une bonne dose de proportionnel,
03:22
on pourrait le soutenir.
03:24
Alors, reste à voir si pour le RN,
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la grande priorité, c'est la réforme du mode de scrutin
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ou être capable d'imposer des politiques
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en matière d'immigration.
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C'est peut-être un peu étonnant.
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Surtout, la question de la réforme du mode de scrutin
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et la proportionnelle s'en dit beaucoup
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sur l'évolution de la psychologie politique du RN.
03:40
Parce qu'autrefois, le RN disait,
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le scénario, c'était le suivant.
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On gagne la présidentielle,
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et ensuite, les législatives,
03:46
portées par cette dynamique,
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on peut les gagner et on devient majoritaire.
03:50
Et là, on a le pouvoir politique
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et on remplace la classe politique antérieure
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capable d'appliquer notre programme.
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Le jour où l'Assemblée déciderait,
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on basculerait dans un régime proportionnel,
04:00
le RN peut renoncer à ce moment-là
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l'idée d'avoir les pleins pouvoirs
04:04
dans les paramètres démocratiques,
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évidemment, qui sont les nôtres,
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avec la présidence, l'Assemblée
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et la capacité de mener son programme.
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Il deviendrait durablement et pour toujours
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un groupe politique parmi d'autres.
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Il se normaliserait pour de bon.
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L'envers de ça, c'est qu'il pourrait négocier
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avec d'autres, peut-être des majorités à venir.
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Peut-être qu'il croit que c'est inévitable.
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Ces dernières semaines, ces derniers mois,
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on en avait parlé ici, ceux qui souhaitaient
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la réforme du mode de scrutin, c'est qu'ils disaient
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un jour la vague du RN va être tellement forte
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qu'il sera capable d'être majoritaire à l'Assemblée.
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Il faut empêcher ça à jamais.
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Retour à la proportionnelle.
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On s'y opposait à l'époque parce que ça permettait
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de tenir le RN éloigné.
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Aujourd'hui, favorable à la proportionnelle
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parce que ça évite qu'il ne devienne majoritaire
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au final, à travers tout ça.
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Le RN, oui, non pas faiseur de roi,
04:48
mais acteur désormais incontournable
04:50
d'une Assemblée où on a voulu l'invisibiliser.
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Est-ce que les Français ne risquent pas
04:54
de se lasser de ce que plusieurs voient désormais
04:56
comme une comédie politique?
04:58
Je crois que c'est le but.
05:00
En partie.
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L'idée est de s'éloigner le plus possible
05:04
du contexte des élections
05:06
où une véritable protestation s'est manifestée.
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Qu'est-ce qu'on veut à partir de là?
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C'est faire oublier les élections
05:12
et réduire, je pense que c'est le jeu
05:14
d'Emmanuel Macron dans les circonstances,
05:16
réduire justement la politique
05:18
à ce petit jeu parlementaire,
05:20
cette comédie des postes, ce défilé
05:22
de noms contradictoires à certains égards.
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Chacun veut son poste.
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Chacun veut sa voiture.
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Chacun veut enfin habiter quelques semaines
05:30
ou quelques mois dans les palais de la République.
05:32
Il humilie aussi la politique en tant que telle.
05:34
Et à travers cela, il détache
05:36
comme jamais la politique
05:38
des enjeux profonds du pays.
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Et je pense qu'il faut garder ça à l'esprit.
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D'un côté, une classe politique qui n'aura jamais
05:44
été aussi lunaire pour le commun des mortels.
05:46
Et de l'autre côté,
05:48
les Français, donc les enjeux de fond
05:50
qui ne sont plus traités politiquement
05:52
parce que nous sommes seulement dans la comédie des postes.
05:54
On réduit la politique à l'ajout parlementaire.
05:56
On la détache des enjeux profonds.
05:58
De ce point de vue, les catégories de la population
06:00
qui sont dans une démarche d'opposition,
06:02
on veut les démobiliser, on veut les renvoyer à la maison.
06:04
On veut dire, regardez la politique, ça ne sert à rien.
06:06
On a voté, ça ne donne rien, la comédie se poursuit.
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